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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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1 mai 2006 1 01 /05 /mai /2006 11:56

Editions Julliard, 2006

Comme je sais que vous adorez tout comme moi les romans qui parlent des livres, j'ai décidé de vous parler aujourd'hui d'Alice dans les livres écrit par l'auteur des Brèves de comptoir. Ce livre est une merveille d'originalité et de sensibilité.

Sujet très triste au demeurant mais transfiguré par la magie des livres. Alice est une petite fille à l'article de la mort, couchée sur un lit d'hôpital. Samuel, son papa, tente d'égayer ses derniers jours en lui lisant son livre préféré, Alice au pays des merveilles. Un jour, une larme coule sur une page et tombe dans le célèbre "puit sans fonds". Alice, l'héroïne du roman de Lewis Carroll, est émue par ce chagrin mais ne comprend pas tout à fait ce que ressent "Alice aux pays des souffrances"  car pour elle, au pays des merveilles, on ne connaît ni la mort, ni la souffrance, ni le sang, ni le chagrin. Pour comprendre cette petite fille malade, l'héroïne décide de quitter son livre et de partir à la découverte du malheur...dans les autres livres. Son fidèle lapin blanc va l'accompagner.

La voici donc dans Le Ventre de Paris de Zola; elle y découvre le sang des bêtes tuées. Dans Des souris et des hommes de Steinbeck, elle voit la mort en face avec l'inoubliable Lennie. Dans Crime et châtiment, elle fait connaissance avec le meurtre. Dans Le grand troupeau De Giono, elle est plongée dans la guerre. Elle s'accorde une petite pose dans le lit douillet de Lolita de Nabokov. Puis elle découvre que si elle souffre, la petite malade pourra peut-êre guérir .... Et si elle mourrait à sa place ? C'est dans Quai des brumes de Pierre Mac Orlan que va se jouer son destin...

Ce livre est magique ! Tout d'abord par sa forme : le roman est polyphonique : les fleurs, le livre, le père , la petite fille, la lumière bleue de la chambre d'hôpital prennent la parole à tour de rôle. Les passages dans les livres sont écrits à l'encre bleue. L'écriture est très poétique. La fin est surprenante ! Si vous n'avez pas lu les romans cités, je pense que vous aurez envie de vous jeter dessus au dernier mot du livre !

Cette merveille est à mi-chemin entre La bibliothécaire de Gudule ( le voyage dans les livres) et Oscar et la dame rose d'Eric Emmanuel Schmitt (le thème de l'enfant malade). Coup de coeur garanti !

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 21:28

Editions de l’Arche, 2006

Voici une pièce de mon dramaturge contemporain préféré, Fabrice Melquiot. Je vous ai déjà présenté de lui plusieurs pièces pour les enfants comme Perlino Comment et Les petits mélancoliques. http://passiondeslivres.over-blog.com/article-1710459.html

 

Fabrice Melquiot, c’est bien sûr du théâtre, mais c’est aussi beaucoup de poésie ; à chaque pièce, nous avons l’impression d’être transporté dans un conte merveilleux.

 

Je suis allée voir pour la première fois une mise en scène de l’une de ses pièces à Paris au Proscenium, une toute petite salle près de Nation. Un spectacle formidable qui parvient à rendre captivant un personnage qui soliloque.

 

L’Inattendu est le monologue d’une femme qui pleure son amant disparu. Comme la plupart des pièces pour adultes de Melquiot (C’est ainsi mon amour que j’appris ma blessure, Percolateur blues ) ce monologue symbolise le personnage de l’individu solitaire en quête de l’autre. Il s’agit d’un discours amoureux alors que l’être aimé est absent.

 

La poésie vient ici du fait que les souvenirs de l’amour perdu et l’avenir possible sont symbolisés par des flacons de verre de différentes couleurs, bleu de Prusse, rouge Saturne, vert bouteille ou jaune sable. A chaque acte, apparaît comme par magie un flacon qui éveille des souvenirs. Liane, le personnage soliloquant, le saisit, l’ouvre et respire les souvenirs ou imagine l’avenir….

 

Liane vit terrée dans sa maison avec ses flacons souvenirs. Puis un jour, elle va ouvrir les flacons où elle va respirer les possibilités de l’avenir. Un flacon rouge sang apparaît : il s’agit d’ un « garçon boucher » qui vient la courtiser. Mais elle n’est pas encore prête à faire le deuil de son ancien amour. De plus, elle n’aime ni le sang, ni la viande !

 

Puis vient un flacon terre de Sienne où Liane respire tous les malheurs du monde, les guerres, la pauvreté, bien plus terribles que ses propres larmes. Puis elle revient au bout de cinq ans dans sa maison ; le pont est détruit ; un milicien lui propose de traverser la rivière. L’amour renaît grâce à l’Inattendu …

 

Les flacons de verre multicolores sont vraiment une idée de génie ! On se retrouve avec une scène où les bouteilles apparaissent de nulle part …

 

Comment mettre en scène, théâtraliser de manière dynamique un soliloque de 45 pages ? Ici, au Proscenium, le metteur en scène a choisi de faire déclamer le texte par deux actrices différentes : l’une, habillée en maîtresse de maison très sobre, représente le deuil et la tristesse. L’autre, habillée en robe de soirée rouge, symbolise plutôt l’espoir en l’avenir. Le garçon boucher est une petite marionnette sortie d’un flocon, tenue par la femme en rouge. Enfin, l’Inattendu est un acteur qui reste en retrait, dans l’ombre pendant les 99 % du spectacle !!!La mise en scène parvient à matérialiser les rêves et les espoirs de Liane. La preuve que l’on peut théâtraliser et rendre vivant un monologue ….

 

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 21:27

Editions Gallimard Folio, 2000

Ce roman historique est un grand classique de la littérature pour adolescents. Il nous conte l’amitié brisé d’un gamin algérien et d’un jeune colon au moment de la fin de la guerre d’Algérie en 1958.

 

Nous voila transportés dans une ferme coloniale dirigée par un français très pacifique, Edmond Bénine. Ses terres semblent à l’abri des attentats du FLN. Son fils Paul est le meilleur ami de Salim, le fils de son meilleur ouvrier. Mais un jour, le meilleur ouvrier est convoqué par son patron : il lui demande que son fils quitte le lycée à la rentrée prochaine et renonce à l’Université pour se préparer à reprendre les rênes de l’exploitation…alors que Paul veut devenir professeur d’Histoire. L’ouvrier modèle se soumet à cette décision.

 

Salim ressent une profonde injustice alors que dans la ferme, quelques ouvriers se laissent gagner par les idées du FLN…. Peu à peu, l’amitié avec Paul va se transformer en jalousie, d’autant plus que ce dernier prend des allures de colon arrogant. Et puis le drame arrive….

 

Les absurdités de la guerre sont vues par le regard de deux adolescents pris dans la tourmente de l’Histoire. Jean-Paul Nozière décrit avec beaucoup de tact les frustrations des jeunes algériens en évitant tout manichéisme : les futurs pieds noirs sont souvent présentés de façon très humaine et apparaissent aussi comme des victimes de l’Histoire.

 

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28 avril 2006 5 28 /04 /avril /2006 21:24

CHINE- LITTERATURE FRANCOPHONE

Editions de l’Aube, 2006

 

Wei-Wei est une écrivain d’origine chinoise émigrée en France puis en Angleterre qui s’est fait connaître en France avec Fleurs de Chine, portrait de femmes chinoises.

Les Zhuang sont l'une des nombreuses minorités nationales chinoises.

Dans son dernier roman témoignage, elle nous raconte sa jeunesse en tant qu’étudiante à la fin de la Révolution Culturelle : son rêve d’enfant était de devenir médecin. Malheureusement, la Révolution impose aux étudiants d’aller se « ressourcer » dans les campagnes et de faire un travail manuel. Elle se retrouve alors dans un petit village du Guangxi à piquer le riz et à pousser la charrue.

 

Un beau jour, le maire du village vient lui annoncer une nouvelle merveilleuse : elle est convoquée par une université ! Wei Wei s’imagine déjà étudiante en médecine. Mais, surprise : les universitaires lui demandent d’étudier le français pour les besoins de l’Etat ; la Chine a besoin d’interprètes pour une mission humanitaire en Afrique francophone !!!

 

Wei-Wei n’a pas le choix : elle doit se plier aux injonctions de l’Etat  et oublier ses rêves de petite fille.

 

La voila donc en apprentissage forcé du français, apprentissage plutôt bizarre : marches militaires et traduction de slogans. Un jour, en pénétrant dans une bibliothèque, elle découvre des trésors et ouvre Les Misérables de Victor Hugo. Puis vient la révélation de la bibliothécaire : les textes en français étudiés en classe sont des traductions de textes politiques chinois !

 

Wei Wei va donc passer outre l’idéologie et découvrir clandestinement notre culture et notre langue dans les grands classiques : Hugo, Baudelaire, Balzac, Gide….Le premier texte lu sera Les Misérables ! La passion de la culture française est en train de naître ….

 

L’écrivain nous livre ainsi ses difficultés à apprendre la langue française mais aussi l’immense plaisir qu’elle éprouve. Les passages les plus intéressants sont ceux où elle compare les deux langues : lorsqu’elle ne comprend pas que nous conjuguions les verbes en plusieurs temps, quand elle n’arrive pas à distinguer les noms masculins et féminins….

 

Au contraire, elle trouve la langue française très pauvre dans certains cas : pour les Chinois, il y a un mot différent pour dire « oncle » : le frère aîné ou cadet du père, de la mère….

 

Elle rattache ces différences à une philosophie différente : deux conceptions différentes du temps (en Chine, on ne peut influer sur le temps contrairement à l’Occident) ; les chinois ont le respect des hiérarchies familiales alors que l’Occident compte surtout sur les individualités.

 

On retrouve le même schéma que dans Balzac et la petite tailleuse chinoise de Daï Sijie : Wei Wei découvre la littérature française et trouve le chemin de son émancipation : elle refuse de se marier avec un garçon « imposé » par ses parents et trouve l’amour avec un jeune étudiant. Le roman prend alors des allures de roman d’apprentissage.

 

Un bon petit roman très réaliste sur l’histoire contemporaine chinoise.

 

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24 avril 2006 1 24 /04 /avril /2006 10:51

ALLEMAGNE

Pièce notamment mise en scène par Emmanuel Demarcy-Motat en 2001 au Théatre de la Commune à Aubervilliers

Voici une pièce de théâtre inspirée de l'Histoire révolutionnaire tout comme La mort de Danton de Büchner ou Le souper de Jean-Claude Brisville.

Peter Weiss(1913-1982) est l'un des plus célèbres dramaturges allemands du 20e siècle.Il a créé Marat-Sade en 1963.  

Le dramaturge s'inspire du séjour de Sade à l'hospice de Charenton où il fut interné de 1801 jusqu'à sa mort en 1814 pour délits de moeurs. Lors de ce séjour, il a créé de nombreuses pièces en faisant jouer les malades. Ces pièces étaient un divertissement pour le tout Paris et attiraient la bonne société.

Le propos est ici de faire jouer les derniers jours et l'assassinat de Marat par des malades. On sait que Sade avait prononcé l'éloge funèbre de Marat mais les dialogues dans la pièce sont totalement imaginaires. La pièce consiste à opposer les deux conceptions ennemies de la Révolution: pour Sade, il s'agit de la révolution des libertés et des individus ; pour Marat, la révolution consiste à assurer l'égalité sociale et la fin de la pauvreté.

En 1808, Sade est le grand organisateur de cette journée : il fait jouer Marat par un paranoïaque, retenu dans sa baignoire par un traitement hydrothérapique. Charlotte Corday est une hypotonique souffrant d'insomnie et se comportant en somnambule. Le girondin Duperret est un érotomane. La pièce est surveillée par le directeur de l'hospice, Coulmier, napoléonien convaincu, qui veille à éviter tout débordement, aussi bien chez les malades, que dans les propos de Sade.

Cette pièce trouve sa force dans le fait que les pauvres sont incarnés par un choeur de malades mentaux manipulés, fouettés par les religieuses infirmières. Le directeur de l'hospice ainsi que Sade veillent à empêcher tout soulèvement.

Cette pièce, réflexion fine sur les aboutissants de la Révolution Française, est d'un profond pessimisme: à l'époque napoléoniène, le rêve d'égalité prôné par Marat n'est plus qu'un rêve. Le petit peuple est symbolisé par des malades dépendants, enfermés dans un hospice...

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 22:07

POLAR

Editions Syros, "Souris Noire"

Jean-Hugues est un auteur confirmé de polars. Mais très peu de lecteurs savent qu'il exerce aussi son talent pour la jeunesse.

La collection "Souris noire" chez Syros est la grande initiatrice des romans à suspens pour les jeunes lecteurs. Finis les contes et les histoires à l'eau de rose, place à la peur et au sang !

Jugez-en plutôt par cette histoire : Sébastien, 12 ans, est gardé ce soir par sa baby sitter dont il est amoureux ! Ses parents sont sortis dîner au dehors. Certes, il pourrait rester tout seul mais il est mauvais élève. Sa seule passion est le foot à la télé et les cours de judo. Il vient de faire un marché avec sa baby-sitter : elle le laisse regarder le match et foot et elle finit sa dissert pour le lendemain !!! Il lui demande encore une dernière petite faveur : lui faire un câlin dans son lit et un verre d'eau avant de dormir. Elle redescend dans la cuisine chercher le verre d'eau et Sébastien attend...Pas de verre, pas de baby-sitter ...Sébastien descend dans la cuisine et la retrouve égorgée.... Puis il y a un bruit au dessus. L'assassin n'est pas parti ; il a repéré sa prochaine proie...

Beaucoup de suspens dans ce court roman (70 pages). Mais très peu de gore car tout est centré sur les sentiments et les réactions du jeune garçon confronté à un drame.

A conseiller aux enfants à partir de 11-12 ans qui aiment frémir !

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23 avril 2006 7 23 /04 /avril /2006 20:19

Editions Al Dante, 2001

Ce jeune homme est un poète contemporain bien spécial.

Après six ans de carrière comme prof de philosophie, Christophe Fiat a décidé de se consacrer à la poésie. Poète de l’info, branché 24 heures sur 24 sur l’actualité, il en dénonce le côté répétitif et incantatoire.

Ce beau ténébreux compose des textes syncopés, à partir de coupures de presse ou de bulletins d’information. Ce sont les stars réelles ou virtuelles du vingtième siècle qui l'intéresse: les stars du porno comme Laure Sinclair ou Traci Lords, Louise Brooks, Batman, Lady Di et également les grands événements médiatiques.

Dans Ladies in the dark, il revient sur le destin de trois femmes célèbres : Lady Di, la star du porno Traci Lords et l'actrice , star du muet, Louise Brooks. Les textes consistent à raconter la vie de ces héroïnes avec un style très télégraphique, bourré de répétitions. Fiat part d'une phrase et la répète en la continuant dans d'autres paragraphes.

Il lit ses textes lors de lectures performances qui doit valoir le coup !

Il trouve principalement son inspiration dans des coupures de presse et des journaux télévisés. Son style très répétitif, scandé, n'est pas sans rappeler les flashs infos qui se succèdent les uns aux autres. Je vous conseille de lire l'article à l'adresse suivante qui nous éclaire sur sa technique bien particulière : http://www.laspirale.org/pages/afficheArticle.php3?id=142&lang=fr

Pas facile à lire mais à l'oral, cela doit valoir le coup !

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Published by Sylvie - dans Poésie
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21 avril 2006 5 21 /04 /avril /2006 19:59

ISLANDE - ROMAN POLICIER

 

Editions Métailié, 2005

 

Arnaldur Indridason est sans aucun doute l'une de grandes découvertes littéraires de 2005-2006. Merci aux éditions Métaillié !

 

Il y a quelques semaines, je vous livrais mon enthousiasme pour La femme en vert . La cité des jarres est en fait son ^premier roman traduit en français.

 

On retrouve l'inspecteur Erlendur, figure du flic malheureux dans sa vie privée : solitaire, divorcé de la mère de ses deux enfants depuis 20 ans, il a maille à partir avec sa fille, Eva Lind , droguée et enceinte.

 

Dans un cité portuaire d'Islande, un vieil homme est retrouvé assassiné dans son appartement. Apparemment, il s'agit d'un petit vieux sans histoire. Mais Erlendur va vite découvrir la face cachés du personnage : on retrouve dans son bureau la photo d'une tombe d'une petite fille. Le fichier de son ordinateur est bourré de sites pornographiques. Sur le cadavre, on retrouve un papier mystérieux où est écrite une phrase mystérieuse : "Je suis lui" . Erlendur va alors partir à la découverte du passé peu réjouissant de cet individu et trouver l'origine du meurtre. Holberg, le vieil homme assassiné, aurait voilé deux femmes il y vingt cinq ans...

 

Comme toujours chez Indridason, l'enquête est un prétexte pour enquêter sur le passé des cadavres. Comme dans La femme en vert, l'assassin est bien meilleur que la victime. Enfin, l'enquête sert à réveiller les anciennes blessures et les secrets familiaux.

 

Indridason a le don de nous conter des drames profondément humains qui nous touchent au plus haut point. Il s'intéresse ici au thème de la filiation qui engendre des souffrances : tout comme Erlendur qui a peur pour sa fille droguée, on retrouve dans l'enquête une mère éplorée à la suite de la mort de sa fille. La vie de Holberg a des répercussions sur celle de Erlendur.

 

Assurément, l'Islande d'Indridason n'est pas un paradis blanc. J'ai adoré le déroulement de l'enquête qui consiste à fouiller dans le sol marécageux de l'immeuble de Holberg pour percer le mystère de son passé. Indridason creuse dans l'histoire d'un village, remue le marais fangeux des violences passées. Brusquement, le passé refait surface...

 

Indridason s'intéresse également aux thèmes d'actualité comme la recherche génétique, le trafic d'organes ou les sites pornographiques du Internet.

 

Il y avait le suédois Mankell. Il faut désormais conter sur l'islandais Indridason.... 

 

 

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17 avril 2006 1 17 /04 /avril /2006 17:27

ETATS-UNIS

Editions Belfond 2002

Thomas Savage est né en 1915 dans le Montana. Il fait partie de ces écrivains de l'Ouest américain tels que Jim Harrison (Dalva) qui ont exalté les paysages et la civilisation du monde des Rocheuses. Les critiques le classent dans le mouvement du "Western littéraire".

Ce roman est paru en 1967 et est considéré comme le chef d'oeuvre de Savage. Très remarqué par les critiques mais boudé par le public, il n'a été traduit en France qu'en 2002 et remporte depuis un franc succès. Savage est décédé en 2003.

Moi qui a priori ne suis pas très fan de la littérature américaine, j'ai été émerveillée par ce roman ! Le pouvoir du chien allie de magnifiques descriptions de paysages (Montagnes Rocheuses, ranchs, grandes plaines) à une étude très fine de la psychologie des personnages.

Voici l'intrigue : au milieu des années 20, dans les plaines sauvages du Montana, deux frères d'une quarantaine d'années tiennent seuls les rênes  du vaste ranch familial. Le cadet, Georges, surnommé par son frère "Gras-double" , maladroit et timide, est un homme très bon et serviable. L'aîné, Phil, est un esprit brillant, sociable et cultivé. Conscient de sa supériorité, il aime vexer autrui et se moquer des plus faibles. Méprisant vis à vis des conventions sociales, il apparaît souvent comme une brute, mal lavée et mal rasée. Malgré ces différences de caractères, les deux hommes vivent en parfaite entente et partagent la même chambre.

Jusqu'au jour où George épouse Rose, la veuve d'un médecin que Phil a poussé au suicide suite à ses humiliations répétées. Phil ne supportant pas l'intruse, il va tout faire pour la pousser à bout. Personne très chétive, Rose a peur de cette brute et sombre peu à peu dans l'alcoolisme...Peter, le fils éfféminé de son premier lit, va venir passer un été dans le ranch des Burbank. Attiré mystérieusement par le pouvoir de Phil, il va être partagé entre l'amour pour sa mère et son attirance pour Phil....

Droit du plus fort, lutte entre le fort et le faible, entre le machisme et les figures féminines, entre la bonté et le mal... A ce manichéisme, s'ajoute une formidable guerre des nerfs. La tension psychologique est magnifiquement bien traitée et n'est pas sans rappeler Un tramway nommé désir de Tennessee Williams. L'action rédide dans la réaction inattendue des personnages, ce qui crée un formidable suspens.

La chute du récit est mémorable et surprend durablement le lecteur ; il découvre alors un personnage à la profondeur psychologique inégalée...Le faible n'est  pas celui que l'on croit.

Quarante ans avant Le secret de Brokebak Montain d'Annie Proulx , Savage aborde sans jamais la nommer le problème de l'homosexualité chez les cow-boys de l'Ouest. Phil Burbank est un homosexuel refoulé ; pour lutter contre ses instincts, il s'est forgé un masque de dur à cuire, rustre, viril et homophobe pour mieux se protéger.

Vraiment un chef d'oeuvre méconnu qu'il convient de découvrir de toute urgence....

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 11:59

Je n'arrête pas de vous abreuver de mes coups de coeur. Aujourd'hui, j'ai donc envie de vous faire écrire un peu !

QUEL EST VOTRE DERNIER COUP DE COEUR ?

Essais, BD, livres pour enfants, j'accepte tout !

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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