Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 11:59

INDE - Prix Nobel de Littérature en 1913

Adaptation cinématographique par Satyajit Ray , 1984

Rabindrananath Tagore est incontestablement le plus grand écrivain indien de langue anglaise du XXe siècle. Il est l'inventeur de la littérature indienne moderne ; son oeuvre constituée d'essais, de poésie et de romans a pour cadre le Bengale au début du XXe siècle aux prises avec la domination du Royaume-Uni.

La maison et le monde raconte l'histoire de trois personnages qui vont être confrontés à l'émergence des idées libérales et nationales en Inde.

Il s'agit d'un discours à trois voix : Niknil, un maharadjah aux idées libérales,féru d'Occident, qui trouve sa voie dans la contemplation. Bimala, son épouse à qui Niknil va permettre de s'émanciper, de quitter le cadre familial de la maison pour "découvrir le monde". Et enfin, Sandip, révolutionnaire hostile à la puissance anglaise et hébergé par Niknil, qui va tomber amoureux de Bimala.

L'écriture colle au plus près des sentiments des trois protagonistes : la narration fait alterner le récit des trois personnages. Nous assistons à l'éveil des sentiments de Bimala qui découvre le monde après avoir été confinée dans la maison familial. Alors que Sandip incarne la passion et l'action, Niknil, le mari, est un ascète platonicien qui prône la modération dans la lutte contre l'occupant anglais.

L'écriture  très lyrique du poète Tagore est brodée de métaphore imageant la folle passion de Sandip : rivière, volcan...Le lecteur est emporté par cette langue très sensuelle mais compatit à la souffrance du mari bafoué.

Tagore brosse un beau portrait de femme qui s'émancipe au début du XXe siècle. Quant à la lutte contre l'occupation anglaise, elle est traitée tout en nuance. Le mari incarne la modération ; pour lui, la guerre ne peut qu'aboutir à des rixes entre différentes communautés ; d'autre part, il ne comprend pas pourquoi on doit sacrifier l'individu aux intérêts d'un pays ; la patrie ne doit en aucun cas être idolâtrée...

La fin du roman réserve bien des surprises, ce qui fait de ce roman un récit très riche. On évite tout manichéisme et l'ensemble des personnages est très attachant.

Je n'ai pas vue le film de Satyajit Ray. Mais connaissant quelques oeuvres du plus grand cinéaste indien, je pense que cela doit valoir le détour..

Repost 0
21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:52

INDE

Repost 0
20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 16:57

COREE DU SUD - Recueil de nouvelles

Editions Actes Sud "Babel", 1993

Yi Munyol est actuellement le plus grand écrivain de Corée du Sud et le plus connu à l'étranger. Dans un pays qui ne compte que 40 millions d'habitants, Yi Munyol a vendu 6 millions d'exemplaires !

Ce recueil de nouvelles très épurées examinent la situation de l'homme dans la société; il est autant question d'éthique que de liberté individuelle et du sens de la vie. Les hommes décrits s'interrogent sur leur destin.

Notre héros défiguré met en scène un jeune garçon qui quitte Séoul pour une petite ville de province. Dans son nouveau collège, il découvre une classe qui vit sous le joug d'un petit caïd qui règne en petit chef : intimidations, vols, humiliations...Le jeune narrateur, d'abord tenté par la révolte, est peu à peu subjugué par le magnétisme du tyran. Cette nouvelle évite tout manichéisme en montrant la difficulté à gagner sa liberté. L'homme est souvent incapable de s'affranchir des tutelles qui sont sécurisantes.

Les deux autres nouvelles renouent davantage avec la tradition asiatique. L'oiseau aux ailes d'or dresse le portrait d'un artiste calligraphe au crépuscule de sa vie : il s'interroge sur la valeur de toute création et médite sur le statut de l'artiste: le génie existe-t-il ou l'artiste doit-il s'effacer devant sa création ? Cette méditation au seuil de la mort le conduira à commettre un acte désespéré...

Enfin, L'hiver cette année là, texte très poétique, nous conte l'itinéraire d'un jeune homme désabusé de vingt ans qui décide de mettre fin à ses jours. Il décide de parcourir les solitudes glacées de la Corée pour décrypter l'énigme humaine...

Yi Munyol est un écrivain humaniste en même temps qu'un poète : ses trois nouvelles sont chacune une méditation sur la place de l'homme dans le monde. Sous couvert de méditations très philosophiques, Yi Munyol nous livre des textes très poétiques. Ne vous attendez pas à lire un livre de réflexion; il s'agit bien de belles histoires, d'itinéraires individuels.

 Je ne résiste pas à vous livrer un très beau paragraphe :

"De qui doit-on attendre le salut, quand Dieu lui-même nous a abandonnés, renonçant à nous sauver? Mais, même alors, la mouette doit s'envoler, et nous, nous devons continuer à vivre. Si une mouette cessait de voler, ce ne serait plus une mouette. Quand un être humain renonce à préserver son intégrité, il cesse d'être un être humain. La coupe que chacun a reçue en partage doit, quoi qu'il en coûte, être vidée jusqu'à la dernière goutte. Le désespoir n'est pas la fin, mais le début de l'existence.

S'il n'existe aucune valeur absolue et objective pour nous guider, c'est avec nos propres mains que nous devons batir notre salut. Nos vies ne sont plus faites pour se conformer à diverses attitudes, elles doivent être reconnues et valorisées par nous-mêmes et nos propres efforts"

Repost 0
2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 22:58

INDE -1955

Editions Belfond, 1999

Narayan (1906-2001) est le plus grand écrivain indien de langue anglaise du vingtième siècle avec Rabindranah Tagore.

Comme son titre l'indique, le roman retrace une partie de l'Histoire du continent indien à l'époque du règne spirituel du Mahatma Gandhi. Mais ne vous attendez pas à lire pour autant un roman historique même si l'histoire se déroule du début de la Seconde Guerre Mondiale à l'année 1955, date de la mort du grand sage.

L'histoire est vue à travers les yeux de Sriran, un jeune homme oisif élevé à l'écart du monde contemporain par sa grand-mère. Vivant de ses rentes, il découvre,au détours d'un chemin, une magnifique jeune fille, Bharati, dont il tombe instantanément amoureux. Il s'agit d'une enfant orpheline adoptée par le Mahatma et qui parcourt les routes avec lui pour propager la parole de non-violence et la volonté d'indépendance de l'Inde.

Par amour, Sriram va quitter sa vie insouciante pour devenir un disciple du Mahatma et s'engager dans la lutte pour l'indépendance. Le récit est alors avant tout un roman d'apprentissage ; la quête identitaire et amoureuse se mêle à des épisodes intéressants de l'histoire de l'indépendance indienne : séjour en prison de Gandhi pendant la guerre, opposition à la partition entre l'Inde et le Pakistan....

Les personnages sont bien campés bien qu'on ait du mal à croire que Sriram change de personnalité du jour au lendemain simplement par amour !

L'écriture est très épurée , constituée essentiellement de dialogues très vivants. Gandhi apparaît plusieurs fois dans le roman, d'une manière très humaine. L'humour n'est pas non plus absent, par exemple lors des obsèques rocambolesques de la grand-mère...

Vraiment un bon roman d'évasion pour découvrir l'Inde des années 1940-50....

Repost 0
24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 18:05

INDE

Editions Buchet Chastel, 2006

Cette fresque de 700 pages a été salué par Naipul, le grand écrivain indien Prix Nobel de Littérature comme un chef-d'oeuvre . Il s'agit d'un premier roman d'un journaliste d'investigation très connu et respecté en Inde pour avoir faire démissionner un ministre de la Défense en révélant un scandale financier. Cet acte de bravoure lui a valu d'être poursuivi par ses ennemis et d'être protégé par une vingtaine de gardes du corps !

Ce grand roman a été publié à Londres sous le titre The Alchemy of desire ; et l'on comprend pourquoi ! Voici la première phrase :"l'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe ". Le narrateur, journaliste évrivain, nous raconte sa passion folle pour sa femme Fizz qu'il a rencontré quinze ans plus tôt sur le campus universitaire de la ville de Chandigarh. Les pages se succèdent, d'un érotisme brûlant. Entre deux scènes érotiques, le narrateur nous raconte ses tentatives infructueuses d'écriture d'un roman. Il doit partager son temps entre son désir physique intense, son travail journalistique et son besoin de s'isoler pour écrire. Des passages sont irrésistibles, par exemple lorsqu'il note à chaque bas de page écrite le nombre de masturbations qu'il a effectuées pour pouvoir écrire cette page !

Malgré cet humour, on passe près de 400 pages en compagnie de ces va-et-vient continuels entre sexe et littérature...L'écriture est correcte mais pas géniale si bien que l'on se demande quand l'intrigue va vraiment démarrer ! Surtout que l'on annonce sur la quatrième de couverture que l'écrivain apprenti va voir son quotidien bouleversé lorsqu'il va découvrir des manuscrits d'une femme aventurière ...

Chose faite à la moitié du livre : le couple quitte la ville grouillante de Delhi pour les contreforts de l'Himalaya. Dans les combles de leur maison, l'écrivain découvre des carnets intimes cachés dans une malle. Et là, l'évasion commence...Nous sommes plongés dans l'Angleterre des années 20. Une jeune femme découvre l'érotisme dans les gravures du Kama-Sutra dans la boutique de son père. Ce dernier lui donne le goût des voyages. Elle s'évade et part voyager à Paris, Chicago puis découvre les merveilles de l'Inde en épousant le fils d'un "nawab", un prince indien. Et l'on s'évade dns L'Inde des années 20-30 puis au début de l'indépendance, on croise Gandhi et  Nehru. L'amour et l'érotisme sont plus que jamais présent...

Mais n'en disons pas plus ! Même si , en ce qui me concerne, je ne parlerais pas de chef-d'oeuvre, ce roman mêle amour et sensualité à une réflexion sur l'Histoire de l'Inde contemporaine : domination des princes corrompus sous la colonisation britannique, apprivoisement de la liberté avec Gandhi et puis le retour de la corruption avec la soif de l'argent et de l'ambition.

Et puis enfin, il y a cet exotisme si bien décrit de l'Inde : sa nature, ses habitants, son histoire....Voila un roman fleuve pour partir en voyage !

Repost 0
17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 13:25

COREE DU SUD- 2004

HWANG Sok-Yong - L'Invité

  Editions Zulma

Né en 1943, Hwang Sok-Yong est l'un des plus écrivains les plus importants de sa génération. Il fut incarcéré pendant cinq ans pour s'être rendu en Corée du Nord alors que le régime sud-coréen l'interdisait.

 

 

 

Son oeuvre,dont le thème principal est la guerre de Corée et la partition du pays en deux territoires et deux peuples, milite en faveur d'un rapprochement des Coréens du Nord et du Sud.

L'invité a pour thème le rapprochement récent autorisé entre les familles du nord et du sud de la Corée. Ryu Yosop, un pasteur chrétien vivant à New-York est amené à se rendre en Corée du Nord pour y retrouver les membres de sa famille. Trois jours avant le grand départ, Yohan, son frère aîné, décède. Ce dernier avait quitté le nord clandestinement après avoir mis à feu et à sang la région de son village au nom de la lutte anti-communiste. Avant de prendre l'avion, Ryu prend un bout d'os provenant du corps incinéré de son frère et s'envole vers sa région natale.

Pendant son voyage, Ryu est assailli par les fantômes des morts, bourreaux et victimes, qui se sont entredéchirés lors des événements déclenchants la Guerre de Corée. Le pasteur Ryu cherche à obtenir le pardon de son frère et se rend chez son ex belle-soeur. Les vivants et les morts vont alors pouvoir s'expliquer et se pardonner....

Hwang Sok-Yong adopte une forme littéraire audacieuse qui s'inspire d'un rite chamanique destiné à consoler les âmes des défunts. Le pasteur cherche à libérer l'âme de son frère pour lui assurer la paix au paradis.

Ce récit vaut d'abord pour son intérêt historique et culturel. Nous apprenons que le christianisme et notamment le protestantisme se sont implantés en Corée à la fin du XIXe siècle ; la Corée est ainsi une enclave chrétienne au sein d'une région essentiellement bouddhiste et confucéenne. Ensuite, le Japon a occupé la Corée jusqu'en 1945 ; les chrétiens font pour la plupart partie de l'élite; ils deviennent propriétaires terriens. Au moment de la capitulation du Japon, La Russie envahit le nord de la Corée alors que les Etats-Unis prennent le contrôle du Sud ; le communisme se diffuse et monte le petit peuple contre les propriétaires terriens et les chrétiens. Les chrétiens s'organisent également. La guerre civile commence....

L'invité, c'est aussi une métaphore désignant touts les grandes puissances étrangères qui sur deux ou trois siècles ont voulu mettre la man sur un petit territoire. Qu'elles soient victimes ou bourreaux, les Coréens ont d'abord été instrumentalisés par les pays étrangers.

L'influence chrétienne, les prières adressées pour libérer l'âme des morts apporte un coté mystique à cette oeuvre. Un titre de première importance pour tout lecteur qui veut découvrir l'Histoire méconnue de la Corée...  

Repost 0
22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 21:38

INDE

Editions Robert Laffont, collection « Pavillons », 2006

 

Puisque la littérature indienne était à l’honneur lors du Festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, j’ai décidé de me plonger dans la littérature indienne contemporaine ; je connaissais déjà Salman Rushdie et VS. Naipul (Prix Nobel de littérature). J’ai découvert récemment Anita Desaï et Arundhati Roy.

 

Voici ma dernière découverte : Amitav Ghosh. Tout comme les auteurs précédemment cités, cet auteur écrit en anglais ; sa littérature est à la frontière de l’Orient et de l’Occident. Né en 1956 à Calcutta, il a passé son enfance au Bangladesh, au Sri Lanka, en Iran et en Inde. Il vit actuellement à New-York après avoir enseigné à l’Université de Delhi.

 

Sa littérature brasse donc plusieurs cultures et regorge d’aventures et de voyages.

 

Le pays des marées est son dernier roman. Il nous plonge dans la région marécageuse du golfe du Bengale, à la frontière de l’Inde et du Bangladesh, à la confluence du Gange et du Bramahpoutre. A travers le destin de personnages attachants, Ghosh nous retrace l’Histoire de la colonisation d’une région de mangroves, d’îles luttant contre l’eau et les intempéries. Il y a de magnifiques descriptions de paysages insulaires entre mer et forêts. Les tigres, les crocodiles et les dauphins viennent enchanter cette contrée.

 

Kanaï, un traducteur sophistiqué de Calcutta, débarque dans le pays des marées pour recevoir le cadeau de son oncle défunt : un manuscrit écrit peu avant sa mort, une sorte de testament spirituel. Il y croise la route de Piya, une cétologue américaine venue étudier le comportement des dauphins d’eau douce. Cette dernière va être aidée par Fokir, un pêcheur illettré, qui va la conduire sur la route des dauphins. Le cœur de Piya va bien sûr osciller entre l’illettré Fokier et le raffiné Kanaï. …

 

Alors que Kanaï va découvrir les derniers jours de son oncle, un ex-révolutionnaire qui décide de s’engager pour la cause de réfugiées bengalis au crépuscule de sa vie ainsi que la lutte des hommes pour conquérir un territoire hostile, Piya va lutter pour la protection de l’environnement et des espèces animales menacées par la colonisation humaine.

 

Amitav Ghosh évite tout manichéisme entre une colonisation qui serait à condamner et l’écologie sans prise en compte du facteur humain en évitant de prendre partie pour l’un ou pour l’autre : ainsi, il met en scène la répression dans le sang de la colonie des réfugiés bengalis par les autorités indiennes.

 

L’oncle de Kanaï incarne l’idéalisme révolutionnaire qui rêve d’une utopie où tout être humain aurait sa propre terre ; il trouvera la mort au côté des réfugiés bengalis luttant pour leurs terres. Amitav Ghosh nous raconte l’humanisation progressive des îles du pays des marées grâce à l’action de David Hamilton, un lord anglais du début du siècle, qui distribua des terres aux pauvres paysans et installa des infrastructures sociales et culturelles au service de la population. Piya incarne une autre utopie,  celle du respect de la nature.

 

En nous emmenant au cœur de ces deux idéalismes (la société humaniste et la nature inviolée), Ghosh nous fait découvrir également les légendes et mythes de cette région du Bengale : les dauphins messagers de Bon Bibi, la déesse protectrice qui lutte contre Dokkhin Rai, un puissant souverain démon qui commande à tout être vivant dans la forêt. Au lendemain d’un conflit entre le bien et le mal, Bon Bibi prend sous sa protection le marais désormais habitable alors que la jungle sera pour toujours soumise à l’emprise des démons. Mais parfois l’avidité humaine peut  passer outre cette frontière…

 

A travers cette légende, Ghosh fait s’entrecroiser avec talent la culture musulmane et hindoue. Une bonne occasion de découvrir cette région peu connue du Bengale….

 

Je vous conseille de dévorer rapidement ce roman hors norme : le romanesque (l’amour, l’aventure, le suspens) se mêle savamment à l’étude anthropologique de la région (milieu climatique, zoologie, contes et légendes…) Un régal !

 

Repost 0
20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 21:51

INDE

Editions Plon, 1993

Alors que je suis plongée depuis deux semaines dans la littérature indienne contemporaine (Arundhaty Roy, Anita Desaï, Amitav Ghosh...), je me suis souvenue d'un coup de coeur d'il y a au moins cinq ans, un titre trop peu connu du plus célèbre écrivain indien de la planète : Haroun et la mer des histoires.

Beaucoup moins difficile d'accès que Les versets sataniques, ce conte oriental  digne des Mille et une nuits peut être lu aussi bien par les adultes que par les adolescents. Il s'agit d'un manifeste pour la liberté de l'esprit et de la création. Rushdie a écrit ce conte pour son fils après avoir été condamné à mort par le régime iranien.

Haroun se délecte des histoires que lui raconte son père, conteur de profession. Mais un jour, ce dernier perd son inspiration. Quelle déception pour Haroun !

Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre un lutin tout droit sorti des tuyaux de la salle de bain ! Cet étrange lutin lui déclare que le pays des histoires est assiégé par l'étrange armée des ombres.Si Haroun ne vient pas en aide au lutin, les histoires mourront définitivement...

Et voila donc le jeune garçon partant à la découverte du pays des histoires : une mer renfermant des bulles magiques où sont protégés les ingrédients des histoires. L'armée des conteurs passe à l'action : il s'agit d'un festival des sens ; les couleurs, les sons vont combattre l'armée noire du silence.... qui elle aussi a sa beauté....

Il s'agit vraiment d'un merveilleux souvenir de lecture. L'idée des particules magiques renfermant les ingrédients des histoires m'a d'ailleurs inspiré pour écrire mon premier conte...

Repost 0
13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 22:36

INDE - Booker Prize 1997

Gallimard, 1998

Arundhati Roy est la plus célèbre écrivaine indienne de langue anglaise avec Anita Desaï. Elle est également connue pour ses engagements politiques contre le nucléaire et pour la défense de l'environnement (Le coût de la vie).

Dans son premier roman, grand succès international traduit en plus de 30 langues, elle dénonce l'injustice de la société indienne fondée sur le système des castes.

L'histoire est vue à travers le regard de deux faux jumeaux, Rahel et Estha Kochamma, qui à la suite d'un drame familial, devront se séparer. Les deux enfants vivent en Inde entourés de leur grand-mère et de leur oncle, gérants d'une usine de conserverie. Issue de la bourgeoisie chrétienne de la province de Kerala, la famille compte bien garder son rang et se défendre contre la menace communiste qui se répand en Inde au début des années 50. La tante Baby Kochamma, vieille fille amoureuse d'un prêtre irlandais, est la première à défendre des positions. Au milieu de tout ce petit monde pittoresque, il y a Ammu, la mère divorcée des deux jumeaux, éprise de liberté et qui va découvrir l'amour dans les bras de Velutha, un intouchable (caste la plus défavorisée de l'Inde qui touche les matières impures : viande, ordures...) . La vengeance de la famille sera terrible....L'intouchable, désigné par Ammu, le Dieu des petits riens, sera immolé sur l'autel de l'honneur familial....

Le roman prend la forme d'un récit à énigmes et à tiroirs. Dès le début, nous savons qu'il y a eu la mort d'un enfant, la fille américaine de l'oncle Chacko. On devine que les deux jumeaux et que Velutha sont mêlés de près ou de loin à la mort de l'enfant. Petit à petit, grâce à des flash back sur le passé de la famille Kochamma, aux scènes du présent mêlées à celle du passé, le lecteur découvre la véritable histoire de cette famille et comment "ils en sont arrivés là".

Cette oeuvre tire sa force du langage employé qui est celui de l'enfance. Derrière le tragique de la situation, il y a aussi l'humour provenant des expressions enfantines et de leur incompréhension de la situation.

A travers ce récit d'enfance plein de poésie, Arundhati Roy nous livre un récit engagé contre la société inégalitaire de son pays. Cette belle histoire d'amour est aussi l'occasion de découvrir tout un pan méconnu de l'histoire indienne (émergence du communisme chez la communauté des intouchables...°

Repost 0
12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 09:54

INDE

Mercure de France, 2001

Anita Desaï, née en 1937, est l'un des plus grands écrivains indiens anglophones.

Son plus célèbre roman, Le jeûne et le festin, est basé sur la comparaison entre la famille indienne (le jeûne) et la famille américaine (le festin). Anita Desai nous présente une famille indienne traditionnelle aisée tentée par l'occidentalisation : les deux filles de la famille, Uma et Aruna, auront deux destins différents. Uma, laide et sotte, n'arrivera jamais à se marier, deviendra la bonne à tout faire de ses parents et se réfugiera dans la charité chrétienne. Aruna, la jolie fille que tous les hommes courtisent, se mariera et ira vivre en ville. Arun, le fils, le petit dernier, le chouchou subira la pression de ses parents pour devenir un étudiant brillant et  émigrera aux Etats-Unis pour poursuivre ses études; il sera logé chez une famille américaine où il découvrira tous les avatars du modernisme et de l'individualisme : boulimie, ennui....

Face à la famille indienne fondée sur de multiples restrictions , l'Amérique souffre de l'abondance. De ce roman, je retiens surtout le fabuleux portrait d'Uma, la risée de la famille indienne, la sotte au grand coeur. J'aurais préféré que le roman s'intéresse davantage à elle dans la seconde partie; au lieu de cela, la deuxième moitié du roman est basée sur "l'américanisation progressive" d'Arun. On a l'impression de lire un roman inachevé même si l'idée est bonne de comparer les deux situations.

Je retiendrai de ce roman la description de la famille indienne, étouffante et autoritaire qui n'hésite pas à sacrifier Uma pour assurer le bonheur d'Arun. Uma, la malheureuse sainte, suscite tout de suite l'adhésion du lecteur.

Pas un coup de coeur donc, car un sentiment d'inachevé. Mais quand même de belles émotions....

Repost 0