Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 14:54

FRANCE-PREMIER ROMAN

 

http://www.seuil.com/images/couv/b/9782021117707.jpg

 

Editions du Seuil, 2014

 

C'est le succès inattendu de la rentrée littéraire de cet hiver...Un premier roman d'un inconnu de 21 ans...best-seller, qui va être traduit dans de nombreux pays et adapté au cinéma par un réalisateur prestigieux.

 

N'étant au début pas du tout tentée par sa lecture;  je croyais encore à un roman "sensation" sur le rejet de l'homosexualité ; j'ai lu un article dans la presse sur le rejet du roman par sa famille et son village d'origine...et j'ai découvert un excellent roman social dans la lignée d'un Zola du 21e siècle ou plus modestement dans celle d'Annie Ernaux, elle aussi une "non héritière" issue d'un milieu très modeste.

 

http://static.lexpress.fr/medias_9214/w_638,h_277,c_crop,x_0,y_0/w_605,h_270,c_fill,g_north/edouard-louis-bellegueule_4717665.jpg

 

Rappelons l'histoire : s'appelant réellement Eddy Bellegueule (nom très répandu en Picardie), le narrateur auteur raconte l'histoire de ses origines dans un petit village de la Picardie profonde où la seule issue professionnelle semble être l'usine du coin. La découverte de son homosexualité précoce, son déni puis enfin son affirmation, sa fuite...voici l'itinéraire du récit.

 

Mais c'est surtout la description sociologique de sa famille et du village, criante de vérité, que nous retenons. Edouard Louis a fait sa thèse sur Pierre Bourdieu et ça se sent ! Il décrit magnifiquement les "habitus" d'une classe sociale donnée, son langage, ses habitudes culturelles, ses odeurs....Les expressions sont marquées en italiques, au style direct. Un milieu social rejetant la culture bourgeoise, qui dit que "le théâtre, c'est pour les tapettes". Au menu, la télé, la sempiternelle "roue de la fortune", les frites, les saouleries au bistrot du coin, les zonages à l'arrêt de bus. Ces habitudes qui font rejeter toute culture dominante. Le racisme ordinaire, la peur de l'autre, de l'arabe, du noir.

 

Ce milieu "périrural", où l'on "recrute" l'électorat lepéniste, est très peu traité en littérature. C'est là que réside le grand mérite d'Edouard Louis. ayant vécu cet ensemble de pratiques, il réussit à éviter tout misérabilisme ou sentionnalisme. Il choisit un ton neutre, des phrases courtes, des mots simples qui évacuent tout pathos.

 

Il y a bien sûr des scènes très dures, choquantes mais ne sombrant jamais dans le sensationnel. Car il y a cet aboutissement qui fera du petit déshérité un normalien.

 

Un très bon livre à découvrir.

Repost 0
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 22:53

SENEGAL

 

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782708707306.jpg

 

Editions Présence Africaine, 1999

 

De Ken Bugul, j'avais déjà adoré Rue Félix Faure,un formidable voyage plein d'odeurs et de bruits dans une petite rue typique de Dakkar.

Je découvre cette immense auteur sénégalaise sous un autre jour : le roman de sa vie...

 

Dans Riwan, sous une forme déguisée bien sûr, elle revient sur son destin hors du commun qui l'a fait passer de paria au statut de grande dame des lettres africaines.

 

Ken Bugul veut dire en wolof "celle dont personne ne veut". Et pour cause...Elle fut abandonnée par sa mère alors que son père avait 85 ans à sa naissance et recueillie par sa tante. Elle quitte plus tard l'Afrique pour l'Europe (la Belgique)  mais revient dans son village au Sénégal sans mari, ni enfant, ni travail. Un scandale pour les "autochtones". Elle devient alors une paria, sans abri. Elle fait alors la connaissance d'un marabout qui a déjà 27 femmes. Se noue alors une relation d'amitié avec celui qui va la remettre sur le bon chemin, qui va lui redonner une identité. Un peu plus tard, elle deviendra la 28e épouse jusqu'à la mort de ce dernier.

 
Dans Riwan, pour lequel elle a obtenu le Grand Prix littéraire de l'Afrique noire en 1999, elle raconte sous forme de conte cette merveilleuse histoire. Une histoire de polygamie, bien loin de tous les préjugés que peuvent avoir les européens de cette coutume ancestrale. 

Une aventure intime à la fois cocasse et tragique qui nous est contée par la narratrice.

 

Un récit centré sur trois personnages : Riwan, un homme présenté comme fou au début et qui sera guéri par le marabout "serigne". Il deviendra alors le "gardien", le "protecteur" des femmes de ce dernier, le seul homme à être autorisé à entrer dans les appartements des dames.

Rama, la 27e "princesse" du marabout, la plus jolie, la plus célèbre.

La narratrice, simple observatrice au début, qui devient par surprise la 28e épouse. Et enfin, un 4e personnage que je vous laisse le soin de découvrir au risque de dévoiler toute l'intrigue...

 

Un récit tout en nuances et délicatesse qui analyse subtilement la tradition de la polygamie. Transparaît tout d'abord le respect qu'on ces femmes pour le marabout. Ce dernier est considéré comme un sage qui dialogue avec ses femmes avant de les considérer comme un objet sexuel. Il a avant tout un rôle social, celui de conseiller, de guérir, de redonner confiance. L'auteur décrit par petites touches les relations existant dans le gynécée;  Tout en refusant l'idéalisation (la jalousie est bien sûr présente), elle insiste aussi sur les moments de complicité. Chacune passe à un moment donné du statut de favorite, de dernière épousée à celle d'avant dernière...le cap est bien difficile à passer.

 

On retrouve toute la sincérité de l'écriture de Ken Bugul qui n'hésite pas à intervenir directement dans le récit pour crier sa vérité, tel un hymne chanté et clamé. Selon elle, la femme "traditionnelle" africaine est souvent bien plus heureuse que ses soeurs occidentales qui sombrent souvent dans la névrose. Les femmes africaines peuvent être violentes entre elles au moment de "donner" ou partager leur mari mais ces effusions sont salutaires pour leur santé mentale, évitant ainsi le refoulement.

 

Un récit inoubliable qui donne à penser, loin des préjugés ambiants. Une ode au respect.

Repost 0
12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 20:13

JAPON

 

http://www.babelio.com/couv/CVT_Lame-de-Kotaro-contemplait-la-mer_9947.jpeg

 

RECUEIL DE NOUVELLES, EDITIONS ZULMA 2014

 

Les éditions Zulma, une fois n'est pas coutume, nous font découvrir une pépite inconnue...venue de l'île d'Okinawa, l'île la plus septentrionale de l'archipel japonais. L'auteur a notamment reçu le Prix Akutagawa, l'un des plus prestigieux prix littéraire du pays.

 

Nous retrouvons les thèmes traditionnels de la culture japonaise (culte des morts, présence des fantômes parmi les vivants...) tout en apprenant les particularités d'Okinawa et surtout son destin historique à part : pendant la Seconde Guerre Mondiale, les américains envahissent le Japon par le Sud; des massacres sont commis parmi les villageois et pendant presque 30 ans, l'île sera occupée ; Okinawa ne sera rétrocédé aux japonais qu'en 1972. Pendant ce temps, les américains construisent des bases militaires qui détruisent les forêts et les rivères de l'île. 

 

C'est dans ce contexte que naissent les nouvelles de Medoruma Shun. Malgré l'occupation, les traditions demeurent intactes...

 

Une vieille dame guérisseuse est chargée de guérir l'âme de son fils adoptif qui s'est envolée. Un vieux pêcheur se souvient de son père qui lui avait remis une bouteille de liqueur avant son départ. Une femme solitaire perçoit les fantômes au coin d'un arbre. Un jeune homme entend le chant de sa mère  sur l'île des morts. Tels sont les principaux personnages de ces nouvelles oscillant toujours entre réel et fantastique.

 

A la base du fantastique, le regret de l'être aimé, la nostalgie du temps passé, le souvenir d'un drame de l'enfance. La mélancolie fai renaître des silhouettes des êtres chers, mère, père, amant. Ce fantastique peut être soit poétique (les plus belles images sont les conversations avec les fantômes de la jeune femme sous l'arbre au bord de la rivière et la promenade sur l'île des morts) soit insolite et grandiloquent (un bernard l'hermite qui sort de la bouche !).

 

Le lecteur appréciera également les descriptions de la nature et l'alternance entre voix jeunes et âgées qui laisse présager des liens intergénérationnels touchants.

 

Magique !

Repost 0
9 février 2014 7 09 /02 /février /2014 18:08

BD

http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/Couv_196455.jpg

 

Cette BD est le grand succès de l'année 2013. Elle vient d'obtenir le Prix du Public à Angoulême; avant, elle avait obtenu le Prix Landerneau et le Prix Coup de Coeur de Quai des Bulles à St-Malo.

 

Magnifique réalisation formelle et un scénaro très original et d'actualité : le genre sexuel...

 

Chloé Cruchaudet s'inspire d'une histoire véridique de la Première Guerre Mondiale et d'une livre d'historiens  La garçonne et l'assassin pour raconter la vie de Paul et Louise, un couple d'ouvriers dans le Paris des années 20. Paul est engagé dans la guerre des tranchées. Se blessant volontairement à la main pour échapper à la boucherie, il va se travestir en femme pour éviter la conscription. Il devient alors Suzanne. Ce qui est au début un jeu devient alors au fur et à mesure une nouvelle identité. Au moment du "retour à la normale", de l'amnistie pour les déserteurs, sa double identité devient un problème dans sa vie privée. Il se prostitue bientôt au bois de Boulogne et il en devient l'égérie....

 

Louise, sa femme qui l'initie au début à la féminité, devient de plus en plus jalouse.

 

http://images.telerama.fr/medias/2013/09/media_102249/bd-22-chloe-cruchaudet-pour,M124817.jpg

 

Les rebondissements sont nombreux, la fin est complètement inattendue. Une vraie réussite dans le scénario !

 

Un magnifique témoignage sur la vie quotidienne à cette époque, une redécouverte d'un vie complètement oubliée (Paul a été championne de France de parachute !) et une belle réflexion sur l'identité sexuelle.

 

Paul était-il bisexuel à l'origine ? est-ce le fait se s'habiller en femme qui lui rélève une autre identité possible ? Chloé Cruchodet se garde bien de trancher....

 

http://media1.ledevoir.com/images_galerie/de_162330_124084/image.jpg

 

Esthétiquement, cet album est un chef d'oeuvre. Noir, blanc, rouge. Telles sont les trois couleurs utilisées. Les touches de rouge apparaissent au fur et à mesure ; c'est une robe, une écharpe, un tube de rouge à lèvres...les symboles de la féminité. Mais aussi de la passion, du drame, du sang. L'auteur colle au plus près de ses personnages et conçoit sa page comme une succession de belles esquisses de portraits, comme des pastels.

 

Tour à tour dramatique et badin, cet opus, à coup sûr, ne vous laissera pas indifférent.

 

Repost 0
4 février 2014 2 04 /02 /février /2014 22:56

Editions Verticales, 2014

 

http://www.lefigaro.fr/medias/2014/01/15/PHO5fbe3ebc-7a14-11e3-b750-b82a956e453f-300x450.jpg

 

Mayl is de Kerangal devient une figure incontournable de la littérature française contemporaine. Son dernier opus est le roman incontournable de la rentrée littéraire de janvier.

Son précédent roman, Naissance d'un pont  faisait s'entrecroiser de multiples personnages autour d'une construction. Ici, il s'agit d'organes humains qui vont quitter un corps mort, celui  de Simon Limbres, un jeune homme mort accidentellement...pour "réparer les vivants". 

Et de multiples personnages, du milieu médical ou non, vont converger autour de ce corps pas encore tout à fait mort. Les parents,Marianne et Sean, le chirurgien Pierre Revol, Thomas Rémige, l'infirmier coordinateur des transplantations, des infirmières, la petite amie de Simon, les Harfang, célèbre dysnastie de chirurgiens, une patiente qui va être greffée....

 

Une magnifique partition où de véritables personnages émergent avec leurs petits secrets, leurs petits dons, leurs petits péchés...Passion du chant, du football, prouesses sexuelles...et tout d'un coup, finies les plaisanteries, tout est chronométré. Et nous voila partis pour une course contre la montre où il n'y a pas une minute à perdre. On se téléphone, on circule en voiture, en hélicoptère. Un suspense digne d'un polar !

 

C'est un perpétuel mouvement ; l'écriture, comme le sang qui circule, pénètre dans différents cerveaux, différents corps, différentes âmes. Elle est la vie tout simplement, le coeur qui bat.

 

Ce roman à nul autre pareil  oscille constamment entre l'exposé réaliste et technique (Kerangal a assisté réellement à une transplantation cardiaque) et l'émotion des personnages saisis dans leur intériorité.

 

C'est émouvant et drôle en même temps (ah, ces chirurgiens du poumon et du coeur qui s'houspillent autour d'un vaisseau sanguin !  Ca parle sexe, foot, mort amour...bref un roman total....

 

C'est du bel ouvrage, un festival de mots ; je suis plus enthousiaste que pour Naissance d'un pont; pourtant, je continue à croire que c'est un magnifique exercice de style. C'est trop bien fait pour que chez moi, l'émotion passe réellement.

 

Le débat est ouvert avec les autres lecteurs !

Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 20:12

http://www.seuil.com/images/couv/b/9782021138894.jpg

 

Editions du Seuil, 2014

 

Les Indiens et l'Amérique des origines ont le vent en poupe en ce moment dans la littérature française. Après le génial Faillir être flingué de Céline Minard qui nous conte de manière inattendue la naissance d'une ville du Far West, voici Patrick Grainville (Prix Goncourt en 1975) qui nous relate les aventures d'un peintre chez les Sioux dans les années 1830.

 

Voici un magnifique roman historique nous livrant une peinture du monde indien à la veille de la conquête blanche...Nous sommes en 1828. George Catlin (voir son site), peintre à Philadelphie, quitte sa vie bourgeoise pour aller rejoindre les camps indiens encore inviolés de toute civilisation occidentale. Mais il sent la menace colonisatrice s'approcher dangereusement...alors il va s'evertuer à peindre les visages, les familles, les scènes de vie et collecter les objets de toute une culture.

 

L'histoire nous est racontée par le narrateur mais avec le regard omniscient de Catlin. Et l'auteur nous livre de magnifiques tableaux examinant en profondeur la civilisation indienne, loin des clichés habituels.

 

Portrait d'une civilisation mais aussi magnifiques portraits individuels. Grainville/Catlin donne chair à ses tableaux en prenant soin de nous présenter à chaque fois des protagonistes à la personnalité bien particulière. Le lecteur s'attache de suite aux personnages, aussi bien hommes que femmes. Aigle Rouge, le chef sioux, guerrier et jaloux de sa belle captive. Elan noir, son frère, souffrant du soleil noir de la mélancolie.

Le  protagoniste inoubliable est Oiseau Deux couleurs, un "berdache", homme travesti en femme, ayant des pouvoirs de chamane et de guérisseur. Il tombera amoureux d'une captive, la belle Louve blanche, elle aussi "deux esprits". 

 

Le peintre va suivre ces individus, découvrir leurs drames et leurs traditions sans jamais juger leurs actes sanguinaires et sauvages. Le peintre-écrivain construit de vastes scènes originelles comme de longs plans séquences : chasse du bison, danse du soleil, grandes batailles entre tribues...

 

Dans ce tableau, au rouge du sang et de la passion, s'oppose le vert des collines et des prairies inviolées, à mille lieux des clichés du désert dans lequel s'affrontent cow-boys et indiens. Le vert paradis des amours enfantines cher à Baudelaire. Le vert où tout péché originel est absent, où hommes et femmes ou hommes/femmes peuvent s'aimer librement...

 

Le peintre Catlin est vu comme un nouveau  chamane qui veut retenir le vivant ou ne faire qu'un avec le monde alors que le monde indien n'est que itinérance et prodigalité. L'un veut garder, thésauriser, les autres prennent la vie comme elle va et font l'apologie du don.

 

Mais ces deux contradictions finiront par se rejoindre...par l'écrivain-peintre qui retranscrira à merveille des scènes exaltant l'instinct de vie et le mouvement pour les rendre éternels...

 

Une belle oeuvre poétique, au lyrisme maîtrisé. En deux mots, magnifique !

Repost 0
26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 15:12

ROMAN- THEATRE

 

http://www.librairiemonet.com/images/nouvelle/9782070369065.jpg

 

Publié en 1974 sous le pseudonyme d'Emile Ajar

 

Depuis la lecture de La vie devant soi et de La promesse de l'aube, je considère Romain Gary comme l'un des écrivains français  les plus brillants et les plus attachants de la deuxième moitié du XXe siècle.

 

C'est donc tout naturellement que je suis allée voir la semaine dernière Gros Calin, joué au Théâtre de l'Oeuvre à Paris. Et j'y ai retrouvé le même talent, le même ton tragi comique que dans les deux autres opus. Par contre, là où les deux autres romans exaltaient la générosité (la maternité et les liens intergénérationnels), ce dernier montre une profonde solitude et un malaise certain régissant les relations humaines...

 

http://www.theatredeloeuvre.fr/images/affiche/gros-calin/gros%20c%C3%A2lin%20(c)dunnara%20MEAS%20BD%200034.jpg

 

Gros Calin est un...python recueilli en Guyane par Monsieur Cousin, fonctionnaire vivant seul chez lui. Au moins, ce python lui fait de gros calins et lui montre de l'affection contrairement à ses semblables, femmes et collègues de bureau.

 

Monsieur Cousin va nous raconter ainsi sa vaste solitude. Et c'est encore plus compliqué quand on a un gros python dans les bras ! Une bonne occasion de Romain Gary (Emile Ajar) d'épingler tous les travers de la société, en particulier le racisme. Le python est la figure de l'autre, de l'immigré alors...

 

Comme d'habitude, Gary ne fait pas dans la dentelle et il nous livre quelques scènes truculentes qui auront bien choqué à l'époque la société bien pensante. Les prostituées qui lui nettoient le C..., et auss le python, métaphore sexuelle qui effraie la femme de ménage portugaise, la police et la femme du voisin alors qu'il passe dans les canalisations !

 

Monsieur Cousin a des vues sur Madame Dreyfus, elle aussi guyanaise, mais n'ose pas lui avouer son amour.

 

Monsieur Cousin fantasme-t-il ? Le python n'est-il qu'une métaphore de son sexe ? De ses bras ui veulent enlacer ? C'est peut-être après tout le cas puisque dans son monologue, il s'identifie de plus en plus au serpent...

 

Un monologue magique, un texte surprenant. A découvrir.

Repost 0
14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 22:07

ROYAUME-UNI

 

http://decitre.di-static.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/0/7/0/1/9782070140725FS.gif

 

Editions Gallimard, "Du monde entier", 2014

 

Première lecture d'une parution 2014....et sans doute déjà l'un de mes gros coups de coeur de l'année ! De ce grand écrivain anglais, je n'avais lu que Sur la plage de Chesil ;Un très bon livre assurément mais ce dernier opus est un chef d'oeuvre...Un roman protéiforme comme j'aime qui ensorcelle et manipule le lecteur. Roman d'amour, roman d'époque, d'espionnage, mise en abîme de la littérature, roman d'apprentissage...Bref, un roman total.

 

Ian McEwan nous plonge dans l'atmosphère des années 70 en Angleterre. Années de crise de l'ex grande puissance : crise énergétique, crises budgétaires, terrorisme de l'IRA...et la guerre froide encore très présente.

 

Serena Frome (pronnoncée Frume comme plume nous dit l'auteur) nous raconte son histoire. Jeune fille de l'East Anglia dont le père est évèque anglican, elle est promise à un brillant avenir. Sa mère souhaite qu'elle étudie les mathématiques. C'est ce qu'elle fera mais pas pour longtemps car la passion de la littérature l'anime...qu'elle soit classique ou à l'eau de rose. A Cambridge, elle tombe amoureuse d'un professeur de littérature qui l'initie aux beaux textes et l'introduit au M15, les services secrets britanniques. Aux vues de sa passion pour la littérature, on lui propose d'espionner Tom Haley, un jeune écrivain prometteur, pour le compte de la CIA qui subventionne les écrivains susceptibles d'être anticommunistes (ce programme a réellement existé). 

Mais tout ne se déroule pas comme prévu car l'espionne et l'espionné vont tomber follement amoureux...

 

Racontée ainsi, cette histoire a l'air complètement fleur bleue ! Pique-Nique bucoliques dans la prairie anglaise, promenades et restaurants à Brighton en bord de la mer...Mais c'est sans compter le talent de McEwan qui manie l'ironie avec brio.

 

Entre le roman d'apprentissage et le roman d'espionnage type John Le Carré, l'auteur distille une bonne dose de mystification : mensonges, trahisons, manipulations ; des jeux divers  et pervers auxquels s'adonnent auteur et personnages les uns envers les autres.

 

Ce roman de 500 pages se lit d'une traite tant on s'attache aux personnages et le suspense est à son comble. Et il y a aussi cette écriture très fluide qui livre une intrigue diaboliquement intelligence.

Simplicité et subtilité...deux ingrédients qui font un réel chef d'oeuvre !

 

Saluons enfin la couverture imaginée par les éditions Gallimard, une belle métaphore de l'intrigue !

Repost 0
6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 19:20

ESPAGNE-ROMAN POLICIER

 

http://infos-75.com/infos75/wp-content/uploads/2013/07/le-gardien-600x875.jpg

 

Editions Stock"La Cosmopolite noire", 2013

 

Voici un nouveau talent venu du Pays Basque Espagnol, plus précisément de Navarre. Une auteur femme, une enquêtrice de talent...et le premier tome d'une série de trois opus qui s'annoncent palpitants !

 

Sur une intrigue somme toute classique (l'assassinat de jeunes femmes), Dolores Redondo passionne son lecteur en mêlant à son enquête des éléments fantastiques, hérités des vieilles légendes basques.

 

Dans une petite ville traversée par la rivière Baztan, plusieurs jeunes filles sont retrouvées mortes, à moitié nues, les vêtements soigneusement découpés et le pubis rasé, recouvert de la pâtisserie locale...

 

Amaïa Salazar, l'enquêtrice, est dépéchée de Pampelune pour élucider ces étranges rituels qui ont lieu dans son village d'origine. L'occasion pour elle de renouer avec sa famille (ses deux soeurs et beaux-frères, sa tante, sa mère) avec qui elle a des comptes à régler d'autant plus que son mari et elle n'arrivent pas à avoir d'enfant.

 

Elle va aussi devoir faire face aux croyances populaires de la population qui pense que le meurtrier est un basajaun, un gardien de la forêt mi homme mi animal.

 

Dolores Redondo nous tient en haleine en alternant les scènes de l'enquête et les scènes familiales : scènes de retrouvailles, de ripailles où le matriarcat basque est décrit avec beaucoup de truculence. Mention spéciale à la vieille tante et à sa cuisine (l'auteur est d'ailleurs diplomée de gastronomie et tient  aussi un restaurant) et aussi à Flora, la soeur "manager" qui a repris la pâtisserie familiale. 


L'enquête prend des allures de thriller lorsqu'Amaïa se remémore ses souvenirs d'enfance et d'adolescence. Les scènes avec sa mère sont terribles mais l'auteur ne sombre jamais dans l'horreur ni dans le scabreux.

 

Amaïa est un enquêtrice qui doit aussi lutter contre ses propres démons et son personnage gagne en épaisseur au fur et à mesure des secrets dévoilés.

 

On peut regretter une fin ultra rapide et un peu bâclée mais on a tellement passé un bon moment avant...et puis il y a la suite que l'on attend avec impatience !

 


Repost 0
Published by Sylvie - dans Romans policiers
commenter cet article
6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 18:57

ROYAUME-UNI

 

http://4.bp.blogspot.com/-4xiSTtugrCM/UaNyGV7GU3I/AAAAAAAAKYY/z4fjanwqfrU/s1600/un+verger.jpg

 

Editions Christian Bourgois, 2013

 

Voici un petit bijou anglais qui fait davantage penser à un conte persan...

 

Une jeune homme rongé par l'épuisement, sortant de prison, est recueilli par un vieil homme à la frontière du Pakistan et de l'Afghanistan.

Alors qu'il récupère petit à petit, aidé par les livres de poème du vieil homme et ses peintures, il va se rendre chaque matin dans le "verger" où il va se remémorer son amour de jeunesse...une jolie demoiselle fille du hobereau local qui l'a jeté en prison...

 

Le récit alterne les scènes de violence inouïes dans la prison et les poèmes en prose d'un beauté et d'un lyrisme absolu où l'homme se souvient de son amour perdu dans le verger de l'abondance.

 

A l'espace clos de la prison, lieu de douleurs et d'humiliation, s'oppose le jardin clos, celui du paradis (en référence à la Bible) ou peut s'éclore l'amour défendu...

 

Ce court récit est intemporel ; il pourrait se passer à n'importe quelle période. C'est une histoire d'amour universelle.

 

Magique

Repost 0