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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 17:20

Prix Mystère de la critique/ Grand Prix RTL Lire -1985

La Maison Assassinée










Ce polar provençal (on a surnommé Magnan le"Giono du roman policier" , auteur qu'il a d'ailleurs très bien connu) a été adapté au cinéma par Georges Lautner, avec Patrick Bruel dans le rôle principal. 

Quel livre ! A vraiment déconseiller aux âmes sensibles ! L'atmosphère est vraiment très glauque....

Une famille entière est sauvagement assassinée dans une maison à Lurs dans les Alpes de Haute Provence. Vingt-cinq ans plus tard, Séraphin Monge, le seul rescapé du massacre (il n'était qu'un nourrisson de quelques jours) revient sur les lieux. Nous sommes en 1919, juste après la Ders des ders. Il a connu les tranchées certes, mais le pire pour Séraphin sont les cauchemards de sa mère qui le supplie de découvrir la vérité. Il va donc enquêter dans le village à la recherche des assassins.

Les personnages, tous très bien campés, sont criants de vérité. Magnan décrit un cadre de vie très acariâtre, un climat rude qui est une émanation de l'état d'esprit des villageois. Des scènes sanguinaires (deux scènes atroces), des secrets bien enfouis, une langue à la poéttique et réaliste font de ce roman un chef d'oeuvre. 

Rarement un livre a produit en moi une telle tension ; à chaque phrase, j'avais l'impression de frissonner !

L'intrigue est très menée puisqu'alors que Séraphin souhaite tuer les assassins de sa famille, un autre être mystérieux accomplit la sombre tâche avant lui. Le récit est teinté de fantastique puisque Monge est hanté par la vision de sa mère morte.

L'occasion de découvir un "polar du terroir" (je ne sais pas si le terme existe !). Un récit d'une force incroyable, à la violence physique et psychologique inouie.

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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29 décembre 2007 6 29 /12 /décembre /2007 19:02

Grand Prix de Littérature policière, 2002



Editions Folio Policier

Patrick Pécherot est l'héritier de Jean Amila et Didier Daeninckx : il signe des polars immergés dans les milieux populaires qui ont le mérite de remettre sous la lumière des faits historiques méconnus, des affaires louches.

C'est ici le cas avec ce roman qui se déroule entre les deux guerres sur la Butte Montmartre. Le héros-enquêteur Pipette est à la fois un poète, un collaborateur d'un journal à scandales et en même temps cambrioleur de riches avec sa bande de potes pour arrondir les fins de mois !!! 

Sauf qu'un soir, dans une belle villa, ils découvrent un macchabée dans un coffre-fort !!! Ils embarquent donc cadavre et coffre dans leur piaule et se mettent à enquêter sur le cadavre et le propriétaire de la villa. 

Le cadavre est un certain rouleau qui enquêtait pour un journal à scandales et le propriétaire est un Comte, propriétaire d'aciéries lorraines, qui a beaucoup de dettes. 

Et voila donc Pipette et ses compères enquêtant dans un Paris typique : il y croisent La Goulue, les anarchistes  et même André Breton qui n'est pas le dernier pour partir à l'assaut  du vieux monde ! 

Le tout racontée dans une langue gouilleuse, typique du vieux paris des années 30. On appréciera la peinture fidèle et rétro du Montmartre des années 30 : les petits métiers du spectacle et les forains, les poètes etc...

L'enquêteur est un personnage haut en couleur à la fois poète, escroc et détective privé !

Comme chez Daeninckx et Amila, on retrouve le petit peuple qui découvre un secret sur les classes dirigeantes. C'est du bon polar qui met le doigt là ou ça fait mal.

Pécherot rend également hommage à Nestor Burma et son créateur Léo Malet. Ici pas de police, de commissaire mais juste des privés non officiels qui cherchent à réparer les injustices. Du grand art !

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19 septembre 2007 3 19 /09 /septembre /2007 23:00

Grand Prix 2005 des lectrices de "Elle"

Passage du désir












Editions Viviane Hamy, 2004

Dominique Sylvain est, avec Fred Vargas et Dominique Manotti , la reine du polar français. Il est vrai qu'en quelques années, l'écriture du polar français s'est fortement féminisée !

Avec ce titre, Dominique Sylvain s'est fait connaître du grand public. Pour résumer, je dirais que j'ai vraiment adoré les personnages ainsi que le cadre mais que j'ai vraiment trouvé l'affaire alambiquée ! Mais beaucoup de charme quand même !

Tout commence par un braquage de banque en banlieue. Puis nous voila au coeur du 10e arrondissement de Paris dans un petit bistrot typique tenu par Maxime, un ex journaliste reconverti dans la restauration après le meurtre de sa femme. Les trois serveuses, copines depuis de longues dates, vivent en coloc. L'une, Khadidja, est la copine de Maxime. Un soir, deux d'entre elles rentrent dans leur petit appartement et trouvent Vanessa,  la troisième assassinée ....avec les pieds tranchés.

Khadidja et Chloé ainsi que Maxime sont les premiers suspects pour un inspecteur débile nouvellement nommé. C'est ainsi qu'un duo de choc entre en scène : Ingrid Diesel, d'origine américaine, la copine masseuse de Maxine, amoureuse transie, qui est prête à tout pour innocenter l'élu de son coeur.......et Lola Jost, une autre amie de Maxime,  l'ex-commissaire bourrue aux kilos en trop qui a quitté la police après la mort accidentelle de son coéquipier; depuis, elle se réfugie....dans les puzzles !!!

Mais sous  l'insistance d'Ingrid Diesel,  Lola va quitter ses puzzles pour mener une enquête parallèle à celle du commissaire en titre...

Il faut dire que tout accable Maxime : on apprend qu'il avait eu une aventure avec Vanessa et que sa femme était morte dans des conditions similaires il y a des années...
Mais il y a aussi Farid, le braqueur, ex petit ami de Vanessa et frère de Khadidja, introuvable depuis le meurtre. On sait en plus qu'il supportait très mal que sa musulmane de soeur sorte avec une quinquagénaire...

Qu'importe : pour Ingrid et Lola, il est innocent ! Les voila donc parties dans les rues de Paris enquêter du côté des immigrés roumains, des cinémas d'horreur et des bars à streap tease !

Et là, ça se complique ! Il y a des ramifications partout ! On remonte dans le passé de Maxime mais aussi dans celui de Farid. Ca parle photos de mode, associations d'entraide et de mangas ! Oui, ça part dans tous les sens mais à chaque fois, on est vraiment happé par le charme du duo d'enquêtrices !

Ce duo n'est vraiment pas conventionnel : Lola, la rondouillarde, la ronchonne, qui a un flair pas possible pour trouver ce qui cloche ; face à elle, Ingrid, l'américaine, grande perche très maigre habillée à la garçonne, ferait tout pour sauver Maxime et Lola quand elle a des embrouilles. Entre elles, elles utilisent des expressions, des proverbes dignes d'Audiard. A noter également que ce duo est dans le civil et supplante un policier bien bâlot !

Le talent de Sylvain se reconnaît également dans la façon de planter un décors : l'histoire se déroule dans le 10e arrondissement de Paris, le quartier du Canal Saint-Martin. Paris des bistrots, Paris des immigrés, Paris des cabarets, il y en a pour tous les goûts !

Un seul bémol, donc : une intrigue , certes à suspens, mais beaucoup trop de choses alambiquées...

A lire vraiment pour les personnages....

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 18:56

Prix des Deux-Magots, 1953

Touchez pas au grisbi !

Adaptation cinématographique par Jacques Becker, 1954

J'ai vu très récemment le film de Becker, avec Jean Gabin dans le rôle principal, ce qui m'a donné envie de découvrir le roman policier français des années 50. 

Albert Simonin a contribué à faire entrer l'argot dans la littérature policière ; il y reproduit fidèlement le parler des voyous. Ainsi, le grisbi est l'argent, le butin q'une bande de voyous a volé dans un casino. Max, un voyou vieillissant compte bien sur ce grisbi pour d'assurer des vieux jours tranquilles. Mais c'est sans compter la maladresse de son fidèle compagnon de route Riton, qui crache le morceau à sa maîtresse...qui le trompe avec un autre voyou. La maîtresse en touche deux mots à Angelo qui est prêt à tout pour voler le grisbi à Riton et à Max. ...

L'intrigue est très simple mais ce n'est finalement pas l'action et les rebondissements qui comptent. C'est la description du milieu, le langage et surtout la formidable amitié entre Riton et Max ! Max est le dur du duo, le malin alors que Riton est la figure du cocu pas très malin. Bien sûr Riton donne du fil à retordre à Max mais il est prêt à tout pour défendre son honneur malgré les emmerdes !

Cela m'a donné envie de lire ces polars des années 50 que je ne connais pas du tout ! 

Mais sans doute que Leumanne pourra me conseiller sur ce sujet qu'il connaît sur le bout des doigts !

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1 mai 2007 2 01 /05 /mai /2007 09:28

ETATS-UNIS

Hard révolution

Editions Seuil Policiers, 2005

Plusieurs amis m'avaient déjà conseillé de lire "un Pelecanos". C'est fait et je ne regrette pas ! Comme beaucoup d'auteurs de polars, Pelecanos insère son intrigue dans un contexte politique et social bien particulier. Ici, il nous fait entrer dans le quartier noir de Washington au moment de l'assassinat de Martin Luther King en 1968.

Avec brio, Pelecanos mêle petite et grande Histoire, destin individuel et destin collectif. Les deux héros sont deux frères noirs que tout oppose. Derek Strange est devenu flic (profitant des premières embauches de gens de couleurs dans la police) alors que son frère aîné, Dennis, fait les 400 coups avec une bande de dealers. Dennis est en train de préparer un holdup avec ses fréquentations douteuses alors qu'un noir est assassiné ave préméditation. La bande de Strange est-elle dans le coup ? Derek va enquêter avec un inspecteur blanc qui emploie sa mère comme domestique...

On retient tout d'abord la profondeur psychologique des personnages : Derek se sent coupable pour être passé de l'autre côté, lorsque par exemple, il réprime les émeutes après la mort de Martin Luther King. De même, Dennis a de plus en plus de mal à assumer son côté "mauvais garçon" face à ses parents et à son frère flic. Pourra-t-il aider sa bande de copains à préparer le hold-up sans pour autant les dénoncer?

Dans la deuxième partie, à la révolte des noirs, s'ajoute un duel sanguinaire entre deux hommes qui cherchent vengeance.

Le deuxième point fort de ce livre, c'est la restitution de l'atmosphère américaine des années 60. Tout y est et l'écriture de Pelecanos fourmille de détails. Beaucoup de descriptions de voitures, évocation de matchs de base-ball, description des bars et surtout de multiples références au rock et à la musique noire américaine (gospel, blues, soul...). Il en ressort une forte impression de réalisme.

Pour résumer, une belle intrigue sur la revendication des droits civiques en Amérique.

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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 21:20

ETATS-UNIS

Editions Gallimard, collection Série Noire, 1946

Après 1275 âmes de Jim Thompson, j'ai choisi de vous présenter un autre grand classique du roman noir américain des années 50. Horace Mc Coy est un écrivain maudit aux Etats-Unis mais fait figure d'écrivain mythique en France; c'est Marcel Duhamel qui l'a découvert et l'a fait publier dans la célèbre Série Noire en 1946.

Lorsque l'on lit Un linceul..., on comprend pourquoi Mc Coy ne fut pas reconnu aux Etats-Unis ! En 1937, il ne parvint à publier ce roman qu'en Angleterre. C'est en France qu'il eut un véritable succès à partir des années 50. Ce roman dresse un portrait sinistre des Etats-Unis avant la Seconde Guerre Mondiale : censure de la presse, extrémisme, présence du Ku Klux Klan....Mc Coy évoque même la figure d'Hitler pour le comparer à la clique des politiciens qui dirigent le pays ! Ainsi, Mc Coy dresse un portrait au vitriol du "pays de la liberté".

L'intrigue est très simple, le style est vif et très concis, proche de celui d'Hemingway. Très peu de descriptions et beaucoup de dialogues, Mc Coy va à l'essentiel.

Mike Dolan est un reporter épris de justice. Lorsqu'il présente à son rédacteur en chef un papier sur des magouilles dans un match de base-ball ; une équipe aurait été payée pour perdre. Le rédacteur en chef refuse de faire publier cet article pour éviter le scandale.

Dolan prend alors ses cliques et ses claques et décide de fonder son propre journal ...pour dénoncer toutes les magouilles de la ville...Il va être accompagné par un ex collègue sympathisant communiste et une belle demoiselle, Myra, qu'il va courtiser.

Dolan découvre alors scandale sur scandale : un médecin avorteur protégé par son frère politicien et surtout l'"élite" de la ville faisant partie d'une secte proche du Ku Klux Klan...

Malgré plusieurs menaces, Dolan est bien décidé à faire tomber les gros bonnets. Il doit lutter aussi contre les journalistes concurrents qui veulent étouffer l'affaire.

Le personnage principal est haut en couleur. Ce personnage justicier est aussi un tombeur de belles dames; il séduit toutes les filles des grands pontes locaux !

Vraiment une belle découverte aussi bien par le thème (c'est drôle d'évoquer Hitler lorsque l'on sait que ce pays pourri jusqu'à l'os va se présenter 10 ans plus tard comme le chantre du monde libre !) que par sa forme : c'est simple, direct et très efficace. On a l'impression d'entendre des dialogues de film.

Un livre majeur sur la censure de la presse aux mains des politiques,  encore malheureusement d'actualité...

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 20:06

ETATS-UNIS

Editions Gallimard, Série Noire, 1964

Jim Thompson (1906-1977) est l'un des chantres du roman noir américain avec Horace Mc Coy et David Goodis. On lui doit plusieurs scénarios hollywoodiens dont Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick.

Ce roman a été adapté au cinéma par Bertrand Tavernier, sous le titre Coup de torchon avec Philippe Noiret et Isabelle Huppert. La même histoire mais un contexte historique différent, l'Afrique coloniale française avant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre est un petit chef d'oeuvre, de par le charme de son héros, où plutôt de son anti-héros Nick Corey, shérif d'une petite ville paumée du Texas dans les années 20.

Jugez-en plutôt par la manière dont il se présente :

"Je m'appelle Nick Corey. Je suis le shérif d'un patelin habité par des soulards, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopards de tout poil. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon cul qui les reçoit. Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser"

Nick a en fait un grave problème : c'est un gros fainéant, il n'est shérif que par le titre car il n'arrête jamais les salauds ! Tout le monde lui reproche...Sauf que les prochaines élections arrivent et que pour se faire réélire, il va devoir être un peu plus actif que d'habitude et faire le ménage....

Il va donc devenir un justicier exemplaire et sanguinaire pour assurer son avenir ! Je prétexte lui en est donné par le shérif d'une autre ville qui lui a botté les fesses pour l'humilier. Il va alors tuer deux souteneurs et essayer de faire porter le chapeau à ce shérif en le soûlant! Première machination...

Les manigances continuent : il y a aussi Tom, le saoulard, mari de Rose, la maîtresse de Nick. Tom est gênant, il le tue et arrange tout pour faire accuser un nègre ! Et l'hécatombe ne s'arrête pas là; car il y a aussi sa femme et son beau-frère qui commencent à l'emmerder !

Nick Corey est vraiment un personnage haut en couleur; c'est un fainéant, un tueur, un manipulateur qui rend la justice pour assurer ses propres intérêts. Mais il a tellement de charme ! Car autour de lui, tout est médiocrité et pourriture : alcooliques, maquereaux, putains et j'en passe ! C'est un bon père tranquille parfois dangereux...

Son langage truculent et humoristique, très populo, finit de nous charmer. Jim Thompson a vraiment une vision très noire de l'humanité qui est décidément mal barrée ! Ce policier tient de la bouffonnerie pure et simple.

Vous dévorerez ce bijou en un jour et vous l'aurez plus qu'a voir Philippe Noiret incarner Nick Corey !

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25 février 2007 7 25 /02 /février /2007 14:17

Editions Viviane Hamy, 2004

Ca y est, j'ai enfin lu un deuxième Fred Vargas. Il faut dire que ce sont tous vos conseil, celui d'une collègue et bien sûr l'adaptation cinématographique de Pars vite et reviens tard qui m'y ont incité !

C'est donc l'opus que Vargas a écrit juste après Pars vite...que j'ai choisi. J'éprouve toujours le même enthousiasme, je l'ai dévoré en 2 jours : une certaine dimension fantastique, profondeur psychologique du commissaire Adamsberg et personnages secondaires très pittoresques ; que de bons ingrédients pour se régaler !

Voici l'intrigue : le commissaire Adamsberg est soudain sujet à d'étranges malaises après avoir vu la photo d'un cadavre : une femme tuée par trois trous dans le ventre percé par un mystérieux objet. Après avoir vu un tableau représentant le dieu Neptune et l'aide du précieux et érudit Danglard, Adamsberg comprend l'origine de ses malaises : la femme a été tuée de la même manière que la fiancée de son frère il y a 25 ans. Son frère avait été accusé à tord...même si Adamsberg avait réussi en partie à démasquer le juge Fulgence, un vieil homme mystérieux réfugié dans son manoir. Après le meurtre, son frère ayant pris la fuite, Adamsberg part sur les traces de Fulgence et découvre qu'il a tué à peu près 10 personnes de la même manière : en les éventrant avec un trident....jusqu'à sa mort il y a une dizaine d'années.

Après ce nouveau meurtre, Adamsberg va rouvrir ses dossiers secrets : Fulgence a-t-il ressuscité? Est-ce ce l'ieuvre d'un parfait imitateur ?

Et nous voila partis pour 400 pages de légendes et de contes : voici Adamsberg confronté à un mort vivant, à des fantômes surgis du passé. Neptune et son trident....de quoi faire douter tout son entourage et faire sombrer Adamsberg dans la plus pure folie....d'autant plus que ressurgit sa culpabilité de ne pas avoir pu innocenter son frère.

Tout bascule au Canada lorsque Adamsberg part faire un stage de relevé d'ADN. Un matin, il est retrouvé inconscient alors que le cadavre de sa dernière conquête est retrouvée morte avec les fameux trois trous dans le ventre...Adamsberg devient le principal suspect. Véritable crime ou manipulation?

Deux points forts à ce livre : tout d'abord la psychologie d'Adamsberg qui perd pied et que l'on soupçonne de crime. Il devient un "pelleteux de nuages" , quelqu'un qui divague et qui croit aux morts vivants contre tout son entourage. De belles pages consacrées à la culpabilité, au doute. ..

Ensuite, l'atmosphère évanescente et fantastique qui tourne autour du meurtrier. On sait son nom depuis le début mais il nous échappe constamment : il est tout d'abord un mort vivant puis ensuite un centenaire !Tout comme la peste dans Pars vite..., cela contribue à donner une dimension fantastique et légendaire au roman.

On peut citer aussi l'atmosphère pittoresque pleine d'humour  avec des personnages haut en couleur (la vieille dame hackeuse, les policiers avec des expressions bien canadiennes). On se dit même parfois que Vargas en fait un peu trop avec les canadiens !!!!

A la fin, la solution est un peu trop alambiquée et psychanalytique à mon goût. Il faut de la psychologie mais pas de trop quand même ! J'ai donc préféré Pars vite...qui est génial du début à la fin mais celui là n'est pas mal du tout quand même !

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 18:49

Editions Viviane Hamy

Pars vite et reviens tard

Adapté au cinéma par Régis Wargnier en 2007

J'ai lu il y a quelques années le superbe roman de Fred Vargas (le seul d'ailleurs malgré mon enthousiasme !) et je viens de voir le film.

Je trouve d'ailleurs les critiques assez sévères : je trouve que les acteurs sont assez bons (à part peut-être José Garcia) et que l'atmosphère générale du roman est respectée. Deux bémols toutefois : le film se passe dans le quartier du Centre Pompidou alors que dans le livre, c'est à Montparnasse. Je trouve que c'est assez bizarre car ce quartier est le modèle de l'avant-gardisme alors que le roman de Vargas baigne dans un Paris traditionnel, celui des petits métiers. Mais ce n'est pas trop grave quand même !

Ce ui est plus grave, c'est que la solution de l'énigme est complètement changée ! Dans révéler le dénouement, on peut juste dire que Wargnier a choisi d'inventer une intrigue en Afrique qui a rien à voir avec le livre et qui l'enrichit en rien l'intrigue ! Pour ceux qui n'ont pas lu le livre, ça passe mais pour les admirateurs de Vargas, ça choque vraiment !

Il reste cependant que ce film reste tout à fait visible !

Je vous conseille toutefois , si ce n'est pas déjà fait, de lire ce roman. A Montparnasse, un crieur professionnel (Vargas a réinventé ce métier !) déclame tous les jours les petits messages de tout le monde : lettres d'amour, petites annonces et....d'étranges messages qui annoncent l'apocalypse et le retour de la peste à Paris ! Pendant ce temps, un être étrange peint des signes inconnus sur les portes des appartements parisiens. L'inspecteur Adamsberg découvre à l'aide d'un érudit latiniste qu'il s'agit d'un signe destiné à se protéger de la peste. Bientôt, des meurtres se succèdent dans les appartements non marqués. La peste est-elle de retour à Paris ? Dans quel but ?

Voici pour l'atmosphère générale ! Vargas installe avec talent et humour un climat apocalyptique en plein Paris. On se croirait en plein Moyen-Age ! J'ai vraiment aimé les différents personnages comme le crieur, le vieil érudit et même les semeurs de peste ! Vargas est vraiment une fine psychologue et a un véritable style .

Malheureusement, je n'ai pas lu d'autres livres d'elle. Lesquels me conseillez-vous?

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 20:10

Gallimard Série Noire, 1975

Voici un grand classique écrit par l'inventeur du "néo polar" français. Vous pouvez consulter le site http://manchette.rayonpolar.com ,très intéressant pour découvrir l'auteur.

Pourquoi le terme de néo-polar?

Il faut dire que dans ce livre, il n'y a pas de détectives, ni de flics et l'enquête intervient uniquement à la fin. L'auteur met en scène Georges Gerfeaux, "Monsieur Tout Le monde", cadre commercial dans une entreprise qui va se retrouver un soir en mauvaise posture. Sur la route, il sauve un homme accidenté qu'il emmène à l'hôpital. Mais à peine arrivé, il s'enfuit laissant la victime livrée à lui-même. Ce dernier était en fait poursuivi par deux tueurs à gages...

Quelques jours plus tard, Georges Gerfeau part en vacances sur l'Atlantique avec femmes et enfants. Tout d'un coup, il est attaqué par les deux tueurs qui tentent de le noyer.

A partir de ce moment là, la vie de "Monsieur Tout Le Monde" bascule. Il va prendre la fuite  et lui aussi découvrir le pouvoir du pistolet...Manchette va nous décrire la course poursuite entre Gerfaut et les deux tueurs...

L'originalité du livre réside dans le fait que le personnage principal est un anti-héros : Georges Gerfaut est un être servile qui vit dans un quotidien étriqué. Il ne secourt la victime que par obligation. Il semble être le jouet du destin; s'il prend les armes, c'est uniquement parce qu'il y est acculé.

Deuxième grande originalité : le style d'écriture. Manchette est connu pour son écriture très épurée et distancée. Pas d'effusion, pas d'emphase, pas de psychologie. Les descriptions sont très cinématographiques : l'auteur décrit uniquement les actions, le comportement des personnages dans des phrases très courtes du genre sujet, verbe et complément. Nulle place n'est faite pour développer l'intériorité des protagonistes.

Par cette écriture, Manchette donne une vision très noire, très pessimiste de la société.

Je vous conseille vraiment de lire ce titre qui est vraiment différent de ce que j'ai lu en romans policiers à ce jour.

A noter que ce roman a été adapté en BD en 2005 par Jacques Tardi. Je ne l'ai pas lue...

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