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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 15:00
Les planificateurs de Kim Un-Su

ROMAN POLICIER

Editions de l'Aube

On a beaucoup parlé de ce polar au moment où le Salon du Livre en mars accueillait comme invité d'honneur la Corée du Sud.

Il faut dire que ce roman policier est vraiment original. L'œuvre d'un esthète à coup sûr.

Dès les premières pages, nous sommes envoûtés par le style très lent et épuré. Laesaeng vise avec son fusil un vieil homme en compagnie de son chien, en train d'arroser et de "parler" à ses fleurs. Nous sommes dans un paysage naturel typique, au pied des montagnes, au coucher du soleil. L'homme hésite vraiment à tirer, c'est un pur moment d'introspection. Et puis, il se ravise, s'endort....avant d'être réveillé par sa cible qui l'invite à manger chez lui !

Une merveille d'originalité qui va se confirmer tout au long des 360 et quelques pages.

Nous apprenons quelques pages plus loin que Laesaeng est un tueur à gages recueilli orphelin et employé par Raton Laveur, à la tête d'une "agence d'assassinats" semi-officielle où les hommes d'Etat et d'affaires ont commandité des meurtres aux planificateurs depuis plus de 50 ans. Le camouflage de cette entreprise : la Bibliothèque des chiens, qui abrite plus de 200 000 livres !

Etant petit, alors qu'il s'ennuyait, Laesaeng a appris à lire tout seul, sous la vindicte de Raton-Laveur qui lui dit que les livres apprennent à faire peur et à pleurer ! Au moins, lui ne lit plus que des dictionnaires car les auteurs n'ont pas à y mettre leurs états d'âme au premier plan....

Son morne quotidien va être bouleversé lorsque la Bibliothèque des chiens, entreprise multiséculaire surannée, subit la concurrence de l'entreprise de sécurité de Hanja, l'autre fils adoptif de Raton-Laveur. Et apparemment, Hanja, le nouvel homme fort, est bien décidé à liquider la bibliothèque des chiens et ses responsables....

Et c'est parti pour une chronique d'une mort annoncée tragicomique où les moments de poésie alternent avec des scènes de combats ou de dialogues tarentinesques.

Entre temps, nous aurons croisé une "Pousse-au-Crime" qui est payée pour convaincre les femmes battues de faire tuer leur mari, une jeune femme paralysée qui tient une boutique coquette de tricot-couture et qui affectionne particulièrement les poupées Barbie et Winnie l'ourson sans oublier la bibliothécaire qui louche et le dénommé Poilu qui incinère les victimes avec beaucoup de tact....

Un conseil avant de vous avancer plus avant dans la lecture du récit : méfiez-vous des caissières souriantes et de vos cuvettes de WC !!!

Je ne sais pas quoi penser de ce roman : j'ai adoré les personnages et l'ambiance mais je suis moins convaincue par l'histoire. A vous de juger !

Published by Sylvie - dans Romans policiers
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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 17:49
Désorientale de Négar Djavadi

Rentrée littéraire 2016

Editions Liana Levi

Voici un premier roman qui va assurément faire parler de lui, qui fait partie notamment de la sélection Prix Fnac.

Negar Djavadi, qui nous vient du monde du cinéma (scénariste de la série Tiger Lily) nous conte l'Histoire de son pays d'origine l'Iran, l'histoire de sa famille sur au moins 4 générations et...son propre itinéraire. Et réussit le pari de nous livrer à la fois un récit historique sur l'Iran du 20e siècle et un beau roman d'apprentissage.

Le roman familial est digne des Mille et une nuits. Enchanteur, drôle et en même temps tragique.

Tout commence dans la salle d'attente d'un hôpital parisien...pour une insémination artificielle ! La narratrice observe les couples parisiens et se remémorent....

Au cours de l'attente, Kimia Sadr, la narratrice se remémore l'histoire de sa famille sur 4 générations. L'ancêtre, Montazelmolmok, est un seigneur au bord des montagnes de la mer Caspienne qui tient son harem d'une main de fer...il ne sait pas reconnaître ses dizaines d'enfants jusqu'à la naissance de Nour, "la lumière" qui a de beaux yeux bleus comme lui, le bleu légendaire de la Caspienne....

Nour sera mère des oncles n°1, 2, 3, 4, 5 et 6 de Kimia et de son père, Darius, l'intellectuel de la famille qui va épouser Sarah, une jolie française...

Le couple va devenir opposant au régime du Shah et ensuite à l'ayatollah Khomeiny avant de s'enfuir clandestinement en France.....

Loin d'elle l'idée de nous offrir un roman historique traditionnel chronologique. Les souvenirs apparaissent avec la fantaisie des djinns au gré des humeurs de la narratrice.

Les souvenirs sont comme de multiples histoires, des contes qui se succèdent les uns aux autres sans lien de cause à effet. On navigue du présent au passé et inversement dans un flot impétueux.

Si au départ, le lecteur peut être un peu perdu au milieu de tous ces multiples personnages, il prend vite ses marques tant les personnages sont attachants.

Les figures masculines, autoritaires ou libertaires, sont aussi attachantes que les figures féminines, de la grand-mère arménienne qui lit dans le marc de café à Sarah, la mère courage, femme aimante et indépendante.

Négar Djavadi nous émeut jusqu'à la dernière page dans ce joli conte tragique de la filiation, qui mêle vie, mort et renaissance, identités féminines et masculines.

L'auteur nous décrit un Iran loin des stéréotypes culturels et politiques tout en sachant parler à merveille de la France d'aujourd'hui. La question de l'exil est étudiée avec tact sans aborder la problématique française de l'intégration/ assimilation. La narratrice est juste entre deux...

L'écriture, très rythmée, permet de faire revivre les morts et de se réconcilier avec son identité. A découvrir de toute urgence !

Published by Sylvie
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4 août 2016 4 04 /08 /août /2016 16:32
Petit Pays de Gaël Faye

Rentrée Littéraire 2016

Editions Grasset

Voici le premier roman d'un chanteur slameur qui a déjà rencontré le succès avec son album Pili Pili sur un croissant au beurre.

Il nous conte ici la fin de son enfance dans le petit pays du Burundi, dans sa capitale Bujumbura, où il vivait dans une jolie impasse plantée de bougainvilliers en compagnie de son père français, de sa mère rwandaise et de sa petite sœur Anna.

En 1992, Gaby a 10 ans. Dans ce petit pays de la région des grands lacs africains, il adore jouer avec sa bande de copains : attraper les mangues des voisins à la perche, pécher sur le lac Tanganyuka, partir à l'aventure avec la vieille Mercedes dans une nature luxuriante...mais les conflits ethniques commencent à éclater entre les Hutus et les Tutsis...dans le Rwanda voisin.

Rappelons que le Rwanda Urindi, dépendant de l'Empire colonial allemand a été ensuite donné à la Belgique par la SDN qui elle-même l'a rattaché au Congo Belge...jusqu'à l'indépendance du Rwanda et du Burundi en 1962.

Une occupation coloniale qui attise la haine entre les ethnies, le génocide qui commence au Rwanda.... et des réfugiés tutsis qui affluent au Burundi. La guerre civile éclate également au Burundi.

En quelques jours, le petit Gabriel voit son quotidien bouleversé. Métis, français et Tutsi par sa mère, il ne peut être que l'ennemi.

Sa bande de copains avec qui il faisait les 400 coups lui demande soudain d'entrer dans un gang. Et sa mère, partie au Rwanda pour célébrer le mariage de son frère, en revient à jamais meurtrie...

Gaël Faye signe un roman de la fracture, de l'avant et de l'après. Bien sûr, les massacres sont évoqués mais n'occupent jamais la première place.

C'est le retour au paradis perdu qui compte, l'évocation des amitiés enfantines qui donne toute la saveur au récit. Tout ce que le gamin en exil a perdu au moment du départ.

Ce n'est pas un hasard si l'auteur insiste sur la description de la nature exubérante et généreuse en eau, fleurs et fruits. Tout est vu avec le regard de l'enfant qui sait déjà ce qui va lui arriver.

Gaël Faye s'appesantit très peu sur son mal être d'adulte si ce n'est dans les premières pages du récit.Par la plume, il retourne au pays et la nostalgie magnifie l'impasse de l'enfance.

Un retour qui lui réserve une surprise poignante, inoubliable. Un roman très abouti, qui tient ses promesses jusqu'au dénouement.

Published by Sylvie
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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 22:34
"Et que celui qui a soif, vienne : un roman de pirates"  de Sylvain Pattieu

ROMAN D'AVENTURES

Editions du Rouergue, collection "La Brune"

Voila plus de 6 mois que je n'ai pas pris la plume....le temps passe vite. Effectivement, après plus de 10 ans de blogosphère passionnée, j'ai décidé de prendre un peu le large...mais lorsque justement, je pars à l'aventure sur les mers, en compagnie de personnages magnifiques, je monte à l'abordage....

Voici mon grand coup de coeur depuis des mois, un roman d'un auteur découvert en 2012 avec Des impatientes ; un historien et enseignant dans un master de création littéraire né en 1979.

Près de 500 pages qui nous embarquent au moins sur 3 bateaux, à la découverte de multiples personnages...bien sûr, les bâteaux et les histoires vont se croiser...

Vous n'aimez pas les pirates ? Qu'importe ! Vous aimez le souffle littéraire, l'épopée, les beaux personnages ? Ouvrez vite ...

3 bâteaux sur une mer et à une époque inconnue voguant vers le nouveau monde...on doit être au XVIIe siècle mais ce n'est pas ce qui intéresse l'auteur.

On aborde d'abord sur L'Enterprize, navire négrier hollandais. A son bord, César, un guerrier d'une tribu qui s'est inclinée devant ses ennemis...il est donc condamné à devenir esclave, tout comme Marquise, une jolie femmes devenue la protégée du capitaine ou encore "La vieille" qui cache de multiples sortilèges...Fletcher, le bosco et le capitaine, n'ont qu'à bien se tenir...Heureusement que l'intrépide "Gamin" est dans les parages...

Vient ensuite le 2e acte, avec le Florissant, un galion français...Manon, une jeune prostituée est partagée entre le chevalier Barral et Jacques-Louis, un compagnon vitrier. A son bord également, Ferraciolo, un moine défroqué...qui aime le vin et les saints...

Et puis le 3e acte, sur le Batavia, navire hollandais de la Compagnie des Indes Orientales, ou le soldat travesti Karl se cache face à Arjen, le capitaine du navire...

Puis vient l'attaque du Fancy, vaisseau pirate commandé avec panache par le beau John Calico...
La révolte gronde entre capitaines injustes et violents, marins et soldats...La piraterie détrousse et vole mais fait aussi surtout souffler un vent de liberté sur les mers

"Et que celui qui a soif, vienne....", celui qui veut se libérer du joug des rois, des compagnies marchandes, des lois qui instaurent une inégalité injuste...

C'est tout l'enjeu de la deuxième partie du récit, Peut-on créer une démocratie au sein d'une d'une petite communauté d'esclaves, de marins, de soldats, de pasteurs, de blancs et de noirs ? Au sein des bateaux pirates, nul n'est roi ou maître...toute décision est prise en conseil, les chefs son élus et révocables et les femmes ont autant leur mot à dire que les hommes...Une belle république des mers...

Et nous voici embarqués dans un récit à la Jules Verne ou à la Stevenson où il faut tout recréer sur une île déserte...L'utopie est-elle possible ?

Derrière ce récit plein de panache, où les personnages sont plus attachants les uns que les autres, se cache une belle réflexion politique. Les pirates sont vus comme les ancêtres des révolutionnaires. Comme des sans-culottes des mers....

A l'opposé, la Compagnie des Indes Orientales entre en écho avec notre monde contemporain dominé par la finance. Ainsi, les marchands de la compagnie entre déjà en concurrence avec les rois et les religieux lorsqu'il sgit de se faire entendre par un pauvre gouverneur d'une île perdue...L'argent, la richesse apparaissent déjà plus forts que les Etats.

D'ailleurs Sylvain Pattieu n'hésite pas à faire entrer en résonance l'histoire de ces pirates avec des événements plus contemporains comme les révolutions russes ou la lutte pour les droits civiques.

Aucunes difficultés dans ce récit bien qu'il soit très documenté mais sans jamais entrer dans l'érudition. Sylvain Pattieu va à l'essentiel. Il y a de l'action mais aussi et surtout une attention toute particulière donnée aux personnages. Nul écueil dans le récit ; on vogue de manière rythmée mais sans jamais être perdus...

On admire les différentes tonalités du récit : l'épopée, le fantastique, les citations bibliques millénaristes qui annoncent des temps meilleurs...

On quitte le navire avec tristesse après ce beau voyage...

Published by Sylvie
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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 18:26
Bons baisers du Baikal de Geraldine Dunbar

RECIT DE VOYAGE

EDITIONS TRANSBOREAL

Vous voulez oublier vos petits soucis, vous évader ? Ouvrez vite le magnifique recueil de "nouvelles de Sibérie" de cette commerciale baroudeuse amoureuse de la Russie.

Voici une petite vingtaine de récits qui peuvent aussi bien etre d'un humour ravageur que d'une tristesse tragique impitoyable.

Le dénominateur commun de tout ca :l'apologie de la nature encore vierge, les passions poussées à leur paroxysme et la résistance à la modernité, à l'appat du gain, au consumérisme effréné.

Alors rien de vaut une escapade sur le Baikal, le lieu de tous les possibles. Des histoires d'amour exceptionnelles sur fonds de Tchaikovski et évoquant la légende de Tristan et Iseult (qui à eux seuls peuvent lutter contre les promoteurs immobiliers), des vieillards qui ont un peu trop poussé sur la Vodka et qui rencontrent des fées, la sorcière Baga Yaga ou un tombeau scythe, des petites vieilles qui s'évadent d'une maison de retraite...L'écrivain a vraiment une plume magique qui nous fait passer de l'éclat de rire (ah, ce débarquement d'extraterrestres !) aux larmes (le désir de mort et les souvenirs du goulag ne sont pas loin) en parsemant son récit de touches poétiques et magiques d'une grace inouie (un aigle garde le sanctuaire du lac de toute cupidité, un concert sur la glace pour se souvenir de la femme aimée...)

Ca se lit d'une traite, le soir au coin du feu avec un bon petit verre...Bon voyage !

Published by Sylvie
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 19:42

CLASSIQUE RUSSE, 1858

 

Lorsque l'on parle de grands classiques russes, on parlera de Guerre et paix ou encore de Crime et Chatiment.nMais qui citera Oblomov ? Et pourtant, Tolstoi et Dostoievski le condidéraient comme une oeuvre majeure. 

Un mythe aussi connu en Russe que Don Juan ou Don Quichotte à tel point que l'on parle de L'Oblomovisme...

 

Imaginez un homme qui passe sa vie….dans son lit, non pour cause de maladie mais par volonté ! Dans sa robe de chambre orientale, dans sa chambre qui n’a  pas été nettoyée et rangée depuis des lustres, notre homme médite sur l’importance de ne rien faire. Mais manque de chance, son fidèle serviteur, Zakhar (nous reparlerons plus tard de ce magnifique personnage) lui annonce ce matin que des catastrophes. Son domaine est en ruine et son propriétaire veut qu’il déménage…Qu’à cela ne tienne, il ne va pas se lever de sitôt ! Alors ses amis, ennemis et connaissances vont se succéder à son chevet pour essayer de lui faire adopter la position verticale…

Cette première partie est d’une drôlerie irrésistible. Entre le pauvre serviteur qui se fait admonester à tord ou à raison, et les allées et venues des différents personnages qui opposent leurs points de vue à l’anti-héros, on se croirait au théâtre.  Les hommes qui poussent la porte, c’est le froid qui vient, dit Oblomov.  Voici venu le temps des dialogues sans fin sur l’opposition entre une vie survoltée où l’on voyage sans cesse et où l’on court de salon en salon et entre une méditation sur la condition humaine et sur les bienfaits de la rêverie. Mais au fait  qui a raison ? L’auteur se garde bien de trancher…Oblomov clame à plusieurs reprises « Mais où est l’homme ? »Dans l’activité frénétique ou dans la méditation ?

La deuxième partie est beaucoup plus lyrique puisque qu’Oblomov, enfin sorti de son lit, tombera amoureux de l’intelligente Olga, à l’initiative de son meilleur ami Stoltz. Mais n’en disons pas plus…

 

On admire dans ce fabuleux récit de plus de 600 pages la diversité des tons et formes employées. Gontcharov excelle aussi bien dans le lyrisme appuyé que dans les dialogues burlesques ou « existentiels » avant la lettre. Sans parler des fines analyses psychologiques ou encore des descriptions des scènes domestiques. Comme l’explique Jacques Catteau dans la préface de l’édition du livre de poche, le roman russe se caractérise par sa liberté de ton, étant beaucoup moins rationnel que son cousin occidental. L’écriture respire et prend ses aises, on prend un plaisir délectable à déguster ces centaines de pages sans aucune difficulté. Le  préfacier parle encore d’ « œil flamand » : en effet, on appréciera une description minutieuse des objets, des pièces domestiques, des préparations de repas où les spécialités russes mettent l’eau à la bouche. Ces descriptions d’ « intérieurs » font la part belle à des figures domestiques inoubliables. Nous parlions plus haut de l’irrésistible Zakhar, à la fois râleur et fainéant, ayant pris les mauvaises habitudes de son maitre. Leurs discussions ne sont pas sans rappeler les mythiques Sancho Panza ou encore Sganarelle. Car derrière ses sempiternelles railleries, il y a bien sur un réel respect et dévouement pour son maitre. Zakhar ne doit pas faire oublier la dévouée Agafia qui, elle, incarne l’amour et le total dévouement.

Méditations, descriptions flamandes ou encore de belles rêveries. Dans l’épisode du Songe d’Oblomov, l’auteur se complait à dépeindre une vie idyllique dans la campagne russe où son héros passe sa journée à paresser à l’ombre d’un saule en compagnie de sa future femme et de ses enfants. Bien sur, la balalaïka et le samovar sont au rendez-vous sous un ciel sans nuage…

Vous l’aurez compris, ce chef d’œuvre trop peu connu est d’une richesse incroyable. Laissez-vous bercer par la douce langueur du héros….

 

 

 

 

 

Published by Sylvie
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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 16:56

BRESIL- PREMIER ROMAN

 

EDITIONS ZULMA, Rentrée littéraire 2015 (parution 20 août)

 

Les remarquables éditions Zulma ont le talent pour nous faire découvrir des histoires pleines de fantaisie, cocasses et tendres. Rappelez-vous le délicieux Rosa Candida de Audur Ada Olafsdottir ou encore La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson. 

Ici, c'est une jeune brésilienne née en 1982 qui nous raconte l'histoire d'un vieux couple marié depuis 50 ans, Ada et Otto. Ces deux êtres inséparables qui n'ont jamais eu d'enfants se passionnent pour....le gratin de chou-fleur, les copieux petits-déjeuners, le ping-pong et les documentaires animaliers ! Alors qu'Otto est pantouflard et insomniaque (d'où les nuits de laitue...), Ada adore aider ses voisins tous aussi fantasques les uns que les autres...

Dès la première page, nous apprenons qu'Ada vient de mourir...en laissant le linge mouillé sur le fil ! Alors Otto se renfrogne de plus en plus dans son pyjama et sa vieille couverture...

Mais les amis d'Ada n'ont pas dit leur dernier mot. Entre Nico, le préparateur en pharmacie passionné par les effets secondaires des médicaments, Anibal, le facteur fafrfelu qui remet le courrier aux mauvais destinataires pour créer du lien social, ou encore une anthrolopogue solitaire, une vieille toquée passionnée de rites hindous et un vieux soldat japonais qui a cru pendant 30 ans que la Seconde Guerre Mondiale n'était pas finie...le vieux Otto a du souci à se faire !

On se demande bien ce que réservent ces drôles de lurons  à ce papy...Peu importe les ressorts de l'intrigue, bien qu'ils soient inattendus et plutot bien ficelés. Le lecteur prend plaisir avant tout à découvrir peu à peu toutes les facettes des personnages, aussi tendres et cocasses les uns que les autres.

Un roman frais, tendre et drôle, avec lequel on passe un agréable moment, tout simplement ! 

 

 

 

éa

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 16:11

ETATS-UNIS - PRIX PULITZER 2015

 

Albin Michel, collection Terres d'Amériques

Voici un véritable phénomène éditorial reconnu à la fois par la critique et le public. Plus de 2 millions d'exemplaires vendus aux Etats-Unis, un prestigieux prix littéraire et l'aventure continue en France...Il faut dire que le jeune auteur décrit Paris et Saint-Malo avec un talent incroyable....

C'est un véritable chef d'oeuvre d'une intensité émotionnelle rare que j'ai découvert. Les descriptions, les personnages, l'Histoire...tout concourt à livrer un roman "total" comme on les aime, qui brasse aussi bien la grande Histoire que les sciences et les contes. 

 

Imaginez Marie-Laure, une petite fille aveugle vivant sur Paris en 1940. Pour se repérer dans les rues, son père lui construit toute une maquette du 5e arrondissement de Paris. Pour se repérer, elle n'a qu'à apprendre par coeur les chemins miniatures avant d'affronter les rues à taille réelle. L'occasion pour l'auteur de décrire un Paris d'aufrefois magnifique où les petites boutiques artisanales sont reines. 

Le père de Marie-Laure est serrurier en chef au Muséum d'Histoire Naturelle. L'occasion pour Marie-Laure de découvrir un monnde merveilleux où les plantes et les coquillages se disputent la vedette avec....un mystérieux diamant qui donnerait l'immortalité à celui qui le possède mais en semant la mort autour de lui...

La sauvegarde de ce joyau et la menace allemande vont pousser Marie-Laure et son père sur les routes de l'exode...jusqu'à Saint-Malo où vit le mystérieux oncle Emile..Magnifique personnage, mais je ne vous en dit pas plus...

Les courts chapitres consacrés à Marie-Laure alternent avec ceux où est raconté l'itinéraire du jeune Werner, orphelin allemand aux cheveux blans, petit génie particulièrement passionné par les ondes électromagnétique. Le soir, à l'orphelinat, avec sa soeur Juta, près des mines de la Ruhr, ils écoutent la radio et rêvent de voyages. Ils adorent plus particulièrement la voix d'un scientifique qui explique des merveilles. Ses dons et ses connaissances sur les ondes vont bien sûr être une aide précieuse pour les nazis...

Anthony Doerr brode un labyrinthe extraordinaire où les destins de ces jeunes adolescents finiront sans doute par se croiser. Du muséum d'Histoire Naturelle à la Pologne en passant par les ruelles et grottes de Saint-Malo, cet auteur de génie redonne ses lettres de noblesse à ce qu'on appelle une histoire. Cette dernière coule comme une rivière majestueuse, à la violente torrentielle mais qui réserve aussi des plages de douceur d'une poésie inouïe. 

La mer, les coquillages, les ondes, le cerveau, Jules Verne, Darwin, la serrurerie, les miniatures, les légendes ....Doerr mêle tout cela dans un rythme endiablé mais l'Histoire qui crée un "Page-turner" accorde une énorme place à des personnages hors du commun ; la paternité, les rapports entre frères et soeurs, la transmission, l'héritage sont très présents et renforcent l'émotion, présente à toutes les pages. 

 

L'auteur nous donne à voir des éclats de lumière dans les ténèbles ; la lumière, c'est la passion, c'est la soif de connaissance, c'est le rêve et l'aventure. Les personnages incarnent tout cela et renouvellent le genre du roman historique. Le tout raconté dans une langue très simple et très rythmée qui fait la part belle aux images de toutes sortes. 

 

Alors, laissez-vous conter....

 

 

 

 

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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 15:24

DANEMARK

EDITIONS GALLIMARD, 2015

  • Cette immense saga scandinave est ma première grosse découverte de l'année ;Kim Leine, norvégien d'origine, nous plonge dans l'Histoire du Groenland, sous colonisation danoise, au tournant du XIXe siècle. L'histoire se déroule de 1782 à 1815...sous les yeux et le stylo d'un "pasteur malgré lui", Morten Falk.

D'origine norvégienne, il débarque à Copenhague pour faire ses études. Alors qu'il est poussé par son père à faire des études de théologie, il découvre dans la capitale danoise la médecine, la botanique et ...les plaisir du sexe. Adepte de Rousseau, il profite d'un poste vacant dans la colonie du Groenland pour partir sur l'île, pensant qu'il sera plus libre la-bas.

  • Il y découvre alors un territoire dominé par la cupidité et la fornication de l'occupant danois. Des ruelles tortueuses de Cohenpage, nous passons à la description d'une petite communauté villageoise qui tire sa richesse de l'huile de baleine. Et nous voici en compagnie d'un forgeron, d'un charpentier, d'un tonnelier, d'un négociant gouverneur du village, d'un catéchèse et de plusieurs autochtones qui doivent composer avec l'occupant. Falk va alors rejoindre une communauté dissidente qui fuit l'occupant danois et se réfugie dans un fjord pour créer un centre mystique sous l'impulsion d'un couple charismatique. Face aux hommes, se placent les femmes, tout aussi émouvantes et tragiques les unes que les autres, de la femme du négociant délaissée à l'autochtone violée, en passant par la jeune fille délaissée par le futur pasteur. De vraies figures christiques.
  • Plus qu'un roman historique, il s'agit d'une quête de soi et des autres, tiraillée entre plusieurs antagonismes. Le bien et le mal, le sexe et la foi, l'Etat et la justice, le feu et la glace....L'auteur file la métaphore de la glace et du feu pour décrire avec brio la puissance de la force destructrice qui poursuit le pasteur.Du feu de la passion (de l'"examen gynécologique" de la femme du négociant à l'incendie d'un entrepôt) au feu du pardon (le grand incendie de Copenhague), les images manichéennes se succèdent pour décrire la passion et le tourment sous le manteau de la foi.
  • On est surpris par la diversité de styles de l'auteur qui nous convie d'abord dans les ruelles tortueuses de Copenhague à la découverte des petits métiers et des bouges des faubourgs. On n'est pas loin des descriptions de Dickens ; les phrases sont très courtes, très rythmées. On marche avec le héros, on sent, on entend, c'est une description totale. Puis vient la traversée de l'océan avec la confrontation digne aux éléments. Et le temps de l'introspection et du dialogue avec la découverte des colons et des autochtones.
  • Sous ses allures de fresque sans fin, ce roman est agréable à lire. Leine sait passer de l'insolite (la vache qui navigue) au tragique (les viols des femmes inuits par les pasteurs) en fleurtant avec le scatologique (ah, les épreuves intestinales de Falk...). Et derrière tout cela, il y a une belle histoire de vengeance...Mais, chut, je ne vous en dis pas plus. Un roman complet qui n'est pas sans faire penser au magnifique Dans le grand cercle du monde de Joseph Boyden, autre oeuvre sur la rencontre de 2 peuples.
  • Celui-ci nous tient de bout en bout et le lecteur se demande jusqu'à la fin quelle sera cette dernière....
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2 mars 2015 1 02 /03 /mars /2015 22:21

ETATS-UNIS/NIGERIA

 

Editions Gallimard, 2015

C'est l'un des buzz littéraires de cette rentrée hivernale. Une fresque colorée racontant les aventures d'Ifemelu et de son promis "Obinze" sur 3 continents : Afrique/Etats-Unis, Europe. 

L'occasion de parler de l'idéologie de la race aux Etats-Unis ....dans un blog tenu par l'héroïne Ifemelu, fraichement débarquée de son Nigeria natal, et qui subvient à ses besoins américains en rédigeant un blog  Observations diverses sur les Noirs américains (ceux qu’on appelait jadis les nègres) par une Noire non-américaine ». 

 

Des observations douces amères assez drôles ( Obama est adorée car il a épousé une vraie noire foncée !) sur la difficulté d'être noir aux Etats-Unis. Car Ifemelu découvre aux Etats-Unis qu'elle est noire...ce dont elle n'avait pas pris conscience en Afrique.

Mais le plus intéressant n'est pas le lien afro-américains/blancs mais bien les relations entre les africains expatriés et les afro-américains. Car comme le dit Ifemelu, pendant que son père faisait des études, les "nègres" étaient interdits de prendre les transports publics ...Un fossé culturel que les héritiers des esclaves ont bien du mal à comprendre.

L'héroïne a ainsi du mal à trouver ses repères dans 2 micro sociétés qui ne la reconnaissent pas son "être"particulier...

De quoi alimenter un désir de retour au pays...mais les tics des Americanah (les expatriés qui reviennent dans leur pays d'origine africain avec des manies occidentales) seront une nouvelle source d'amertume...

Car il faut dire que notre Ifemelu a un caractère bien trempé ! Alors elle fait son petit bonhomme de chemin que ce soit dans la société blanche, afro américaine ou africaine. 

D'épisodes dramatiques en moments drolatiques (ah, les journées chez le coiffeur !), cette héroÎne très attachante  finira par trouver la route de l'amour...

Pas une grande oeuvre littéraire mais une aventure divertissante qui parle de vraies questions de société : immigration, difficulté du retour au pays...

Sur le thème de l'immigration, j'avais préféré les formidables romans de l'éthiopien Dinaw Mengestu : Les belles choses que porte le ciel et Ce que l'on peut lire dans l'air 

ETATs

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