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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 20:19

AVANT PREMIERE RENTREE LITTERAIRE 2013

 

 

Editions Belfond

 

Cet ensemble de trois récits ravira les amateurs de biographies historiques.

 

Danton, Victor Hugo, Winston Churchill ...vous croyiez tout savoir sur ces trois grands monstres sacrés de l'histoire nationale française...c'est sans compter les talents de chercheur et de raconteur d'Hugo Boris qui a trouvé un point commun à ces trois forces de la nature : celui d'avoir défier la mort, d'y avoir échapper plusieurs fois.

 

L'auteur y va à chaque fois de sa petite anecdote et nous apprenons mille choses sur ces images d'Epinal.

Saviez-vous que Danton n'était pas seulement défiguré par la petite vérole mais aussi et surtout pour avoir été piétiné tout petit par un taureau et un troupeau de cochons ? Qu'il avait déterré sa femme voulant faire un masque mortuaire ?

 

Quant à Hugo, il défie bien sûr la mort avec les tables tournantes mais il apparaît surtout comme un Saturne dévorant un à un ses enfants : Léopoldine la noyée, Adèle la folle et les deux garçons François et Charles, les survivants fantômes.

 

Quant à Churchill, sans doute le moins connu des trois c'est un réel plaisir de le voir survivre aux charges des fusils sur une locomotive en plein Guerre des Boers et arriver en catastrophe lors de la débâcle de 1940 à Paris....sans oublier la visite mémorable des caves d'un grand hôtel à Monaco en 1945...mais chut !

 

Le tout est admirablement bien construit puisque certaines anecdotes des trois personnages se répondent les unes aux autres.

 

Un récit bien construit, érudit tout en étant écrit comme une belle anecdote d'un livre d'Histoire de la la Troisième République.

 

Moins académique qu'un Max Gallo, ce récit passionnant signe le retour des Grands Hommes mais vu sous un angle humain, loin de la légende dorée...

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 12:47

RENTREE LITTERAIRE 2013- parution 5 septembre

 

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Editions Liana Levi

 

Un roman magnifique, mon premier coup de coeur de la rentrée.

 

Voici en avant première, le deuxième roman de Lionel Salaün, l'auteur du Retour de Jim Lamar, roman "américain" très remarqué à sa sortie en 2010, l'histoire d'un vétéran du Vietnam qui revient dans son village natal du Missouri après des années d'absence. Un retour difficile, non désiré par ceux qui sont restés....

 

Dans son deuxième opus, il s'agit encore de l'histoire d'un retour d'un homme mais dans la France traditionnelle des quartiers et des banlieues de province, des années 50 aux années 80.

 

Le Bel-Air est le bistrot du coin, où l'on boit le café ou le ballon de blanc sur le zinc, où l'on écoute le juke-bo, où l'on joue au baby-foot, où l'on se raconte les ragots du jour. A côté, sur la colline, la cité du coin, où vivent artisans et ouvriers. C'est dans cette cité de province qu'on grandi Franck et Gérard. Le premier, seul avec sa mère, le deuxième dans le café Bel-Air de ses parents, Monsieur et Madame Lecreux.

 

Franck, le solitaire, le révolté, l'amoureux. Gérard, le débonnaire, le futur bistrotier, qui, comme son père, casserait bien du "crouille". C'est le début de la guerre d'Algérie et leurs chemins vont diverger. Des années plus tard, au début du roman, alors que les pelleteuses détruisent les barres de la cité, Franck revient au Bel-Air s'expliquer avec Gérard....

 

Une très belle histoire d'amour et d'amitié gâchée sur fond de roman d'apprentissage et de roman social. Lionel Salaün restitue avec brio l'atmosphère et la sociabilité des années 50 : le racisme ordinaire au sein d'une communauté de petites gens, envenimé par le débat sur la guerre , les bruits et les odeurs du café du coin. Il y a les rancoeurs des vieux, ceux qui ont vécu la chute de la Nation France à la débâcle de 40 et à Dien Bien Phû, et les rêves des jeunes sur lesquels pèse la menace de l'enrôlement. 

 

Un fusil, une jeune femme aimée, la guerre....Tous ces éléments vont se rencontrer mais pas de la manière dont on l'attend...

 

C'est en ça que réside la talent de conteur de Lionel Salaün. Le récit est habilement construit (le passé entre la boucle du présent, au début et à la fin) et nous réserve à chaque fois des surprises, loin des stéréotypes. Les personnages secondaires sont hauts en couleur : il y a l'image traditionnelle du cafetier et de l'adjudant raciste mais aussi le formidable personnage de Monsieur Louis, gentleman perdu dans la Cité, qui conduira Franck sur les chemins de la liberté, à ses risques et périls. 

 

Et que dire de l'écriture ? Simple et en même temps fougueuse, qui dit les bruits et les odeurs mais aussi les visages qui reflètent les émotions. Des phrases qui disent la fougue de la jeunesse et aussi la révolte et l'amertume.

 

Un beau récit romanesque qui pourra émouvoir les plus âgés comme  les adolescents. 

 

Le site de l'auteur : www.lionelsalaun.fr  

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:44

FRANCE

 

Editions Actes Sud, 2010

 

Je continue à explorer l'oeuvre très lyrique de Cécile Ladjali que j'ai découvert récemment avec Aral

 

Il s'agit  à nouveau d'amour passion, celui du narrateur pour une femme inaccessible ; la passion dévastatrice a pour arrière-plan l'histoire d'amour entre le poète juif roumain Paul Celan et la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmanm, après la Seconde Guerre Mondiale.

 

Pour  en savoir plus : http://www.larevuedesressources.org/entre-ombre-et-lumiere-ingeborg-bachmann-paul-celan-et-le-mythe-d-orphee,1411.html

 

L'amour passion et l'art pour se sauver après le cataclysme...On était déjà dans la même problématique avec Aral.

 

Ingeborg incarne la force de vivre, la force d'y croire à nouveau après l'holocauste. Elle nous es racontée par son cousin fictif Zak, recueilli par les parents de Ilse (Ingeborg) , alors qu'il est orphelin de parents nazis. Lorsque cette dernière tombe amoureuse du poète, le narrateur ne peut qu'être le dépositaire jaloux de cette passion tragique. C'est d'ailleurs des années plus tard, lorsque la mort  le guette, qu'il écrit ces lignes.

 

Une oeuvre âpre, assez difficile d'accès, précieuse, qui a le grand mérite de nous faire découvrir cette passion littéraire et charnelle. 

 

Pour Celan, les mots ne peuvent plus dire que le silence et le néant après le cataclysme. 

Pour Ilse, l'art peut servir à recréer une communauté solidaire idéale. 

 

Un roman qui prend la forme d'une tragédie antique. Chez Ladjali, aucune retenue, aucune "sécheresse". La belle langue lyrique est là pour dire la passion, l'élan, le torrent des sentiments.

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 16:41

ANGLETERRE

 

 

Editions Belfond, 2013

 

Ce   premier roman a été écrit par un auteur transsexuel....peu importe, me direz vous ! L'essentiel est que ce roman soit aussi et surtout transgenre ...

 

S'insérant dans la plus pure tradition du roman d'apprentissage anglais, c'est aussi un roman historique, sadique, gothique, teinté de fantasy et de réflexions philosophiques.

 

Au 18e siècle, Tristan Hart est un jeune homme mélancolique surdoué vivant dans la campagne près de Bristol. Il se découvre une passion pour le corps et la chirurgie. Il part alors pour Londres parfaire ses pratiques...

 

Il découvre alors son étrange attirance pour le fait d'infliger de la souffrance aux autres...Son métier va alors lui permettre de soigner tout en infligeant de la douleur...Au cours de ses pérégrinations, il croisera la route d'une jeune femme aux tendances sadomasochistes, ce qui n'est pas pour lui déplaire...Non, ce roman n'est pas un récit scabreux cherchant avant tout à faire du sensationnel. C'est un récit regorgeant d'érudition sur les rapports entre le corps et l'âme reprenant les réflexions philosophiques où s'opposent le rationaliste Descartes et le sensorialiste John Locke. Si le corps ressent de la souffrance, c'est qu'il est lié à l'âme...Quid de la théorie machiniste de Descartes....

 

L'auteur nous fait revivre la naissance de la chirurgie à travers l'itinéraire d'une psyché  malade qui fait se mêler réalité et fiction. Où est le vrai ? Où est le rêve ? Le récit bifurque alors vers le fantastique : une jeune gitane se transformant en chouette, une enfant mi chauve-souris...Une bonne occasion de plonger dans le folklore des légendes des collines anglaises...

 

Un roman foisonnant qui peut aussi bien ravir les amateurs de littérature anglaise classique que les férus de contes et légendes.

 

L'adaptation cinématographique est en cours...

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 19:50

Editions Albin Michel, 2013



PRIX DU LIVRE INTER 2013

 

C' est une très belle histoire que nous raconte Alice Zeniter, 26 ans, lauréate du Prix du Livre Inter 2013. Un beau roman familial et historique qui démarre non par des détails historiques abscons mais par un décor à la fois pittoresque et grotesque.

 

Une maison de bois au milieu des rails de la gare de Nyugati à Budapest. C'est celle de la famille Mandy, celle que le grand père n'a jamais voulu céder aux forces de  la modernité. Chaque jour, les voyageurs dans les wagons jettent dans le jardin triangulaire leurs déchets et leurs trésors.

Tous les jours, le grand-père prend son râteau pour nettoyer ces déchets. Tous les 2 mai, il termine saoul sur l'herbe en répétant le refrain de la célèbre chanson hongrois, Sombre dimanche. Pourquoi cette chanson ? Pourquoi ce jour précis ? Nous ne l'apprendrons qu'à la fin...

 

Le petit fils Imre assiste à cette cérémonie tous les ans sans comprendre. Les secrets de l'existence seront dévoilés petit à petit...

 

Nous suivons Imre, le petit fils, de son enfance à l'âge mûr. Il y aura eu la boîte à trésors des voyageurs, les rêves des "filles californiennes" à l'adolescence, l'amour d'une femme allemande de l'Ouest et les désillusions de l'âge adulte.

 

Entre le grand-père qui a perdu sa jambe "à cause de Staline" et le petit fils, il y a la grand-mère Sara, le père Pal, la tante Agni . Tous subiront, un jour ou l'autre, les affres de la Grande Histoire, celle de  la nation hongroise, depuis 1940 à nos jours.Le déclin de l'Empire austro-hongrois, le territoire hongrois amputé d'une grosse partie de son territoire en 1918, les hongrois tiraillés entre les allemands et les russes pendant la guerre, puis subissant le joug soviétique. Puis ce sera le temps de l'ouverture à l'Ouest, des espoirs puis des désillusions.

 

C'est à travers le destin d'Imre que nous découvrons les secrets de la famille sur trois générations.

 

L'Histoire avance, la famille Mandy reste immobile sur les rails de leurs maison de bois et de leur existence. En victime de l'Histoire, ils seront des anti héros, emplis de tristesse de de mélancolie.

 

La poésie vient justement de cette immobilité, de cette torpeur des esprits qui sent bon l'odeur surannée des grandes nations déclinantes d'autrefois.

 

La Hongrie, la perdante, sans mer ni montagne, dont les rêves s'étiolent lentement sur les rives du Danube.

 

Le grand mérite d'Alice Zeniter est d'avoir réussi un très beau roman familial classique. qui tire sa poésie de cette mélancolie d'anti héros n'arrivant  pas à monter dans le wagon de leur existence. La ville de Budapest, ses ponts et ses collines, sert d'écrin à cette "sombre histoire".

L'originalité du roman réside principalement dans le fait qu'il s'agit d'un récit d'hommes, sur trois générations, d'hommes faibles ayant perdu leurs femmes pour plusieurs raisons. Culpabilité, regrets, solitude : sentiments gris et noirs qui n'ont plus qu'à s'exprimer dans les belles chansons mélancoliques hongroises. Pas de pathos, pas de tragédie antique mais souvent des situations grotesques (plusieurs morts soudaines, mais chut ! ne dévoilons pas tout !)  et une douce mélancolie s'écoulant dans l'eau grise du Danube.

 

Les dernières pages, quittant la ville de Budapest, sont sublimes !

 

A lire de toute urgence !


 

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 21:02

Editions Robert Laffont, 2013

http://www.images-booknode.com/book_cover/4087/histoire-d-alice-qui-ne-pensait-jamais-a-rien--et-de-tous-ses-maris,-plus-un--4086572-250-400.jpg

 

Vous en avez assez de la grisaille ambiante ? Des gens qui râlent tout le temps et qui ne sont jamais heureux ? Ce court roman est pour vous ! Avant l'été, il vous offre un bon bol d'air frais...

 

Tout commence pourtant par un enterrement ; Paul qui dit aujourd'hui adieu à sa mère retrouve au cimetière sa tante Alice, qu'il ne connaît pas. Alice, la soeur de sa mère, va alors lui raconter ses sept vies en compagnie de ses sept maris...qui sont tous morts les uns à la suite des autres...

 

Non, elle ne les a pas tués mais au contraire follement aimés les uns à la suite des autres ; un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace, des Etats-Unis à l'Angleterre en passant par les Indes et l'Italie. 

 

Chaque soir, Paul, l'écrivain, retrouve sa tante Alice, qui lui raconte un chapitre de sa vie. Un repas, un chapitre, un mari.

 

Alice est un merveilleux personnage romanesque qui nous offre une belle leçon de vie : ses récits évitent tout misérabilisme et son emplis d'humour et de bonne humeur.

 

François Dannemark est un adorable conteur qui sait très bien ménager les coups de théâtre. Car le récit nous réserve une sacré surprise...

 

Mais, chut ! Dégustez ce petit roman sans prétention. Il vous mettra du baume au coeur.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 18:25

Editions Actes Sud, 2012

 

 

Je viens de découvrir ce magnifique auteur français d'origine iranienne dont la langue rare et poétique peut faire penser à Sylvie Germain ou encore Julien Gracq. Elle vient de publier son dernier roman Shâb ou la nuit.

 

Aral permet de nous plonger dans le drame écologique de la Mer d'Aral, qui a peu à peu disparu à cause du détournement des eaux du fleuve pour irriguer les champs de coton soviétique. Mais plutôt que de nous livrer un plaidoyer écologique, elle écrit un conte tragique mettant en scène deux amants se connaissant depuis l'enfance.

 

Nous sommes dans les années 70 au Kazakhstan, à Nadezhda, dans un petit village de pécheurs devenu désert. L'histoire nous est racontée par Alexei, victime d'une surdité précoce. Tout comme la mer, le jeune homme a décidé de se retirer du dehors, du monde, pour mieux être à l'écoute de sa musique intérieure. Il est en effet devenu un violoncelliste hors pair. Depuis sa plus tendre enfance, il est promis à Zeina, qui elle a choisi la voie de la science : alors qu'elle part étudier les échantillons de la Mer d'Aral pour tenter de la sauver, Alexei, lui, va prendre la musique et la mer comme amante en se réfugiant dans une folie artistique.

 

Zeina, la musique, la mer : trois amantes infidèles ...Alexei, entre deux pousées de jalousie maladive,  se remémore ses années d'enfance où les deux enfants partaient à la découverte de l'île dédendue, mystérieuse, peuplée d'êtres fabuleux...En réalité, une île radioctive...

 

Cécile Ladjali a un talent fou pour transformer en conte lyrique un drame contemporain des plus barbares.

 

Le monologue d'Alexei est digne d'une tragédie antique où les humains et les éléments naturels marchent irrésistiblement vers une mort certaine.

Le monologue d'un fou mais aussi et surtout celui d'une lente agonie et d'une renaissance. Magique.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 18:38

ROMAN HISTORIQUE

 

 

Editions Juilliard, 2011

 

Qui a dit que le roman historique était un genre démodé, réservé aux seniors ? C'est sans compter l'originalité et la verve de Jean Teulé, adepte des histoires sanglantes ou faits méconnus (l'envers du décor) comme l'histoire de ce jeune homme jugé sympathisant avec les Prussiens en 1870, dépecé sur la place publique par la foule déchaînée (Mangez moi si vous voulez) ou encore la vie de Monsieur de Montespan (Le Montespan).

 

Ici, il s'attaque à l'un des événements les plus sanglants de l'Histoire de France, la Nuit de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572, ordonnée par le roi Charles IX, 22 ans, poussé par sa mère florentine, Catherine de Médicis.

 

Il mourra 1 an plus tard après une année de folies en tous genres. Persécuté par le sang qu'il a répandu involontairement, il se met à avoir une passion pour le sang versé....celui de ses chasses à courre rocambolesques dans la cour du Louvre, celui des valets et gentilshommes qui se mettent en travers de son chemin. Une folie meurtrière qui se termine par une belle métaphore symbolique ou le sang versé ressort du corps du roi....

 

Entre ces deux dates, Saint-Barthélémy et mort du roi, un festival de sang, de sexe et de victuailles en tous genres.

 

Jean Teulé, en auteur gargantuesque et épicurien adepte de la bonne chaire, nous ravit avec ce festival des sens allant du pâté d'alouette (scène mémorable où le roi découvre cette spécialité ; à partir de ce moment, son passe-temps favori est de tordre le cou aux alouettes) aux scènes débridées de sexe avec Marie Touchet...

 

Ces aventures rocambolesques nous sont contées dans un rythme effréné, sur le ton de la farce tragi-comique dont les héros-pantomimes sont les derniers Valois : Charles 9 , Marie de Médicis, le futur Henri III et Henri IV, roi de Navarre, Marguerite de Valois, transportant le crâne de La Môle dans un bocal...Sans compter la rencontre avec le chirurgien Ambroise Paré et le poète Pierre de Ronsard, vieillard bien libidineux qui court après les soubrettes.

 

Sauvagerie et truculence sont au rendez-vous de ce roman tonitruant qui allie divertissement et érudition. Qui se rappelle par exemple que Charles IX a fait commencer l'année au 1erjanvier au lieu du 1er avril...et que les farces de la nouvelle année sont ainsi devenues celles du 1er avril.

Un roman farcesque très sérieux !

 

Une belle allégorie du pouvoir ou le roi est une victime de l'Histoire.

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 22:03

LITTERATURE FRANCAISE

 

 

Editions Stock, 2011

 

J'étais passé à côté de ce magnifique roman paru il y a deux ans. Le dernier opus de Brigitte Giraud confirme son extrème sensibilité. En évoquant un sujet difficile, la maladie d'un enfant, l'auteur évite le misérabilisme inhérent à ce type d'histoire.

 

L'histoire nous est racontée par le père. La découverte de la maladie, l'organisation à trouver avec sa femme entre le travail et la garde de l'enfant. Sa femme venant d'être promue dans son entreprise, l'homme n'a d'autre choix que de se mettre en arrêt pour garder son fils malade.

 

A partir de ce moment, ce n'est plus tant le jeune Mehdi qui va être au centre du roman, mais ce père qui perd tous ses signes de virilité. L'homme au foyer est confronté à lui-même, à son intériorité. Comment vivre dans la maison alors qu'il ne peut pas jouer au foot avec son enfant ou faire toute autre activité "masculine" ?

 

Le roman prend un autre tournant lorsque les collègues de travail du narrateur (une petite imprimerie) décident par solidarité de lui donner leurs jours de RTT (Brigitte Giraud s'est d'ailleurs inspirée d'un fait divers).

 

A partir de ce moment, comment peut-on mettre à profit, honorer ce don ? Peut-il encore accepter de rester devant la télé alors que ses collègues se sont sacrifiés ? Le cadeau est alors vite vu comme une dette avec laquelle il faut vivre....

 

Un magnifique portrait d'homme pris en étau entre sa vie privée et son travail, son rôle sociétal. L'auteur examine avec brio le monde du travail, aussi bien dans ses mesquineries (la compétition entre collègues) et dans une solidarité toujours possible.

 

L'écriture, sous forme de monologue, épouse les doutes du père, avec beaucoup de pudeur. Très émouvant.

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 19:22

ROMAN POUR ADOLESCENTS

 

 

Editions Gulf Stream "Courants noirs", 2010

 

Si l'on peut déjà reconnaître une qualité à Charlotte Bousquet, c'est de refuser de plonger les adolescents dans la facilité et les problématiques qu'ils connaissent. Puisque ce roman historique nous plonge dans les secrets de la République Vénitienne au 16e siècle, en 1579 très exactement.

 

Cette passionnée de la Renaissance nous immerge à Venise à la veille du Carnaval. Plusieurs personnes sont retrouvées mortes et les symptômes laissent à penser qu'il s'agit du retour de la peste qui avait déjà décimé la population quelques années plus tôt. Les fastes de la fête semblent compromis. Ne serait ce pas encore un fléau imposé par Dieu pour punir les Vénitiens de leur course effrénée vers les plaisirs de toutes sortes : richesse, sexe, fêtes en tout genre ? Et si les Romains du Vatican leurs faisaient payer leurs commerce avec les Ottomans ?

 

Les Juifs vivant dans le ghetto et les courtisanes, accusés du fléau, commencent à être persécutés...

Un soir, Flora, une future courtisane, surprend dans les rues sombres de la Sérénissime, un homme vêtu de noir lançant au visage d'une prostituée une mystérieuse poudre. Cette dernière s'effondre. Flora recueille cette poudre et découvre, avec un vieil apothicaire juif, que cette peste est en fait un poison...

 

Déguisée en homme, Flora va alors parcourir la ville pour débusquer le coupable, accompagnée par son amoureux...qui ne sait pas que c'est elle !

 

Au lieu de s'appesantir sur la psychologie du coupable, l'auteur préfère faire un magnifique portrait de l'enquêtrice pour nous parler de la condition féminine au XVI e siècle. Elevée par sa tutrice, la célèbre courtisane Véronica Franco, elle hésite bien encore a devenir courtisane alors qu'elle est amoureuse. Mais ce statut peut lui ouvrir les portes de l'indépendance et ....les bras de l'ambassadeur d'Istanbul.

 

En compagnie de son cher et tendre, la jeune Flora va partir à la découverte des ruelles de Venise en notre compagnie pour notre plus grand plaisir : allons donc rencontrer les fabricants de masque en papier mâché, les apothicaires juifs, les curés des églises décrépies, les marchands du Rialto, les turcs...

 

L'auteur restitue avec brio l'atmosphère de la Sérénissime en s'appuyant sur des faits historiques (la bataille de Lépante, par exemple) et des personnages ayant réellement existé (Véronica Franco, la famille Venier....). Un dossier historique, à la fin du roman, nous explique l'histoire de la peste, des courtisanes et des masques à Venise, sans oublier la notice biographique des personnages historiques ou les rappels des événements (Lépante...) et les mots vénitiens...

 

Le public adulte (féru d'Histoire, qui plus est !) passera un très bon moment d'aventures. Quant au public adolescent, il peut être perdu parmi toutes ces références et ce lexique inhabituel. Mais faisons lui un peu confiance !

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