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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Dimanche 13 avril 2014 7 13 /04 /Avr /2014 19:12

ROMAN FRANCAIS 2014

 

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Ce formidable roman historique nous plonge dans le château allemand de Sigmaringen (Bade-Wurtemberg), la demeure ancestrale des Hohenzollern (dynastie des Rois de Prusse) lorsque celui-ci devint la résidence du gouvernement de Vichy en exil, de 1944 à 1945. Le régime est vaincu par la France Libre, Hitler demande à la famille princière de déguerpir pour loger le gouvernement fantoche....

 

Pierre Assouline, journaliste et écrivain, chroniqueur des lieux méconnus (Lutecia , l'hôtel qui accueillit les rescapés des camps en 1945) se met dans la peau de Majordome du Château...il en a eu l'idée en revoyant Les vestiges du jour de James Ivory.

 

Voici Pétain et Laval, entre autres, qui se regardent en chien de faïence. Le gouvernement se divise entre "ministres passifs" qui ont baissé les bras et les "ministres actifs" qui préparent la reconquête. Au dessus de la mêlée, Philippe Pétain, dans l'"Olympe" au dernier étage, attend...Il y a aussi Louis Ferdinand Céline, médecin des pauvres, qui vient leur rendre une petite visite.

 

Pendant ce temps, le majordome Julius Stein regarde, observe, écoute sans prendre partie. Son rôle est de servir, pas de prendre partie. Il a une haute opinion de sa fonction, sans faire de politique. Derrière cette façade rationnelle dans la plus pure tradition allemande, nous allons bientôt découvrir la face cachée du narrateur...D'autant plus que l'intendante de Pétain semble aussi cacher des choses...

 

Non seulement, ce roman historique nous apprend des choses sur une période  méconnue (les liens complexes entre l'aristocratie et les nazis est particulièrement bien étudiée) , mais il nous présente aussi des personnages fictifs hauts en couleur. Le lecteur est aussi bien passionné par Céline ou Laval que par l'intendante et le majordome.

 

Une épopée à la fois tragique (la déroute allemande est bien décrite) et burlesque (la bassesse entre les différents ministres, par exemple)

 

Très intéressant !

Par Sylvie - Publié dans : Littérature française contemporaine
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Dimanche 6 avril 2014 7 06 /04 /Avr /2014 15:50

VIETMAM - FRANCE

 

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Editions Sabine Wespieser, 2014

 

Voici le dernier opus de la grande auteur vietnamienne (voir les chroniques de Terre des oublis et de Au delà des illusions Elle choisit ici de retracer le parcours d'un jeune homosexuel dans le Vietnam des années 80/90.

 

Le roman s'ouvre sur une prison dans les montagnes isolées du Vietnam. Trois milles prisonniers; des condamnés à mort, des prisonniers de droit commun, condamnés au travaux forcés...et le jeune Than qui se souvient comment il en est arrivé là...

 

Nous voici plongés dans son enfance joyeuse ; le héros est enfant unique au milieu de ses parents aimants, découvrant le travail de la terre avec son meilleur ami. Sur les collines d'eucalyptus, de pamplemoussiers et de plaqueminiers (arbre du kali), le bonheur règne. Seule ombre au tableau : une maison isolée ou habite un "poète maudit" alcoolique et sa famille déshéritée.


Quelques années plus tard, Than va tomber amoureux du fils de ce poète, Phu Vuong. Pour lui, Than va quitter son milieu intellectuel petit bourgeois pour vivre d'amour et d'eau fraiche. Refusant de dire la vérité à ses parents, il part à l'aventure. Au fur et à mesure, la différence d'éducation des deux tourtereaux se fait sentir.

 

Dalat, Saïgon..Au fur et à mesure des périgrinations du jeune Than, c'est la diversité des paysages du Vietnam qui nous sont données à voir. Brumes de la montagne, collines d'arbres fruitiers...l'auteur n'a pas son pareil pour décrire un paysage poétique.

 

Puis intervient un troisième personnage à la moitié du roman qui sera la rédemption du héros...Je ne vous en dit pas plus de peur de déflorer toute l'histoire.

 

Même si l'histoire est parfois un peu longue et répétitive, ce roman est une double histoire d'amour magnifique. L'alternance passé/présent de la prison fait que l'itinéraire du jeune Than reste imprévisible pour le lecteur jusqu'à la fin. Les persionnages sont très bien dessinés, en particulier les personnages féminins.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature asiatique
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Dimanche 6 avril 2014 7 06 /04 /Avr /2014 14:54

FRANCE-PREMIER ROMAN

 

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Editions du Seuil, 2014

 

C'est le succès inattendu de la rentrée littéraire de cet hiver...Un premier roman d'un inconnu de 21 ans...best-seller, qui va être traduit dans de nombreux pays et adapté au cinéma par un réalisateur prestigieux.

 

N'étant au début pas du tout tentée par sa lecture;  je croyais encore à un roman "sensation" sur le rejet de l'homosexualité ; j'ai lu un article dans la presse sur le rejet du roman par sa famille et son village d'origine...et j'ai découvert un excellent roman social dans la lignée d'un Zola du 21e siècle ou plus modestement dans celle d'Annie Ernaux, elle aussi une "non héritière" issue d'un milieu très modeste.

 

http://static.lexpress.fr/medias_9214/w_638,h_277,c_crop,x_0,y_0/w_605,h_270,c_fill,g_north/edouard-louis-bellegueule_4717665.jpg

 

Rappelons l'histoire : s'appelant réellement Eddy Bellegueule (nom très répandu en Picardie), le narrateur auteur raconte l'histoire de ses origines dans un petit village de la Picardie profonde où la seule issue professionnelle semble être l'usine du coin. La découverte de son homosexualité précoce, son déni puis enfin son affirmation, sa fuite...voici l'itinéraire du récit.

 

Mais c'est surtout la description sociologique de sa famille et du village, criante de vérité, que nous retenons. Edouard Louis a fait sa thèse sur Pierre Bourdieu et ça se sent ! Il décrit magnifiquement les "habitus" d'une classe sociale donnée, son langage, ses habitudes culturelles, ses odeurs....Les expressions sont marquées en italiques, au style direct. Un milieu social rejetant la culture bourgeoise, qui dit que "le théâtre, c'est pour les tapettes". Au menu, la télé, la sempiternelle "roue de la fortune", les frites, les saouleries au bistrot du coin, les zonages à l'arrêt de bus. Ces habitudes qui font rejeter toute culture dominante. Le racisme ordinaire, la peur de l'autre, de l'arabe, du noir.

 

Ce milieu "périrural", où l'on "recrute" l'électorat lepéniste, est très peu traité en littérature. C'est là que réside le grand mérite d'Edouard Louis. ayant vécu cet ensemble de pratiques, il réussit à éviter tout misérabilisme ou sentionnalisme. Il choisit un ton neutre, des phrases courtes, des mots simples qui évacuent tout pathos.

 

Il y a bien sûr des scènes très dures, choquantes mais ne sombrant jamais dans le sensationnel. Car il y a cet aboutissement qui fera du petit déshérité un normalien.

 

Un très bon livre à découvrir.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature française contemporaine
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Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 22:53

SENEGAL

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782708707306.jpg

 

Editions Présence Africaine, 1999

 

De Ken Bugul, j'avais déjà adoré Rue Félix Faure,un formidable voyage plein d'odeurs et de bruits dans une petite rue typique de Dakkar.

Je découvre cette immense auteur sénégalaise sous un autre jour : le roman de sa vie...

 

Dans Riwan, sous une forme déguisée bien sûr, elle revient sur son destin hors du commun qui l'a fait passer de paria au statut de grande dame des lettres africaines.

 

Ken Bugul veut dire en wolof "celle dont personne ne veut". Et pour cause...Elle fut abandonnée par sa mère alors que son père avait 85 ans à sa naissance et recueillie par sa tante. Elle quitte plus tard l'Afrique pour l'Europe (la Belgique)  mais revient dans son village au Sénégal sans mari, ni enfant, ni travail. Un scandale pour les "autochtones". Elle devient alors une paria, sans abri. Elle fait alors la connaissance d'un marabout qui a déjà 27 femmes. Se noue alors une relation d'amitié avec celui qui va la remettre sur le bon chemin, qui va lui redonner une identité. Un peu plus tard, elle deviendra la 28e épouse jusqu'à la mort de ce dernier.

 
Dans Riwan, pour lequel elle a obtenu le Grand Prix littéraire de l'Afrique noire en 1999, elle raconte sous forme de conte cette merveilleuse histoire. Une histoire de polygamie, bien loin de tous les préjugés que peuvent avoir les européens de cette coutume ancestrale. 

Une aventure intime à la fois cocasse et tragique qui nous est contée par la narratrice.

 

Un récit centré sur trois personnages : Riwan, un homme présenté comme fou au début et qui sera guéri par le marabout "serigne". Il deviendra alors le "gardien", le "protecteur" des femmes de ce dernier, le seul homme à être autorisé à entrer dans les appartements des dames.

Rama, la 27e "princesse" du marabout, la plus jolie, la plus célèbre.

La narratrice, simple observatrice au début, qui devient par surprise la 28e épouse. Et enfin, un 4e personnage que je vous laisse le soin de découvrir au risque de dévoiler toute l'intrigue...

 

Un récit tout en nuances et délicatesse qui analyse subtilement la tradition de la polygamie. Transparaît tout d'abord le respect qu'on ces femmes pour le marabout. Ce dernier est considéré comme un sage qui dialogue avec ses femmes avant de les considérer comme un objet sexuel. Il a avant tout un rôle social, celui de conseiller, de guérir, de redonner confiance. L'auteur décrit par petites touches les relations existant dans le gynécée;  Tout en refusant l'idéalisation (la jalousie est bien sûr présente), elle insiste aussi sur les moments de complicité. Chacune passe à un moment donné du statut de favorite, de dernière épousée à celle d'avant dernière...le cap est bien difficile à passer.

 

On retrouve toute la sincérité de l'écriture de Ken Bugul qui n'hésite pas à intervenir directement dans le récit pour crier sa vérité, tel un hymne chanté et clamé. Selon elle, la femme "traditionnelle" africaine est souvent bien plus heureuse que ses soeurs occidentales qui sombrent souvent dans la névrose. Les femmes africaines peuvent être violentes entre elles au moment de "donner" ou partager leur mari mais ces effusions sont salutaires pour leur santé mentale, évitant ainsi le refoulement.

 

Un récit inoubliable qui donne à penser, loin des préjugés ambiants. Une ode au respect.

Par Sylvie - Publié dans : Littérature africaine
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Mercredi 12 mars 2014 3 12 /03 /Mars /2014 20:13

JAPON

 

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RECUEIL DE NOUVELLES, EDITIONS ZULMA 2014

 

Les éditions Zulma, une fois n'est pas coutume, nous font découvrir une pépite inconnue...venue de l'île d'Okinawa, l'île la plus septentrionale de l'archipel japonais. L'auteur a notamment reçu le Prix Akutagawa, l'un des plus prestigieux prix littéraire du pays.

 

Nous retrouvons les thèmes traditionnels de la culture japonaise (culte des morts, présence des fantômes parmi les vivants...) tout en apprenant les particularités d'Okinawa et surtout son destin historique à part : pendant la Seconde Guerre Mondiale, les américains envahissent le Japon par le Sud; des massacres sont commis parmi les villageois et pendant presque 30 ans, l'île sera occupée ; Okinawa ne sera rétrocédé aux japonais qu'en 1972. Pendant ce temps, les américains construisent des bases militaires qui détruisent les forêts et les rivères de l'île. 

 

C'est dans ce contexte que naissent les nouvelles de Medoruma Shun. Malgré l'occupation, les traditions demeurent intactes...

 

Une vieille dame guérisseuse est chargée de guérir l'âme de son fils adoptif qui s'est envolée. Un vieux pêcheur se souvient de son père qui lui avait remis une bouteille de liqueur avant son départ. Une femme solitaire perçoit les fantômes au coin d'un arbre. Un jeune homme entend le chant de sa mère  sur l'île des morts. Tels sont les principaux personnages de ces nouvelles oscillant toujours entre réel et fantastique.

 

A la base du fantastique, le regret de l'être aimé, la nostalgie du temps passé, le souvenir d'un drame de l'enfance. La mélancolie fai renaître des silhouettes des êtres chers, mère, père, amant. Ce fantastique peut être soit poétique (les plus belles images sont les conversations avec les fantômes de la jeune femme sous l'arbre au bord de la rivière et la promenade sur l'île des morts) soit insolite et grandiloquent (un bernard l'hermite qui sort de la bouche !).

 

Le lecteur appréciera également les descriptions de la nature et l'alternance entre voix jeunes et âgées qui laisse présager des liens intergénérationnels touchants.

 

Magique !

Par Sylvie - Publié dans : Littérature asiatique
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Dimanche 9 février 2014 7 09 /02 /Fév /2014 18:08

BD

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Cette BD est le grand succès de l'année 2013. Elle vient d'obtenir le Prix du Public à Angoulême; avant, elle avait obtenu le Prix Landerneau et le Prix Coup de Coeur de Quai des Bulles à St-Malo.

 

Magnifique réalisation formelle et un scénaro très original et d'actualité : le genre sexuel...

 

Chloé Cruchaudet s'inspire d'une histoire véridique de la Première Guerre Mondiale et d'une livre d'historiens  La garçonne et l'assassin pour raconter la vie de Paul et Louise, un couple d'ouvriers dans le Paris des années 20. Paul est engagé dans la guerre des tranchées. Se blessant volontairement à la main pour échapper à la boucherie, il va se travestir en femme pour éviter la conscription. Il devient alors Suzanne. Ce qui est au début un jeu devient alors au fur et à mesure une nouvelle identité. Au moment du "retour à la normale", de l'amnistie pour les déserteurs, sa double identité devient un problème dans sa vie privée. Il se prostitue bientôt au bois de Boulogne et il en devient l'égérie....

 

Louise, sa femme qui l'initie au début à la féminité, devient de plus en plus jalouse.

 

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Les rebondissements sont nombreux, la fin est complètement inattendue. Une vraie réussite dans le scénario !

 

Un magnifique témoignage sur la vie quotidienne à cette époque, une redécouverte d'un vie complètement oubliée (Paul a été championne de France de parachute !) et une belle réflexion sur l'identité sexuelle.

 

Paul était-il bisexuel à l'origine ? est-ce le fait se s'habiller en femme qui lui rélève une autre identité possible ? Chloé Cruchodet se garde bien de trancher....

 

http://media1.ledevoir.com/images_galerie/de_162330_124084/image.jpg

 

Esthétiquement, cet album est un chef d'oeuvre. Noir, blanc, rouge. Telles sont les trois couleurs utilisées. Les touches de rouge apparaissent au fur et à mesure ; c'est une robe, une écharpe, un tube de rouge à lèvres...les symboles de la féminité. Mais aussi de la passion, du drame, du sang. L'auteur colle au plus près de ses personnages et conçoit sa page comme une succession de belles esquisses de portraits, comme des pastels.

 

Tour à tour dramatique et badin, cet opus, à coup sûr, ne vous laissera pas indifférent.

 

Par Sylvie - Publié dans : Bandes dessinées
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