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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 22:50

LITTERATURE FRANCAISE -1969

La Disparition

Gallimard, collection "L'imaginaire"

Voici l’une des œuvres les plus inventives de la littérature française du XXe siècle. George Perec était membre de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentiel), groupe d’écrivains (Jacques Roubaud, Raymond Queneau) qui a toujours mis la forme du texte, les jeux de langage au centre de leurs préoccupations. Donc, en 1969, Perec décide d’écrire un roman sans aucun E , la voyelle la plus répandue de la langue française ! (Sachez que cela s’appelle un lipogramme !). Et bien sûr il a décidé de ne pas avertir son lectorat !

 

Ce qui est génial, c’est que presque 40 ans plus tard, alors que ce livre a fait couler beaucoup d’encre, on croit lire une œuvre tout à fait normale ! C’est en cela que réside le génie de Pérec…L’intrigue, bien que fantaisiste, est tout à fait compréhensible. On remarque l’amour des mots avec les énumérations de légumes, de pays, de prénoms sans e. Deux ou trois fois, on remarque une soustraction de deux chiffres , genre cinq –trois pour dire deux, mais c’est la seule anomalie.

 

Ce qui est génial aussi, c’est que la disparition est à la fois dans la forme et aussi dans le thème ; pour vous résumer brièvement l’intrigue, La disparition met en scène le personnage Anton Voyl (Eh oui, bien sûr, il faut comprendre Antoine Voyelle !!!) qui disparaît de la circulation après avoir subit des nuits et des nuits d’insomnie. Ses amis partent alors à sa recherche. Mais peu à peu, ils disparaissent à leur tour… Quelle est l’étrange malédiction qui pèse sur ses personnages ? Sur 300 pages, vous rencontrerez une étrange pierre précieuse, une cantatrice et un prince albanais bien sanglant…Et vous aurez à la fin la solution de l’énigme à pas piquer des hannetons !

 

Cela nous fait penser une intrigue policière : enquête, énigme, mystère. George Perec nous donne certains indices :

 

L’intrigue et les personnages sont complètement déjantés, il y a de quoi y perdre son latin ! Parfois, on se sent un peu déconcertés, on n’y comprend pas grand-chose mais on y éprouve quand même beaucoup de plaisir. L’histoire est avant tout très ludique et c’est cela qui compte…

 

A noter à la fin des très belles citations de Jean Tardieu et Gérard de Nerval sur la vénération de la langue.

 

 

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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 10:58

ETATS-UNIS -1932

Editions Gallimard

Eskine Caldwell est un grand écrivain américain ayant écrit à la même époque que Steinbeck et Faulkner. Tout comme Steinbeck, l'action met en scène la pauvreté des paysans n'arrivant pas à vivre de leurs cultures.

Tout comme Faulkner, l'action se déroule dans le Sud maudit, terre de tragédie et de tous les péchés. Mais alors que chez Faulkner, le mal, la faute donnent lieu à une conscience coupable pleine de "bruit et de fureur", Caldwell choisit plutôt le ton de la farce burlesque. Il refuse le lyrisme de la tragédie pour créer plutôt une succession de saynètes où les personnages se retrouvent dans des situations scabreuses et caricaturales.

Le langage et les dialogues sont très simples , proches de ceux employés dans la vie quotidienne.

Dans La route au tabac, la famille Lester est l'une des seules à être restée cultiver en vain les champs de coton et de tabac de Géorgie. Leurs enfants et les autres fermiers sont partis à la ville s'engager dans les usines de filatures. La maison est complètement délabrée, on a rien à manger mais, coûte que coûte, on s'accroche à la terre. Jeeter, le père, espère en vain le crédit des marchands pour pouvoir obtenir de l'engrais mais il remet toujours au lendemain  ce qu'il peut faire le jour même. Il apparaît alos plutôt comme un pantin.

Les enfants sont partis, on ne sait même pas ce qu'ils sont devenus ! Pearl, la plus petite s'est mariée à 12 ans avec Lov, le voisin et Dude, le plus jeune, se fait embarqué par une bonne soeur évangéliste de 40 ans qui a touché l'assurance vie de son mari !

Dans cette terre de déréliction, même le physique des personnages est marqué par une tragédie. Ellie May, l'une des filles, reste célibataire car elle a un bec de lièvre. Bessie, la bonne soeur, n'a pas d'os dans le nez et a deux narines béantes !

Mais ces signes de tragédie virent bientôt au cocasse : pour avoir un sac de navets, le père donne sa fille au bec de lièvre à son gendre car la gamine de 12 ans refuse de se donner à lui. Dude, 16 ans, se marie avec la bonne soeur pour avoir une belle voiture....

Dans cette terre, on se préoccupe d'abord de la nourriture et des choses matérielles plutôt que de sa famille. La grand-mère est ainsi écrasée par la voiture sans que cela ne choque personne !

Ce roman est envoûtant. Par sa noirceur absolue, sa description sans états d'âmes, Caldwell nous ressuscite un Sud mythique où les personnages sont des marionnettes bouffonnes. On ne se révolte plus, on s'accommode avec ce que l'on a , on se débrouille en vendant ses enfants.

Beaucoup moins connu que Faulkner ou Steinbeck, Caldwell gagne vraiment à être connu pour la tonalité si particulière de ses romans. Pas de fioritures, pas de lyrisme,seulement une description brute des faits.

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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 11:49

ANGLETERRE, 1925

Voici l'un des plus grands romans qui a révolutionné la littérature du XXe siècle. Tout comme Ulysse de James Joyce, l'action se déroule sur une journée et nous plongeons dans l'intimité, dans la conscience du personnage.

Il y a quelques temps, j'avais lu "mon premier Virginia Woolf", Orlando, que j'avais vraiment adoré. J'ai donc eu envie de découvrir son oeuvre la plus connue !

Bref résumé: le roman décrit la journée de Clarissa Dalloway qui prépare une soirée mondaine. Elle part acheter des fleurs, c'est l'occasion pour l'auteur de décrire la vie quotidienne dans les rues londoniennes. Cette journée pas comme les autres va être marquée par le retour du premier amour de Clarissa, l'aventurier Peter Walsh, qui revient à Londres après un long voyage. L'occasion pour Clarissa de se rappeler sa jeunesse, de nous faire partager ses déceptions et ses regrets puisque Clarissa avait quitté Peter pour épouser le futur député Richard Dalloway. L'action repose sur les états d'âme des personnages dont les émotions sont le fil conducteur de l'intrigue. Pas de paragraphe ni de chapitre : c'est le changement d'une conscience à une autre, de la description de l'âme d'un personnage à un autre qui assure le rythme de l'intrigue.

Et c'est en ce point que ce roman est d'une modernité à toute épreuve. Sans établir d'intrigue traditionnelle, Virginia Woolf arrive à décrire des lieux, parler du contexte historique et du passé en examinant les consciences des personnages.

Ma plus grande surprise a été d'ailleurs de découvrir qu'il n'y avait pas qu'une seule conscience, celle de Clarissa ! Il y a deux personnages masculins très importants, dont Virginia Woolf explore également l'intériorité : Peter Walsh, le premier amour de Clarissa, qui va cristalliser tous ses remords ; il incarne le romanesque, l'aventure, à l'opposé de son époux qu'elle a choisi pour s'assurer une place dans la bonne société. Il y a également Septimus Warren Smith, un ancien soldat de la guerre de 14-18, qui n'arrive pas à surmonter la mort de son meilleur ami à la guerre et qui sombre dans la folie.

Ces deux personnages masculins incarnent à eux seuls deux facettes de la personnalité de Clarissa : la tentation du romanesque d'un côté et de l'autre, la tentation de la mort, du suicide. L'intrigue évolue également grâce à ces deux hommes : Peter Walsh revient et déclenche les souvenirs de Mrs Dalloway, Septimus Warren Smith se suicide; ce suicide est annoncé lors de la soirée mondaine par un médecin; alors qu'elle ne connaît pas cet homme ; mais son refus de la vie engendre des réflexions très émouvantes sur la personnalité de Clarissa ; pour elle, Septimus est allé au bout des choses alors qu'elle n'a fait que pactiser avec des faux-semblants. Il incarne cette pulsion de mort qui fascine tant Clarissa et son auteur Virginia.

Les pages décrivant les hallucinations, la folie de Septimus sont pour moi les plus belles du roman: elles décrivent avec brio la fusion avec la nature, le désir d'écriture, l'incompréhension des médecins de de toute la société. Woolf y parle bien sûr de sa propre expérience d'internement et de suicide. Ces passages sont de véritables poèmes; ce soldat dépressif est pour moi le personnage le plus émouvant du roman.

Ce que je retiens également c'est la capacité qu'a Virginia Woolf de mêler l'intériorité à toute une description minutieuse de la société de l'époque : on revit le traumatisme de la Première Guerre Mondiale et le début du déclin de l'Empire Britannique à travers les conversations ; en même temps, on est au coeur de l'essence  romanesque avec le personnage Clarissa qui, au coeur d'une soirée mondaine, explore les méandres du souvenir et de la mort.

Un livre bien sur indispensable à lire pour découvrir la véritable oeuvre; ce qui l'on peut dire ou lire sur cette oeuvre est bien trop réducteur !

 

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 17:42

ALLEMAGNE -1926

Editions Grasset, "Les cahiers rouges"

Klaus Mann (1906-1949) est le fils du grand Thomas Mann, l'auteur de La mort à Venise et de La montagne magique. Tout comme son père, il quitta l'Allemagne au moment de la montée du nazisme et parcourut l'Europe (dont la France où il rencontre Gide et Cocteau) et les Etats-Unis. Menant une vie de bohème tout en se faisant le porte-parole de l'émigration allemande, mêlant drogue et dépression, il se suicida à Cannes en 1949.

Ce premier roman, écrit à 20 ans en 1926, est le symbole de la "génération perdue", celle qui vécut sa jeunesse entre les deux guerres mondiales. Tout au long du livre, le narrateur s'interroge sur le sens à donner à la vie alors que l'apocalypse a été vécue. Comment construire quelque chose alors que la jeunesse se complaît dans le désespoir et que leurs ainés ont tout réussi?

Ce roman s'annonce comme une prophétie car il annonce en 1926 le second cataclysme qui s'abattra sur l'Europe. La danse pieuse est une métaphore du chemin qu'il faut parcourir pour donner sens à sa vie. L'expression évoque également le tableau peint au début par le héros du roman, Andreas Magnus, un tableau représentant des enfants dansant autour de la figure christique.

Ce titre fit scandale en 1926 car Klaus Mann y évoque ouvertement son homosexualité, son amour pour un "gigolo" nommé Niels.

Les aventures d'Andreas Magnus sont fortement inspirées de celles de l'auteur. Andreas Magnus est un jeune peintre expressionniste qui n'arrive pas à trouver sa place par rapport à ses aînés. Il préfère quitter le domicile paternel et s'installe alors dans les bas-fonds du Berlin décadent des années 20. Il y fréquente des chanteuses, des travestis dans des cabarets louches. Il se produit lui-même dans ces night clubs et va tomber amoureux de Niels, un bel éphèbe blond, qui va devenir le gigolo de toute la clientèle. Il va suivre ce dernier jusqu'à Paris où se réunit toute la bohème internationale.

Klaus Mann brosse ainsi avec brio la société allemande décadente des années 20, celle de la République de Weimar ; on se croirait dans un tableau d'Otto Dix. Les personnages sont tous très pittoresques et attachants. Cette jeunesse s'engouffre dans les plaisirs effrénées alors que Man prophétise la disparition progressive de l'art au profit de l'argent.

On admirera également la référence constante à la divinité. Au début, Andreas fait un rêve merveilleux où la vierge lui refuse son chapelet car il n'a pas encore assez souffert. A la fin, la figure divine semble s'être humanisée en la personne de Niels (sur la photo duquel il dépose le chapelet).

Y a t-il déréliction? La réponse n'est pas nette :même si cette oeuvre annonce le cataclysme prochain, la conclusion semble appeler au maintien d'une croyance :

"Je n'aime pas regarder le futur et le futur ne m'intéresse pas. Si je m'y laisse parfois entraîner, j'ai une sombre vision de l'art et de ses conditions d'existence au cours des prochaines décennies. J'ai une vision aussi sombre du rêve, grand et profond, d'une humanité moralement libre, pensive et sereine, un rêve que font les meilleurs d'entre nous. Le trouble de ce temps est puissant, peut-être aucune époque autant que la nôtre n'a eu conscience d'être aussi troublée, d'être à ce point entraînée vers on ne sait où. Ce que nous savons le moins, c'est vers va nous conduire cette grande danse. ...Nous ne pouvons rien savoir de la solution de ce trouble, peut-être cette solution est-elle justement le grand abîme, une nouvelle guerre, un suicide de l'humanité; ...Puisque nous sommes des danseurs sans but, nous célébrons la vie comme une pieuse cérémonie et nous ne pensons pas que nous pourrions aller vers ce qui est bon, vrai, solide. ...Une fête ne doit pas être quelque chose d'étourdi, d'approximatif, ni vide de pensée. Nous gardons dans nos coeurs ce qui est le sens d'une telle fête. Il me semble donc que ce n'est pas une fête frivole, une plaisanterie d'enfant, c'est plutôt un jeu grave, une aventure pieuse"

Un texte indispensable pour comprendre la période de l'entre-deux guerres...

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17 mars 2007 6 17 /03 /mars /2007 12:17

ALLEMAGNE  - 1924

Je continue l'exploration de l'un des mes écrivains classiques préférés, Hermann Hesse. J'avais déjà fait un article sur Le loup des steppes, l'un des livres qui m'a le plus marqué dans ma vie.

Voici maintenant Siddharta, une sorte de conte philosophique. Hermann Hesse, fortement influencé par les religions orientales, nous plonge dans l'Inde du VIe siècle avant notre ère (nous y rencontrons Bouddha) : Siddharta, fils de brahmane, est un jeune homme admiré par tous pour son intelligence et sa sagesse. Mais, éternel insatisfait, il est à la recherche constante de son "moi", de la âme.

Il va donc rompre les amarres et chercher sa propre voie. Siddharta signifie d'ailleurs en sanscrit "celui qui accomplit son but". Il va donc quitter la vie brahmanique pour devenir un Samana, un pèlerin qui vit dans les bois dans une extrême pauvreté et pratiquant le jeûne. Il comprend peu à peu qu'il s'éloigne de lui-même et entend parler d'un sage, le dénommé Gotama, le futur Bouddha. C'est alors qu'il le rencontre et qu'il écoute sa doctrine ; bien qu'il soit émerveillé, il se refuse à suivre toute doctrine, à toute loi d'un maître; car c'est en lui-même qu'il doit trouver l'illumination et non en la connaissance...Il va donc poursuivre sa route et découvrir la vraie vie, le Samsara : le monde des humains, l'agitation, l'instabilité, la vanité de l'existence...

Voici l'exemple le plus parfait du conte initiatique : Siddharta rejette toute influence extérieure pour trouver son âme. Pour lui, la paix n'est pas dans la connaissance mais bien dans une révélation intérieure. Rien ne se transmet, tout se ressent, se vit.

Tout comme dans Le loup des steppes, on retrouve la conception de l'homme chère à Hermann Hesse : l'homme n'est pas un mais une multiplicité de possibles. D'ailleurs, on découvre de très belles métaphores de la condition humaine : il y a l'étoile qui suit tout droit son chemin (c'est le cas des bouddhistes), il y a la feuille qui vole et qui tournoie sans arrêt avant de se poser au sol; puis il y a le fleuve, symbole de l'Unité, qui est Un d'amont en aval, qu'il soit ruisseau, torrent ou mer.

Pour les amateurs de l'Orient, on y découvre toute les "notions" de l'hindouisme et du bouddhisme. A noter cependant que ce n'est pas une oeuvre bouddhiste puisque Siddhartha rejette toute doctrine; c'est au contraire une profession de foi très individualiste comme quoi il faut suivre son propre chemin pour trouver la paix intérieure. L'homme est Un et Tout en même temps, il n'est pas l'instrument d'un conflit entre le Nirvana et le Samsara.

On peut également considérer ce livre comme un beau voyage vers un ailleurs géographique et temporel, matériel et spirituel.

Une très belle histoire, sous la forme d'un conte, en plus d'une belle conception de la vie.

Voici les extraits les plus marquants :

« Le savoir peut se communiquer, mais pas la sagesse. On peut la trouver, on peut en vivre, on peut s’en faire un sentier, on peut, grâce à elle, opérer des miracles, mais quant à la dire et à l’enseigner, non, cela ne se peut pas. …

 

Le contraire de toute vérité est aussi vrai que la vérité elle-même ! Je l’explique ainsi : une vérité, quand elle est unilatérale, ne peut s’exprimer que par des mots ; c’est dans les mots qu’elle s’enveloppe. Tout ce qui est pensée est unilatéral et tout ce qui est unilatéral , tout ce qui n’est moitié ou partie, manque de totalité, d’unité. Et pour le traduire, il n’y a que des mots. Quand le sublime Gotama parlait du Monde dans son enseignement, il était obligé de le diviser en Sansara et en Nirvana, en erreurs et en vérités, en souffrance et en délivrance. ….Mais le monde en lui-même, ce qui existe en nous et autour de nous, n’est jamais unilatéral. Un être humain ou une action n’est jamais entièrement Sansara ou entièrement Nirvana, de même que cet être n’est jamais tout à fait un saint ou tout à fait un pécheur…..

 

Fait bien attention ! Le pécheur que je suis et que tu es, reste un pécheur ; mais un jour viendra où il sera brahma, où il atteindra le Nirvana, où il sera Bouddha, mais, prends-y garde : ce un jour est une illusion, ce n’est que manière de parler ! Le pécheur ne s’achemine pas vers l’état du Bouddha, il n’évolue pas, quoique notre esprit ne puisse se représenter les choses d’une autre façon. Non, le Bouddha à venir est maintenant, il est aujourd’hui en puissance dans le pécheur, son avenir est déjà en lui, tu dois déjà vénérer en lui, en toi, ce Bouddha en devenir, ce bouddha encore caché. Le monde, ami Govinda, n’est pas une chose imparfaite ou en voie de perfection, lente à se produire : non, c’est une chose parfaite et à n’importe quel moment.

 

C’est pourquoi j’ai l’impression que ce qui est, est bien. Je vois la Mort comme la Vie, le péché comme la Sainteté, la prudence comme la folie, et il doit en être ainsi de tout ; je n’ai qu’à y consentir, qu’à le vouloir, qu’à l’accepter d’un cœur aimant »

 

A méditer longuement...

 

 

 

 

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 22:35

Nouvelle publiée en 1884

Comme beaucoup de monde, j'ai regardé les téléfilms de France 2 consacrés aux nouvelles de Guy de Maupassant. J'ai particulièrement été touchée par La parure. Je connaissais ce titre mais sans en connaître l'histoire...

C'est une cruelle histoire qui met en scène la frivolité et la force du paraître. Nous sommes dans un milieu de petits fonctionnaires : le mari est invité à une soirée donnée chez Monsieur le Ministre. Mais sa femme est gênée car elle n'a pas assez d'argent pour bien s'habiller. Le mari dévoué lui offre une belle robe avec l'argent qu'il dédiait à l'achat d'un fusil. Et la jeune femme emprunte une belle parure à une amie. Mais au cours de la soirée, elle perd la parure...

Je vous laisse découvrir le texte (si ce n'est déja fait !) et sa chute si cruelle et si innattendue !

http://maupassant.free.fr/textes/parure.html

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 20:10

Editions Gallimard, 1966

Thérèse et Isabelle

Voici l’un des textes fondateurs de la littérature féminine de la seconde moitié du vingtième siècle. Violette Leduc, souvent considérée comme le « Jean Genet » au féminin, figure maudite des lettres contemporaines, est encouragée à écrire par son amie Simone de Beauvoir qui l’aidera plus tard à la faire éditer. Elle préfacera d’ailleurs son plus célèbre titre, La bâtarde en 1965.

 

Thèrèse et Isabelle est en fait le premier chapitre de son premier roman Ravages édité en 1955. Mais ce texte fut censuré à l’époque par Gallimard pour évoquer de façon scandaleuse la sexualité lesbienne de deux adolescentes.

 

Ce n’est après le succès de La Bâtarde en 1965, dix ans plus tard, que Thérèse et Isabelle est publié. Elle intégrera d’ailleurs une partie du récit dans La bâtarde. Mais il faut quand même attendre 2000 pour que ce texte soit publié dans son intégralité !

L’intrigue est on ne peut plus simple : nous sommes dans un pensionnat de jeunes filles dans les années 50. La mère de Thérèse vient de se remarier et met sa fille en pension. Thérèse découvre la promiscuité des dortoirs. A côté d’elle, dort Isabelle, 18 ans. Elles vont vivre ensemble une expérience passionnelle….

 

Il est vrai qu’en 1955, la description si fine de la sexualité a dû bouleverser le monde de l’édition ! Mais lorsque nous le lisons aujourd’hui, nous ne ressentons à aucun moment une quelconque vulgarité dans le texte. Bien au contraire, Violette Leduc érige le sexe en poème. Les images, les métaphores sont vraiment de toute beauté : elles évoquent le monde de la nature et le champ lexical de la divinité. Le corps féminin devient un poème en prose. Inutile de disserter plus longtemps ! Laissons la parole à Violette Leduc !

 

Le corps de Thérèse

 

«  Que ne puis-je me reproduire mille fois et lui donner mille Thérèse. Je ne suis que moi-même. C’est trop peu. Je ne suis pas une forêt. Un brin de paille dans mes cheveux, un confetti dans les plis de mon tablier, une coccinelle entre mes doigts, un duvet dans mon cou, une cicatrice à la joue m’étofferait. Pourquoi ne suis-je pas la chevelure du saule pour sa main qui caresse mes cheveux »

 

 

La caresse

 

« La main déshabilla mon bras, s’arrêta près de la veine, autour de la saignée, forniqua dans les desseins, descendit jusqu’au poignet, jusqu’au bout des ongles, rhabilla mon bras avec un long gant suédé. …..La main se promenait sur le babillage des buissons blancs, sur les derniers frimas des prairies, sur l’empois des premiers bourgeons. Le printemps qui avait pépié d’impatience dans ma peau éclatait en lignes, en courbes, en rondeurs. Isabelle allongée sur la nuit enrubannait mes pieds, déroulait la bandelette du trouble… La pieuvre dans mes entrailles frémissait, Isabelle buvait au sein droit, au sein gauche. Je buvais avec elle, je m’allaitais de ténèbres quand sa bouche s’éloignait…..

 

Je conduisis la main jusqu’aux larmes rares de la joie. Sa joue hiverna au creux de l’aine. Je braquai ma lampe de poche, je vis ses cheveux répandus, je vis mon ventre pleuvant la soie…. »

 

 

La défloration

 

« Le doigt royal et diplomate avançait, reculait, m’étouffait, commençait à entrer, vexait la pieuvre dans mes entrailles, crevait le nuage sournois, s’arrêtait, repartait, attendait près des viscères. Je serrais, j’enfermais la chair de ma chair, sa moelle et sa vertèbre. Je me dressai, je retombai. Le doigt qui n’avait pas été blessant , le doigt venu en reconnaissance sortait. La chair le dégantait »

 

 

L’union

 

La chair polissait mon doigt et mon doigt polissait la chair d’Isabelle. Le mouvement se fit sans nous : nos doigts rêvaient. J’assouplis les trépassés, je fus ointe jusqu’aux os avec les huiles païennes…..

 

Infiltrations de langueur, lézarde de délices, marécages de sournoiserie. Les feuilles de lilas déroulaient leurs douceurs, le printemps se mettait à l’agonie, la poussière des morts dansait dans ma lumière. …

 

Je me détachais de mon squelette. Je flottais sur ma poussière….Nous avons oublié notre doigt dans l’ancien monde, nous avons été béantes de lumière, nous avons eu une irruption de félicité. Nos jambes broyées de délices, nos entrailles illuminées…

 

Le voile m’effleura sous la plante du pied, le doigt tourna dans du soleil blanc, une flamme de velours se tordit dans mes jambes. Venu de loin, le voile s’en alla plus loin. Marcher sur les flots…Je sais ce que cela veut dire sur le fleuve de mes cuisses. J’avais été frôlée par l’écharpe de la folie qui ne s’arrête nulle part, j’avais été broyée autant que caressée par une crampe de plaisir.

 

Repos, divin couvre-feu. La même mort dans l’âme et dans le corps. Oui, mais la mort avec une cithare, avec une praline dans le crâne. Notre silence : le silence pervenche des cartes du ciel. Nos étoiles sous nos paupières : des petites croix.

 

Je portais l’enfant le plus ressemblant qu’elle pût me donner d’elle : je portais l’enfant de sa présence.

 

…Elle m’a donné le bras et nous nous sommes promenés entre la Petite Ourse et la Grande Ourse sur la carte du ciel »

 

Bonne lecture d’un auteur encore trop méconnu….

 

 

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 21:49

Edité à la Nouvelle Revue Française (NRF) en 1925

Pierre Jean Jouve (1887-1976)

Pierre-Jean Jouve, écrivain encore trop méconnu du grand public, est pourtant l’un des plus grands écrivains du 20e siècle. Son œuvre, empreinte de mysticisme et placée sous l’égide d’Eros et Thanatos (influence de la psychanalyse), est un bijou rare mais pas forcément inaccessible. La preuve en est l’un de ses romans les plus connus, Paulina 1880.

Sous ce titre énigmatique, l’auteur désigne son héroïne, Paulina Pandolfini, un jeune aristocrate italienne de la fin du 19e siècle, qui a tué son amant en 1880.

Ce livre est le portrait de cette jeune femme partagée entre l’amour humain et l’amour divin. On pense à la mystique de Sainte Thérèse d’Avila ; Paulina désire un lien direct avec Dieu et le Christ ; le récit alterne d’ailleurs les chapitres racontés par la narrateur et les chapitres qui sont de véritables journaux intimes, des monologues intérieurs de la jeune femme qui nous livre sa flamme, son amour divin ou charnel.

Même si vous êtes totalement athée comme moi, vous serez happés par le charme du personnage.

Le charme de ce titre réside d’abord dans sa tonalité doucement surannée. Paulina adolescente s’éveille à la sensualité (de sublimes pages où elle s’adresse à ses seins !). Elle tombe amoureuse du Comte Michele Cantarini tout en le cachant à son père. De belles pages sont consacrées aux rencontres secrètes entre les deux amants lorsque Paulina dérobe la clé qui ferme sa chambre sous l’oreiller de son père endormi ! La mort du père survient alors que Paulina n’a pas pu révéler la vérité à son père ; il en ressort une mystérieuse culpabilité qui conduit Paulina au couvent….Nous n’y croyons pas une seconde, c’est très démodé, mais c’est tellement beau et bien écrit que le lecteur est vite sous le charme…

J’ai adoré la sensualité de l’écriture où déborde la passion de Paulina. Cette dernière prône la relation directe avec Dieu, au grand dam des supérieures du couvent qui préconise le respect de la règle et le refus des mortifications. Le discours adressé à Dieu ou au christ, très sensuel et très simple en même temps, est finalement le même que celui adressé à l’amant interdit.

Et puis il y a de magnifiques descriptions consacrées à l’Italie, ses paysages et son atmosphère sensuelle : les champs d’oliviers, les jeux de lumière, les collines méditerranéennes…

L’œuvre de Pierre-Jean Jouve est vraiment une petite perle à découvrir. Je vais m’empresser de lire son œuvre poétique (plus connue que sa prose) à travers le recueil Noces, Sueur de sang

 

Les noces suivi de Sueur de sang

 

 

 Des extraits :

Paulina et son corps : «  Et moi, ne suis-je pas plus belle ? Doux seins, doux petits seins, je vous enferme mais dans cette robede soie d’argent on peut, on peut vous deviner. Qu’ils cherchent : Qu’ils devinent ! Je veux être pure. Pure. J’aime la glace et l’acier. Je serai pure comme la glace et l’acier. Je n’aurais plus de corps. Au père Bubbo, j’ai dit : pourquoi ne serais-je pas un ange ? Sans corps, sans douleurs, sans désirs, à force d’exercer et d’endurcir mon esprit ? »

 L’Italie « Vue de Torano ; les quais avec les arcades, les maisons roses, les toits couverts de colombes. Les rides de l’eau, la gaze vaporeuse sur l’eau, les sabres clairs dans l’eau, les barques avec leurs bâches posées sur les arceaux ronds et les deux rameurs debout, les solides gaillards dans la chaleur qui chantent sur quatre ou cinq notes ; le petit village est en lignes droites et pures, il paraît merveilleusement jaune, les barques sont rangées, il est midi, non c’est le soir, les bouquets jaunes ou rouges éclatent, les lauriers roses, l’église est très haute dans le ciel qui est un peu vert à cause des montagnes, tout cela est enfantin ; le comte tient la main de Paulina dans les ruelles tout à fait semblables à des crevasses entre les maisons. »

 La mystique « C’est ainsi que j’entre en Toi O Roi mon Dieu agonisant. Ecoutez, mes sœurs. Moi mes oreilles sont crevées. Je suis sans nourriture, paralysée. …..Au bout de la route en or il n’y aura plus que mes ossements, au bout de la route d’éther, il n’y aura plus qu’un tout petit souffle, formé d’aurore, c’est mon âme, j’ai été Blandine ou Paulina…attire-la, mon Dieu immense, attire-la, respire là et reçois-la »

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21 février 2007 3 21 /02 /février /2007 18:42

Titre paru en 1936

Editions Gallimard Folio

Ce gros roman (600 pages) est la deuxième oeuvre de Céline après Voyage au bout de la nuit. On a reparlé beaucoup de ce roman avec la sortie de son adaptation en bande dessinée par Jacques Tardi (que je n'ai pas lue).

Mort à crédit est le récit autobiographique de l'enfance et de l'adolescence de Ferdinand. Ce dernier grandit dans le second arrondissement de Paris, dans le quartier des petits commerçants qui périclitent peu à peu. Ses parents sont de modestes boutiquiers qui s'endettent pour assurer un avenir décent à leur chérubin. Mes le Ferdinand en question fait des siennes, couche avec les patronnes, se fait escroquer et se fait renvoyer de tous ses postes. Tout le roman est constellé d'échecs, de mort, de noirceur. Après une échappée à Londres où tout périclite également, Ferdinand se lie avec un inventeur loufoque qui est un escroc.

Ce roman est une véritable descente dans la boue et dans la violence. Des passages sont une accumulation de détails morbides : la jambe de la mère de Ferdinand qui s'infecte, la cervelle de l'inventeur qui explose après son suicide....Mort à crédit est un véritable cri de haine et de désespoir : le style inimitable de Céline est fondé sur l'emploi de phrases très courtes, ponctuées de points de suspension et d'exclamation.

Céline invente la littérature fondée sur l'oralité ; l'oeuvre littéraire n'est plus un objet sacralisé, poétique mais une émanation de la "merde" du monde. Jurons, argot, insultes, scatologie : voici les fondements de l'écriture de Céline qui révolutionna l'écriture romanesque dans les années 30.

Même si je ne suis pas forcément sensible à ce genre d'écriture, il faut reconnaître le caractère très novateur de ce style. Des écrivains contemporains se réclament d'ailleurs de leur ancêtre : on peut citer par exemple la Prix Nobel Elfriede Jelinek ou la française Lydie Salvayre.

Ce que j'ai préféré dans ce roman, c'est la description du Paris du début du siècle : nous sommes littéralement immergés dans un monde d'innovations techniques ( l'Exposition Universelle de 1910, le début de l'électricité). Parallèlement, le monde des petits commerçants disparaît peu à peu : le titre Mort à crédit désigne l'endettement des boutiquiers qui se plient en quatre pour pouvoir subvenir à leur besoin.

Etes-vous fan de Céline ? Avez-vous lu la BD de Tardi ?

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 17:50

Ouvrage écrit en 1938

Mangeclous

Editions Gallimard Folio

Je continue ma "dévoration" de l'oeuvre sublime d'Albert Cohen. Après l'émouvant Livre de ma mère, le sublime Belle du seigneur, voici le comique et grotesque Mangeclous.

Je vous demandais il y a quelques jours des exemples de livres drôles, en voici un de taille !

Mangeclous est en fait l'un des cousins du héros de Belle du Seigneur, Solal. On sait que celui-ci est devenu sous-secrétaire général de la Société des Nations à Genève. Une belle ascension pour ce fils de juifs de Céphalonie.

Dans cette île grecque, les cousins et oncles de Solal, surnommés "les Valeureux" reçoivent un télégramme mystérieux de Suisse : un message codé qui ressemble à une chasse au trésor ! Et lorsque l'on parle d'argent dans le milieu juif, ce n'est pas une mince affaire ! Jugez-en plutôt par la description des quatre Valeureux : Mangeclous, un épicurien insatiable et mythomane de première qui se racle les dents avec des clous, Sartiel, l'oncle de Solal, l'inventeur fou, Salomon, le timide qui apprend à faire la brasse dans une bassine et Mathiathias, le timoré. Sans oublier Rachel, la femme de Mangeclous, ogresse hypocondriaque de 120 kilos, qui passe sa vie à répertorier ses médicaments ! Il y a aussi l'ami de Mangeclous, un marseillais coureur de jugons et très mythomane !

Voila donc notre folle équipe partie pour une grande épopée burlesque qui les mènera de Grèce en Suisse ; car Solal, le futur amoureux d'Ariane est bien sûr derrière tout ça ! Première étape : le décryptage du message. Deuxième étape : départ pour la Suisse et choc des cultures entre les emphatiques juifs orientaux et les austères Genevoix .....Puis réception du magot !

Ce livre est un véritable chef d'oeuvre ! Il y a tout d'abord le langage qui imite au plus près les accents : celui du juif oriental ou celui du marin marseillais.

Il y a ensuite le grotesque, le caractère bouffon des personnages et de l'intrigue. Cohen parodie l'épopée lorsqu'il décrit les quatre cousins partir à la recherche d'une banque suisse bien sûre qui leur abriterait leur magot caché dans un sac de poireaux et de carottes...Ou bien encore lorsque les quatre héros crient pouvoir fonder une république juive ....

Mais c'est dans la description des personnages que réside toute la bouffonnerie. Et le plus génial, c'est que Cohen installe ce grotesque en 1936, en évoquant la menace hitlérienne sur les juifs. Mangeclous se dit à la fois sioniste, fasciste et communiste selon le contexte ! De même, Cohen insiste sur le tragique de toute ascension sociale (comme dans Le livre de ma mère) : Solal se cache de tout le monde car il a honte de ses cousins.

Il y a un côté rabelaisien dans le personnage de Mangeclous : tout d'abord son appétit féroce ( il n'hésite pas à dévorer une pot de marmelade devant ses enfants en les privant de nourriture !), sa tendance scatologique (son discours mémorable sur l'absurdité de la poésie amoureuse : il imagine le comte Wronsky se cachant d'Anna Karénine pour rôter et faire des vents !!!!) et sa verve insatiable.

A préciser que je lis Albert Cohen dans le plus parfait désordre : il faut commencer par Solal (' l'ascension de Solal) puis vient ensuite Mangeclous et enfin Belle du seigneur.

Je ne résiste pas à vous faire part de plusieurs extraits :

Mangeclous et l'amour

" Qu'il vienne le romancier qui montrera le prince Wronsky et sa maîtresse adultère échangeant des serments passionnés et parlant haut pour couvrir leurs borborygmes et espérant chacun que l'autre être seul à borborygmer. Qu'il vienne, le romancier qui montrera l'amante changeant de position en se comprimant subrepticement l'estomac pour supprimer les borborygmes tout en souriant d'un air égaré et ravi. Qu'il vienne, le romancier qui nous montrera l'amant, prince wronsky et poète, ayant une colique et tachant de tenir le coup, pâle et moite, tandis que l'Anna lui dit sa passion éternelle."

L'appétit gargantuesque

" Grâces soient donc rendues à la Société des Nations dont je comprends maintenant l'utilité et le rôle humanitaire. Ce n'est pas Société des Nations qu'il faut dire, mais Satisfaction des Nourris et Satiété du Nombril et Saturation de Nouilles ! Seigneur amphitryon, dispensateur de voluptés alimentaires et de festins gustatifs de la langue et du gosier, je n'oublierai jamais ce grand jour où j'ai absorbé, résorbé, avalé, croqué, grignoté, dévoré, goûté, happé, gobé, bâfré, consommé jusqu'à gonflement dangereux des parois stomacales et dilatation suprême. de votre munificence j'ai subsisté, brouté, ruminé et vécu et me suis rempli à la satisfaction des entrailles et papilles linguales et me suis réellement et véritablement régalé, restauré, repu, rassasié, assouvi, gorgé, gavé, empli et sustenté. Oh, je penserait toute ma vie à de telles résorptions et intussusceptions ! Certes, je m'en suis glissé en mon tuyau digestif, et mon estomac en restera farci jusqu'à la fin de ses jours. ...Au nom de mon estomac adoré, merci ! Et je vais m'asseoir non sans avoir crié alléluia de tous mes intestins satisfaits !"

Vite, dévorez-le !!!!

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