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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 17:58

De THEODORE ROSZAK



Editions Le Cherche Midi, collection "Neo", 1995

Après L'enfant de cristal, voici un tout autre roman de Theodore Roszak, aux accents gothiques. L'auteur imagine en effet de la célèbre histoire de Frankenstein de Mary Shelley nous est racontée par la fiancée du célèbre docteur, Elisabeth. Le professeur Wilson qui a lui même recueilli les souvenirs de Frankenstein des années plus tôt, est poursuivi pendant plusieurs années par cette étrange histoire. Il recueille du frère cadet du professeur les mémoires de sa belle-soeur...

L'histoire racontée du point de vue d'une femme...Roszak prend justement partie pour une vision féminine du monde ; les hommes sont vus comme des scientifiques érigeant la raison comme pouvant dompter la nature (nous sommes justement au siècle de la raison, à l'aube du XIXe siècle) : Frankenstein veut créer un nouvel être, un nouvel Adam et tous les moyens lui sont bons pour arriver à ses fins. A côté de la vision scientiste du monde, apparaissent des pratiques ancestrales féminines qui trouvent leur aboutissement dans l'alchimie. S'inspirant du tantrisme et de la légende alchimiste, Roszak décrit des pratiques érotiques censées libérer le Grand Oeuvre. D'une érudition exemplaire, ce roman oppose la vision féminine de la nature (la fusion) à la conception masculine (le rapport de domination).
La deuxième partie est davantage centrée sur le personnage de Frankenstein et sur ce qui conduisit à sa perte Elisabeth.

Ce roman nest pas seulement la même histoire racontée par Elisabeth. Quasiment absente du roman initial, elle occupe ici la première place, défendant sa propre conception du monde.

Naissance de l'électricité, combat entre la magie noire et la science, émergence de l'hypnotisme. Tout le roman oscille entre raison et magie, matérialisme et paganisme. Nous sommes convoqués aux séances d'hypnotisme de Mesmer et à des séances expérimentant le fluide électrique. L'auteur mêle habilement les deux conceptions du monde : l'inconscient frôle la raison, la science naissante n'est pas loin des pratiques alchimistes.

La construction du roman oppose le journal d'Elisabeth et les remarques de Walson qui prend cette femme pour une illuminée fanatique....

Une réquisitoire déguisé contre la science toute puissante et un hommage à la figure féminine. N'oublions pas que la mère de Mary Shelley fut l'une des premières féministes anglaises...et que Frankenstein parut en Angleterre sans nom d'auteur...car c'était une femme.

Dans la logique des choses, l'auteur redonne la parole à la figure féminine pour donner une autre vision de l'histoire.

...Ce qui nous donne envie de relire l'oeuvre de Marie Shelley.


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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 17:28

de PAUL NIZON (Suisse allemande)

Dans la maison les histoires se défont

Editions Actes Sud, 1992

Je viens de découvrir par ce fabuleux texte l'auteur de langue allemande, Paul Nizon, né en 1929, qui se déclare "autofictionnaire" : Paul Nizon s’est déclaré « autofictionnaire » en ce sens « qu’il utilise sa vie vécue pour faire des livres de fiction. "Je suis généralement mon personnage principal » a-t-il déclaré. Mais sa propre vie, il l'intègre de telle façon que le texte devient universel et une profonde réflexion sur la condition humaine. Ainsi, dans un entretien donné à la Quinzaine littéraire en 2006, on peut lire : 
 
"Sous une apparence autobiographique puisqu’en apparence il ne parle que de lui, il n’en parle que par transparence, pour montrer ce qu’il voit et pour atteindre ce point de soi où l’on devient anonyme. L’essentiel est de dépeindre le monde autour de lui ».

Dans la maison, les histoires de défont, Paul Nizon se souvient des membres de sa famille et des locataires de la pension de famille où il a passé son enfance : son père malade qui s'affairait dans son mystérieux laboratoire de chimiste, sa grand-mère et sa mère aux fourneaux et ces mystérieux locataires, pianiste raté, vieux célibataire, arnaqueurs....Nizon se révèle un portraitiste hors paire qui convoque vue, toucher et odorat pour dresser des portraits d'une grande suggestivité. Les natures humaines se révèlent tel dans la maison Vaucquer de Balzac. De magnifiques "photos" d'êtres sans épaisseur qui ont dit "non" à la vie trop vite, qui se sont pétrifiés, qui n'ont plus d'histoires.

La maison est décrite sous plusieurs angles qui constituent des petits chapitres séparés : la maison a sa rue, sa rumeur, ses habitants, ses contrées, sa rubrique décès, ses paysages et ses destins.

Nizon ne se désigne jamais par le "Je" ; il est "l'enfant" qui rêve de s'évader, qui devient un faucon volant au-dessus du village : car dans la maison, les destins se défont, la liberté meurt et les artistes deviennent des fonctionnaires. Car "la maison referme son couvercle sur toi. Dans la maison, les fils se dénouent, les fils de la vie".

Ce livre est un puissant appel à la liberté et à l'errance, à la concrétisation de ses rêves. A la mollesse de la maison, s'oppose l'envol du faucon (l'enfant) qui symbolise celui de l'artiste. Le récit prend alors une teinte fantastique afin de quitter le matérialisme de la maison. Des dernières pages où Nizon s'adresse directement au lecteur sont d'une rare intensité.

Pour Nizon, le roman, la littérature ne peuvent naître qu'en se libérant des entraves matérielles et en quittant ses "attaches". Toute son oeuvre et aussi sa vie sont d'ailleurs marquées par une errance perpétuelle qui seule fait éclore l'art.
Un entretien intéressant dans Lire , ce qui donne envie de lire toute son oeuvre...

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 11:00

ANGLETERRE-1931

Les Vagues

Voici le troisième titre que je découvre de Virginia Woolf après Orlando et Mrs Dalloway. A chaque fois, je découvre la même sensibilité à fleur de peau et une très belle prose poétique.

En 250 pages, Woolf va évoquer la vie de six personnages amis. Mais c'est eux qui prennent la parole, enfants, adolescents, adultes et vieillards.
A chaque âge de la vie, en guise d'introduction poétique, l'écrivain décrit un paysage maritime sur une journée : l'aube, le soleil qui se lève, le soleil à son zénith, et enfin le crépuscule.
A chaque fois, Woolf décrit le même lieu, la même scène : seuls changent l'ondulation du soleil, la couleur et la force des vagues.

Entre ces intermèdes paysagers, six monologues de six personnages différents se mêlent et s'entrecroisent, disent leur place dans le monde, leurs désirs, leurs espoirs perdus, leurs déceptions....

Six personnages, six choix de vie : Bernard, le passionné des mots, qui finalement choisira le vie de famille, Louis, l'homme d'affaire, Rhoda et Neville, les deux solitaires, Suzanne, la femme au foyer à la campagne et Jenny, qui "vogue" d'hommes en hommes.

 

Les six "flux de conscience" sont comme des vagues sur la mer de la vie, tantôt calme, tantôt agitée. Dans les flux et reflux de la vie, ces personnages méditent sur leur choix de vie, leur moi et sur le sens de la communauté. A chaque fois, les six amis de retrouvent et éprouvent un instant de communion pour ensuite retourner à leur moi intérieur.

 

Qui sommes-nous ? Sommes nous définissable ? Racontable ? Selon Woolf, nous sommes surtout des parcelles de vie, à chaque instant, chaque âge différent. Comment condenser ces multiples moi ?

A la manière des peintres impressionnistes, Virginia Woolf procède par touche, par instant. Elle saisit l'impression, la sensation du moment en cherchant en vain l'unité du moi et du monde.

D'ailleurs, sa description de la nature est très impressionniste : à chaque fois de très courtes phrases qui décrivent un nuage, un oiseau, une lumière...

Au centre de tout cela, le temps qui s'écoule, la sensation, l'impression de chaque instant

Woolf procède par petite touche, mais en veillant toujours à créer une fusion intime entre l'homme et l'élément naturel. Elle est pour moi l'un des grands écrivains portraitistes de la nature.

Alors que la vie et le temps sont vus comme une immense machine à laquelle il faut se soumettre, la nature est vue comme une lieu de communion. Elle est aussi le réceptacle de la communauté des amis où l'on peut vivre hors de l'espace temps.

Ce roman regorge de passages éblouissants
  :


"Tout au fond, le ciel lui aussi devient translucide comme si un blanc sédiment s'en était détaché, ou comme si le bras d'une femme couchée sous l'horizon avait soulevé une lampe : des bandes de blanc, de jaune, de vert s'allongèrent sur le ciel comme les branches plates d'un éventail. Puis la femme invisible souleva plus haut sa lampe ; l'ai enflammé parut se diviser en fibres rouges et jaunes, s'arracher à la verte surface dans une palpitation brûlante, comme des lueurs fumeuses au sommet des feux de joie. Peu à peu, les fibres se fondirent en une seule masse incandescente ; la lourde couverture grise du ciel se souleva, se transmua en un million d'atomes bleu tendre. La surface de la mer devint lentement transparente ; les larges lignes noires disparurent presque sous ces ondulations et sous ces étincelles. Le bras qui tenait la lampe l'éleva sans hâte. Une large flamme apparut enfin. Un disque de lumière brûla sur le rebord du ciel, et la mer tout autour ne fut plus d'une seule coulée d'or"

"
Je suis vert comme un if à l'ombre de la haie. Mes cheveux sont des feuilles. J'ai pris racine au milieu de la terre. Mon corps est une tige. Je presse la tige. Une goutte lance, épaisse, suinte de l'orifice de ma bouche, et s'arrondit sans cesse. "

"Je frémis, j'ondule. J'ondoie comme une plante flottant dans la rivière, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, mais solidement enracinée sous l'eau, de sorte qu'on peut s'en approcher sans crainte que le courant ne l'emporte Et soudain, avec une petite secousse, je me détache comme un caillou se détache de la masse du rocher...Nous nous abandonnons au cours hésitant et lent de la musique, le flot de la danse est arrêté ça et là par des rochers ; il oscille, il s'entrechoque.Nos allées et venues sont enveloppées dans une seule grande figure de danse ; elle nous unit. Nous ne parvenons pas à sortir de ces murailles hésitantes, abruptes, sinueuses, parfaitement circulaires"

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 16:11

1846



Editions Robert Laffont, collection "Bouquins"

Joseph Balsamo, 1er tome de Mémoires d'un médecin, inaugure une trilogie consacrée au crépuscule de la Monarchie et à la Révolution française.

Moins connue que les romans consacrés à la Renaissance (La Reine Margot) et au Grand Siècle (Les Trois Mousquetaires), cette trilogie, dans la plus pure tradition du roman feuilleton, mêle personnages historiques (Louis XV et Louis XVI, Marie-Antoinette, la Comtesse du Barry, Rousseau, le Cardinal de Rohan) à des personnages fictifs occupant souvent le premier plan.

Alexandre Dumas s'est inspiré du personnage historique, Joseph Balsamo, Comte de Cagliostro, aventurier italien,alchimiste, sorcier et franc-maçon, impliqué notamment dans l'affaire du collier de la reine, pour imaginer un complot visant à anéantir la monarchie. C'est ainsi que le roman commence par une nuit d'orage, aux accents apocalyptiques : réunis sous l'autorité du Grand Cophte, la société des illuminés jurent de mettre fin aux monarchies pour permettre l'avènement de l'homme nouveau. Joseph Balsamo est envoyé en France pour sonner le glas de la royauté déjà bien malade...Il y rencontre Marie-Antoinette à qui il prédit un avenir funeste....

A partir de ce moment, les intrigues se chevauchent et se croisent : les amours vilipendés de Louis XV et de sa favorite, la comtesse Du Barry, la révolte des parlements suite au renvoi de Choiseul, le mariage de Louis XVI et Marie-Antoinette, les manigances de Richelieu pour éloigner la Du Barry...Voila pour le côté politique. Du côté "fictif", les aventures de la famille de Taverney, Maison-Rouge, le père, le frère et la fille, Andrée, qui voit leur vie changer lorsque Marie-Antoinette jure d'emmener à Versailles les premiers français qu'elle rencontre sur son chemin en sortant de Strasbourg. Le baron, Philippe et Andrée quittent donc leur petite baronnie pour les fastes de Versailles, suivis par le valet Gilbert, apprenti philosophe féru de Rousseau, qui est fou amoureux de la noble Andrée....

Ainsi, sur 1200 pages, les intrigues foisonnent : amours, politique, alchimie, sorcellerie, philosophie ; Dumas, l'écrivain démiurge, mêle le roman fantastique (l'alchimie, l'élixir de vie, médiums....) au roman politique, la comédie d'intrigues (de cour, amoureuses) au roman d'apprentissage. Le personnage de Gilbert, l'apprenti philosophe, prétri des principes du contrat social, fuit la campagne pour découvrir la boue parisienne ; amoureux transi, il découvrira à ses dépends que l'amour fait commettre des actes irréparables.
Le roman marche par étapes, s'appesentissant un moment sur les intrigues de cours, puis ensuite sur les aventures de Gilbert et enfin sur celle de Balsamo.

Le style est très proche du théâtre ; pratiquement que des dialogues et un art consommé du mélodrame, des rebondissements, de la machination. Parfois, nous avons l'impression d'être dans une pièce de boulevard : on se déguise, on écoute aux portes...

Assurément, on rentre pour deux semaines dans un univers complet qui ravit autant les amateurs d'Histoire (d'autant plus que le règne de Louis XV est très peu représenté dans la littérature française) que les amateurs de romans feuilletons.

L'aventure se poursuit avec Ange Pitou et Le collier de la Reine et La contesse de Charny, jusqu'à l'année 1792.

A noter qu'entre la boue de l'aristocratie et le sang du peuple, Alexandre Dumas se ralliera au Second Empire, exécrant à la fois l'aristocratie décadente et la folie meurtrière du peuple.

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 19:02

Théâtre de Paris-Vilette -jusqu'au 31 janvier 2009



Évènement suffisamment exceptionnel pour le souligner : la mise en scène d'une pièce de Marlowe à Paris, ce contemporain de Shakespeare, qui mourut dans une rixe à 29 ans, après avoir signé des pièces baroques et sulfureuses.

Sa dernière pièce, Edouard II, retrace le règne de l'un des rois d'Angleterre des plus iconoclastes qui soit : son amour passionné pour Gaveston, son favori et la lutte sanglante qui s'en suivit avec Isabelle de Valois, sa femme, l'amant de celle-ci, Mortimer, et les barons du royaume. Le roi finira en martyr, acculé à l'abdication par ses pairs et sa famille. 

Soulignons d'abord l'intérêt historique d'une telle pièce (il s'agit de l'histoire véridique du règne d'Edouard II) : une royauté que l'on peut bafouer, faire abdiquer et tuer. Duels sanglants, machinations diverses donnent à note très noire à ce théâtre. Les français ont certes guillotiné un roi, les anglais en ont assassiné plusieurs !

D'un point de vue artistique, soulignons la modernité absolue d'une telle pièce. Profondément baroque, elle met en scène un roi bouffon et profondément tragique, submergé par sa passion homosexuelle pour ses deux favoris, Gaveston et Spencer. On rit d'abord d'un tel aveuglement passionnel puis finalement, le roi gagne en sympathie ; car cette pièce met en scène d'abord le conflit éternel entre l'amour, la passion et le pouvoir ; alors d'Edouard vit pleinement son amour, son entourage familial et les barons montrent au grand jour leur versatilité et leurs malversations pour servir leur propre ambition. Edouard est le personnage tragique par excellence voué à un amour passionnel ; quant à Mortimer, il incarne l'intérêt personnel, l'ambition démesurée. D'une côté l'amour fou, de l'autre côté, la machination, le calcul.
Edouard II est un personnage dual, bouffon et tragique, outrancier et amoureux fou.

Enfin, du point de vue de l'écriture, soulignons un langage cru, moins philosophique de Shakespeare, plus tourné vers l'action. Mais au bout du compte, la noirceur de l'image du pouvoir est la même.


A voir.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 21:43

ETATS-UNIS

L'enfant de cristal

Editions Le Cherche Midi, collection "Neo", 2008

Un roman coup de coeur inclassable ! Assurément le roman contemporain le plus divertissant, intelligent et érudit que j'ai lu depuis pas mal de temps.

Théodore Roszak, 75 ans, professeur d'Histoire à l'université de Californie, sociologue (il a inventé le concept de contre-culture), est l'auteur du best seller La conspiration des ténèbres, une enquête sur l'origine du cinéma hollywoodien.


Il signe ici un roman étonnant sur le vieillissement dans notre société.
Aaron Lacey est un enfant atteint de la progéria, cette maladie génétique qui provoque un vieillissement précoce et qui font ressembler les enfants à des vieillards. Julia, une gérontologue renommée qui souhaite lutter contre le vieillissement, se rend au chevet de l'enfant. Remarquant chez l'enfant une volonté de se battre, elle l'encourage à développer l'activité de son esprit : jeux de stratégies et jeux vidéos....Et le miracle se produit : Aaron passe le cap du vieillissement et devient un être d'une beauté exemplaire et d'une intelligence rare. Mais est-ce encore un enfant ?

 

Aaron va exciter la convoitise de charlatans comme De Leon qui a instauré un paradis artificiel et dépravé de riches recherchant l'éternelle jeunesse au Mexique ou de généticiens qui veulent découvrir le gène responsable de l'éternelle jeunesse d'Aaron.

 

Quant à Julia, réellement hypnotisée par Aaron, elle va se tourner vers les contes et légendes, vers les mythes pour comprendre la nature d'Aaron.

 

Comment définir cette intrigue foisonnante ? C'est tout à la fois ! Un roman fantastique qui allie science et mythologie, un thriller, un conte philosophique....

Les références mythologiques, picturales, littéraires, religieuses abondent. Aaron devient un nouvel Eros, un nouveau Cupidon ou encore l'incarnation de Narcisse. Julia cherche le secret d'Aaron dans les histoires mythologiques : il devient l'incarnation de l'amour, une forme parfaite indépendante du temps qui passe. Nous passons de Shakespeare à Titien, en faisant un tour du côté des réflexions scientifiques sur le génôme humain. Sans oublier les références au jeux vidéos ! avec un passage obligé vers la caverne du mythe platonicien.

 

L'intrigue est bien sûr menée tambour battant avec de multiples rebondissements. Théodore Roszak signe ici un brillant plaidoyer su les limites de la science qui ne peut tout comprendre. Et lorsque la science est incapable, c'est aux légendes de prendre place...

 

Ce roman est à la fois une satire de notre société contemporaine ayant le culte du jeunisme et un magnifique roman fantastique et philosophique sur la signification de la vieillesse.

 

Enfin, n'oublions pas la très belle histoire d'amitié entre Aaron et Julia.

Du très grand art, ce qui m'a donné envie de lire toute l'oeuvre de Roszak...

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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 20:12
A signaler la parution d'un tout nouveau site de publication en ligne :

http://blivre.free.fr/

Auteurs en herbe, non publiés, poètes à vos heures perdues ....faites découvrir vos oeuvres !

La charte respecte bien sûr les droits d'auteur !
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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 15:06

ETATS-UNIS, 1937-1938

Si je t'oublie, Jérusalem

Editions Gallimard, "L'imaginaire"

Voici le onzième roman de Faulkner, récit  à part à plus d'un titre dans son oeuvre. Il s'agit tout d'abord de deux récits totalement différents ; les chapitres se succèdent en alternance. Le récit faulknérien est souvent non chronologique et polyphonique mais les histoires arrivent toujours à se recoller. Ici, aucun lieu, aucun personnage, aucune intrigue commune.


Mais il y a bien sûr des parallélismes et des contrepoints dans les thèmes : le sujet commun de ces deux oeuvres est l'absence de liberté, littérale ou métaphorique . Le titre, voulu par Faulkner, évoque d'ailleurs un psaume de la Bible où les Juifs sont retenus en captivité à Babylone et qu'ils évoquent avec nostalgie le paradis perdu. A noter que ce titre biblique a été refusé à Faulkner par son éditeur dans l'édition d'origine. La nouvelle traduction, celle de François Pitavy dans la Pléiade et dans la présente édition, reprend le titre originel (l'ancien titre, Les palmiers sauvages du nom de l'un des récits du roman).

 

Deux récits donc : le premier, Les palmiers sauvages, relate l'odyssée tragique de deux amants adultères, Charlotte Rittenmeyer et Harry Wilbourne, de Chicago à la Nouvelle-Orléans, qui tentent de vivre leur passion en luttant constamment contre des conditions matérielles désastreuses .Le deuxième, Vieux père, autre odyssée, mais tragi-comique cette fois-ci, celle d'un forçat qui se retrouve malgré lui en train de secourir les victimes de la crue du Mississipi de 1927 et que la crue emporte loin de son pénitencier. Secourant une femme et son enfant, trouvant l'amour, il n'aura de cesse lui de revenir au "paradis originlel", au pénitentier où il retrouvera tous ces amis !

Que retenir de ces deux récits ? d'un côté, donc, une fuite tragique, assumée jusqu'au bout, jusqu'à la mort; de l'autre une fuite non voulue, subie contre son gré, d'un être de nature, ne se posant pas de question, et préférant la protection de la prison à la découverte du monde, semée d'embûches.

Si Charlotte Ritenmeyer est un personnage tragique par excellence ; elle assume jusqu'à la mort son idéal de l'amour passion :

"On dit que l'amour entre deux êtres meurt. Ce n'est pas vrai, il ne meurt pas. Tout simplement, il vous quitte, il s'en va, si on n'est pas assez bon, si on n'est pas assez digne de lui. Il ne meurt pas, ce sont les gens qui meurent. C'est comme la mer. Son on n'est pas bon, si on commence à y sentir mauvais, elle vous dégueule et vous rejette quelque part pour mourir. On meurt, de toute façon, mais je préférerais disparaître noyée en mer plutôt que d'être rejetée sur quelque plage déserte pour m'y dessécher au soleil, y devenir une petite tache puante et anonyme avec juste un Cela a été en guise d'épitaphe"

les deux autres personnages masculins choisissent la prison, le refus de la découverte du monde. Harry Wilbourne est un être rongé par la culpabilité ; plutôt que de mourir, il choisira le chagrin plutôt que le néant, la privation de la liberté plutôt que la mort. Il a été initié tardivement ^par Charlotte, la grande prêtresse de l'amour, mais il n'en sera pas digne ; il reconnaît d'ailleurs à plusieurs reprises que c'est Charlotte qui assume le rôle d'homme.  Quant au forçat, on ne connaîtra jamais son nom, c'est sans doute l'un des personnages les plus attachants, les plus originaux,  de l'oeuvre faulknérienne. Un forcat qui veut coûte que coûte se reconstituer prisonnier, tout en étant parvenu à faire des actions héroïques lors de sa fuite subie. Le lecteur n'oubliera pas de sitôt le corps à corps avec les crocodiles et la lutte contre le mascaret du Mississippi.
Les deux hommes retournent, si l'on peut dire, dans la matrice originelle, un territoire clos sans problèmes. La femme, elle, choisit l'amour, la fuite, ou la mort.

Du point de vue de la forme et de l'écriture, ce roman est très différent des autres que j'ai pu lire. On ne retrouve pas les célèbres monologues polyphoniques qui ont fait la célébrité de Faulkner. La narration est classique (si l'on excepte l'alternance des deux histoires !), les dialogues plus nombreux. 

 L'écriture, dans l'ensemble,  est beaucoup moins lyrique que dans Absalon par exemple. On retiendra pourtant les magnifiques descriptions des combats de chasse au crocodile sur le Missississipi ainsi que la rencontre comique entre le Cajun et le forçat.
La présence de l'ironie et la reconnaissance de la voix vernaculaire, celle du peuple (je ne résiste pas à dévoiler la dernière phrase du roman : Les femmes, font chier !), annonce l'année suivante, Le Hameau, le premier grand roman comique de Faulkner.

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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 21:45

Nouvelles de NATSUME SOSEKI

Le goût en héritage, échos illusoires du luth

Editions Le Serpent à plumes

Natsume Soseki est le fondateur du roman moderne japonais au XIXe siècle. On lui doit notamment le poétique Oreiller d'herbes

Ces deux nouvelles sont particulièrement caractéristiques du style de Soseki : mêlant réel et fantastique, les récits sont à la fois très poétiques et teintés d'ironie ; le comique, voire le grotesque se conjuguent avec la gravité des situations

La première nouvelle met en scène une jeune homme en proie aux superstitions japonaises sur les fantômes. Il vient se plaindre à un ami de l'attitude irritante de sa vieille servante qui le met constamment en garde sur l'influence néfaste des esprits : il doit déménager s'il ne veut pas que sa fiancée meurt...car sa maison est mal orientée...Tout commence sur le ton de la blague puis l'horizon s'obscurcit quand l'ami lui déclare qu'il connaît une femme qui est morte de la même maladie. A son retour, notre héros est en proie à la peur de la mort. Il croise des silhouettes bizarres et entend des aboiements suspects. Une nuit de terreur commence...

Le deuxième récit, ayant également pour thème la mort, se déroule lors de la guerre russo-japonaise en 1905. Le narrateur vient de perdre à la guerre son meilleur ami, Kô. Il se rend chez la mère de l'ami pour la consoler et sur la tombe de kô. Il y distingue la silhouette d'une très belle femme inconnue, qui vient déposer des chrysanthèmes blanches. Obsédé par cette silhouette énigmatique, il s'improvise détective pour percer le secret de cette mystérieuse fiancée.

Sur des thèmes lugubres, Soseki parvient à rendre ses récits très vifs par le recours à la dérision. Les deux narrateurs frisent souvent le ridicule ; le premier se gausse des superstitions de sa servante ; mais il est terrorisé lors de sa promenade nocturne et se cache sous ses draps chez lui !
Le deuxième est imbu de sa personne : en bon scientifique, il se targue d'avoir trouvé la bonne méthode pour percer le secret de la jeune femme.Il hésite aussi à utiliser les salles méthodes des détectives car il est d'une honnêteté à toute épreuve...

Ces passages très ironiques alternent avec des descriptions magnifiques de paysages ou de portraits, très poétiques. Des passages très oniriques ,comme la promenade nocturne entre rêve et réalité, sont de toute beauté.

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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 11:28

Editions Arléa, 2008

Jeux croisés

C'est le deuxième roman de MarieSizun que je lis après le magnifique La femme de l'Allemand: on y retrouve la même sensibilité et aussi la résurgence du thème des rapports mères/enfants.

Ce récit est le portrait croisé de deux femmes qui d'ailleurs ne se croiseront jamais mais dont les vies vont se mêler à distance suite à un fait divers.

Marthe vient d'être quittée par son mari pour une jeune femme de son cabinet d'avocat. Marthe, la terne, qui s'était mariée sur le tard, comprend par hasard que Pierre, son mari, était en mal d'enfant...Elle qui n'a jamais eu la fibre maternelle (sans doute à cause de ses rapports tendus, sans chaleur avec sa mère), et qui est stérile...

Sous l'effet des neuroleptiques, elle va alors commettre l'irréparable : enlever le bébé d'une autre dans un supermarché...Alice, une jeune mère de 18 ans, rejetée par sa famille, vivant un quotidien difficile avec son enfant.

Alors que Marthe se réfugie avec l'enfant dans la maison de son enfance en Bretagne, Alice est soupçonnée par la police d'avoir fait disparaître son bébé...

Marie Sizun décrit à merveille l'intériorité des personnages en saisissant sur le vif leurs pulsions, leurs hésitations, leurs peurs. Nous vivons tout de l'intérieur par un auteur omniscient qui sait tout de ses personnages. Le récit prend des allures de thriller psychologique autour d'un malheureux fait divers, prétexte pour Marie Sizun à examiner à la loupe les rapports mères/filles. Il y a de très beaux passages aux allures de contes où Marthe et l'enfant apparaissent dans une bulle, hors du monde, au bord de la mer sur la lande bretonne.
Puis peu à peu, une atmosphère noire s'installe, due à l'incertitude du sort de l'enfant et des conséquences sur le sort de la jeune mère, Alice.

Contrairement à dans La femme de l'allemand, MarieSizun choisit une narration plus distanciée : ce n'est pas un personnage qui s'adresse directement à un autre mais deux portraits croisés de l'intériorité de deux femmes dans la tourmente. Marie Sizun excelle dans la description des "vagues" de l'âme.

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