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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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17 février 2015 2 17 /02 /février /2015 22:22

RECIT DE VOYAGE

http://i-exc.ccm2.net/iex/500/2012563804/866570.jpg

 

Editions Guérin

 

Voici le premier pous que je lis du célèbre auteur de récits de voyage....après être revenue d'un magnifique voyage en Russie. Rien de mieux qu'une récit sur la retraite de Russie pour se replonger dans la grandeur de ce pays grandiose...

Une belle découverte ! Le récit de voyage rocambolesque (suivre le chemin de la retraite de Russie de Moscou à Paris....en side car et bicorne s'il vous plaît avec une ptites bandes de copains français et russes) se double d'un récit historique sur l'un des plus grands massacres de l'Histoire et d'une réflexion sur la signification de l'héroïsme dans notre société affaiblie par la course à la consommation. Un moyen aussi  de railler notre puissance française défaillante et notre bonne conscience "droitdelhommiste" face à la figure poutinienne....

On apprend plein de choses sur l'épopée napoléolienne (qui se souvient que la Berezina est une rivière biélorusse !) : les différentes étapes de la retraite de Smolensk à Vilnius, la fuite de Napoléon proche de Vilnius pour Paris en traineau, sa "séance de psychanalyse historique" avec le Grand Ecuyer Caulaincourt...

 

L'occasion pour Tesson de beaux passages sur la magie qui fait qu'un million d'hommes suit un leader jusqu'à une mort certaine...

Loin d'être manichéen, Tesson vénère la civilisation russe tout en admirant de loin le génie de Napoléon....et en même temps une époque où rien n'était fade mais tragique et héroïque....

Ce qu'on admire le plus, c'est cette plume incisive qui ne fait pas dans la dentelle ! et avec en plus un bel humour...

 

Jugez en plutôt par ces quelques lignes....

 

"Notre hôte s'était installé à Moscou vingt ans auparavant, lassé de la France, e ses régulations, des charcutiers poujadistes, des socialistes sans gêne, des géraniums en pots et des ronds-points ruraux. La France, petit paradis peuplé de gens qui se pensent  en enfer, administré par des pères-la-vertu occupés à brider des habitants du parc human, ne convenait plus à son besoin de liberté. ...Il préférait négocier avec des businessmen à têtes de brutes plutôt qu'avec des barracudas d'HEC qui n'avaient jamais l'idée de lui proposer une cuite au sauna après la négociation du contrat"

 

Une belle leçon d'aventure et d'héroïsme loin des poncifs médiatiques de la Russie actuelle !

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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 18:36

ROMAN POLICIER

Le Village - Dan SMITH

 

Editions du Cherche-Midi, 2014

 

Ce thriller historique, premier roman publié de l'auteur publié en France, est magistral de par sa description du contexte historique et par l'humanité de ses personnages.

Dan Smith nous plonge dans un village ukrainien au début des années 30. Un village rural où les habitants, les koulaks, sont majoritairemnt propriétaires de leur terre. L'Armée rouge menace...cette dernière réquisitionne le blé,  déporte les petits propriétaires en Sibérie ou les embauche dans des fermes collectives, les fameux kolkhoses.

Les villageois ont si peur de l'arrivée des activistes...Un jour, un homme dépenaillé surgit dans le paysage enneigé. Epuisé, il porte dans son traineau...deux enfants morts.

Luka, le narrateur compatissant, le recueille mais dois faire face à la vindicte de ses voisins. Et si cet homme était un dangereux russe ? S'il avait tué ces enfants ? La psychose ne tarde pas à s'installer et lorsqu'une petite fille du village est enlevée, Luka ne peut s'empêcher de partir dans la neige et le froid retrouver le kidnappeur et la petite...

Une chasse à l'homme sans pitié commence alors. Le narrateur, vétéran de la Grande Guerre, est revenue de toute idéologie. Il descelle en chacun la part de l'humain et surtout les ravages que peuvent occasionner la guerre dans un esprit. Ce tireur d'élite hors pair va alors s'enfoncer dans le blanc de la neige et dans la noirceur des combats idéologiques. A mesure qu'il se rapproche du ravisseur, l'Armée Russe, elle aussi, approche dangereusement du village où sont restés la femme et la fille de Luka.

Un thriller glaçant décrivant magistralement un épisode historique peu connu. On imagine déjà une adaptation cinématographique. Le cadre,le suspense et un héros particulièrement bien campé en seront les principaux atouts...

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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21 décembre 2014 7 21 /12 /décembre /2014 17:52

ROMAN POUR ADOLESCENTS


Editions Gallimard

Pépite du Roman Adolescent Européen 2014

 

C'est la première fois que je lis un roman de Timothée de Fombelle, l'un des grands romanciers actuels pour la jeunesse, l'auteur du succès international Tobie Lolness

http://www.gallimard-jeunesse.fr/Personnages/Tobie-Lolness

 

Quelle ambition ! Sur 300 pages, l'auteur déploie plusieurs univers, sur plusieurs dimensions, entre réel et imaginaire, et sur plusieurs périodes...sans jamais perdre le fil.

Tout commence avec Olia, la fée, qui renonce à ses pouvoirs par amour...pour aller rejoindre sur terre Illian, un prince banni par son frère jaloux.

Puis nous voila en compagnie d'un jeune garçon de 14 ans qui se ballade en vélo dans la forêt, poursuit une jolie fille qui disparaît tout à coup. Il se retrouve en compagnie d'un vieux monsieur, Joshua Perle qui vit dans une vieille chaumière abritant des centaines de valises. Que contiennent-elles ? C'est l'un des mystères du livre mais ne croyez pas que l'on va vous donner tout de suite la réponse...

Car vous voici maintenant projetés dans le Paris des années 30 dans une confiserie confectionnant de la guimauve...Amis gourmands, réjouissez-vous ! On y resterait des heures dans cette boutique...Mais la guerre va bientôt menacer cette belle boutique...

Et nous voila repartis dans un monde enchanté où des rois des marécages malfaisant jettent des sorts à des royaumes féériques. Les princes et fés sont menacés. Alors, la boucle est bouclée ?

Ca serait trop facile....L'auteur excelle à passer d'un monde à un autre en nous perdant juste un petit peu. Et lorsque ce dernier prend la parole, c'est pour défendre les forces de l'imaginaire et de l'amour éternel...

 

Il ne vous reste plus qu'à dévorer ces 300 pages foisonnantes, un livre dans le livre qui parvient à nous convaincre de la force du merveilleux. Ne croyez pas cependant que vous allez lire un récit à la "guimauve". Les forces obscures (la jalousie, la guerre, la course aux richesses) sont bien là. Il faudra que l'auteur les dénoue pour sauver ses personnages.

 

Magique !

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 20:12

JAPON


EDITIONS BELFOND, 2014

 

Le grand Murakami qui nous avait habitué à de grandes épopées alambiquées signe ici un beau roman d'apprentissage tout simple bourré de suspense...

 

Tsukuru Tazaki a voulu mourir lorsqu'il était adolescent...ses 4 amis, Rouge, Bleu, Noire et Blanche  ont soudain rompu avec lui sans qu'il comprenne pourquoi.

Mais lui s'est toujours senti incolore, comparé à ses amis qui avaient tous un don ou une forte personnalité. Lui s'est contenté de construire des gares...

 

Alors, depuis, il n'arrive plus à nouer une relation solide, aussi bien en amitié qu'en amour. Jusqu'au jour où il rencontre Sara. Cette dernière lui conseille de faire un pélerinage sur la route de son passé, de retourner voir ses anciens amis pour voir se qui s'est vraiment passé..

A partir de ce moment, on n'a qu'une envie; touner la page suivante !

Murakami arrive à créer un rythme haletant tout en choisissant une narration à la troisième personne, très neutre,  évitant toute dramatisation et prenant le temps d'examiner l'intériorité de son personnage.

Belle idée que celle de ces personnages appelés par leur couleur. Une touche de fantaisie qui renforce le mystère des âmes.

Quant à notre héros qui ne s'aime pas, il va peut à peu, timidement reprendre confiance en lui.

Un beau roman psychologique dans l'air du temp, très facile à. De jolies phrases, faisant penser au développement personnel...

" Admettons que tu sois un récipient vide...Qu'est-ce que ça peut bien faire ! Tu es un récipient  très joli, très séduisant. Est-ce que quelqu'un sait ce qu'il est vraiment ? Allons...Conte-toi d'être un récipient avec une jolie forme, tellement irrésistible que quelqu'un aura forcément envie de verser quelque chose dedans"

 

Je vous laisse découvrir si notre héros incolore va trouver sa voie. Joli roman !

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 20:27

BD

 

http://www.planetebd.com/dynamicImages/album/cover/large/22/87/album-cover-large-22877.jpg

 

Editions Futuropolis, 2014

 

Tout le monde a entendu parler de l'attentat de Sarajevo le 28 juin 1914...l'assassinat de Franz Ferdinand à l'origine de la Première Guerre Mondiale mais bien peu savent le nom du responsable...le jeune bosniaque Gavrilo Princip qui n'avait pas encore 20 ans en 1914.

Cette magnifique BD retrace sa vie, son enfance pauvre en Bosnie, l'annexion de la province slave par l'Autriche-Hongrie, son départ pour faire des études à Sarajevo et son engagement auprès des mouvements nationalistes qui souhaitent un "fututre yougoslavie" indépendante.

Le grand mérite du scénariste est de donner une multitude de détails sur la vie à cette époque et le contexte politique tout en entrecoupant  les épisodes de la vie de Princip de ceux de l'archiduc. Sans jamais prendre partie bien sûr. Il sait nous rendre sympathique les deux protagonistes.

 

Au fur et à mesure de la progression de l'intrigue, l'auteur découpe de plus en plus les scènes jusqu'à l'attentat final ou le temps est extrèmement dilaté.

Le très beau dessin en noir et blanc ne fait que renforcer la dramatisation du scénario.

A quoi tient le destin du monde ? Telle pourrait être la problématique du récit... A une personnalité troublée, qui se réfère contamment à un autre martyr bosniaque ? Surtout à un ensemble géopolitique explosif qui est ici très bien décrit : Princip n'était pas seul, il y avait toute une mouvance anarchiste autour de lui et la redoutable Main Noire au service du gouvernement serbe...

Mais je vous laisse découvrir cet épisode historique de 1er plan... 


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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 22:16

ANGLETERRE

 

http://www.editionsphebus.fr/data/img_couv/9782752909824.jpg

 

Editions Phébus, 2014

 

Voici un petit roman de 160 pages, un bijou d'originalité, première traduction française d'une auteure anglaise.

 

Avant d'en parler, je vous laisse déguster la première page :

 

" ceci est mon livre et je l'écris de ma propre main

nous sommes en l'an de grâce mille huit cent trente et un, j'ai quinze ans et je suis assise à ma fenêtre. Je vois beaucoup de choses. je vois les oiseaux qui piaillent dans le ciel. je vois les arbres je vois les feuilles

et chaque feuille a ses veines

chaque tronc a ses fissures

je suis pas très grande et mes cheveux ont la couleur du lait

je m'appelle mary et j'ai appris à écrire mon nom m.a.r.y ce sont les lettres de mon nom

je vais vous raconter les choses telles qu'elles sont arrivées.....

 

Voici donc Mary, jeune fermière, cadette d'une famille de 4 filles.  Elle n'a jamais quitté la ferme ce qui ne l'empèche pas d'avoir une langue bien pendue et une belle acuité du regard....même avec sa jambe boiteuse. Son père, paysan violent, la place chez le pasteur du village, trouvant ainsi une nouvelle source de revenus....

 

Dans la maison du pasteur, elle va alors découvrir un monde inconnu ; alors que la maîtresse de maison ne tarde pas à mourir, le pasteur Graham, suspectant une curiosité énorme chez la petite, va lui apprendre à lire. Tous les soirs, il lui donne rendez-vous....

 

Mary raconte un an de sa vie, un an de son apprentissage. Avec son langage bien à elle, tout en spontanéité, sans majuscules, sans fioritures.

 

L'analyse fine des choses et des êtres pourrait finalement lui porter préjudice...

 

Le roman prend alors un tournant inattendu auquel le lecteur ne s'attend pas...

 

Saluons la prouesse de l'écriture de ce court récit qui va à l'essentiel. Le lecteur mesure aussi bien la lucidité de la narratrice que sa sincérité.

 

Le découpage des chapitres en saison donne un caractère poétique au récit, passant de l'espoir au tragique.

Une belle histoire d'un "coeur simple".

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 16:12

LITTERATURE FRANCAISE

 


 

Editions Zulma, 2014

 

Autant le dire tout de suite : cette critique fera pâle figure devant l'original ! On ne peut rester que pantois devant un tel déploiement d'imagination, de fantaisies, de baroque. Jean-Marie Blas de Roblès, que j'avais découvert avec le remarquable recueil de nouvelles  La mémoire du riz, signe ici le plus rocambolesque des romans d'aventure où s'enchassent de multiples intrigues secondaires. Un  tourbillon d'images, d'histoires, de personnages et surtout un magnifique hommage aux grandes heures de la littérature : Dumas, Conan Doyle, Jules Verne, Herman Melville, Agatha Christie sans oublier les Mille et une nuits....Alors acceptez de vous perdre dans ces dédades labyrinthiques où l'objet livre et la pratique de la lecture ont une place centrale...

 

Trois intrigues principales où les mises en abyme abondent...

 

La première, la plus importante : 3 pieds droits sont retrouvés échoués sur le rivage, avec des chaussures de pointures différentes. Elle portent toute la marque Anaké, marque qui n'existe pas...sauf pour désigner un diamant très cher d'un lord écossais. Pour percer l'énigme de ce diamant et de ces trois pieds, Martial Canterel, un dandy faisant penser à Des Esseintes de Huysmans. Il vient d'être dérangé dans sa magnifique reconstitution de la Bataille de Gaugamèles par John Shylock Holmes, l'enquêteur bien sûr mais pas le vrai, juste un amateur de whisky qui travaille au service des restitutions chez Christie's...Ce dernier l'embarque pour l'Ecosse au château de Lady McRae, qui vient de se faire dérober son diamant. Les 3 compères, accompagnés de leurs fidèles serviteurs, partent alors retrouver ce cher diamant qui les mènera de Paris à Londres puis de Moscou à Pékin jusqu'au bout du Pacifique, sur l'île la plus éloignée de toute habitation, l'Ile du Point Némo.

 

Deuxième intrigue, sans doute la plus belle et la plus classique. Dans une grotte au fin fond du Périgord Noir, Damien, gérant d'une fabrique de cigares, est au chevet de Dulcie, sa dulcinée caribéenne, qui lui a appris la pratique de la lecture à voix haute, héritée des usines de Cuba et de Saint-Domingue. Ainsi, au 19e siècle, est née cette tradition dans les fabriques de tabac afin d'éduquer les masses. Tradition bien réelle ! Voir l'article http://www.cubania.com/post/cigare-lecteurs-havanes/ . Dulcie est tombée dans le coma. Alors, pour la réveiller, il lui lit des histoires à voix haute (belle référence détournée aux Mille et une nuit...).

L'usine à tabac périgourdine vient d'être rachetée par le chinois Monsieur Wang, fabriquant de liseuses électroniques et dictateur lubrique qui filme ses ouvrières. Bientôt, il sera victime de ses agissements....

 

Enfin, l'histoire d'un couple en panne sexuelle ! il en découle de multiples scènes tout aussi extravagantes les unes que les autres avec un humour ravageur...Amis de l'ordre moral, s'abstenir !

 

On est à la fois dans un roman steampunk (un roman qui se passe au 19e siècle en faisant référence à des machineries fantastiques qui pourraient se déployer dans le futur) et un récit philosophique et sociétal faisant allusion aux grandes questions  du XXIe siècle (la croissance et l'écologie).

 

Sous ses allures foutraques et baroques, cet opus est une oeuvre immense sur les enjeux de la lecture, du XIXe siècle à aujourd'hui où le contenant numérique compte plus que le contenu...La lecture, dernière utopie ? Réponse en lisant !

 

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28 octobre 2014 2 28 /10 /octobre /2014 15:25

ROMAN POUR ADOLESCENTS

 

http://p4.storage.canalblog.com/46/14/1111954/97403585.jpg

 

Actes Sud Junior, 2014

 

Quittons l'univers onirique d'Anne-Laure Bondoux pour celui terrifiant de Jo Witek. Bienvenue dans un thriller psychologique très très noir.

 

Imaginez Edward, un adolescent solitaire, mal dans sa peau, le souffre-douleur de sa classe. Son père est un brillant architecte souvent absent mais qu'il adore. Sa mère est maniaco dépressive. Elle vient juste de rentrer de sa "cure". Cette mère qui a quasiment toujours été absente, souhaite se rapprocher de son fils. Mais ce dernier se réfugie dans l'univers virtuel des jeux vidéos. Jusqu'au soir fatidique où son père se tue au volant de sa voiture. Sa mère est juste blessée...

 

S'en suit alors un huis clos haletant entre deux psyché malades. La mère, de plus en plus présente, semble vouloir posséder son fils pour elle toute seule. Elle renvoie par exemple ses domestiques. Un jour, Edward "pète un cable" à l'école. Sa mère l'emmène se reposer dans le chalet familial à Courchevel. Il est alors sûr qu'elle veut le supprimer pour être enfin libre...

 

Qui croire ? La mère est-elle vraiment soignée ? Edward est-il paranoïaque ? Le lecteur est bien en peine de prendre partie.

 

Jo Witeck réussit à nous faire entrer dans l'intériorité tourmentée de l'adolescent en adoptant un ton neutre à toute épreuve. Aucun monologue, aucun emploi de la première personne. Juste des dialogues et un narrateur omniscient.

 

Entre ces deux êtres tourmentés, quelques individus qui vont tenter de percer le mystère : le meilleur ami d'Edward, lui aussi souffre-douleur, le meilleur ami de son père et l'inspectrice de police.

 

S'en suit une suspense inplacable jusqu'à la révélation finale. L'auteur décrit magnifiquement bien les relations violentes entre adolescents, qui plus est dans un milieu favorisé. La présence de l'alcoolisme également. Les situations semblent peut être poussées à l'extrème mais c'est très bien mené. On ne peut que reprocher parfois une écriture un peu lourde.

 

Les lecteurs "bien-pensants" objecteront que l'auteur porte un coup fatal à la relation mère-fils; Mais Jo Witek a plus d'un tour dans son sac pour y répondre !

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 14:37

ROMAN POUR ADOLESCENTS

 

http://adolisant.files.wordpress.com/2014/07/tant-que-nous-sommes-vivants.jpg

 

Editions Gallimard, 2014

 

Voici un magnifique roman d'aventures, un conte moderne comme nous dit l'auteur, qui avec un brin de fantastique et d'onirisme, nous livre avant tout une formidable leçon de vie.

Comme le dit le titre "Tant que nous sommes vivants..."

 

Quelque part....on ne sait pas où ni quand. Un village qui dépérit lentement, des habitants embrigadés tout le temps dans une usine. Même le cabaret du coin, celui des saltimbanques, a fermé. Puis tout d'un coup vient l'amour fou...entre Hama, jeune fille de l'usine et Bo, le beau forgeron étranger  venu des forêts. Un amour qui redonne vie au village. Jusqu'au jour où l'explosion de l'usine change à jamais le destin de ces deux tourtereaux...

 

Nous n'en sommes qu'à la 40e page...il y en a 300...

 

Malmenés par la vie, Hama et Bo vont partir pour refaire une nouvelle vie. Et tout d'un coup, on passe du "nous" de la narration au "Je". Qui est ce Je ? Lisez donc cette formidable aventure !

 

Anne-Laure Bondoux excelle dans la description d'univers très différents les uns des autres et emmène ainsi son lecteur dans un formidable voyage : un village d'ouvriers, une forêt millénaire où vit une étrange fratrie de "minipouces", un cabaret de saltimbanques ressemblant à des "freaks", une île paradisiaque de pêcheurs, un univers en guerre dévasté.

 

L'onirisme est toujours présent, les personnages se découvrant peu à peu des dons cachés ou des malédictions.

 

Et surtout il y a cette magnifique plongée au coeur de l'humain et des grandes questions de la vie : le courage d'aller de l'avant, vers l'inconnu mais aussi l'importance de la mémoire, des racines. Comme le dit si magnifiquement le dernier chapitre, il y a le passé et l'avenir.L'amour et le lien filial indéfectible.

 

Du grand art.

Je vous laisse découvrir la fabuleuse présentation du roman par...son auteur ! http://www.bondoux.net/mes_livres/romans/vivants/vivants.html

 


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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 19:52

LITTERATURE FRANCAISE (VIETMAN)

http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/styles/mea_635x357/public/asset/images/2014/10/minh_tran_huy_-_voyageur_malgre_lui.jpg?itok=v3M3Q8sn

 

EDITIONS FLAMMARION, 2014

 

Voici un joli récit érudit et sensible sur les douleurs de l'exil. Minh Tran Huy, née en 1979, n'en est pas à son premier coup d'essai. On lui doit notamment le très remarqué La double vie d'Anna Song

 

Cet opus est à la fois une profonde réflexion sur les différents exils, matérieurs et intérieurs, pathologiques et politiques, ainsi qu'un récit autobiographique émouvant sur le déracinement. L'auteur plonge dans son expérience personnelle pour encore mieux nous le faire ressentir.

 

Tout commence par une installation dans un musée à New-York qui évoque le destin d'Albert Dadas, un ouvrier gazier bordelais de la fin du XIXe siècle, atteint de dromomanie, de "tourisme pathologique" : ce dernier sentait un besoin vital de marcher des kilomètres, souvent dans un état second, proche de l'inconscience...il parcourut l'Europe entière jusqu'à la Russie et Istanbul, malgré lui, souvent arrêté pour vagabondage.

 

La narratrice se documente alors sur ce cas qui fit école puisque son mal fut étudié pendant 20 ans par un médecin...la découverte de ce cas passionnant dérive peu à peu sur les exils politiques et sociaux du XX et XXIe siècle. Ceux liés à la Guerre du Vietnam, qui toucheront directement la famille de l'auteur et celui d'une jeune sportive somalienne qui participa aux Jeux Olympiques de Pékin avant de mourir au milieu de l'Océan Atlantique pour avoir souhaité rejoindre la terre promise....

 

On admire alors l'habile construction du récit. Constitué de courts chapitres, le roman part du cas clinique d'Albert Dadas pour ensuite évoquer une jeune sportive vue à la télé...pour ensuite prendre le chemin des souvenirs intimes ; les figures des oncles et cousins disparus, puis la figure du père, celui qui s'est toujours tû, qui a préféré le silence et l'avenir au lourd poids du passé.Le lecteur fait connaissance avec une galerie de personnages très émouvants, alors que la narratrice survole l'Atlantique à bord d'un Paris New-York...

 

Le roman oscille ainsi entre documentaire et récit de vie, évitant les écueils du récit intimiste. Minh Tran Huy choisit la pudeur pour évoquer ce face à face poignant entre les silences du père et le désir de connaître de sa fille.

 

Biographies, roman historique à base de souvenirs personnels, essai sur l'exil...les dénominatifs ne se comptent plus...Ajoutons à cela une poésie omniprésente ; la profession de la narratrice qui enregistre des sons pour une "agence de création sonore"est très évocatrice et sert de base à une réflexion sur la force des silences. Sans oublier les paysages évocateurs du Vietnam...

 

Un roman hybride d'une profonde originalité.

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