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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 19:46

ROMAN POUR ADOLESCENTS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/7/3/9782364740372.jpg

Editions Thierry Magnier, 2012

Voici un roman à recommander dès 12-13 ans, qui sort des sentiers battus ! Oubliez un temps la bonne morale judéo-chrétienne et plongez-vous dans ce road trip désopilant où deux ados paumés décident de partir en ....Valachie (une province roumaine !) à bord d'une vieille Lada défoncée et volée....

Mais quand on lit la première page, nous n'en sommes pas encore là..ou plutôt si, l'aventure est déjà terminée. C'est Maik qui prend la parole, il est chez les flics, ça sent le café et le sang. Puis deuxième scène : à l'hôpital. Les médecins engueulent les flics...Troisième chapitre : Maik nous raconte comment il en est arrivé là...Son surnom "Psycho", l'élève richard mais en mal d'affection entre un père ultracapitaliste et sa mère alcoolo...Sa route va croiser celle de Tschick, un immigré russe qui ne lésine pas non plus sur l'alcool. 

Alors que ces deux marginaux ne sont pas invités à l'anniversaire de Tatiana, le pin up de la classe, dont est secrètement amoureux Maik, Tschick décide d'embarquer Maik dans une vieille bagnole pourrie pour rejoindre le pays de sa  grand mère....

C'est parti pour une série d'aventures désopilantes où les deux fanfarons vont rencontrer des personnages farfelus (une ado qui fait les poubelles, un ancien fasciste, une infirmière très spéciale) et une fin rocambolesque (la couverture donne certains indices...)

Humanisme, tolérance et fantaisie sont les maîtres mots de cette fabuleuse aventure. Ce qui compte, ce n'est pas la Valachie, mais le trajet, cet entre deux fait de jolies rencontres où les deux jeunes vont apprendre à découvrir les autres et à se découvrir eux-mêmes. 

Ces deux compères ne sont pas du même milieu, même de deux milieux opposés, mais ils souffrent tous les deux d'être stigmatisés. Alors, ensemble, ils vont menés la guerre aux préjugés...

Ce roman oublie les codes de la bonne morale et c'est tant mieux !

Le tout raconté dans une écriture dynamique, à coups de flash-back et de dialogues percutants. Très rafraîchissant !

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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:25

ROMAN POUR ADOLESCENTS (à partir de 12 ans)

7 tomes sur 8 parues

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/2/8/6/9782070634682.jpg

Editions Gallimard Jeunesse/Rageot editeurs

A comme Association ...de deux auteurs, de deux éditeurs et d'un groupe secret qui est censé régir les relations entre Humains et Anormaux, autrement dit les vampires, loups garous et autres con sors...

 

Encore un Harry Potter de plus ? Et bien non, nos deux auteurs s'en moquent d'ailleurs effrontément. Derrière cette association, se cache une belle histoire d'une série écrite en commun. Une rencontre au salon du livre de Montreuil puis le début de l'aventure : le premier écrit par Erik L'Homme, le second par Pierre Bottero, le troisième par ÉriKl'Homme et ainsi de suite...jusqu'à ce que Pierre Bottero meurt en 2009 dans un accident de moto. Erik L'Homme décide de continuer seul l'Association...

 

Le huitième tome sort en octobre. Je n'ai, pour l'instant, lu que le premier, écrit entièrement par Erik L'Homme : Jasper n'est pas un lycéen comme les autres. Fan de magie, jouant de la cornemuse, il commence l'aventure en pourchassant un vampire qui a l'air un peu camé ! Et pour cause...Jasper, agent stagiaire de l'Association, gérant les relations entre humains et anormaux grâce aux paranormaux (vous suivez toujours ?), est chargé de découvrir qui refile de la drogue aux vampires, à ses risques et périls...

Cette première aventure est très drôle ! On suit avec plaisir les déboires de l'apprenti magicien à qui il arrive des mésaventures mais qui retombe toujours sur ses pattes !

Beaucoup de clins d'oeil à la littérature fantastique (Rue du Horla, Rue Guenefort, Rue Mourlevat) dans ce Paris très sombre. Un drôle de roman d'apprentissage maniant le jeux de mots avec brio. Ainsi, lorsqu'on lance une bombe lacrymogène au jus d'ail à un vampire et qu'elle revient sur nous, cela s'appelle le retour du jet d'ail.....

C'est Jasper, roi du calembour, qui raconte sa propre histoire, avec beaucoup d'humour et de détachement. Un très bon divertissement !

Rendez-vous sur le site http://www.acommeassociation-leslivres.com avant la sortie du tome 8 en octobre !

A noter que le deuxième tome, écrit par Bottero, donne la parole à Ombe, apprentiE stagiaire de l'Association...

 

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8 juillet 2012 7 08 /07 /juillet /2012 19:52

ROMAN POUR ADOLESCENTS (à partir de 15 ans)

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/9/9/8/9782070643899.jpg

Editions Gallimard Scripto, 2012

Voici un petit chef d'oeuvre sur un pan peu traité de l'Histoire nazie : le programme Lebensborn mis en place par Himmler pour créer une race aryenne parfaite : faire s'accoupler des jeunes femmes blondes aux yeux bleues triées sur le volet à des officiers SS pour faire naître des prototypes parfaits de la nouvelle race germanique régénérée. Ces enfants étaient par la suite enlevés à leurs mères et élevés dans des centres spéciaux rejoignant les jeunesses hitlériennes. Les Lebensborn ont aussi germanisé de force les r enfants des pays occupés tels la Norvège et  la Pologne en les enlevant à leurs parents. 

Max est le prototype parfait des Lebensborn, c'est même le premier à être né, le jour de l'anniversaire du Führer ! D'ailleurs, et c'est l'idée de génie de l'auteur, c'est Max qui parle du début à la fin. Il parle même au début dans le ventre de sa mère (avec un vocabulaire d'adulte, mais finalement, on s'y fait !). Il veut être le plus beau, le plus fort, il est très fier ! Quitte à jouer des coudes, il sera le premier né et le plus beau des Lebensborn !

Un vrai bébé de physique et d'idéologie nazis; Ne connaissant ni mère, ni père (sauf le Fürher, bien sûr !), il est entouré par des SS, nourrices et enseignants au service du régime. Ecole, Jeunesses hitlériennes et instrument maléfique aux mains du pouvoir pour enlever les enfants polonais...Jusqu'au jour où la belle machine s'enraye...

"L'idée nazie" vécue en chair et en os par un enfant qui n'a connu que cela ...

Un petit chef d'oeuvre qui remue les méninges comme l'avait fait, chez le même éditeur, Jean Molla et son Sobibor  

Sarah Cohen-Scali insiste sur la psychologie de l'enfant "fabriqué" qui n'a ni père, ni mère, qui n'en conçoit pas la nécessité. Pour lui, ce n'est qu'un moyen de plus pour pleurer. L'auteur a parfaitement su saisir l'évolution de la conscience du personnage, qui passe de la surprise, à l'incompréhension jusqu'à la débâcle finale. A noter que l'auteur ne s'appesantit pas sur les scènes violentes. Bien au contraire, elle ne fait qu'évoquer les camps ou les viols de femmes par exemple et préfère se concentrer sur l'intériorité de l'enfant. De même, elle évite tout happy end ou tout sursaut de conscience incroyable ou trop moralisateur. 

Un roman très original qui fera date dans la littérature pour adolescents. 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:36

ROMAN ADOLESCENT (Aventures)



Editions du Rouergue, collection DoAdo, novembre 2009

En avant-première avant le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, le dernier opus d'Alex Cousseau que j'avais découvert avec Poisson Lune ,  une belle histoire d'amitié entre un petit aveugle et un vieux pêcheur.

Au centre de ses histoires, un grand sens de la tolérance, la recherche de l'autre et la poésie.

Alex Cousseau nous livre ici un roman d'aventures historique qui a pour cadre spatio-temporel le Groenland et le monde inuit des années 20/30. C'est le temps des ethnologues et des aventuriers qui découvrent le monde esquimau. C'est l'époque des premiers avions et de la naissance du cinéma, sans oublier les expéditions ethnologiques de la base de Thulé.

Dans ce contexte historique, Alex Cousseau brode un conte très romanesque mettant en scène deux jeunes Inuits, une soeur et son petit-frère, Wanda et Oukiok qui vont parcourir le monde après que leur père ait été tué par un ours portant un mystérieux chapeau.

"Adoptant" ce chapeau, ils découvrent sur lui de mystérieuses initiales KR. Les marchands des comptoirs sur la côte les mettent sur la piste du père de l'esquimaulogie, l'explorateur danois Knut Rasmussen qui étudie les coutumes et légendes du peuple inuit.

Les voila donc partis sur ses traces, en traîneau ou en hydravion, pour rendre le mystérieux chapeau à son propriétaire. L'histoire se déroule sur 20 ans, de 1912 à 1933. Entre temps, ils auront croisé un aviateur passionné, parcouru le Danemark, l'Ecosse et l'Angleterre, rencontré Robert Flaherty, le père du cinéma documentaire et du célèbre film Nanouk l'esquimau et même Churchill et le monstre du Loch Ness....

Comme dans Poisson Lune, le personnage principal souffre d'un handicap ; Wanda est muette mais elle entend des voix qui déchiffrent l'avenir. Son frère, Oukiok, retranscrit ces voix mystérieuses dans un cahier. Cela donne à ce conte un aspect fantastique.

Ce livre est une ode à la liberté et surtout à la force du rêve : comment un petit détail comme un chapeau peut bouleverser des vies et donner envie de parcourir le monde...

Un joli conte très romanesque qui nous apprend plein de choses sur la découverte du peuple inuit.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 12:25

ROMAN ADOLESCENT

Zone cinglée

Éditions Sarbacane, collection "Exprim'", 2009

Un premier roman surprenant d'une jeune écrivain de 23 ans, qui tient à la fois du théâtre antique, du roman de science-fiction, du journal intime et du roman social.

Non, ce n'est pas un énième roman sur la banlieue et ses dangers. L'auteur recrée un univers à la limite de la science-fiction, une ville fantastique tout en clair-obscur : une ville-centre, territoire de la lumière, la cité, monde du béton, où les jeunes se brûlent les yeux, éblouis par la lumière et une zone de non droit, vaporeuse, faite de forêts et de marais, l'Antre, où les jeunes hommes se retrouvent....

La Cité, la zone cinglée, territoire de béton et d'ombres, est sous l'assaut de l'armée des Mères qui se sont regroupées dans un blokaus depuis que leurs fils se suicident après s'être brûlé les ailes et les yeux dans les lumières de la ville. Depuis, elles font la chasse aux jeunes hommes et filles pour qu'ils fassent des enfants...car seuls les jeunes enfants ne connaissent pas la mort...Ainsi, l'armée des enfants empêche les morts de visiter les vivants.

Dans cette cité en guerre, l'histoire nous est contée par Taarouck, un jeune homme de 26 ans, qui vit en reclus dans la cité, après la mort de sa mère, le retour de son père au bled ; il s'occupe de son petit-frère, champion de l'haltérophilie, qui rêve de devenir un poster...

La nuit, il se faufile dans l'Antre, zone de marécages et de forêts, où des ombres vagabondes se promènent ; son rêve : rejoindre ce territoire et les lumières de la ville-centre pour vivre son homosexualité...

Quelques poncifs de la banlieue, certes, comme les femmes battues, le père absent mais c'est tout. Là n'est pas l'essentiel.
Le territoire urbain devient un combat d'ombres et de lumières. Le long chemin vers la libération de Taarouck équivaut à un chemin vers la lumière.

Une écriture aux fulgurances poétiques qui rappelle le théâtre antique : mal-être et rêves du jeune-homme, choeur des mères en deuil, femmes drapées de noir qui évoquent les érinyes, les déesses grecques de la vengeance, qui poursuivent les ennemis de la cause, qui frappent, étranglent et déchirent ou encore les Troyennes d'Eschyle.

Le découpage des chapitres en actes renforce l'aspect tragique du récit. Une première oeuvre très rythmée qui fait place à l'oralité ; un drame urbain qui revisite les tragédies antiques en créant d'un côté un choeur de femmes et de l'autre un groupe d'hommes désoeuvrés. Entre les deux, une voix d'homme solitaire qui rêve de partir et d'assumer sa différence. A lire.

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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 18:29

ROMAN ADO

Terre noire - Terre noire, T1 T1

Editions Flammarion, 2009, 2 tomes

Michel Honaker, valeur sûre de la littérature jeunesse, signe ici un roman palpitant de facture classique.

En 1887, à Saint-Petersbourg, le jeune compositeur Stefan Tchakarov, fils adoptif d'une baronne, proche du tsar, doit subir la jalousie de son "frère" et de son "beau-frère". Ces derniers ourdissent un complot, le faisant passer pour un ami des terroristes socialistes.

Soudoyant les agents de la police secrète du tsar, ils fomentent son arrestation mais ce dernier leur échappe et se réfugie dans son domaine ukrainien, Terre noire. A partir de là, commence une vie d'exilé et de paria : la Pologne, la France, la Toscane. A Saint Petersbourg, Natalia, sa soeur adoptive, secrètement amoureuse de lui, tente de démasquer ses proches...

Tchakarov, l'artiste naïf, devient peu à peu ivre de vengeance. ...Il projette d'écrire un opéra sur Hamlet, le modèle du personnage vengeur...

Un beau récit d'aventure renouant avec les grands romans classiques du XIXe siècle, ce qui est rare dans la littérature ado d'aujourd'hui ! On peut évoquer tour à tour Dostoievski et Shakespeare.

Thèmes de la vengeance, de la politique, de la création. Les entrées en matière sont multiples.

En espérant que nos jeunes lecteurs seront tentés de lire la littérature classique russe ainsi que Shakespeare...Une belle entrée en matière !

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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 14:30

NOUVELLES

Accrocs

Editions Actes Sud Junior, 2009

Voici un recueil de nouvelles pour ados, très politiquement incorrect ! Même si certains seront choqués par le style très cru des personnages, il faut reconnaître que l'auteur a le sens de l'intrigue et de la chute.

Un ado prend la parole dans chaque nouvelle et s'adresse à un interlocuteur indéfini, en l'occurrence le lecteur, en le tutoyant ; il lui raconte ses aventures pas très catholiques !

Homosexualité, prostitution, suicide, laideur, sexe...Abier aborde tous les thèmes qui font tâche n'épargnant personne au passage, y compris les parents.

Un ado "dénonce" sa soeur lesbienne auprès de ses copains machos, une minette très belle, sûre d'elle décide de "tester" un moche, un ado rentre plus tôt chez lui et découvre que sa mère se prostitue, une fille met sa copine dans le lit de son père pour faire craquer sa mère, un bouc-émissaire fait chanter sa classe en lui faisant croire au suicide...

Mais dans ces petits jeux, personne n'est dupe. Le joueur se fait attraper en premier et la chute des nouvelles est souvent délicieuse...

C'est rondement mené, plein d'humour noir. Un portrait amer de l'adolescence de nos jours.

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 15:25

JEAN-CLAUDE MOURLEVAT

Le chagrin du roi mort

Gallimard jeunesse, 2009

Jean-Claude Mourlevat est l'un des auteurs jeunesse les plus connus. Prix des incorruptibles en 2008 pour Le combat d'hiver, il fut professeur d'allemand et clown ! Passionné par les voyages, il se consacre aujourd'hui entièrement à l'écriture.

Ce titre mystérieux cache un joli conte aux accents d'heroïc fantasy : dans un pays enneigé, dans une petite île surnommée Petite-Terre, Aleks et Brisco sont élevés comme des jumeaux ; ils assistent ensemble aux funérailles du bon roi Holung ; soudain, Aleks est comme happé par le fantôme du roi qui le met en garde contre le feu.

Quelques jours plus tard, Brisco est enlevé par la Louve, une princesse qui l'emmène sur Grande Terre où réside le roi Gueralf, exilé par le roi Holung pour avoir tué son fils, l'héritier du trône...

Alekx apprend que Brisco est en fait le petit-fils du Roi Holung et que Gueralf l'a capturé pour accomplir sa vengeance.

Petite-terre, le royaume de la paix et des livres, ne va plus avoir le choix que de déclarer la guerre à Grande Terre.

Force de l'amitié, affrontement entre un pouvoir sanguinaire et une monarchie constitutionnelle, apprentissage de l'amour...

Plutôt que de s'appesantir sur  les descriptions des batailles comme la plupart des romans d'héroïc fantasy, Mourlevat insiste sur la psychologie des personnages et leur relation entre eux : fraternité entre deux frères adoptifs, sentiments ambigus de la Louve qui n'a pu avoir d'enfants er qui reporte toute son affection sur Brisco, naissance du sentiment amoureux chez Aleks qui désertera pour retrouver Lia au bout de plusieurs années, relation avec les parents...

Mourlevat affirme son talent de conteur en décrivant des atmosphères absolument féeriques : vastes terres enneigées, bibliothèque magique où on se promène dans des chariots dans des galeries !

L'écriture est très limpide ; on appréciera également des personnages secondaires hauts en couleur ! Une sorcière mangeant des queues de rats, un nain célibataire et maniaque jouant du violon et un chasseur sanguinaire ayant des hallucinations !

A découvrir....On attend sans doute patiemment la suite des aventures d'Aleks et de Brisco...

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 14:15

De MARTIN PAGE

Traité sur les miroirs pour faire

ROMAN ADO (à partir de 12 ans)

Editions Ecole des loisirs, septembre 2009

C'est la première fois que je lis un récit de Martin Page, à la fois romancier pour adultes et adolescents. J'ai été agréablement surprise : c'est une histoire bourrée d'originalité et un beau roman d'apprentissage sur la naissance du sentiment amoureux.

Tout d'abord, le titre emprunté à un livre de peinture écrit à la Renaissance, cité notamment par Daniel Arasse. Sous ce titre mystérieux, qui n'a pas grand chose à voir avec l'histoire, Martin Page évoque les sentiments auxquels on donne un nom comme l'amour alors que l'on ne comprend pas ce qu'il renferme, leur vraie nature. Comme ce joli titre incompréhensible...

Titre métaphore de cette histoire donc puisqu'il s'agit de deux ados qui croient s'aimer mais qui finalement découvrent que non...

Martin, faisant ses devoirs à la bibliothèque, prépare un exposé avec Marie. Tout d'un coup, elle lui demande de sortir avec lui. Puis, une heure plus tard, elle change d'avis !

Pour Martin, la vie n'est déjà pas facile ! Sa mère est morte, son chien vient de rendre l'âme, son père est dépressif, sa maison est décrépie...Alors, franchement, comme première histoire d'amour, c'est raté ! Martin cherche à comprendre pourquoi les sentiments sont si changeants...

Avec sa bande de copains pas très épanouis non plus, Martin va faire l'apprentissage de la vie et des sentiments : ils ont des vies en chantier où rien ne se construit comme à l'image du terrain vague où ils se réunissent en bande.

Apprentissage de la séparation et du deuil. Sous des allures de roman tire larmes, ce récit et bourré d'humour et d'originalité : on enterre le chien lors d'un enterrement-barbecue, le père dépressif s'excuse auprès de son fils, car à cause de lui qui l'a fait naître, Martin aura à souffrir le deuil de son père !, séance de désenvoûtement de la bibliothèque lors du retour sur la scène du crime...

En abordant des thèmes graves, Martin Page signe une histoire touchante pleine d'humour.

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19 juillet 2009 7 19 /07 /juillet /2009 14:22

ROMANS ADO (à partir de 12 ans)

En cas d'absence

Editions Thierry Magnier, "photo roman",2009

Tout d'abord un petit mot sur cette belle collection : de courts romans qui lient écriture et photo ; les photos ont un lien avec le récit comme le dit la quatrième de couverture : "une série de photographies dont il ignore tout est confiée à un écrivain. Il s'aventure alors dans l'écriture d'un roman où ces photographies croiseront la vie du héros pour la transformer"

Ce récit est un bijou de sensibilité et de poésie. Martin n'a jamais connu sa maman qui a "fugué" lorsque qu'il était tout petit. Lorsqu'il participe à un atelier photo intitulé "Souvenirs d'enfance", il est bien embarrassé car personne n'a de photos de son enfance. Qu'à cela ne tienne, il va faire avec ce qu'il a ; lorsque l'animateur de l'atelier demande de photographier "sa mer", Martin l'interprète différemment ; lui, il va tenter de photographier sa mère, de la trouver dans le paysage, l'atmosphère, le ciel, la lumière....

 

Mais cela n'est révélé que progressivement : car tout commence un soir ainsi ; par un mail de la maman disparue qui déclare à son fils qu'elle a beaucoup aimé ses photos sur son blog...Martin n'en croit pas ses yeux. Très perturbé par cette réapparition, il part tout seul dans la nuit pour mettre au clair ses idées....

Au fur et à mesure qu'il déambule dans la nuit, il se remémore tout ce qu'il a inventé pour se souvenir de sa maman disparue : enfiler sa robe de mariée quitte à être pris pour un homosexuel et ce fameux jour où il a tenté de photographier "sa mer" ou plutôt "sa mère"....

Les paragraphes font alterner monologue intérieur de l'adolescent
à la découverte de ce mail surprise et les souvenirs liés à sa mère lorsqu'il essayait sa robe de mariée ou le passé proche comme la naissance de l'expo photo.

Si bien que le lecteur découvre peu à peu la signification des photos prises par Corinne Mercadier : de magnifiques clichés marins alliant ciel, terre et atmosphère, aux silhouettes floues, où la mer est loin, à l'horizon....
La mer comme métaphore de la figure maternelle que l'on cherche désespérément ....Très belle idée poétique de l'auteur d'avoir pris l'art photographique comme manière de dire et de chercher l'absence, comme catharsis.

Nous avons l'impression de lire un peu une énigme que nous déchiffrons peu à peu : pourquoi cette robe flottant dans l'atmosphère sur ces photos, pourquoi cette persistance du flou ?

Une intrigue très subtile à l'écriture vaporeuse qui décrit des atmosphères nocturnes ou maritimes ; l'auteur excelle dans la description de l'intime à travers le monologue de Martin : phrases très syncopées traduisant son désarroi dans la nuit ou au contraire description poétique des souvenirs, phrases courtes qui respirent, au rythme des alinéas, créant une typographie originale. La fin reste totalement ouverte.

Une belle évocation des fêlures de l'enfance.

"Quand je ferme la fenêtre, Agathe dit je n'ai jamais vu la mer, moi non plus je réponds. Agathe me semble si proche que je réponds moi non plus, je dis n'importe quoi, j'avais entendu mère.
Photographier votre mer, pourquoi il dit ça Pierre, encore une fois j'entends de travers, et ça me semble impossible.

....Nous passons nos heures sans les autres, nous ne disons pas grand-chose, rien de particulier, il y a le vent, le soleil, le ciel, surtout le ciel, ce week-end là, je découvre le ciel.
Le vent vient de l'ouest, il a tout lessivé, a poussé les nuages, les a tassés vers l'eau.
Le ciel est vide.
Et bleu.

Je fais quelques photos, de ce ciel lumineux, de cette lumière d'hiver qui me réjouit, pourquoi.

Cette sensation de saisir enfin, mais quoi.

Tu es absente.
Tu es absente de ce bord de mer
Et je respire
A fond
Il y a l'air qui circule, beaucoup.

Je sais qu'ici je ne te trouverai pas et le ciel s'élargit.
Ton corps, tes yeux, ta bouche ? Du vent tout ça, du vent
Tout disparaît, tu disparais.
Le ciel se libère de ta présence.
Le ciel est dépeuplé de toi, enfin, je le sais, je m'en fous, la lumière est si belle et Agathe est là.

De plus en plus Agathe est là.

...La mer est dans l'air, quoi, elle imprègne l'air totalement, c'est une évidence, nous sommes en bord de mer mais on ne la voit pas, toujours quelque chose empêche. Un digue, une dune, un mur. La mer est derrière, brouillée, indéterminée, inaccessible. On ne peut la voir nettement. On la devine plus qu'on ne la voit.

Reste le bleu du ciel et la dérive de la lumière.

Reste la lumière des réverbères et la dérive de la nuit.
Jusqu'à cette photo. "

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