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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:01

EDITIONS SABINE WESPIESER, 2012

 

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C'est l'un des grands succès surprise de ce début d'année 2012. Un succès qui reste pour moi bien incompréhensible !

Un roman à deux voix, de deux amies inséparables, des années 80 à nos jours, que la vie va finir par séparer...

Les décennies Mitterrand, les années Sida, les refrains des chansons de Barbara, Balavoine, France Gall....

Entre les deux femmes, un frère, des maris, des amants, des nons dits, des secrets. L'amour caché, l'inceste.

Deux femmes qui disent leur amitié disparue ; l'une est dans le coma (il s'agit donc d'un monologue intérieur), l'autre à une terrasse de café, le jour de la séparation d'avec son mari. Alice ne sait pas encore que Cécile est dans le coma. 

Tout cela m'a laissée "froide". Je ne me suis pas du tout identifiée à ces deux femmes, l'une architecte, l'autre designer, à mon avis trop justement portées sur leur intériorité. C'est bien sûr sur cela que repose entièrement le récit mais cela me gène justement de ne saisir que leur intériorité, même si l'auteur donne un bref cadre sociologique, somme toute sommaire et caricatural (les années sida, la déception mitterrandienne....). Comme si le lecteur restait justement à l'extérieur de ces deux âmes. 

 

Suis-je finalement trop jeune pour lire ce livre sur les femmes cinquantenaire ! Je ne pense pas, car d'abitude ce n'est pas un problème !

Comme si ces deux femmes restaient dans leur coque, impénétrables au lecteur...

Un style simple mais une écriture qui finalement ne rompt pas avec cette tendance française à limiter le romanesque à ces intériorités contrariées, sans faire trop de vagues.

Pourquoi cet emballement critique (sélection Prix RTL Lire, par exemple) Je ne demande qu'à en débattre !

Sans doute parce qu'il est vrai que la littérature aborde surtout la séparation amoureuse et moins l'amicale. Mais bon, c'est quand même peu !

Je n'ai pas l'habitude d'être si catégorique mais parfois...Par contre, Le mer noire, précédent roman de K. Davrichewy sur une grand-mère géorgienne de 90 ans et son amour disparu m'intrigue...Donc, pas d'avis définitif sur l'auteur !!!

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 21:28

Editions du Seuil, 2012

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Depuis Orkhidos et Le clos Lothar, Stéphane Héaume nous a habitué à des contes féeriques foisonnant d'imagination, exacerbant les sentiments. 

Dans son dernier opus, si le mélodrame est bien toujours présent, il semble se faire beaucoup plus sarcastique. Plus encore, Héaume semble nous révéler toute l'inutilité du décorum. A quoi bon de beaux décors baroques, puisque tout est vain...Une sacrée autocritique de son oeuvre "d'antan" qui magnifiait l'art et l'imagination. Il semble ici que l'art mène à la destruction

Ses sources d'inspiration : l'opéra et le mythe de Faust. 

Un golden boy new-yorkais, Sheridan Greenwood, est aussi un mécène passionné par la peinture et l'opéra. Il vit d'ailleurs dans une penthouse qui renferme la collection de costumes d'opéra de son grand-père. 

Mais un soir, il croise son double, l'être aimé, qui lui propose un pacte diabolique...

Dans une atmosphère digne des romans d'Edgar Poe ou de Wilde, Sheridan s'enfonce dans un embroglio diabolique ; parcourant les bars interpoles new-yorkais, entre recherche de l'âme soeur, du passé vénéré et de l'absolu. Mais il n'y trouvera que de la vacuité. 

Des décors grandioses, du romanesque à n'en plus finir. Comme s'il n'y avait justement que du décors et très peu de profondeur. Cette fois-ci, Héaume en fait trop, on n'y croit plus et c'est bien dommage ! Ce personnage ne fait seulement que rappeler les grandes figures romanesques déchues, mais de vraiment très loin...

 

Une grosse déception. 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 20:21

Editions POL, 2012

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Sans doute l'un des romans les plus originaux de cette rentrée. Et pour cause, l'héroïne est une liseuse, autrement dit une tablette électronique....

En effet, quoi de plus pratique d'un ordinateur miniature où vous pouvez enregistrer tous les manuscrits lorsque vous êtes éditeur ? 

Sauf que notre éditeur est un éditeur bien traditionnel, il aime la bonne littérature, la bonne chair et le bon vin, le bon papier qui sent bon...Difficile pour lui de se faire à ce bout de plastique lorsqu'une stagiaire lui offre la liseuse. Il s'écorche même le nez, s'étant endormi dessus !

Vous l'aurez compris, ce roman est tout sauf sérieux...Paul Fournel, à la tête de l'OULIPO (ouvroir de littérature potentielle, cher à Queneau et Roubaud) excelle dans les jeux en tout genre. Il embauche même une équipe de stagiaires joyeux lurons pour révolutionner le monde de l'édition un peu sclérosé et inventer la nouvelle littérature électronique. 

Vous voulez savoir ce qu'est une sextine ? Un texticule ? Une sirandane ? Ouvrez vite la liseuse !

Sous ses airs de jeu perpétuel, ce texte nous livre un beau portrait d'éditeur et une magnifique réflexion sur ce métier. Et la fin réserve une belle surprise !

A réserver aussi aux amateurs de bonne chaire. Le texte regorge de références culinaires (dont une magnifique dégustation d'artichaut) ; alors prenez un petit verre de brouilly, comme notre éditeur, et découvrez la liseuse, vous ne le regretterez pas !

Les éditions POL ont une image assez élitiste et sérieuse. Paul Fournel le dément assurément !



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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 12:13

FRANCE

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Editions de l'Olivier,2010

Valérie Zenatti est à l'affiche en ce moment avec l'adaptation cinématographique d'Une bouteille dans la mer de gaza

C'est la première fois que je lis un livre pour adultes de cet auteur (qui est aussi traductrice de l'hébreu et entre autres d'Aharon Appelfeld).

Un beau roman, fidèle aux publications de littérature française chez l'Olivier (Olivier Adam, Arnaud Cathrine...). Un beau récit intime et pudique d'une mère au foyer qui décide de larguer les amarres pour une journée...

 

Emmanuelle est mariée, mère de trois enfants, employée dans une entreprise de statistiques. Elle vient aussi de perdre sa meilleure amie d'un cancer. Entre les multiples tâches du quotidien, elle se plonge dans un roman mettant en scène Leila, une jeune femme photographe  qui, après le décès de son compagnon, décide de partir en Serbie faire du photo journalisme. Une héroïne passionnée, artiste, libre...

Comment le pouvoir de la littérature va-t-elle modifier le destin de cette Madame Tout le Monde ?

Le roman est habillement construit en faisant alterner les chapitres concernant Emmanuelle et Leila. 

Nous ne comprenons qu'au bout d'un certain temps que l'une est réelle, l'autre fictive...

A peine "Vingt quatre heures de la vie d'une femme" où tout peut basculer...En faisant la connaissance de cette femme de papier, Emmanuelle décide aujourd'hui de ne pas se rendre à son travail. Elle vagabondera, elle se souviendra de son enfance, de ses amies quitte peut-être à tout quitter ....

Des heures d'introspection où il aura été question d'amitié, de filiation et de liberté.

Un parcours tout en finesse, très pudique loin de toutes les auto fictions absconses qu'on a pu lire certaines fois. 

Et la fin nous réserve un dernière surprise...

Un beau roman psychologique qui nous montre aussi comment la littérature peut changer une vie...

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 14:56

FRANCE

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Editions du Seuil, 2012

 

C'est l'événement littéraire de cette rentrée de janvier. 

Régis Jauffret est depuis Clémence Picot, passionné par les psychés au bord du gouffre, la folie, les huis-clos étouffants, les rapports de force et manipulations diverses au sein de l'univers familial. 

Le fait de s'emparer d'un des faits divers les plus sordides de ces dernières années semble donc être la suite logique de son oeuvre : raconter les 24 années de calvaire d'une jeune femme cloîtrée dans un cave par son père incestueux, Joseph Fritzl, qui lui fera sept enfants. 

Mais attention ! En guise d'avant-propos, Jauffret nous déclare qu'il s'agit d'un roman, d'une fiction, certes fortement inspirée de la réalité. Quelle a été la principale motivation de l'auteur ? Nous y reviendrons...

Jauffret a toujours été également passionné  par les monologues sans fin, le flux verbal (Asile de fous) mais là, il y a une certaine rupture même si la soif des mots est bien présente sur plus de 500 pages...L'auteur est présent, il adopte un style très classique loin des délires grand-guignolesques et sarcastiques d' Asile de fous . Pas de monologues délirants de Fritzl par exemple, ni des autres membres de la famille, à peine Angelika, la prisonnière, qui dit "je" durant quelques lignes seulement. Il y aura toujours une distance entre les personnages et l'auteur, qui refuse ici le style direct. 

 

Jauffret aurait pu alterner les paroles des victimes et des boureaux. Il ne l'a pas fait. Car sa volonté première a été d'immerger le lecteur dans une sensation de claustration, qu'il vive le plus profondément possible l'expérience de l'enfermement pendant ces 24 longues années. Et c'est en cela que le roman est très réussi. Tout y est : les violences, l'odeur, l'atmosphère, la répétition des mêmes gestes, des mêmes angoisses chaque jour jusqu'à l'écoeurement. La longueur du texte comme métaphore de la durée de l'enfermement. 

Le roman comme expérience et non comme analyse de la psychologie du monstre. Le lecteur est avec Angelika dans la cave, il vit littéralement avec elle. en cela, le roman est une grande réussite. 

 

On peut reprocher à Jauffret de mêler réalité et fiction. Il affirme que c'est une fiction. Quoi de mieux qu'une fiction pour donner à voir les sensations, tomber dans le gouffre avec les prisonniers ? 

Il va certes même jusqu'à envisager "une suite", pour savoir comment les enfants ont grandi après leur libération. C'est d'ailleurs ainsi que le roman commence. Puis l'auteurse met en scène lui-même pour aller visiter la fameuse cave. Puis à une petite moitié du roman, nous pénétrons dans la cave. Un bel enchevêtrement de narrations qui donne sa richesse au récit. 

 

La seule critique que je ferais est effectivement le rapprochement un peu trop facile avec une Autriche malade, clairement visée et accusée, avec des allusions récurrentes à Hitler et le titre, qui rapproche claustration de l'Autriche. 

 

Jauffret a voulu plonger le lecteur dans une expérience morbide...et c'est très réussi. 

 


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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 22:44

FRANCE

 

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Editins Albin Michel, 2012

 

Franck Pavloff (l'auteur du succès international  Matin brun) vient d'écrire un très beau roman poétique sur le Grand Nord Arctique.

Un roman des grands espaces qui n'est pas un roman d'aventure. C'est au contraire un joli récit d'apprentissage mettant en scène deux personnages principaux qui tentent de pousser les frontières qui leurs ont été imposées par le destin. Lyuba, une jeune femme orpheline de 20 ans, qui rêve de quitter "la zone" et de découvrir l'ailleurs et Kolya, le vieux sculpteur lapon, qui se réfugie dans ses croyances. Ensemble, il vont défier les lois de la "pesanteur des esprits".

 

Un paysage dévasté, de ruines, d'où se dégage une impression quasie fantastique.

 

Une atmosphère très mystérieuse, où les habitants mis en quarantaine vivent retranchés dans une activité et une obsession précise : construire un alambic avec une assemblage de tuyaux, ou encore construire un explosif, aller prier à l'Eglise orthodoxe pour qu'un nouvel enfant naisse, sculpter des petits objets d'ivoire...Toutes ces communautés repliées sur elles-mêmes se toisent sans forcément s'affronter...

 

L'absence de naissances depuis des années va précipiter les événements....

 

Pavloff excelle bien sûr dans ses descriptions de paysages "morts-vivants" qui envoûtent le lecteur. Mais il ne faut pas en oublier pour autant son talent à brosser de magnifiques portraits humains, tout en nuances. Il procède par petites touches impressionnistes dévoilant petit à petit les secrets des deux personnages.

 

Un très beau conte un pays des grands froids qui nous réchauffe de part sa lueur poétique.

 


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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 20:18

RECUEIL DE NOUVELLES

Prix de l'Académie Française 1982

 

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Editions Zulma, 2011

 

Le lauréat du Prix Médicis en 2008 pour Là où les titres sont chez eux avait publié à 28 ans ce premier ouvrage ; les éditions Zulma le réédite pour notre plus grand plaisir...

 

Moi qui n'avais pas encore lu cet auteur, quelle découverte ! Une langue virtuose mise au service d'un art du récit qui honore l'imagination. Toujours à l'orée du fantastique, du récit hallucinatoire, Jean-Marie Blas de Roblès nous promène dans différents pays à différentes époques dans les tréfonds de l'âme humaine.

 

On se croirait dans une nouvelle des plus grands écrivains du 19e ou 20e siècle ; on cite d'ailleurs l'influence de Huysmans ou de Borges.

 

On éprouve autant de plaisir à rentrer dans les boutiques obscures et surannées (antiquaires, taxidermistes) de la rue Racine ou de la rue Bonaparte qu'à se promener dans les falaises battues par le vent de Belle Ile, à converser avec Saint-Louis qu'avec un moine de Santorin.

 

Blas de Roblès nous évade dans un ailleurs, pas simplement géographique ou historique. En lisant ces nouvelles, on passe une porte, celle de l'imaginaire et de la grande littérature, on se sent autre et plus riche. On entre dans un univers enchanteur intemporel...

 

Jugez-en plutôt par quelques exemples :

 

Un homme recueille d'un savant chinois un sac de riz ; il se rend compte que sur les grains de riz sont gravés tous les textes sacrés perdus de la Chine.

Un vieux fonctionnaire célibataire collectionne les plus belles femmes peintes pour "partir en voyage" la nuit tombée. Un homme passionné par les animaux empaillés rentre dans la boutique d'un taxidermiste bien particulier. Un moine détestant les femmes voit les reliques des saintes qu'il collectionne s'animer et devenir une femme vivante.....

 

C'est du grand art.Un talent pour la description inégalé, tout en rythmant parfaitement l'action. La chute des histoires est souvent très noire...

Signalons la technique du récit emboîte ; les nouvelles font souvent la part belle aux histoires racontées dans l'histoire par une autre personne....

 

Un grand écrivain méconnu à découvrir de toute urgence.

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 10:13

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

Dédicace de Delphine de Vigan

 

Editions Jean-Claude Lattès

 

L'une des grosses sorties françaises de cette rentrée littéraire. Delphine de Vigan, auteure du succès No et moi, nous livre ici un roman familial poignant, ayant pour point de départ le suicide de sa mère Lucile, à 60 ans, il y a quelques années.

Cette mère, que l'on a découverte bipolaire (maniacodépressive), à l'âge de 30 ans, que l'auteure va nous faire revivre grâce à l'écriture.

 

Autour de Lucile, figure stellaire, tragique, une constellation familiale tout aussi tragique, marquée par l'inceste et le suicide : un père à la fois autoritaire et libertaire, une mère aimante et fantaisiste, et 8 frères et soeurs. Un premier suicide, puis un autre.

Fragilités mais aussi force d'une communauté familiale soudée malgré les multiples épreuves.

 

Delphine de Vigan ne tombe jamais dans le misérabilisme ou dans le "trash" et pour cause : ce roman est d'abord une réflexion sur l'écriture, une interrogation sur le fait d'arriver à dire la ou une vérité.

C'est pourquoi l'auteure choisit à chaque fois de faire des pauses pour s'interroger sur le comment, le pourquoi et la portée d'une telle démarche : le faire d'aller au delà du mythe familial, ses répercussions sur sa vie et celle des autres membres de sa famille.

Nous assistons donc aussi à la "fabrication" du roman, à son origine : "interview" de ses proches, oncles et tantes, interrogations sur les multiples versions, écoute des cassettes de son grand-père qui raconte sa vie, lecture des écrits de sa mère.

 

Delphine De Vigan, qui n'est plus dupe de l'autofiction, n'hésite pas non plus à placer son roman dans la lignée des écrivains de ce genre littéraire ; elle cite ainsi un passage de L'inceste de Christine Angot et du Chagrin de Lionel Duroy. Elle prend ainsi appui sur ce qui a été fait avant elle pour justement tenir à distance les critiques que l'on pourrait lui faire.

Le plus émouvant est sans doute la référence explicite à L'intranquile de Gérard Garouste, où le peintre raconte la figure paternelle et ses périodes de dépression.

 

D'abord un très beau portrait de femme brisée, une réflexion très belle sur la portée du suicide et un récit familial qui s'assume comme tel, avec ses limites. Intéressant.

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 12:00

Editions Actes Sud, 2005

 

L'enfant bleu

 

De Henry Bauchau, écrivain et psychanalyste âgé de 97 ans, je n'avais lu que son dernier opus Déluge, une magnifique aventure métaphorique sur l'art comme guérison. Génial mais très concis et plutôt aride.

 

Cinq ans plus tôt, Bauchau nous livrait un somptueux roman sur l'art thérapeute alliant à la fois réflexion, mythologie et une sensibilité à fleur de peau. L'histoire d'une relation fusionnelle entre Véronique Vasco, une psychanalyste et Orion, un jeune garçon perturbé, interné en hôpital de jour. Cette dernière, pour le guérir, décelant chez lui une imagination fertile, le met sur le chemin de la création : peinture, sculpture...

Le chemin est ardu, semé d'embûches, ponctué des "dictées d'angoisse" que Véronique lui fait faire pour le libérer.

 

Plus de 10 ans de combats acharnés contre "le démon de Paris" cette image symbolisant la folie, la psychose d'Orion. Alors, il faut faire galoper les chevaux blancs pour venir à bout de ce démon....

 

D'images sublimes comme celle-là, L'enfant bleu en est constellé. Bauchau,passionné de mythologie, convoque Thésée, le Minotaure et le labyrinthe (Véronique n'est-elle pas Ariane ou encore Pasiphaé alors qu'Orion est le minotaure) mais aussi bien sûr le mythe d'Orion, sans l'expliciter.

Orion, ce chasseur géant, est aveuglé. Il parcourra un long chemin vers le soleil pour recouvrer la vue.

Ainsi, il en va de même de notre personnage qui entreprend un long chemin vers la lumière.

 

Bauchau convoque également des images panthéistes à la Gauguin où Orion se réfugie par l'intermédiaire de la peinture.

 

Entre enfer et paradis, ombres et lumières, la "guérisseuse" et le malade vont nouer une relation particulière. Véronique, qui n'a pas eu d'enfants, fait un transfert sur le jeune garçon.

 

Une belle parabole sur le relationnel, sur le fait qu'"ensemble, c'est mieux". Orion est à la recherche de cet enfant bleu, ce guide qu'il a entr'aperçu lorsqu'il était petit et qu'il désire à tout prix revoir.

 

C'est par la voie de l'art et de la rencontre avec l'autre qu'Orion retrouvera la vue.

 

Une magnifique histoire d'amitié et d'amour.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 19:03

Editions Buchet-Chastel, 2011

 

G229

 

Le quotidien de la vie d'un enseignant (l'auteur sait de quoi il parle puisqu'il est prof d'anglais) dans une petite ville de province.

20 ans plus tôt, on lui a accordé une salle de classe personnelle, la G229 ; le proviseur lui a précisé que c'était un privilège...et lui a dit au passage que le "je" deviendrait sûrement un "on"...

 

Car, en effet, lorsqu'on devient un petit fonctionnaire, qui a toujours la même classe en U, les élèves qui se ressemblent d'année en année, qui radote la même chose, alors on risque bien de perdre son identité...Surtout lorsqu'on rêvait de faire le tour du monde....

 

Alors, une ancienne amie vous croise et vous dit, "tiens, je croyais que tu serais devenu écrivain ou peintre".

 

Mais, non, on est resté 20 ans, sans ambition, à enseigner aux enfants de ses anciens élèves....

 

Un constat désabusé ?

 

On pourait le croire...Blondel insiste sur le temps qui passe...Il nous livre la chronique d'un homme ordinaire qui n'a rien d'un héros.

 

Puis tout d'un coup, l'émotion nous gagne. On se prend à rigoler (le prof qui se débat et qui se prend les pieds dans son vidéoprojecteur ou qui se familiarise difficilement avec son Power Point).

Mais on surprend surtout une relation élève-enseignant subtile : l'élève qui lui parle de sa mère qui était son ancien élève, les discussions sur Facebook, les souvenirs nostalgiques d'un voyage pédagogique ou encore le deuil d'un élève mort dans un accident de voiture...

 

Car "nous voulons pour eux qu'ils soient ce que nous ne sommes pas parvenus à être, immortels"

 

Le prof rêve alors pour son élève à une vie meilleure que la sienne. Et si l'élève réalisait les désirs qu'il 'a pu concrétiser, lui, simple professeur de province....

 

Une chronique subtile, qui évite les clichés.

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