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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 22:38

COREE

 

 

Editions Philippe Rey, 2010

 

Voici une découverte coréenne, traduite pour la première fois en français. On pourrait situer l'auteur comme une digne héritière de la japonaise Yoko Ogawa.

 

L'idée de départ est excellente : une excellente cuisinière, travaillant à son compte, se fait plaquer par son compagnon, qui est partie avec un mannequin.

La narratrice tombe dans la mélancolie. C'est dans la cuisine qu'elle va trouver le réconfort et aussi un moyen d'exercer sa vengeance.

 

On retrouve tout le côté gore et sulfureux d'Ogawa. Mais avec la subtilité en moins et la longueur en plus.

 

L'idée de départ est originale ; l'auteur évoque différents plats et mets qui sont attachés à des sentiments, des états d'être ou qui ont des effets sur le comportement des personnes.

 

Idée divertissante aussi d'associer le chien de l'ex-compagnon à ses méditations mélancoliques.

Mais le problème est qu'il ne se passe pas grand chose. Et l'on devine vite que la narratrice va se venger d'une manière pas catholique avec la nourriture sur sa rivale.

 

De bonnes idées mais assez abouti à mon goût !

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31 mai 2010 1 31 /05 /mai /2010 18:08

CHINE

Lèvres pêche

 

Editions Gallimard, Bleu de Chine, 2010

 

Premier roman chinois parlant crûment de l'homosexualité, ce livre a bien été censuré en Chine. L'auteur, cinéaste, a été limogé de son poste de professeur à l'Institut cinématographique de Pékin.

 

Ce roman est intéressant à plus d'un titre. C'est un récit choral qui mêle les voix d'un père en prison qui a châtré son fils après avoir appris qu'il était homosexuel, celle du fils, celle de l'ex-compagnon de son fils qui devient le voisin de cellule de son père et enfin, un homosexuel en fin de vie qu'a accompagné le père castrateur.

 

Mélange de voix donc et aussi de styles, qui va de la poésie la plus pure à la crudité la plus salace. On assiste à des scènes très lyriques célébrant le mariage de l'homme et de la nature (qui fait d'ailleurs penser davantage à de la littérature japonaise, dans la lignée d'un Mishima ou d'un Kawabata). Puis vient le cri d'un révolté, aux bans de la société, qui hurle sa différence et sa haine de la bienséance.

 

Forme et contenu interessants mais je n'ai malheureusement pas eu de réel coup de coeur ; tout reste finalement assez artificiels malgré de beaux moments ; même si l;'on ne peut pas dire que ce texte se réduit à un texte militant.

 

 

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 19:47

JAPON-GRAND PRIX DE LITERRATURE POLICIERE

Ikebukuro west gate park - Ikebukuro west gate park, T1

Editions Philippe Picquier, 2005

Véritable phénomène de société, ces nouvelles policières ont connu un succès sans précédent : nombreux prix littéraires, puis adaptation en manga et en drama (série TV japonaise).

Plus qu'un polar, cette oeuvre est une fine analyse de la jeunesse japonaise en pleine déliquescence ; refusant la société japonaise traditionnelle, les jeunes désoeuvrés quittent tôt l'école (refusant le modèle du salarié qui passe sa vie au travail sans se révolter) et vaquent dans les rues ; Ikebukuro est un quartier chaud, branché de Tokyo : magasins de jeux vidéos, salons de massage, bars de rencontres, hôtels de luxe. Le West Gate park est le lieu de rencontre de cette jeunesse qui traînasse et qui drague.

La police n'y met jamais les pieds, c'est le territoire de prédilection des jeunes, des amoureux, des bandes (Les G-Boys) et des yakusas.
Au milieu de tout ça, le héros, Monsieur tout le monde redresseur de tords, Makoto, jeune garçon ayant quitté le lycée et vendant des fruits et légumes dans la petite épicerie de sa mère, parcourt les rues d'Ikebukuro. Il marche en dehors de tous groupes que ce soit les G Boys ou les yakusas. Mais il connaît quelques uns de leurs membres, ce qui lui permet de s'infiltrer partout.

Il commence à enquêter le jour où l'une de ses amies est retrouvée étranglée. Prostitution, drogue, guerre des gangs ; chaque nouvelle aborde un problème de la jeunesse actuelle. A chaque fois, notre héros évolue et gagne ses galons ; fidèle en amitié et loyal, il souhaite toujours rendre service à ses amis : sauver un travailleur clandestin ders griffes de la mafia, ramener la paix dans la rue, tel est son but.

La police et les autorités en prennent pour leur grade : Makoto s'entoure de sa bande de copains pour redresser les tords et enquêter dans les bas fonds.

Une écriture fluide, spontanée, faite d'instantanés, qui épouse les flux de pensée du héros ; ce dernier s'improvise chroniqueur alors qu'il n'écrit jamais !

Des nouvelles divertissantes qui nous font découvrir l'envers du Japon triomphant : de jeunes filles se prostituant pour acheter des vêtements de marque, trafics de drogues, tueurs névrosés...

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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 12:37
JAPON - XI e siècle




















Editions Alternatives/ Publications orientalistes de France , collection "Grand Pollen", 1998

Coup de projecteur sur des éditions assez rares que vous pourrez trouver dans les bonnes librairies ou bibliothèques : celles-ci présentent des textes anciens de référence, illustrés par des peintures et des calligraphies.

On doit ici la traduction à René Sieffert, grand spécialiste de la littérature japonaise classique.
Les calligraphies illustrent des épisodes ou des ressentis des personnages.

Cette édition présente un épisode central du Dit de Genji, premier roman de la littérature mondiale, écrit au début du XIe siècle par Murasaki Shikibu, dame d'honneur de l'Impératrice du Japon. Elle y raconte les intrigues politico-amoureuses de la Cour en insistant sur l'analyse psychologique, le ressenti, les impressions des personnages. Les intrigues se déroulent sur soixante-dix ans et sont centrées sur la figure du Genji, fils de l'avant dernier souverain, écarté du pouvoir puis rappelé comme "guide spirituel" : La branche du prunier ,épisode central, nous raconte comment il va introduire sa fille "mal née" (d'une favorite) dans la Cour pour la marier au Prince héritier.

Le récit de La branche du prunier se déroule de la naissance du bébé jusqu'à son entrée au palais...




L'occasion de découvrir les coulisses de l'éducation d'une jeune fille, son apprentissage des arts, la calligraphie, la peinture, la musique et les activités féminines telles la préparation de parfums.

Mais le plus intéressant est sans nul doute la fine analyse des sentiments, des états d'âme des personnages ; les poèmes, tels des haïkus, décrivent avec finesse et élégance la fêlure, le chagrin, l'attente ; les personnages sont des éléments de la nature tels des saules, des rossignols ou le vent :

J'ai céans vécu
automne qui se suivant
s'en vont et s'en viennent
Ah faut-il que me ramène
bois flottant au gré des vagues

Je vous attendais me fiant à vos serments
de ne varier
et mes sanglots j'ai mêlés
au bruit du vent dans les sapins Séparée de force
de la jeune pousse de pin
au destin lointain
un jour me sera-t-il donné
d'en voir l'ombrage altier

Malgré les années
qui loin d'elle ont coulé
rossignol peut-il
du pin qui vit son essor
les racines oublier

L'un des thèmes récurrents, le temps qui passe, symbole de l'instant fugitif symbolisé par les estampes, ces images du monde flottant.

Un beau cadeau de Noël pour les amoureux de la culture japonaise.

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 10:34

JAPON

Love and pop

Editions Picquier, 2009

Murakami Ryu, célèbre écrivain de la décadence urbaine du Japon (Les bébés de la consigne automatique) aborde ici un problème de société bien réel dans les villes japonaises : par l'intermédiaire de messageries téléphoniques, de jeunes adolescentes acceptent des rendez-vous avec des hommes plus âgées qu'elle, afin de se payer des produits de marque ; le roman relate ici la journée d'une jeune lycéenne, Hiromi, qui décide de s'acheter une bague en topaze ; elle va alors utiliser le téléphone d'une amie pour prendre des rendez-vous avec des hommes inconnus...

Murakami Ryu cherche à sonder les motivations d'une jeune fille, soumise aux lois de la société de consommation. Il ne cherche pas à condamner, il rappelle que la littérature n'a que faire des questions de moralité ; il est plutôt question de chercher l'humanité qui se cache derrière ces pratiques. Il est question de la recherche de l'autre derrière la quête de l'objet à la mode.

On appréciera une forme de récit innovante où l'auteur, telle à la manière d'Andy Warhol, produit un montage d'émissions de radio, de conversations téléphoniques et d'annonces publicitaires ; il s'agit de donner voix au Japon d'aujourd'hui sans aucun autre intermédiaire.

Loin d'être provocateur et vulgaire, ce récit est très émouvant car il cherche à percer l'humanité non seulement de la jeune fille mais aussi  celle de ces hommes qui recherchent une compagne : l'homme à la peluche, l'homme au tics langagiers....Il s'agit d'abord de sonder un Japon qui souhaite retourner dans le monde magique de l'enfance.

On sait que le Japon est exempt de morale judéo-chrétienne et donc de la culpabilité liée au sexe et que le temps de l'adolescence (à mettre en relation avec la fleur à peine éclose de la sakura, la fleur des cerisiers, emblème national au Japon) est une période mythifiée.
D'autre part, la civilisation du manga symbolise un désir de retourner dans le monde de l'enfance (ce qui est symbolisé par l'homme à la peluche dans le roman).

A lire pour comprendre le Japon d'aujourd'hui.

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6 septembre 2009 7 06 /09 /septembre /2009 15:03

VIETMAN, 2008

Au Zénith

Editions Sabine Wespieser

Mon coup de coeur des vacances : une fresque historique et intime sur le personnage d'Ho Chi Minh, grande figure communiste de la libération du Vietnam, tout ça raconté par Duong Thu Huong, auteur d'Au delà des illusions et de Terres des oublis, emprisonnée puis en résidence surveillée pendant 15 ans pour avoir critiqué le régime vietnamien. Depuis 2006, elle vit en France.

L'auteur mêle Histoire, fiction et intimité pour dresser le portrait d'une grande figure historique qui incarna selon elle l'idéal communiste avant que ses sbires, aveuglés par le pouvoir,  ne déforme l'idéal premier.

Elle met donc en scène la tragédie du pouvoir chez une légende vieillissante : le grand libérateur est relégué dans une propriété sur une montagne près d'un temple bouddhiste ; alors que la guerre du Vietmam est déclarée (guerre qu'il avait refusée), il médite sur son passé, sur les erreurs qu'il a commises dans la conduite de sa vie privée ; en effet, Duong Thu Huong revient sur un fait méconnu de la vie d'Ho Chi Minh, à savoir le viol et l'assassinat de sa compagne dont il a eu des enfants, sur décision du bureau politique du parti ; car pour l'appareil du parti, nul événement privé de doit entacher la figure divine du père du peuple....

Sacrifice de le vie privée, manigances et luttes intestines au sein du parti, bilan d'une vie : le dirigeant fantoche, malade s'exprime dans de longs monologues, du haut de sa montagne-prison, bien gardé par les gardes et les médecins de tous genres. Monologue tragique d'un homme qui n'a pas compris que le pouvoir était un cadeau empoisonné, qui voit le communisme devenir un appareil d'Etat et une machine à s'enrichir.

Le lecteur est pris entre admiration, pitié et rejet du personnage (sa lâcheté pour s'être soumis si facilement au bureau politique, ses regrets appuyés....).

La parole lamento de la grande figure historique s'insère dans une vaste roman choral : plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle : le meilleur ami Vu (inspiré d'un personnage réel) qui a recueilli les enfants du maître, le personnage idéaliste et loyal par excellence, le frère de la compagne sacrifiée, ivre de vengeance et au milieu du livre, le "contrepoint romanesque", le contre-exemple de la vie d'Ho Chi Minh, la vie d'un bûcheron qui, à la fin de sa vie, est parvenu à imposer sa jeune épouse au sein de sa famille. 

Au sein de ce choeur, Duong Thu Huong affirme une fois de plus ses talents en passant du style poétique au ton parfois burlesque. Alors que le soliloque d'Ho Chi Minh est très lyrique, rythmé par la description des magnifiques paysages de rizières et de temples bouddhistes dans la brume, le récit de la vie du bûcheron fait davantage penser à une pièce de théâtre ; en effet, chaque action des personnages est commentée par les membres du village ; répliques salaces entre hommes et femmes, échanges de proverbes et dictons. La référence au spectacle ambulant est explicite. 

Une fresque d'un intérêt historique majeur, un plaidoyer contre toutes indéologies . Duong Thu Huong s'intéresse tout particulièrement à la culture sacrifiée du pays (interdiction des mariages et funérailles traditionnelles, fermeture des monastères...) et à la vie privée des individus ; il en était de même dans le roman Terre des oublis, où une femme, sous la pression d'un village, était obligée de retourner vivre avec son mari déclaré mort depuis des années.

Quelques longueurs parfois, notamment dans le monologue d'Ho Chi Minh ; il reste qu'il s'agit d'un très bon livre, original, poignant, poétique et d'un intérêt historique majeur.

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 09:35

JAPON -1905

Je suis un chat

Editions Gallimard-Unesco, "Connaissance de l'Orient"

Natsume Sôseki (1867-1916) est le premier grand auteur japonais moderne. Né sous l'ère Meiji, qui a vu le Japon s'ouvrir au monde occidental, il a basé toute son oeuvre sur cette crise de la culture japonaise traditionnelle. Formé aux lettres classiques chinoises et au haïku, il fait ensuite des études en Angleterre puis devient professeur d'anglais au Japon. Très influencé par les auteurs anglais tels Swift et Sterne, il livre ici un chef d'oeuvre humoristique qui fait dire à Jean Cholley, traducteur et préfacier , que ce titre "suffit amplement à démentir l'opinion si répandue selon laquelle les Japonais manquent d'humour". Voici donc l'un des grands classiques de la littérature japonaise.

Le narrateur est donc un chat, celui justement d'un professeur d'anglais pas très bien dans sa peau, qui va observer cette société malade de l'ère Meiji : dans la maison de son maître, qui déprime et qui a des aigreurs d'estomac, défilent toutes sortes d'intellectuels qui méditent sur le sens de la vie : alors que l'un s'évertue à faire sa thèse sur les suicides par pendaison et les yeux des grenouilles, l'autre s'amuse à jouer avec les mots et coutumes européens qui personne connaît. Il y a aussi l'apôtre du renoncement, le moine zen, qui souhaite prêcher le renoncement au maître des lieux.

Toute cette classe d'intellectuels désoeuvrée doit désormais subir la concurrence des matérialistes assoifés de richesse, commre le voisin, qui représentent la nouvelle classe en vue du Japon.

Je suis un chat parle à la fois de mariage, de thèse sur la vision des grenouilles, de base-ball, d'aigreurs à l'estomac et de philosophie zen ! Cette oeuvre a en fait été publiée sous forme de  feuilleton entre 1905 et 1906 ; ce qui explique cette forme si originale de chapitres sous forme de petites saynètes, de tableaux de genre, qui raconte un épisode ou une journée dans la vie du professeur d'anglais.

Entre deux incartades du chat (qui attrape des souris, qui devient amoureux, qui sympathise avec le chat du voisin), notre narrateur animal se gausse de ces curieux humains qui s'entre-déchirent entre voisins, se chamaillent entre couples, racontent des histoires à n'en plus finir et font des poèmes sans queue ni tête. Quant au chat, il s'enorgueillit d'être le seul chat pensent sur terre jusqu'au jour où il découvre q'avant lui, il y a eu le Chat Murr d'Hoffmann !

A travers le portrait du maître fait par le chat, Söseki nous délivre son propre autoportrait d'intellectuel déprimé, déstabilisé par la nouvelle ère Meiji qui fait de l'industriel et du marchand les nouveaux membres de l'élite du pays. D'où cette scène mémorable de la demande en mariage de la fille du marchand par le jeune thésard, qui donne lui à l'espionnage entre voisins !
Le maître est un professeur déprimé, inactif, qui passe sa vie à dormir et à avoir des aigreurs d'estomac et à se plaindre de son destin de professeur. Dépressif et colérique, il s'en prend à sa femme et surtout à ses élèves qui lui lancent les balles de base-ball par sa fenêtre !

Seul recours : la philosophie zen, un retour aux sources. Face au matérialisme et à l'individualisme triomphant, une seule solution : le renoncement.

Ce chef d'oeuvre d'humour est un chef d'oeuvre d'humour noir ; sans vous dévoiler précisément la fin, le roman satirique et burlesque se clôt sur une mise en garde apocalyptique : avec l'individualisme triomphant, on prédit la fin de l'art, du mariage et l'insatisfaction générale ;
la mort semble être le seul moyen pour parvenir à la paix...

Chef d'oeuvre satirique mais méditation très sombre sur une civilisation malade...

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 10:57

JAPON, 2003

L'éléphant s'évapore

Recueil de nouvelles


Haruki Murakami n'est plus à présenter ; c'est sans conteste l'écrivain japonais contemporain le plus connu au monde avec Yoko Ogawa et est cité depuis plusieurs années comme favori pour le Prix Nobel de Littérature.

On appréciera dans ce recueil la description de la banalité du quotidien où surgit tout à coup un élément insolite et bizarre ; souvent drôles, les nouvelles laissent apparaître une arrière fonds d'inquiétude et de malaise. Mais nulle ressemblance avec les nouvelles fantastiques de Maupassant ! L'insolite surgit tout naturellement dans notre univers : un éléphant du zoo s'évapore, un monstre vert surgit du sol d'un jardin, une usine fabrique des éléphants !

Toutes les nouvelles sont racontées à la première personne, ce qui fait surgir très souvent des récits au bord de la folie comme ce préposé aux lettres de réclamations dans une entreprise qui se met à répondre à une cliente en lui faisant d'étranges digressions sur les kangourous....

Même si tous les personnages ne sont pas déjantés, ils sont souvent en phase de déstabilisation: hommes au chômage au foyer, femmes seules noyant leur mélancolie en contemplant leur jardin, femme qui n'arrive plus à dormir, homme mono maniaque dont le passe-temps favori est de brûler des granges abandonnées.

Cela donne parfois des nouvelles au bord du vertige, très poétiques, comme cet homme "obsédé" par les chinois et qui s'assoit sur le port et attend à l'horizon, en vain, un cargo pour la Chine.

Souvent, les nouvelles laissent entrevoir la menace du néant, d'une désintégration prochaine.

Des nouvelles plus profondes et sérieuses qu'il n'en paraît...

Un gros coup de coeur pour deux ou trois nouvelles : Le nain qui danse , raconté par un "fabricant d'éléphant" ! En effet, les éléphants ne se reproduisent que tous les cinq ans ; ses adorateurs fondent une société d'approvisionnement en éléphants pour pallier à ce handicap biologique ! Dans cette usine, un nain qui danse merveilleusement bien passe un pacte avec l'ouvrier pour qu'il puisse séduire une jeune ouvrière....Le monstre vert où le plus normalement du monde, un petit monstre sort d'un trou sous un arbre du jardin et, amoureux transi, fait une cours invraisemblable à la maîtresse de maison....qui lui répond d'une manière extrèmement violente !

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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 12:32

d' AKIRA YOSHIMURA

JAPON




Actes Sud,2006

Akira Yoshimura (1927-2006) est un auteur japonais de renom qui s'inspire des légendes et des faits divers de son pays. Son récit le plus connu est La jeune fille suppliciée sur une étagère qui donne la parole à une jeune fille morte que l'on est en train d'autopsier !


Yoshimura est resté célèbre pour ses descriptions réalistes presque cliniques, faisant parfois penser à un reportage journalistique. Mais il n'en oublie pas pour autant l'intériorité des personnages qui s'interrogent sur leur destin.

Les guerre des jours lointains, récit à la fois historique et psychologique, a le mérite de se pencher sur une période méconnue de l'histoire japonaise : l'immédiat après guerre, après le largage des bombes atomiques à Hiroshima et Nagasaki, période d'occupation de l'armée américaine.

Un jeune lieutenant, Takuya, à qui ses supérieurs demandent d'exécuter des prisonniers de guerre américains,
le jour de la capitulation  japonaise, se voit quelques jours plus tard recherché par l'armée d'occupation pour crime de guerre.

Obligé de fuir sous un faux nom, il mène une vie instable, allant de foyer en foyer. Au fil de ses déplacements, Takuya revoit la scène d'exécution, oscillant entre haine et compassion. Yoshimura examine au scalpel les états d'âme du héros devenu criminel ; de l'héroïsme de la fuite à l'abattement en passant par la peur d'être arrêté, l'intériorité du personnage principal laisse transparaître également l'évolution des mentalités, leur relativisme ainsi que l'absurdité des relations internationales.

Ainsi, si le Japon avait gagné la guerre, le criminel de guerre serait devenu un héros national. Culpabilité et héroïsme ne sont pas des valeurs intangibles mais au contraire des valeurs fluctuant au gré du contexte géopolitique. Les dernières pages offrent une bonne dose de cynisme lorsque l'ennemi d'hier devient le nouvel allié dans la lutte contre le communisme.

Yoshimura livre un récit d'un réalisme cru, qui décrit la misère (le rationnement, la famine) et les vexations de l'armée américaine, fait historique peu connu et peu traité dans la littérature japonaise. Les phrases sont très courtes, indiquant à chaque fois le lieu et le jour, dans un style quasi journalistique.
Le prétexte romanesque étant le suspense créé par la fuite du protagoniste. La fin est assez inattendue et dénonce plus que jamais l'absurdité de la guerre.

Un récit original, le premier que je lis de ce type dans la littérature japonaise.

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 18:04

CHINE

Panda sex

Editions Au diable Vauvert, 2009

Mian Mian est devenue avec Les bonbons chinois l'icône de l'underground shanghaienne. Voici son deuxième opus qui livre un montage de conversations de "jeunes branchés" de la nuit à Shanghai. Un acteur film les conversations...et des couples, deux soeurs, un sponsor et une actrice livrent leur conception de l'amour et leur mélancolie. Deux enterrements, une idylle gâchée et beaucoup de mélancolie...

Pas vraiment d'intrigues mais plutôt un collage de conversations sur le mode expérimental pour dégager un état d'esprit de toute une génération.

A part la révélation de la fin, il faut dire que je n'ai pas du tout accroché. Le titre illustre le virus de l'amour aujourd'hui qui, comme le panda, ne consiste à faire l'amour que deux fois par an ! Le thème est intéressant mais Mian Mian n'en tire pas partie !

La jalousie est évoquée, la mort comme conséquence également. Mais de là à évoquer les Liaisons dangereuses d'aujourd'hui, il ne faut pas abuser !

Mian Mian innove certes dans la forme (quoique) mais faire de la forme en soi n'est pas le but de la littérature. Faire de l'expérimental sans fouiller ses personnages ne conduit à rien.

C'est peut-être sévère mais je préfère continuer à découvrir les autres écrivains chinois d'aujourd'hui comme Mo Yan ou Yu Hua.

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