Archives

Recherche

Recommander

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Dimanche 20 juillet 2014 7 20 /07 /Juil /2014 18:00

CHINE

http://cache.20minutes.fr/illustrations/2014/01/22/fuite-temps-1477318-616x0.jpg

 

Editions Philippe Picquier, 2014

Voici le dernier opus du plus grand écrivain chinois contemporain avec Mo Yan et Gao Xingjiang. Né en 1958 dans un village de paysans illétrés du Henan (centre-est rural) , Yan Lianke a d'abord été écrivain officiel de l'armée avant de prendre ses distances avec le régime en place et d'être censuré.

 

Parmi ses titres les plus connus, citons Le Rêve du village des Ding qui dépeint la vie des habitants qui vendent leur sang pour connaître une vie meilleure. Mais, quelques années plus tard, atteints de la « fièvre », ils se flétrissent et meurent. Un roman bouleversant par la tragédie qu’il raconte, celle de centaines de milliers de paysans du Henan contaminés par le sida. Ou encore Bons baisers de Lénine qui raconte l’histoire d’un village devenu le refuge de tous les infirmes de la région, où le chef de district décide un jour de regrouper ses habitants dans une incroyable troupe de cirque dont le but est de gagner assez d’argent pour acheter aux Russes la momie de Lénine et attirer, grâce à elle, les touristes… 

 

Pauverté, tragédie, burlesque, baroque...telles sont les quatre composantes de l'oeuvre foisonnante de Yan Lianke qui nous livre ici une véritable épopée d'un village perdu du Henan, celui des "Trois Patronymes", où sévit une étrange malédiction : tous les habitants y meurent avant l'âge de 40 ans, quoiqu'ils fassent, quelles que soient les luttes qu'ils entreprennent.

 

A chaque chef de village, son stratagème : on commence par Sima Lan qui a bien l'impression qu'il va mourrir. Décidé à vivre, il  ordonne au village de construire avec lui un canal qui apportera l'eau de la ville...Pour cela, il faut de l'argent...Pour cela, il faut ...aller vendre sa peau dans le dispensaire de la ville et que les femmes aillent vendre leur corps. Et c'est parti pour un immense élan collectif. Nous n'allons pas tarder à faire la connaissance de l'épouse de Sima Lan, Zhucui, l'acâriatre, la marâtre et de l'amour éternel et contrarié du chef, Sishi. La belle qui s'est sacrifiée pour l'avenir "politique" du grand Sima Lan.

 

Cinq chapitres qui illustrent une manière de combattre le mal. Cinq périodes qui vont de la mort de Sima Lan à sa naissance. Cinq périodes qui illustrent aussi l'apogée et l'échec du communisme, des grandes réformes collectivistes, à la réussite individuelle sacralisée, à la course à l'argent roi.

 

Une fuite du temps qui est en fait illustrée par son contraire, une remontée vers l'origine. Dans un roman total époustouflant, Yian Lianke convoque à la fois des épisodes de la Bible, des proverbes boudhistes et des références à l'histoire chinoise récente.

 

Tragédie du monde paysan réplié sur lui-même, formidable élan de solidarité collectiviste,  mais aussi course effrénée au matérialisme ou encore  décisions absurdes de chefs autoritaires entreprenant des grands travaux collectifs suicidaires...Les interprétations sont nombreuses et sans doute toutes valables.

 

La richesse métaphorique d'une telle saga ne doit pas faire oublier la forme littéraire qui est aussi très élaborée  et diversifiée. Grandes descriptions paysagères convoquant tous les éléments, scènes théâtrales  burlesques et truculentes où s'affrontent frères ennemis autour d'une tombe ou maris et femmes ne pouvant plus se supporter (dialogues succulents, très naturalistes....) Tragicominique de situation où les scènes sont si tragiques qu'elles en sont risibles. Romantisme d'une magnifique histoire d'amour entre les deux héros Sima La et Sishi, de leur mort à leur naissance. Epopée collective et individuelle où chaque habitant, de l'animal au bébé, en passant par le vieillard, est présent.

 

Une saga de 600 pages, certes répétitive (il s'agit à chaque fois de lutter contre les "40 ans imposés" ) mais où chaque élément vivant est convoqué, qu'il s'agisse de la terre, des animaux, du lait maternel qui irrigue les champs et les rues (magnifique final...), donnant au récit une force si particulière. La variété des tons et des scènes évite toute monotonie.


Une aventure universelle qui célèbre non la mort mais le courage de la force vitale.

Un chef d'oeuvre âpre mais tellement revigorant. Un destin inéluctable mais la force de la lutte. En somme, une grande oeuvre tragique.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature asiatique
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 23 juin 2014 1 23 /06 /Juin /2014 11:35

ROMAN POLICIER

http://www.ce-que-je-lis.fr/IMG/jpg/robe_de_mariee.jpg

 

Editions Calmann-Lévy, 2009

 

Avant d'écrire le désormais célèbre Au revoir las-haut, Pierre Lemaitre était connu avant tout pour ses romans policiers. J'ai enfin pu mettre la main sur l'un des leurs dans ma bibliothèque...Quel délice !

 

Tout commence pourtant de manière presque "nonchalante" sur 100 pages. Le narrateur se concentre sur le personage de Sophie qui perd pied. Elle perd la mémoire, aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle et ce depuis plusieurs années. On soupçonne qu'il lui est arrivé bien des choses regrettables...puisqu'elle est en cavale, accusée de meurtre. Elle parvient à changer d'identité et on la retrouve au début du roman come baby sitter dans un appartement bourgeois. Tout se gate lorsqu'elle découvre l'enfant assassiné dans son lit ....

 

Les 100 premières pages sont donc consacrées à la folie, à la schizophrénie de Sophie. Et tout se retourne tout d'une coup à la page 105 dans un nouveau chapitre. Le narrateur omniscient se focalise sur le regard (belle couverture du roman, au combien suggestive !) de Frantz qui observe Sophie. Nous sommes 4 ans avant les événements relatés au chapitre 1.

 

Et là, ça devient bluffant de maîtrise ! Suivront encore 2 autres chapitres. Impossible d'aller plus loin, sinon, je vous dévoilerais tout...Disons juste que c'est un thriller psychologique parfait pour l'été si vous aimez les sueurs froides.

Un guerre des nerfs parfaitement bien amenée. On y croit même si c'est assurément rocambolesque !

L'alternance de points de vue est vraiment réussie.

Par Sylvie - Publié dans : Romans policiers
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Dimanche 22 juin 2014 7 22 /06 /Juin /2014 14:18

ETATS-UNIS -PREMIER ROMAN

http://cache.20minutes.fr/illustrations/2014/01/10/douze-tribus-hattie-1471091-616x0.jpg

 

Editions Gallmeister, 2014

 

Ce premier roman afroaméricain est un chef d'oeuvre ! Considérée comme l'héritière de Toni Morrison, Ayana Mathis signe une saga très émouvante sur une famille afroaméricaine de 1925 aux années 80. Gros succès aux Etats-Unis et traduction en seize langues...

 

En 1925, Hattie est une toute jeune femme de 17 ans lorsqu'elle quitte sa Géorgie natale et le régime ségrégationniste pour une vie meilleure dans le Nord des Etats-Unis. A Philadelphie, elle rencontre August avec qui elle se marie. Le roman s'ouvre sur un espoir, une promesse : la naissance de jumeaux, Philadelphia et Jubilee. Mais les espoirs ne seront bientôt qu'un lointain souvenir...Suivront 10 autres enfants et petits enfants....12 tribus, 12 destins chamboulés qui incarneront les déceptions de toute une génération.

 

Ce roman est l'histoire d'une mère qui se "cadenasse" de l'intérieur, qu'on dit revèche et mal aimante, mais qui s'est sacrifiée toute sa vie pour élever ses enfants malgré le manque de moyens, malgré la pauvreté; des enfants qu'il fallait sauver de la maladie, des influences extérieures néfastes. Alors pourquoi être tendre, dit-elle puisque le monde n'est pas tendre avec vous.

 

10 chapitres, 12 enfants. 1948, 1950, 1951,1954, 1968, 1969, 1975, 1980. A chaque période, un enfant, homme ou femme. Retour aux sources avec le jazz ou les missions évangélistes, guerre du Vietnam.....Femmes s'élevant dans la société mais ne gagnant pas le bonheur pour autant, ou sombrant dans la déchéance la plus totale.

 

Tels sont ces itinéraires poignants de cette descendance maudite. Hattie apparaît souvent en second plan, comme un personnage haï, jalousé. Mal aimante parce qu' âme forte. Roc indestructible, cachant ses sentiments pour ne pas montrer sa détresse. Un grand personnage romanesque, l'un des plus marquants qu'il m'ait été donné de découvrir ces dernières années.

 

Le tout raconté avec une belle dignité, sans misérabilisme. Refusant le lyrisme d'un gospel larmoyant,  l'auteur conte traditionnelement à la troisième personne, simplement, alternant avec les dialogues des différents personnages. La souffrance est là, bien réelle, mais comme apprivoisée par une langue sans fioriture. Cette simplicité n'en fait que ressortir des scènes poignantes magistrales. Un roman universel sur le destin d'une vie exemplaire. Magique !

Par Sylvie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 5 mai 2014 1 05 /05 /Mai /2014 19:17

CANADA

 

http://lettresexpres.files.wordpress.com/2014/04/danslegrandcercle.jpg

 

Editions Albin Michel, 2014

 

De Joseph Boyden, je n'ai lu que très récemment son chef d'oeuvre Le chemin des âmes, premier roman datant de 2006 sur l'enrôlement de 2 indiens tireurs d'élite dans la Première Guerre Mondiale.

 

Son troisième opus m'a laissée quasiment "insensible" au début (630 pages...) puis on se familiarise finalement avec les personnages, avant d'assister à un final poignant dont on se souviens longtemps, je pense...

 

Ce roman allie le lyrisme traditionnel de Boyden et un souci naturaliste proche du documentaire. Boyden nous plonge dans le Canada du XVIIe siècle lorsque les français sous l'égide de Samuel de Champlain, commencent à évangéliser les territoires indiens...territoires que se disputent deux tribus ennemies, les Hurons et les Iroquois. Et le grand mérite de l'auteur est d'éviter tout manichéisme en opposant les gentils indiens et les méchants colons. Il s'attache plutôt à chacune de leur spiritualité, animisme et christianisme, à ce qu'elle provoque comme courage, comme violene...et comme curiosité mutuelle. Du côté français, ce n'est pas une possession du territoire que l'on veut, mais bien une possession des âmes. 

 

Le roman est choral et fait alterner trois voix : Oiseau, un chef huron ivre de vengeance depuis que sa femme et sa fille ont été tuées par les Iroquois ; Chutes-de-Neige, jeune fille iroquoise enlevée à son peuple par le même Oiseau pour se venger. Et enfin, Christophe "Corbeau", missionnaire jésuite venu évangéliser le peuple indien.

 

Les Hurons vont s'allier aux français pour lutter contre leurs iroquois ennemis mais personne n'en sortira indemne...

 

Boyden peint de magnifiques personnages que nous suivons pendant plusieurs années ; ces derniers, d'abord ennemis, finiront par se respecter tout en gardant leurs prérogatives. Cette grande fresque s'appuyant bien sûr sur des faits réels, mêle brillament l'intime et l'épique en analysant les conséquences de désastres collectifs (guerres, maladies, famines) sur un petit nombre de personnes.

 

A la beauté de la nature, répond la violence souvent insoutenable des hommes. Le tout transcendé par la spiritualité de chacun. Cette spiritualité qui anoblit chaque personnage pour en faire un héros généreux ou un martyre.

Au début, chaque voix est "ensablée" dans sa solitude, dans ses certitudes. Petit à petit, face aux désastres des guerres, les trois ennemis vont abandonner leurs préjugés.

 

C'est long, les personnages ne sont pas de suite attachants. Mais la lecture se mérite et les dernières phrases vous poursuivent bien après le dernier mot.

 

Pour aller plus loin sur les conflits hurons/iroquois, je vous conseille l'excellent article http://www.republiquelibre.org/cousture/IND.HTM

 

Roman indispensable pour comprendre l'origine de la nation canadienne.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 19:12

ROMAN FRANCAIS 2014

 

http://www.promomedias.com/pics/data/operations/visuels/1376-205x272.jpg

 

Ce formidable roman historique nous plonge dans le château allemand de Sigmaringen (Bade-Wurtemberg), la demeure ancestrale des Hohenzollern (dynastie des Rois de Prusse) lorsque celui-ci devint la résidence du gouvernement de Vichy en exil, de 1944 à 1945. Le régime est vaincu par la France Libre, Hitler demande à la famille princière de déguerpir pour loger le gouvernement fantoche....

 

Pierre Assouline, journaliste et écrivain, chroniqueur des lieux méconnus (Lutecia , l'hôtel qui accueillit les rescapés des camps en 1945) se met dans la peau de Majordome du Château...il en a eu l'idée en revoyant Les vestiges du jour de James Ivory.

 

Voici Pétain et Laval, entre autres, qui se regardent en chien de faïence. Le gouvernement se divise entre "ministres passifs" qui ont baissé les bras et les "ministres actifs" qui préparent la reconquête. Au dessus de la mêlée, Philippe Pétain, dans l'"Olympe" au dernier étage, attend...Il y a aussi Louis Ferdinand Céline, médecin des pauvres, qui vient leur rendre une petite visite.

 

Pendant ce temps, le majordome Julius Stein regarde, observe, écoute sans prendre partie. Son rôle est de servir, pas de prendre partie. Il a une haute opinion de sa fonction, sans faire de politique. Derrière cette façade rationnelle dans la plus pure tradition allemande, nous allons bientôt découvrir la face cachée du narrateur...D'autant plus que l'intendante de Pétain semble aussi cacher des choses...

 

Non seulement, ce roman historique nous apprend des choses sur une période  méconnue (les liens complexes entre l'aristocratie et les nazis est particulièrement bien étudiée) , mais il nous présente aussi des personnages fictifs hauts en couleur. Le lecteur est aussi bien passionné par Céline ou Laval que par l'intendante et le majordome.

 

Une épopée à la fois tragique (la déroute allemande est bien décrite) et burlesque (la bassesse entre les différents ministres, par exemple)

 

Très intéressant !

Par Sylvie - Publié dans : Littérature française contemporaine
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 6 avril 2014 7 06 /04 /Avr /2014 15:50

VIETMAM - FRANCE

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41eb2JNEeUL._.jpg

 

Editions Sabine Wespieser, 2014

 

Voici le dernier opus de la grande auteur vietnamienne (voir les chroniques de Terre des oublis et de Au delà des illusions Elle choisit ici de retracer le parcours d'un jeune homosexuel dans le Vietnam des années 80/90.

 

Le roman s'ouvre sur une prison dans les montagnes isolées du Vietnam. Trois milles prisonniers; des condamnés à mort, des prisonniers de droit commun, condamnés au travaux forcés...et le jeune Than qui se souvient comment il en est arrivé là...

 

Nous voici plongés dans son enfance joyeuse ; le héros est enfant unique au milieu de ses parents aimants, découvrant le travail de la terre avec son meilleur ami. Sur les collines d'eucalyptus, de pamplemoussiers et de plaqueminiers (arbre du kali), le bonheur règne. Seule ombre au tableau : une maison isolée ou habite un "poète maudit" alcoolique et sa famille déshéritée.


Quelques années plus tard, Than va tomber amoureux du fils de ce poète, Phu Vuong. Pour lui, Than va quitter son milieu intellectuel petit bourgeois pour vivre d'amour et d'eau fraiche. Refusant de dire la vérité à ses parents, il part à l'aventure. Au fur et à mesure, la différence d'éducation des deux tourtereaux se fait sentir.

 

Dalat, Saïgon..Au fur et à mesure des périgrinations du jeune Than, c'est la diversité des paysages du Vietnam qui nous sont données à voir. Brumes de la montagne, collines d'arbres fruitiers...l'auteur n'a pas son pareil pour décrire un paysage poétique.

 

Puis intervient un troisième personnage à la moitié du roman qui sera la rédemption du héros...Je ne vous en dit pas plus de peur de déflorer toute l'histoire.

 

Même si l'histoire est parfois un peu longue et répétitive, ce roman est une double histoire d'amour magnifique. L'alternance passé/présent de la prison fait que l'itinéraire du jeune Than reste imprévisible pour le lecteur jusqu'à la fin. Les persionnages sont très bien dessinés, en particulier les personnages féminins.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature asiatique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Calendrier

Août 2014
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Présentation

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés