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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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14 août 2005 7 14 /08 /août /2005 00:00

ETATS-UNIS (publié en 1962)

Grasset, collection "Cahiers rouges"

Norman Mailer, né en 1923, est l'enfant terrible de la littérature américaine. Dans son oeuvre, il dénonce et anéantit le rêve américain. Le titre de ce roman apparaît alors bien ironique...

Il y met en scène des personnes de la haute société (hommes d'affaires, journalistes, universitaires) qui sombrent peu à peu aux démons américains: le sexe, l'alcool et la drogue menant souvent au suicide.

Le personnage principal Stephen Rojack, vétéran de la Seconde Guerre Mondiale, est un ex-député, professeur de psychologie à l'Université et présentateur d'une émission télévisée. Il a fait fortune en épousant une jeune héritière, Deborah.

Mais au bout de neuf ans de mariage, il découvre la véritable nature de cette femme cruelle et vicieuse. Un soir, au cours d'une dispute, il la tue par accident. Il fait croire à un suicide,en la jetant par la fenêtre du building.

Rojack va devoir faire croire à ce mensonge aux policiers et à la famille de Deborah. L'intrigue se déroule sur deux ou trois jours: il va parcourir les bars louches et fréquenter les prostituées qui chantent dans les boîtes à la mode.

Tout au long du roman, à travers des métaphores animales (la femme est souvent comparée à un fauve) et psychanalytiques (beaucoup d'images de gouffres, de cavernes, de grottes), Mailer place l'homme au centre de la lutte entre le bien et le mal, entre dieu et Satan. Il semble être tiraillé entre ses pulsions animales (le sexe, l'alcool, l'inceste) et son souhait de rédemption. Il s'agit également d'une lutte entre la vie et la mort, mort qui peut être volontaire, la condition humaine acceptant la défaite. Mailer nous livre d'ailleurs de très belles pages sur le suicide: ce dernier libère l'âme avant qu'elle ne soit anéantie avec le corps.

L'âme et le corps, l'esprit et l'animalité, Dieu et Satan. La lutte est éternelle et le choix semble être impossible; Mailer ne donne pas de solutions: Dieu et le Diable sont engagés dans une guerre et Satan peut gagner."

 

 
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13 août 2005 6 13 /08 /août /2005 00:00

ALLEMAGNE

Hermann Hesse (1877-1962), prix Nobel de Littérature en 1946,est avec Thomas Mann, le plus grand écrivain de langue allemande de ce siècle.

Avec Narcisse et Goldmund, il nous plonge avec brio dans l'Allemagne médiévale: ce roman nous conte l'amitié entre le moine novice Narcisse, sage et philosophe, et son élève Goldmund, entré au monastère sur ordre de son père, mais qui ne semble avoir aucune vocation monastique.

Comprenant que Goldmund a envie de découvrir le monde, Narcisse l'encourage à partir. Il mènera une vie de vagabondage, devenant sculpteur, à la recherche perpétuelle du beau mais aussi de la femme éternelle, censée remplacer la mère morte. Mais la recherche de l'amour le mènera à sa perte...Des années plus tard, après un douloureux apprentissage de la vie, il retrouvera enfin son meilleur ami et guide spirituel.

Ce livre est une véritable allégorie de la condition humaine, tiraillée entre l'animalité et la spiritualité.Narcisse et Goldmund personnifient ces deux choix de vie. Ce récit n'en est pas pour autant un roman à thèse : Hesse ne cherche pas à démontrer quel est la meilleure voie à adopter. Si l'amitié est si forte entre les deux hommes, c'est sans doute parce qu'ils réunissent à eux deux le corps et l'âme de l'homme. Et le roman nous livre la tension perpétuelle, éternelle entre le corps et l'esprit.

Hesse nous livre également une réflexion intéressante sur l'art et la beauté, qui semble représenter la mère originelle. La quête du beau et celle de l'amour semblent être mêlées.

Même s'il livre des réflexions très philosophiques, ce récit est très romanesque: les personnages sont très attachants et l'atmosphère médiévale (monastères, tavernes...) charme le lecteur. Ce livre est un chef-d'oeuvre sur les tensions de l'âme humaine.

 
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13 août 2005 6 13 /08 /août /2005 00:00

ALLEMAGNE (publié en 1917)

Après un chef d'oeuvre d'Hermann Hesse, voici l'un de ceux de Thomas Mann (1875-1955), également Prix Nobel de Littérature et grand opposant au régime nazi.

Fortement influencée par la philosophie platonicienne, son oeuvre est un appel perpétuel à la liberté de l'âme humaine.

La mort à Venise est un exemple significatif. Il s'inspire de Phèdre de Platon, où le philosophe explique à ses disciples sa théorie du beau : par l'amour, l'homme quitte le monde de la caverne et s'élève peu à peu dans le monde des idées pour découvrir la beauté et la vérité. Mais le destin du personnage principal vient contredire cette théorie.

Un vieil écrivain reconnu vient noyer sa mélancolie à Venise. Il y tombe subitement amoureux d'un bel adolescent, Tadzio. C'est pour lui l'occasion de développer les idées platoniciennes sur le beau: il croit que cette amour va le ramener à la vie. Mais une épidémie de choléra s'abat sur la lagune. Aveuglé, il refuse de quitter la ville, croyant que son amour pour le jeune homme va le sauver. Mais le destin en décidera autrement....

En fait, ce magnifique récit a pour fondemnt deux conceptions de l'amour: la conception grecque et la conception psychanalytique qui associe l'amour à la mort, les éternels Eros et Thanatos.

L'amour homosexuel n'est pas le thème central du livre, bien qu'il soit couramment cité dans les milieux gays et lesbiens. C'est d'abord une symphonie musicale sur le combat entre l'amour et la vie, Eros et Thanatos et Apollon et Dionysos. Jusqu'à aujourd'hui, l'écrivain avait placé son existence sous le signe d'Apollon, figure mythique de la raison et de la mesure. Avec la naissance de l'amour, naît la passion et donc l'ivresse, la folie menant à la mort (figure de Dionysos).

Mélangeant différentes philosophies et mythologies, ce récit est un chef-d'oeuvre de part la richesse de ses idées et surtout par son écriture flamboyante: chaque mot, s'insérant dans des phrases longues et sinueuses, respire la passion.

A signaler que ce roman a été adapté au cinéma en 1971 par le grand cinéaste italien Luchino Visconti.

 

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11 août 2005 4 11 /08 /août /2005 00:00

ETATS-UNIS

Date de parution: 1946

Carson Mc Cullers (1917-1967) est la plus grande écrivain sudiste de la première moitié du XXe siècle avec William Faulkner. Elle met en scène des personnages attachants, marqués par la solitude. Ils sont en quête d'un ailleurs mais cette poursuite se révèle souvent bien vaine.

Frankie Addams est un livre magnifique sur le passage difficile de l'enfance à l'âge adulte. A la fin de la Seconde guerre Mondiale, Frankie est une fillette de douze ans qui a grandi trop vite: elle mesure déja  1,64 m et est exclue par ses anciens amis.Souffrant d'un mal-être mystérieux,  elle rêve de quitter la petite ville sudiste dans laquelle elle se sent enfermée et de voyager à travers le monde.

Le récit raconte deux jours de la vie de Frankie , deux jours qui pourraient bien changer sa vie. Car son frère ainé va se marier demain et Frankie rêve de partir avec le couple pour parcourir le monde. L'essentiel du roman a pour cadre la cuisine d'une vieille maison sudiste: Frank livre à Bérénice, sa gouvernante noire, son désir de fuite et aussi sa conception du monde: pour elle, chacun devrait pouvoir changer d'identité, de nom à sa guise. Il s'agit donc de voyages à travers le monde mais aussi de voyages intérieurs: car, pour Mc Cullers, nous sommes d'abord prisonniers de nous-mêmes: identité définie, métier, ancrage dans un endroit précis. Bérénice expose sa condition de femme noire dans un pays inégalitaire. Il reste les rêves de chacun pour s'évader....

Le récit est construit autour des pensées intérieures, de la révolte de Frankie et des dialogues entre les personnages. Le mariage, événement qui pourrait changer la vie de Frankie occupe finalemement peu e place dans le roman.

Le charme de l'oeuvre repose sur les personnages attachants auxquels le lecteur s'identifie ( Bérénice et ses cinq maris et surtout Frankie , fillette de douze ans, mais à la maturité troublante) et également sur l'atmosphère sudiste du roman: présence de la musique jazz, des bars où se réunissent les soldats, présence attachante de la communauté noire (comme Big Mamma, la voyante qui tire les cartes à Frankie). Plus qu'une réflexion sur l'enfance, ce roman est une méditation sur le rapport à l'autre, le besoin de passer autre sa solitude pour se trouver un alter ego: comme le dit Frankie, son frère et sa belle-soeur sont "le nous à moi". De même, elle n'envisage pas de fuir sans personne. On retrouve le thème du chef d'oeuvre de Mc Cullers, Le coeur est un chasseur solitaire....

 
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7 août 2005 7 07 /08 /août /2005 00:00

Première publication en 1983

Inutile de rappeler que Nathalie Sarraute est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Traversant notre siècle (1900-1999) , elle a contribué à révolutionner la conception de la littérature avec la parution de Tropismes en 1939: les tropismes désignent de vagues mouvements de la conscience (colère, surprise) provoqués par les actions d'autrui. Elle abandonne toute narration classique (pas de chronologie, absence de personnages définis, pas d'histoire) au profit de petites séquences narratives racontant des mouvements de conscience, des états d'âme...

Pour découvrir son oeuvre, je vous conseille vivement la lecture d'Enfance : ce récit magnifique, facile d'accès par rapport aux autres récits de Sarraute, est cependant représentatif de sa conception de la littérature.

D'abord parce qu'elle renouvelle le genre autobiographique: la narration est assurée par l'écrivain et son double qui critique ce genre littéraire: il craint l'enjolivement et les méfaits de la mémoire; il a un rôle de modérateur pour éviter toute idéalisation de l'enfance. C'est une occasion pour Sarraute de critiquer ce genre et son souci de véracité.

Donc pas de récit chronologique de 2 à 12 ans par exemple. Il s'agit de soixante dix séquences qui ont pour point de départ des souvenirs-sensations.Chaque séquence explore donc les soubresauts de la conscience de la fillette:joie, frustration, tristesse provoqués par une phrase, une odeur, ces tropismes qui provoquent une réaction positive ou négative chez la petite Nathalie. Un ballon, l'odeur de l'herbe, un mot: Sarraute part de l'infiniment petit pour ensuite se remémorer ses souvenirs.

Le père, la belle-mère, la mère sont convoqués; ce sont eux en particulier qui sont à l'origine des tropismes: une phrase blessante ou au contraire un cadeau, une surprise...

Il y a des moments magiques propres à chaque récit de l'enfance : la description d'un lancé de ballons, la découverte de la nature et surtout la magie des paysages russes. Nathalie Sarraute, née en Russie, s'inspire de la tradition littéraire russe: Enfance de Tolstoï et de Gorki.

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5 août 2005 5 05 /08 /août /2005 00:00

ESPAGNE

Publié en 1942 (Prix Nobel de Littérature en 1989)

Voici l'oeuvre littéraire espagnole la plus lue au monde après Don Quichotte de Cervantès. Elle fit scandale à sa sortie en 1942 en pleine période franquiste et fut censurée pour immoralité.

Le roman est la confession d'un paysan rustre d'Estrémadure qui croupit en prison après avoir commis plusieurs meurtres: il peint son enfance malheureuse entre un père violent et une mère alcoolique, ses malheurs (la mort de son fils adoré...) jusqu'au meurtre final.

Camilo-José Cela veut d'abord mettre en scène la fatalité qui a marqué Pascal Duarte du signe de la mort; même lorsqu'il veut mener une vie saine, le destin en décide autrement.

Le titre choisi n'est d'ailleurs pas innocent: il s'agit de décrire avant tout le milieu dans lequel vit Pascal Duarte qui contribue à expliquer ses actes désespérés.

Si bien que le lecteur est partagé en l'horreur et la pitié: le lecteur ressent de la sympathie pour Duarte qui se confesse par écrit et trouve enfin la paix. Au fur et à mesure de son récit, Duarte fait ses digressions qui s'adressent au lecteur: souci de véracité, peur de mélanger les différents souvenirs...je pense que la fascination qu'exerce encore sur nous l'oeuvre repose sur le fait que c'est un paysan quasiment illettré qui s'adresse directement à nous. Nous sommes placés sans la peau d'un tueur et nous sommes amenés à penser et agir comme lui...

 

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1 août 2005 1 01 /08 /août /2005 00:00

Dernier tome du cycle des Rougon-Macquart (publié en 1893)

Emile Zola clôt sa saga par un roman rempli d'espoir: le grand écrivain du naturalisme, connu pour ses histoires sombres et ses personnages déchus (Gervaise dans L'assommoir, Jacques Lantier dans La bête humaine signe ici un beau roman d'amour.

Le docteur Pascal , spécialiste de l'hérédité, écrit une thèse sur l'atavisme, en prenant exemple sur sa famille: c'est l'occasion pour Zola de rappeler la généalogie des Rougon-Macquart et les tares de la famille héritées de l'ancêtre Jean Macquart, mort à l'asile de combustion interne ! Alors que les Rougon symbolisent l'ascension sociale (Voir son origine dans l'excellent La fortune des Rougon), les Macquart symbolisent la déchéance produite par l'alcoolisme: le docteur tend à affirmer que l'alcoolisme est une tare liée à l'hérédité.

Sa mère, Félicité Rougon, va lui interdire la publication d'une telle oeuvre qui pourrait assombrir la réputation de la famille. Au cours de ses travaux, le docteur sexagénaire va tomber amoureux de sa jeune assistante. Tous deux passionnés par la science, les sentiments vont peu à peu se muer en amour charnel. Malgré les risques liés à l'hérédité, ils vont faire un enfant....

Le docteur Pascal est bien sûr ici le double d'Emile Zola qui découvre tardivement les joies de la paternité avec sa maîtresse Jeanne Rouzerot. Comme Pascal, zola est aussi un écrivain savant qui base son oeuvre sur une étude de l'hérédité.

Contrairement à ce que l'on peut croire, le cycle des Rougon-Macquart est un hymne à la vie; les dernières pages sont magnifiques et compare la vie à une gigantesque rivière qui irrigue la nature; l'amour, synonyme de fertilité,  est rédempteur.

Zola nous livre également une belle réflexion sur le travail ou l'oeuvre d'un homme. Alors que ses travaux sur l'hérédité sont compromis par sa mère, le docteur se réfugie dans la paternité. L'enfant est alors une oeuvre à part entière. ...

Un roman à lire absolument pour éviter de faire un contresens sur une oeuvre majeure.

 

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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00

Gallimard Folio, 1972

Sanctuaire est l'oeuvre la plus scandaleuse du grand écrivain américain de la première moitié du XXe siècle. Ce roman l'a fait connaître du grand-public: En 1930, à l'apogée de la  prohibition, il met en scène des personnages alcooliques ou évoluant dans des bordels !!!

Le roman tourne autour du personnage féminin Temple Drake, jene fille de bonne famille qui s'évade un soir de son collège avec un jeune homme ivre; leur voiture s'échoue à proximité d'une vieille maison délabrée transformée en café tenue par un couple de noirs. Plusieurs personnages au bord de l'ivresse entrent alors en scène. Temple sera violée par l'énigmatique Popeye et un meurtre sera commis...

A la déchéance de la jeune Temple qui échoue dans un bordel de Menphis, se superpose l'enquête policière.Mais comme le montre très bien André Malraux dans la préface, le roman policier est finalement secondaire puisque le lecteur connaît déja l'assassin. Ce qui compte, c'est finalement la description de la déchéance des personnages et l'irruption progressive du mal: les protagonistes semblent être le jouet de la fatalité (d'où la célèbre phrase de Malraux: "C'est l'irruption de la tragédie grecque dans le roman policier".

Faulkner met en scène l'avocat , figure du bien voulant faire triompher la vérité, incarnation de la lutte contre la fatalité. Mais le pessimisme de l'oeuvre est telle que personne n'en ressortira indemne..

Sanctuaire est l'un des romans les plus abordables de Faulkner tout en présentant des techniques narratives très subtiles: la vie de Popeye n'est révélée qu'à la fin du roman. De même, la scène supposée du viol n'est décrite que lors du procès. Les chapitres se focalisent à tour de rôle sur le destin de Temple et de Popeye et sur celui de l'avocat. Même si au début, le lecteur peut être désorienté par la multiplicité des personnages, l'intrigue se ressere de plus en plus ce qui facilite la progression de la lecture.

En bref, un  roman riche mais abordable pour découvrir l'oeuvre de Faulkner.

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28 juillet 2005 4 28 /07 /juillet /2005 00:00

Plutôt que de parler du célébrissime Crime et Châtiment , j'ai choisi de vous parler des Frères Karamazov: ce roman foisonnant met en scène l'humanité toute entière et nous pouvons retrouver la psychologie de Raskolnikov , héros de Crime et châtiment dans l'un des personnages de ce roman.

L'intrigue est simple et tourne, tout comme C et Ch., autour d'une enquête policière: il s'agit de savoir qui de l'un des quatre frères a tué le père dépravé. Mais ce qui compte n'est pas temps l'intrigue policière que l'affrontement de caractères, la description de la psychologie des personnages; à eux quatre, les frères semblent décrirent les caractéristiques de l'espèce humaine. 

Ivan représente l'intellectuel sceptique qui énonce la célèbre citation: "su Dieu existe tout est permis". Aliocha, incarnation du bien, est le saint du roman; faisant ses études au séminaire, il veut être ordonné prêtre. Dmitri, double de son père avec qui il s'est affronté pour une histoire de femme et d'argent, incarne comme son père l'homme dépravé, ivrogne et violent. Le quatrième, fils illégitime, est le serviteur du vieux Fiodor.

Issus de mères différentes, les quatre frères qui ne se connaissent quasiment pas au début du roman, vont affronter leurs différentes conceptions de la vie.

A travers ces quatre personnalités, Dostoievski expose sa vision de l'humanité et de Dieu. L'épisode le plus célèbre du roman est sans aucun doute La légende du grand inquisiteur mettant en scène Jésus intérrogé par le tribunal de l'inquisition: Jésus a voulu apporter la liberté à l'humanité mais l'homme l'a condamné car il désire avant tout la sécurité et le bonheur. L'inquisition le condamne au nom de ce principe. Mais au dernier moment, le geôlier est gagné par la grâce et libère Jésus.....

Les Frères Karamazov permet au grand écrivain russe de développer sa conception de l'âme humaine: Dostoïevski s'incarne dans le personnage du saint Aliocha: pour lui, le scepticisme d'Ivan ainsi que le matérialisme socialiste sont à condamner: en effet, le socialisme censé satisfaire les besoins et le bien-être de l'humanité entraîne en fait une insatisfaction constante; l'homme est tenté d'obtenir toujours plus que ce qu'il a... Cela fait naître des personnages violents comme le vieux Fiodor qui sombre dans l'alcoolisme et le désir sexuel libidineux.

Au contraire, seul un retour à Dieu peut sauver l'humanité: dans le roman, Aliocha incarne cet espoir face à ses frères dépravés. L'intrigue peut nous montrer que l'humanité est définitivement condamnée mais les matérialistes et les sceptiques sont tous condamnés ... Pour Dostoievski, il existe bien un espoir de rédemption de l'humanité.

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3 juillet 2005 7 03 /07 /juillet /2005 00:00

Incontestablement le plus beau roman russe du vingtième siècle et l'un des plus beaux livres jamais écrit!

Roman exceptionnel qui vaut tout d'abord pour la richesse de ses thématiques et de ses inspirations: les relations entre Jésus et Ponce Pilate, la censure stalinienne dans les années 30-40, le diable et son chat Béhémot terrorisant les habitants de Moscou et surtout le mythe de Faust revisité dans la Russie de Staline ! Foisonnement des genres (romantisme, fantastique) et des tons (tragique et comique) sont au rendez-vous

Un écrivain, le Maître, écrit un roman sur Ponce Pilate mais n'arrive pas à le faire publier à cause de la censure stalinienne. Il vit dans un apparetement collectif, une maison des artistes, où le diable fait disparaître peu à peu les écrivains et les journalistes...

Avant d'être interné dans un hôpital psychiatrique, il tombe amoureux d'une jeune fille malheureuse en mariage, la belle Marguerite. Pour le sauver du désespoir et de la folie, elle va devenir une sorcière au service du diable, menant la vie dure aux censeurs de son bien-aimé...

Ce chef d'oeuvre mêle le plus beau des romantismes à un humour et à des scènes burlesques désopilantes:ainsi,  lediable Woland se transforme en prestidigitateur retirant les vêtements des spectateurs de l'Opéra de Moscou; les belles dames se retrouvent donc en dessous dans les rues glaciales de la ville!

Ce roman n'est pas une simple histoire d'amour comme le laisse entendre le titre; c'est une dénonciation acide de la censure stalinienne : la phrase la plus célèbre du roman : "Les manuscrits ne meurent jamais"affirme la toute-puissance de la littérature face à un pouvoir politique qui ne peut emprisonner l'esprit.

Le livre peut déstabiliser au début; en effet, les chapites font alterner la vie du Maître avec les épisodes du livre qu'il écrit sur Ponce Pilate. Mais une fois les premières pages passées, nous ne pourrer plus le lâcher !

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