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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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30 janvier 2010 6 30 /01 /janvier /2010 19:25

Il y a plus de 4 ans, j'avais publié un article sur la littérature haïtienne. Les événements tragiques de janvier ont contribué à remettre au premier plan cette littérature si attachante.
Si les haïtiens sont l'un des peuples les plus pauvres de la planète, ils ont ausi la fierté d'avoir de nombreux écrivains et non des moindres. Parmi eux, René Depestre, Louis-Philippe Dalembert, Lyonel Trouillot, Frankétienne, Edwige Danticat, Gary Victor....C'est rare d'avoir autant d'écrivains sur un si petit espace.

Le festival Etonnants voyageurs devaient justement se tenir à Haïti en janvier pour la deuxième année consécutive. Il se tiendra à Saint-Malo en mai afin de rendre hommage à tous ces écrivains.

L'occasion de vous faire redécouvrir de superbes récits...

Tout d'abord, mon plus beau souvenir, un roman qui m'a marqué à vie,

Hadriana dans tous mes rêves de René Depestre 




On distingue souvent les écrivains haïtiens issus de l'immigration(en France :René Depestre, Louis-Philippe Dalembert ; au Canada: Denis Laferrière; aux Etats-Unis, Edwige Danticat) et ceux qui sont restés sur l'ïle; c'est le cas de Lyonel Trouillot. Mais comme le déclare ce dernier dans l'entretien du Monde des Livres, on ne peut opposer ces deux littératures: l'une qui parlerait d'évasion, d'ailleurs et l'aure qui serait ancrée au sol haïtien. Ainsi, l'émigré Dany Laferrière évoque ses souvenirs d'enfance dans l'île dans Les charmes d'une après-midi sans fin (paru au  Serpent à plumes).

 

 

René Depestre est l'un des plus grands écrivains haïtiens de ce siècle.

Ecrivain à découvrir d'abord pour sa vie personnelle chaotique: opposant au régime dictatorial de Duvalier en Haïti, il s'exile une première fois en France. Puis il part pour Cuba où il devient un proche de Catro. Mais critiquant la dérive du régime, il s'exile définitivement en France où il vit depuis 1978. Il a d'ailleur reçu le prix Renaudot en 1988 pour ce roman rempli d'exotisme.

Depestre se pose comme l'héritier de l'écrivain cubain Alejo Carpentier qui a inventé le concept de "réalisme magique"(repris par la suite par le grand Gabriel Garcia Marquez): ses romans sont marqués par l'empeinte du fantastique, du merveilleux faisant irruption dans le quotidien le plus banal.

Haïti est l'île qui a vu naître le vaudou: Depestre va donc convoquer cette cérémonie dans ce roman où les morts renaissent de leurs cendres...

Hadriana est la plus belle jeune fille de la ville Haïtienne de Jacmel. Le jour de son mariage qui est aussi jour de carnaval, elle est enlevée par un papillon (eh oui ! Rassurez-vous, ce papillon n'est autre que le plus grand dragueur de l'île qui a été transformé en papillon par le mari de l'une de ses conquêtes) . Elle meurt au moment de dire oui...

En fait, elle n'est pas si morte que cela! Elle a juste été transformée en zombie: son âme est retenue prisonnière alors que son geolier peut disposer de son corps à sa guise...

Quelle n'est pas la surprise du village lorsque le cercueil d'Hadriana est retrouvé vide après le carnaval....

Ce roman est une merveille: Depestre nous plonge dans les traditions de son île (le vaudou, le carnaval, le mythe du zombie) en nous contant une histoire rocambolesque. Contre le catholicisme (la famille du marié veut annuler le carnaval après la mort supposée d'Hadriana), Depestre exalte la joie de vivre et l'érotisme caraïbéens. Hadriana est donc enterrée au rythme des tambours du carnaval!

C'est également une magnifique histoire d'amour teintée à chaque ligne d'érotisme. Une excellente lecture pour s'évader et découvrir les traditions d'Haïti !

 

René Depestre est l'un des plus grands écrivains haïtiens de ce siècle.

Ecrivain à découvrir d'abord pour sa vie personnelle chaotique: opposant au régime dictatorial de Duvalier en Haïti, il s'exile une première fois en France. Puis il part pour Cuba où il devient un proche de Catro. Mais critiquant la dérive du régime, il s'exile définitivement en France où il vit depuis 1978. Il a d'ailleur reçu le prix Renaudot en 1988 pour ce roman rempli d'exotisme.

Depestre se pose comme l'héritier de l'écrivain cubain Alejo Carpentier qui a inventé le concept de "réalisme magique"(repris par la suite par le grand Gabriel Garcia Marquez): ses romans sont marqués par l'empeinte du fantastique, du merveilleux faisant irruption dans le quotidien le plus banal.

Haïti est l'île qui a vu naître le vaudou: Depestre va donc convoquer cette cérémonie dans ce roman où les morts renaissent de leurs cendres...

Hadriana est la plus belle jeune fille de la ville Haïtienne de Jacmel. Le jour de son mariage qui est aussi jour de carnaval, elle est enlevée par un papillon (eh oui ! Rassurez-vous, ce papillon n'est autre que le plus grand dragueur de l'île qui a été transformé en papillon par le mari de l'une de ses conquêtes) . Elle meurt au moment de dire oui...

En fait, elle n'est pas si morte que cela! Elle a juste été transformée en zombie: son âme est retenue prisonnière alors que son geolier peut disposer de son corps à sa guise...

Quelle n'est pas la surprise du village lorsque le cercueil d'Hadriana est retrouvé vide après le carnaval....

Ce roman est une merveille: Depestre nous plonge dans les traditions de son île (le vaudou, le carnaval, le mythe du zombie) en nous contant une histoire rocambolesque. Contre le catholicisme (la famille du marié veut annuler le carnaval après la mort supposée d'Hadriana), Depestre exalte la joie de vivre et l'érotisme caraïbéens. Hadriana est donc enterrée au rythme des tambours du carnaval!

C'est également une magnifique histoire d'amour teintée à chaque ligne d'érotisme. Une excellente lecture pour s'évader et découvrir les traditions d'Haïti !

Plus généralement, je pense que l'on peu distinguer une littérature chantant la magie de l'île, ses traditions (le vaudou et le carnaval par exemple) et une littérature mettant l'accent sur les évênements de l'histoire récente. René Depestre et Lyonel Trouillot incarnerait ces deux tendances. Mais devant la richesse de cette littérature, il serait dangereux de créer des typologies.

Je vous propose de découvrir quelques oeuvres emblématiques de cette littérature.

Alléluia pour une femme jardin de René Depestre: une ode à la femme et à la sexualité

Ce recueil de nouvelles font l'apologie de l'érotisme et de la fécondité; Depestre crée des scènes plus cocasses les unes que les autres: un jeune garçon tombe amoureux de sa tante Zaza, la plus belle femme de Jacmel; un aspirant prêtre voit ses rêves de chasteté anéantis en tombant amoureux d'une jeune servante. L'une des plus belles nouvelles est sans aucun doute "L'atlas du géolibetinage": le narrateur, étudiant à la Cité Universitaire de Paris (on reconnaît bien sûr l'auteur), ne croyant plus à l'idéal de civilisation européenne, se réfugie dans la sexualité la plus débridée; il dessine une carte du monde dont la taille des pays est proportionnelle au pouvoir érotique des femmes; c'est ainsi que les îles caraïbéennes ou les pays nordiques occupent plus de place sur la carte que l'Europe et les Etats-Unis ! Les épices font leur entrée en Suède...

Pour Depestre, il s'agit d'honorer la femme et de mettre fin à la vision judéo-chrétienne de la faute originelle: la femme est associée à la fécondité et à la fertilité. D'où son nom de femme-jardin. Elle fait partie du cycle de la nature tout comme l'eau, le vent et les arbres. La culture caraïbéenne honore la sexualié en tant qu'ode à la vie et rompt avec la culpabilité liée au sexe issue de la Bible.

René Depestre est pour moi le plus grand écrivain haîtien contemporain. Son parcours est exceptionnel : exilé d'Haïti pour avoir critiqué le régime de Duvalier, il vit à Cuba pendant 20 ans avant de goûter à un nouvel exil. Il vit désormais dans le sud de la France.

Il décrit comme personne la culture de son pays (le vaudou, le carnaval...). Son oeuvre entière est un hymne à la vie et à la joie.

Voir aussi la critique d'Hadriana dans tous mes rêves dans la rubrique Littérature étrangère contemporaine

Bicentenaire de Lyonel Trouillot: une description des événements de 2004

 

Lyonel Trouillot s'inscrit dans une toute autre optique; dans la plupart de ses romans, il décrit la pauvreté et l'apocalypse de son île. Au moment des événements de décembre 2003, il fut un membre actif du collectif "NON" réclamant le départ du Président Aristide. Au sein de son pays, il est un militant actif critiquant le régime dictatorial et prônant le passage à la Démocratie.

Le titre de cet ouvrage fait référence au bicentenaire de la création de la première République Noire de l'Histoire; elle fut créée par le célèbre Toussaint Louverture au moment de la Révolution Française et matée par l'armée napoléonnienne. Ce titre est bien sûr fortement ironique; le bicentenaire s'est terminé par la répression policière des manifestations étudiantes; Quelle régression...

Le roman est le récit d'une journée d'un jeune étudiant Lucien qui parcourt la ville de Port-au-Prince afin de se rendre à la manifestation fêtant le bicentenaire de la République de Toussaint Louverture. Au cours d'un long monologue intérieur, l'étudiant va se rappeler de sa mère aveugle restée à la campagne ,du parcours de son frère cadet qui a mal tourné et de la femme journaliste dont il est tombé amoureux. Avant de rejoindre la manifestation, il va donner des cours à un jeune bourgeois et tombe plus ou moins amoureux de sa mère...

Ce roman baroque , teinté de colère et de sang, est une tragédie; le lecteur sait dès la première page que Lucien va mourir; l'auteur opère un flash-back sur ses activités de la journée.

La construction de ce roman est très intéressante: le narrateur est omniscient mais il laisse parfois la parole à une multiplicité de personnages sous la forme de monologues intérieurs, ce qui crée une oeuvre polyphonique à plusieurs voix. Chacun s'exprime à tour de rôle: la mère aveugle clamant sa détresse, l'étudiant incarnant les espoirs d'une vie meilleure, le frère cadet qui a mal tourné faisant les quatre cents coups dans les rues de Port-au-Prince, le jeune bourgeois s'isolant avec sa game boy...

Ces monologues s'apparentent à des cris: les personnages se révoltent contre un destin injuste. Chacun semble incarner un choix de vie possible dans un milieu apocalyptique: la vie à la campagne, le choix des études, la délinquance...Trouillot se garde bien de prendre partie. Le roman est construit sur des alternalives: capagne/ville, études/délinquance, ici/voyage vers l'ailleurs...

Un roman tragique écrit en hommage aux victimes des manifestations de 2004.

 

L'autre face de la mer de Louis-Philippe Dalembert: la tentation de l'émigration

Louis-Philippe Dalembert, intellectuel émigré en France, est un grand voyageur: Amérique du Nord, Afrique Noire, Moyen-Orient, Europe... Sa littérature, influencée par ses voyages, est marquée par ce tiraillement entre l'amour de la terre natale et le désir de l'ailleurs.

 L'autre face de la mer se présente sous la forme de deux récits: celui d'une grand-mère, Grannie, qui nous compte son amour de l'océan et sa tentation de l'ailleurs; mais les événements politiques (notamment les relations belliqueuses entre Saint-Domingue et Haïti) ont empêché ce vieux rêve de se réaliser. Son petit-fils Jonas prend ensuite la parole; la situation politique est de plus en plus apocalyptique; nous assistons à une émigration massive d'haïtiens prenant la mer sur des troncs d'arbre. Ces deux récits sont scandés par des chants d'esclave venus du fin fond des cales négrières: une poésie sans ponctuation, une mélopée incantatoire qui relate toute l'histoire du peuple haïtien : le départ d'Afrique, l'installation dans les îles Caraïbe puis à nouveau la tentation du départ...

Louis Philippe Dalembert chante une ode à son île et à ses habitants. Le récit central décrit l'apocalypse haïtienne: la pauvreté, la ville infestée par les animaux, la violence...

Face à cet enfer, la vue de l'océan et le voyage vers un ailleurs plus facile incarnent l'espoir....

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3 août 2005 3 03 /08 /août /2005 00:00

Depuis quelques années, la littérature japonaise est à la mode. Des contemporains tels que Murakami Ryu, Haruku Murakami et Yoko Ogawa sont très connus en France. Cette littérature mêlant l'étrange à la fascination du mal a su séduire un public.

Avant de vous parler de ces auteurs, je vous propose de (re)découvrir quelques chefs-d'oeuvre des grands auteurs qui ont fait la réputation de la littérature japonaise depuis 1850.

Natsume Soseki-Oreiller d'herbes

 

 

 

 

 

 

 Natsume Soseki est le plus grand écrivain de l'ère Meiji (fin du XIXe siècle-1906). Son oeuvre est teintée de l'inspiration occidentale au moment où l'empire s'ouvre au continent européen.

Oreiller d'herbes est l'un de ses plus grands chefs-d'oeuvre mais reste largement méconnu en France. C'est une oeuvre très poétique et une réflexion sur la création artistique: un peintre se retire dans les montagnes reculées du Japon pour y méditer sur la nature de son art. Pour lui,  être artiste ne veut pas seulement dire créer; c'est avant tout un art de vivre. Il convient donc de quitter l'agitation de la société et de vivre en accord avec la nature.

Le roman fait alterner les réflexions sur la création artistique à de magnifiques descriptions des paysages japonais traditionnels: description de la nature changeante au fil des saisons, rythme de l'eau, chant des oiseaux...

Dans cette atmosphère éminnement poétique, le peintre va faire la connaissance d'une femme, la fille de son logeur. Dans ce village, les femmes de cette famille semblent poursuivies par une étrange malédiction: les ancêtres de la femme se sont noyées dans la rivière...

Soseki réactualise le mythe d'Ophélie: subjugué par la beauté de la jeune femme, le peintre désire peindre son visage qui répond aux canons esthétiques de l'époque. Mais elle semble vouloir se dérober...

Teintée de romantisme, ce court roman mêle amour, légende, description de paysages et réflexion sur la création. Un roman à découvrir pour connaître le Japon traditionnel.

Yasunari Kawabata (Prix Nobel de Littérature en 1978) -Les belles endormies (1661)

Les belles endormies est le plus célèbre roman de Kawabata: il y met en scène des vieillards qui viennent admirer des jeunes prostituées dans une maison close. Mais ces étranges geisha sont toutes allongées sur un lit noyées dans un étrange sommeil....

Les prostituées sont-elles droguées? Pourquoi les faire dormir?

Les vieillards sont obligées de les contempler platoniquement, de les caresser mais l'acte sexuel est interdit par les règles de la maison....

Eguchi, le personnage central, contemple une jeune femme en se rappelant son passé et les femmes qu'il a aimées. L'érotisme affleure, entre amour et sexualité.

Kawabata signe un magnifique roman sur les rapports entre Eros et la vieilesse. Les belles endormies symbolisent le désir interdit et surtout le drame de la vieillesse pour qui la fin du désir équivaut à la mort.

Ryunosuke Akutagawa (1892-1927)- Rashômon

Rashômon est surtout célèbre pour son adaptation au cinéma par le célèbre Kurosawa.

L'intrigue est simple: une femme accompagnée de son mari est violée par un vagabond. Mais tout le talent d'Akutagawa repose sur l'emboîtement des récits qui se contredisent: chacun des trois protagonistes prend la parole à tour de rôle et raconte sa propre histoire si bien que le lecteur a une vision floue des événements: le mari est-il venu en aide à sa femme? L'épouse a-t-elle fui avec son agresseur? Y-a-il eu suicide?

Nous ne le saurons jamais....

Akutagawa est l'un des plus grands écrivains japonais. Il a surtout écrit des nouvelles. A signaler que le Prix Akutagawa est le prix littéraire le plus pestigieux du Japon.

Dans le recueil de nouvelles édité par Gallimard Folio, Rashômon est accompagné d'un magnifique récit mettant en scène un peintre de la cour impériale qui recherche un jeune modèle pour peindre un carrosse en feu. Cette nouvelle est une réflexion sur la cruauté et le rapport entre l'art et le mal. Frisson garanti ...

Junichirô Tanizaki (1886-1965) -Journal d'un vieux fou

Tanizaki signe ici un roman sur les rapports entre Eros et la Thanatos , dans la lignée des Belles endormies  de Kawabata.

Le récit est un journal intime d'un vieil infirme soumis à des névralgies et à l'hypertension artérielle. Il tombe amoureux de la belle-fille, ancienne danseuse de music-hall. Impuissant, il lui demande de maigres consolations pour supporter sa maladie. La belle-fille en profite pour monnayer les petites faveurs pour satisfaire ses goûts de luxe: lécher son mollet, la regarder sous la douche....

Peu à peu, le vieillard s'isole et sombre dans le fétichisme: son seul lien à la vie est son amour pour sa brue...

Tanisaki analyse avec brio le sadomasochisme de cette relation et la cruauté de la danseuse. Le lecteur est paratagé entre la répulsion et la pitié pour la détresse du vieillard.

Yasushi Inoué (1907-1991)- Une voix dans la nuit

Yasushi Inoué a obtenu le Prix Akutagawa en 1950 pour Le fusil de chasse. Son oeuvre est imprégnée par l'Histoire du Japon et de la Chine. A lire Le loup bleu, biographie romancée du célèbre Gengis Khan.

Je vous propose de découvrir un petit roman tout simple, road-movie au pays du soleil levant: un vieil homme décide de partir en croisade contre l'urbanisation et la dévastation de la nature; iul est passionné par les livres anciens et surtout le Manyô-Shû, le plus ancien recueil de poésie japonaise.

Avec sa petite fille, il va aller à la rencontre des paysages évoqués dans ce recueil de poésie. Au cours de leur fugue, les deux personnages vont rencontrer une jeune adolescente en rupture de ban ainsi qu'un chauffeur de taxi qui vont les suivre dans leur périple.

Ce roman très poétique oppose le Japon des paysages traditionnels et le Japon moderne à la vie trépidante.

Le réduire à un récit écologiste serait réduire la poésie du texte. Le roman est plein d'humour, créé par les dialogues entre les différents personnages. Le vieil homme est très attachant et le lecteur le suit allègrement dans ses déambulations.

 

Shûsaku Endo(1923-1996)-Douleurs exquises

Shûsaku Endô a créé une oeuvre unique dans la mesure où ses écrits sont imprégnés de sa foi catholique, dans un pays où les chrétiens représentent 2% de la population.

Son oeuvre pose donc des questions sur l'origine du mal et la foi en Dieu.

Douleurs exquises est un recueil de nouvelles sur la souffrance et s'interroge sur la capacité à supporter la douleur. Il met en scène des hommes malades (l'auteur, lui-même, avait une santé fragile) et surtout des martyrs chrétiens du XVIe au XVIIIe siècle, lorsque les catholiques étaient persécutés au Japon. La torture peut-elle vaincre la foi? La peur de la douleur peut-elle conduire à renier sa foi?

Même si le lecteur n'est pas sensibilité à la foi catholique, il peut être intéressé par un aspect très méconnu de l'histoire japonaise. Evangélisé par Saint François Xavier au XVIe siècle, le Japon a ensuite organisé une persécusion systématique des croyants en mettant au point toutes sortes de torture: noyade, incendie de villages....

Une oeuvre vraiment à part dans le paysage littéraire japonais....

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8 juillet 2005 5 08 /07 /juillet /2005 00:00

Voici une littérature encotre très méconnue du grand public. Quelques grands noms comme Ahmadou Khourouma (Côte d'Ivoire), Ousmane Sembene (Sénégal émigré en France) ou Mongo Beti (Cameroun) sont internationalement connus.

Mais aujourd'hui, beucoup de romans africains sont publiés. A signaler le formidable travail des éditeurs comme Présence Africaine, Dapper Editions ou Serpent à plumes qui nous font découvrir aujourd'hui de nouveaux talents.

Je vous propose de découvrir trois gands classiques ainsi que des oeuvres moins connues mais tout aussi passionnantes.

Xala de Ousmane Sembene (Sénégal)

Voici un roman très cocasse qui dénonce la puissance des nantis africains ! Ousmane Sembene, écrivain sénégalais émigré en France depuis de nombreuses années, est également un cinéaste internationalement reconnu (voir le récent Mooladé qui dénonce la pratique de l’excision). C’est un auteur engagé qui dénonce les aberrations de la société africaine.

 

Xala est d’abord un roman burlesque : Xala désigne l’impuissance sexuelle ! Un élu local qui fête son troisième mariage se voit incapable d’honorer sa jeune épouse. Pour lui, c’est un sort qui a été jeté par ses deux premières femmes. Il va donc essayer de tout faire pour les faire avouer en consultant de multiples marabouts et sorcières qui lui conseillent des remèdes bien comiques. Et si cette impuissance était le fait d’une malédiction due aux malversations du puissant monsieur ?

 

Sur un ton comique, Ousmane Sembene dénonce les rapports sociaux qui minent l’Afrique : des nantis issus de la classe politique s’enrichissent sur le dos des plus pauvres. Mais cette malhonnêteté pourrait bien se retourner contre eux.

 

A découvrir absolument !

La grève des battù de Aminata Saw Fall, Serpent à plumes (Sénégal)

 

Dans la même veine que Xala d’Ousmane Sembene, voici un roman très drôle empli d’originalité sur les rapports sociaux en Afrique.

 

Pour remporter les prochaines élections, un homme a décidé d’expulser tous les mendiants de la ville… Mais cette décision va se retourner contre lui : lorsqu’il consulte les marabouts pour trouver les bons remèdes facilitant son élection, les sorciers de la ville lui conseillent de donner l’aumône à des mendiants ! Il va donc les faire revenir en ville... Mais étant au courant de son programme politique, les mendiants décident de se mettre en grève…

Toute la société s’en trouve alors bouleversée…

 

L'auteur sénégalaise nous livre avec humour la nature des rapports sociaux africains: riches et pauvres semblent interdépendants...

 

Une vive dénonciation des politiques sécuritaires mises en place par les puissants....

Allah n'est pas obligé de Ahmadou Kourouma (Côte d'Ivoire)

 

Ce livre a remporté le Goncourt des Lycéens en 2000. Le grand écrivain ivoirien nous livre le portrait d'un jeune adolescent qui pour survivre devient soldat. A l'aide de son petit dictionnaire Robert et d'un crayon, il nous livre chaque jour un récit de sa vie au coeur de la guerre civile au Libéria.

Pour rendre son récit le plus vraisemblable possible, Kourouma a choisi de faire parler l'enfant-soldat à la première personne: il emploi un langage mélangeant le patois et le français.

Ce livre empli de sincérité dénonce les guerres civiles  et la condition des enfants africains.

 

Mission terminée, Mongo Beti (Cameroun)

Ce roman confronte deux visions de Afrique: celle de la campagne et celle de la ville: un adolescent poussé par son père à faire des études vient de rater son bac. Il revient donc tout penaud au village en ayant craignant les réprimandes du père.

Un événement impromptu va finalement éviter la confrontation entre le père et le fils: la jeune femme de l'oncle a fugé avec un beau jeune homme. C'est au jeune étudiant que revient la charge de ramener la fugueuse au bercail...

Au cours de ses pérégrinations à la campagne, l'étudiant de la ville va découvrir la vraie vie: il va progressivement se rendre compte que son savoir acquis n'est qu'abstraction vaine. Dans le village, il va faire un nouvel apprentissage, celui de la vraie vie: il va ainsi découvrir l'érotisme et l'amitié.

Mongo Beti dénonce l'idée d'ascension sociale qui fait perdre l'authenticité des jeunes africains; des parents s'acharnent sur leurs enfants sans tenir compte de leur personnalité....L'exode rural n'est pas forcément la solution...

On pourrait qualifier ce roman de rétrograde: l'écrivain pourrait en effet prôner un retour aux valeurs ancestrales. Mais le message du roman est beaucoup plus subtil qu'il n'en a l'air. Mongo Beti dénonce d'abord l'enseignement tel qu'il a été créé par le système colonial. Lorsque le jeune garçon expose son savoir à la communauté des vieillards du village, il ne parvient pas à transmettre son savoir et à expliquer des mots vides de sens pour les paysans.

Un beau roman d'apprentissage dénonçant les méfaits du système scolaire coupé de la réalité...

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4 juillet 2005 1 04 /07 /juillet /2005 00:00

Alors que la littérature sud-américaine rencontre un vif succès à travers le monde depuis trois décennies (Garcia Marquez, Vargas LLosa, Sepulveda, Fuentes pour ne citer que les plus connus), la littérature brésilienne est restée largement méconnue. L'Année du Brésil en France est l'occasion de redécouvrir quelques chefs-d'oeuvre qui sont réédités cette année.

Jorge Amado a été pratiquement le seul écrivain brésilien connu des lecteurs français pendant des années. Son roman le plus connu Bahia de tous les saints est un ode au petit peuple brésilien.

Deux grands textes classiques méritent toute notre attention : L'aliéniste de Machado de Assis (fin XIXe siècle) et Macounaïma de Mario De Andrade.

Parmi les contemporains, il faut citer Bernardho Carvalho et Paulo Lins qui a écrit La cité de Dieu, adapté au cinéma par Fernando Mejelles.

Bahia de tous les saints de Jorge Amado

C'est l'histoire picaresque d'un jeune noir Brésilien qui tente coûte que coûte de gagner s vie: il fera de multiples petits métiers (boxeur, acrobate dans un cirque, docker...)en risquant à chaque fois de sombrer dans la délinquance. Après de multiples aventures, notre héros trouvera un sens à sa vie en participant activement à la grève des dockers.

Amado rend un hommage vibrant au petit peuple brésilien ; ce roman est l’héritier des œuvres picaresques espagnoles du XVIIe siècle : les personnages sont issus des classes populaires les plus pauvres (les picaros) et les écrivains y relatent leur vie pleine d’aventures et de rebondissements.

 

C’est également un magnifique roman sur la ville de Bahia et sur ses coutumes. Amado nous faire découvrir le carnaval, le macoumba (cérémonies fétichistes caractérisées par de multiples influences africaines, indiennes et animistes) et bien d’autres traditions.

 

Un roman magnifique plein de bruit et de fureur pour découvrir la culture brésilienne emplie d’optimisme : le parcours difficile des personnages ne semble pas mettre un frein à leur bonne humeur légendaire.

 

 

 Macounaïma de Mario de Andrade

 

Ce roman écrit en 1922 fonde la littérature brésilienne moderne. Son auteur, Mario de Andrade, a voulu créer une littérature nationale « lavée » de toutes influences extérieures. Il va donc puiser dans toutes les cultures de son pays en mêlant les mythologies européennes indiennes et africaines, affirmant par là la formidable richesse culturelle de son pays.

 

Le héros Macounaïma (« le grand méchant ») est un personnage très connu de la mythologie indienne. C'est un peu l'anti-héros par excellence. C’est un indien noir né dans la forêt vierge amazonienne qui a un fort penchant pour la paresse et la lubricité. Il devient Empereur de la forêt et épouse Ci La Mère-de-la-Forêt. Avant de mourir, cette dernière lui remet un talisman censé le protéger du danger. Mais ce dernier va être volé…Le roman raconte alors les aventures rocambolesques du héros à la recherche du « Mouïraquitan »…

 

Ce roman foisonnant et éminemment ludique  mélange les genres (à la fois tragique et comique) , les langues (beaucoup de vocables sont issus de la langue indienne et Andrade procède par énumération de ces mots tous plus exotiques que les autres), les lieux (les aventures de Macounaïma l’emmènent de la forêt amazonienne à la ville tentaculaire de Sao Paulo).

 

Les personnages eux-mêmes, se transforment en de multiples éléments : Macounaïma, pour lutter contre ses ennemis, se transforme en petits animaux. En se baignant dans un lac, il devient même blond aux yeux bleus !šPlusieurs femmes se fransforment en constellation.

 

Macounaïma nous plonge dans la magie brésilienne. Eminnemment baroque, ce roman est très comique et burlesque: multiples scènes d'érotisme, scène du puissant potentat local qui se fait berner par le héros...Les aventures se multiplient à un rythme trépidant.

 

un roman fondamental, très peu connu et qui ne ressemble à aucune oeuvre d'Amérique latine.

L'aliéniste de Machado de Assis

 

Critiques à venir.....

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3 juillet 2005 7 03 /07 /juillet /2005 00:00

La littérature haïtienne francophone est à l'honneur en ce moment. Le Monde des Livres lui a d'ailleurs récemment consacré un article (Vendredi 17 juin 2005).

Haïti sombre dans la dictature et dans la pauvreté depuis une cinquantaine d'année (Dictature de Duvalier et du Président Aristide). C'est l'un des pays les plus pauvres de la planète et l'espérance de vie ne dépasse pas 52 ans.

Mais la Littérature, elle, est d'une richesse incroyable. On distingue souvent les écrivains haïtiens issus de l'immigration(en France :René Depestre, Louis-Philippe Dalembert ; au Canada: Denis Laferrière; aux Etats-Unis, Edwige Danticat) et ceux qui sont restés sur l'ïle; c'est le cas de Lyonel Trouillot. Mais comme le déclare ce dernier dans l'entretien du Monde des Livres, on ne peut opposer ces deux littératures: l'une qui parlerait d'évasion, d'ailleurs et l'aure qui serait ancrée au sol haïtien. Ainsi, l'émigré Dany Laferrière évoque ses souvenirs d'enfance dans l'île dans Les charmes d'une après-midi sans fin (paru au  Serpent à plumes).

Plus généralement, je pense que l'on peu distinguer une littérature chantant la magie de l'île, ses traditions (le vaudou et le carnaval par exemple) et une littérature mettant l'accent sur les évênements de l'histoire récente. René Depestre et Lyonel Trouillot incarnerait ces deux tendances. Mais devant la richesse de cette littérature, il serait dangereux de créer des typologies.

Je vous propose de découvrir quelques oeuvres emblématiques de cette littérature.

Alléluia pour une femme jardin de René Depestre: une ode à la femme et à la sexualité

Ce recueil de nouvelles font l'apologie de l'érotisme et de la fécondité; Depestre crée des scènes plus cocasses les unes que les autres: un jeune garçon tombe amoureux de sa tante Zaza, la plus belle femme de Jacmel; un aspirant prêtre voit ses rêves de chasteté anéantis en tombant amoureux d'une jeune servante. L'une des plus belles nouvelles est sans aucun doute "L'atlas du géolibetinage": le narrateur, étudiant à la Cité Universitaire de Paris (on reconnaît bien sûr l'auteur), ne croyant plus à l'idéal de civilisation européenne, se réfugie dans la sexualité la plus débridée; il dessine une carte du monde dont la taille des pays est proportionnelle au pouvoir érotique des femmes; c'est ainsi que les îles caraïbéennes ou les pays nordiques occupent plus de place sur la carte que l'Europe et les Etats-Unis ! Les épices font leur entrée en Suède...

Pour Depestre, il s'agit d'honorer la femme et de mettre fin à la vision judéo-chrétienne de la faute originelle: la femme est associée à la fécondité et à la fertilité. D'où son nom de femme-jardin. Elle fait partie du cycle de la nature tout comme l'eau, le vent et les arbres. La culture caraïbéenne honore la sexualié en tant qu'ode à la vie et rompt avec la culpabilité liée au sexe issue de la Bible.

René Depestre est pour moi le plus grand écrivain haîtien contemporain. Son parcours est exceptionnel : exilé d'Haïti pour avoir critiqué le régime de Duvalier, il vit à Cuba pendant 20 ans avant de goûter à un nouvel exil. Il vit désormais dans le sud de la France.

Il décrit comme personne la culture de son pays (le vaudou, le carnaval...). Son oeuvre entière est un hymne à la vie et à la joie.

Voir aussi la critique d'Hadriana dans tous mes rêves dans la rubrique Littérature étrangère contemporaine

Bicentenaire de Lyonel Trouillot: une description des événements de 2004

 

Lyonel Trouillot s'inscrit dans une toute autre optique; dans la plupart de ses romans, il décrit la pauvreté et l'apocalypse de son île. Au moment des événements de décembre 2003, il fut un membre actif du collectif "NON" réclamant le départ du Président Aristide. Au sein de son pays, il est un militant actif critiquant le régime dictatorial et prônant le passage à la Démocratie.

Le titre de cet ouvrage fait référence au bicentenaire de la création de la première République Noire de l'Histoire; elle fut créée par le célèbre Toussaint Louverture au moment de la Révolution Française et matée par l'armée napoléonnienne. Ce titre est bien sûr fortement ironique; le bicentenaire s'est terminé par la répression policière des manifestations étudiantes; Quelle régression...

Le roman est le récit d'une journée d'un jeune étudiant Lucien qui parcourt la ville de Port-au-Prince afin de se rendre à la manifestation fêtant le bicentenaire de la République de Toussaint Louverture. Au cours d'un long monologue intérieur, l'étudiant va se rappeler de sa mère aveugle restée à la campagne ,du parcours de son frère cadet qui a mal tourné et de la femme journaliste dont il est tombé amoureux. Avant de rejoindre la manifestation, il va donner des cours à un jeune bourgeois et tombe plus ou moins amoureux de sa mère...

Ce roman baroque , teinté de colère et de sang, est une tragédie; le lecteur sait dès la première page que Lucien va mourir; l'auteur opère un flash-back sur ses activités de la journée.

La construction de ce roman est très intéressante: le narrateur est omniscient mais il laisse parfois la parole à une multiplicité de personnages sous la forme de monologues intérieurs, ce qui crée une oeuvre polyphonique à plusieurs voix. Chacun s'exprime à tour de rôle: la mère aveugle clamant sa détresse, l'étudiant incarnant les espoirs d'une vie meilleure, le frère cadet qui a mal tourné faisant les quatre cents coups dans les rues de Port-au-Prince, le jeune bourgeois s'isolant avec sa game boy...

Ces monologues s'apparentent à des cris: les personnages se révoltent contre un destin injuste. Chacun semble incarner un choix de vie possible dans un milieu apocalyptique: la vie à la campagne, le choix des études, la délinquance...Trouillot se garde bien de prendre partie. Le roman est construit sur des alternalives: capagne/ville, études/délinquance, ici/voyage vers l'ailleurs...

Un roman tragique écrit en hommage aux victimes des manifestations de 2004.

 

L'autre face de la mer de Louis-Philippe Dalembert: la tentation de l'émigration

Louis-Philippe Dalembert, intellectuel émigré en France, est un grand voyageur: Amérique du Nord, Afrique Noire, Moyen-Orient, Europe... Sa littérature, influencée par ses voyages, est marquée par ce tiraillement entre l'amour de la terre natale et le désir de l'ailleurs.

 L'autre face de la mer se présente sous la forme de deux récits: celui d'une grand-mère, Grannie, qui nous compte son amour de l'océan et sa tentation de l'ailleurs; mais les événements politiques (notamment les relations belliqueuses entre Saint-Domingue et Haïti) ont empêché ce vieux rêve de se réaliser. Son petit-fils Jonas prend ensuite la parole; la situation politique est de plus en plus apocalyptique; nous assistons à une émigration massive d'haïtiens prenant la mer sur des troncs d'arbre. Ces deux récits sont scandés par des chants d'esclave venus du fin fond des cales négrières: une poésie sans ponctuation, une mélopée incantatoire qui relate toute l'histoire du peuple haïtien : le départ d'Afrique, l'installation dans les îles Caraïbe puis à nouveau la tentation du départ...

Louis Philippe Dalembert chante une ode à son île et à ses habitants. Le récit central décrit l'apocalypse haïtienne: la pauvreté, la ville infestée par les animaux, la violence...

Face à cet enfer, la vue de l'océan et le voyage vers un ailleurs plus facile incarnent l'espoir....

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