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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 20:25

Editions Gallimard, 2013

 

 

 

En seulement deux romans (Ce qu'il advint du sauvage blanc a reçu le Goncourt du Premier Roman en 2012), ce vice-président du Tribunal administratif de Grenoble est passé maître du roman d'aventure français...alors que son premier roman nous mettait dans la peau d'un vendéen recueilli par les aborigènes australiens, ce deuxième opus nous fait suivre les pas de Philippe Zaffar....curateur aux documents privés...Autrement dit, ce fils d'émigré libanais classe les documents des défunts pour le compte des familles newyorkaises.

Un mystérieux écrit d'un riche industriel dans le commerce maritime va être le point de départ d'une aventure palpitante.

 

Un jeune marin reçoit trois couronnes pour avoir fait l'amour avec une étrange femme masquée

 

Le marin est-il feu Thomas Colbert ? Sa veuve charge Zaffar de décrypter ce mystérieux texte.

 

Et nous voici partis pour 250 pages d'élucidations de plusieurs mystères...Une ville haute, sans doute une colonie, un couple stérile....quelques éléments qui emmèneront Zaffar dans une course au trésor magique.

 

Entre cours de numismatie (l'histoire des trois couronnes), lecture d'une carte maritime, déchiffrage de textes littéraires ou de faux tableaux, interviews de personnages hauts en couleurs dans une île imaginaire, Bourg Tapage, qui ressemble à une ancienne colonie française, telle Haïti, François Garde nous emmène dans une folle épopée au suspense haletant.

 

Nous ferons connaissance avec un édile local, au coeur d'une guerre civile opposant le peuple insulaire aux élites.

 

Histoires familiales et politiques s'entrecroisent habillement ; le roman d'aventure, avançant d'indices en indices, laisse bientôt place à une belle méditation sur l'équilibre politique  instable des anciennes colonies. Les réflexions sur l'utilité du secret, sur la filiation font éclore  un très beau roman sur les origines : celui de la personne "enquêtée" mais aussi sur celles du narrateur dont le père était un politicien libanais....

 

Un très beau roman renouant avec une genre très rare dans la littérature française contemporaine. A découvrir.

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 21:12

RENTREE LITTERAIRE 2013

 

Editions Viviane Hamy

 

Cécile Coulon, petit bout de femme de 23 ans au caractère bien trempé, signe déjà son troisième roman aux éditions Viviane Hamy. Je l'avais découverte il y a un an avec le magnifique Le roi n'a pas sommeil. Elle passe d'une biographie tragique américaine à un récit de science fiction avec la même aisance, toujours avec cette écriture sans fioritues, qui va à l'essentiel.

 

Elle imagine une société où les livres sont devenus un spectacle. Un monde où les classiques ont été brûlés et remplacés par des livres frissons, tristesse, haine, tendresse et fous rires. Classés suivant l'émotion unique qu'is procurent. Alors, lors des Grandes Manifestations dans des stades géants, un liseur lit ces histoires sorties de la Maison des mots.

 

L'occasion pour la foule d'extérioriser ses émotions : hurlements, évanouissements, furies diverses et variées. La lecture est devenue une drogue qui anesthésie le peuple pour mieux le soumettre au pouvoir.

 

Pour canaliser cette foule, des gardiens mastodontes analphabètes, sont chargés de canaliser les débordements éventuels. L'agent 1075 est le meilleur d'entre eux.Mais un jour, alors qu'il est blessé, sa vie va basculer en découvrant l'interdit....

 

Je ne vous en dis pas plus de peur de déflorer l'intrigue...

 

Bien sûr, Cécile Coulon rend hommage à des classiques de la science-fiction comme 1984, Fahrenheit 451 ou encore Des fleurs pour Algernon.

 

Géniale idée que ces lectures spectacles prescrites par une psychologue de génie. Mention spéciale au personnage 1075, géant analphabète qui découvre peu à peu la sensibilité, l'émotion.

 

Cécile Coulon nous livre tout cela brutalement. 125 pages, rien de plus, pas le temps de s'appesantir sur tel ou tel détail; Le récit est taillé au cordeau, la structure est ultra simple. Ce qui n'empêche pas les phrases qui font mouche, dont la plus belle : des livres "où les émotions se font l'amour". Un bel hommage à la littérature.

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 10:25

RENTREE LITTERAIRE 2013

 

Editions Albin Michel

 

L'une des parutions majeures de cette rentrée, sinon la meilleure en littérature française et surtout l'un des grands favoris pour le Goncourt ou le Renaudot.

 

Pour moi, en tous cas, un très grand roman populaire, susceptible de plaire au plus grand nombre : plus qu'un roman historique (ce que Perre Lemaitre s'est défendu d'écrire), c'est un récit d'atmosphère, aux personnnages inoubliables et au suspense halelant (l'auteur vient du polar et a réalisé des scénari de cinéma....).

 

Est-il encore utile de présenter l'intrigue ....Il s'agit du récit de l'immédiat après-guerre de 14-18, lorsque les morts sont honorés par la patrie alors que les survivants sont méprisés, ignorés, rejetés de la société...

 

Tout commence quelques jours avant la signature de l'armistice...une mise en scène magistrale,  ! Alors que les soldats attendent patiemment la capitulation de l'Allemagne, le lieutenant d'Aulnay Pradelle souhaite cependant livrer sa dernière action héroïque pour prendre du galon...quitte à forcer son régiment et régler son compte aux récalcirants... Les soldats Albert Maillard et Edouard Péricourt vont en faire les frais...Je ne vous raconte pas tout de peur de vous gâcher le plaisir mais sachez que ce premier affrontement va servir de trame au roman entier.

Après l'armistice, les 2 camps vont se retrouver...Le lieutenant d'Aulnay Pradelle a décidé de se faire de l'argent avec les morts. Alors que l'Etat souhaite réaliser d'immenses cimetières militaires, il convient d'exhumer les milliers de cadavres inhumés directement sous terre et de leur trouver des cercueils. Et si l'on faisait des cercueils en pin d'1m30, on ferait bien des économies.....

 

De l'autre côté, Albert Maillard a recueilli Edouard Péricourt, qui est devenue une gueule cassée en le sauvant. Alors qu'Albert es devenu homme sandwich pour gagner quelques sous lui permettant d'acheter de la morphine apaisant la douleur de sn ami, Edouard Péricourt monte, pour se venger de la société, une gigantesque arnaque aux monuments aux morts. Arnaques et magouilles dans l'immédiat après-guerre, reflétant aussi des conflits de classes entre les profiteurs et les victimes....Sur plus de 500 pages, ces deux camps vont s'affronter de manière grotesque et sublime...

 

Car il y a une pointe de farcesque dans cette fresque tragi-comique. Les personnages inoubliables, à la limite de la caricature, sont tous des pantins manipulés par le destin. Albert Maillard, anti-héros par excellence, peureux compulsif, bête de somme. Edouard Péricourt, la geule cassée sublime morphinomane qui passe son temps à fabriquer des masques toujours plus improbables. Joseph Merlin, le fonctionnaire râté, immonde petite personnage qui mettra son honneur à punir l'escroquerie des cimetières militaires. Pierre Lemâitre s'est d'ailleurs  inspiré de Cripure du Sang Noir de Louis Guilloux. L'auteur a su retranscrire à merveille l'atmosphère poisseuse et malsaine du roman de Guilloux ou d'Emmanuel Bove, par exemple. 

Tous ces personnages portent en eux le tragique de l'existence; il n'y a que d'Alnay Pradelle, modèle de l'escro, qui n'éveille aucune sympathie.

 

Une grande fresque qui se lit d'une traite ...on attend avec impatience sa consécration !

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 20:19

AVANT PREMIERE RENTREE LITTERAIRE 2013

 

 

Editions Belfond

 

Cet ensemble de trois récits ravira les amateurs de biographies historiques.

 

Danton, Victor Hugo, Winston Churchill ...vous croyiez tout savoir sur ces trois grands monstres sacrés de l'histoire nationale française...c'est sans compter les talents de chercheur et de raconteur d'Hugo Boris qui a trouvé un point commun à ces trois forces de la nature : celui d'avoir défier la mort, d'y avoir échapper plusieurs fois.

 

L'auteur y va à chaque fois de sa petite anecdote et nous apprenons mille choses sur ces images d'Epinal.

Saviez-vous que Danton n'était pas seulement défiguré par la petite vérole mais aussi et surtout pour avoir été piétiné tout petit par un taureau et un troupeau de cochons ? Qu'il avait déterré sa femme voulant faire un masque mortuaire ?

 

Quant à Hugo, il défie bien sûr la mort avec les tables tournantes mais il apparaît surtout comme un Saturne dévorant un à un ses enfants : Léopoldine la noyée, Adèle la folle et les deux garçons François et Charles, les survivants fantômes.

 

Quant à Churchill, sans doute le moins connu des trois c'est un réel plaisir de le voir survivre aux charges des fusils sur une locomotive en plein Guerre des Boers et arriver en catastrophe lors de la débâcle de 1940 à Paris....sans oublier la visite mémorable des caves d'un grand hôtel à Monaco en 1945...mais chut !

 

Le tout est admirablement bien construit puisque certaines anecdotes des trois personnages se répondent les unes aux autres.

 

Un récit bien construit, érudit tout en étant écrit comme une belle anecdote d'un livre d'Histoire de la la Troisième République.

 

Moins académique qu'un Max Gallo, ce récit passionnant signe le retour des Grands Hommes mais vu sous un angle humain, loin de la légende dorée...

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 12:47

RENTREE LITTERAIRE 2013- parution 5 septembre

 

http://u.jimdo.com/www60/o/sdff609ebeb0a9585/img/ief7fae1eb7447715/1368706551/std/image.jpg

 

Editions Liana Levi

 

Un roman magnifique, mon premier coup de coeur de la rentrée.

 

Voici en avant première, le deuxième roman de Lionel Salaün, l'auteur du Retour de Jim Lamar, roman "américain" très remarqué à sa sortie en 2010, l'histoire d'un vétéran du Vietnam qui revient dans son village natal du Missouri après des années d'absence. Un retour difficile, non désiré par ceux qui sont restés....

 

Dans son deuxième opus, il s'agit encore de l'histoire d'un retour d'un homme mais dans la France traditionnelle des quartiers et des banlieues de province, des années 50 aux années 80.

 

Le Bel-Air est le bistrot du coin, où l'on boit le café ou le ballon de blanc sur le zinc, où l'on écoute le juke-bo, où l'on joue au baby-foot, où l'on se raconte les ragots du jour. A côté, sur la colline, la cité du coin, où vivent artisans et ouvriers. C'est dans cette cité de province qu'on grandi Franck et Gérard. Le premier, seul avec sa mère, le deuxième dans le café Bel-Air de ses parents, Monsieur et Madame Lecreux.

 

Franck, le solitaire, le révolté, l'amoureux. Gérard, le débonnaire, le futur bistrotier, qui, comme son père, casserait bien du "crouille". C'est le début de la guerre d'Algérie et leurs chemins vont diverger. Des années plus tard, au début du roman, alors que les pelleteuses détruisent les barres de la cité, Franck revient au Bel-Air s'expliquer avec Gérard....

 

Une très belle histoire d'amour et d'amitié gâchée sur fond de roman d'apprentissage et de roman social. Lionel Salaün restitue avec brio l'atmosphère et la sociabilité des années 50 : le racisme ordinaire au sein d'une communauté de petites gens, envenimé par le débat sur la guerre , les bruits et les odeurs du café du coin. Il y a les rancoeurs des vieux, ceux qui ont vécu la chute de la Nation France à la débâcle de 40 et à Dien Bien Phû, et les rêves des jeunes sur lesquels pèse la menace de l'enrôlement. 

 

Un fusil, une jeune femme aimée, la guerre....Tous ces éléments vont se rencontrer mais pas de la manière dont on l'attend...

 

C'est en ça que réside la talent de conteur de Lionel Salaün. Le récit est habilement construit (le passé entre la boucle du présent, au début et à la fin) et nous réserve à chaque fois des surprises, loin des stéréotypes. Les personnages secondaires sont hauts en couleur : il y a l'image traditionnelle du cafetier et de l'adjudant raciste mais aussi le formidable personnage de Monsieur Louis, gentleman perdu dans la Cité, qui conduira Franck sur les chemins de la liberté, à ses risques et périls. 

 

Et que dire de l'écriture ? Simple et en même temps fougueuse, qui dit les bruits et les odeurs mais aussi les visages qui reflètent les émotions. Des phrases qui disent la fougue de la jeunesse et aussi la révolte et l'amertume.

 

Un beau récit romanesque qui pourra émouvoir les plus âgés comme  les adolescents. 

 

Le site de l'auteur : www.lionelsalaun.fr  

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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 17:44

FRANCE

 

Editions Actes Sud, 2010

 

Je continue à explorer l'oeuvre très lyrique de Cécile Ladjali que j'ai découvert récemment avec Aral

 

Il s'agit  à nouveau d'amour passion, celui du narrateur pour une femme inaccessible ; la passion dévastatrice a pour arrière-plan l'histoire d'amour entre le poète juif roumain Paul Celan et la poétesse autrichienne Ingeborg Bachmanm, après la Seconde Guerre Mondiale.

 

Pour  en savoir plus : http://www.larevuedesressources.org/entre-ombre-et-lumiere-ingeborg-bachmann-paul-celan-et-le-mythe-d-orphee,1411.html

 

L'amour passion et l'art pour se sauver après le cataclysme...On était déjà dans la même problématique avec Aral.

 

Ingeborg incarne la force de vivre, la force d'y croire à nouveau après l'holocauste. Elle nous es racontée par son cousin fictif Zak, recueilli par les parents de Ilse (Ingeborg) , alors qu'il est orphelin de parents nazis. Lorsque cette dernière tombe amoureuse du poète, le narrateur ne peut qu'être le dépositaire jaloux de cette passion tragique. C'est d'ailleurs des années plus tard, lorsque la mort  le guette, qu'il écrit ces lignes.

 

Une oeuvre âpre, assez difficile d'accès, précieuse, qui a le grand mérite de nous faire découvrir cette passion littéraire et charnelle. 

 

Pour Celan, les mots ne peuvent plus dire que le silence et le néant après le cataclysme. 

Pour Ilse, l'art peut servir à recréer une communauté solidaire idéale. 

 

Un roman qui prend la forme d'une tragédie antique. Chez Ladjali, aucune retenue, aucune "sécheresse". La belle langue lyrique est là pour dire la passion, l'élan, le torrent des sentiments.

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 19:50

Editions Albin Michel, 2013



PRIX DU LIVRE INTER 2013

 

C' est une très belle histoire que nous raconte Alice Zeniter, 26 ans, lauréate du Prix du Livre Inter 2013. Un beau roman familial et historique qui démarre non par des détails historiques abscons mais par un décor à la fois pittoresque et grotesque.

 

Une maison de bois au milieu des rails de la gare de Nyugati à Budapest. C'est celle de la famille Mandy, celle que le grand père n'a jamais voulu céder aux forces de  la modernité. Chaque jour, les voyageurs dans les wagons jettent dans le jardin triangulaire leurs déchets et leurs trésors.

Tous les jours, le grand-père prend son râteau pour nettoyer ces déchets. Tous les 2 mai, il termine saoul sur l'herbe en répétant le refrain de la célèbre chanson hongrois, Sombre dimanche. Pourquoi cette chanson ? Pourquoi ce jour précis ? Nous ne l'apprendrons qu'à la fin...

 

Le petit fils Imre assiste à cette cérémonie tous les ans sans comprendre. Les secrets de l'existence seront dévoilés petit à petit...

 

Nous suivons Imre, le petit fils, de son enfance à l'âge mûr. Il y aura eu la boîte à trésors des voyageurs, les rêves des "filles californiennes" à l'adolescence, l'amour d'une femme allemande de l'Ouest et les désillusions de l'âge adulte.

 

Entre le grand-père qui a perdu sa jambe "à cause de Staline" et le petit fils, il y a la grand-mère Sara, le père Pal, la tante Agni . Tous subiront, un jour ou l'autre, les affres de la Grande Histoire, celle de  la nation hongroise, depuis 1940 à nos jours.Le déclin de l'Empire austro-hongrois, le territoire hongrois amputé d'une grosse partie de son territoire en 1918, les hongrois tiraillés entre les allemands et les russes pendant la guerre, puis subissant le joug soviétique. Puis ce sera le temps de l'ouverture à l'Ouest, des espoirs puis des désillusions.

 

C'est à travers le destin d'Imre que nous découvrons les secrets de la famille sur trois générations.

 

L'Histoire avance, la famille Mandy reste immobile sur les rails de leurs maison de bois et de leur existence. En victime de l'Histoire, ils seront des anti héros, emplis de tristesse de de mélancolie.

 

La poésie vient justement de cette immobilité, de cette torpeur des esprits qui sent bon l'odeur surannée des grandes nations déclinantes d'autrefois.

 

La Hongrie, la perdante, sans mer ni montagne, dont les rêves s'étiolent lentement sur les rives du Danube.

 

Le grand mérite d'Alice Zeniter est d'avoir réussi un très beau roman familial classique. qui tire sa poésie de cette mélancolie d'anti héros n'arrivant  pas à monter dans le wagon de leur existence. La ville de Budapest, ses ponts et ses collines, sert d'écrin à cette "sombre histoire".

L'originalité du roman réside principalement dans le fait qu'il s'agit d'un récit d'hommes, sur trois générations, d'hommes faibles ayant perdu leurs femmes pour plusieurs raisons. Culpabilité, regrets, solitude : sentiments gris et noirs qui n'ont plus qu'à s'exprimer dans les belles chansons mélancoliques hongroises. Pas de pathos, pas de tragédie antique mais souvent des situations grotesques (plusieurs morts soudaines, mais chut ! ne dévoilons pas tout !)  et une douce mélancolie s'écoulant dans l'eau grise du Danube.

 

Les dernières pages, quittant la ville de Budapest, sont sublimes !

 

A lire de toute urgence !


 

 

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 21:02

Editions Robert Laffont, 2013

http://www.images-booknode.com/book_cover/4087/histoire-d-alice-qui-ne-pensait-jamais-a-rien--et-de-tous-ses-maris,-plus-un--4086572-250-400.jpg

 

Vous en avez assez de la grisaille ambiante ? Des gens qui râlent tout le temps et qui ne sont jamais heureux ? Ce court roman est pour vous ! Avant l'été, il vous offre un bon bol d'air frais...

 

Tout commence pourtant par un enterrement ; Paul qui dit aujourd'hui adieu à sa mère retrouve au cimetière sa tante Alice, qu'il ne connaît pas. Alice, la soeur de sa mère, va alors lui raconter ses sept vies en compagnie de ses sept maris...qui sont tous morts les uns à la suite des autres...

 

Non, elle ne les a pas tués mais au contraire follement aimés les uns à la suite des autres ; un merveilleux voyage dans le temps et dans l'espace, des Etats-Unis à l'Angleterre en passant par les Indes et l'Italie. 

 

Chaque soir, Paul, l'écrivain, retrouve sa tante Alice, qui lui raconte un chapitre de sa vie. Un repas, un chapitre, un mari.

 

Alice est un merveilleux personnage romanesque qui nous offre une belle leçon de vie : ses récits évitent tout misérabilisme et son emplis d'humour et de bonne humeur.

 

François Dannemark est un adorable conteur qui sait très bien ménager les coups de théâtre. Car le récit nous réserve une sacré surprise...

 

Mais, chut ! Dégustez ce petit roman sans prétention. Il vous mettra du baume au coeur.

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 18:25

Editions Actes Sud, 2012

 

 

Je viens de découvrir ce magnifique auteur français d'origine iranienne dont la langue rare et poétique peut faire penser à Sylvie Germain ou encore Julien Gracq. Elle vient de publier son dernier roman Shâb ou la nuit.

 

Aral permet de nous plonger dans le drame écologique de la Mer d'Aral, qui a peu à peu disparu à cause du détournement des eaux du fleuve pour irriguer les champs de coton soviétique. Mais plutôt que de nous livrer un plaidoyer écologique, elle écrit un conte tragique mettant en scène deux amants se connaissant depuis l'enfance.

 

Nous sommes dans les années 70 au Kazakhstan, à Nadezhda, dans un petit village de pécheurs devenu désert. L'histoire nous est racontée par Alexei, victime d'une surdité précoce. Tout comme la mer, le jeune homme a décidé de se retirer du dehors, du monde, pour mieux être à l'écoute de sa musique intérieure. Il est en effet devenu un violoncelliste hors pair. Depuis sa plus tendre enfance, il est promis à Zeina, qui elle a choisi la voie de la science : alors qu'elle part étudier les échantillons de la Mer d'Aral pour tenter de la sauver, Alexei, lui, va prendre la musique et la mer comme amante en se réfugiant dans une folie artistique.

 

Zeina, la musique, la mer : trois amantes infidèles ...Alexei, entre deux pousées de jalousie maladive,  se remémore ses années d'enfance où les deux enfants partaient à la découverte de l'île dédendue, mystérieuse, peuplée d'êtres fabuleux...En réalité, une île radioctive...

 

Cécile Ladjali a un talent fou pour transformer en conte lyrique un drame contemporain des plus barbares.

 

Le monologue d'Alexei est digne d'une tragédie antique où les humains et les éléments naturels marchent irrésistiblement vers une mort certaine.

Le monologue d'un fou mais aussi et surtout celui d'une lente agonie et d'une renaissance. Magique.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 18:38

ROMAN HISTORIQUE

 

 

Editions Juilliard, 2011

 

Qui a dit que le roman historique était un genre démodé, réservé aux seniors ? C'est sans compter l'originalité et la verve de Jean Teulé, adepte des histoires sanglantes ou faits méconnus (l'envers du décor) comme l'histoire de ce jeune homme jugé sympathisant avec les Prussiens en 1870, dépecé sur la place publique par la foule déchaînée (Mangez moi si vous voulez) ou encore la vie de Monsieur de Montespan (Le Montespan).

 

Ici, il s'attaque à l'un des événements les plus sanglants de l'Histoire de France, la Nuit de la Saint-Barthélémy, le 24 août 1572, ordonnée par le roi Charles IX, 22 ans, poussé par sa mère florentine, Catherine de Médicis.

 

Il mourra 1 an plus tard après une année de folies en tous genres. Persécuté par le sang qu'il a répandu involontairement, il se met à avoir une passion pour le sang versé....celui de ses chasses à courre rocambolesques dans la cour du Louvre, celui des valets et gentilshommes qui se mettent en travers de son chemin. Une folie meurtrière qui se termine par une belle métaphore symbolique ou le sang versé ressort du corps du roi....

 

Entre ces deux dates, Saint-Barthélémy et mort du roi, un festival de sang, de sexe et de victuailles en tous genres.

 

Jean Teulé, en auteur gargantuesque et épicurien adepte de la bonne chaire, nous ravit avec ce festival des sens allant du pâté d'alouette (scène mémorable où le roi découvre cette spécialité ; à partir de ce moment, son passe-temps favori est de tordre le cou aux alouettes) aux scènes débridées de sexe avec Marie Touchet...

 

Ces aventures rocambolesques nous sont contées dans un rythme effréné, sur le ton de la farce tragi-comique dont les héros-pantomimes sont les derniers Valois : Charles 9 , Marie de Médicis, le futur Henri III et Henri IV, roi de Navarre, Marguerite de Valois, transportant le crâne de La Môle dans un bocal...Sans compter la rencontre avec le chirurgien Ambroise Paré et le poète Pierre de Ronsard, vieillard bien libidineux qui court après les soubrettes.

 

Sauvagerie et truculence sont au rendez-vous de ce roman tonitruant qui allie divertissement et érudition. Qui se rappelle par exemple que Charles IX a fait commencer l'année au 1erjanvier au lieu du 1er avril...et que les farces de la nouvelle année sont ainsi devenues celles du 1er avril.

Un roman farcesque très sérieux !

 

Une belle allégorie du pouvoir ou le roi est une victime de l'Histoire.

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