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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 12:14

ARGENTINE

 

 

Editions Moisson Rouge, 2009

 

Coup de projecteur sur les editions Moisson Rouge qui, depuis 2007, mènent une politique éditoriale originale afin de nous faire découvrir des perles rares de la littérature noire classique et contemporaine :

 

http://www.moisson-rouge.fr/

 

" Critique sociale, peinture des déroutes et des folies de l'époque, fresque urbaine, roman noir, fantastique et trans-genre. Au catalogue, une grande variété géographique, avec une nette orientation vers les sociétés en crise ou en mutation.Notre ligne éditoriale sinue en marge du polar classique. Nous jouons sur l'explosion des codes plutôt que sur les trames narratives classiques du roman policier et sommes particulièrement attentifs au style, à la qualité littéraire, à l'originalité et à l'atmosphère « noire ».

 

Ce thriller loufoque a remporté un prix à la Semana Negra à Gijon.

Un roman mené tambour battant qui vaut le détour ! Les situations rocambolesques sont au rendez-vous.

Imaginez un petit fonctionnaire de l'état civil qui se retrouve avec sa femme dans un bel hôtel du Maroc. Il a déjà rêvé de Dorita meurt de milles façons ! Et bien, un beau matin, crise cardiaque ! Ayant peur qu'on l'accuse, Octavio met le cadavre sous le lit de la chambre d'hôtel et s'enfuit. Dans le hall de l'hôtel, il rencontre Soldati, un révolutionnaire qui pique les portefeuilles des milliardaires boliviens. Soldati s'est reconverti dans la vente de glaces dans le désert...et lui propose d'utiliser son camion frigorifique pour enlever le cadavre...

 

Mais tout ne se passe pas comme prévu. Lors de leur déambulation dans le désert, Octavio et Soldati sont rattrapés par le milliardaire bolivien et des gangsters qui veulent à tous prix récupérer leur mystérieux portefeuille...

 

Tout se complique encore un peu plus lorsqu'un troisième larron vient rejoindre les deux compères : un argentin qui se révèle être Carlos Gardel censé être mort dans les années 30 et qui rêve de tuer Julio Inglesias qui a repris l'un de ses tangos !!! Sans oublier un Prix Nobel de Littérature qui n'a jamais écrit une ligne....

 

Tout ce beau monde, derrière cette épopée burlesque, poursuit à sa manière ses rêves ; la vie est une allée simple, il ne faut pas de regrets, il n'y a pas de retours possibles :

 

"L'important c'est d'aller, de faire, de rire, de pleurer, de vivre. Ce sont des verbes, de l'action. Si tu te trompes, tant pis. Mais si tu ne décides pas par toi-même, la chance, bonne ou mauvaise, te sera toujours étrangère. Tu comprends ? On ne peut pas vivre en accusant toujours les autres de son malheur, parce qu'être malheureux, c'est aussi un choix, mais un choix de merde. »

 

Ce road-movie déjanté est en fait une quête initiatique, une allégorie sur la poursuite des rêves, aussi insensés soient ils.

L'anti-héros, le petit fonctionnaire, va révéler son talent au cours du voyage. Onirisme, fantaisie et humour forment un coacktail explosif. Cela  pourrait être une nouvelle science des rêves, en roman...

 

On ne peut pas vraiment parler de polar...Il y a certes des courses-poursuites et des envies de meurtre mais nous retenons surtout les aventures fantasques, les désirs des personnages. On est bien dans cette nouvelle littérature au delà des genres...



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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 21:29

ROMAN NOIR - MEXIQUE



Editions L'atinoir, 2009

Coup de projecteur sur une maison d'étidion fondée à Marseille en 2007 consacrée au roman noir sud-américain. Paco Ignacio Taibo II en est le conseiller littéraire.

Iode est un ovni littéraire aux allures fantastiques : monologue d'un tueur psychopathe, attardé mental, innocent ou surdoué érudit. On ne saura pas...Comme le dit Taïbo II, l'auteur "a exploré l'innocence du mal d'un psychopathe face au mal programmé de la société".

Dans un petit village du Mexique complètement sans dessus dessous suite à des opérations immobilières, un étrange bonhomme albinos vit en compagnie de sa mère : cartomancienne, sorcière, on sait qu'ellle l'a ressuscité d'entre les morts il y a des années et qu'elle a jeté un sort à son père qui est mort de décomposition avançée ! Alors que sa mère gagne beaucoup d'argent à guérir le corps et l'âme des habitants, le narrateur doit subir l'hostilité des voisins qui lui jettent des pierres. Son passe-temps favori : humer les détritus, regarder la Panthère rose à la télée, écouter de la musique classique et...violer des petites filles pour ensuite les tuer. Les meurtres apparaissent peu à peu mais le narrateur le fait naturellement sans avoir vraiment conscience du mal.

Tout se complique lorsque les différents personnages se dupent entre eux : le chauffeur de bus, la voisine de l'albinos et de la sorcière, les amants de la sorcière. La mère, elle-même, en cache des vertes et des pas mûres !

Chacun joue double jeu et le narrateur innocent fera involontairement tomber les masques petit à petit, souvent à ses dépends. Comme le déclare Taibo II, il ne peut y avoir de lecture morale de ce roman.

Dans cette société pourrie où chacun trompe l'autre (y compris la mère qui trompe le fils) , le narrateur fait figure de génie innocent ; capable de monologuer des poèmes sur l'origine des coquillages (d'où le titre !) et de Carmina Burana, mélomane averti, il est gouverné par l'instinct et les sensations.

On reconnaît bien ici cette littérature sud-américaine qui scrute les maux d'une société d'une manière très poétique, à la limite du fantastique.

Le narrateur est un monstre au sens noble du terme ; il se place au dessus de la mêlée de mafieux pour qui les magouilles et l'argent valent tout. Dans son innocence brutalité, il est ailleurs, au delà.  

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 13:51

ROMAN POLICIER

Anaisthêsia

Edition Gallimard, Série Noire, 2008

Antoine Chainas est l'une des révélations de la série noire française de ces dernières années avec Caryl Ferey et Doa. Malgré une intrigue originale, je trouve que son roman est bien inférieur au style de Ferey par exemple.

Une ville et un pays indéterminés. On pense que c'est en France dans une banlieue pourrie. Les premières pages sont sublimes : un homme parle d'outre-tombe, il décrit son autopsie avec moults détails...Quelques pages plus loin, on découvre qu'il est sorti du coma, après un accident de voiture dans l'exercice de ses fonctions. Désiré est un flic noir, le premier à avoir intégré une unité d'investigation après des émeutes interraciales...autrement dit, il est le champion de la discrimination positive.

En sortant du coma, il est victime d'un étrange syndrome qui lui fait perdre toute sensation de douleur. défiguré, il devient le "fantôme" de la police, celui qu'on enferme dans le placard alors qu'il devient "la pompe à fric" d'un neurologue avide de célébrité...Alors que ce dernier multiplie les expériences sordides sur lui, Désiré reprend contact avec une bande de dealers (en gros, il faisait double jeu avec la police et les gros caïds du coin) et est utilisé par la police pour servir d'appât à "la tueuse aux bagues" une tueuse sanguinaire amatrice de nègres défigurés....

De bons passages mais une insistance trop appuyée aussi bien dans l'écriture que dans l'intrigue. On en finit plus des détails sordides ; Chainas décrit avec précision les nerfs, les os, les muscles du corps, les éléments du cerveau. Le  sexe, le sang sont plus que jamais au rendez-vous. Cela ne me gêne pas mais l'abondance des détails frise la caricature ; le style d'écriture de Chainas consiste toujours à en faire toujours plus.

Des thèmes intéressants : le monstre de foire exploité par les médias, la discrimination positive, le lien entre policiers et les bandes.

Cela aurait pu devenir une intrigue palpitante. Dommage qu'on évolue petit à petit vers la caricature...

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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 15:03

ROMAN POLICIER


Zulu

Edition Gallimard "Série Noire", 2008

Caryl Ferey a raflé tous les prix avec ce roman : Grand Prix de Littérature policière, Prix du Roman noir français, Grand Prix des lectrices Elle...Après nous avoir fait découvrir le peuple maori de Nouvelle-Zélande  dans Utu , l'auteur nous mène en Afrique du Sud post-apartheid où les politiques, la nouvelle élite" (les nouveaux riches de la société du spectacle), l'armée, la société zoulou traditionnelle, les gamins orphelins de townships et les policiers s'affrontent dans le sang.

Une intrigue très complexe, menée tambours battants, qui nous apprend plein de choses sur les conflits blancs/noirs pendant l'apartheid mais aussi sur les rivalités au sein de la communauté noire, comme par exemple entre les militants clandestins de l'ANC de Nelson Mandela et ceux de l'Inkatha, parti conservateur à dominante zoulou, dont le chef a administré le territoire autonome du Kwazulu, réputé comme étant collaborateur du régime de l'apartheid, dont les milices mataient les révoltes dans les ghettos.

Des années plus tard, les membres de l'armée, de l'Inkhata se sont réfugiés dans d'autres activités...

Caryl Ferey nous plonge comme à son habitude dans une enquête sordide qui ne ménage pas l'hémoglobine ; la fille de l'ancien champion du monde des Springbok est retrouvée sauvagement assassinée. Dans son sang, on trouve des traces d'une drogue inconnue...

Tout semble accuser les bandes et les mafias des townships...jusqu'au jour où Ali, d'origine zoulou, chef de la police criminelle de Cap Town, et ses acolytes découvrent ce qui se cache derrière un banal trafic de drogue...

Férey nous promène dans la "faune" diversifiée de l'Afrique du Sud d'aujourd'hui : préparant la Coupe du Monde de football 2010, les autorités cherchent à enrayer les multiples vagues de violence, la drogue et  le virus du sida. C'est sans compter la mafia locale et toute une bande de nouveaux riches, qui, sur la vague de la mondialisation, deviennent incontrôlables.

Résurgence des traditions zouloues, racisme des autorités, dépression et drogues chez les nouveaux riches...Férey n'épargne personne.
Comme dans Utu, Ali, l'enquêteur, et ses acolytes, sont plus des hors-la-loi que des policiers qui n'hésitent pas à régler leur compte eux-mêmes. Pour ces personnages brisés, qui luttent contre leurs démons intérieurs, la violence n'a pas de limites.

Il s'agit bien d'un roman très noir, où toute trace d'espoir a disparu. La scène finale est un morceau d'anthologie.

On est à mi-chemin entre les grandes enquêtes socio politiques de Didier Daeninckx (mais avec davantage de violence) et celles de John Le Carré qui examinent les rapports nord-sud comme dans La complainte du jardinier.

Du grand polar. Entre Caryl Ferey et DOA (Le serpent aux mille coupures), le renouveau du polar français est assuré...

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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 15:19

ROMAN POLICIER - PEROU

Avril rouge

Editions du Seuil, 2008

Une révélation sud-américaine en polar. Santiago Roncagliolo, jeune auteur péruvien né en 1975, est scénariste pour la télévision et le cinéma ainsi que traducteur et romancier. Ce roman a obtenu le prix Alfaguara en 2006.

Il aborde de manière très brutale le conflit sanguinaire qui opposa la guérilla maoïste du Sentier Lumineux à l'armée péruvienne entre 1980 et 2000.

 

Félix Chacaltana Saldivar, substitut au procureur dans la ville d'Ayacucho, se voit confier l'enquête sur la mort sauvage d'un homme dont le corps est retrouvé calciné dans une grange. Ayacucho, la ville des morts, fête la Semaine Sainte. Mercredi des cendres, mort et résurrection du christ. Des corps brûlés, crucifiés...Les meurtres semblent correspondre à des rituels religieux...

 

Chacalcana doit faire face au mutisme de la police et de l'armée. Malgré lui, il va se retrouver enquêteur ; il interroge paysans, curés, prisonniers membres du Sentier Lumineux. Tous disparaissent au fur et à mesure des jours de la Semaine Sainte.

On fait croire à une résurgence du Sentier Lumineux. Et si Chacaltana avait mis les pieds où il ne fallait pas....

Un polar fascinant de par son contexte sociopolitique qui explore les coulisses du conflit armé/guérilla, par les multiples références à la culture andine, à mi-chemin entre les croyances précolombiennes et la ferveur chrétienne. Éternel retour, cycle de fécondité de la terre, mythe de la résurrection, rôle du feu : un "melting-pot" de croyances qui fait que l'enquête est très riche en suppositions.

L'auteur évite tout manichéisme car tout le monde a un jour "trempé" dans le mal : les paysans sentiéristes, l'armée, l'église qui a construit des fours incinérateurs et...même l'enquêteur principal qui garde bien son aura de mystère...Personnage solitaire, divorcé, vivant dans l'appartement de sa mère, lui parlant chaque soir, il s'enfonce peu à peu dans un engrenage fatal ; au bord de la folie, il pourrait lui aussi cacher des pulsions bien noires...

 

Un polar brillant qui nous plonge dans un Pérou, certes touristique, mais qui n'en n'a pas terminé avec ses conflits civils.

Un Pérou aux prises avec la toute-puissance de l'armée, où les croyances indiennes oscillent entre mythes précolombiens et ardeur chrétienne. Passionnant...



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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 19:16

POLICIER

Le serpent aux mille coupures

Editions Gallimard, Série Noire,2009

DOA est l'une des étoiles montantes (et confirmées) de la Série Noire avec Caryl Ferey. Avec Citoyens clandestins, il a obtenu le Grand Prix de Littérature Policière en 2007.
Alors que son précédent opus de 700 pages nous plongeait dans le monde de l'espionnage et des réseaux islamistes, DOA signe ici un court récit de 200 pages, mené tambour battant, à l'écriture très épurée.

Il n'y a qu'à lire la quatrième de couverture pour découvrir l'éclectisme du récit : un cépage AOC, la cocaïne et la mondialisation...Dans on blog, DOA affirme qu'il collecte des coupures de presse pour en faire des scénarios : un cocktail de faits divers et ça détonne...

Au menu, un village du Tarn et Garonne, un couple mixte qui subit le racisme des vieux paysans du coin, un motard fugitif, des trafiquants de cocaïne colombiens et napolitains, un tueur sanguinaire utilisant des "techniques" chinoises ancestrales, et des gendarmes et des flics qui n'y comprennent pas grand-chose...

Tout ce petit monde va se rencontrer grâce au pur hasard ; la mondialisation gouverne le monde, les trafiquants ouvrent de nouveaux marchés en Europe donc...tous ces mafieux peuvent bien se rencontrer par hasard dans un petit village à côté de Moissac.

Ce soir là, un vieux paysan du coin tient à faire la peau à Omar Petit, un paysan sénégalais qu'on accuse d'avoir volé les terres des autochtones. Mais en s'approchant de la ferme, il assiste à un scène très glauque : un motard tue par légitime défense les trois occupants d'une voiture immatriculée espagnole. A partir de là tout s'enchaîne : le motard se réfugie chez Omar Petit, les associés des hispaniques cherchent à lui régler son compte et le vieux paysan se barricade chez lui...

Si le début est un peu lent (on a du mal à croire à ce "croisement" entre communauté rurale et trafiquants colombiens), il faut reconnaître que l'intrigue est très bien ficelée ; même si le roman est court, DOA prend le temps de créer de beaux personnages ; la palme revient sans aucun doute au motard (on ne saura pas son nom, ni ce qu'il fait, ni d'où il vient). Le face à face final est d'une rare intensité.

L'écriture, efficace, nerveuse va à l'essentiel ; l'auteur privilégie l'action, donc peu de place au récit d'atmosphère et aux descriptions. Le scénario habile fait se court-circuiter globalisation et rejet de l'étranger, deux caractéristiques du monde contemporain. On n'est pas loin du style de Manchette : économie des moyens, dire toute la noirceur du monde avec peu d'artifices ; l'auteur évite tout moralisme ; le sang gicle chez tout le monde, le dénouement ne peut être que très noir.

Mais ne révélons pas la petite surprise de la fin et surtout la signification du titre énigmatique. Personnellement, c'est la première fois que j'ai été autant happée par un personnage (le motard, tueur à gages selon toute logique) qui reste une énigme tout au long du roman. ou comment se souvenir de l'insaisissable...Une belle apologie de la solitude et de la clandestinité.

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 15:41

POLAR AMERICAIN

Bitterroot

Editions Rivages, 2007

Nous avons beaucoup entendu parlé de James Lee Burke, il y a quelques mois avec la sortie de l'adaptation au cinéma de son roman Dans la brume électriqueréalisé par Bertrand Tavernier. Il faut savoir que James Lee Burke est l'un des grands classiques contemporains du roman noir avec notamment Georges Pelecanos ou encore Dennis Lehane.

Sa patte : une description très poétique et lyrique de l'Ouest américain et de la Louisiane, un refus de l'intrigue manichéiste et des personnages hantés par le mal et la vengeance.

 

Deux personnages favoris, des flics rongés par la culpabilité, David Robicheaax et Billy Bob Holland, un ex texas ranger, devenu avocat après avoir tué accidentellement son coéquipier. Depuis, son fantôme le poursuit, donnant une petite teinte fantastique à ses romans.

Alors que Dans la brume électriquese déroule dans les bayous (marécages) de Louisiane, ce roman a pour cadre la Bitterroot Valley, paysages magnifiques du Montana, au nord-ouest des Usa, à la frontière canadienne : éden forestier, paradis de la chasse et de la pêche, paysages grandioses de vallées et de canyons sur fonds de massifs montagneux. L'auteur exalte cette nature préservée avec une écriture souvent très poétique...mais l'éden n'est que naturel : il décrit une faune humaine tourmentée, hantée par la culpabilité et la vengeance : les personnages, s'ils sont tous marqués par le sceau du mal, brillent par leur épaisseur et leur originalité ; le mal prend différents visages : la jeune indienne ivre de vengeance après l'enlèvement de son petit frère, un écologiste fanatique vétéran du Vietnam, un mafieux, un écrivain alcoolique, une "pédale" qui sert de souffre-douleur à des gangsters pédophiles...

Dans le roman de James Lee Burke, l'intrigue est minimale : Billy Bob Holland enquête (à sa manière !) sur le viol de la fille de son ami, le Docteur Voss, fervent défenseur de l'environnement, défendant l'intégrité de la Bitterroot Valley contre l'extraction minière menée par le gangster.

Le point de départ de l'intrigue n'est qu'un prétexte à lever le rideau sur une galerie de personnages certes pourris mais pourtant profondément humains. James Lee Burke n'écrit pas à proprement parlé un roman noir qui dénonce les tares d'une société.
Ce qui l'intéresse, ce sont les conséquences du mal sur la psychologie des personnages, ces formidables bêtes humaines. Un coup de coeur pour Wyatt Dixon, ce clown tragique des rodéos et Terry  Whintespoon, petite pédale soumise qui finira par se révolter sur le tard.

L'auteur alterne les passages d'introspection où les personnages sont rongés par leur culpabilité et leurs doutes et les passages de dialogue souvent hilarants.

Je compte bien lire d'autres titres !

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 20:25

ROMAN POLICIER

Utu

Editions Gallimard Série Noire,2004

Voici un polar âpre et sanguinaire qui a le mérite de nous plonger dans un pays et une civilisation méconnue, la Nouvelle-Zélande et ses indigènes, les Maoris.

Utu signifie vengeance en langue maorie : celle des indigènes à qui l'on vole leurs terres pour en faire des complexes touristiques, eux pour qui la terre est sacrée. Pour vaincre ce mal libéral, réveiller les coutumes ancestrales est une nécessité...

Paul Osborne revient d'Australie pour enquêter sur une double enquête à Auckland en Nouvelle-Zélande : son ex coéquipier s'est suicidé après avoir soit disant abattu un chaman maori soupçonné de meurtres atroces. Mais le cadavre du chaman n'a jamais été retrouvé et sur les lieux du carnage, on a retrouvé un charnier où ont été prélevé des fémurs.
Deux autres cadavres sont retrouvés : dans l'eau une jeune comptable. Quelques jours plus tard, un jeune mannequin est sauvagement assassinée. Et une hache maorie est dérobée chez un collectionneur...
Comment lier tous ces crimes ou accidents ?
Paul Osborne enquête légalement ou illégalement dans la jungle urbaine d'Auckland : chez les nantis, l'élite économique blanche convertie au néolibéralisme : un maire conservateur raciste, un agent de publicité, un agent immobilier, dans les clubs échangistes et dans le bush ancestral.

Au coeur de cette enquête, se greffe une histoire d'amour, l'amour d'enfance d'Osborne, Hana, une jeune maorie, qui hante ses souvenirs. Les chapitres font alterner justement le passé et le présent.

Scénario alambiqué efficace inséré dans un contexte politico-culturel très intéressant : le lecteur découvre une culture et une histoire méconnue et une Nouvelle-Zélande bigarrée, tiraillée entre l'économie libérale et les traditions indigènes.
Cela donne au polar une atmosphère très riche, navigant des clubs échangistes glauques aux paysages marins paradisiaques ou au bush sauvage.

Les personnages ont une réelle épaisseur : Osborne représente le flic hors-la-loi, alcoolique, névrosé, drogué, qui cache un passé mystérieux ; par amour et par esprit de vengeance, il répand l'hémoglobine autour de lui ; c'est un nihiliste pur et dur.

Autour de lui, gravitent des personnages tout aussi intéressant : les personnages féminins en premier lieu, épris de vengeance ou passionné par la dissection des cadavres puis les autres policiers, tiraillés entre leurs problèmes personnels et la pression de l'élite locale.

Un polar très pessimiste, nihiliste qui secoue le lecteur et un documentaire sur la culture maorie.

 

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24 juin 2008 2 24 /06 /juin /2008 23:17

ETATS-UNIS - NATIONAL BOOK AWARD-1988
Cotton point

Editions de l'Olivier, "petite bibliothèque américaine", 1998

Pete Dexter est l'un des plus illustres auteurs de polars américains. Dans la plus pure tradition du roman noir américain, il met en avant la critique politique et sociale de son pays tout en n'excluant pas la profondeur psychologique des personnages.

L'intrigue se déroule en 1954 en Géorgie ; Trout, un infâme usurier, tue une petite noire pour se venger du frère de celle-ci, qui n'a pas payé ses dettes ; un procès s'ouvre : les avocats s'affrontent, il est condamné. Mais les autorités corrompues (juges, police, avocats) se laissent berner et Trout échappera à la prison, ce qui ne se fera pas sans conséquences désastreuses pour la communauté...

Ici, pas de suspense, pas de rebondissements. Nous savons dès le début qui a tué et comment.  Dexter s'appesantit au contraire dur la personnalité du coupable et sur la constellation des individus qui l'entoure : ses deux avocats et sa femme qu'il violente et qui va demander le divorce. Chaque chapitre focalise l'attention sur l'un de ces personnages : l'auteur insiste sur les tergiversations de l'avocat Harry Seagraves , réputé être un avocat droit ; il fera son devoir professionnel en défendant Trout, mais au prix de nombreux sacrifices. Face à la justice corrompue, les deux avocats et Hanna, la femme de Trout, incarne l'humanité et l'utopie.

Face à ces trois individualités, Dexter peint une communauté corrompue qui n'a pas le courage de condamner un vil personnage qui occupe une place de premier plan dans la société. On retiendra cet épisode fantasque où, pour le 150ème anniversaire de la ville de Cotton Point, on organise un simulacre de procès et une condamnation au piloris pour les hommes non barbus !!!!

Le style est sec, sans fioritures ; on est proche sur reportage journalistique (Dexter était d'ailleurs journaliste d'investigation). Il relate les événement de manière brute sans commentaires. Puis le drame arrive, qui lui aussi est traité de manière neutre. Il s'agit de donner à voir ; le lecteur n'a plus qu'à juger cette communauté raciste qui préserve ses notables...

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 22:33
ISLANDE

L'homme du lac

Editions Métaillié, 2007

Voici le quatrième roman paru en France du célèbre romancier policier islandais. Ce dernier s'est fait connaître avec La Cité des jarres et La femme en vert, des enquêtes du célèbre Erlendur sur des cadavres qui réapparaissent plusieurs décennies après leur mort ; petit à petit, l'intrigue fait alterner l'enquête et l'histoire telle qu'elle s'est déroulée dans le passé, qui a abouti à un meurtre.

L'homme du lac apporte cependant une nouveauté : alors que les précédents romans déterraient des histoires de l'ordre du l'intime, dans le cercle familial, Indridason nous plonge dans la grande Histoire, au temps de la guerre froide. Un cadavre est retrouvé dans un lac islandais qui se tarit. On le retrouve à côté d'émetteurs radio, des systèmes d'écoute d'origine russes. Et nous voila partis sur les traces de l'espionnage communiste au temps de la guerre froide.

Parallèlement, nous suivons, dans le passé, le destin d'un groupe d'étudiants islandais partis faire leurs études à Leipzig, en RDA dans les années 50. Le temps des premières révoltes contre le système stalinien ...et le temps des répressions de la police politique...

Au centre de ce groupe d'étudiants, un jeune idéaliste, Thomas qui tombe amoureux d'une jeune hongroise, Llona qui critique ouvertement les dérives du régime communiste...

Bien que l'intrigue ait du mal à démarrer, nous nous attachons progressivement aux personnages ;  en parlant de relations internationales, d'espionnage, Indridason parvient à introduire une dimension intime, un drame humain qui centre l'histoire sur un personnage.

Sans doute pas le meilleur d'Indridason mais tout de même une histoire d'amour touchante et quelques savoureux moments sur la culture islandaise !
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