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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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24 mars 2008 1 24 /03 /mars /2008 14:17
Comme je n'ai pas encore lu les nouveautés qui sont parues lors du Salon du Livre, je vous envoie un florilège des articles que j'ai publiés sur des romans israéliens.
Aharon Appelfeld, Etgar Keret, Yehoshua Kenaz,Abraham B Yeshoshua,Zeruya Shalev sont d'immenses écrivains qui montrent bien que la littérature et la politique sont deux mondes séparés.

Rappelons notamment qu'Amoz Oz et Abraham B Yehoshua sont d'ardents défenseurs de la paix au Proche-Orient.

Voici donc


Le responsable des ressources humaines

Je suis maintenant tentée de découvrir l'oeuvre d'Orly Castel Bloom, une femme écrivain précurseur qui a introduit notamment la vie quotidienne et l'intime au coeur de la fiction israélienne. Son dernier livre paru : Textile

Textile
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20 février 2008 3 20 /02 /février /2008 19:26

ISRAEL


VIE AMOUREUSE, Zeruya Shalev


Editions Gallimard "Du monde entier", 2001

Le salon du livre 2007 est cette année consacré à la littérature israélienne. L'occasion de découvrir une littérature contemporaine foisonnante. J'avais déja découvert l'oeuvre drôle et absurde d'Etgar Keret

Voici donc Zeruya Shalev,une auteur réputée comme étant la chef de file de la nouvelle littérature israélienne. Ce roman fit scandale dès sa parution et pour cause ! 

Elle met en scène les ravages de la passion amoureuse chez la narratrice qui tombe soudainement amoureuse d'un ami de son père, un vieillard lubrique n'éprouvant aucun sentiment. Du jour au lendemain, elle quitte tout, études, mari et famille pour vivre une passion clandestine avec Arieh...dont la femme vient de mourir. 

Shalev décrit de manière très crue les scènes de sexe ...dans la cabine d'essayage d'un magasin...et dans les toilettes de la chambre d'hôpital où se meurt la femme d'Arieh...et enfin dans la chambre de la défunte lorsque la Yaara, la narratrice, est retenue prisonnière lors des cérémonies de deuil...

Bien sûr, ce livre interpelle pour sa crudité et son mélange de sexualité et de références bibliques. Shalev fait ainsi référence à la légende de la femme adultère et de la destruction du Temple. Elle décrit sans complexe l'union d'un corps jeune et d'un corps abîmé. Ce qui choque, c'est surtout cette absence de sentiments entre les deux êtres. Yaara ne semble être soumise qu'à une dépendance physique alors qu'Arieh est un vieillard qui ne ressent plus aucune émotion, qui est revenu de tout.

On évoquera aussi la quête du passé car tout en étant soumise à sa passion, Yaara découvre qu'Arieh est l'ancien amant de sa mère. Il y a donc également ne quête des origines en même temps qu'une quête des sens. Tout n'est pas simplement une histoire de sexe !

Je pense également que cette oeuvre interpelle par son style d'écriture très personnel. Le lecteur est littéralement enrôlé dans la conscience de Yaara qui dans un monologue de 300 pages intègre directement dans son discours les dialogues entre les différents personnages. Nul interligne ne vient faire respirer le texte, très compact. A l'intérieur d'une même phrase, souvent longue, la narratrice peut passer subitement d'un état à un autre. Il en ressort un rythme très saccadé, très rapide qui entraine le lecteur dans un flux inninterrompu de sensations. Souvent, on ressent une impression d'étouffement tellement nous sommes pris dans la conscience tourmentée du personnage. 

Un seul bémol : sans doute un essoufflement vers la fin et les derniers chapitres un peu vains. Mais il en reste un beau portrait des affres de la passion amoureuse. 

Un extrait :

" Alors que me racontes-tu de beau, rien, vraiment, répondis-je, embarassée, qu'ai-je en commun avec cet homme, que puis-je confier à un parfait étranger, par quoi commencer, comment se sont passées ces dernières semaines, poursuivit-il tandis que je repensais aux interminables journées torturantes, angoissantes que je venais de vivre, tiraillée entre l'humiliation, le remords et le désir, comme à un long cauchemar vide de sens, une maladie inavouable même après la guérison, dur, dis-je, en singeant la manière dont il avait décrit son voyage et son air suffisant. Ah, et pourquoi donc, s'enquit-il ingénument, je sentais que ses questions n'étaient pas innocentes, pas plus que la satisfaction avec laquelle il m'avait accueillie, tu sais très bien pourquoi, je n'en ai pas la moindre idée, parce que j'ai envie de toi. De moi ? s'écria-t-il avec un étonnement feint, vraiment ? Je répétai, oui, vraiment, et c'était dur, j'étais incapable de trouver un autre terme que celui-ci qui paraissait totalement déplacé dans cette cuisine rutilante, mais pourquoi, parce que je t'aime, répondis-je, confuse de proférer de telles banalités, et il sourit à nouveau comme un maître qui serait enfin parvenu à obtenir la bonne réponse d'une élève, mais pourquoi ? Qu'est-ce que tu me trouves ? J'avais la pénible impression que c'était le sujet autour duquel tournait toute la conversation"

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 16:49

ESPAGNE



Editions du Seuil 

Voici un court récit méconnu du grand auteur espagnol. Il s'agit d'un récit allégorique sur les dérives du pouvoir, présenté sous la forme d'une enquête menée par un jeune garçon. 

Ce dernier est intrigué par le jardin miniature d'un vieil homme mystérieux qui plante des bonsais minuscules dans son jardin. L'enfant demande des explications à son instituteur : le vieux maître des bonsais est issu d'une famille prestigieuse mais on ne connaît rien de son passé. Il ne parle à personne et lorsque qu'il s'adresse à des gens du village, il ne fait qu'annoner quelques syllabes...

Un jour, l'enfant sonne chez le vieillard. Lorsqu'il lui demande pourquoi il miniaturise son jardin, le maître lui répond que la nature doit être domestiquée. Le chien de l'enfant disparaît. Le week-end, lorsque le vieil homme s'est absenté, l'enfant intrépide pénètre par effraction dans le bureau secret du maître des bonsais et découvre l'horreur de son secret...

Un beau conte philosophique sur les méandres du pouvoir et des rapports de force. Le tout agrémenté de magnifiques illustrations sous forme d'estampes japonaises. A lire à partir de 13-14 ans.

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 22:00

ESPAGNE

Actes Sud, 2007

Voici un roman catalan qui a remporté un immense succès en Espagne. Ce roman nous plonge dans une période de l'histoire espagnole très peu traitée en littérature : le 18e siècle et plus précisément le règne de Charles III, "le despote éclairé". Comme dans plusieurs pays d'Europe (La Russie par exemple avec Catherine II et l'Autriche avec Joseph II), le roi souhaite éduquer le peuple et moderniser son pays en développant par exemple le commerce et les arts. Il souhaite donc imiter Pierre Le Grand, roi fondateur de Saint-Pétersbourg, en créant une ville royale magnifiant  les arts et assurant un débouché de l'Ebre en Méditerranée. Pour cela, il va faire appel à un architecte italien, un certain Andrea Roselli et au grand peintre vénitien, Giambattista Tiepolo....

Nous voila donc plongés dans une intrigue "historico-artistique" comme je les adore avec une pose dose de suspens en plus. Il faut dire que les écrivains espagnols sont des spécialistes du genre : citons Le tableau du maître flamand d'Arturo Pere-Reverte et Clara et la pénombre de José Carlos Somoza.

Le roman repose sur deux intrigues parallèles qui vont se rejoindre : le galeriste barcelonais, Emili Rosel, a grandi à proximité des ruines de la ville de San Carlos, la ville inachevée du roi Charles III. Ces ruines ont exercé une fascination étrange sur lui d'autant plus que cette histoire de "ville invisible" relève apparemment plus du mythe que de la réalité. Mais un jour, il reçoit un étrange colis : Le mémorial de la ville invisible de l'architecte Andea Roselli. Le roman va ainsi faire alterner les chapitres de lecture du manuscrit (nous voyageons dans les capitales européennes du XVIIIe siècle) et les aventures contemporaines du galériste. A plus de 200 ans d'intervalles, les vies d'Andrea Roselli et d'Emili Rosel vont se répondre....

Un mystère va envenimer l'intrigue : la dernière toile du peintre Tiepolo semble avoir disparu depuis la mort du peintre. Le manuscrit révèle-t-il le lieu de sa cachette ?

Les deux intrigues parallèles insistent sur les manigances de toute sorte dans le milieu de l'art : en voyageant dans les capitales européennes, Andrea Roselli découvre les intrigues de cour et que l'art est au service de la politique (exemple de la vieillesse de Tiepolo à Madrid). Deux siècles plus tard, Emili doit absolument retrouver le Tiepolo maudit pour rembourser des trafiquants de drogue ! Mais chacun des protagonistes (Andrea, Tiepolo et Emili) trouvera un voix de salut.

Ce roman offre un merveilleux voyage et une intrigue à laquelle on s'accroche facilement : que cache le dernier tableau de Tiepolo? Qui a envoyé le mystérieux manuscrit à Emili et pourquoi ?  Vous le saurez bien sûr à la fin ! Ce secret fait évoluer un peu le roman vers le thriller historique. L'auteur insère cette intrigue dans une problématique contemporaine, qui est la préservation des espaces naturels.

A lire !

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19 mars 2007 1 19 /03 /mars /2007 18:48

, PORTUGAL

José Saramago, né en 1922, est le plus grand écrivain portugais contemporain avec Antonio Lobo Antunes. Il a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1998.

Son oeuvre, teintée de fantastique, est une allégorie de la condition humaine. Dans L'aveuglement, une épidémie de cécité s'abat sur un pays entier. Il n'y a pas d'indication spatio-temporelle, ce qui rend l'histoire à la fois étrange et universelle.

Au début, l'aveuglement ne frappe que quelques dizaines de personne. Pour enrayer l'épidémie inexplicable, le gouvernement décide d'enfermer les contaminés dans des dispensaires ou des usines désaffectés. Ces derniers, sans aucun recours à l'aide extérieure, vont bientôt devenir de véritables animaux. Sans la vue, ils ne se lavent plus, laissent les immondices sur le sol ...et commencent à s'entretuer. Combat pour la nourriture, viol des femmes...Nous voila revenus à un état de nature où l'homme est un loup pour l'homme.

Une femme qui n'a bizarrement pas perdu la vue, s'est immiscée dans le groupe pour ne pas abandonner son mari. Cette dernière va devenir leur ange gardien, les guidant dans leur quotidien, les aidant à se laver, se guider, se nourrir. ..

José Saramago nous plonge dans un univers très noir où les humains se trouve confrontés à la déréliction. L'écrivain se complait à décrire des hordes errantes qui parcourent les rues. Nous sommes en pleine apocalypse.
Le style d'écriture joue sur un rythme effréné; il n'y a pas de paragraphe, pas de saut de ligne pour les dialogues. Saramago joue aussi beaucoup sur les répétitions d'actions pour souligner le quotidien.

Si le début m'a passionnée et surprise par sa noirceur absolue, j'ai été un peu déçue par le rythme très lent du livre. J'ai eu cependant l'impression de lire un roman d'anticipation : qu'arriverait-il si nous étions tous aveugles ?

Petit à petit, grâce à "l'ange gardien", les valeurs humaines réapparaissent. Saramago nous transmet en belle allégorie sur la société qui est aveugle devant les valeurs humaines.....

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21 janvier 2007 7 21 /01 /janvier /2007 12:23

Je viens de voir sur le site http://meslectures.over-blog.com la sélection de livres indiens pour le Salon du Livre. http://meslectures.over-blog.com/article-5302593.html

A part Anita Nair, que je n'ai pas lu, et Vikram Seth, je ne connais personne !

Par contre, j'ai consacré plusieurs articles à des romans indiens. Je vous propose donc de les redécouvrir !

DES CLASSIQUES

La maison et le monde de Rabindranath Tagore

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3861050.html

En attendant le Mahatma de R.K Narayan

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3440750.html

DES CONTEMPORAINS

Les feux du Bengale de Amitav Ghosh

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3589597.html

Loin de Chandigarth de Tarun J Tejpal

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3364362.html

Le pays des marées d'Amitav Ghosh

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3086788.html

Haroun et la mer des histoires de Salman Rushdie

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3066897.html

Le Dieu des petits riens d'Arundhati Roy

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-3003221.html

Le jeûne et le festin d'Anita Desai

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-2986072.html

 

 

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 19:12

ESPAGNE

Actes Sud, septembre 2006

A la vitesse de la lumière a été l'un des livres étrangers les plus remarqués lors de la rentrée littéraire même s'il n'a pas obtenu de prix. Javier Cercas fait partie de la jeune littérature espagnole qui est très dynamique depuis quelques années : on peut ainsi citer Enrique Vila Matas, Carlos Luis Zafon (l'inoubliable L'ombre du vent), José Carlos Somoza (Clara et la pénombre) ainsi que Juan Manuel de Prada (Les masques du héros). Les auteurs espagnols ont le vent en poupe !

Javier Cercas signe ici un roman extrêmement riche qui brasse de nombreux thèmes : le poids de l'Histoire, la culpabilité, l'amitié, le rôle de la littérature....

Voici l'intrigue qui se passe sur une vingtaine d'années : au début, le narrateur est un étudiant qui rêve de devenir écrivain. Dans une université américaine, il se lie d'amitié avec Rodney, un vétéran du Vietnam. Ce dernier, désabusé par la vie, le met en garde contre les avanies du succès. Il semble cacher un horrible secret qui lui a fait découvrir la véritable nature humaine. Soudain, il disparaît sans laisser de trace. Le narrateur enquête auprès du père du vétéran qui lui révèle que son fils se croit responsable d'un massacre perpétré au Vietnam. L'écrivain en herbe essaie en vain d'écrire un roman qui s'inspire de la vie de Rodney.

A son retour en Espagne, le succès de l'un des romans du narrateur le propulse au firmament. Il en oublie alors les vraies valeurs et son âme avant qu'un événement tragique ne l'anéantisse. Se rappelant les mises en garde de son ami sur le danger du succès, il désire retrouver les traces de ce dernier pour qu'il l'aide à supporter son enfer quotidien.

Ce roman est extrêmement bien construit. Il s'agit avant tout d'une belle histoire d'amitié entre deux hommes qui ont franchi les limites de l'humain (griserie de la tuerie pour l'un et griserie du succès pour l'autre), qui éprouvent un fort sentiment de culpabilité et qui tentent en vain de trouver un sens à leur destin.

Ce que j'en retient surtout est le magnifique hommage rendu à la littérature. Cercas se met lui-même en scène (c'est le double du narrateur) avec beaucoup de dérision (satire du milieu branché des écrivains, difficulté à écrire). Il cite de nombreux écrivains tels que Emerson, Thoreau ainsi que Malcolm Lowry. Il cherche à comprendre le sens de la littérature et il en ressort de magnifiques phrases :

"Parce qu'écrire était la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s'abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d'un sens ou d'une illusion de sens".

L'écrivain :"un type qui se pose des problèmes on ne peut plus complexes et qui, au lieu de les résoudre comme ferait n'importe quel individu sensé, les rend plus complexes encore. C'est-à-dire que c'est un cinglé qui regarde la réalité et qui parfois la voit"

"tout le monde regarde la réalité mais rares son ceux qui la voient. L'artiste n'est pas celui qui rend visible l'invisible. ..l'artiste est celui qui rend visible ce qui est déjà visible et que tout le monde regarde et que personne ne peut ou ne sait ou ne veut voir. Que personne ne veut voir surtout. Parce ce que c'est trop désagréable, souvent effroyable, et il faut vraiment avoir des couilles pour le voir sans fermer les yeux ou partir en courant, car celui qui le voit se détruit ou devient fou"

Pour Cercas, la tâche d'écrire est loin d'être une sinécure : il s'agit plutôt d'un chemin de croix qui peut déboucher sur l'abîme. L'auteur cite d'ailleurs les célèbres cas de suicide comme celui d'Hemingway.

Un bon roman qui mêle une belle histoire et une réflexion intéressante.

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 21:46

IRLANDE

Editions Sabine Wespieser, 2006

Voici enfin ma critique du dernier O'Faolain . Après les critiques divergentes de Cuné (Cunéipage) et d'Alice (La lettrine), j'ai eu envie de me faire mon propre avis : eh bien, j'ai adoré !

Je n'avais jamais lu les oeuvres de la célèbre écrivain irlandaise et j'ai bien l'intention de les lire.

Ce qui est fort dans ce livre, c'est que Nuala O'Faolain noue une intrigue extrêmement romanesque à partir du réel et d'une documentation très précise. Elle invente un nouveau genre qui mêle à la fois la fiction, le documentaire et l'autobiographie.

Tout a commencé ainsi : l'auteur découvre par hasard l'autobiographie de Chicago May, une célèbre prostituée et braqueuse irlandaise du début du XXe siècle qui a émigré aux Etats-Unis. En parcourant différentes bibliothèques des Etats-Unis et le village natal de May en Irlande, elle retrace avec minutie le parcours de la célèbre hors-la-loi et décide d'écrire sa biographie.

Cette création est vue à la fois à travers un regard objectif ( les différents chapitres retracent les différentes étapes de la vie de May, des photos d'époque illustrent les propos de l'écrivain qui nous parle également de ses sources : voyages dans les bibliothèques, dans les hôpitaux et les prisons où a séjourné l'héroïne) et un regard subjectif ( May est vue comme le double de l'écrivain qui explique pourquoi elle a choisi cette femme comme sujet d'étude : May et Nuala ont quitté l'Irlande pour l'Amérique, elle n'ont jamais eu d'enfant....). L'auteur s'interroge constamment sur le bien fondé de son analyse : comment rendre compte des états d'âme de May alors que sa biographie ne raconte que des faits ? Peut-on avoir recours à l'imagination pour combler les vides ?

Sa démarche n'est pas si éloignée de celle de Nathalie Sarraute dans Enfance même s'il s'agissait là d'autobiographie. A l'ère du soupçon, on doute de la véracité de tout ce que l'on peut écrire ; c'est pourquoi la narratrice est omniprésente pour nous faire part de ces hésitations.

Voila pour l'innovation. Sinon, nous sommes plongés dans une folle intrigue romanesque : une femme éprise de liberté choisit de quitter sa pauvre terre d'Irlande pour tenter le rêve américain à la fin du XIXe siècle : c'est encore l'époque des pionniers et O'Faolain décrit à merveille l'ambiance des saloons. May est prostituée et danseuse, elle fuit l'Amérique pour la France où elle braque une banque à Paris. Puis c'est le départ pour l'Angleterre où commence une période de déchéance. Amour, jalousie, trahisons...Tout est là pour faire vibrer le lecteur. Puis vient enfin le temps de la rédemption.

L'écrivain décrit avec beaucoup de talent l'émergence du XXe siècle : description de l'Exposition Universelle, émergence des grandes villes...Nous passons des plaines désolées d'Irlande à la vie trépidante de Chicago, de New York en Londres en passant par Paris et Rio. La lutte pour l'indépendance irlandaise est également évoqué avec brio, de même que la période de la prohibition et l'émergence de la police moderne.

Pour résumer, voici un roman très original qui mêle la tradition ( importance du romanesque, splendeurs et misères d'une héroïne) à la modernité (interrogation sur la valeur de la biographie, fiction documentaire...)

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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 15:06

ISRAEL

Editions Actes Sud, 2002

Voici un recueil de nouvelles détonant qui a été classé en Israël parmi les cinquante meilleurs textes jamais écrits en hébreu !

Etgar Keret est un jeune auteur né en 1967, à la fois romancier, auteur de BD et cinéaste. Oubliant les querelles idéologiques de son pays sur le conflit israélo-arabe, il nous livre des courts textes tragi-comiques sur l'absurdité de la vie. C'est un grand admirateur de l'oeuvre de Kafka. pas étonnant donc que l'on retrouve dans certains textes un ton absurde.

Quelques exemples d'intrigues : un religieux veut qu'on le tue car il n'arrive pas à vivre pour lui même en cherchant à faire le bien partout ; un ange gardien meurt après avoir chuté d'un gratte-ciel ; un singe cobaye demande à une laborantine si elle veut faire un voyage avec lui dans son pays d'origine.

La mort est en effet très présente dans ces nouvelles; elle apparaît souvent à la chute de l'histoire. Mais Keret évite tout misérabilisme grâce à une écriture minimaliste qui va à l'essentiel. C'est le destin absurde de toute vie qu'il nous montre et non une lamentation quelconque sur la condition humaine.

L'humour est omniprésent, provoquant des situations très cocasses : alors qu'un huissier vient saisir les meubles et la télé d'un locataire pas très sérieux, ce dernier, magicien, fait disparaître ses biens un à un laissant l'huissier pantois ! Un homme voit sa première nuit avec sa dernière conquête fortement compromise après que son mailleur ami ait eu une envie pressante et ait fait pipi sur le pas de sa porte....

L'émotion est également présente : un jeune garçon fait un caprice pour obtenir un nouveau jouet. Son père refuse de l'acquérir et achète un tirelire-cochonnet. L'enfant se prend d'affection pour le cochon et refuse de le casser pour obtenir l'argent....

Certaines nouvelles sont teintées de fantastique : une femme s'assoit sur des fauteuils bien particuliers et des gouttes sont inventées pour éviter de se sentir seul...

Ce qui est génial dans ce livre, c'est que l'on nous parle de choses très dures, de l'absurdité de notre condition et qu'on en ressort tout revigoré ! C'est un vrai bol d'oxygène...

Beaucoup de réflexion sur le destin, la vie de couple, les passions humaines et la violence écrit dans un style très épuré, très rapide (les nouvelles font entre une et six pages).

De plus, Keret se défie de toute idéologie liée à Israël. Il fait même porter des chaussures allemandes à un jeune israélien alors que son grand-père le met en garde. Et l'on assiste à une confrontation soldat juif/soldat arabe où l'un d'entre eux jette le fusil à l'autre !

Un seul conseil : ouvrez vite ce petit bijou très original ! Quant à moi, j'ai hâte de découvrir les autres titres de cet auteur...

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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 22:03

ESPAGNE

Actes Sud, 1989

Torrente Ballester (1910-1999) a été l'un des plus grands écrivains espagnols de la deuxième moitié du XXe siècle. On lui doit des romans historiques truculents comme L'île des jacinthes coupées où il imagine que Napoléon est un imposteur inventé par Nelson, Metternich et Chateaubriand pour leur éviter de combattre la République !

Dans Le roi ébahi, il s'empare du personnage de Philippe IV , le grand roi du siècle d'or espagnol peint par Velasquez et ennemi juré de Louis XIV. Ne vous attendez pas un roman historique très sérieux et très catholique, bien au contraire !

Il s'agit plutôt d'une critique très caustique des traditions catholiques espagnoles...

Jugez-en plutôt par vous même : le jeune roi très surveillé par la cour et le clergé vient de passer la nuit avec une prostituée...Il s'agit de la première femme nue qu'il voit alors qu'il est déja marié !!! Après cette nuit torride, il décide de contempler les tableaux interdits de son grand-père (les Vénus du Titien par exemple) et de demander à voir la reine nue !!!

Cette demande provoque tout de suite un scandale politique . La Sainte Inquisition se réunit en commission pour savoir si le roi a péché et s'il a le droit de voir la reine nue....d'autant plus que le contexte politique ne permet pas les incartades du roi : une bataille décisive se prépare dans les Flandres et les bateaux chargés d'or doivent appareiller à Cadix !

De plus, des phénomènes étranges se sont déroulés la nuit dernière : des sorcières ont été vues dans le ciel et une rue dégage les fumées de l'enfer....

Le clergé va donc pérorer sur le lien entre les péchés du roi et le destin politique de l'Espagne. Alors qu'un capucin rêve de détrôner le confesseur trop laxiste de Philippe IV pour prendre sa place, un père jésuite va favoriser la requête du roi en organisant un rendez-vous galant royal....dans un monastère !

Vraiment un roman divertissant qui revigore le genre du récit historique !

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