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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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13 août 2011 6 13 /08 /août /2011 19:48

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

 

  Editions Albin Michel

 

Joshua Ferris est considéré outre-atlantique comme un écrivain prometteur. Dans ce deuxième opus, il repend la veine d'un McInerney ou d'un Franzen qui peignent le déclin et l'échec de la classe dominante américaine.

je vais prendre un peu le contre-pieds des critiques d'internautes que j'ai lues jusque maintenant.

Pour moi, Ferris renouvelle justement le genre.

 

Un jour, le narrateur, jeune avocat new-yorkais ambitieux, est atteint de marche compulsive. D'un instant à l'autre, il quitte tout, se débarasse de la plupart de ses vêtements, et marche, marche, jusqu'à épuisement, quitte à dormir dans le froid dans un terrain vague.

 

Du jour au lendemain, son quotidien bascule. Ses attaches sociales et intimes vont se désintégrer.

 

Nous vivons ce thriller psychologique de l'intérieur, le narrateur tente en vain de lutter contre ce corps étranger. Alors qu'aucun médecin ni psychologue ne trouve l'origine de sa maladie, il décide de tout quitter pour protéger son entourage....

 

Le plus poignant est l'attitude de sa femme qui ne baisse pas les bras. Elle le poursuit dans les rues, elle lui achète une combinaison contre le froid, elle l'attache dans sa chambre....

Et la fin est très romanesque....

 

Une métaphore originale de l'inconscient névrosé américain. Certes, pas une grande oeuvre littéraire mais un roman qui renouvelle le genre.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 22:30

ETATS-UNIS- RENTREE LITTERAIRE 2011

 

 

Editions Albin Michel

 

A priori, l'un des prochains gros succès de l'automne 2011 et assurément, l'un des grands livres de cette rentrée littéraire. Le deuxième roman de l'auteur américain d'origine éthiopienne, remarqué en 2007 pour Les belles choses que portent le ciel.

Comme dans son premier opus, on y retrouve une histoire universelle : l'amour, la mort, la nostalgie, le couple, la famille. 

 

Mais ici, le personnage gagne en épaisseur et en Histoire ; son premier roman se contentait de faire le constat du quotidien d'un homme "comme tout le monde", au fin fond de son épicerie. Ici, le personnage voyage dans l'espace et dans le temps dans une magnifique fresque généalogique, à la fois intime et sociale.

 

Jonas, vivant à New-York, est en pleine crise existentielle. S'apprêtant à se séparer de sa femme, il doit aussi faire face à la mort de son père. Yosef, ce père éthiopien, ayant émigré aux Etats-unis, pour fuir la guerre civile, avant sa naissance. La mère, Mariam, l'a rejoint quelques années plus tard et retrouva un homme brisé.

S'étant toujours confronté à un mur de silence, il va alors partir à la quête de ses origines, quitte à remplir les vides par de la fiction.

Il ne va pas rejoindre l'Ethiopie mais Nashville, là où ses parents ont vécu leur voyage de noces très tardivement, alors que Jonas était déjà dans le ventre de sa mère.

 

Que s'est-il passé à ce moment ? est-ce que cela aurait pu se passer autrement ?

A travers la fiction, Jonas se reconstruit une identité, celle qu'il n'a jamais eu. Il va dialoguer avec ses parents et tenter de les comprendre.

 

Ne vous imaginez pas un roman social sur l'immigration, c'est bien plus que cela. C'est d'abord une flamboyante fresque intime ; nous vivons de l'intérieur les doutes et les souffrances de l'enfant devenu adulte.

Mengestu atteint l'universel lorsqu'il nous parle des rapports parents-enfants, de la solitude, du deuil, de l'identité.

Ce qui ressort, c'est l'amour des siens et de l'autre.

Sans fioriture, d'une pudeur et d'une vérité incroyable, l'auteur nous plonge dans ses blessures intimes.

 

Deuils, séparations, tel est notre chemin. Mais reste la lumière du souvenir....

 

Poignant et passionnant.

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15 mai 2011 7 15 /05 /mai /2011 21:00

ETATS-UNIS - Prix Pulitzer 2010

 

Les foudroyés

 

  Editions Cherche-Midi "Lot 49", 2011

 

Incontestablement l'un des grands livres de cette année 2011...

 

Une histoire incroyable : un premier roman qui ne trouve pas d'éditeurs, qui finalement est publié par un éditeur indépendant à 3 500 exemplaires....et qui finit par avoir le Prix Pulitzer 2010.

Un conte de fée pour cet auteur américain de 42 ans dont l'écriture d'un lyrisme flamboyant fait penser à Hawthorne ou à Thoreau. Un digne héritier des grands classiques américains.

 

Sur 180 pages, nous est retracée l'épopée intérieure de trois générations d'hommes.

 

Georges, vieil horloger, agonise dans sa maison, entouré de toute sa famille. Victime d'hallucinations (il croit voir sa maison d'effondrer). En même temps, il se souvient de ses ancêtres.

Son père, Howard, épileptique, qui vendait toute sorte d'objets (peignes, poêles, seau, soude, bijoux, cafetières, brosses, savons...) dans sa carriole et qui parcourait les routes du Maine d'antan.

Ce père se souvient lui-même de son propre-père, prédicateur calviniste un peu fou...

 

A travers cette dynastie de "foudroyés" (ce sont des hommes maudits par leur condition, l'épilepsie ou la folie) que le destin rattrapera, c'est toute l'Amérique des origines, celle de la Nouvelle Angleterre, qui se rapproche de nous, celle des pionniers qui luttent contre la nature et contre leur propre folie.

 

Au fil des saisons (magnifiques descriptions de paysages d'hiver ou le marchand Howard vient ravitailler de vieilles fermes et des indiens solitaires), les hommes chantent leur fusion ou leur conflit avec la nature.

 

Car c'est bien d'un poème en prose qu'il s'agit ; au détour d'un chemin, les éléments de la nature s'éveillent ; c'est à une fête païenne que nous assistons ; la brume qui enveloppe le paysage, les rayons de soleil qui miroitent entre les arbres, les brins d'herbe qui s'irisent, la neige qui étincelle, l'eau qui s'enflamme....On y cherche les secrets des origines, dans les hiéroglyphes sur les écorces de bois par exemple, érigées tels des totems...

 

L'homme itinérant célèbre ses noces avec Dame Nature (magnifique épisode où Howard, l'itinérant, compose une tapisserie de fleurs pour sa femme), cherche sans fin le secret de sa fabrication et pour finir, devient lui-même bois ou métal. L'homme ne se fait pas poussière mais se fond au contraire aux éléments naturels.

 

Et, au rythme des souvenirs, George se souvient aussi de sa passion pour les horloges, pour ses mécanismes secrets. Les horloges qui rythment le temps qui passe...

 

Ne vous imaginez pas un récit ésotérique, inaccessible. Cette ode à la nature riche en émotion est aussi l'histoire tragique d'une famille sur trois générations, où les hommes sont maudits. Au fil des pages, nous sont dévoilés ce secret, cette malédiction.

 

C'est au contraire un joli conte sur la condition humaine tragique de l'homme. Vous déambulerez encore longtemps sur ces vieilles routes magiques en compagnie de d'Howard, de son vieux cheval Prince Edward et de sa vieille carriole de bric et de broc ....

 

Tout simplement envoûtant...

 

"Nous écorcions des arbres morts et le bois tendre en dessous était pâle comme de la sciure et parfois recouvert d'étranges motifs qui ressemblaient à des inscriptions qu'on eût gravées dans le bois à l'aide d'un stylet ou d'un petit outil tranchant avant de replacer l'écorce sur le tronc-un cuir rugueux, un peau d'échardes protégeant un langage secret. Ces hiéroglyphes s'offraient à nous comme des révélations, comme des messages déposés là à notre intention pour que nous puissions les tâter et les gratter du bout de nos bâtons mais sans jamais les comprendre, puis les abandonner là, tels des totems, en attendant que les trouvent ceux à qui ils étaient véritablement destinés, au moment de rebrousser chemin dans le fracas des brousailles"

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 22:46

ETATS-UNIS (Premier roman)

 

 

Editions Grasset, 2011

 

Ce premier roman picaresque d'un jeune auteur originaire de Virginie aurait pu être un véritable chef d'oeuvre. Le Guardian le considère comme un héritier de Faulkner, Twain ou encore McCullers. C'est un peu trop !

Tout démarre sublimement....

 

Un nourrisson est jeté dans la rivière par sa mère démente, persuadée qu'il est enfant de Satan. Early Taggart est recueilli par une bouilleuse de cru clandestine qui l'élève comme son propre fils. Mais il est à jamais marqué par les conséquences de sa chute dans l'eau glacée qui lui a causé une infection des gencives. On le surnomme "Gueule tranchée". D'une force invincible, il devient chasseur d'ours  puis charmeur de serpent dans une drôle d'église méthodiste, puis "cunnilungiste réputé" ! puis héros de la révolte des mineurs de Virginie occidentale dans les années 20. Il tue alors plusieurs personnes représentantes de la loi et de la compagnie des mines et devient ainsi un hors-la-loi.

 

Tout ça brillamment raconté sur 160 pages, un conte picaresque bien rythmé, drôle et tragique en même temps. Puis, tout à coup, tout s'accélère !

 

Les différentes facettes du personnage haut en couleur se succèdent à la vitesse grand V : il devient un vrai sauvage dans la forêt, puis un bluesman, puis participe à la campagne de Kennedy, puis devient journaliste et obtient le Prix Pulitzer.

 

108 ans d'une vie bien remplie racontée en 350 pages ! C'est trop peu ! Pourtant, il y avait dans ce roman tous les ingrédients délicieux du grand récit américain : une grande fresque qui brasse les grands thèmes de la société de ce pays : lutte pour la démocratie et la justice sociale, défense de l'environnement, histoire du blues, légendes des parias et des hors-la-loi.

 

Il aurait fallu une grande épopée à la Don DeLillo de 500 à 1000 pages. Nous nous retrouvons avec une épopée hachée en tous petits épisodes.

 

Ne soyons pas trop sévères : c'est un premier roman, il y a de très bonnes bases pour les prochains opus. Attendons-les donc !

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 12:56

AUSTRALIE

 

La gifle

 

Editions Belfond, 2011

 

L'une des révélations étrangères de cette rentrée 2011. Un roman australien, première originalité. Ecrit par un auteur australien d'origine grecque, deuxième originalité. Ce dernier nous fait découvrir les échecs du melting pot australien, cette île immense si à part, qu'on ne connaît pas "son envers du décors".

 

Et c'est justement le grand mérite de ce roman de faire un portrait sans concession d'une société malade de surconsommation et de racisme ; La gifle a déjà remporté un énorme succès en Australie (Prix du Commonwealth, Man Booker Prize). Il vient d'être réédité une deuxième fois en France ; 1ère traduction en France, pour un auteur dont  l'oeuvre ne nous est pas tout à fait inconnue puisqu'il est l'auteur de Head On, adapté au cinéma par Fatih Akin.

 

Les critiques évoquent l'influence des Correctionsde Jonathan Franzen ; c'est vrai que l'on y retrouve un beau portrait de groupe, microcosme d'une société occidentale malade. Mais même si ce roman est de bonne facture, il n'a pas la qualité littéraire nécessaire pour "durer". Mais le thème et l'intrigue ont de quoi faire oublier ce petit bémol.

 

 

Le prétexte qui donne son titre au roman : une gifle donnée lors d'un repas entre amis, lors d'une soirée barbecue à Melbourne. Chez Hector et Aïcha, respectivement immigrés grecs et indiens, couple modèle de l'intégration réussie, se réunissent la famille et les amis. Tout à coup, une dispute éclate entre deux enfants. Le plus petit, insupportable tient une batte de base-ball. Ne supportant pas le laxisme des parents de Hugo, Harry lui administre une belle gifle.

 

C'est la déflagration...Les parents, Rosie et Gary, attaquent en justice Harry. Et les uns et les autres prennent partie pour l'un des deux camps....

 

A travers cette péripétie éminemment théâtrale, ce fait divers digne des journaux télévisés, se joue une réflexion générale sur l'éducation, et la vision de la société. L'auteur prend bien garde de ne pas trancher : il explore avec brio les travers de chaque camp : entre Harry, le garagiste parvenu, richissime, raciste qui crâne sur sa terrasse devant la mer et Rosie et Gary, le couple soixantuitard, laxiste et sans ambition, le lecteur est bien partagé....

 

Le principal intérêt de ce livre (et c'est en cela que l'auteur révèle son talent) est que Tsiolkas se met dans la peau de chaque personnage ; chaque section du roman est consacrée à un personnage et l'histoire est racontée à travers son regard. L'auteur se met aussi bien dans la peau d'un retraité (une vieil immigré grec) que d'une mère, une femme célibataire, un adolescent mal dans sa peau, un homme qui a la crise de la quarantaine. Et à travers ces chapitres, il questionne aussi bien le passé (l'arrivée des "métèques" grecs et européens de l'Est en Australie), le présent (la génération gâtée, blasée d'avoir tout obtenu) et le futur (à travers les ados, micro société de la drogue et du sexe).

A travers toutes ces générations, c'est l'échec de la société occidentale qui est visé : racisme, échec du melting pot, absence d'éducation, frustrations en tout genre, extrême solitude aussi bien des vieux que des jeunes).

 

On attend un drame, une catastrophe dans le genre des faux thrillers. Elle ne viendra pas. Tsiolkas se contente juste de faire un constat amer brillamment orchestré.

 

Dépaysant par le pays qu'il décrit, ce roman ne fait finalement que nous renvoyer vers nous mêmes, occidental déchu...

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6 février 2011 7 06 /02 /février /2011 19:13

ETATS-UNIS

 

Serena

 

Editions du Masque, 2011

 

J'avais découvert Ron Rash il y a un an avec sa première traduction française, Un pieds au paradis : un pur roman américain de facture faulknérienne sur la faute originelle et la culpabilité.

 

Ron Rash "récidive" avec le magistral Serena ; amateurs d' âmes fortes féminines, d'"antihéroïnes" sans foi ni loi, ce roman est pour vous !

 

Nous sommes dans les années 30, en Caroline du Nord, en pleine crise économique. Pemberton et sa jeune femme Serena débarquent dans cette région reculée, où la forêt, la faune et la flore règnent en maîtres. Qu'à cela ne tienne, le couple infernal a décidé d'exploiter ce territoire vierge en y installant une vaste scierie. Alors que le travail manque, une armée de bûcherons se précipite pour obtenir une embauche.

 

A mesure de la déforestation sauvage, des voix s'élèvent pour obtenir la création d'un parc national. Le couple va entreprendre moult activités illégales pour éviter la création de ce parc.

A partir de ce moment, c'est la loi du plus fort qui règne ; d'autant plus que Serena, stérile après une fausse couche, voue une haine féroce au jeune fils de Pemberton, qu'il a eu avec une fille de ferme juste avant son mariage.

La chasse à l'homme commence...

 

Ce magnifique récit psychologique prend alors soudain des allures de thriller...Nous sommes dans un monde d'avant ou  au delà des lois. Serena et secondairement Pemberton, incarnent la capitalisme sauvage qui ignore les limites de l'homme et de la nature ; ce n'est pas un hasard si les métaphores animales abondent et que le thème de la chasse est primordial.

A côté de ce couple infernal, il y a l'aigle mais aussi le puma, figure fantômatique, qui finira par apparaître subrepticement.

L'homme se fait progressivement animal pour entreprendre une lutte contre les plus faibles et les plus fragiles...

 

La figure de Serena arrive bien sûr au premier plan ; sur son cheval, tenant son aigle dans sa main, elle apparaît telle une créature mythologique ou fantastique. Figure démoniaque par excellence, avec son fidèle serviteur manchot, elle teste la force de chacun, même des plus proches. Poison, couteau, fusil, tout est bon pour affirmer son pouvoir.

Certains critiques évoquent Lady Macbeth ; je trouve que c'est un peu exagéré !

Serena est juste elle-même. On peut évoquer par contre sans doute, l'unfluence de la tragédie grecque : en effet, les bûcherons, qui commentent chaque scène, constituent une sorte de choeur antique. Au centre, une histoire de sperme et de sang ; deux femmes, un homme, un enfant. Jalousies, vengeances. La lutte est sans merci.

 

Bravo à Ron Rash pour cette oeuvre d'un lyrisme époustouflant (citons les magnifiques descriptions des paysages, de la faune et de la flore) où les passions sont exacerbées. Un roman qui nous remue.

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:56

ETATS-UNIS

 

Luka et le feu de la vie

 

Plon, 2010

 

Voici les aventures de Luka, le petit frère d'Haroun, le héros de l'inoubliable Haroun et la mer des histoires ; Salman Rushdie nous livre à nouveau une éloge de l'imagination et des contes mais cette fois-ci, il y a l'humour en plus et l'inspiration des jeux vidéos ! Un merveilleux roman d'apprentissage au pays des mille et une nuits.

 

Luka rêve de faire comme son grand-frère, partir au pays de l'imaginaire pour gagner ses galons de héros. L'occasion lui en est donnée lorsque son père, le célèbre conteur, est plongé dans un sommeil très profond. Afin de le sauver, Luka va traverser le voile du réel et en compagnie du futur fantôme de son père, va pénétrer dans les différentes strates du pays de contes pour obtenir le feu de la vie.

Pour cela, il lui faut passer des niveaux et gagner des vies (merveilleuse trouvaille de l'auteur qui s'inspîre des héros de jeux vidéos qui doivent gagner des vies pour continuer à jouer) et se confronter à des personnages rocambolesques.

 

En héritier de Lewis Caroll, Rushdie s'amuse avec des jeux de mots et invente une sultane "Insultane" car c'est la Reine des gros mots et des insultes.

Quant au précieux récipient qui doit contenir le feu de la vie, c'est bien sûr "le pot-au-feu" !

 

Un joyeux conte ludique qui est aussi une métaphore de l'ex situation de Rushdie, en conteur aphone, condamné au silence.

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 21:15

ETATS-UNIS

 

La famille et l'université américaine des années 50 au scalpel, un jeune homme s'indigne

 

Editions Gallimard, 2010

 

Voici le dernier opus du grand auteur américain nobélisable. Une intrigue taillée au cordeau, de moins de 200 pages, sur l'Amérique profonde au temps de la Guerre de Corée en 1951.

 

Plongée dans l'univers juif très strict de l'Est américain ; Marcus est le fils d'un boucher kasher. Après avoir fait son apprentissage dans la boutique de son père, il entame ses études universitaires ; brillant élève, son père le talonne pour qu'il ne fasse pas de faux pas. Lassé par cet autoritarisme, Marcus change d'université et va s'enterrer au fin fond de l'Ohio au coeur de l'Amérique puritaine. C'est là qu'il va découvrir toute l'hypocrisie des enseignants. Il y fait la rencontre d'une jeune fille qui ose lui faire une fellation (ciel, il n'y crois pas !), une jeune fille qui a fait une tentative de suicide...

 

Ce roman d'apprentissage trouve toute son originalité dans la mesure où  Marcus nous raconte son histoire dans une certaine situation .....que nous découvrons à la vingtième page. Au lecteur de le découvrir !

 

Indignation ou l'Ingénu en Amérique. Le jeune homme doué et bourré de principes va découvrir toute l'hypocrisie du système et va commencer à s'indigner...

 

Une pure tragédie puisque l'on sait dès le début que l'histoire se termine mal. Mais raconté avec le talent de conteur de Philip Roth, maniant avec brio le cynisme, cela donne lieu à des scènes mémorables tragicomiques.

 

On appréciera également le lien métaphorique entre la boucherie paternelle et la boucherie de la guerre...

 

Comme à son habitude, Roth dénonce les travers de la société américaine ; ici, ce sont les bons principes puritains qui en prennent un coup.

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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:38

ETATS-UNIS

 

Trente ans et des poussières

 

1993 et 2006

 

Jay McInerney est avec, Bret Easton Ellis, le principal membre de la "Brat Pack", ce mouvement littéraire des "sales gosses" des années 80, fréquentant les nuits branchées de Manhattan et faisant le portrait de cette génération dans leurs romans : argent facile, sexe, drogue, soirées mondaines à n'en plus finir.

Cela donna le portrait désabusé des yupies, ces jeunes cadres dynamiques branchés de Manhattan qui pètent un cadre, le plus célèbre étant Patrick Bateman, le cadre tueur en série d'American Psycho.

 

Ces écrivains drogués des nuits folles de Manhattan ont poussé la médiatisation à outrance ; Jay McInerney, ayant vendu deux millions de titres de Journal d'un oiseau de nuitse déguise en tortue ninja sur les plateaux télés....

 

Mais ne voir que cet aspect foldingue de l'écrivain serait vraiment passer à côté d'un grand écrivain. Ce côté scandaleux (il s'est assagi depuis !) ne doit pas faire oublier que c'est un chroniqueur admirable, un portraitiste de talent et qu'il a sans aucun doute écrit la comédie humaine new-yorkaise des années 80/2000.

 

Cette comédie humaine est vue à travers le regard d'un couple de trentenaires romantiques, Corrinne et Russel Calloway, la princesse et le prince qui ont tout pour être heureux ; c'est le couple envié par tout le monde. Venant de "province", ils vont tout faire pour gravir les échelons. Elle est courtière, lui travaille dans une maison d'édition. Mû par une ambition folle, il a décidé de lancer une OPA pour racheter la boîte. C'est l'époque de Reagan, du fric facile, des spéculations boursières....

Mais la chute n'en sera que plus dure....

 

Splendeurs et misères d'un couple dans le vent. Chronique d'un échec annoncé...Il s'agit bien sûr d'une chronique satirique de cette époque. McInerney scrute à la loupe les soirées mondaines à n'en plus finir où se côtoient sexe, argent et drogue.

 

Mais si satire il y a, elle est profondément atténuée par la sympathie qu'éprouvel'auteur envers ses personnages. Ce couple, on le sent bien, est fragile, sensible, ils s'interrogent sur leur avenir et le bien-fondé de leurs actions. C'est Corrinne qui, la première, plutôt dépressive, a un regard très critique sur ce milieu.

 

On pense à l'influence de Scott Fitzgerald, dont McInerney est un fervent admirateur.

La belle vie - Jay Mc Inerney

 

Nous retrouvons ce couple 15 ans plus tard en ....2001. Ils ont eu des enfants, ils ont un loft à Tribeca, ils fréquentent le Manhattan de l'Upper East Side. Nous sommes le 10 septembre 2001 au soir

 

11 septembre : gros blanc. McInerney choisit de ne pas décrire l'attentat.

 

Ce qui l'intéresse, c'est l'après et les répercussions de l'événement sur une population hyper favorisée, blasée de tout, qui court de galas en galas. On se trompe, les filles se droguent...

 

Dans ce cataclysme, Corrinne va rencontrer Jim, un courtier qui a tout envoyé valdinguer quelques mois avant, qui cherche à refaire peau neuve. Ayant échappé de peu aux attentats, étant en retard à un rendez-vous au Windows of the world", il tombe sur Corrinne dans les ruines fumantes, alors qu'elle est venue faire du bénévolat pour nourrir les secouristes.

Et là, se profile l'horizon d'une nouvelle vie, loin de la vacuité des soirées mondaines.

 

Une éclaircie mais aussi la culpabilité qui est toujours là, qui vous hante. Evitant toute mièvrerie, l'auteur signe un chef d'oeuvre de mélancolie. On pense tout de suite au nouvelliste hors pair John Cheever qui lui, a chroniqué le malaise de la classe moyenne dans les banlieues américaines, la possibilité du bonheur entrevu et puis le renoncement final...

Inerney, c'est du Cheever dans le centre de Manhattan.

Il scrute, avec tendresse et délicatesse,  la blessure, le renoncement, les regrets. Magnifique oeuvre romanesque et très belle histoire d'amour impossible.

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 15:02

ETATS-UNIS

 

Sukkwan island

 

Editions Gallmeister, 2010

 

Voici l'un des grands succès critique et public de cette année 2010. A force d'en entendre parler, j'ai eu moi aussi envie de le découvrir.

 

Gallmeister est l'éditeur de la nature et des grands espaces. Nous voila donc plongés dans une île de l'Alaska, au milieu de nulle-part, inhabitée, paradis des saumons et des ours. Mais là s'arrête le road-movie. Car le roman est un huis-clos entre Jim, un homme qui a tout raté dans sa vie, et Roy, son fils de treize ans, qui l'a rejoint à sa demande, pour l'aider à refaire peau neuve.

 

Tout commence comme dans un roman d'aventure : les deux "hommes" construisent une cabane, vont pêcher, préparent les repas ; mais le père se révèle très peu expérimenté...et surtout, la nuit tombée, il pleure et raconte ses échecs répétés à son fils...L'homme se révèle désespéré, le lecteur pense tout de suite qu'il va commettre l'irréparable ....

 

Jusqu'au jour où....

 

Les premières pages sont très lentes et très descriptives : la pêche, les constructions diverses...on s'ennuie un peu.

Puis la tension s'installe peu à peu jusqu'au coup de théâtre. Et là, on se dit : comment l'auteur va-t-il faire encore durer son récit soixante dix pages ?

 

Et c'est là que réside le réel tour de force.

Ce livre prend des allures de thriller psychologique là où on ne s'y attendait pas. Le cadre idyllique ne fait que renforcer la noirceur du propos. La folie humaine, le goût réel du "glauque, l'apocalypse psychologique : tels sont les gammes du récit.

 

Je serais incapable de dire si j'ai aimé ou pas. Toujours est-il que les deux personnages restent pour moi inpénétrables même si l'on est immergé dans leurs flux de conscience durant deux cents pages.

De là naît toute leur grandeur....

 

Ce récit ne ressemble à rien d'autre qu'à lui-même. a déconseiller aux âmes sensibles...

 

 

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