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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 22:50

Junichirô Tanizaki (1886-1965)

Tanizaki signe ici un roman sur les rapports entre Eros et la Thanatos , dans la lignée des Belles endormies  de Kawabata.

Le récit est un journal intime d'un vieil infirme soumis à des névralgies et à l'hypertension artérielle. Il tombe amoureux de la belle-fille, ancienne danseuse de music-hall. Impuissant, il lui demande de maigres consolations pour supporter sa maladie. La belle-fille en profite pour monnayer les petites faveurs pour satisfaire ses goûts de luxe: lécher son mollet, la regarder sous la douche....

Peu à peu, le vieillard s'isole et sombre dans le fétichisme: son seul lien à la vie est son amour pour sa brue...

Tanisaki analyse avec brio le sadomasochisme de cette relation et la cruauté de la danseuse. Le lecteur est paratagé entre la répulsion et la pitié pour la détresse du vieillard.

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 22:48

Editions Rivages

Yasushi Inoué a obtenu le Prix Akutagawa en 1950 pour Le fusil de chasse. Son oeuvre est imprégnée par l'Histoire du Japon et de la Chine. A lire Le loup bleu, biographie romancée du célèbre Gengis Khan.

Je vous propose de découvrir un petit roman tout simple, road-movie au pays du soleil levant: un vieil homme décide de partir en croisade contre l'urbanisation et la dévastation de la nature; iul est passionné par les livres anciens et surtout le Manyô-Shû, le plus ancien recueil de poésie japonaise.

Avec sa petite fille, il va aller à la rencontre des paysages évoqués dans ce recueil de poésie. Au cours de leur fugue, les deux personnages vont rencontrer une jeune adolescente en rupture de ban ainsi qu'un chauffeur de taxi qui vont les suivre dans leur périple.

Ce roman très poétique oppose le Japon des paysages traditionnels et le Japon moderne à la vie trépidante.

Le réduire à un récit écologiste serait réduire la poésie du texte. Le roman est plein d'humour, créé par les dialogues entre les différents personnages. Le vieil homme est très attachant et le lecteur le suit allègrement dans ses déambulations.

 

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 16:02

Editions Rivages. Oeuvre écrite en 1906

 

 Natsume Soseki est le plus grand écrivain de l'ère Meiji (fin du XIXe siècle-1906). Son oeuvre est teintée de l'inspiration occidentale au moment où l'empire s'ouvre au continent européen.

Oreiller d'herbes est l'un de ses plus grands chefs-d'oeuvre mais reste largement méconnu en France. C'est une oeuvre très poétique et une réflexion sur la création artistique: un peintre se retire dans les montagnes reculées du Japon pour y méditer sur la nature de son art. Pour lui,  être artiste ne veut pas seulement dire créer; c'est avant tout un art de vivre. Il convient donc de quitter l'agitation de la société et de vivre en accord avec la nature.

Le roman fait alterner les réflexions sur la création artistique à de magnifiques descriptions des paysages japonais traditionnels: description de la nature changeante au fil des saisons, rythme de l'eau, chant des oiseaux...

Dans cette atmosphère éminnement poétique, le peintre va faire la connaissance d'une femme, la fille de son logeur. Dans ce village, les femmes de cette famille semblent poursuivies par une étrange malédiction: les ancêtres de la femme se sont noyées dans la rivière...

Soseki réactualise le mythe d'Ophélie: subjugué par la beauté de la jeune femme, le peintre désire peindre son visage qui répond aux canons esthétiques de l'époque. Mais elle semble vouloir se dérober...

Teintée de romantisme, ce court roman mêle amour, légende, description de paysages et réflexion sur la création. Un roman à découvrir pour connaître le Japon traditionnel.

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 15:43

Editions Picquier, 1995

Edogawa Ranpo (1894-1965) est le fondateur du roman policier japonais. Fortement inspiré d'auteurs occidentaux comme Maurice Leblanc et Conan Doyle, son nom d'écrivain est en fait la transposition phonétique en japonais d'Edgar Allan Poe, l'une de ses idoles.

Picquier regroupe ici ses cinq premières nouvelles qui ne sont pas forcément policières. Quelle délice ! On retrouve la cruauté, l'érotisme, le mystère qui ont fait le renom de la littérature japonaise dans le monde.

Voici les thèmes de ces cinq nouvelles: un jeune femme violente son mari ancien officier de guerre, devenu cul-de-jatte, sourd et muet. Il n'y a plus que son regard qui est vivant...

Un homme très laid s'installe dans un fauteuil qu'il a fabriqué lui-même pour pouvoir caresser les jeunes femmes qui s'assoient dessus.

Un homme confessent ses crimes qui ne peuvent être jugés par la loi; il s'arrange en effet pour que l'on croit qu'il cherche à sauver la victime: il crie Attention ! à une vieille dame qui traverse un passage à niveau; celle-ci s'arrête et se fait écraser...

Un somnanbule raconte le meurtre qu'il a commis lors d'une crise à un mystérieux personnage qu'il semble connaître...

Enfin, deux étudiants partent à la recherche du magot d'un gentleman cambrioleur...

Ce qui fait le charme de ces nouvelles, c'est tout d'abord l'art de la chute que l'on retrouve dans la plupart de ces nouvelles. Edogawa nous réserve à chaque fois un rebondissement à la fin des histoires. Il nous mène en barque et le lecteur est bluffé. En prenant par surprise le lecteur, l'auteur se moque aussi de ses personnages qui découvrent la tromperie en même temps que le lecteur.

Selon Edogawa, le crime, la faute est d'abord esthétique: chaque protagoniste s'évertue à monter des spectacles, à jouer sur l'illusion. En cela, la nouvelle La chambre rouge est très significative: le criminel raconte ses crimes dans un véritable décor de théâtre; le narrateur parle de pertidigitation....Le masque, le jeu sont des éléments primordiaux des intrigues.

J'ai retrouvé dans la première nouvelle La chenille un style authentiquement japonais: le rapport homme-femme, le mélange d'érotisme et de cruauté, éros et thanatos...

Ce livre est vraiment à découvrir ...

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19 janvier 2006 4 19 /01 /janvier /2006 22:51

JAPON

Editions Philippe Picquier, 1997, paru en 1967

Sous ce titre énigmatique, se cache l'auteur du livre La tombe des lucioles adapté en dessin animé sous le nom du tombeau des lucioles: l'histoire bouleversante de deux enfants orphelins frère et soeur qui tentent de survivre en 1945 dans les décombres d'une ville japonaise. Magique...

Avec cette oeuvre, Nosaka signe un texte à la fois fascinant et empli de cruauté: dans un village minier du Japon, une jeune fille a une admiration sans borne pour les fleurs qui poussent sur les vignes du cimetière. Très vite, elle comprend que cette vigne se nourrit de la chair et du sang des morts. Avec son frère, elle va donc tenter un acte désespéré pour donner naissance à d'autres fleurs: ces derniers s'accouplent dans le cimetière et le frère se donne la mort par amour pour sa soeur. Une magnifique fleur éclôt sur sa tombe...

Là est le premier scandale... De plus en plus fascinée par cette fleur, la jeune femme sombre dans la folie et force le village entier à s'accoupler dans le cimetière pour ensuite sacrifier les nouveaux nés sur les tombes...Un magnifique jardin naît.

Comme beaucoup de romanciers japonais, Nosaka mêle mort et sexualité sans pudeur. Cette lecture peut provoquer un malaise certain chez le lecteur mais l'écriture est si poétique et baroque que nous sommes littéralement envoûtés...

Ce texte est accompagné d'une nouvelle La petite marchande d'allumettes, sorte de réécriture érotique du conte d'Andersen. Une jeune fille se prostitue les soirs d'hiver pour quelques sous en montrant à qui veut les dessous de sa jupe éclairés par une allumette. La jeune fille cherche secrètement son père...

Deux contes sordides fondamentaux pour les amoureux de la littérature japonaise...

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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 00:00

JAPON

Editions Philippe Picquier, 1998

Murakami Riû est l'un des plus grands écrivains japonais contemporains avec Haruku Murakami et Yoko Ogawa. Portant un regard très pessimiste sur la société japonaise, ses romans célèbrent le sexe, la drogue et la violence.

Comme l'annonce le titre, il s'agit de l'histoire de deux jumeaux qui sont abandonnés à leur naissance par leur mère dans une consigne automatique. Sauvés in extremis, ils rejoignent un orphelinat et sont adoptés. Traumatisés par leur expérience originelle, ils souffrent d'hallucinations et sont traités à l'hypnose. Mais le destin est en marche: l'un deviendra pop star tentant de retrouver la voix qu'il entendait dans le ventre maternel. Pour parvenir à son but, il s'automutilera et sombrera dans la prostitution... L'autre deviendra champion sportif et découvrira une drogue hallucinatoire, la datura, "l'aubergine qui rend fou" et qui peut pousser au meurtre.

Tout se termine en apocalypse que je vous laisse découvrir...

Murakami Riü nous plonge dans un monde malade ou tout espoir a disparu: la violence et l'auto destruction sont les maîtres mots. Beaucoup de scène sont vraiment trashs mais nous gardons une certaine sympathie pour les deux héros qui sont passés d'un statut de victime à celui de bourreau.

On peut trouver dans ce roman une inspiration du style manga ou du cinéma: l'écriture est fluide et le récit épique se déroule à un rythme effréné.

Ce récit est à déconseillé aux âmes sensibles mais vaut à coup sûr le détour pour découvrir cette plume japonaise si particulière.

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18 juillet 2005 1 18 /07 /juillet /2005 00:00

JAPON

Editions Actes Sud

Yoko Ogawa, née en 1962, est l'une des figures majeures de la littérature japonaise contemporaine avec Murakami Riu et Haruku Murakami.

Elle est la maître incontestée de l'étrange et de l'envoûtement; ses romans sont basés sur le goût du morbide et la fascination du mal.

La jeune héroïne de l'annulaire se blesse au doigt dans l'usine où elle travaille; elle perd le bout de son doigt. elle va alors travailler pour un étrange docteur taxidermiste qui immortalise des souvenirs de ses clients. Mais ces spécimens semblent bien étranges... l'héroïne est chargée de les classer mais ne peut entrer dans l'antre secrète du médecin.

Elle est progressivement fascinée par cet étrange scientifique qui exerce sur elle un pouvoir hypnotique ...

Ogawa décrit magnifiquement les relations entre dominés-dominants: la raison semble peu à peu s'effacer ou profit de la fascination de l'étrange.

N'attendez-pas à lire un roman clôt sur lui même, vous donnant une solution définitive. Tout le charme d'Ogwa réside justement dans la persistance du mystère après la dernière page tournée. Le lecteur continue alors à se poser de nombreuses questions...

Sur le même thème, je vous recommande:

Le musée du silence, Actes Sud

Un muséographe est engagé par une étrange collectionneuse:elle rassemble les souvenirs de personnes qu'elle recueille chez eux ou sur eux juste après leur mort...

L'homme va donc être chargé de scénographier cette collection morbide et si besoin de l'enrichir..;Il va donc être entraîné dans une spirale dangereuse qui pourrait lui faire commettre un acte irréparable...

Ogawa signe un véritable thriller: les souvenirs des morts sont de plus en plus morbides au fur et à mesure de la progression du roman. A chaque fois, le muséographe franchit un nouveau pas dans l'illégalité; d'abord très hésitant, il devient au fur et à mesure le complice de la vieille dame...

Si vous n'avez pas peur des romans morbides, vous pouvez ouvrir ce livre...

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