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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 18:51

ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/4/5/3/9782714448354.jpg

Editions Belfond, 2012

Dans son dernier opus, Michael Cunningham, le célèbre auteur des Heures, met en scène un couple new-yorkais à la dérive, dans la lignée de Jay McInerney dans Trente ans et des poussières et La belle vie. 

Et il cite aussi explicitement Scott Fitzgerald, John Cheever, et surtout Thomas Mann et son célébrissime Mort à Venise. Tous ces illustres écrivains, métaphores de la chute et du désespoir. 

Le ton est tout de suite donné avec une intrigue au demeurant très scabreuse : un homme va tomber amoureux de son beau-frère, jeune éphèbe désespéré...

Creusons un petit peu le propos : Peter Harris est un brillant galeriste new-yorkais vivant à Soho. Sa femme, Rebecca, est rédactrice en chef d'un journal littéraire. Bref, la belle vie, la cinquantaine bien conservée, la richesse matérielle....

Sauf que l'image conjointe de la mort et de la vieillesse va venir troubler ce couple parfait...Une collègue de Peter se meurt d'un cancer (scène géniale au MOMA où Peter et sa collègue admirent le célèbre requin conservé dans le formol de Damien Hirst) et surtout, le beau Mizzy, frère de Rebecca, débarque dans le loft du couple. Le frère chéri, le jeune drogué désespéré va jeter à la figure de Peter tout l'éclat de sa jeunesse et surtout sa totale liberté...Face à lui, Peter ne peut que mépriser sa vie ordinaire de petit-bourgeois bien installé. 

A partir de ce moment, Peter ne voit qu'avec plus d'acuité les faux semblants du monde de l'art et se met à rêver d'une passion tragique avec le jeune Mizzy. 

Mais arrivera-t-il justement à jouer ces amants tragiques ? 

Il s'agit finalement plus d'une tragi-comédie ; Cunningham se moque de son personnage et se refuse à en faire un héros. C'est d'ailleurs ce qui évite à cette intrigue scabreuse de sombrer dans le vaudeville maladroit ou dans le mélodrame raté.

Peter est d'ailleurs bien conscient de son manque d'envergure romanesque et c'est en cela que le lecteur s'attache à lui. 

Refaire une Mort à Venise à New-York aurait été pire que tout. Alors l'auteur a choisi l'ironie et finalement le dénouement que je ne vous révélerai pas, confirme cette impression.

L'époque est à la compromission, au demi-teinte et non à la passion tragique.

Certains trouverons sûrement ce roman ridicule. Mais si l'on accepte d'y voir du second degré, on peut dire que Cunningham a justement un talent inouï pour éviter la fausse note. A découvrir... 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 20:24

ETATS-UNIS

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/6/0/6/9782879297606.jpg

Editions de l'Olivier, 2012

Voici le troisième opus d'un auteur américain d'origine russe (classé par le New Yorker comme l'un des 20 meilleurs écrivains américains  de sa génération). Humour noir et science-fiction sont au rendez-vous dans cette épopée loufoque pourtant tellement réaliste !

L'auteur nous plonge dans un New-york futuriste en pleine déliquescence, où le dollar est indexé au yuan. Le gouverneur de la banque centrale chinoise s'apprête d'ailleurs à venir aux Etats-Unis.  Des "poteaux de crédit" contrôlent dans la rue, à distance, le niveau d'endettement des individus.

C'est dans ce cadre que Lenny Abramov est missionné par sa société en Italie pour repérer les personnalités pouvant prétendre à l'éternité car étant ICPE, indididus à capitaux propres élevés....C'est en Italie qu'il va tomber amoureux d'Eunice Park, jeune coréenne inculte toujours branchée à son apparät, sorte de super tablette numérique dernier cri pouvant mesurer le "taux de baisabilité" d'autrui. 

Mais peut-on encore vivre une histoire d'amour alors que la guerre civile gagne New-York, qu'il n'y a plus de livres et que chacun est préoccupé avant tout par sa propre conservation ? 

Ce récit désopilant fait alterner le journal intime de Lenny, clamant son amour à sa bien aimée, et la correspondance virtuelle de la jeune Eunyce sur le résau social Globados. Réseau sur lequel on achète sur le site Culuxe, des slips Reddition sans condition et Moules en foule !

Vous l'aurez compris, le roman est d'une inventivité langagière très originale ; le lecteur est embarqué dans le flux verbal de l'auteur pour son plus grand plaisir. Shteyngart manie avec brio l'humour juif de Woody Allen (Lenny Abramov, sort d'anti-héros super naïf et super décalé n'est d'ailleurs pas sans rappeler le célèbre cinéaste !). 

L'auteur est un véritable inventeur d'univers pas si futuriste que cela d'ailleurs ! Décidément, la littérature en 2012 s'inspire beaucoup de la montée en puissance de la Chine. A lire également le roman chinois Les années fastes qui prend aussi prétexte de la science-fiction pour décrire une Chine régnant sur le monde et ayant imposé le cocktail au litchis comme boisson internationale...

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 19:34

GRANDE-BRETAGNE

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/0/1/3/9782081232310.jpg

Editions Flammarion, 2012

Vous aimez les grandes fresques familiales ? Les contes pour enfants ? L'Angleterre familiale ? Ce gros romans de 750 pages est pour vous !

La trop méconnue A. S. Byatt, née en 1936, Booker Prize en 1990 pour son roman Possession, a le don de refaire vivre une époque avec brio. 

Soit l'Angleterre de la fin du 19e siècle (1895) et du début du 20e siècle jusqu'à la fin de la première guerre mondiale. 

L'histoire d'Olive Wellwood, écrivain de contes pour enfants, de sa famille et de ses enfants. Le début de la guerre des Boers, la ruée vers l'or de l'Afrique du Sud mais aussi l'émergence du rêve d'une société autre ; le rôle des fabiens http://fr.wikipedia.org/wiki/Fabian_Society, ces réformateurs socialistes, l'émergence du féminisme, le rêve d'un âge d'or pré-industriel défendu par les Préraphaélites, la défense de l'artisanat par William Morris. Et aussi et surtout l'éloge de l'enfance avec J.M. Barry et son célèbre Peter Pan, les écrits de Kenneth Grahame. Et aussi le retour à une nature sans entrave prône par D. H. Lawrence.  Il est même fait référence à Bernard Palissy, le célèbre céramiste français qui inspira William Morris.

Un travail sociologique énorme qui nous apprend énormément de choses sur cette période finalement assez méconnue en France. Un roman certes érudit mais au combien romanesque ! Les enfants, cousins, parents, beaux-frères d'Olive vont y vivre leurs espoirs et leurs déceptions. Financiers, sculpteurs, domestiques, couturiers, écrivains, gardiens de musée, médecins.... Nous faisons la connaissance de multiples personnages , de Londres à Munich, en passant par l'Exposition Universelle de Paris de 1900. 

Naviguez entre les collines bucoliques de l'Angleterre, les couloirs du Petit Palais dédié à la Fée Electricité et les cafés ou théâtre de marionnette munichois. 

Vous y découvrirez l'esprit de toute une génération portée par le rêve de changer une société gangrènée par l'industrie et l'argent. Des rêves qui agoniseront sur les tranchées de la Première Guerre Mondiale. 

 

Un roman très classique mais ô combien enrichissant ! A découvrir de toute urgence !

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 21:19

GRANDE-BRETAGNE

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/1/6/9782879297613.jpg

 

Editions de l'Olivier, 2012

 

L'un des romans fleuves (700 pages) de cette rentrée littéraire de janvier. L'auteur anglais nous plonge dans l'Histoire du Japon, à l'aube de son ouverture à l'Occident.

 

Nous sommes en 1799, date qui va sonner le glas de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales( Bonaparte occupe les Pays-Bas) ; Dejima, île artificielle de la baie de Nagasaki, est le seul endroit où des étrangers peuvent commercer avec l'archipel nippon. Et ce privilège est accordé aux seuls néerlandais...

 

Mais en cette période trouble, les navires en provenance de Java se font rares et les Anglais aimeraient bien prendre la place des Hollandais...

 

Voilà pour le contexte historique, utile de connaitre, si l'on veut suivre l'intrigue....

 

Intérêt historique donc pour ce roman qui nous plonge avec érudition dans la fin de l'ère Eddo, qui a fait connaître au Japon 200 ans d'isolement total, après la christianisation de Saint-François Xavier.Peu après, expulsion et persécutions des chrétiens, interdiction d'avoir une bible....

 

C'est pourquoi notre Jacob de Zoet cache sous les combles sa bible héritée de ses ancêtres à son arrivée à Dejima. Il est chargé d'enquêter sur les fraudes de la Compagnie. Ce n'est que le début de moult-es aventures....

 

Car, bien sûr, David Mitchell, manie le livre d'Histoire avec brio mais n'oublie pas pour autant le romanesque. En effet, Jacob de Zoet va tomber amoureux d'Orito, une savante japonaise férue d'obstétrique, qui va être retenue prisonnière par un moine sadique....

 

Il n'en faut pas plus pour nous tenir en haleine ; certes, ce n'est pas de la grande littérature, mais, avec un sens certain du récit, on découvre un monde foisonnant aux multiples personnages : magistrats, commerçants, interprètes, moines, savants....

 

Pour les amoureux du Japon et de l'Histoire. Après 200 pages assez plates, on se laisse facilement prendre au jeu.


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21 novembre 2011 1 21 /11 /novembre /2011 18:46

IRLANDE

 

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Editions Sabine Wespieser, 2011

 

Une longue nouvelle de 100 pages écrite par une auteur irlandaise née en 1968. Une éloge de la pudeur et de la sobriété pour cette histoire simple racontée par les yeux d'une enfant qui tente de saisir la complexité du monde des adultes.

 

Nous ne sommes pas ici dans le registre du fait divers à sensations comme dans Room mais dans la vie quotidienne la plus "classique".

Le cadre : l'Irlande rurale intemporelle, l'auteur ne donne aucun repère temporel. La sécheresse, les vaches qu'ont trait, des grévistes qui sont tués, la lande, la mer, les champs...Voici pour les repères spatio-temporels.

 

Une petite fille parle, son père l'accompagne chez un couple de la famille de sa femme. Ce sont les Kinsella. On devine que la petite fille est l'aînée d'une grande fratrie, que son père est quasi absent, que sa mère est encore enceinte...

Alors, "l'expatriée", la mal aimée, va découvrir une chaumière douillette, des gestes attentionnés, le travail des champs et au fur et à mesure, un secret bien gardé...

 

Claire Keegan, avec une écriture sobre et classique, ne fait qu'effleurer et suggérer : un regard très subtil pour dire les petites et grandes choses de la vie, ce que l'on cache bien à l'intérieur de soi. Parfois, trois lumières peuvent dire bien plus de choses que des paroles...

 

Les adeptes des récits à rebondissemenbt n'y trouveront certes pas leur compte. Mais si vous aimez les petits récits tout simples qui disent de grandes choses, alors ouvrez vite ce trésor...

Point de paroles ...Laissons nous envoûter par l'ellipse, l'image, le non-dit, la sensation....

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 18:44

ETATS-UNIS

 

http://multimedia.fnac.com/multimedia/FR/images_produits/FR/Fnac.com/ZoomPE/3/4/3/9782742799343.jpg

 

Actes Sud, 2011

 

Le dernier roman de Paul Auster est un chef d'oeuvre qui s'inspire de notre société ultra contemporaine, et plus précisément de la crise de subprimes de 2008.

L'histoire pourrait se résumer ainsi : commment retrouver le sentiment de l'humanité (les valeurs amicales, familiales...) dans une société ultramatérialiste ?

 

Allez faire un tour du côté de Sunset Park, ce quartier à la dérive de Brooklyn. Vous y retrouverez l'ambiance de Brooklyn Follies, ce sens de la communauté à toute épreuve, avec la gravité en plus.

 

Les premières pages sont magnifiques ; Miles est employé par un entreprise spécialisée dans l'enlèvement de rebuts. Les familles qui ne pouvaient plus payer leurs maisons lors de la crise des subprimes ont dû quitter les lieux précipitamment, elles appartiennent désormais aux banques. alors il faut nettoyer les "déchets" abandonnés. Mais lui, Miles, poète dans l'âme, prend des photos de ces rebuts pour les immortaliser, continuer à faire vivre ces vies brisées...

 

En réalité, Miles est fils d'un éditeur réputé et d'une actrice de théâtre. Sa vie a basculé le jour où il s'est rendu responsable de la mort accidentelle de son demi-frère. Depuis, rongé par la culpabilité, il a coupé les ponts avec sa famille.

 

Mais obligé de quitter Miami suite à des problèmes avec la famille de sa (trop) jeune petite amie, il est invité à New-York par son copain de toujours, Big Nathan, qui l'a suivi pendant ses sept années d'errance.

A la tête de la géniale boutique L'hôpital des objets cassés (réparer les vieux objets tels stylos à encre, montres à gousset, machines à écrire, jouets à ressort, postes de radio), il l'invite à rejoindre un squat dans le quartier de Sunset Park en compagnie de deux autrres âmes en peine : une écrivain thésarde qui planche sur le film Les plus belles années de notre vie et une peintre amateur agent immobilier. Ensemble, ces vies à la dérive vont réapprendre à vivre. Et Miles va tenter de renouer avec ses parents.....

 

Paul Auster, le funambule, consacre ses chapitres à chacun de ses personnages. Ces derniers, emprisonnés au début dans leur intériorité, vont peu à peu s'ouvrir à l'autre dans cette vieille baraque qu'ils squattent.

Mais le hasard et la roue du destin jouent parfois des tours ....Ce dernier opus n'a rien à voir avec la légèreté et l'humour de Brooklyn Folies. Même si les valeurs de la communauté y sont exaltées avec brio, la fin laisse bien des interrogations....

 

Un très beau roman.


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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 13:28

CANADA

RENTREE LITTERAIRE 2011

  http://dana.deathe.net/wp-content/uploads/2010/09/Room-by-Emma-Donoghue.jpg

 

Editions Stock, 2011

 

Sans doute le livre le plus original et le plus marquant de cette rentrée littéraire....Et en plus, on en parle pas tant que ça. L'occasion de le mettre en valeur....

 

Un enfant de 5 ans parle. Il raconte le jour de son cinquième annniversaire. Il n'a pas eu de bougies...Qu'à cela ne tienne, il a tous ses amis autour de lui. Monsieur Tapis, Madame Lucarne, Petit dressing, Grand Labyrinthe....et surtout sa Maman et Madame Télé qui l'emmènent sur plusieurs planètes en même temps...Celles des contes et des dessins animés.

 

Le petit Jack vit dans son univers bien personnel, et noue une relation fusionnelle avec Maman. Ce soir, comme chaque dimanche, il attend le cadeau du dimanche soir de Grand Méchant Nick, qu'il ne voit qu'à travers les portes de Petit dressing....

 

Je ne vous en dis pas plus, au risque de dévoiler toute l'histoire...

 

Un conte qui mêle horreur et magie en même temps, une ode à l'amour maternel, à la fusion mère-enfant.

 

Saluons le formidable travail sur le langage effectué par cette auteure trop méconnue, irlandaise vivant au Canada. Elle en est à son septième roman, ce dernier a été finaliste au Booker Prize.

Tout est vu et ressenti à travers le regard et la voix de l'enfant, son imagination, sa naïveté et sa drôlerie.

 

Ce conte qui évolue peu à peu vers le thriller n'en dénonce qu'avec plus de finesse les travers de notre société malade de médiatisation et d'analyses à l'emporte pièce. Le regard neuf de l'enfant n'en est que plus acerbe.

 

Un petit chef d'oeuvre à découvrir....

 



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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 13:55

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

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Editions de l'Olivier

 

Le livre incontournable de la rentrée... Véritable phénomène de société, vendu à 3 millions d'exemplaires Outre-Atlantique. Depuis 10 ans, on attendait le prochain opus de l'auteur des Corrections

 

Pour moi (et beaucoup de lecteurs), une grosse déception.

 

C'est pas mal, facile à lire, mais de là à parler de Tolstoï et de faire la une de Time Magazine après Joyce et Nabokov, il y a quand même un gros problème....

 

Autant Les Corrections brillait par son style tragi comique et ce portrait foufou de la famille, autant le style de Freedom est proche de la platitude...

 

On arguera le fait que Franzen joue des artifices littéraires (flash-back, polyphonie...), mais il n'est pas le seul et le premier à le faire !

 

Qu'apporte ce roman par rapport à son précédent ou aux romans de Rick Moody, McInerney...pas grand chose !

 

Le thème de la famille et du couple est redondant dans la littérature américaine, la crise des valeurs aussi. Je ne vois pas ce qu'y ajoute Franzen.

 

Une femme, Patty, ex basketteuse prometteuse, quitte sa famille pour épouser le modèle du type bien, Walter Berglund. Ils achètent une belle propriété, ont des enfants qui les déçoivent. Patty fait une dépression, la consigne dans son journal intime et Walter va s'engager dans la lutte écologique, mais qui flirte te avec les grands trusts des entreprises ....

 

Il y a du Desperate Housewife dans ce roman certes et aussi un portrait très peu reluisant de l'engagement politique.

 

La morale, s'il y en a une, pourrait être : on est malheureux en couple et en famille, alors on s'engage dans la lutte écologique pour obtenir une respectabilité publique...On s'engage contre la surpopulation...et si cela venait uniquement de notre frustration familiale, des déceptions d'avoir eu des enfants pas si parfaits....La pureté de l'engagement en prend un coup ....

 

Mais bon, on reste un peu au ras des pâquerettes ; on est ni dans Tolstoï ni dans Dostoïevski.

Du point de vue du style, on évoque l'influence des séries télé (c'est un peu tiré par les cheveux mais si l'on admet que les grands chapitres centrés sur des personnages sont des saisons alors....) et des personnages de Guerre et Paix.

 

C'est quand même très surévalué; Bien sûr ça se lit bien et pour cause, il y a surtout des dialogues...

 

On admettra une dernier chapitre très caustique, bien réussi.

 

Mais de là à voir un chef d'oeuvre....

 

A vous de me donner votre avis. Je vous conseille de lire l'article sur Fluctuat.net ; ils ont bien du mal à donner des arguments....

 


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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 13:09

ETATS-UNIS

 

 

Editions Gallimard, 2011

 

A l'heure où les super héros font encore le bonheur du grand écran en ce moment : Captain america et Green Lantern ,offrez-vous une lecture divertissante cette été : la chronique de la chute des super-héros et un portrait de leur vie sexuelle débridée ! Mister Fantastic et son sexe qui s'allonge démesurément, Batman en homosexuel refoulé adepte du fist-fucking, et Mystique qui se transforme en son objet de désir...

 

Les super-héros ont vieilli dans le New-York d'aujourd'hui. Ils ont rangé leurs costumes et ont arrêté de sauver le monde ; ils sont désormais devenus des vedettes de la télé ; seul Mister Fantastic est devenu un scientifique respecté de la Nasa.

Batman meurt assassiné éventré au cours d'une séance de fist-fucking, Mystique et Mister Fantastic reçoivent des lettres d'adieu...

Il semble qu'un groupe de terroristes semble vouloir s'en prendre aux vétérans de l'Amérique super-puissante.

 

Denis De Villa, et son frère journaliste, vont enquêter sur ces menaces, d'autant plus qu'enfants, ils étaient passionnés par le monde des comics...

 

Tout d'abord, une construction habile : une première partie, un peu longue, consacrée à la psychologie sexuelle de Mister Fantastic avant que tout s'accélère dans une parodie réussie du 11 septembre, un retour en arrière avec les frasques de Batman, une deuxième retour en arrière sur l'enfance des frères De Villa, puis enfin retour au présent avec l'histoire d'amour de Mystique.

 

Un très bon divertissement qui, sous ses allures humoristiques, nous dévoile une Amérique qui sombre...

 

 

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 11:49

RENTREE LITTERAIRE 2011

 

 

Editions Métailié

 

L'un des livres les plus attendus de cette rentrée. Magistral, dérangeant, à ne pas mettre entre toutes les mains.

 

Depuis La maison muette, le génial écrivain écossais Burnside nous a habitué à ces contes dérangeants, mêlant onirisme et cruauté.

Son dernier opus accentue sa fibre fantastique et laisse le lecteur libre de son interprétation...

 

Nous sommes plongés dans l'univers d'Intraville, une presqu'île, dans la pluie et le brouillard : une usine chimique désaffectée, empoisonnée et interdite,  des parents "endormis", inexistants, une administration fantomatique, des enfants livrés à eux-mêmes...Voilà pour l'atmosphère générale.

 

Bientôt, des enfants sont retrouvés assassinés. Les autorités maquillent cela en disparitions inexpliquées. Un enfant de la cité, Léonard, tombe, un jour, sur le corps d'un enfant, dans une clairière de la forêt empoisonnée. Torturé, pendu, mais présentant un étrange regard d'apaisement, de ravissement....

 

Ce dernier, solitaire, passionné par les grands textes de littérature, va enquêter sur ces disparitions, suite à Morrisson, policier démissionnaire, qui s'est réfugié dans l'entretien de son jardin.

 

Rencontre d'un bibliothécaire, d'une jeune fille passionnée par le sexe, d'une bande de gamins très violents, et d'un mystérieux homme papillon, donneur de philtres mystérieux....

 

Récit magnifique, hybride, de par son appartenance à plusieurs genres et par sa polyphonie. Les voix de Léonard et du policier s'alternent, laissant parfois la place aux descriptions du narrateur.

Nous sommes d'abord dans un thriller policier mais l'enquête n'est qu'une ébauche.

Vient ensuite la description de ce territoire post-industriel où les adultes sont des fantômes alcooliques et bourrés de somnifères. Un étrange roman d'anticipation où se sont les enfants qui assument leurs responsabilités. Des bandes d'adolescents hagardes qui règlent leurs comptes avec les autorités et les adultes.

Enfin, un conte apocalyptique, entre enfer et paradis, où l'on peut basculer de l'autre côté du miroir. Et là, le lecteur est libre d'interpréter : influence du christianisme, nouvelle naissance, apocalypse, meurtres rituels...à vous de faire votre propre roman.

 

Ce qui est sûr, c'est que Burnside est un grand poète, un créateur d'univers, sombre et hypnotique. Libre à nous d'y entrer ou pas...

 

 

 

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