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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 11:14

 

100 000 visiteurs...

Mon blog vient d'atteindre aujourd'hui les 100 000 visiteurs. Je ne sais pas qui est le cent millième visiteur, mais je remercie en tous cas tous mes lecteurs fidèles. ...

Je tiens tout d'abord à m'excuser car je ne prends pas souvent le temps d'aller voir les blogs de mes plus fidèles visiteurs !

J'ai ouvert ce blog il y a bientôt 1 an et demi ; et je ne pensais pas que j'allais me prendre si bien au jeu ! Je voulais surtout tenir un "journal de bord" de mes lectures (moi qui n'est pas une adepte des listes !). Et puis les commentaires sont arrivés, j'y ai pris goût et j'ai eu vraiment envie de communiquer mes coups de coeur !

Pour vous laisser la parole, je vous propose aujourd'hui de me conseiller vos coups de coeur...

Prochainement, j'ouvrirai une nouvelle rubrique : coup de projecteur sur un auteur

Si vous avez des suggestions à me faire parvenir pour faire évoluer mon blog, n'hésitez pas à vous manifester....

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 17:56

Cette année, les prix littéraires ont honoré la littérature africaine francophone :

Le Prix Renaudot a été décerné au congolais Alain Mabanckou pour Mémoires de porc-épic

Le Goncourt des Lycéens revient à la camerounaise Léonora Miano pour Contours du jour qui vient

On ne peut que se réjouir de cet intérêt soudain pour la littérature africaine francophone qui était déjà à l'honneur cette année au Salon du Livre. Cette littérature est largement méconnue et je vous invite à découvrir mes articles consacrés à cette littérature dans la catégorie Littérature africaine (si ce n'est pas déjà fait !!!)

C'est une littérature que j'adore, à la fois magique et terrible.

Et vous, quels sont les auteurs africains que vous avez lus?

Les deux auteurs nous proposent des textes très différents. Si Alain Mabanckou choisit souvent l'humour et la fable pour décrire son pays ( voir l'article sur African Psycho ), Léonora Miano  expose avec réalisme la violence du continent africain.

Dans ses deux romans, L'intérieur de la nuit (http://www.evene.fr/livres/livre/leonora-miano-l-interieur-de-la-nuit-15034.php) et Contours du jour qui vient,(http://www.evene.fr/livres/livre/leonora-miano-contours-du-jour-qui-vient-21011.php) , elle met en scène des enfants confrontés aux guerres civiles intestines. Elle met également au premier plan les traditions barbares comme le sacrifice d'enfants ou le cannibalisme.  

Livre - L’Intérieur de la nuit de Léonora Miano

La rédaction de L'intérieur de la nuit a été inspirée par un reportage sur les enfants de la guerre au Libéria, dans lequel un des interrogés racontait qu'une milice avait tué son frère et forcé la population à le manger.

Certains lui reprochent de véhiculer une vision trop noire, trop traditionnelle de l'Afrique enfermée dans ses traditions. Je vous recommence de lire à ce sujet l'interview très intéressant de l'auteur sur http://www.grioo.com/info6910.html.

Je suis en tous cas bien décidée à découvrir les deux ouvrages de Léonora Miano. Avez-vous lu ses livres?

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7 novembre 2006 2 07 /11 /novembre /2006 21:55

Le Prix Renaudot a été attribué hier à Alain Mabankou pour Mémoires de porc-épic.

Cet écrivain congolais francophone fait beaucoup parler de lui depuis le Salon du Livre 2006 consacré à la Littérature francophone. Depuis African psycho et Verre cassé, il a acquis la réputation d'un auteur très original à l'humour très caustique.

Dans Mémoires de porc-épic, il s'inspire des fables et des contes africains : c'est un porc-épic de 42 ans qui parle; il est devenu le double animal d'un sorcier très méchant qui commet d'affreux crimes grâce aux piquants du pauvre narrateur ; ce dernier juge les actes infâmes des humains.

J'ai vraiment hâte de lire ce roman !

 L'avez-vous lu?

Remercions le Renaudot d'avoir récompensé un auteur africain francophone. C'est tellement rare que la littérature africaine soit mise à l'honneur !

Pour découvrir cet auteur, je vous conseille d'aller visiter son blog consacré à la littérature africaine :

http://www.congopage.com/amabanckou_blog.php3

Je republie à cette occasion l'article que j'avais écrit sur African Psycho, un bijou d'humour noir !

Le Serpent à plumes, 2003

Voici l'une des oeuvres phares de l'un des auteurs francophones les plus prometteurs, invité au Salon du Livre ce week-end.

Cette oeuvre est la parodie humoristique du sanglant American Psycho de l'américain Breat Easton Ellis ( un cadre dynamique qui se transforme en tueur en série la nuit) puisqu'il s'agit de l'itinéraire d'un criminel raté: Grégoire Nacobomayo est un orphelin vivant dans un bidonville. Carrossier de son état, il a décidé de suivre les traces du célèbre Angoualima, le célèbre serial killer qui depuis des années défie les pays, ses flics, ses juges et ses journalistes. Maintenant que ce héros est mort, Grégoire veut le remplacer. Il va méditer chaque jour sur sa tombe en lui demandant des conseils. Mais voila un sérieux problème: il n'arrive qu'à être un petit délinquant miteux: lorsqu'il veut violer les femmes, il n'a pas d'érection. Lorsqu'il veut tuer, il se fait devancer par plus fort que lui !

La force de ce roman réside dans son ironie ravageuse. Mais sous cet humour, se cache la triste vie  de la population pauvre congolaise; Grégoire trouve un sens à sa vie dans la perversité.

On apprécie également un vocabulaire très typique et coloré: le coin natal de Grégoire s'appelle le quartier Celui-qui-boit-de-l’eau-est-un-idiot, ensemble harmonieux de taudis nauséabonds. Grégoire y écume les bars, au choix le Buvez, ceci est mon sang, le Boire fait bander ou le Verre cassé-Verre remboursé, en écoutant le groupe le plus populaire du coin, les Frères C’est-toujours-les-mêmes-qui-bouffent-dans-ce-pays-de-merde. Il rode dans la rue Cent-francs-seulement (le prix des prostitués !)

"En fait, la rue principale portait jadis le nom de Six-cents-francs-au-moins avant que les filles venues du pays d’en face l’envahissent et fassent chuter le prix de l’éjaculation payante en le ramenant, que Dieu m’en garde, à cent francs seulement au lieu de six cents francs au moins ! »

Les pages les plus belles et les plus tragi-comiques sont sans doute les chapitres ou Grégoire dialogue avec son héros d'outre-tombe dans le cimetière de Ceux qui n'ont pas droit au sommeil : Angoualima n'arrête pas de lui dire que c'est un nul qui n'arrivera jamais à rien alors que Grégoire va prier sur sa tombe tous les soirs....

Un roman vraiment original qui prouve que la littérature africaine évite tout misérabilisme en traitant de la pauvreté avec humour pour mieux l'exorciser.

 

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6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 19:01

On s'y attendait : Les bienveillantes de Jonathan Littell viennent de recevoir le Prix Goncourt.

Je ne permettrais pas de juger car je ne l'ai pas lu !

D'après ce que j'ai lu comme critique, il s'agit tout de même d'un tour de force. Mais comme je l'évoquais il y a quelques semaines, faire parler un SS dans un livre n'est pas novateur, Robert Merle l'a fait merveilleusement bien il y a cinquante ans avec La mort est mon métier.

Si vous l'avez lu, n'hésitez pas à me faire part de vos critiques !

Arguments contre le Goncourt aux Bienveillantes:

Pour l'argument "Contre le goncourt", on peut arguer du fait que Jonathan Littell n'a pas vraiment besoin du Goncourt car il a déja vendu 250 000 exemplaires alors qu'André Gallimard ne pensait en vendre que 30000 !!!Le prix Goncourt va encore accroître ce phénomène éditorial !

Un prix se doit-il s'entériner une oeuvre qui est déja un succès en librairie? Je pense plutôt qu'il devrait encourager les petits éditeurs et les auteurs peu connus....

Pour le Goncourt aux Bienveillantes :

On peut tout de même reconnaître que cette année , le Goncourt récompense un premier roman et un jeune auteur inconnu. De même, il s'agit d'une oeuvre exigeante qui fait 900 pages !

Qu'en pensez-vous ?

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30 octobre 2006 1 30 /10 /octobre /2006 20:23

PRIX FEMINA 2006

Après une délibération bien mouvementée au sein du jury féminin (exclusion de Madeleine Chapsal pour propos diffamatoires et démission de Régine Desforges par solidarité !!!), deux femmes ont été mises à l'honneur pour le Prix Fémina 2006 :

Pour le roman francophone : Nancy Huston pour son roman Lignes de faille .

Nancy Huston, photo de Mihai Mangiulea

L'écrivain canadienne , habituée des succès de librairies, m'avait enthousiasmée il y a quelques années avec L'empreinte de l'ange :

Une magnifique histoire autour du poids de l'Histoire et de la culpabilité : une jeune femme allemande se marie et accouche d'un petit garçon ; mais le bonheur ne semble avoir aucune prise sur elle, indifférente à tout ce qui l'entoure. Son mari, un flûtiste professionnel, cherche à savoir en vain ce que lui cache sa femme.

Mais c'est à un luthier juif hongrois qu'elle dévoilera son douloureux passé. Ils vivront ensemble une histoire d'amour passionnée mais le destin en décidera autrement....

J'ai lu ce roman il y a quelques années, je ne me souviens donc plus vraiment des détails mais cette histoire très noire m'avait profondément émue.

Et vous, avez-vous déja lu des romans de Nancy Huston ?

Nuala O'Faolain

La deuxième lauréate, pour le Fémina étranger, est la grande romancière irlandaise Nuala O'Faolain pour son roman L'histoire de Chicago May.

Il ne me reste plus qu'à republier la critique de ce roman que j'avais écrite il y a quelques semaines :

Editions Sabine Wespieser, 2006

Voici enfin ma critique du dernier O'Faolain . Après les critiques divergentes de Cuné (Cunéipage) et d'Alice (La lettrine), j'ai eu envie de me faire mon propre avis : eh bien, j'ai adoré !

Je n'avais jamais lu les oeuvres de la célèbre écrivain irlandaise et j'ai bien l'intention de les lire.

Ce qui est fort dans ce livre, c'est que Nuala O'Faolain noue une intrigue extrêmement romanesque à partir du réel et d'une documentation très précise. Elle invente un nouveau genre qui mêle à la fois la fiction, le documentaire et l'autobiographie.

Tout a commencé ainsi : l'auteur découvre par hasard l'autobiographie de Chicago May, une célèbre prostituée et braqueuse irlandaise du début du XXe siècle qui a émigré aux Etats-Unis. En parcourant différentes bibliothèques des Etats-Unis et le village natal de May en Irlande, elle retrace avec minutie le parcours de la célèbre hors-la-loi et décide d'écrire sa biographie.

Cette création est vue à la fois à travers un regard objectif ( les différents chapitres retracent les différentes étapes de la vie de May, des photos d'époque illustrent les propos de l'écrivain qui nous parle également de ses sources : voyages dans les bibliothèques, dans les hôpitaux et les prisons où a séjourné l'héroïne) et un regard subjectif ( May est vue comme le double de l'écrivain qui explique pourquoi elle a choisi cette femme comme sujet d'étude : May et Nuala ont quitté l'Irlande pour l'Amérique, elle n'ont jamais eu d'enfant....). L'auteur s'interroge constamment sur le bien fondé de son analyse : comment rendre compte des états d'âme de May alors que sa biographie ne raconte que des faits ? Peut-on avoir recours à l'imagination pour combler les vides ?

Sa démarche n'est pas si éloignée de celle de Nathalie Sarraute dans Enfance même s'il s'agissait là d'autobiographie. A l'ère du soupçon, on doute de la véracité de tout ce que l'on peut écrire ; c'est pourquoi la narratrice est omniprésente pour nous faire part de ces hésitations.

Voila pour l'innovation. Sinon, nous sommes plongés dans une folle intrigue romanesque : une femme éprise de liberté choisit de quitter sa pauvre terre d'Irlande pour tenter le rêve américain à la fin du XIXe siècle : c'est encore l'époque des pionniers et O'Faolain décrit à merveille l'ambiance des saloons. May est prostituée et danseuse, elle fuit l'Amérique pour la France où elle braque une banque à Paris. Puis c'est le départ pour l'Angleterre où commence une période de déchéance. Amour, jalousie, trahisons...Tout est là pour faire vibrer le lecteur. Puis vient enfin le temps de la rédemption.

L'écrivain décrit avec beaucoup de talent l'émergence du XXe siècle : description de l'Exposition Universelle, émergence des grandes villes...Nous passons des plaines désolées d'Irlande à la vie trépidante de Chicago, de New York en Londres en passant par Paris et Rio. La lutte pour l'indépendance irlandaise est également évoqué avec brio, de même que la période de la prohibition et l'émergence de la police moderne.

Pour résumer, voici un roman très original qui mêle la tradition ( importance du romanesque, splendeurs et misères d'une héroïne) à la modernité (interrogation sur la valeur de la biographie, fiction documentaire...)

 

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12 octobre 2006 4 12 /10 /octobre /2006 21:43

Le grand écrivain turc, Orhan Pamuk, vient de recevoir le Prix Nobel de Littérature.

A l'heure des négociations de l'entrée de la Turquie en Europe, ce prix est évidemment très politique. Rappelons qu'Orhan Pamuk a été condamné en Turquie pour avoir reconnu publiquement le génocide arménien ainsi que le massacre du peuple kurde.

Le grand écrivain turc a toujours mis les liens entre l'Orient et l'Occident au centre de son oeuvre, du XVIe siècle à nos jours. Son oeuvre dénonce toute sorte d'intégrisme et est un appel à la tolérance et aux échanges culturels.

J'ai lu deux romans de lui, Mon nom est rouge et Neige qui valent autant pour leur message que pour leur qualité littéraire. Car, n'en doutons pas, Pamuk est un grand écrivain et il mérite amplement ce prix, indépendamment du contexte politique.

Je vous propose donc de relire mes deux critiques parues sur mon blog . Avez-vous lu les oeuvres de Pamuk? Lesquelles?

Neige

Gallimard 2005 -Prix Médicis du roman étranger

Orhan Pamuk, l'écrivain turc le plus lu aujourd'hui en Europe (avec Yachar Kemal) est un écrivain engagé poursuivi par le gouvernement turc pour avoir dit publiquement que son pays était responsable de la mort de plusieurs milliers de kurdes et de millions d'Arméniens. Il risque de six mois à trois ans de prison.

 L'ensemble de ses romans examine les liens entre l'Occident et l'Orient que ce soit au XVIe siècle (Mon non est rouge-voir article) ou de nos jours.

C'est le cas de Neige son dernier roman: Ka, un poète - journaliste turc exilé politique en Allemagne, part faire un article à Kars, un village reculé de l'Anatolie; il veut enquêter sur un fait divers sordide: le suicide de jeunes femmes voilées. Il arrive à la veille d'élections municipales où s'affrontent nationalistes, islamistes et laïcs. Mais Ka est aussi venu pour de plus humbles raisons: rejoindre une ancienne camarade de fac, Ipeck, dont il est secrètement amoureux.  

A peine arrivé à Kars, il est témoin de l'assassinat du directeur de l'Ecole Normale qui a interdit le port du voile et d'un putsch militaire à l'occasion d'un spectacle de propagande. A partir de ce moment, il va être sollicité par les membres des deux factions adverses: les étudiants islamistes avec leur chef, Lazuli, amant de la soeur d'Ipeck d'un côté et les ultralaïcs de l'autre: l'acteur Sunay, acteur de théâtre s'improvisant dictateur d'un jour soutenu par les militaires.

Au sein de ces luttes intestines, Ka veut d'abord assurer son bonheur (repartir en Allemagne sain et sauf avec Ipeck) et écrire ses poèmes inspirés de la neige qui paralyse les routes et isole le village tombant peu à peu dans l'anarchie...

Dans cette atmosphère très poétique, Pamuk se garde bien de signer un roman manichéen: en effet, la lutte contre les islamistes est menée par des militaires anti-démocrates ou des acteurs fantoches, dictateurs d'un jour. Pamuk critique également les ultralaïcs qui prônent la lutte contre les islamistes au mépris de la démocratie. Les Occidentaux en prennent aussi pour leur grade en soutenant les militaires qui mâtent les islamistes et en regrettant l'absence de démocratie en Turquie. Les  laïcs prônant la démocratie méprisent la culture et les idéaux des orientaux...Ka, lui -même, est un héros ambigu se démenant au sein de ses luttes pour assurer son bonheur. Il devient l'intermédiaire entre les deux factions rivales. L'écrivain mêle habilement la quête du bonheur et de l'amour aux contraintes de l'engagement politique.

Ce titre peut être aussi vu comme un roman à suspens où l'étau se resserre progressivement sur Ka. Le destin est en marche dès les premières pages. S'y mêle une réflexion philosophique sur le lien entre le flocon de neige et l'être humain...

Un livre à lire de toute urgence à l'heure du débat sur l'entrée de la Turquie dans l'Union Européenne. A noter que Pamuk milite pour l' intégration...

Mon nom est rouge

Gallimard, 2001

Orhan Pamuk , grand écrivain turc contemporain, nous plonge dans la ville d'Istanbul au XVIe siècle. L'Empire Ottoman commence à s'ouvrir à l'extérieur en commerçant avec la République de Venise. Admiratif devant les portraits de la Renaissance, le sultan demande à ses miniaturistes de faire un portrait de lui à l'italienne. C'est alors que l'un des peintres du roi est assassiné...

Ce polar historique est basé sur le fossé culturel existant entre un Occident marqué par l'individualisme et l'amour de soi et un Orient ou Dieu est encore très présent. Pamuk nous fait découvrir tous les secrets des peintres de la cour du sultan. Pour eux, leur talent excelle lorsqu'ils sont arrivés à copier un modèle existant depuis l'Antiquité. Il n'y a donc aucune place pour la création et l'originalité de l'artiste. La création de l'artiste est une notion typiquement occidentale née à l'époque de la Renaissance.

En Orient, à l'époque des sultans, le talent est d'abord basé sur la mémoire: un génie devra reproduire à l'identique les modèles codifiés. Devenir aveugle demeure ainsi la sublime récompense: le peintre, guidé uniquement par ses propres mains et ses souvenirs, doit arriver à se remémorer le modèle. Il existe d'ailleurs des peintres qui se sont volontairement crevé les yeux...

Dans la cour du sultan, les peintres sont prêts à tout pour obtenir la place de premier peintre du sultan; ce roman enquête sur ces luttes internes à la cour. Les lecteurs romantiques seront également ravis: l'enquêteur doit retrouver l'assassin s'il veut épouser la fille du directeur de l'école des peintres.

Ce roman foisonnant, polyphonique (les narrateurs sont les différents peintres suspects) ravira les lecteurs férus d'Art et d'Histoire et aussi de romans d'aventures !

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 21:36

Juste une petite info pour vous dire qu'il existe désormais le blog du Goncourt des Lycéens :

http://www.gdlfnac.com/

Au programme, les critiques des lycéens sur des livres aussi divers que Journal d'une hirondelle d'Amélie Nothomb, Ouest de François Vallejo, Les bienveillantes et Fils unique de Stéphane Audeguy.

Eh oui, le Goncourt se modernise !

Avez-vous lu les romans sélectionnés? Quel est votre pronostic?

Moi, je suis en train de dévorer Fils unique. La critique sera publiée très bientôt....

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:09

Juste un petit mot ce soir pour vous faire connaître un blog vraiment chouette, celui d'Anne Sophie :

http://www.lalettrine.com

Coups de coeur, rentrée littéraire, émissions littéraires...

Et les articles sont vraiment très chouettes !

Bravo Anne Sophie !

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 12:08

Comme chaque année, la rentrée littéraire de septembre nous offre une quantité innombrable de romans : 683 romans paraissent ( 475 romans français et 208 étrangers) !

 

Premiers romans et bien sûr la grosse artillerie habituelle : Amélie Nothomb, Christine Angot, Patrick Besson. ...

Dans les critiques de septembre, j'ai pour l'instant remarqué trois romans qui parlent de personnages historiques : le peintre Gustave Courbet, le frère de Jean-Jacques Rousseau et Chicago May, une femme irlandaise qui a quitté son pays à la fin du 19e siècle pour devenir prostituée et bandit aux Etats-Unis !

 

 

Le grand soir de François Dupeyron, éditions Actes Sud

Le cinéaste François Dupeyron (La chambre des officiers) signe ici un roman historique sur le parcours exceptionnel du peintre Gustave Courbet. On le retrouve exilé à Genève après avoir participé à la Commune de Paris en 1870. Désabusé par la vie, alcoolique, il fréquente les prostituées. Un soir, il croit reconnaître le modèle du célèbre tableau L'origine du monde. Le temps d'une nuit, il va raconter à cette femme l'histoire de sa vie.

Moi qui adore les romans sur la peinture, j'ai hâte de le lire ! 

 Fils unique de Stéphane Audeguy, éditions Gallimard

 

 Stéphane Audeguy signe ici son deuxième roman. Je vous avait présenté l'année dernière le surprenant La théorie des nuages . Il signe ici un roman sur le frère ainé méconnu de Jean-Jacques Rousseau, François Rousseau. Ce dernier assiste au transfert des cendres de son frère illustre au Panthéon en 1774. Ce frère,éclipsé rapidement dans Les confessions, va lui aussi nous raconter sa vie : apôtre du libertinage, voisin de prison du marquis de Sade, il nous plonge dans les bas-fonds de Paris.

Audeguy nous plonge dans le Paris révolutionnaire des années 1790. Roman bien original qui à mon avis vaut le détour...

 

 

L'histoire de Chicago May de Nuala O'Faolain, éditions Sabine Wespieser

 

 Enfin, un roman de la romancière irlandaise Nuala O'Faolain inspiré lui aussi d'un personnage historique : . May Duigan (1871-1929), surnommée Chicago May, femme libre qui quitta son Irlande natale pour parcourir les Etats-Unis et l'Europe au début du siècle dernier. Chicago, New-York , Philadelphie, Londres, Paris. Au cours de son périple, elle sera prostituée, danseuse et...criminelle.

Il s'agit d'une biographie en miroir. L'enquête de l'auteur est minutieuse, elle s'inspire des propres mémoires de May. Le roman s'accompagne de manuscrits, de photos. "Une femme libre d'aujourd'hui , écrivain, fait référence à sa propre existence, ses choix, pour reconstruire une figure glorieuse d'une femme d'autrefois, qui, avant que ce ne soit vraiment possible pour son époque et sa condition sociale, a voulu, elle aussi , mener une existence indépendante et libre" (Le Monde Littéraire , Vendredi 25 août 2006)

 

 Voici mes prévisions de lecture ! Les critiques viendront prochainement !

Si vous remarquez un roman que vous désirez lire lors de cette rentrée littéraire, n'hésitez-pas à m'en parler !

 

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 17:55

Juste un petit mot pour vous faire découvrir un site très intéressant sur la littérature jeunesse :

CALLIOPROFS

http://callioprofs.over-blog.com

 

Des enseignants se sont réunis pour nous faire part de leurs coups de coeur. Le "coin" le plus intéressant : des bibliographies thématiques sur les continents : Asie, Afrique, Amérique.

http://callioprofs.over-blog.com/article-3227050.html

Bon voyage !

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