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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 21:31

THEATRE JEUNESSE

Actes Sud Papiers, « Heyoka jeunesse », 2004

 

Jean-Claude Grimberg est l’une des plus grandes figures du théâtre contemporain français. Dramaturge à succès (L’atelier), il écrit déjà depuis plusieurs années pour la jeunesse.

 

Je viens de découvrir « Pinok et Barbie » qui est un vrai régal d’aventures et d’humour : à Noël, sur les conseils de Maman chérie et du Président de la République, Petite Puce envoie ses jouets préférés, Pinok et Barbie, là où les enfants n’ont rien, à l’autre bout du monde. Mais Pinok ( Vous avez bien sûr reconnu Pinocchio !) est un pantin de bois bien grincheux : lorsqu’il part  pour le grand voyage, il souhaite être en première classe et être bien nourri.

A l’arrivée, les deux jouets sont plongés en pleine guerre civile ! Pinok compte sur Barbie fée pour le transformer en véritable petit garçon . Et voila Pinok devenu un enfant rebelle avec des vrais jouets : mitrailettes, tanks, bazookas, machettes et lance-flammes ! Pendant ce temps, Petite Puce va partir à la recherche de ses deux jouets favoris avec l'aide d'une deuxième barbie fée qui va la transformer en poupée ! Les enfants et les jouets parviendront-ils à être sauvés au sein de ce monde de fous ?

Grâce à ce conte loufoque, Grumberg évite tout moralisme et tout message bien-pensant. L'humour, toujours présent, est une antidote à ce genre de dérive. Grumberg adopte un point de vue original: ce sont les jouets dotés de vie qui découvrent les conditions de vie misérables des enfants africains et non les enfants occidentaux. La conclusion est rocambolesque !

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 21:28

THEATRE JEUNESSE

 

Ecole des loisirs « théâtre », 2002

 

 

Nathalie Papin est l’une des grandes figures du théâtre jeune public contemporain. L’ensemble de ses pièces est publié à l’Ecole des Loisirs.

 

 

Le pays de Rien est un petit bijou de magie en même temps qu’une réflexion sur la vie et le rapport au monde. Comme le titre l’indique, le pays de Rien est gouverné par un roi qui fait la guerre à tout ce qui fait la vie : les cris, les soupirs, les larmes, les chants et les couleurs. Son royaume se constitue donc uniquement de cages où sont enfermés les sons et d’un lac où se noient les couleurs.

 

 

Mais voila : le roi de Rien a une fille qui commence à s’ennuyer dans ce pays. A chaque son qu’elle prononce, elle est punie et est enfermée dans une cage. Un beau jour, alors qu’elle nettoie les cages, elle rencontre « un jeune garçon qui siffle » : celui-ci va lui faire découvrir l’ailleurs et en particulier la « meute des enfants des rêves malades qui traînent leurs rêves avec eux parce qu’il n’y a pas de place pour les poser quelque part ». A partir de ce moment, la vie de la petite princesse va être chamboulée : le garçon va lui faire découvrir aussi les couleurs et lui donne une mission : demander au Roi de Rien d’ouvrir son royaume aux enfants aux rêves malades pour qu’ils puissent y déposer leurs rêves. Mais les rêves sont pleins de bruits …..

 

 

Cette pièce est d’abord un conte magique qui regorge de poésie : le texte regorgent de trouvailles originales : les cages où sont enfermés les bruits, le lac des couleurs, les rêves malades etc….

 

 

Mais sous ses allures de conte fantastique, cette pièce livre également un conte philosophique sur la place de l’homme dans la société : la problématique du rapport à l’autre, le rôle du jardin secret de l’individu, le rôle des rêves et  la notion du néant.

 

 

A lire le soir aux enfants rêveurs…..

 

 

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27 juin 2006 2 27 /06 /juin /2006 22:04

Editions Théâtrales, 1999

Cet ensemble de pièces, inscrit au répertoire, est étudié notamment au programme de lettres "option théâtre" au Bac. Philippe Minyana est l'un des grands auteurs dramatiques contemporains.

Ces pièces mettent en scène plusieurs femmes qui clament leurs malheurs aux spectateurs/ lecteurs. 6 femmes, six monologues qui oscillent entre le burlesque et la tragédie. Car ces six femmes nous livrent de rudes destins : viol incestueux, mort accidentelle d'une mère, mort d'un frère SDF, enfant à l'assistance publique. Il s'agit de personnes marginales, d'exclues qui n'existent que par la parole.

Les mots se déploient sans fin; cette pièce est avant tout une performance langagière puisque les six femmes nous livrent leur intimité d'une seule traite, sans virgule. Le voir au théâtre doit être un véritable régal !

Il s'agit d'un théâtre de l'intime où Madame Tout le Monde raconte au spectateur ses blessures, ce qui l'a fait chavirer un jour. La deuxième pièce du recueil Inventaires , met en scène trois femmes interviewées par une autre femmes, sans doute une animatrice télé, bien qu'elle ne soit jamais citée comme tel. Ce déploiement de la vie intime fait penser justement à ces reality show où les invités nous racontent leur vie et leurs secrets.

Ce travail spécifique sur la langue qui n'a pas le temps de respirer (pas de virgules, beaucoup de répétitions) fait que la tragédie se transforme souvent en théâtre burlesque ; les femmes nous font penser à des pantins, à des marionnettes qui parlent sans fin. Ces monologues m'ont fait penser en particulier au travail sur le discours qu'effectue la romancière Lydie Salvayre (La puissance des mouches et La compagnie des spectres) : les personnages sont des foux furieux qui déclament leurs malheurs dans un flux de paroles sans fin.

Ce mélange de tragique et de burlesque est vraiment magique; Minyana s'inspire beaucoup du théâtre de marionnettes : ses personnages ressemblent à des pantins qui ne sont vivants que par la parole.

Vraiment une performance théâtrale et un beau travail sur la langue et le discours théâtral. Je vous conseille de lire l'interview très intéressant de Philippe Minyana à l'adresse suivante : http://ensatt.com/GESTUS/Docs/EntretienMinyana.doc

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire découvrir un petit extrait bien significatif du style inimitable de Minyana :

"Ma mère me dit en kabyle : montre-leur mon coffret celui de mes bijoux il y a des bijoux comme ce collier ils comprendront que c'est pas un collier du Printania mais un collier de Constantine. Au lieu de sourire c'est ce qu'elle aurait dû faire essayer de parler en souriant mais comment tu peux sourire quand tu n'a pas envie et au lieu de sourire donc elle a gueulé contre eux sa lèvre inférieure arrivait même à ne plus ressembler à une lèvre elle se distendait elle se distendait il était dix-neuf heures gaz lacrymogènes gaz lacrymogènes les gaz lacrymogènes sur ma mère Ouerdia après elle est jetée dans le fourgon poings liés comme un sac de pommes de terre direction le commissariat trois de mes frères Houcine Omar Ahcène ils faisaient du tennis au terrain de sport arrêtés aussi au commissariat déjà qu'Hocine avait volé l'année dernière une mobylette ma mère pleure pleure pleure les menottes et autre scandale ligotée au pied de la table Hocine y va ^près d'elle il y court et gaz lacrymogènes ma mère on la laisse là on amène Hocine qui a été brûlé on la laisse dans la pièce avec les gaz et elle n'a pas volé il y a eu délation supposition je ne sais pas je sors de là ils me font sortir 21 heures téléphone ma mère a voulu s'étrangler avec la cordelette quelle cordelette on ne sait pas le juge appelle le docteur le docteur vient et il ne remarque rien ni les brûlures des gaz lacrymogènes ni l'état critique de ma mère on la relâche elle rentre ici à pied je l'entends je la vois sa lèvre toujours pareil elle se distend et malaise coma diabétique la mort choc émotionnel poussée de glycémie à 5 grammes par litre à cause d'un collier de Constantine autopsie rien scandale je réfléchis je vois le juge qui voit le médecin légiste et cette première autopsie ? Et l'état cyanotique du poumon et les brûlures et le choc émotionnel?

Contre autopsie s'il vous plaît je porte plainte je ne sors plus de ma chambre je n'ai plus de salive j'attends"

 

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 23:25

Pièce créée en 1958 – Adaptation cinématographique de Richard Brooks

La chatte sur un toit brûlant

 

Editions Gallimard Folio

 

 

Après avoir vu Un tramway nommé désir au théâtre il y a un mois, j’ai décidé de découvrir toutes les pièces de Tennessee Williams, qui ont toutes été pour la plupart adaptées au cinéma.

 Je viens donc de découvrir Un chatte sur un toit brûlant avec un réel bonheur : ce titre énigmatique désigne l’attitude de Margaret, l’héroïne de la pièce (joué au cinéma par Elisabeth Taylor) qui « s’accroche » à Brick, son mari malgré son alcoolisme et son comportement suicidaire après la mort de Stanley, son meilleur ami devenu l’amant de Margaret.

 La pièce se déroule dans une plantation du delta du Mississipi, lors de la soirée d’anniversaire de « Grand-père », le grand patron malade d’un cancer. Autour de lui, la grand-mère et ses deux fils Brick et Gooper. Au couple maudit Margaret -Brick s’oppose le couple modèle Gooper -Edith et ses enfants. Ces derniers font tout pour cacher à « Grand-Père » son véritable état de santé pur mieux toucher ensuite l’héritage….Ils sont au petit soin pour lui mais on devine vite que c’est Brick et Margaret qui ont la préférence du vieux planteur…. Ce dernier est en effet énervé par la marmaille de son fils aîné et cherche à savoir les raisons de la déchéance de son fils chéri…

Tennessee Williams nous plonge avec brio dans les jalousies et conflits familiaux mais aussi dans l’inconscient des personnages. Peu à peu, est révélé le secret qui empoisonne la vie de Margaret et de Brick. A travers l’histoire de Brick et de Stanley, est traitée l’homosexualité sous-jacente et refoulée des deux hommes. L’alcoolisme est un moyen d’oublier ce que l’on refuse.

 L’opposition des personnages est fortement marquée, ce qui accentue la dramatisation du récit : Brick et Margaret sont des êtres épris d’absolu guettés par la folie alors que Edith et Gooper sont l’incarnation du matérialisme et de la cupidité. La sexualité est aussi au cœur de cette opposition : pour Edith, la sexualité est d’abord la fécondité alors que pour Brick, il s’agit du désir tabou refoulé. 

 On remarque au cœur de la pièce un art de la dissimulation et du mensonge qui sont le moteur du récit : déni de la maladie, refoulement de l’homosexualité etc…

Mais contrairement à Blanche dans Un tramway nommé désir, ce pourrait bien être les plus faibles et les plus blessés qui gagnent la partie…Car il faut savoir tenir au cœur du drame sur un toit brûlant…

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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 19:56

Actes Sud , 2006

Théâtre de l'Est Parisien jusqu'au 3 juin 2006

Bon d'accod, c'est un peu tard pour vous conseiller d'aller voir cette pièce mais vous pourrez toujours la lire aux éditions Actes Sud !

Catherine Anne met en scène le frère (Paul) et les deux soeurs (Camille et Louise) Claudel de leur jeunesse au crépuscule de leur vie en essayant d'aller au plus près de leurs conflits.

Il y a Camille, la célèbre sculptrice, la femme libérée qui finira à l'asile. Paul, le brillant diplomate épris de Dieu, auteur du célèbre Soulier de satin et enfin, Louise, la femme au foyer, veuve à 30 ans,  qui souffre sûrement à côté de son frère et de sa soeur artistes.

Catherine Anne adopte un dispositif narratif très original puisque la pièce commence vers 1940 à l'asile où est enfermée Camille et remonte progressivement le temps jusqu'à la jeunessse des trois êtres du même ventre. Il s'agit de comprendre comment sont nés la tragédie et la rupture entre les êtres du même sang.

Car il s'agit bien de trois êtres profondément tragiques. Camille, l'artiste passionnée éprise d'idéal, sombre dans la folie. Paul, diplomate et écrivain brillant, est en fait un être déçu par les femmes et l'humanité en général, se réfugie dans une bigoterie mesquine. Enfin, Louise, la mère au foyer, veuve à trente ans, ne supporte pas les extravagances de sa soeur.

Catherine Anne évite pourtant de sombrer dans le tragique car l'opposition des personnages nous font parfois rire et fait évoluer la pièce vers un vaudeville bourgeois.

La pièce renouvelle profondément la vision que nous avons de la famille Claudel ; les films et les romans mettent en relief les relations d'amour et de haine des deux artistes. Ici, la soeur oubliée, Louise, apporte une vision plus riche de la fratrie Claudel.

Pas un chef d'oeuvre (les personnages frôlent parfois la caricature, surtout pour Paul) mais une pièce intéressante pour la biographie des Claudel.

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 11:53

ETATS-UNIS, 1950

Cette oeuvre est devenue mythique grâce à l'adaptation cinématographique d'Elia Kazan avec dans les rôles principaux, Marlon Brando et Viviane Leigh. On a eu ainsi tendance à oublier qu'il s'agit originellement d'une pièce de théâtre de l'un des plus grands dramaturges américains du 20e siècle avec Arthur Miller. Tennessee Williams (1911-1983) a mis en scène des marginaux et des êtres blessés par la vie, psychologiquement fragiles qui sombrent plus ou moins dans la folie à cause d'un système social opprimant. Il a été marqué par la folie de sa soeur Rose qui subit dans sa jeunesse une lobotomie du cerveau. On lui doit notamment La ménagerie de verre , Baby Doll et Une chatte sur un toit brûlant, pièces également adaptées au cinéma.

La célèbre chanson écrite par Michel Berger et chantée par Johnny, "On a tous quelque chose en nous de Tennessee" lui est dédiée !

Lorsque j'avais vu le film Un tramway nommé désir, j'avais presque été déçue bien que j'ai trouvé Vivian Leigh éblouissante dans le rôle de la femme fragile qui sombre peu à peu dans la folie. Puis j'ai vu récemment la pièce au théâtre Mouffetard et je me suis indentifiée davantage aux personnages. Je trouve que les personnages ont tous leur ambivalence et qu'on ne peut ni trancher en faveur de Blanche, ni en faveur de Stanley.

Voici l'intrigue : dans un appartement minable de La Nouvelle Orléans, Stella Du Bois, descendante d'une vieille famille aristocratique, vit avec son mari Stanley,une brute sensuelle pour les beaux yeux duquel elle a abandonné la plantation familiale. Survient Blanche, la soeur de Stella. Elle arrive avec ses belles robes, ses bonnes manières, son goût de la littérature et des arts alors que sa soeur et surtout son mari sont des êtres frustres et matérialistes. Stranley est plus qu'énervé par le comportement de sa belle-soeur qui le dédaigne. Il cherche à découvrir le véritable visage de Blanche. Il apprend que Blanche est ruinée et qu'elle a dû vendre sa plantation. De plus, elle a été renvoyée de l'école où elle enseignait pour avoir eu une aventure avec un élève de 17 ans. En apprenant cela, Stanley fait rompre les fiançailles de Blanche avec son ami Mitch et n'a plus qu'une idée en tête : faire sombrer Blanche, une fille déja bien fragile, dans la folie...

La tension de la pièce trouve son origine dans l'opposition des personnages : Stanley est un animal puissant, sans état d'âme, prêt à bondir sur une frêle biche. Blanche est certes une mythomane mais c'est d'abord une rêveuse qui recherche un idéal ; ses rêves se sont évanouis lorsqu'elle a découvert que son mari était homosexuel; ce dernier s'est suicidé et elle n'a pas arrêté ensuite de rechercher l'être idéal. Elle déclare que pour elle, le mensonge est d'abord un rêve et de la magie donnée à autrui...Mais dans ce monde ingrat, les idéalistes sont condamnés à l'incompréhension.

Le personnage de Stanley, la proie, n'en est pas pour autant un personnage infâme. Il apparaît dans toute sa sensualité et répond au mépris de Blanche. Leur relation est faite de haine et de désir. La guerre des nerfs, le conflit psychologique est le vrai mobile de la pièce...

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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 14:35

ALGERIE

Actes Sud Papiers, 2000

Abdelkader Alloula est l'un des grands dramaturges algériens contemporains. Comme de nombreux intellectuels de son pays, il fut assassiné par des terroristes en 1994 à l'âge de 55 ans. Vous pouvez consulter sa biographie sur le site suivant : http://www.algerie-dz.com/article1747.html

Abdelkader Alloula - 3.5 ko

Dans sa pièce la plus connue, Les sangsues, il nous livre une critique acerbe de la bureaucratie algéroise qui, soucieuse de son ambition personnelle, en arrive à mépriser le peuple.

Nous sommes au lendemain de l'indépendance. Un bureau administratif vient d'ouvrir ses portes. Trois hommes viennent sur le devant de la scène. On comprend que l'un est le chef, les deux autres, ses assistants. On livre un fauteuil en cuir lorsque le chef est absent ; les deux assistants, mourant de jalousie, sont bien tentés de l'essayer. Le chef entre et leur fait un leçon de "service public" : les fonctionnaires doivent appliquer la loi tout en servant le peuple ! Apparemment, cette maxime est bien difficile à appliquer ! Les trois fonctionnaires vont devenir des "planqués" qui méprisent les demandes du petit peuple. A l'entrée du bureau, un appariteur accueille les habitants avec un gourdin ! Pendant ce temps, le chef accueille des prostituées et fait la fiesta ....

Les scènes sont entrecoupées de chants et de danses, faisant ressembler le tout à une pantomime burlesque. Cette pièce est une vive satire de l'administration qui ne pense qu'à son bien personnelle au dépend des besoins du peuple. L'ensemble est très humoristique, le dramaturge joue sur la surenchère en accumulant les gags. L'ensemble pourrait peut-être apparaître un peu "lourd" à certain. Mais bob, ce n'est pas tous les jours que l'on voit un pièce algérienne jouée par une troupe algérienne !

J'ai assisté à cette représentation au Forum Culturel du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). La pièce était en bilingue arabe-français mais je n'ai été à aucun moment génée par l'emploi de la langue arabe.

Une pièce originale, engagée qui m'a bien fait rire !

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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 12:22

SUEDE

Arche Editeur, 2002

Lars Norén, né en 1944, est considéré comme le plus grand dramaturge suédois depuis Strindberg. Ses pièces plongent au plus profond de la misère humaine de nos sociétés contemporaines. Vous pouvez consulter sa biographie sur http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/bio-auteur.php?id=449

Guerre ne met pas en scène des champs de bataille ni des tranchées mais une famille qui souffre de la guerre. Il s'agit de voir la guerre du point de vue de l'individu, de l'intime. Aucune indication spatio-temporelle n'est donnée mais de multiples allusions évoquent toutes les guerres que nous connaissons : guerre de 39-45, Tchétchénie, Rwanda...A noter également que les personnages n'ont pas de noms ; ils sont appelés par de simples lettres: le père est D, la mère est A, les filles B et C, le frère est E. Déshumanisation à l'oeuvre...

Un père revient au foyer familial alors que tout le monde le croyait mort. Sa femme et ses deux filles sont surprises de le voir en vie et le découvre aveugle. Bientôt un autre personnage fantômatique arrive; il s'agit de E , le frère du père, qui est devenu l'amant de sa femme....

A côté du père aveugle, rôde le frère amant. La "vie" continue : la fille aînée se prostitue. On découvre que la mère a été violée plusieurs fois. Elle se refuse à son mari et lui déclare qu'elle aime son frère. Le père va assouvir ses désirs sexuels avec sa fille....

Selon Norén, la guerre fait transgresser tous les interdits : inceste, adultère, tout est permis dans une sorte de bacchanale Pourtant, une fuite, une vie semble possible : la mère déclare qu'elle n'a jamais aimé son mari comme elle aime son amant qui lui a appris la vraie vie. B et C continue à jouer , B sort avec les soldats américains...Cette pièce a des accents homériens (le père aveugle qui revient de la guerre fait penser à Ulysse) et shakespeariens (la mère qui vit avec le frère de son mari).

Un auteur qui nous plonge dans les méandres de l'enfer en plaçant l'humain en première ligne.Peu lui importe qui sont les vaincus et les vainqueurs de la guerre. Il s'agit avant tout de traiter des répercussions du mal sur l'homme et de répondre à une question essentielle : qu’est-ce qui fait que l’homme survit, même après les plus terribles épreuves, même après avoir tout perdu ?

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7 mai 2006 7 07 /05 /mai /2006 12:06

JEUNE PUBLIC

Editions Actes Sud -Papiers, collection" Heyoka jeunesse", 2005

Cette pièce est un magnifique conte métaphorique : on peut aussi bien la voir au théâtre que la lire le soir au coin du feu ! Elle oppose avec beauté l'ombre et la lumière.

Horn, un vieil homme guidé par une mystérieuse bougie va raconter sa vie et celle de sa bougie à une assemblée d'enfants : Dieu l'a créé sous forme de grain qui a germé sept ans plus tard dans la neige. Horn grandit aveugle dans son royaume de neige. Un jour, Merveille, une mystérieuse fée de l'ombre lui offre la vue et un beau royaume. Il gardera son royaume seulement s'il dit toujours oui à Merveille et non aux autres.

Mais un jour , Aube, une petite fille aveugle, pénètre dans le royaume glacé de Horn. Il tombe amoureux et lui dit oui ... Merveille fait engloutir le royaume et Aube disparaît sans les flots.... Horn va partir à sa recherche dans le pays du Grand Midi...

Sur sa route, il va rencontrer de mystérieuses créatures : un âne à trois têtes inspiré du célèbre âne de Buridan (l'âne qui meurt de faim et de soif à cause de son indécision devant un plat de nourriture et un seau d'eau) et un homme prénommé "Personne" avec un carton en guise de tête.

Sur la route du Grand Midi, il va découvrir que Aube est la fille du soleil qui a été enlevée par les armées de l'ombre. Ils lui ont volé ses yeux et ....Merveille les a donnés à Horn.

Horn devra se présenter devant le soleil, le père d'Aube, qui l'éblouira. Mais, retrouvant sa fille perdue dans le regard de Horn, il versera une larme...qui contient une bougie . Cette bougie est Aube ! Horn et la bougie ne se sépareront plus...

Ce magnifique conte est inspiré d'une légende du Livre des morts égyptiens : "Le dieu Râ a fait la chair de l'homme avec les pleurs de son oeil" : la fille aveugle du soleil devient une larme-bougie qui éclaire le fils de l'ombre.

Voila, j'espère que je vous ai bien raconté l'histoire et que ce petit résumé vous donnera envie d'acheter le livre et de le lire à vos enfants !

A précise que la pièce a été jouée avec des marionnettes....

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3 mai 2006 3 03 /05 /mai /2006 10:19

Actes Sud Papiers, 2005

Après vous avoir présenté une pièce "jeune public" de Catherine Anne, j'ai choisi de vous parler de l'une de ses pièces pour adultes, Le bonheur du vent.

Cette pièce s'inspire de la vie de calamity Jane, une femme cow-boy à la fin du XIXe siècle. Elle est restée célèbre pour avoir écrit à sa fille abandonnée des centaines de lettres qui ont été publiées après coup.

Catherine Anne est partie de ces lettres pour créer une pièce emplie de sensibilité sur l'abandon , l'adoption de la fille de Calamity Jane. Les trois actes se déroulent sur un vingtaine d'année. Ils mettent en scène trois femmes : Jane, Irène (la fille adoptée) et la mère adoptive, Hélène. Le décor : le far west rude opposé à la bonne société new-yorkaise.

Chaque acte choisit de ses focaliser sur l'une des trois femmes : au début, Jane, est abandonnée par son mari pour une autre femme. Elle doit subvenir aux besoins de son bébé. Mais elle est également éprise de liberté : sa passion est de monter à cheval, et de tirer comme les garçons....C'est le bonheur du vent...

Un couple sans enfant va donc adopter la petite fille. Le deuxième acte est centré sur la mère adoptive Hélène, qui craint le retour de Jane. Eprise d'amour pour sa petite adoptée, elle meurt prématurément..

Le troisième acte est centré sur Irène, la fille adoptée devenue adolescente et par le retour de Jane. Hélène, devenue un fantôme, veille sur Irène.... L'adolescente est, tout comme sa mère biologique, attirée par le bonheur du vent...

Autour de ces trois femmes, veillent deux hommes : Jim, le père adoptif et "l'ami" secrètement amoureux de Jane.

Les états d'âme des trois femmes oscillent entre désir de liberté et remords....Les mots sonnent très juste et vont au plus près des sentiments des personnages. Catherine Anne traitent du sujet de l'adoption et de l'abandon avec beaucoup de tact; ce thème est remarquablement traité de tous les points de vue, que ce soit celui de la mère qui abandonne, celle qui adopte ou celui de l'adoptée.

Le tout respire une odeur de far-west pour notre plus grand bonheur....

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