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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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29 septembre 2005 4 29 /09 /septembre /2005 00:00

Rentrée littéraire 2005-Editions du Seuil

Voici le dernier opus de Philippe Claudel, l'auteur des âmes grises. L'écriture est peut-être moins poétique que dans son chef d'oeuvre mais il en ressort toujours la même sensibilité à fleur de peau.

Le personnage principal est un vieux réfugié asiatique qui quitte son pays pour un port de France; il transporte dans sa valise une poignée de terre de son champ et une photo de sa famille. Car il vient de perdre son fils et sa belle-fille dans un bombardement. Il a réussi miraculeusement à sauver sa petite fille qu'il nourrit et câline avec amour. Cette petite fille est le seul lien qui le maintient encore en vie.

En se promenant dans la ville, il va se lier d'amitié avec un vieux monsieur Monsieur Back. Ils ne parlent pas la même langue mais ce sont deux êtres solitaires qui vont se comprendre au delà des mots. Car Monsieur Back vient de perdre sa femme et vient tous les jours sur le banc devant le manège de chevaux de bois que faisait tourner son épouse...

Ces deux êtres solitaires font faire un bout de chemin ensemble dans les cafés et restaurants du quartier. Mais un jour, Monsieur Linh est ausculté par un médecin et envoyé dans une maison de retraite. Monsieur Linh fera tout son possible pour retrouver Monsieur Back...

La fin réserve un coup de théâtre. Contrairement à ce que disent certains lecteurs, je pense que cette chute est vraiment inattendue et c'est elle qui donne tout son sens au roman. Elle éclaire d'un jour nouveau la personnalité du vieillard.

Quant à l'écriture, elle est assez différente des autres oeuvres de Claudel. Les phrases sont très courtes. Il y a très peu de dialogues à l'exception des discussions entre les deux vieillards solitaires. Le narrateur est omniscient, suivant les espoirs et les déceptions de Monsieur Linh. Il ne peut bien sûr le faire parler directement puisque Linh ne connaît pas le français. C'est donc par les sentiments et par l'émotion que nous faisons connaissance avec le personnage. La déception peut affleurer au cours du roman pour les fidèles lecteurs de Claudel mais la chute donne tout son charme à ce conte. En bref, un beau portrait de deux marginaux marqués par les blessures de la vie...

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27 septembre 2005 2 27 /09 /septembre /2005 00:00

Prix Renaudot 2003

Editions du Seuil

Avant la sortie du film demain sur les écrans, je ne peux m'empêcher de vous parler de l'un des plus beaux romans français de ces dernières années.

J'hésite à aller voir le film car j'ai tellement un beau souvenir du livre , il s'en dégage une telle atmosphère que j'ai du mal à croire à une adaptation fidèle.

C'est à la fois un roman historique (pendant la Première Guerre Mondiale), un roman d'amour à tiroirs et une enquête policière: une fillette est tuée dans un petit village de l'est de la France. Les soupçons se portent immédiatement sur deux soldats qui ont déserté. Mais il y a plusieurs coupables possibles: le juge ainsi que le procureur, vieil homme solitaire qui vit retrancher dans sa sombre demeure. Le policier, qui est aussi le narrateur va faire sa propre enquête...

Claudel peint de magnifiques personnages qui dévoilent leurs secrets, leurs blessures refoulées au fil du roman; car ces âmes ne sont ni tout à fait blanches ni tout à fait noires...

Le narrateur lui-même cache un secret terrible qu'il ne dévoilera qu'à la fin...

Cette oeuvre magnifiquement écrite est également une ode rendue aux figures féminines, seules lueurs d'espoir dans un monde grisâtre:chaque homme de l'histoire a été un jour marqué par l'amour d'une femme. Même après la mort, le souvenir reste ce qui rend possible la rédemption... Ce livre vous laissera un souvenir indélébile, de part son écriture, sa sensibilité et l'ambiguïté de ses personnages.

J'avais déjà écrit un article sur une oeuvre peu connue de Philippe Claudel, Petites histoires de jouets, où l'on ressentait la même émotion; Je m'apprête à lire son dernier opus La petite fille de Monsieur Linh, un petit bijou paraît-il.

Dans quelques jours, vous pourrez lire ma critique...

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23 septembre 2005 5 23 /09 /septembre /2005 00:00

Seuil Jeunesse

Voici un roman de l'un de mes auteurs français favoris. Après vous avoir parlé d'Une rivière verte et silencieuse et de La dernière neige (c'était le premier article de mon blog en juin dernier !) , je voudrais mettre en relief toute l'émotion et la sensibilité qui se dégage de Vie de sable. Bien que ce titre soit paru dans une collection jeunesse, il est destiné davantage à un public adulte.

Comme dans tous ses romans, Mingarelli met en scène un jeune garçon solitaire et regorgeant de secrets. Emilio part à la pêche à la truite. Mais au bord de la rivière, il découvre une mine antipersonnelle. Il se rappelle avec émotion qu'un jour, son père s'est blessé à cause d'une mine. Mais lui va tout faire pour l'amadouer afin qu'elle n'explose pas: il va alors lui raconter sa vie et ses secrets. Son rêve est de construire un étang où il ferait nager ses belles truites. Car pour lui, pêcher n'est pas tuer. Il va aussi lui livrer ses désirs de nouer une relation plus intime avec son père: faire cuire le bon pain ou aller à la pêche ensemble... Et s'il ramenait victorieusement à père cette mine déterrée. Pour lui, la mine n'explosera pas car, en lui parlant,  il va lui prouver qu'il est un bon garçon

Ce court roman nous plonge au coeur de l'intériorité d'un jeune garçon plein de rêves. La prose de l'écrivain est emplie de poésie. Malgré ce que l'on pourrait croire, il n'en ressort aucune mièvrerie. Il y a beaucoup de non-dit et de subtilité. C'est d'abord le portrait d'un jeune garçon qui intériorise beaucoup de choses et prend un objet quelconque pour enfin se livrer... A réserver aux âmes sensibles...

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12 septembre 2005 1 12 /09 /septembre /2005 00:00

Editions Gallimard, rentrée littéraire 2005

Voici sûrement le roman le plus désopilant de cette rentrée ! Régis Jauffret est l'une des plumes françaises les plus talentueuses quant au maniement de l'humour noir. Il a écrit Clémence Picot, relatant les délires schizophrènes d'une jeune femme s'imaginant perpétrer des crimes toujours plus horribles et Univers, Univers mettant en scène une femme bourgeoise du genre Madame Bovary, qui pendant qu'elle cuit son gigot, s'invente de multiples identités. Bienvenue chez les fous !

Cet opus ne dément pas la réputation des oeuvres de Jauffret;tout commence comme une pièce de boulevard: Damien n'ose pas dire à Gisèle qu'il la quitte; il va donc envoyer son père accomplir cette noble tâche en prétextant un changement de robinet dans la cuisine! Nous assistons alors à une scène d'anthologie (ce n'est que la première d'une longue série...): le père divague sur la qualité du robinet, de la cafetière et de tout appareil ménager avant de dévoiler la vérité ...puis d'emballer toutes les affaires de Damien (en déboîtant l'ordinateur pour récupérer le disque dur...).

Après ce premier acte, les différents personnages vont se livrer à des monologues hilares déversant leur haine de Gisèle et du monde et nous révélant petit à petit leur bassesse et leur folie: le père qui transforme les bulletins scolaires de son fils en fiche de paie pour le motiver, la mère qui compare l'amour maternel à un diamant dont les intérêts ne seront jamais remboursables par le fils et Damien, informaticien sodomisé et alcoolique qui dans son délire voit la maison parentale voguer dans un océan de foutre et Versailles inondée par des spermatozoïdes assassins !  La mère devient jalouse de n'avoir pas participé à l'annonce de la rupture et revient chez sa belle-fille pour lui faire miroiter un retour possible de Damien....

Dans cette famille de fous, dit la mère, l'amour est destiné aux pauvres: les bourgeois comme eux se doivent d'assurer à leur fils une bonne situation; pas besoin d'une chômeuse, littéraire de surcroît! Quitte à lui donner des indemnités de rupture...Sous des allures de bouffonneries, Jauffret en profite pour épingler la société capitaliste: la famille semble devenir une petite entreprise bien lucrative.

Le tout raconté dans une langue souvent ordurière dans des discours sans fin qui ne sont pas sans rappeler les monologues fous de Lydie Salvayre.

A la fin, Jauffret nous réserve une ultime surprise méditant sur les pouvoirs de la littérature et le statut de personnage. Mais chut !

Bonne lecture !

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11 septembre 2005 7 11 /09 /septembre /2005 00:00

Editions José Corti, 2001

 Eric Faye est l'un des auteurs français les plus originaux : son oeuvre, teintée de fantastique, est avant tout une réflexion sur la liberté de l'individu qui peut à tout moment "larguer les amarres de la société" pour vivre une vie authentique.

 Les lumières fossiles et les deux titres qui lui font suite (Les cendres de mon avenir  et La durée d'une vie sans toi traitent du thème de la disparition: pourquoi un être décide-t-il un jour de disparaître, de rompre avec ce qu'il avait construit?

 Les lumières fossiles commence par un fait divers banal: la voisine du narrateur, Solange Brillat, vient de disparaître. Accident? Fugue? Personne ne sait. Le narrateur, personnage solitaire, va être de plus en plus intrigué par cette disparition et surtout par l'appartement vide. Il va donc s'y immiscer en s'identifiant peu à peu à la jeune femme. Le récit prend le forme qu'une enquête, à la recherche de l'énigme d'un être humain. Eric Faye nous plonge avec brio dans les ténèbres et les mystères de l'être. Le narrateur se met en marge de la société en s'identifiant peu à peu à Solange. Faye joue du clair-obscur en situant parfois les scènes la nuit: le personnage erre dans des couloirs plongés dans l'obscurité: on dirait que la pénombre éclaire peu à peu l'esprit et fait naître la réflexion sur le destin de l'homme...

 Seuil, 2002

 

 

 Aux Lumières fossiles, succèdent Les cendres de mon avenir qui peut bien sûr se lire séparément. Ce roman nous plonge directement dans un monde fantastique. Nous retrouvons Solange Brillat qui n'est plus un fantôme mais le personnage principal; nous apprenons pourquoi la jeune femme a fugué: elle reçoit des coups de téléphone étrange: le numéro est inconnu. Solange va donc partir à la recherche de cette étrange dame. Je vous laisse découvrir son identité...Le très beau titre est bien révélateur: il faut agir avant qu'il ne soit trop tard pour vivre...Eric Faye nous livre une profonde réflexion sur le temps qui passe.

 

 

Seuil 2003

 La duré d'une vie sans toi nous plonge dans le passé des êtres: deux personnages (dont Solange) pénètrent dans un village vidé de ses habitants après qu'une bombe de la Seconde Guerre Mondiale  ait été découverte. Il s'agit du lieu de leur enfance. Les personnages apparaissent comme deux fantômes qui reviennent hanter leur passé. Nous apprenons que Marin est l'ancien fiancé de la mère de Solange. C'est l'occasion de découvrir les meubles, les intérieurs de ces vies avachies, ternes qui ont renoncé aux espoirs de leur jeunesse. Le village respire la mort, le renoncement, la soumission à un destin morne. Faye décrit avec brio les objets, les murs, les vêtements abandonnés qui symbolisent l'ennui, la mort lente...

 Marin et Solange sont venus faire le point sur leur vie: que sont-ils devenus au regard de leurs rêves d'enfant ? Cette rencontre va peut-être être l'occasion de recommencer une nouvelle vie digne de leurs désirs et de leurs exigences.

 Cette trilogie, qui selon l'auteur n'en est pas une, est plutôt comme il le dit "un triangle équilatéral dont aucun côté ne ressemble à l'autre". Avis aux amateurs de citation ! Toujours est-il qu'il ressort de ces trois titres une étrange poésie qui nous mène jusqu'aux tréfonds de l'âme: Faye nous immerge dans des atmosphères fantomatiques , entre fantastique et oeuvre de réflexion sur nos destins.

 

 

 

 

 

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10 septembre 2005 6 10 /09 /septembre /2005 00:00

Editions Le serpent à plumes, 1998

 

Dominique Fabre, en couverture du Matricule des anges ce mois-ci, est l'auteur des petites gens, des exclus vivant dans un monde singulier.

Il nous livre ici les souvenirs d'un enfant attardé "à qui il manque une case" mais qui a de grandes oreilles ce qui lui fait percevoir beaucoup de choses autour de lui. Vivant à Asnières avec sa mère célibataire, il va peu à peu être évincé de l'univers maternel car cette dernière trouve cet enfant bien encombrant. Elle le met en garde dans une famille adoptive en Savoie puis viendra le temps de l'internat.

L'auteur invente un langage bien particulier, celui de l'enfant attardé; mais ce dernier a bien plus de jugeotte que l'on croit. Fabre évite tout misérabilisme en nous livrant un texte rempli d'humour (rencontre de la mère et de son futur mari vu par le regard de l'enfant). Les personnages sont pittoresques, en particulier "Ton Jos", le père adoptif de Savoie, vieux paysan communiste qui déteste "les ritals" !

J'attend avec impatience la lecture de son dernier roman La servante était nouvelle: le portrait d'un barman qui observe la vie de ses clients mais dont le poste est menacé, le patron ayant fugué....

 

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

Editions POL, 2005

Jean Rolin est le frère de l'un des plus grands écrivains français contemporains, Olivier Rolin (voir la critique de Méroé).

Il se définit comme un écrivain-journaliste: ses oeuvres sont à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Dans son dernier récit Terminal Frigo, le narrateur voyage sur le littoral français, dans les zones portuaires en déclin: Le Havre, Dunkerque, Saint-Nazaire. Il y décrit le paysage si particulier et va à la rencontre des figures locales: les dockers, les syndicalistes, les clandestins.

Les descriptions des paysages sont magnifiques: Rolin a la passion de ces espaces en marge (il a écrit La clôture,un récit sur le périphérique): il décrit les installations rouillées par le temps et les usines désaffectées. Mais le charme de Terminal Frigo naît avant tout de l'humanisme qui se dégage des rencontres: histoire des luttes syndicalistes, portrait émouvant des clandestins...

Rolin se décrit comme un journaliste qui va à la rencontre des gens: le narrateur s'efface devant ses personnages et les laisse exprimer leur colère et la nostalgie du passé.

Ce très beau récit qui renouvelle le genre romanesque est à placer dans la lignée de l'oeuvre de François Bon qui rend lui aussi hommage à la classe ouvrière en voie de disparition (son dernier roman Daewoo évoque la fermeture des usines textiles dans la vallée de la Fensch)

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

Editions de Minuit, 2004

Eric Chevillard est l'un des rares auteurs français contemporains qui basent leur oeuvre sur l'humour et le sarcasme.

Ici, il entreprend de réécrire le célèbre conte de Grimm en se moquant éperdumment des règles du conte.

Souvenez-vous: le petit tailleur gagne son honneur en tuant sept mouches d'un coup sur sa tartine de confiture. Il se confectionne une ceinture sur laquelle il marque "Sept d'un coup" et part à l'aventure à la rencontre de son destin. Puis petit à petit, il tue des géants, des sangliers et épouse une jolie princesse!

Chevillard base sa réécriture sur d'incessantes digressions qui se moquent de l'héroïsme du petit tailleur: sa taille devient objet de dérision, de même qu son affrontement avec le géant. Surtout, il apparaît comme un être avide de pouvoir qui compte bien régner sur le monde entier quitte à en estourbir quelques uns...

Chevillard, rappelant que les frères Grimm n'ont fait que compiler des récits populaires, veut enfin donner un véritable auteur à ce conte: ce sera lui...Si bien que l'écrivain devient aussi un personnage de l'histoire: nous assistons à la réécriture en direct; il se moque de telle ou telle action imaginée par Grimm. Il prend également à partie le lecteur en lui disant que, oui, il aurait mieux fallu pour lui aller faire ses courses chez le patissier plutôt que de se lancer dans cette lecture sans queue ni tête.

En digne héritier de Cervantès et de Diderot, Chevillard manie la digression avec brio: son oeuvre regorge de fantaisie en utilisant une arme très peu répandue aujourd'hui dans le monde littéraire: le rire !!!

A noter que son dernier roman Oreille rouge, écrit sur le même ton, est un pastiche du roman d'aventures ou du récit de voyage.

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

Editions Christian Bourgois, 2001

Voici la première oeuvre d'une jeune franco-vietnamienne très prometteuse: ce livre incantatoire est fondé sur le mythe habituel des rapports entre Eros et Thanatos.

Le narrateur, s'exprimant dans un long monologue intérieur, est un jeune homme meurtri par la vie clamant sa haine du monde: il est devenu aveugle après sa troisième tentative de suicide. Dès son enfance, il s'est coupé du monde, tentant d'oublier les éternelles querelles entre ses parents, une mère autoritaire et un père artiste peintre raté.

Mais il existe pourtant un ailleurs paradisiaque et salvateur auquel peuvent le faire accéder trois figures mythiques de femmes: il y a d'abord l'énigmatique Forever, la maîtresse de son père, qui se prend d'affection pour le jeune garçon et le recueil dans sa demeure quasi monastique entourée de livres. Présentée comme une fée évanescente, elle est la mère de substitution.

Puis viendra Vega, l'amante voluptueuse , qui lui fait la lecture et qui lui redonne goût à la vie. L'écriture est un cri d'amour, une ode à la femme aimée: la violence des mots, allant du vocabulaire sexuel aux expressions les plus raffinées, fait vibrer le lecteur dès la première page; elle exprime toute la violence et la révolte du narrateur.

Emminement poétique, ce roman est une ode à la figure de la femme qui s'érige en mythe salvateur: par de multiples métaphores ou comparaisons, Linda Lê magnifie la figure féminine; elle devient tour à tour Parthes, étoile, phare ou fée. Elle n'est pas sans rappeler la femme médiatrice baudelairienne qui fait voyager l'homme vers un ailleurs enchanteur (L'invitation au voyage, La chevelure, Parfums exotiques)

De part son écriture violente, poétique et incantatoire, Linda Lê s'impose comme l'une des meilleures écrivains de sa génération.

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4 août 2005 4 04 /08 /août /2005 00:00

Editions Actes Sud

Voici un titre bien énigmatique et enchanteur pour une oeuvre explorant la noirceur de l'âme humaine.

Tout commence comme un joli conte: Alice Ferney décrit une jeune femme douce et blonde, figure de l fée, qui attend son premier enfant. Tout respire le bonheur et la tranquilité.

Mais l'enfant deviendra progressivement un monstre en tuant d'abord des petits animaux et en en conservant leurs cadavres. Puis il ira courtiser de belles jeunes filles, doubles de la mère, qui violera...

Alice Ferney nous livre un premier roman troublant opposant les figures du bien et du mal, la ée à l'ange exterminateur. C'est l'ogre qui parle , ce qui fait naître une curieuse sensation chez le lecteur: il se met dans la peau du monstre et partage ses doutes, ses remords et ses pulsions meutrières.

L'écriture, pudique et simple, emplie de sensibilité, nous enchante. Je trouve ce premier roman vraiment très troublant et original par rapport aux autres oeuvres d'Alice Ferney, d'ordonnance plus classique: a signaler cependant Grâce et dénuement qui rend hommage aux bibliothécaires luttant contre l'illetrisme dans les camps de gitans.

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