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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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5 novembre 2005 6 05 /11 /novembre /2005 00:00

CHILI - PATAGONIE

Francisco Coloane (1910-2002) est le Jack London chilien. Fils d'un capitaine baleinier, figure de l' écrivain aventurier, il exerça de multiples métiers: baleinier, contremaître dans les grands élevages de moutons, matelot, explorateur dans l'Antarctique, participa aux sauvetages de bateaux en péril. On l'appela "le passant du bout du monde"

Cet ouvrage, paru en 1964 , n'a été traduit en France qu'en 1994 et remporta un franc succès. Coloane écrit des nouvelles qui ont pour cadre la Terre de Feu, ces terres inhospitalières situées entre le Détroit de Magellan et le Cap Horn, à l'extrême pointe de L'Amérique du Sud. Terre de glaciers tombant dans la mer, terre des tempêtes, cette terre est le territoire des chercheurs d'or, des dresseurs de chevaux, des éleveurs, des pécheurs et des chasseurs de phoque.

Chaque nouvelle met en scène ces personnages qui se battent avec passion contre cet environnement hostile. Ce sont souvent des histoires tragiques: des chercheurs d'or qui s'entretuent pour remporter leur magot, des péons, bouviers et dresseurs de chevaux affrontant l'armée, des personnages qui ont tout perdu et qui se réfugient dans la solitude des terres australes. Cela n'exclut pas la touche d'humour: un marin qui a peur de l'âme vengeresse de son collègue veut enterrer le cercueil au lieu de le jeter à la mer; mais il se réfugie dans une caverne pour se saouler et oublie le cercueil qui disparaît sous la neige et est retrouvé congelé six mois plus tard ! Il ya aussi beaucoup de tendresse dans ces nouvelles: comme ce cuisinier solitaire qui est chargé de capturer des moutons et qui prend sous son aile un petit agneau orphelin.

Le style est très réaliste; on sent que Coloane a vécu avec ces hommes du bout du monde. Il décrit magnifiquement le paysage magnifique de la Terre de Feu. Si vous aimez les récits d'aventure et les récits de voyage, ce livre est pour vous !

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3 novembre 2005 4 03 /11 /novembre /2005 00:00

PEROU

Gallimard "Du monde entier", 2003

Voici un roman magnifique du grand écrivain péruvien sur les destins croisés de deux idéalistes du XIXe siècle: Paul Gauguin et sa grand-mère Flora Tristan. La naration intercale à chaque fois un épisode de la vie de Gauguin et un chapitre sur le voyage en France de Flora Tristan en 1844. Au fur et à mesure, nous découvrons les liens existant entre les deux êtres, même s'il ne se sont jamais connus...

Le premier est bien sûr plus connu que l'autre même si des établissements scolaires portent le nom de cette révolutionnaire féministe. Fille naturelle d'une bourgeoise parisienne et d'un officier péruvien au service du Roi d'Espagne, elle a milité toute sa vie pour ''l'union ouvrière" instaurant de manière pacifiste l'égalité entre les sexes et la fin de la misère. Refusant le paradis dans le ciel prôné par l'Eglise, elle voulait assurer le bien-être pour tous sur terre. Proche des Saint-Simoniens et des fouriéristes, elle est l'une des grandes utopistes du XIXe siècle: pour elle, l'éducation devait abolir la misère et tous les maux qu'elle engendre: alcoolisme, prostitution...

Cinquante ans plus tard, son petit-fils part lui aussi à la recherche d'un paradis sur terre: à plus de trente ans, il quitte la société occidentale matérialiste et sclérosée pour rejoindre les sociétés primitives de Polynésie. Mais le paradis est plus loin, plus inaccessible que l'on  croit...

Le titre évoque un jeu de petite fille qui consiste à trouver le paradis...Ces deux portrais magnifiques exaltent la force de l'idéalisme qui demeure malgré les obstacles. Ces deux êtres ne trouveront que de la déception au bout de leur chemin. Flora Tristan, parcourant la France au cours de l'année 1844, s'adresse à des ouvriers désabusés, résignés qui ne croient pas en leur avenir. De l'autre côté, pour les bourgeois, Flora n'est qu'une dangereuse révolutionnaire alors qu'elle refuse la guerre civile. Pour elle, seule l'éducation peut révolutionner la société. Gauguin, lui, découvre les îles de Polynésie perverties par la société coloniale; l'Eglise, l'administration occidentalise peu à peu les Tahitiens et luttent contre les coutumes ancestrales. Le paradis est bien défiguré....

Ce roman sublime regorge d'érudition mais dans une langue toujours très accessible. C'est un réel bonheur de découvrir le lien de parenté entre ces deux utopistes... Vargas Llosa creuse derrière la vision paradisiaque des célèbres tableaux pour nous décrire le véritable portrait de Gauguin: un être malade, dépressif, alcoolique mort à 53 ans. Quel bonheur de découvrir son parcours atypique: sa vie bourgeoise de courtier d'assurances jusqu'à l'âge de 33 ans puis la découverte subite de son don. Ses voyages vers le paradis puis sa cruelle déception finale...

Je vous invite donc à découvrir de toute urgence ces deux êtres d'exception qui ont payé de leur vie leur désir d'absolu...Nous retrouvons la verve et l'exotisme du grand auteur péruvien qui nous mène de la société coloniale du Pérou aux îles de Polynésie.

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17 octobre 2005 1 17 /10 /octobre /2005 00:00

BRESIL

Métaillié, Rentrée littéraire 2005

J'attendais beaucoup de ce roman de l'un des plus grands écrivains brésiliens contemporains, fortement plébiscité en France dans le cadre de l'année du Brésil.

Il faut dire que la quatrième de couverture était bien alléchante: un homme enquête sur le suicide d'un jeune anthropologue de 27 ans avant la Seconde Guerre Mondiale. Ce dernier étudiait une ethnie en voie de disparition dans la forêt amazonienne. Etait-il malade? Avait-il un secret de famille? Les indiens sont-ils responsables de sa mort?

Le narrateur (on ne sait pas qui il est) va enquêter auprès de ses anciens collègues ( dont Claude Lévi-Strauss) et de sa famille. La construction subtile du roman fait alterner l'enquête du narrateur, ses souvenirs d'enfance avec son père, exploitant de terres en Amazonie et de mystérieuses lettres d'un ami de l'anthropologue dont on tait le nom adressées également à un destinataire inconnu. Le mystère se dévoilera progressivement seulement dans les dernières pages du livre où nous découvrirons le lien unissant les différents personnages.

Les lecteurs s'attendant à une plongée dans le milieu des ethnies amazoniennes seront forcément déçus: il y a certes bien une incursion dans ce monde mystérieux d'une ethnie en voie de disparition obsédée par la mort mais c'est pour mettre en relief le lien entre le déclin de ces civilisations et le déclin intime de l'anthropologue. De même, il y a quelques passages sur le lien entre les autochtones et les blancs. Il y a très peu d'analyses sur le métier de l'anthropologie.

Le dévoilement du mystère sur le suicide, à mon avis,déçoit terriblement.

Le suis un peu critique ce matin mais j'attendais beaucoup de ce livre qui énéficie d'éloges dithyrambiques dans la presse. Donnez-moi votre avois si vous l'avez lu.

Avez-vous lu d'autres auteurs brésiliens?

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2 octobre 2005 7 02 /10 /octobre /2005 00:00

Argentine- Rentrée littéraire 2005

 

 

 

Editions Christian Bourgois

 

 

César Aira est considéré comme l'un des plus grands écrivains argentins actuels. Et c'est bien mérité.

 Les nuits de Flores sous couvert de petit roman social sur la crise argentine réserve bien des rebondissements. C'est un roman baroque dans la plus pure tradition de la littérature sud-américaine: le masque, la dissimulation et le secret sont au centre de la technique romanesque.

 Tout commence par un portrait plein de tendresse d'un couple de retraités,Aldo et Rosa, qui pour arrondir leur fin de mois, livrent à pied des pizzas dans le quartier de Flores à Buenos-Aires. Car l'Argentine est soumise à une crise économique sans précédent: les classes moyennes s'improvisent livreurs de pizzas et les ouvriers deviennent des recycleurs recherchant dans des poubelles des matériaux de récupération aussitôt revendus à des grossistes pour quelques pesos.

Le lecteur s'attache à ce couple de petits vieux qui sont les seuls à marcher à pied parmi les jeunes livreurs de pizzas qui eux prennent leurs motocyclettes. Ces livreurs s'immiscent dans les bas-fonds de Flores où sévit la délinquance; il n'est pas rare qu'un livreur se fasse attaquer et voler sa mobylette. C'est pour cela qu'Aldo et Rosa préfèrent livrer à pied et... c'est tellement meilleur pour la santé.

Aira décrit à merveille les rouages de la paupérisation engendrée par la crise argentine. Sur ce roman social, va subitement se greffer une intrigue policière: Jonathan, un jeune livreur, est kidnappé et retrouvé assassiné....sans tête dans le quartier de flores. Les médias et la police s'emparent de l'affaire. Un procureur zélé, un critique d'art et un écrivain vont alors entrer en scène sans oublier un couvent de religieuses adorant les pizzas et un mystérieux nain au bec de perroquet et aux ailes de chauve-souris !!!

A partir de là, Aira prend plaisir à promener son lecteur dans un labyrinthe littéraire: on passe du roman social au polar pour aller ensuite se promener chez les critiques d'art (magnifique réflexion sur l'art contemporain) pour atterrir dans un pur roman gothique, où se mêle l'argent et le sexe !

Je ne vous en dis pas plus en vous laissant découvrir ce petit chef d'oeuvre. Si vous aimez la mystification, les travestissements et les rebondissements, ce livre est pour vous !

 

 

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13 septembre 2005 2 13 /09 /septembre /2005 00:00

Littérature brésilienne

Voici enfin la critique de l'Aliéniste, ce grand classique de la littérature brésilienne écrit en 1881. Machado de Assis est le plus grand écrivain brésilien du XIXe siècle et est considéré aujourd'hui comme un classique. L'aliéniste est l'une de ses oeuvres les plus célèbres.

Simon Bacamarte, aliéniste diplômé, s'installe dans une ville paisible et y fonde un asile d'aliénés avec l'assentiment du conseil municipal. Mais les fous sont de plus en plus nombreux et en viennent à constituer quasiment toute la population. L'aliéniste qui considérait que la folie était une île dans l'océan en vient à considérer qu'il s'agit en fait d'un continent. Mais le peuple se révolte et par à l'assaut de "la Bastille de la raison humaine". Le barbier prend la tête du soulèvement dans un but bien précis: prendre la tête du conseil municipal....

L'aliéniste en vient à considérer que les fous sont en fait les raisonnables et les amoureux du bien car ce sont des exceptions. Puis il doute...la science perd tout à coup ses fondements bien peu solides.

Où est la raison? Qui est fou? Le peuple ou le médecin? Machado de Assis rejoint Nerval, Maupassant et Hoffmann qui, à la même époque, ont écrit sur la folie. Ici, le personnage principal n'est pas le fou mais le médecin. Mais n'est-il pas un savant fou....

Machado de Assis en profite pour faire une satire politique et sociale: des ambitieux soutiennent la révolution du peuple pour satisfaire leur goût du pouvoir, des conseillers font voter une dérogation pour que le personnel politique échappe à l'internement dans l'asile... On interne les gens tolérants, modestes, généreux sous prétexte qu'ils sont des exceptions.

Assis, bien avant Michel Foucault, dénonce "l'enfermement des fous" : sous prétexte d'utilité publique, un homme se transforme en tyran. Mais son vaste dessein pourrait bien se retourner contre lui...

Voici une oeuvre bien originale et caustique, différente de ce que nous connaissons habituellement de la littérature sud-américaine. Cette oeuvre n'est pas sans rappeler le message du Rhinocéros de Ionesco: sous des allures de farce humoristique, Assis dénonce les dogmatismes politiques et scientifiques.

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9 août 2005 2 09 /08 /août /2005 00:00

MEXIQUE

Voici l'un des grands chefs d'oeuvre de la littérature sud-américaine écrit par le grand écrivain mexicain Carlos Fuentes. Il s'agit d'une immense fresque historique (et fantastique) retraçant les bouleversements qu'a connu l'Espagne au XVe siècle avec la découverte de l'Amérique.

Sur près de 1000 pages , il met en scène le déclin de l'Espagne (l'inquisition, l'expulsion des maures et des juifs) mais situe le début et la fin du roman à Paris dans une atmosphère apocalyptique: toutes les femmes, jeunes ou vieilles, sont en train d'accoucher; on attend l'élu qui pourra créér un nouveau monde, symbole du multiple, de la diversité et de la tolérance; on le reconnaîtra à sa croix rouge peinte sur son dos....

Mais l'élu a déja failli réaliser ce nouveau monde au XVe siècle lorsque trois jeunes hommes sont apparus mystérieusement à la Cour Espagnole pour revigorer le sang royal. Ils portent lui-aussi une croix rouge sur le dos....

Il faut dire que la famille royale est bien mal en point : le roi ascétique(Philippe II qui n'est jamais nommé) s'est retiré dans son monastère de l'Escurial. Sa mère, Jeanne La Folle, est en deuil et vit dans la crypte depuis la mort de charles Quint (elle se promène avec son cercueil...) La jeune femme de Philippe II se sent bien seule....

C'est alors qu'un beau jeune homme apparaît miraculeusement sur le rivage: il raconte au roi qu'il a découvert un nouveau monde. Le roi refuse de s'investir et laisse ses courtisans dépravés conquérir l'Amérique. La possibilité de créer une Espagne protéiforme a été abandonnée au profit d'une Espagne une et catholique.

Cette fresque foisonnante et baroque retrace toute l'histoire de l'Espagne: elle convoque les grands mythes comme Dom Juan ou Dom Quichotte , Charles Quint et Christophe Colomb. Fuentes convoque le rêve millénaire d'un monde multiple sur un ton apocalyptique: le nouveau monde attend de se concrétiser sur terre....

Terra Nostra est incontestablement l'une des plus grandes oeuvres du XXe siècle: d'une richesse culturelle incommensurable, c'est aussi un formidable condensé de toute notre histoire européenne. Il y a également une réflexion intéressante sur la conception du temps qui pour Carlos Fuentes est cyclique: le "messie" peut revenir s'il n'a pas été accepté sur terre à un certain moment. De même, sa conception du monde est binaire: soit nous créons un monde uni , intolérant et pauvre (ce qu'a fait l'Espagne au XVe siècle), soit nous acceptons un monde protéiforme, symbole de richesse...

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9 août 2005 2 09 /08 /août /2005 00:00

CUBA

Alejo Carpentier(1904-1980), l'un des grands pontes de la littérature sud-américaine (et caribéenne),est le plus grand écrivain cubain de ce siècle.  Il est l'inventeur du réalisme magique avec Gabriel Garcia Marquez. Mais dans ce roman historique, nulle présence du fantastique. Plutôt une épopée dans les îles caraïbes.

Le siècle des lumières nous conte l'histoire des îles caraïbes (Guadeloupe, Martinique, Cuba, Guyane....) du début de la Révolution Française jusqu'aux guerres napoléoniennes. Les Français révolutionnaires, engagés dans la guerre de course avec les Anglais qui veulent récupérer les îles, abolissent l'esclavage en partie pour se concilier leurs colonies. Voici donc les idéaux de 1789 confrontés au plus pur des pragmatismes....La Révolution marque donc l'émancipation des îles caraïbes mais celle-ci est de courte durée. L'esclavage sera rétabli et le bagne de Cayenne sera créé....

Alejo Carpentier nous fait connaître ces événements peu connus de la Révolution Française à travers le destin de trois personnages idéalistes mais très tôt confrontés aux désillusions: Victor Hughes, le personnage historique central, était le Commissaire de la République chargé de bouter les anglais hors de la Guadeloupe: il organisa la révolte des esclaves en 1774 et abolit l'esclavage sur ordre de la Convention. Il changera ensuite de cap en devenant gouverneur de Cayenne...

Autour de cette figure historique énigmatique, gravitent deux jeunes adolescents cubains, un frère et une soeur, qui quittent la Havane coloniale pour défendre les idéaux révolutionnaires.

De l'espoir à la déception, Carpentier nous donne une image captivante de l'application des idéaux de 1789. C'est également un portrait d'une génération idéaliste au début puis peu à peu déçue par la tournure des événements.

Un livre fondamental pour comprendre le "mécanisme" de la Révolution, écrit dans une langue colorée magnifique, évoquant le climat et les épices des îles....

 

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18 juillet 2005 1 18 /07 /juillet /2005 00:00

COLOMBIE

 

Est-il encore utile de présenter Gabriel Garcia Marquez, Prix Nobel de littérature en 1982, auteur du magnifique Cents ans de solitude, chef de file de la littérature sud-américaine et inventeur du "réalisme magique", style associant le réalisme au fantastique et à l'insolite.

Son oeuvre très dense est constituée de grandes fresques historiques ou de fables dénonçant les systèmes dictatoriaux sud-amércains.

Pour découvrir son style, je vous recommande le court roman De l'amour et autres démons: c'est un véritable conte fantastique et ésotérique: un jour, on retrouve dan une crypte le cadavre d'un jeune femme dont la chevelure rousse mesure vingt mètres !

Garcia Marquez va nous conter son histoire rocambolesque à Carthagène des Indes au XVIIIe siècle: la jeune fille se faisant mordre par un chien enragé, son père a peur qu'elle soit contaminée; il va donc l'enfermer dans un couvent par l'intermédiaire de l'Inquisition. Son exorcite va alors tomber amoureux d'elle ...L'auteur va nous conter cette passion destructrice bravant les interdits religieux. Garcia Marquez mêle l'érotisme et le mysticisme pour nous conter une véritable légende. Les personnagers sont très pittoresques (voir la mère obèse de Thérésa qui passe sa journée à manger des tablettes de chocolat à l'ombre des cocotiers) et l'écriture, quoique baroque, est très fluide.

Cette légende est un bon point de départ pour découvrir l'oueuvre foisonnante de ce génie littéraire.

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10 juillet 2005 7 10 /07 /juillet /2005 00:00

Chili

 

Edition Christian Bourgois, 2005

Roberto Bolano est l'un des écrivains chiliens les plus doués de sa génération avec Luis Sepulveda.  Quittant son pays en 1974 avec l'arrivée au pouvoir de Pinochet, il a parcouru le monde (Mexique, Italie, France) avant de s'installer définitivement à Barcelone. Sa mort en 2003 a été l'occasion de le faire connaître en France notamment grâce à Christian Bourgois.

La piste de glace se présente sous la forme d'un roman policier mais l'auteur en contourne toutes les règles: nous savons dès les premières pages qu'un meurtre a été commis mais nous ne saurons qu'à la fin les noms de la victime et du tueur !

Bolano construit son roman de roman de manière polyphonique en faisant alterner trois voix :

-un écrivain chilien émigré sur la Costa Brava ( double de l'auteur) qui s'est reconverti en vendeur de bijoux et propriétaire d'un hôtel-camping

-Un poète mexicain éxilé sans papier embauché par son ami (l'écrivain chilien)comme veilleur de nuit dans le camping

-Un politicien véreux qui tombe amoureux de la belle patineuse Noria et lui fait construite illégalement une patinoire dans une magnifique villa désafectée...(en détournant des fonds publics...)

Les destins de ces trois personnages vont finir par se croiser... Des personnages secondaires comme la chanteuse au couteau et une vieille tsigane vont venir compléter cette savoureuse galerie de portraits.

Ce faux roman policier est construit à la manière d'un labyrinthe: le lecteur découvre peu à peu les liens qui unissent les différents personnages. Bolano dresse le portrait d'une Costa Brava corrompue ou les politiciens sont racistes et démagogues. Mais si l'amour apportait la rédemption...

L'auteur nous tient en haleine jusqu'à la fin en nous surprenant: la victime et le meurtrier ne sont pas ceux que l'on croyait...

Un roman à découvrir à la fois pour sa construction originale et pour son intrigue palpitante et ses personnages attachants...

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