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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 11:28

ROYAUME-UNI ; 1860

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Editions Folio Classique

 

Et voici un autre classique anglais d'une grande écrivaine anglaise sans doute moins célèbre que les soeurs Brönté ou encore Jane Austen mais qui n'en gagne pas moins à être connue. Comme son acolyte française George Sand, Mary Ann Evans prit un nom masculin pour publier. Elle est considérée aujourd'hui comme un grand écrivain victorien qui décrit les transformations de l'Angleterre lors de la Révolution Industrielle et aussi la condition féminine prise dans les filets du désir et du devoir moral.

 

Pour découvrir l'itinéraire de cet auteur de premier plan, voici sa biographie : http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Eliot

 

Cet opus, le 2e de son auteur, est un magnifique portrait de famille et de femme dans l'Angleterre rurale du XIXe siècle. George Eliot s'est beaucoup inspirée de sa propre famille : père aimant régisseur d'une propriété, son frère ainé adoré, et sa propre personnalité, enfant et adolescente hypersensible, assoiffée de culture et à la recherche de ses idéaux...

 

Nous sommes dans un village où se rencontrent une rivière et la mer "une vaste plaine ou la Floss, plus large, se hâte entre ses vertes rives d'aller vers la mer, tandis que la marée amoureuse se précipite à sa rencontre et l'arrête en une étreinte fougueuse"Une vieille dame nous décrit le village, où deux petits enfants jouent,  avant de se réveiller "Ah, mes bras sont engourdis; Mes coudes étaient appuyés sur les bras de mon fauteuil, et je rêvais que je me trouvais sur ce pont, face au Moulin de Dorlcote, tel qu'il était un certain après-midi de février, il y a bien des années. avant de m'assoupir, j'allais vous raconter ce dont parlaient M. et Mme Tulliver, assis près de ce beau feu dans le salon à gauche, ce même après-midi dont j'ai rêvé." Et nous voici partis pour 700 pages relatant l'histoire des 2 enfants Tulliver, Maggie et Tom, sur une vingtaine d'années. 

 

Monsieur Tulliver est meunier de son état. Très attaché à son Moulin de Dorlcote, il est en procès avec un autre propriétaire qui veut installer un système moderne d'irrigation. Soucieux de donner une bonne éducation à son fils Tom, il l'envoie chez un précepteur lui enseignant le latin et la géométrie. Esprit lent, Tom a bien du mal à se faire à cet "endoctrinement". Au contraire, Maggie, sa petite soeur qui l'idôlatre, adore se cultiver lire et découvrir de nouvelles choses. D'une sensibilité à fleur de peau, impulsive, elle n'arrête pas d'être répriandée par son frère ainé, épris du sens de l'honneur et du devoir. Ensemble, il vont faire la connaissance de Philipp, fils du précepteur, enfant disgracié par la nature, bossu, mais comme Maggie, intelligent et sensible.

 

Mais comme le dit Eliot, "Les portes d'or de leur enfance" vont être bientôt refermées car le père Tulliver va faire faillite. Tom va alors découvrir que son éducation classique ne va lui être d'aucune utilité et Maggie va être mise en face du dilemne traditionnel entre l'amour et le devoir familial.

 

Ce magnifique roman est digne d'une tragédie classique. On pense aux grandes figures littéraires du renoncement amoureux (Bérénice, Phèdre, La princesse de Clèves) sans oublier le drame shakespearien où Roméo et Juliette sacrifient l'amour au nom de l'exigence familiale.

 

Le "couple" central, Tom et Maggie, est décrit au milieu de l'étau de leur famille, père, mère, oncles et tantes. Cette constellation familiale est l'occasion pour Eliot de déployer son immense talent dans le registre du roman psychologique. Chaque personnage est scruté dans ses exigences, ses faiblesses, ses contradictions. Le Père Tulliver, homme de l'Ancien Monde, meunier en faillitte pour avoir voulu préserver sa propriété alors que les autres hommes du village sont uniquement préoccupés par les revenus capitalistes. Tom n'aura de cesse de défendre l'honneur perdu de son père alors qu'il est promis à un brillant avenir. La mère Tulliver, matérialiste,  préoccupée par son linge de table et son service à thé lors de la vente aux enchères de ses biens mais qui finalement protégera sa fille déchue. Les oncles et tantes maternels, toutes une série de portraits tragicomiques (ah, les discussions entres les soeurs sur l'éducation de Maggie et les possessions des unes et des autres, se disputant leurs nappes, tasses et chapeaux ! Et oui, on rit aussi dans Le Moulin sur la Floss).

 

Tom L'intransigeant, la passionnée Maggie...et mention spéciale à Philipp, le bossu disgracieux, l'amoureux éconduit, prêt à vivre son amour sans sa bien aimée...

 

Il s'agit bien d'un roman d'apprentissage tragique où les désirs de la jeune garde vont se trouver en contradictions avec les conflits des parents.

 

Bien sûr, ce sera la jeune fille qui sera sacrifiée sur l'hôtel de l'honneur ; victime de sa trop grande sensibilité mais soucieuse avant tout de l'estime de son père et de son frère, Maggie est la figure exemplaire du renoncement.

 

Roman social, roman d'apprentissage, d'éducation....c'est aussi le roman du souvenir de l'enfance perdue, des lieux aimés. Ce n'est pas par hasard si Le Moulin sur La Floss était l'un des livres préférés de Marcel Proust. Un branche de sureau, tout comme la célèbre madeleine, fait revivre les jours heureux. Les personnages sont attachés au territoire de leur enfance et Tom et Maggie reviendront toujours au Moulin, malgré leurs itinéraires contrariés. Le Moulin n'est pas uniquement un lieu. Il symbolise le lien de la famille et l'enfance heureuse.

 

Enfin, mention spéciale à la prose fluide de l'auteur, alliant lyrisme retenu et finesse psychologique tout en laissant une large place aux dialogues. Du grand art !


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28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 10:29

ROYAUME-UNI -1941

http://p2.storage.canalblog.com/25/27/186162/9645663_p.jpg

 

Editions Le Livre de Poche

 

Voici un été passé en compagnie des classiques anglais.

J'ai commencé par Daphné du Maurier (1907-1989) connue pour avoir fait renaître le roman gothique à partir des années 30, auteur des célébrissimes Oiseaux et Rebecca immortalisés par le maître Hitchcock.

 

L'auberge de la Jamaïque a d'ailleurs été également mis en scène par le maître de l'épouvante mais est moins connu.

 

Nous retrouvons dans cet opus les landes désolées et venteuses des Cornouailles anglaises, une jeune héroïne qui n'a pas froid aux yeux et qui défient les hommes, et une vieille bâtisse décrépite qui donne sa consonance gothique à l'ouvrage.

 

Mary Yellan est une jeune orpheline qui vient de perdre sa mère. Cette dernière, avant sa mort, lui avait juré de contacter sa tante pour l'héberger. Elle quitte avec les bocages anglais verdoyants pour les tristes landes. Sa tante est mariée avec Joss, un étrange aubergiste alcoolique qui s'adonne à des activités illicites la nuit venue. Mary retrouve sa tante qui n'est plus que le fantôme d'elle-même, marionnette au main de l'affreux Joss. Quant à l'auberge décrépite, elle n'est plus auberge que par son nom. Les villageois et et voyageurs l'ont désertée depuis longtemps.

 

Mary est bien décidée à découvrir ce que manigance son oncle la nuit venue....D'autres personnages masculins vont apparaître au fur et à mesure : Jem, le frère de Joss, ultime rejeton d'une famille maudite, et le vicaire Davey, personnage compatissant et torturé....

 

C'est magnifiquement suranné mais on se laisse vite absorber par cette atmosphère romantique et ce personnage féminin fort.

Sans oublier la qualité du récit qui nous réserve quelques surprises quant à la véritable nature des personnages...

 

Lorsqu'elle décrit les naufrages au large des Cornouailles et tous les malfrats qui règnent autour, Du Maurier n'est pas sans rappeler par la thématique le grand Hugo.

 

Evidemment, c'est rempli de clichés (la femme romanesque forte qui finira par trouver l'amour...) mais les personnages ne sont par pour autant traités avec manichéisme : les aubergistes trafiquants cachent bien leurs faiblesses et les réputées blanches colombes  ne le sont peut être pas totalement.

 

Et n'oublions pas ces magnifiques clairs-obscurs où les activités secrètes se déroulent la nuit à la lueur de la bougie. On aperçoit des silhouettes, on perçoit des frôlements, on entend des bruits inconnus. Une belle atmosphère fantômatique !

 


 


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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 15:12

ROMAN- THEATRE

 

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Publié en 1974 sous le pseudonyme d'Emile Ajar

 

Depuis la lecture de La vie devant soi et de La promesse de l'aube, je considère Romain Gary comme l'un des écrivains français  les plus brillants et les plus attachants de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

C'est donc tout naturellement que je suis allée voir la semaine dernière Gros Calin, joué au Théâtre de l'Oeuvre à Paris. Et j'y ai retrouvé le même talent, le même ton tragi comique que dans les deux autres opus. Par contre, là où les deux autres romans exaltaient la générosité (la maternité et les liens intergénérationnels), ce dernier montre une profonde solitude et un malaise certain régissant les relations humaines...

 

http://www.theatredeloeuvre.fr/images/affiche/gros-calin/gros%20c%C3%A2lin%20(c)dunnara%20MEAS%20BD%200034.jpg

 

Gros Calin est un...python recueilli en Guyane par Monsieur Cousin, fonctionnaire vivant seul chez lui. Au moins, ce python lui fait de gros calins et lui montre de l'affection contrairement à ses semblables, femmes et collègues de bureau.

 

Monsieur Cousin va nous raconter ainsi sa vaste solitude. Et c'est encore plus compliqué quand on a un gros python dans les bras ! Une bonne occasion de Romain Gary (Emile Ajar) d'épingler tous les travers de la société, en particulier le racisme. Le python est la figure de l'autre, de l'immigré alors...

 

Comme d'habitude, Gary ne fait pas dans la dentelle et il nous livre quelques scènes truculentes qui auront bien choqué à l'époque la société bien pensante. Les prostituées qui lui nettoient le C..., et auss le python, métaphore sexuelle qui effraie la femme de ménage portugaise, la police et la femme du voisin alors qu'il passe dans les canalisations !

 

Monsieur Cousin a des vues sur Madame Dreyfus, elle aussi guyanaise, mais n'ose pas lui avouer son amour.

 

Monsieur Cousin fantasme-t-il ? Le python n'est-il qu'une métaphore de son sexe ? De ses bras ui veulent enlacer ? C'est peut-être après tout le cas puisque dans son monologue, il s'identifie de plus en plus au serpent...

 

Un monologue magique, un texte surprenant. A découvrir.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 12:04

ETATS-UNIS-1929

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Le troisième roman de Faulkner est souvent considéré comme l'introduction à l'oeuvre du grand écrivain. 

Il est en effet de facture classique : narrateur unique et non polyphonie inaugurée par Faulkner quelques années plus tard, dialogues alternant avec des descriptions des paysages et des saisons. 

Par contre, il n'atteint à aucun moment l'ampleur lyrique d'un Lumière d'août ou d'un Absalon ! Absalon ! avec leurs longues phrases alambiquées. 

C'est plutôt du côté des personnages qu'il faut aller chercher le talent de Faulkner dans cette oeuvre, et sa capacité merveilleuse à décrire l'atmosphère d'une grande propriété du sud du Mississippi sur le déclin, après la Première Guerre Mondiale. La famille des Sartoris est une lignée maudite : aucun des hommes de la famille n'est mort tranquillement dans son lit. L'ancêtre a été tué pendant la guerre de Sécession, l'un de ses petits fils a sauté de son avion, face à l'ennemi, en 14-18. Il ne reste plus que Bayard, casse-cou solitaire, qui noie son vide existentiel, dans les courses automobiles. Il y entraîne d'ailleurs son grand-père, le vieux Bayard, vieil homme bougon et orgueilleux. 

Face à cette lignée de fanfarons qui jouent avec la mort, les femmes, à qui l'auteur voue une véritable sympathie : la jeune et discrète Narcissa, qui épousera Bayard fils et l'inoubliable Miss Jenny, tante du vieux Bayard, qui régente tout son petit monde dans la vieille propriété : le monde des serviteurs noirs et toute cette gente masculine bien turbulente. 

Les hommes, les femmes et le troisième cercle : les serviteurs noirs , eux aussi grands-pères, fils et petits-fils qui vont à la guerre, reviennent avec des idées d'indépendance et observent avec étonnement les fanfaronnades de leurs maîtres. 

Au centre de tout cela, un thème : la décadence du vieux monde, l'avènement du nouveau et peut-être la fin d'une lignée maudite avec la naissance d'un nouveau-né, revigoré avec le sang de la famille de Narcissa. 

Que raconte cette oeuvre ? Pas grand chose finalement, n'attendez pas de véritables rebondissements, il s'agit plutôt de la chronique d'une mort annoncée. 

C'est la forme que nous apprécierons le plus : la description de ces grandes scènes champêtres de chasse, de repas de Noël et surtout de petites scénettes pouvant faire penser à du théâtre : les admonestations de Miss Jenny, les serviteurs nègres qui observent derrière la porte les disputes de leurs maîtres, tout cela donne du piquant à la narration. Sans oublier la scène magistrale où le vieux Bayard se fait examiner par deux médecins, scène digne de Molière ! Oui, il peut y avoir du fantasque et du comique chez Faulkner. 

A noter aussi son immense talent pour décrire la sociologie d'une époque (les rapports entre les maîtres blancs et les serviteurs noirs, les conflits hommes/femmes) et la nature si particulière du Mississippi.

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 11:01

ETATS-UNIS - 1952

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/ZoomPE/1/7/9/9782253005971.jpg

Le film mythique avec James Dean est sans doute plus connu que le roman qui a valu à Steinbeck le Prix Nobel de la littérature. En ce qui me concerne, j'ai préféré commencé par le livre...A noter que le film d'Elia Kazan a été réalisé en 1955, seulement trois ans après la publication du livre. 

A l'opposé de la concision de Des souris et des hommes, Steinbeck nous livre ici un roman familial de plus de 700 pages. Mais l'écriture est si fluide que le récit se dévore en quelques jours. 

Le titre fait référence à l'épisode de la Bible où Caïn fuit à "l'est d'Eden" après avoir tué son frère Abel par jalousie. 

Steinbeck construit en effet tout son système de personnages sur cette relation originelle : sur trois générations, il s'agit d'examiner les relations différentes que peut avoir un père avec ses deux fils. La recherche de l'amour paternel en vain, malgré les dons ou marques d'affection....

L'auteur retrace l'histoire sur trois générations de deux familles de "terriens" dans la vallée californienne de Salinas. La famille Hamilton, émigrants irlandais, avec à sa tête le génial inventeur sans le sou Samuel et la famille Trask, originaire du Connecticut, dont le patriarche a fait fortune dans la politique. Refusant l'héritage, les deux frères, Charles et Adam préfèrent se consacrer à leur terre. Adam préfère d'ailleurs fuir en Californie pour cultiver son champ...On retrouve ici l'un des leitmotiv de l'oeuvre de Steinbeck, l'attachement à la terre. 

Adam, l'incarnation du bien, va tomber amoureux de Cathy, l'incarnation du mal. Cathy, la parricide, la prostituée, avide de chair et de sang, donnera naissance à Caleb et Aaron avant de fuir. Adam, "paralysé" par la trahison, sera à tout jamais comme anesthésié, incapable d'aimer et d'éduquer ses enfants. Il leur cachera d'ailleurs l'existence de leur mère, vivant dans la ville d'à côté.

Pire, il aura tendance à privilégier Aaron, Charles ressemblant trop à sa mère.....

Que dire du message de cette fresque ? Steinbeck, l'un des grands écrivains humanistes du XXe siècle, nous délivre un message très optimiste malgré les thèmes de la fatalité, du péché et de la jalousie. Bien sûr, il y a la tache originelle, le péché incarné par Cathy, la mère. Caleb se sent d'ailleurs profondément souillé. Mais cette faute originelle n'est pas fatale. Comme le déclare Lee, le serviteur chinois de la famille Trask, le "Timshel" de la Bible veut dire "tu peux" te délivrer du mal et non "tu dois" ou "tu devras". Tout repose sur la volonté de l'homme qui peut se délivrer de ses chaînes. 

Si l'on examine les différents personnages, c'est Samuel Hamilton, le fermier irlandais et le serviteur Lee, qui incarnent le mieux les idées de l'auteur. Mention spéciale pour ces deux "héros secondaires", sans doute les personnages les plus intéressants avec Caleb : le fermier sans le sou, inventeur de multiples outils pour améliorer le quotidien des paysans, fera tout pour "réveiller" Adam et le pousser à aimer et éduquer ses deux fils. Il incarne le courage et l'humanité malgré la pauvreté et les obstacles divers. Lee, le serviteur chinois, condamné à "rester chinois" malgré ses profondes connaissances (Steinbeck vise ici le racisme ambiant : la société schématise profondément les hommes, Lee ne sera jamais qu'un chinois pour les autres). C'est lui qui enseignera à Adam le "Timshel" visant à se délivrer du péché. Ces deux hommes incarnent la force de l'individu (magnifique passage où l'auteur déclare que le progrès se réalise grâce à l'action des individus contre les préjugés des foules) face à Adam, la figure du père. Terassé par le mal, ce dernier est anesthésié, incapable de faire la moindre action. Il est le "bien mou", inactif. 

Un très roman, de plus facile d'accès. 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 18:07

1903

 

Elias Portolu

 

Editions Autrement

 

Ce livre est considéré comme le chef d'oeuvre de cet écrivain sarde Prix Nobel de Littérature, que j'ai découvert récemment avec le magnifique Le lierre sur l'arbre mort ; ce roman, d'une simplicité extrême, illustre avec brio les thèmes chers à l'auteur : sentiment du péché, culpabilité et besoin de rédemption.

 

L'intrigue est réduite à "peu" de chose : Elias, jeune homme de 23 ans, revient dans la maison de famille de Nuoro, après avoir été incarcéré en Italie. Il y retrouve ses parents et ses deux frères. Son frère aîné, Pietro va épouser la belle Maddalena. Mais au premier regard, Elias tombe amoureux de sa future belle soeur...

 

Doit-il fuir avec elle ou au contraire réprimer ses pulsions ? C'est toute cette tension qui fait le brio du livre. Loin du manichéisme, le héros est victime malgré lui de vouloir faire le bien. Souhaitant le bien-être de son frère, il préfère réprimer son amour et devenir prêtre. Résignation qui ne lui portera pas vraiment chance...Entre moralisme et diabolisme, l'oeuvre oscille. Un prêtre voulant faire le bien conduit finalement Elias vers le malheur alors qu'un repris de justice repenti lui conseille de suivre ses pulsions.

 

Que dire de ce chef d'oeuvre ?

Point de littérature savante, intellectuelle, c'est la simplicité même. Une langue simple, cristalline, qui parle directement à l'âme.

Des monologues décrivant magnifiquement les oscillations de l'âme croisent des dialogues savoureux.

Cela nous montre toute la richesse de l'écriture de Deledda. Réalisme et régionalisme ("vérisme" ) avec les descriptions des fêtes populaires (ici, les fêtes des saints locaux et le carnaval). Héritage de la littérature russe de Dostoievski avec cette intériorisation des personnages, cette dualité de leurs pensées et enfin, héritage de Shakespeare avec le mélange des genres : grotesque et tragique, drôle et dramatique, le pittoresque et l'universel.

 

Une oeuvre majeure à redécouvrir.

 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 14:44

ITALIE (SARDAIGNE) -1908

 

 

Editions Autrement

 

Mon prochain voyage en Sardaigne m'a conduit vers les oeuvres de Grazia Deledda (1871-1936), l'écrivain sarde la plus connue et l'un des plus grands écrivains italiens de ce siècle. Mais malheureusement trop méconnue....

 

Elle a été pourtant la deuxième femme à obtenir le Prix Nobel de Littérature en 1926, après Selma Lagerlöf. La légende dit qu'elle n'a jamais souri, même lorsqu'elle a reçu son Prix Nobel...

 

Héritière à la fois du courant du "vérisme" (courant littéraire italien qui s'attache à décrire avec réalisme la vie de communautés, proche du naturalisme du Zola) et du "décadentisme" de Gabriele d'Annunzio, elle met en scène le déclin des valeurs morales (fin de la croyance religieuse, l'effritement des valeurs familiales) dans la communauté sarde ; mais le sujet est touché par une profonds sentiment de la culpabilité ; il cherche le châtiment puis la voie de la rédemption. Elle est en cela proche de l'oeuvre de Dostoievski.

 

De ces multiples influences, il en ressort des récits magnifiques alliant des descriptions de paysages et de traditions sardes agropastorales à des passages d'introspection très subtils.

http://www.contre-feux.com/culture/grazia-deledda-un-etrange-et-injuste-oubli.php

 

Le lierre sur l'arbre mort a été pour moi une révélation. Je compte bien sûr lire d'autres romans...

 

Un gros village, une grosse maison décrépie, deux vieillards qui parlent sur le pas de la porte, les brebis dans les pâturages...le décor est planté.

Annesa, l'héroïne, est la domestique de la maison. En fait, elle a été recueillie toute petite par la famille noble du village. Elle soigne un vieil homme de la famille, un lointain cousin, lui aussi recueilli par charité.

Car, c'est une tradition sarde, la famille noble donne à manger aux nécessiteux. D'ailleurs, c'est la fête des bergers, les femmes de la maison se doivent de nourrir les pauvres. Mais cette riche famille n'est plus ce qu'elle était. Le fils de la maison a fauté et le petit fils, Paulu, a fait les quatre cents coups en parcourant l'île et a dilapidé l'argent...

 

Ce soir, donc, la fête des bergers annonce pour Paulu  une course contre la montre pour éponger ses dettes et obtenir de l'argent afin d'empêcher la vente du domaine.

Alors que la fête bat son plein (magnifique description des bûcherons déguisés dévorant la charcuterie), Paulu parcourt les villages à la recherche des usuriers ou des veuves riches....

Quant à Annesa, amoureuse clandestine de Paulu, elle va commettre un acte désespéré pour sauver l'honneur de la famille....

 

Ce récit est construit en deux temps : la première partie exalte les traditions sardes et nous parle des légendes de l'île ; parfois, on pense à George Sand nous décrivant les contes et légendes du Berry. Les rochers deviennent des fantômes lors des promenades nocturnes, une montagne serait le tombeau d'un vieux géant. Grazia Deledda nous enchante en décrivant ce folklore mais l'auteur n'est pas pour autant régionaliste !!!

A partir du moment où le "crime" est commis, l'auteur suit pas à pas Annesa et vous vivons avec elle ses états d'ame passionnés, ainsi que ceux de Paolu. Il n'y a pas un mot de trop, la phrase est fluide comme une rivière, à la fois descriptive et analytique.

 

Et c'est à partir de ce moment là que l'oeuvre de Grazia Deledda devient universelle. Elle décrit les ravages de la passion et du sentiment de la faute.

Sublime !

 

Toute l'oeuvre de Deledda est centrée sur ce thème du crime ou de la faute. A lire aussi La mère, qui découvre que son fils prêtre fréquente une jeune fille.

 

 

 

 

 

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 16:11

FRANCE, 1935

 

Le Sang noir

 

Ce chef d'oeuvre de la littérature française de l'entre deux guerres (1935), fort méconnu, a été pour moi une révélation. J'avais découvert il y a quelque temps Louis Guilloux, l'ami d'André Gide et d'Albert Camus, par le magnifique récit d'enfance Le pain des rêves, beau comme un conte, empli de poésie et de rêves.

 

Ecrit huit ans plus tôt, Le Sang noir est au contraire une oeuvre d'une noirceur et d'un pathétique absolu. L'action se déroule sur une journée, un jour de 1917, dans une ville de province jamais nommée mais qui est sans doute Saint-Brieux, là où se déroule toute l'oeuvre de Guilloux. Cette noirceur qui s'oppose aux rêves de l'oeuvre précédemment citée, donne toute l'étendue du talent de l'écrivain, capable de passer du conte de l'enfance, à un drame pathétique et burlesque.

 

Imaginez un vieux professeur solitaire, auteur de plusieurs ouvrages remarqués, portant binocle, peau de bique et affublé d'énormes pieds. Il vit avec sa bonne Maïa, une vulgaire paysanne et sa bande de chiens.

Ses élèves l'ont baptisé Cripure, une abréviation de la Critique de la raison pure de Kant. Amoureux trahi, intellectuel méprisé, il hait la société hypocrite de son temps. Athée, antimilitariste, il se réfugie dans son antre, fuyant le mépris des autres et rêvant parfois de se réfugier sur une île déserte.

 

Ce matin là, Cripure échappe de peu à l'accident car il découvre que les écrous de sa bécane ont été dessoudés...Et puis peu après, il manque d'être  écrasé par une voiture. Décidément, Cripure a aujourd'hui rendez-vous avec son destin....

 

Nous sommes à l'arrière, dans une ville provinciale, alors qu'au front, les mutineries commencent à être mâtées dans le sang. A l'arrière, où l'on prépare la cérémonie de décoration de la femme de Monsieur Le député et où les auteurs des poèmes défaitistes sont débusqués. Car dans cette ville de province, règne le puissant Nabucet, chantre de l'hypocrisie et Babinot, qui collectionne les armes...pendant que le sang des jeunes hommes est versé.

 

Cripure ne peut supporter la bêtise de cette société bien pensante et est acculé à un acte désespéré...

 

Guilloux signe ici une oeuvre d'un rare pessimisme ; à signaler que les romans sont peu nombreux à évoquer en toile de fonds les répressions suite aux mutineries de 1917.

La figure de Cripure est à la fois burlesque (par son accoutrement, son mode de vie) et profondément humaniste ; il incarne l'esprit de l'humain face à toute cette bêtise qui éclate en arrière plan. Cripure, figure sacrifiée, pathétique, incomprise.

 

Cette oeuvre se laisse peu à peu apprivoisée. Longue de plus de 600 pages, elle est pourtant construite comme une pièce de théâtre puisque l'action se déroule en une journée. Magnifique unité de temps...Un accident, deux accidents, le destin du personnage est en marche...

 

C'est une tragédie d'une journée, c'est un drame oscillant toujours entre le burlesque outrancier (la figure des bourgeois, l'attitude de Cripure et de Maïa), et le tragique de la condition humaine. L'auteur fait d'ailleurs souvent référence au registre du théâtre pour désigner cette comédie humaine pleine de fumisterie. Scènes de ménage, discussions sans intérêt dans le fumoir, jeux des décorations, duel d'épées...mais ce qui reste de tout cela ce sont les larmes des parents qui apprennent la condamnation à mort de leur mutin de fils et Cripure qui ne croit plus en l'homme...Chef d'oeuvre de l'absurde avant l'heure, que certains critiques considèrent comme précurseur de La nausée...

 

Une oeuvre dense, âpre mais inoubliable....

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 08:53

1933

Les Iles

  

Editions "L'imaginaire", Préface d'Albert Camus en 1959

  

Jean Grenier, philosophe français (1898-1971), a été le professeur de philosophie d'Albert Camus à Alger. Relativement méconnu, c'est pourtant ce texte présenté ici qui a incité Camus à écrire (d'où l'admirable préface datant de 1959).

  

Les deux intellectuels proposent pourtant deux philosophies différentes : Camus privilégie l'engagement et l'action alors que Grenier prône la contemplation ; il a d'ailleurs écrit un essai sur l'esprit du Tao.

 

Cet opus n'est pas une récit de voyage, comme le titre pourrait le laisser entendre. Il s'agit avant tout d'une métaphore de la condition humaine, confrontée très tôt au sentiment du néant, du vide. Mais l'homme est happé par le désir d'absolu pour combler sa soif de désir. Alors il navigue constamment, d'îles en îles, pour combler son désir.

 

Les îles, ce sont ces instants divins, très rares mais si intenses, qui font que notre désir est comblé et que l'on atteint l'absolu un bref laps de temps. Ces instants peuvent venir tout simplement de la contemplation d'un paysage, d'un rêve éveillé.

 

On notera un passage très intéressant sur l'Inde, comparée à l'esprit grec rationnel ù l'homme est la mesure de toute chose ; l'hindouisme est le choix du renoncement, du dépouillement pour atteindre directement l'absolu. La mesure de l'homme, l'attrait du monde sensible n'est pas une étape nécessaire.

 

A ce titre, justement, n'imaginez pas un texte aride, intellectuel. C'est au contraire un texte très poétique (les îles nommées : Pâques, Kuerguelen, Borromées ne sont pas décrites mais s'apparentent à ces instants magiques qu'a vécus le narrateur). Grenier privilégie les anecdotes concrètes et n'hésite pas à parler de son chat Mouloud ou du boucher du coin dans des dialogues savoureux.

Voici quelques extraits significatifs :

 

"La perfection, je le sais, n'est pas de ce monde, mais dès qu'on entre dans ce monde, dès qu'on accepte d'y faire figure, on est tenté par le démon le plus subtil, celui qui vous souffle à l'oreille : puisque tu vis, pourquoi ne pas vivre ? Pourquoi ne pas obtenir le meilleur ? Alors ce sont les courses, les voyages...Mais quels beaux instants que ceux où le désir est prêt d'être satisfait.

Il n'est pas étrange que l'attrait du vide mêne à une course, et que l'on saute pour ainsi dire à cloche-pied d'une chose à une autre. La peur et l'attrait se mêlent -on avance et on fuit à la fois ; rester sur place est impossible. Cependant, un jour vient où ce mouvement perpétuel est récompensé : la contemplation muette d'un paysage suffit pour fermer la bouche au désir. Au vide se substitue immédiatement le plein. Quand je revois ma vie passée il me semble qu'elle n'a été qu'un effort pour arriver à ces instants divins ;...

 

Fleurs qui flottez sur la mer et qu'on aperçoit au moment où on y pense le moins, algues, cadavres, mouettes endormies, vous que l'on fend de l'étrave, ah, mes îles fortunées ! Surprises du matin, espérances du soir, vous reverrai-je encore quelques fois ? Vous seules qui me délivrez de moi et en qui je puisse me reconnaître. Miroirs sans tain, cieux sans lumière..."

 

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 12:40

ANGLETERRE- 1902




Editions Gallimard, L'imaginaire

Un récit culte que je souhaitais lire depuis des années ; c'est chose faite. Un avis partagé : pas un réel coup de coeur mais un intérêt certain pour la technique de narration et le pouvoir de suggestion incontestable du roman. L'occasion aussi de se faire un avis sur un "roman colonial" qui considère  l'Afrique comme un un espace sauvage, une jungle profonde, lieu de la magie et de l'ensorcellement.

L'intrigue est simple (l'auteur s'inspire de sa propre expérience de marin sur le fleuve Congo) : un soir, dans le port de Londres, sur un bateau à quai, le capitaine de marine marchande Marlow raconte son aventure de capitaine "d'eau douce" sur le fleuve Congo dans l'Afrique sauvage : il est chargé par la Compagnie du fleuve de ramener le capitaine Kurtz qui a sombré peu à peu dans la folie après s'être voué corps et âme à la conquête de l'ivoire.

Commence alors un long voyage dans les ténèbres. Mais les ténèbres ne sont pas à prendre au premier degré ; il ne s'agit pas des "sauvages" d'Afrique qui épient les occidentaux sur les rives du fleuve ; il s'agit des ténèbres intérieures de l'homme. Conrad scrute les dérives du colonialisme sur l'âme humaine ; Kurtza renoué avec la sauvagerie originelle, celle de l'homme primitif. Il ne connaît plus de limites, ni de lois. Au fond de lui-même, dans ses ténèbres, il ne trouve que le néant et l'horreur (ses derniers mots avant de mourir). D'ailleurs, le titre anglais est Heart of Darkness, Coeur de ténèbres, qui désigne bien l'âme damnée et nom le lieu "Au coeur" de la jungle ténébreuse.

Il est vrai que Conrad n'accorde la moindre psychologie à un personnage africain. D'ailleurs, ils sont toujours représentés comme une horde dans la jungle qui épient sur la rive du Congo. Le peuple africain apparaît sous forme de cris, de frôlements, de bruits de sagaies mais jamais avec la parole. 

Le but n'est pas à proprement parlé de condamner l'esclavage mais de faire un portrait à charge des colonialistes qui plongent dans le continent noir pour faire corps avec la sauvagerie des temps anciens, où aucune loi ne vient freiner les fantasmes les plus veules.

On retiendra la magie de la narration où Marlow avoue à son auditoire son incapacité à raconter un rêve éveillé. Pourtant, ce récit est d'un rare pouvoir suggestif ; le capitaine Kurtz n'apparaît qu'à la fin mais tout le récit est imprégné de sa présence magnétique. De même, les Africains ne sont que des ombres, des fantômes cachés derrière la végétation de la jungle mais ils sont évoqués avec leurs cris, leurs regards; Au lecteur de faire son propre spectacle....

Au fur et à mesure de la descente du fleuve, le narrateur Marlow est happé par le magnétisme de Kurtz ; en voyant et en entendant les rumeurs de la jungle, il est hypnotisé par le pouvoir de la sauvagerie, personnifiée telle une déesse démoniaque. Lui-même se prend au jeu du retour aux temps primitifs, à l'hypnotisme de la sauvagerie....
 
" La terre en cet endroit n'avait pas l'air terrestre. Nous sommes habitués à considérer la forme entravée d'un monstre asservi ; mais là on découvrait le monstre en liberté. Il était surnaturel et les hommes étaient...Non, ils n'étaient pas inhumains. Voyez-vous, c'est là le pire, ce soupçon qu'on avait qu'ils n'étaient pas inhumains. On y arrivait petit à petit : Sans doute, ils hurlaient, bondissaient, tournaient sur eux-mêmes, faisaient d'affreuses grimaces, mais ce qui saisissait, c'est le sentiment qu'on avait de leur humanité pareille à la nôtre, la pensée de notre lointaine affinité avec cette violence sauvage et passionnée. -Vilain, certes, c'était assez vilain. ..Mais pour peu qu'on en eût le courage, il fallait bien convenir qu'on avait en soi une sorte d'indéfinissable velléité de répondre à la directe sincérité de ce vacarme, l'impression confuse qu'il s'y cachait un sens que vous étiez, vous si loin de la nuit des âges, capable de comprendre..Et pourquoi pas ! L'esprit de l'homme contient tous les possibles, parce que tout est en lui, tout le passé comme tout l'avenir. Qu'y avait-il là-dedans, après tout ? Joie, frayeur, douleur, vénération, courage, colère, qui saurait le dire ?  De la vérité en tout cas, de la vérité dépouillée des oripeaux du temps

"La sauvagerie l'avait caressé sur la tête et celle-ci était devenue pareille à une boule, à une boule d'ivoire. ..Elle l'avait caressé, et il s'était flétri ; elle l'avait saisi, aimé, étreint, elle s'était glissée dans ses veines, elle avait consumé sa chair et avait scellé son âme à la sienne par les indicibles sacrements de je ne sais quelle initiation diabolique...

...Vous ne pouvez pas comprendre...Et comment comprendriez vous, vous qui sentez le pavé humide sous vos pieds, entourés que vous êtes de voisins obligeants, prêts à vous applaudir ou à vous tomber dessus, vous qui cheminez délicatement entre le boucher et le policeman, dans la sainte terreur du scandale des galères et de l'asile d'aliénés ; comment imagineriez-vous cette région des premiers âges où ses pas désentravés peuvent entraîner un homme, à la faveur de la solitude absolue, de la solitude, sans policeman ! à force de silence, de ce silence total où le murmure d'aucun voisin bien intentionné ne se fait l'écho de ce que les autres pensent de vous ...C'est de ces petites choses-là qu'est faite la grande différence ...Qu'elles disparaissent et vous aurez à faire fond sur votre propre vertu, sur votre propre aptitude à la fidélité



A lire le très bon article sur ww.sielec.com (Société Internationale d'Etudes des Littératures de l'Ere Coloniale.).

Quant au lecteur, il suit l'itinéraire de Marlow ; sceptique au début puis de plus en plus hypnotisé...

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