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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 20:23

POLARS

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Editions Viviane Hamy, 2012

Un premier roman qui fait parler de lui, dans la même collection que les Fred Vargas et Dominique Silvain. 

Une plongée dans le Paris cosmopolite du 19e arrondissement suite à un meurtre particulièrement barbare : une jeune femme est retrouvée avec le sexe affreusement mutilé, couvert de sang de porc. Sur sa table, un rôti de porc transpercé par un couteau...

Un duo enquêtrice-enquêteur est mis sur le grill : Rachel, la juive, et Jean, le Breton. Tous les deux célibataires. De beaux échanges verbaux en perspective !

C'est le voisin du dessous qui découvre l'horreur, en recevant des gouttes de sang de son balcon...

Encore un règlement de compte entre juifs et musulmans...Ce serait trop facile...Plutôt un formidable portrait des différents extrémismes religieux : juifs, chrétiens et musulmans. Une affaire alambiquée de sang, d'argent et ....de drogue. Des petites pilules bleues qui fait que l'on se sent devenir Dieu en personne...

Vous suivez toujours ? 

Peu importe, ce sont les personnages qui nous font nous prendre au jeu. Reconnaissons là l'empreinte de la collection Chemins nocturnes chez Viviane Hamy : un quartier parisien avec ses lieux typiques (vieilles boutiques, restos et cafés parigos avec dégustation d'onglets), des dialogues enjoués à la verve satirique, un vieux libraire arménien, un brocanteur....on n'est pas loin des romans de Dominique Sylvain qui fréquente d'ailleurs le même quartier du 10e et 19e arrondissement. 

Quant au personnage d'Ahmed, jeune loup solitaire musulman retranché dans son appartement parmi ses tonnes de livres, le coupable tout désigné, il pourrait faire penser à un personnage de Simenon. Avec sa mère à l'hôpital psychiatrique et ses "problèmes" avec les femmes, on pourrait croire qu'il est schizophrène.

Tout va se compliquer lorsque l'on va découvrir les copains des copines de la victime. Une enquête qui va nous mener jusqu'au Témoins de Jéhovah dans la province niortaise et au siège des juifs loubavitchs à Brooklyn...

Une histoire tragique, tournant autour de la notion de divinité. Et les chemins pour mener à Dieu ne sont pas toujours très...catholiques ! Une petite pilule bleue a tendance à faire oublier les tables de la loi...

A noter une réflexion intéressante sur les rapports intergénérationnels au sein de familles religieuses extrémistes : les enfants ont bien du mal à vivre au sein de ces communautés repliées sur elles-mêmes, qu'elles soient chrétiennes musulmanes ou juives. Les parents n'ont qu'à bien se tenir, la révolte gronde...

Je n'en dis pas plus, ce premier roman est d'une richesse insoupçonnée. Découvrez-le vite !

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 20:12

POLARS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/1/0/1/9782355841101.jpg

Editions Sonatine,2012

Ellory, depuis le succès d'Anonymes et de Vendetta est le plus américain des auteurs de polars britanniques. Après s'être attaché à la Mafia dans Vendetta et à la CIA dans Les Anonymes (tous des best-sellers), Ellory s'attaque à une autre légende américaine, NYPD, New-Ork police district, autrement dit la police new-yorkaise. 

Et il faut dire que c'est drôlement réussi. On y retrouve à la fois la patte d'un Scorsese et des Sopranos...car il met en scène un policier qui consulte une psy !

Une analyse psychologique très fine, des dialogues percutants, une construction intelligente, et un aspect documentaire passionnant sur l'Histoire de l'aéroport new-Yorkais JFK. 

Il n'en faut pas plus pour dévorer très rapidement un roman de près de 600 pages !

Le secret : coller au plus prêt des sentiments de Frank Parrish, l'enquêteur. Ce dernier traverse une mauvaise passe : fraîchement divorcé, alcoolique, il a assisté au meurtre de son coéquipier et est obligé de raconter sa vie à une psy de la police...l'occasion  pour lui de revenir sur la vie de son père, "Ange de New-York" du nom de la brigade d'élite chargée de  nettoyer New-York des gangs et de la pègre, sous l'ère Giuliani. Une figure mythique qui cache bien des zones d'ombre...

Commence alors des séances passionnantes où Parrish livre à la psy des pans insoupçonnés de l'histoire de la naissance de l'aéroport JFK où des milliers de marchandises furent confisquées par la mafia...

Ces séances sont entrecoupées par l'enquête actuelle de Parrish : des jeunes filles adoptées  retrouvées assassinées le mettent sur la trace d'un réseau de prostitution. Identifiant les mortes à sa propre fille, Parrish va se lancer dans une véritable poursuite obsédée du tueur, quitte à en oublier les règles de la hiérarchie et de sa propre survie.

Nous vivons alors au rythme de la vie de Parrish ; les chapitres correspondent à des heures et des jours précis. Sans lui donner la parole directement, sauf bien sûr dans les dialogues, Ellory parvient à nous faire tout vivre à travers son regard, ses pensées, ses sentiments. A ce rythme haletant, le lecteur est confronté avec l'enquêteur à la personnalité du tueur...qui finalement reste secondaire. 

L'enquête reste classique et du coup, on a l'impression que la personnalité du tueur est à peine esquissée. Petit bémol donc...Mais l'enquêteur est si criant de vérité que nous oublions vite la psychologie meurtrière !

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23 juin 2012 6 23 /06 /juin /2012 13:00

ETATS-UNIS-ROMAN POLICIER

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/8/2/0/9782264051028.jpg

 

Editions Presse de la Cité, 2009

Richard Price, né en 1950, est aujourd'hui, avec Georges Pelecanos et Denis Lehane, l'un des plus grands auteurs de romans noirs américains. Mais il est surtout connu en tant que scénariste hors pair, notamment de Martin Scorsese et de la série The Wire (Sur Ecoute). 

Le cadre de ses romans : la ville de New-York. Pas la ville de Jay McInerney ou Michael Cunningham qui privilégient les beaux quartiers de Manhattan avec ses financiers et ses artistes mais plutôt les quartiers de la marge, comme le Bronx où il est né ou le Lower East Side, cadre de son dernier opus. 

Le Lower East Side, quartier métisse par excellence, d'abord celui des juifs orthodoxes puis ensuite des chinois, des artistes bobos et des bandes des cités environnantes. De multiples communautés qui vivent l'une à côté de l'autre sans jamais se rencontrer. 

Cela va pourtant être le cas lorsqu'un jeune étudiant barman qui se promenait ivre avec ses deux autres potes est tué par balle ; l'autre est blessé, le troisième, Eric Cash, barman et poète à ses heures, tente d'appeler le 911 après avoir aperçu une silhouette noire...il faisait nuit, un couple assiste à la scène. Eux affirment qu'ils étaient seuls dans la rue. 

Il n'en faut pas plus à Eric Cash pour être mis en garde à vue et cuisiné par l'inspecteur Matty Clarck. Sauf que le lecteur sait en fait très rapidement que le "tueur" est un petite frappe de la cité d'en face en mal de reconnaissance et que c'était plutôt un accident...L'inspecteur va alors devoir revoir ses préjugés...

Ce qui intéresse Price, ce n'est pas tant l'enquête ; nous ne sommes pas ici dans un thriller haletant avec un suspense à toute épreuve. L'essentiel n'est pas de chercher et trouver le coupable (pour le lecteur, c'est déjà fait) mais d'assister à une confrontation passionnante de personnalités aussi attachantes les unes que les autres. Au centre de tout cela, la solitude, l'incapacité à communiquer, les relations conflictuelles entre les parents et les enfants. Des personnages confrontés à leurs démons, leur manque de confiance en eux. 

Une palme pour Marcus, le père de la victime, fou de chagrin, qui harcèle l'inspecteur Matty pour trouver lui même le coupable. Et pour l'inspecteur Matty, le double de Marcus, qui lui aussi a du fil à retordre avec ses deux fils adeptes du crack...Ces deux là font la paire pour une histoire à la fois tragique et grotesque. Quant au tueur "par erreur", poète à ses heures, esseulé, défiguré, aux prises avec son beau-père violent, il est très attachant. Eric Cash, le restaurateur harcelé par la police, se réfugé quant à lui dans une cave, lassé de l'incommunicabilité entre les êtres. 

Le tout servi avec un art consommé du dialogue. Très attachant !


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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:35

POLAR

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/4/6/7/9782070130764.jpg

 

Editions Gallimard, Série Noire, 2012

Après s'être intéressé aux maoris de Nouvelle-Zélande (Utu et Haka) et aux Zulus d'Afrique du Sud (Zulu, Grand Prix de littérature policière et Grand Prix des lectrices Elle en 2008), le grand Caryl Ferey pose sa plume en Argentine, un pays méconnu mêlant dictature implacable, crise financière et extermination des minorités. Le titre du roman fait référence à la minorité indienne "Mapuche" qui a été exterminéé par les grands propriétaires terriens argentins. 

Comme à son habitude, Ferey explore l'histoire méconnue d'un pays, se plonge de plein pieds dans la fange, dans le sang, dans la violence la plus implacable : les conflits de politique, d'argent et de territoires donnant lieu à des terreurs inouïes, celles que l'on cache pour mieux les déterrer un jour....

L'Argentine, où la dictature militaire de Videla s'est abattue en 1976, après le régime péroniste : un régime d'extrême droite qui se solde par des milliers d'exécutions sommaires de militants de gauche, des milliers de disparus et des enlèvements de nouveaux nés...ceux que l'on retirait aux militants de gauche pour les donner aux couples stériles proches des militaires....

 

Plus de trente ans plus tard, le corps d'un travesti est retrouvé scalpé dans le port de Buenos Aires. Quelques jours plus tard, Maria Campanello, la fille d'un riche industriel finançant la campagne du candidat à la mairie de la capitale, est retrouvée elle aussi, morte dans le fleuve. 

Bientôt, on va découvrir ce qui relie les deux meurtres...

Pour mener l'enquête, loin de la police corrompue, deux écorchés vifs. L'homme, Ruben, rescapé des rafles de 1976, ayant perdu père et soeur dans des circonstances atroces, mort-vivant, qui est détective au service des familles de disparus et surtout des Abuelas de la Place de Mai, qui combattent depuis trente ans pour retrouver les enfants disparus adoptés. Sa mère en est d'ailleurs une. 

La femme Mapuche, Jana, sculptrice, amie du travesti assassiné, elle aussi anéantie par l'extermination de son peuple. 

Ces deux êtres vont faire cause commune pour faire établir la vérité. 

Attention, il ne s'agit pas d'une enquête mais bien de corps à corps sanglants. Nous pénétrons dans le thriller le plus noir qui soit ; tortures les plus cruelles les unes que les autres, l'hémoglobine est au rendez-vous. Ferey ne laisse pas respirer son lecteur et crée une course poursuite sanglante. L'établissement de la vérité passe forcément par la vengeance ; oeil pour oeil, dent pour dent, telle est la loi de Ferey. 

Les personnages, boules de sang et de nerfs, sont très réussis. Du très bon polar. On peut juste regretter une écriture moins élaborée que dans les précédents opus, des dialogues moins percutants. 

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 19:06

Editions Viviane Hamy, 1995 et 2007

 

Baka ! (Edition revue par l'auteur)

 

 

Il s'agit du premier roman de Dominique Sylvain, réécrit  en 2007, après avoir passé plusieurs années au Japon.

On y voyait la naissance du personnage de Louise Morvan, détective privé ayant hérité de l'agence de son oncle.

 

Moins "typique" que la célèbre Lola Jostmais elle n'hésite pas à mettre KO des yakuzas...Forte femme tout de même !

 

Louise est contactée par un évêque richissime qui lui demande de s'envoler pour le Japon pour surveiller son neveu qui lui a demandé de l'argent. Elle qui ne connaît pas un mot de japonais va découvrir un pays tiraillé entre traditions et modernité ; elle y découvre un neveu qui tente de lutter contre les dettes qu'a contractées la famille de sa future femme auprès des yakusas. Pour cela, un trafic d'oeuvres d'art sera bien nécessaire...

 

Yakusas, antiquaires, politiciens véreux, membres de sectes, comédiens, tenanciers de bars, collectionneurs.Le peuple japonais nous apparaît dans toute sa diversité, loin des stéréotypes ! On est loin de la culture manga et Louise/Dominique nous fait même découvrir des facettes inconnues de la culture japonaise comme les rakugo, ces conteurs comiques qui enthousiasment les foules, avec un simple éventail pour accessoire de scène.

 

Soupe au daïkon, hallucinations, visions de fantômes et de revenants, reliques volées, intrigues de yakusas.Voici le coaktail explosif. 

 

 Comment un évêque peut-il  être  intéressé par une antiquaire japonaise ?

C'est tout l'art de l'auteur de mêler la culture occidentale à la tradition et à la modernité japonaises.

 

L'intrigue, bien que riche, est moins alambiquée que dans les autres enquêtes du duo Jost/Diesel. Les personnages sont nombreux mais les liens qui les relient sont plus évidents.

 

De plus, il est rare de voir un détective privé dans les romans policiers d'aujourd'hui !

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 18:37

Editions Viviane Hamy, 2007

 

L'absence de l'ogre

 

Je continue avec plaisir les aventures de Lola Jost et d’Ingrid Diesel, les enquêtrices (non officielles !)  de Dominique Sylvain.

Nous voici donc partis pour un voyage dans le monde de la botanique qui mènera nos deux compères jusqu’en Louisiane au pays des cajuns.

C’est donc entre les traditionnels bistrots et les parcs de Paris et les boîtes jazzy de la Nouvelle Orléans que vont se dérouler nos aventures. Entre temps, nous aurons croisé les jardiniers du Parc Montsouris qui baptisent leurs arbres du nom de présidents de la République, une guitariste gothique  voulant créer un centre artistique, des religieuses d’un couvent du XIIIe arrondissement, un agent immobilier frauduleux qui veut racheter le couvent et….même un aventurier, Louis Guillaume Giblet de Montfaury, amoureux fou des épices et de botanique qui a créé un jardin fabuleux il y a de cela trois siècles dans ce même couvent et un écrivain de romans policiers qui s’est emparé de ce personnage pour faire un best seller !

Lorsque Lou, la rockeuse est retrouvée un beau matin étranglée dans le Parc Montsouris, tous les soupçons se portent vers le jardinier américain Brad (que l’on croyait français), fraichement débarqué de sa Louisiane natale après le cyclone Katrina. D’autant plus que là-bas à la Nouvelle-Orléans, son patron a été retrouvé assassiné. Les deux assassinats sont-ils liés ?

C’est ce que vont tenter de démêler nos deux enquêtrices, d’autant plus qu’Ingrid est très liée à ce Brad : des années plus tôt, aux Etats-Unis, Brad l’avait sauvée d’un viol.

Les voila donc parties à la rencontre de personnages plus pittoresques les uns que les autres : bonnes sœurs, vieil héritier, jardiniers, musiciens…Nous découvrons un Paris secret, celui des vieux couvents et jardins, reconvertis par des personnes peu scrupuleuses en centre d’art ou en centre d’affaires.

Et parallèlement, Lola Jost prend plaisir à lire le Best Seller mettant en scène un féru de botanique, ce qui lui éclairera peut-être la lanterne….

Finalement, ce que l’on retient chez Dominique Silvain, ce n’est pas le brio de l’intrigue mais bien ces nombreux personnages fantasques qui s’aiment, qui s’écharpent dans des joutes verbales à nulle autre pareilles. Comme toujours, l’enquête officieuse est contre l’enquête officielle et on assiste avec plaisir aux duels flics/anciens flics.

Lorsque l’on referme le roman, on est déçu que l’enquête soit résolue. Mais c'est sans doute parce ce n’est finalement pas tellement elle qui compte mais la joyeuse aventure que nous ont fait vivre les protagonistes.

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 16:14

POLICIER

 

Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet

 

Editions Gallimard, 2010

 

Antoine Bello, né en 1970 à Boston, est l'une des révélations françaises de ces dernières années. Prix France-Culture Télérama en 2009 pour Les éclaireurs, il s'est fait connaître par Les falsificateurs, un roman jubilatoire où il imagine qu'un consortium de falsification du réel invente de toutes pièces les grands événements de l'Histoire.

Son point fort : des histoires brillantes, des scénarios qui font la part belle à l'imagination et surtout à la subtilité.

 

Son dernier opus, une parodie de roman policier en hommage à Agatha Christie est jubilatoire !

 

Comment déconstruire le roman policier en bonne et due forme...

Un enquêteur ... Une disparition ... Un suspect...Tous les ingrédients sont là et pourtant !

 

Achille Dunod, l'enquêteur...Un enquêteur au repos forcé et pour cause ! Après avoir reçu sa bibliothèque sur le coin de la figure (où trône bien sûr l'oeuvre complète d'Agatha Christie), Achille souffre de pertes de mémoire antégrades. Il se souvient de toute sa vie avant l'accident mais est incapable d'engendrer de nouveaux souvenirs. Il est donc obligé de noter dans un petit cahier rouge les événements de la veille. Son modèle : Hercule Poirot. Donc, lorsque l'inspecteur vient le voir dans sa chambre pour lui proposer de résoudre clandestinement une affaire, il saute sur l'occasion !

 

Claude Brunet, le suspect. Brillant neurologue, c'est aussi un séducteur infatué de lui-même qui collectionne conquêtes sur conquêtes. Sa femme vient de disparaître avec son amant, professeur de yoga. C'est donc le principal suspect, même s'il a averti le premier la police et....qu'il s'est fait passé à tabac par un jeune policier à bout de nerf ! Il est donc lui-même devenu amnésique ! Vous suivez toujours !

 

Entre l'enquêteur et le suspect, va donc se jouer une guerre des nerfs géniales ! Achille Dunot, qui ne se souvient pas de se qui s'est passé d'un jour à l'autre, est obligé de noter au jour le jour ce qui s'est passé la veille. Mais ce qu'il écrit  correspond-t-il vraiment à la réalité ? Chaque jour, Achille relit son précieux carnet. Quant à Brunet, il lui propose d'échanger leurs notes respectives !

Achille devient alors à la fois l'enquêteur, l'auteur, le lecteur et le héros de son enquête. Il cherche dans les différents romans d'Agatha Christie différents indices. Certains protagonistes de l'enquête ressemblent étrangement à des héros ou criminels chez Agatha Christie. De quoi y perdre son latin !

 

Bello se moque allègrement des règles du roman policier. Comme celle qui veut que l'enquête soit forcément résolue ! La fin se joue habilement du lecteur.

Certes, c'est un exercice de style, mais très divertissant et jubilatoire. On en redemande !

 

 

 

 

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 20:24

ESPAGNE

 

 

ROMAN NOIR

 

Editions Actes Sud Noire, 2010

 

Voici le deuxième opus de Carlos Salem, après Allée simple . On y retrouve sa marque de fabrique : une bonne dose d'humour et des anti-héros loufoques ; mais je trouve que ce deuxième roman n'a pas la poésie du premier...

 

Explication : un homme prend la parole dans un ascenseur. On comprend très vite que c'est un tueur à gages surnommé "Numéro Trois" qui se cache sous une autre fonction bien plus "terre à terre" : vendeur de matériel médical.

 

Alors que  Juanito  doit garder ses enfants, il est contacté par "son entreprise" pour aller "enquêter" sur une plage nudiste du sud de l'Espagne. C'est là que se trouve sa prochaine victime....et son ex-femme, le nouveau copain de cette dernière, juge s'il vous plaît, un écrivain qui ne rêve que de Sicile, un policier atypique et quelques très belles créatures...

 

Alors qu'il doit se dépatouiller avec le bazar de sa vie privée, il reçoit un appel anonyme de "Numéro 2" comme quoi sa mission est terminée ou en tous cas stoppée pour l'instant.

Et si finalement, c'était lui la cible ????

 

Dans cet imbriglio perpétuel, le pauvre Juanito tente en vain d'y retrouver son latin. Il tente d'utiliser sa tête mais comme lui disait son maître, le mieux est parfois d'utiliser ses couilles !

 

On suit avec plaisir ses multiples subterfuges pour cacher son métier, la découverte progressive des enfants que "leur père est un héros" et finalement sa trouille d'être tué.

 

Mais il reste de tout cela une impression un peu légère. Pourquoi ? Dans Allée simple, Salem prenait le temps de bien camper tous ses personnages. Ils avaient tous "un grain" mais aussi des rêves fous qui les rendaient un peu poètes.

 

Ici, le héros se revèle finalement un homme comme les autres qui réfléchit à son passé (ses rêves d'enfant avortés de devenir pirate) et sur son avenir. Il se livre véritablement à un examen de conscience.

Reste une belle allusion à la littérature avec le personnage de Camilleri, le double du "vrai" écrivain sicilien.

 

Un bon divertissement mais qui n'arrive pas à la cheville du premier opus...

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 12:00

POLICIER

Guerre sale

 

Editions Viviane Hamy, 2011

 

Voici le nouvel opus de l'auteur de Passage du désir, Prix Elle 2005. Du très bon polar, toujours avec cette verve si particulière, qui nous emmène cette fois-ci dans les arcanes des relations secrètes Françafrique, autour de rétro commissions de trafics d'arme.

 

Un avocat d'affaires, Vidal, est retrouvé sauvagement assassiné au bord d'une piscine municipale, un pneu enflammé autour du cou. il s'agit d'une "technique africaine" utilisée entre autres par les tontons macoutes d'Haïti. Lola Jost, l'ex commissaire de la crim' fait tout de suite le rapprochement : son collègue, Toussaint Kidjo, a subi le même sort cinq ans plus tôt. Effondrée, elle a pris sa retraite un an plus tôt..

 

Enquête officielle et non officielle...Lola, en compagnie de son amie américaine strip-teaseuse, va mener sa contre-enquête clandestine, parallèlement au commandant Sacha Duguain. Les soupçons se portent rapidement sur Gratien, le chantre de la France-Afrique...

 

DGST, services secrets, politiques. Tous sont dans la ligne de mire...

 

Dans cette intrigue aux nombreux rebondissements, Dominique Silvain orchestre avec brio les conflits personnels qui entraînent de multiples manipulations. Amours et amitiés passées, collaborations diverses et variées...Les pistes se brouillent et personne n'est à l'abri du soupçon. L'auteur plonge au plus profond de l'intimité des personnages pour saisir leurs failles, leurs frustrations qui peuvent mener à une vengeance extrème.

 

La toile de fonds, c'est bien sûr les scandales politico-financiers de la Franceafrique, mais ce n'est pas cela qui nous tiend en haleine. C'est au contraire la course poursuite effreinée qui va peu à peu faire tomber tous les masques et dévoiler les secrets les plus intimes des personnages. Personne n'est épargné et chaque flic cache une fêlure inavouable.

 

Sans oublier ce style inimitable fait de jeux de mots, de citations en tout genre, d'humour à toute épreuve. Et lorsque Lola et Ingrid se retrouvent au bar Les belles de jours et au Vigneron d'Oberkampf, pour boire un coup, c'est encore mieux....

 

C'est du grand art : humour, psychologie, analyse d'une société gangrénée par le fric...Il y en a pour tous les goûts !

 

 

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:31

 

EDITIONS MOISSON ROUGE, 2010

 

Mississipi blues

 

Décidément, les éditions Moisson Rouge, qui veulent promouvoir le roman noir "au delà des genres", nous réservent de belles surprises.

 

J'avais déjà chroniqué il y a quelques temps Moi, comme les chiens de Sophie Ricci et Allée simple de Carlos Salem.

 

Voici ma troisième découverte ; un mélange de roman historique, de roman noir et de science-fiction !

Eli Cooper est un peintre expressionniste renommé du "Village" de New-York, digne héritié de Japon Pollock ou de De Kooning. Mais sa grande passion est le blues des années 30.. .

Un soir, sa femme, chanteuse, est tuée accidentellement sur scène. Ivre de douleur, Eli erre dans les rues, s'évanouit...puis se retrouve dans un village paumé du Mississipi en 1938 !

Il va y faire la connaissance d'une bonne noire, qui est le sosie mystérieux de sa femme....

Eli va peu à peu comprendre que des couloirs du temps permettent de traverser les époques....

 

Un récit polyphonique très bien construit qui alterne les voix de trois personnages : eli, le "transporté", l'esclave noir et l'étrange Kinnae, le "passeur". Les trois personnages s'expriment dans leur journal intime respectif ; au début, o se demande qui est qui et puis, tout se rassemble...

 

Nathan Singer nous livre un récit à la fois des plus réels et des plus fantaisistes. A la manière d'un beau roman sudiste, il peint magnifiquement une atmosphère faite de langueur, de poussière, de travail tout en rendant une magnifique hommage au jazz des années 30, à travers la figure du blues man  Howlin Wolf...Quelques airs de blues du delta, un vieux café enfumé ...et nous voila partis pour un merveilleux voyage dans le temps et une belle histoire d'amour.

 

Le mélange polar/science-fiction se fait habilement grâce à l'invention de curieux personnages "transgenres" : Eli est menaçé par "Eux", la police du temps qui débusque, à différentes époques, les voyageur du temps. Eli va donc devoir échapper à cette police si particulière, ce qui donne à ce récit historico-fantastique des allures de thriller ...

 

Bonne découverte !

 

 

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