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Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !

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Couronnes boucliers armures...

de Louise Desbrusses

 

Couronnes, boucliers, armures

POL, 2008 - Mention spéciale Prix Fondation Wepler - La Poste 2007

Voici le deuxième roman de Louise Desbrusses qui avait été très remarquée par son premier opus, L'argent, l'urgence .

Dans ce deuxième titre, Desbrusses mise toujours sur l'importance de la forme littéraire. Trois chapitres qui reprennent les trois mots du titre, les personnages archétypes sans nom (Mère, Pète, l'Aînée....), un discours sans fin très haché, fait de répétitions.

Une intrigue minimale, cela pourrait être du théâtre : une journée particulière dans la vie d'une famille ...qui se rend à un repas de famille. Le décor est planté : une maison, un jardin, un repas.

Le reste est discours ; mais contrairement à L'argent, l'urgence, c'est le narrateur qui parle et non les personnages. Des personnages divisés en deux groupes : les résistants et les silencieux qui subissent. Car Mère a élevé ses deux filles, l'aînée et la Seconde dans le but qu'elles s'élèvent au dessus de la belle famille de Mère. Ces derniers sont sots, mous, mesquins....il faut donc ériger des armures, des boucliers...Bref, il faut lutter car nous ne faisons pas partie du même monde. D'ailleurs, les deux soeurs portent leurs prénoms (que le lecteur ne connaîtra jamais !) comme des couronnes...

Sauf que La seconde en a ras le bol de résister. Elle essayera au cours de cette journée de prendre son indépendance, de s'immiscer dans la peau de son "deuxième personnage", beaucoup plus indépendant.

Quelques passages tragi-comiques comme par exemple lorsque l'aînée se fait vomir pour sortir tout ce qu'elle rejette de la famille de son père. Mais j'ai trouvé l'ensemble tout de même très artificiel, cherchant avant tout la performance formelle. Alors que le premier opus de Desbrusses était très dynamique, mettait au premier plan un discours débridé, celui ci demeure trop abstrait. Même si c'est très bien construit, cela demeure "trop sec".

Dommage car chaque lecteur peut se reconnaître dans ce milieu familial fait de rancoeurs, de jalousies, de haine cachée. Je pense que cela aurait gagné en humour si le roman avait été une pièce de théâtre; je vois en effet des personnages burlesques, complètement artificiels, des sortes de marionnettes qui combattent, s'insultent, se soufflèttent...

Sur le thème de la rancoeur familiale, Marie N'Diaye, par exemple,  nous a livré quelques chefs d'oeuvre.

Une déception pour moi. En espérant que le troisième roman sera plus réussi car le premier était vraiment une bonne surprise.

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