Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
  • Contact

Bienvenue sur mon Blog !




Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

Recherche

25 octobre 2005 2 25 /10 /octobre /2005 00:00

Editions Sabine Wespieser - Rentrée littéraire 2005

Ce livre a été très remarqué par la critique lors de la rentrée littéraire. Bien que je reconnaisse l'originalité de la démarche et une écriture assez poétique, je n'ai pas été totalement emballée...

Michèle Lesbre adopte la même démarche que Proust avec sa madeleine: au cours d'un déménagement, elle retrouve la montre de son père mort depuis de nombreuses années. Pour la montre, le temps s'est arrêté ; mais la petite trotteuse continue à marcher et à défier le temps.C'est alors que les souvenirs ressurgissent...

La petite trotteuse désigne également la narratrice, éternelle vagabonde, qui parcourt la France pour visiter des mystérieuses maisons. Elle ne les achète pas mais en prend possession une journée, s'installe dans les pièces car souvent, les murs sont les miroirs du passé.

C'est alors l'occasion d'une réminiscence du passé: une enfance difficile entre son père et sa mère qui ne s'entendent pas. Sa mère est très distante mais elle éprouve pour son père une étrange fascination. Pourtant, étant mort prématurément,elle l'a très peu connu.  Elle voudrait retrouver à travers le temps cette intimité perdue.

Nous comprenons alors tardivement que les visites des maisons sont un moyen de retrouver l'âme disparue de son père. La narration subtile oscille entre le présent vagabond et les souvenirs du passé.

Je m'attendais à quelque chose de plus dynamique et de plus poétique. Malgré l'intérêt du sujet, je n'ai pas réussi à m'identifier totalement au personnage.

L'avez-vous lu? Qu'en pensez-vous?

Repost 0
24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 00:00

Etant donné que je suis bibliothécaire, je recours énormément à la presse littéraire: Le magazine littéraire, Lire, La quinzaine littéraire, Le matricule des anges.... mais aussi à la presse généraliste où il y a beaucoup de conseils avisés de lecture....

Mais je ne refuse pas non pus les coups de coeur de mes amis ou de mes collègues !

Et vous?

Lisez-vous la presse littéraire?

Préférez-vous fureter en librairie et tomber par hasard sur un super livre?

Ou pratiquer vous le plus souvent le bouche à oreille?

Repost 0
Published by Sylvie - dans Et vos lectures
commenter cet article
24 octobre 2005 1 24 /10 /octobre /2005 00:00

Date de publication: 1974

 

 Albert Cohen, l'auteur du célèbre Belle du seigneur signe ici un roman bouleversant en forme d'hommage à sa mère disparue.

 Le narrateur (Albert Cohen parle sans aucun doute de sa propre mère) exprime sa douleur insoutenable après le décès de sa mère: il fait de cette femme une sainte. La mère, juive émigrée de Corfou à Marseille, est l'image même du dévouement, de l'abnégation. Petite femme simple et boulotte, elle n'a aucune vie sociale puisque ses origines étrangères la retranche de la bonne société marseillaise. Elle n'a pas d'instruction et passe ses journées aux fourneaux et au ménage. Elle n'a qu'un unique amour: son fils pour lequel elle sacrifie tout.

 Par son écriture magique, le grand écrivain qu'est Albert Cohen sanctifie, déifie cette petite femme au coeur simple. Il nous conte son quotidien fait de petites choses bien anodines mais si précieuses pour un fils.

Son roman est un pardon adressé à cette mère dévouée qu'il a trop souvent délaissée. Car Cohen a quitté  Marseille à 15 ans pour faire carrière dans la diplomatie à Genève. Ambitieux, il a eu tendance à renier un jour ses origines en rabrouant sa mère qui avait téléphoné dans une soirée mondaine pour savoir s'il n'était pas arrivé quelque chose à son fils ...Cohen revient à plusieurs reprises sur cet événement fâcheux qui provoque sa culpabilité: sa mère avait imploré son pardon en larmes; il considère alors sa douleur comme un juste châtiment.

Ce roman s'adresse alors à tous les fils qui ont encore leur mère; pour qu'ils ne soient pas ingrats, pour qu'ils passent encore du temps avec elle...

Chacun peut se reconnaître en Albert Cohen: chacun a regretté de ne pas s'être davantage occupé d'un être cher. Le passage le plus émouvant relate la culpabilité du fils lorsqu'il commet un "péché de vie": rire, se promener ou simplement manger...

Un livre qui nous concerne au plus haut point...

Repost 0
23 octobre 2005 7 23 /10 /octobre /2005 00:00

En ce moment, je lis pas mal de BD, surtout des auteurs français.

Mes préférés sont Marjane Satrapi, David B, Joan Sfarr (Le chat du rabbin) , De Crécy et Rabaté.

Et vous? Si vous avez une ou plusieurs  BD coup-de-coeur , n'hésitez pas à nous faire un petit résumé !

Repost 0
Published by Sylvie - dans Et vos lectures
commenter cet article
23 octobre 2005 7 23 /10 /octobre /2005 00:00

Vents d'Ouest, 2000

4 tomes- Prix Angoulême du meilleur album

Cette BD très originale est adaptée d'un roman inconnu du grand écrivain russe Tolstoï. L'intrigue se déroule lors de la révolution russe de 1917. Mais ici point de propagande communiste ou de héros révolutionnaire prônant la défense de la veuve et de l'orphelin.

Rabaté met en scène un jeune comptable cynique qui se fait tirer les cartes par une mystérieuse gitane: elle lui prédit un avenir radieux et la fortune...Siméon va donc profiter du cataclysme provoqué par les bouleversements politiques pour usurper l'identité et la fortune d'un comte. Siméon Nevzorof devient alors un dandy qui fréquente le milieu artistique. Il se met en ménage avec une artiste complètement camée puis ouvre une maison de jeu. Mais les communistes font la chasse aux profiteurs...

Nevzorof est la figure même de l'anti-héros et de l'opportuniste: à l'heure où la Russie entre en révolution, il incarne le dandy profiteur qui se nourrit d'argent, de sexe, d'alcool et de drogue. La vision de l'homme de Rabaté est très noire et très pessimiste. Je n'ai lu pour l'instant que le premier tome mais j'ai hâte de dévorer les trois autres !

L'intrigue peut aussi faire penser aussi aux romans picaresques: le personnage se démène dans un monde à feu et à sang et doit s'en sortit coûte que coûte... Cette BD historique nous fait découvrir une vision originale de la période révolutionnaire russe: la révolution des cyniques et des profiteurs...

Le dessin en lavis noir et blanc est très original: Rabaté dessine des figures filiformes, très étirées qui font penser aux personnages du peintre Le Greco. On peut voir également une certaine inspiration de l'expressionnisme allemand.

Repost 0
22 octobre 2005 6 22 /10 /octobre /2005 00:00

Casterman, 1995

 

 

 Scénario: Sylvain Chomet; Dessins: Nicolas de Crécy

 Voici véritablement un petit chef d'oeuvre du monde des bulles dont le scénario est signé par Sylvain Chomet, l'auteur du film Les triplettes de Belleville.

 L'histoire est remplie d'humour et de fantaisie sur fond de satire sociale:  une entreprise de cosmétiques fête le centenaire de son fondateur, Léonce Houx-Wardiougue, surnommé Léon. Pour cela, son fils Aymard, qui a repris les reines de l'entreprise sort Pépé Léon de la maison de retraite pour organiser une campagne publicitaire autour de son centenaire. A cette occasion, des capitalistes japonais doivent investir dans l'entreprise...Mais tout se complique quand on sait que Pépé Léon est communiste et qu'il fume des cigarettes pas très catholiques...

 C'est son arrière petit-fils, Géraldo-Georges qui doit organiser la campagne de marketing; mais ce dernier est encore puceau à trente ans et passe sa journée aux toilettes lorsqu'il a la trouille... Mais grâce à Papy Léon qui va lui faire fumer ses cigarettes, Géraldo-Georges va découvrir la vraie vie... au grand dam de sa famille bourgeoise...

 

 

 

 

 

 

 

 Léon la Came est une histoire pleine de tendresse autour des deux personnages humains de la BD: Léon et Gégé. Ces derniers incarnent l'entraide et l'humour dans un monde dominé par la concurrence.

 De Crécy et Chomet dénonce avec beaucoup d'humour la société de consommation, la société capitaliste voulant exploiter les plus faibles. C'est un véritable feux d'artifice de rires lorsque Gégé présente sa campagne du centenaire (fortement influencée par ses désirs sexuels !!!) et lorsque la cérémonie tourne en fiasco en ridiculisant le capitalisme tout puissant...Non sans casse, Gégé trouvera sa vraie voie...

Repost 0
21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00

Pièce écrite par Faulkner en 1951

Mise en scène d'Albert Camus en 1956

Hier soir, je suis allée voir la pièce Requiem pour une nonne, sur une mise en scène de Jacques Lassalle au Théâtre Athénée-Louis Jouvet à Paris. Une pièce née de deux des plus grands génies littéraires du XXe siècle, Faulkner et Camus. Quel plaisir devant ce mélange de roman policier et de tragédie grecque ! Le mal, la faute de personnages face à leur destin et un suspens insupportable...

Impossible de parler de Requiem pour une nonne sans évoquer Sanctuaire,un autre chef d'oeuvre de Faulkner (voir mon article). L'action se déroule huit ans après Sanctuaire. Rappelez-vous: Temple Drake, jeune collégienne de bonne famille, sort un soir avec son petit ami Gowan, totalement ivre. Après un accident de voiture, ils atterrissent dans un débit de boisson clandestin. C'est dans cet endroit sordide que Temple est violée par Popeye, un mauvais garçon, qui l'enlève et la séquestre dans une maison close de Memphis. ..

On retrouve dans Requiem les mêmes personnages huit ans plus tard; Gowan a épousé Temple pour se faire pardonner son infamie lors de cette soirée fatale. Le rideau s'ouvre sur la condamnation à mort de Nancy Mannigoe, la nurse noire, qui a étranglé l'enfant du couple. Pourquoi a-t-elle commis ce geste désespéré? Temple va peu à peu révéler son secret au gouverneur, poussé par son oncle, avocat de la pauvre prostituée noire.

Cette magnifique pièce prend la forme d'un roman policier à suspens: le spectateur découvre peu à peu ce qui s'est réellement passé le soir du meurtre. Découverte du secret mais aussi du mal enfoui dans la psychologie des personnages. Sous ses allures de dame bourgeoise qui a gagné une respectabilité, Temple a bien des choses à cacher. Car le passé, l'infamie ne peuvent s'empêcher de refaire surface. ...

On retrouve les thèmes favoris de Faulkner: emprise du mal, culpabilité et désir de rédemption. Camus a évoqué l'influence de la tragédie grecque: les personnages faulknériens doivent vivre avec une souillure originelle et accepter leur destin. La servante noire, ancienne prostituée, incarne la figure de la rédemption: pour sauver sa maîtresse blanche, elle est prête à mourir...

Je vous recommande chaudement la pièce: le langage est limpide et les comédiens sont excellents.

Repost 0
Published by Sylvie - dans Théâtre
commenter cet article
21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00

Les Humanoïdes associés, 1995

 

3 tomes

Voici une trilogie bien originale de par son histoire et ses dessins. Le graphisme, à dominante rouge ou bleu, évoque les tableaux expressionnistes de Munch. Tout se passe dans un univers urbain magnifiquement rendu constitué de buildings gigantesques: nous découvrons la ville de New-York sur Loire dirigée par une clique économico politique pas très catholique...

Et nous voici dans un univers totalement fantastique: Diego, un phoque faisant penser un gros bibendum est enrôlé par cette clique et éduquer pour devenir "Prix Nobel de l'Amour". Mais le diable tourne la cérémonie en fiasco en prenant le contrôle de l'âme du phoque... Il va être à son tour enlevé par le peuple des chiens qui va lui révéler les vrais origines de l'homme...

Sous des allures manichéennes, cette bande dessinée est moins simpliste qu'une opposition entre le bien et le mal, entre l'amour et le diable. Car la malencontreuse créature est d'abord l'instrument passif d'une élite politique souhaitant endormir le peuple avec une nouvelle idéologie, celle de l'amour. Le diable, lui, est surtout un fanfaron plus drôle que méchant. Cette BD est aussi une réflexion sur l'origine cachée de l'homme.

Cette bande dessinée vous déconcertera sans doute au début. Mais il faut reconnaître que c'est une belle prouesse artistique...

Repost 0
21 octobre 2005 5 21 /10 /octobre /2005 00:00

Editions José Corti, 2005

Voici ma dernière découverte: un petit bijou.

Oeuvre d'abord très originale par son sujet: le narrateur, un "mythobiographe" nous plonge dans la conscience de Saint Druon, une figure très populaire du nord de la France du XIIe siècle. Né de l'union sacrilège d'un prêtre et d'une jeune châtelaine dont le mari est mort à la croisade, il ressent un puissant sentiment de faute personnelle, ayant provoqué la mort de sa mère à sa naissance. A l'adolescence, il décide de rompre avec son destin de chevalier et devient berger dans les prairies de Flandres et du Hainaut. Il y découvre la sensualité et l'amour d'une châtelaine qui accablée par le péché, lui demande de faire un pèlerinage à Rome pour assurer le salut de son âme.....

Nul besoin d'être catholique ou mystique pour adorer ce roman magistral ! L'auteur vous envoûte tout d'abord avec une écriture magistrale qui respire la passion et l'envoûtement. Ne vous attendez à lire un récit hiératique, sévère où ne respire aucune sensualité car là réside le talent de Claude Louis-Combet.

A chaque ligne, son écriture est un mélange de sainteté et de sacrilège, d'esprit et de matière, de ciel et de terre, de désir et de péché. L'hérésie, l'érotisme affleurent à chacune des pages ; dès les premières lignes, nous assistons à des phénomènes fabuleux : la statue d'une vierge saigne de la vulve, le prêtre phallique désire introduire l'hostie dans le vagin de sa bien aimée pour faire de la femme un instrument de rédemption... La sensualité et la féminité ont un rôle primordial dans la vie du saint: à l'origine de son pélerinage à Rome, il y a une érection pècheresse devant la châtelaine du manoir; pour assurer son salut, cette dernière lui intime de déposer son bâton de pèlerin en forme de verge à côté du reliquaire contenant un poil sacré du pubis de la Vierge !

Fait rare dans les vies de saints, ce roman est un hommage rendu à la féminité: Saint-Druon se révolte contre l'idée de la femme comme incarnation du mal et souhaite assurer par son action, la rédemption des péchés de sa mère et de son "amante". Comme il le dit, il se fait "député des femmes". Le texte est une ode à la femme par excellence, la Vierge, non en tant que sainte désincarnée, mais comme une créature assumant sa féminité.

Je vous recommande vivement ce magnifique récit occupant vraiment une place à part dans la production éditoriale contemporaine.

Repost 0
18 octobre 2005 2 18 /10 /octobre /2005 00:00

Prix du livre inter 2003

Gallimard, 2003

Il y a longtemps que j'ai envie de vous parler de ce roman magnifique , l'un des grands succès de l'année 2003. Je vous ai déja parlé d'un autre titre moins connu de Pierre Péju, Naissances  d'où se dégagent la même poésie et la même sensibilité.

Même s'il a eu un grand succès en librairie, ce livre suscite apparemment des avis partagés: on lui reproche souvent son écriture ampoulée, sa noirceur et ses clichés.

La petite chartreuse dresse le portrait d'un libraire trapu, solitaire qui trouve refuge dans les livres. Un jour, il renverse accidentellement une petite fille avec sa camionnette. Rongé par la culpabilité, il va se rendre à son chevet; la fillette est devenue muette. Et s'il lui redonnait le goût des mots en lui lisant des passages de ses écrivains favoris...

Il va faire également connaissance de la mère de la fillette qui délaisse peu à peu sa fille. Les trois personnages solitaires vont alors faire un bout de chemin ensemble. La petite chartreuse fait référence au Massif de la Chartreuse, près de Grenoble, où se déroule l'histoire. Mais le titre est aussi une métaphore de la condition des personnages; la Chartreuse est une montagne fermée, inaccessible. Les trois protagonistes sont des âmes égarées qui se murent dans leurs silences et dans leur solitude...

Ce roman est d'abord une ode à la littérature. On peut en effet lui reprocher son côté trop pessimiste car il ne semble pas y avoir de rédemption possible. Certains critiquent également le cliché du lecteur solitaire et mal dans sa peau. Comme si les lecteurs étaient tous des ermites !

Mais pour les âmes sensibles, ce roman est un trésor de sensibilité. ...

Repost 0