Lundi 4 juillet 2005
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Prix nobel de Littérature 2004
Cette écrivain autrichienne est sortie de l'ombre avec l'adaptation cinématographique de son roman La pianiste par Michael haneke: l'histoire d'une pianiste dominée par sa mère qui entreprend une liaison masochiste avec un homme plus jeune qu'elle...
En 2004, c'est la consécration mondiale avec l'obtention du Prix Nobel de Littérature. Elle est l'écrivain de langue allemande le plus important depuis Thomas Bernhard.
Dans son oeuvre, Elfriede Jelinek dénonce l'hypocrisie et la médiocrité de la société autrichienne qui est encore marquée par l'héritage du nazisme. elle a d'ailleurs été censurée plusieurs fois dans son pays d'origine.
Les exclus , écrit en 1980, est inspiré d'un fait divers sordide: un jeune homme qui a assassiné père, mère et frère jumeau en 1965.
Jelinek y met en scène quatre adolescents désoeuvrés: Rainer, l'intellectuel de la bande, aux théories marxisantes et Anna, sa soeur jumelle, Sophie, une jeune fille de bonne famille et Hans, issu de la classe ouvrière. Ils se sentent mal dans leur peau et veulent clamer leur révolte. Ils vont s'associer pour dévaliser et frapper des passants.
Jelinek analyse avec finesse les raisons de chaque personnage: l'ouvrier Hans veut s'élever dans l'échelle sociale. Rainer incarne l'intelligence face à la médiocrité de sa famille et Sophie dénonce le matérialisme de sa famille.
L'auteur nous plonge dans le contexte social de la Vienne des années 50 : le père de Rilke et d'Anna est un ancien officier SS qui a perdu une jambe à la guerre; plongé dans l'inaction se console en devenant photographe voyeuriste. Son passe-temps favori est de photographier sa femme nue dans des positions compromettantes. Tout respire la médiocrité et l'échec.
Pour s'affirmer, les exclus n'ont plus que leur violence et leur haine. On est loin de la belle langue classique; Jelinek provoque et agresse en utilisant un langage cru et ordurier. Un roman capital sur la génération sacrifiée d'après-guerre.
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