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Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !

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La figure de la mère dans la littérature

La fête des mères approche. On peut s'interroger à ce sujet sur la figure maternelle dans la littérature.

Y-a-t-il des figures maternelles qui vous ont marquées, émues dans les romans que vous avez lu? Lesquelles?  

En ce qui me concerne....

Parmi les titres les plus connus, il y a bien sûr Le château de ma mère de Marcel Pagnol, La mère de Gorki et Mère Courage de Brecht. Ou bien encore Fantine, la mère de Cosette, dans Les Misérables

Il y a tout d'abord la mère considérée comme une sainte :

Pour moi, le livre le plus marquant à ce sujet est Le livre de ma mère d'Albert Cohen (critique du 24 octobtre 2005)

Albert Cohen, l'auteur du célèbre Belle du seigneur signe ici un roman bouleversant en forme d'hommage à sa mère disparue.

 Le narrateur (Albert Cohen parle sans aucun doute de sa propre mère) exprime sa douleur insoutenable après le décès de sa mère: il fait de cette femme une sainte. La mère, juive émigrée de Corfou à Marseille, est l'image même du dévouement, de l'abnégation. Petite femme simple et boulotte, elle n'a aucune vie sociale puisque ses origines étrangères la retranche de la bonne société marseillaise. Elle n'a pas d'instruction et passe ses journées aux fourneaux et au ménage. Elle n'a qu'un unique amour: son fils pour lequel elle sacrifie tout.

 Par son écriture magique, le grand écrivain qu'est Albert Cohen sanctifie, déifie cette petite femme au coeur simple. Il nous conte son quotidien fait de petites choses bien anodines mais si précieuses pour un fils.

 

 

Son roman est un pardon adressé à cette mère dévouée qu'il a trop souvent délaissée. Car Cohen a quitté  Marseille à 15 ans pour faire carrière dans la diplomatie à Genève. Ambitieux, il a eu tendance à renier un jour ses origines en rabrouant sa mère qui avait téléphoné dans une soirée mondaine pour savoir s'il n'était pas arrivé quelque chose à son fils ...Cohen revient à plusieurs reprises sur cet événement fâcheux qui provoque sa culpabilité: sa mère avait imploré son pardon en larmes; il considère alors sa douleur comme un juste châtiment.

Ce roman s'adresse alors à tous les fils qui ont encore leur mère; pour qu'ils ne soient pas ingrats, pour qu'ils passent encore du temps avec elle...

Chacun peut se reconnaître en Albert Cohen: chacun a regretté de ne pas s'être davantage occupé d'un être cher. Le passage le plus émouvant relate la culpabilité du fils lorsqu'il commet un "péché de vie": rire, se promener ou simplement manger...

Un livre qui nous concerne au plus haut point...


 

On peut aussi citer la figure de la mère tyrannique :

La figure de la mère chez Duras dans Un barrage contre le Pacifique est de ce point de vue emblématique : portrait d'une femme courageuse qui tient tête aux forces de la nature jusqu'à la folie.

Cette figure est très ambiguë et le lecteur est partagé entre l'admiration pour une femme qui lutte contre son destin et l'agacement devant une femme calculatrice qui n'hésite pas à pousser sa fille dans les bras d'un milliardaire pour payer la construction du barrage.....

 


 

Enfin, il existe aussi la mère de substitution, la belle-mère qui éveille des jalousies et des rancoeurs. C'est le cas de Bonjour tristesse de Françoise Sagan.

Bonjour tristesse

Ce livre magnifique met en scène une jeune fille en proie à la jalousie vis à vis de la nouvelle compagne de son père veuf. Pour se débarrasser de cette tutelle gênante, il mettra au point un plan machiavélique qui se terminera involontairement en drame...Pour la jeune adolescente, ce drame marquera la fin de l'adolescence et le début de la tristesse...

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B
Je pense à Clémentine, la mère inquiète de l'Arrache-Coeur... de Vian.
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M
Hola,Je pense aussi à la figure de la mère dans Poil de Carotte... Je ne me souviens plus exactement pourquoi (je l'ai lu il y a presque 20 ans maitenant... argh... enfin peut-être un peu moins, allez zou, disons que je devais avoir 12 ans), bref, je disais que cette image de la mère, forte, sans doute aimante mais ne sachant pas l'exprimer autrement que par une violence sourde, m'avait terrfiée.Biz ;)
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