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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Vendredi 31 octobre 2014 5 31 /10 /Oct /2014 16:12

LITTERATURE FRANCAISE

 


 

Editions Zulma, 2014

 

Autant le dire tout de suite : cette critique fera pâle figure devant l'original ! On ne peut rester que pantois devant un tel déploiement d'imagination, de fantaisies, de baroque. Jean-Marie Blas de Roblès, que j'avais découvert avec le remarquable recueil de nouvelles  La mémoire du riz, signe ici le plus rocambolesque des romans d'aventure où s'enchassent de multiples intrigues secondaires. Un  tourbillon d'images, d'histoires, de personnages et surtout un magnifique hommage aux grandes heures de la littérature : Dumas, Conan Doyle, Jules Verne, Herman Melville, Agatha Christie sans oublier les Mille et une nuits....Alors acceptez de vous perdre dans ces dédades labyrinthiques où l'objet livre et la pratique de la lecture ont une place centrale...

 

Trois intrigues principales où les mises en abyme abondent...

 

La première, la plus importante : 3 pieds droits sont retrouvés échoués sur le rivage, avec des chaussures de pointures différentes. Elle portent toute la marque Anaké, marque qui n'existe pas...sauf pour désigner un diamant très cher d'un lord écossais. Pour percer l'énigme de ce diamant et de ces trois pieds, Martial Canterel, un dandy faisant penser à Des Esseintes de Huysmans. Il vient d'être dérangé dans sa magnifique reconstitution de la Bataille de Gaugamèles par John Shylock Holmes, l'enquêteur bien sûr mais pas le vrai, juste un amateur de whisky qui travaille au service des restitutions chez Christie's...Ce dernier l'embarque pour l'Ecosse au château de Lady McRae, qui vient de se faire dérober son diamant. Les 3 compères, accompagnés de leurs fidèles serviteurs, partent alors retrouver ce cher diamant qui les mènera de Paris à Londres puis de Moscou à Pékin jusqu'au bout du Pacifique, sur l'île la plus éloignée de toute habitation, l'Ile du Point Némo.

 

Deuxième intrigue, sans doute la plus belle et la plus classique. Dans une grotte au fin fond du Périgord Noir, Damien, gérant d'une fabrique de cigares, est au chevet de Dulcie, sa dulcinée caribéenne, qui lui a appris la pratique de la lecture à voix haute, héritée des usines de Cuba et de Saint-Domingue. Ainsi, au 19e siècle, est née cette tradition dans les fabriques de tabac afin d'éduquer les masses. Tradition bien réelle ! Voir l'article http://www.cubania.com/post/cigare-lecteurs-havanes/ . Dulcie est tombée dans le coma. Alors, pour la réveiller, il lui lit des histoires à voix haute (belle référence détournée aux Mille et une nuit...).

L'usine à tabac périgourdine vient d'être rachetée par le chinois Monsieur Wang, fabriquant de liseuses électroniques et dictateur lubrique qui filme ses ouvrières. Bientôt, il sera victime de ses agissements....

 

Enfin, l'histoire d'un couple en panne sexuelle ! il en découle de multiples scènes tout aussi extravagantes les unes que les autres avec un humour ravageur...Amis de l'ordre moral, s'abstenir !

 

On est à la fois dans un roman steampunk (un roman qui se passe au 19e siècle en faisant référence à des machineries fantastiques qui pourraient se déployer dans le futur) et un récit philosophique et sociétal faisant allusion aux grandes questions  du XXIe siècle (la croissance et l'écologie).

 

Sous ses allures foutraques et baroques, cet opus est une oeuvre immense sur les enjeux de la lecture, du XIXe siècle à aujourd'hui où le contenant numérique compte plus que le contenu...La lecture, dernière utopie ? Réponse en lisant !

 

Par Sylvie - Publié dans : Littérature française contemporaine
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Mardi 28 octobre 2014 2 28 /10 /Oct /2014 15:25

ROMAN POUR ADOLESCENTS

 

http://p4.storage.canalblog.com/46/14/1111954/97403585.jpg

 

Actes Sud Junior, 2014

 

Quittons l'univers onirique d'Anne-Laure Bondoux pour celui terrifiant de Jo Witek. Bienvenue dans un thriller psychologique très très noir.

 

Imaginez Edward, un adolescent solitaire, mal dans sa peau, le souffre-douleur de sa classe. Son père est un brillant architecte souvent absent mais qu'il adore. Sa mère est maniaco dépressive. Elle vient juste de rentrer de sa "cure". Cette mère qui a quasiment toujours été absente, souhaite se rapprocher de son fils. Mais ce dernier se réfugie dans l'univers virtuel des jeux vidéos. Jusqu'au soir fatidique où son père se tue au volant de sa voiture. Sa mère est juste blessée...

 

S'en suit alors un huis clos haletant entre deux psyché malades. La mère, de plus en plus présente, semble vouloir posséder son fils pour elle toute seule. Elle renvoie par exemple ses domestiques. Un jour, Edward "pète un cable" à l'école. Sa mère l'emmène se reposer dans le chalet familial à Courchevel. Il est alors sûr qu'elle veut le supprimer pour être enfin libre...

 

Qui croire ? La mère est-elle vraiment soignée ? Edward est-il paranoïaque ? Le lecteur est bien en peine de prendre partie.

 

Jo Witeck réussit à nous faire entrer dans l'intériorité tourmentée de l'adolescent en adoptant un ton neutre à toute épreuve. Aucun monologue, aucun emploi de la première personne. Juste des dialogues et un narrateur omniscient.

 

Entre ces deux êtres tourmentés, quelques individus qui vont tenter de percer le mystère : le meilleur ami d'Edward, lui aussi souffre-douleur, le meilleur ami de son père et l'inspectrice de police.

 

S'en suit une suspense inplacable jusqu'à la révélation finale. L'auteur décrit magnifiquement bien les relations violentes entre adolescents, qui plus est dans un milieu favorisé. La présence de l'alcoolisme également. Les situations semblent peut être poussées à l'extrème mais c'est très bien mené. On ne peut que reprocher parfois une écriture un peu lourde.

 

Les lecteurs "bien-pensants" objecteront que l'auteur porte un coup fatal à la relation mère-fils; Mais Jo Witek a plus d'un tour dans son sac pour y répondre !

Par Sylvie - Publié dans : Littérature pour adolescents
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Dimanche 26 octobre 2014 7 26 /10 /Oct /2014 14:37

ROMAN POUR ADOLESCENTS

 

http://adolisant.files.wordpress.com/2014/07/tant-que-nous-sommes-vivants.jpg

 

Editions Gallimard, 2014

 

Voici un magnifique roman d'aventures, un conte moderne comme nous dit l'auteur, qui avec un brin de fantastique et d'onirisme, nous livre avant tout une formidable leçon de vie.

Comme le dit le titre "Tant que nous sommes vivants..."

 

Quelque part....on ne sait pas où ni quand. Un village qui dépérit lentement, des habitants embrigadés tout le temps dans une usine. Même le cabaret du coin, celui des saltimbanques, a fermé. Puis tout d'un coup vient l'amour fou...entre Hama, jeune fille de l'usine et Bo, le beau forgeron étranger  venu des forêts. Un amour qui redonne vie au village. Jusqu'au jour où l'explosion de l'usine change à jamais le destin de ces deux tourtereaux...

 

Nous n'en sommes qu'à la 40e page...il y en a 300...

 

Malmenés par la vie, Hama et Bo vont partir pour refaire une nouvelle vie. Et tout d'un coup, on passe du "nous" de la narration au "Je". Qui est ce Je ? Lisez donc cette formidable aventure !

 

Anne-Laure Bondoux excelle dans la description d'univers très différents les uns des autres et emmène ainsi son lecteur dans un formidable voyage : un village d'ouvriers, une forêt millénaire où vit une étrange fratrie de "minipouces", un cabaret de saltimbanques ressemblant à des "freaks", une île paradisiaque de pêcheurs, un univers en guerre dévasté.

 

L'onirisme est toujours présent, les personnages se découvrant peu à peu des dons cachés ou des malédictions.

 

Et surtout il y a cette magnifique plongée au coeur de l'humain et des grandes questions de la vie : le courage d'aller de l'avant, vers l'inconnu mais aussi l'importance de la mémoire, des racines. Comme le dit si magnifiquement le dernier chapitre, il y a le passé et l'avenir.L'amour et le lien filial indéfectible.

 

Du grand art.

Je vous laisse découvrir la fabuleuse présentation du roman par...son auteur ! http://www.bondoux.net/mes_livres/romans/vivants/vivants.html

 


Par Sylvie - Publié dans : Littérature pour adolescents
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Mercredi 15 octobre 2014 3 15 /10 /Oct /2014 19:52

LITTERATURE FRANCAISE (VIETMAN)

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/styles/mea_635x357/public/asset/images/2014/10/minh_tran_huy_-_voyageur_malgre_lui.jpg?itok=v3M3Q8sn

 

EDITIONS FLAMMARION, 2014

 

Voici un joli récit érudit et sensible sur les douleurs de l'exil. Minh Tran Huy, née en 1979, n'en est pas à son premier coup d'essai. On lui doit notamment le très remarqué La double vie d'Anna Song

 

Cet opus est à la fois une profonde réflexion sur les différents exils, matérieurs et intérieurs, pathologiques et politiques, ainsi qu'un récit autobiographique émouvant sur le déracinement. L'auteur plonge dans son expérience personnelle pour encore mieux nous le faire ressentir.

 

Tout commence par une installation dans un musée à New-York qui évoque le destin d'Albert Dadas, un ouvrier gazier bordelais de la fin du XIXe siècle, atteint de dromomanie, de "tourisme pathologique" : ce dernier sentait un besoin vital de marcher des kilomètres, souvent dans un état second, proche de l'inconscience...il parcourut l'Europe entière jusqu'à la Russie et Istanbul, malgré lui, souvent arrêté pour vagabondage.

 

La narratrice se documente alors sur ce cas qui fit école puisque son mal fut étudié pendant 20 ans par un médecin...la découverte de ce cas passionnant dérive peu à peu sur les exils politiques et sociaux du XX et XXIe siècle. Ceux liés à la Guerre du Vietnam, qui toucheront directement la famille de l'auteur et celui d'une jeune sportive somalienne qui participa aux Jeux Olympiques de Pékin avant de mourir au milieu de l'Océan Atlantique pour avoir souhaité rejoindre la terre promise....

 

On admire alors l'habile construction du récit. Constitué de courts chapitres, le roman part du cas clinique d'Albert Dadas pour ensuite évoquer une jeune sportive vue à la télé...pour ensuite prendre le chemin des souvenirs intimes ; les figures des oncles et cousins disparus, puis la figure du père, celui qui s'est toujours tû, qui a préféré le silence et l'avenir au lourd poids du passé.Le lecteur fait connaissance avec une galerie de personnages très émouvants, alors que la narratrice survole l'Atlantique à bord d'un Paris New-York...

 

Le roman oscille ainsi entre documentaire et récit de vie, évitant les écueils du récit intimiste. Minh Tran Huy choisit la pudeur pour évoquer ce face à face poignant entre les silences du père et le désir de connaître de sa fille.

 

Biographies, roman historique à base de souvenirs personnels, essai sur l'exil...les dénominatifs ne se comptent plus...Ajoutons à cela une poésie omniprésente ; la profession de la narratrice qui enregistre des sons pour une "agence de création sonore"est très évocatrice et sert de base à une réflexion sur la force des silences. Sans oublier les paysages évocateurs du Vietnam...

 

Un roman hybride d'une profonde originalité.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature française contemporaine
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 21:11

ETATS-UNIS

 

http://www.froggydelight.com/images/aout2014/joyce_maynard.jpg

 

EDITIONS PHILIPPE REY, 2014

 

J'ai eu l'occasion de rencontrer Joyce Maynard au Festival America de Vincennes fin septembre ; elle m'a dédicacé son dernier ouvrage avec un grand sourire, une bonne dose d'énergie, dans une langue française parfaite...qu'elle me déclara avoir appris en lisant les traductions françaises de ses romans !

 

http://micmelo-litteraire.com/wp-content/uploads/2014/07/Joyce-MAYNARD.jpg

 

Derrière ce joli visage blond de 60 ans qui en paraît 10 ou 15 de moins, se cache un écrivain très sensible qui fait de magnifiques portraits d'adolescents.

 

L'homme de la montagne, sa dernière publication, est à la fois une enquête policière et un thriller psychologique...raconté par la fille aînée de l'inspecteur chargé de l'enquête, 30 ans après les événements. 

 

Cet été là, à San Francisco, Rachel, 13 ans et Pattie, sa petite soeur, s'ennuient. Leur mère, neurasthénique depuis la sépration d'avec son mari, n'a même plus les moyens de se payer une télé. Alors les deux adolescentes se promènent dans le village, regardent la télé des voisins cachées dans les jardins ou font jouer leur imagination...faire les mortes par exemple.

 

Jusqu'au jour où elles vont êtres bien occupées par une série de meurtres de jeunes femmes, étranglées et violées par le mystérieux "homme des montagnes".

 

L'inspecteur Torricelli, le père des deux fillettes, est chargé de l'enquête. Ce dernier est le héros de la localité ; très bel homme, homme à femmes, c'est aussi un policier hors pair. Pour ses filles, cette enquête va être pour leur père l'occasion de montrer tous ses talents. Sauf que l'enquête piétine...le père devient de plus en plus stressé, accaparé par ces meurtres à répétition. Les jeunes filles, profitant d'abord du contexte (elles sont les filles du grand inspecteur, elles savent presque tout de l'enquête, et puis tout d'un coup, elles n'ont plus de copains...), vont être ensuite mises au ban puisque rien n'est résolu.

 

Alors, voulant à tous prix sauver leur père, l'aider, elles vont s'aventurer sur un terrain dangereux en menant leur propre enquête...

 

Joyce Maynard nous livre un récit riche en rebondissemets. Elle sait parfaitement éveiller les soupçons de ses lecteurs en les entrenant sur de fausses pistes.

 

Suspense mais aussi et surtout une très belle déclaration d'amour, une ode aux liens filiaux et fraternels. Un cri d'amour pour un père, une soeur. Chaque ligne, chaque paragraphe magnifie les relations de ce trio. L'auteur excelle en décrivant les états d'âme des deux jeunes filles aux prises avec une imagination qui peut se développer à leurs dépens. Jalousie, fantasmagorie, corps qui muent...Un magnifique portrait d'une famille déboussolée.


Par Sylvie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
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Lundi 13 octobre 2014 1 13 /10 /Oct /2014 19:22

ETATS-UNIS

 

http://www.lesechos.fr/medias/2014/09/04/1035664_le-wild-west-show-de-philipp-meyer-prix-lucien-barriere-a-deauville-web-0203721708082.jpg

 

Editions Albin Michel, Collection "Terres d'Amérique", 2014

 

C'est l'un des grands romans américains de cette rentrée littéraire (Avec le James Salter et le Tim Gautreaux)...que dis-je, plutôt une grande fresque, une épopée de 700 pages, qui se dévore très facilement.

 

On y voit déjà un grand film, je crois même que c'est déjà en cours...

 

Philipp Meyer, qui n'en est qu'à son 2e roman (finaliste du Prix Pulitzer) , retrace l'Histoire du Texas de 1830 à nos jours, de sa fondation à septembre 2011. Et quelle histoire ! Une terre sauvage qui a été conquise succesivement par les Indiens (Apaches, Commanches), par les Espagnols, par les Mexicains et..par les Américains. C'est en 1845 que le Texas devient américain mais le "Frontière" est disputée par les Mexicains. S'en suit une guerre Mexique/Etats-Unis où les Américains seront victorieux. Mais pendant des dizaines d'années, les Indiens, Mexicains et Américains se sont disputés la Terre, la Frontière et ses richesses...en s'entretuant.Une guerre de possessions.  C'est ce que raconte Meyer avec brio dans ce brillant western où l'on est loin des méchants cow boys et des gentils indiens. Les différentes communautés se ressemblent un peu finalement....

 

Trois ou quatre générations où se joue toute l'histoire du Texas et la naissance de ses richesses : la conquête de l'Ouest avec les conflits dans des terres encore giboyeuses où gambadent bisons et cerfs, la création des grands ranchs des éleveurs, les débuts du forage pétrolier, puis une terre dévastée par une surexploitation des ressources...les riches Texans n'ont alors plus qu'à investir au Vietman et dans le Golfe...

 

Mais revenons plutôt à nos trois principaux personnages. Meyer a choisi une forme polyphonique à la Faulkner pour évoquer ce vieux Sud : les trois personnages se succèdent à chaque fois dans 3 ou 4 chapitres : 1830, 1915, 1943, 2011....puis on revient aux années 1830. Cela donne un rythme particulier au récit, fait d'actions clés et de ralentissements. On s'attache d'autant plus aux personnages.

 

Il y a donc Elie McCullough, pionnier enlevé par les Indiens Commanches vers 7 ou 8 ans. Il vivra parmi eux pendant des années, gardant toujours la nostalgie de cette vie sauvage. Ne pouvant se faire à la vie urbaine, il s'enrolera chez les mythiques Texas Rangers, qui défendent la frontière contre les Mexicains et les Indiens. Puis viendra le Guerre de Sécession où il s'illustrera et l'édification de son Empire, celui de l'élevage. Un succès gagné par le vol de terres, par le sang...

 

Les années 1915/1917, la parole est donnée au Fils, Peter, qui incarne la mauvaise conscience face aux exactions de son père. Marqué à tout jamais par la disparition programmée d'une famille de pionniers hispanomexicains, il tombera amoureux d'une cousine de cette famille à ses riques et périls...

 

Enfin, 3e personnage, l'arrière-petite fille, Jennie, l'héritière de son grand-père, qui bâtira de ses propres mains un vaste empire pétrolier.

 

Des vies d'une richesse incroyable où une épée de Démoclès menaçante plane au dessus de leurs têtes..On pense à une tragédie antique comme la famille des Atrides où le sang appelle le sang. Meurtres, vengeances...de générations en générations ; les descendants n'en sont que plus exposés.

 

Meyer prend son temps pour planter le décor ; le lecteur s'attache d'autant plus aux personnages. Il évite soigneusement tout misérabilisme ; indiens, mexicains, américains ont chacun leurs idéaux, leur soif de possession, leur violence.

 

L'écriture est très fluide tout en faisant la part belle à l'intériorité des personnages (discours omniscient, 1ère personne, journal intime..). Ce style très cinématographique nous fait déjà penser à un beau western moderne...

 

Cette grande fresque est à rapprocher d'une autre très grand titre de cette année : Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden, l'histoire de la conqête du Canada. Autre époque, autres peuples mais rêves similaires...


Par Sylvie - Publié dans : Littérature anglo-saxonne et américaine
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