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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

Trois jours chez ma mère de François Weyergans

Weyergans a gagné contre Houellebecq 6 voix contre 4 ! Voila encore un prix littéraire qui ne soulèvera pas la polémique ! Le prix est décerné à un auteur très peu connu bien qu'il ait une quinzaine de romans derrière lui !

Olivier Adam aurait à mon sens  davantage mérité le prix qui est à l'origine, selon le testament des frères Goncourt, destiné aux jeunes auteurs prometteurs. Ce jeune auteur de 32 ans a été ces dernières années très remarqué par la critique: Poids léger, Faits d'hiver et enfin Falaises pour lequel il concourait !

Le prix Renaudot quant à lui a été décerné à Nina Bouraoui pour Mes mauvaises pensées. L'avez-vous lu? Il y avait dans la sélection ma grande favorite Lydie Salvayre pour La méthode Mila. Mais sûrement que ce n'était pas encore assez politiquement correct ! C'est l'une des plumes les plus acerbes que je connaisse !

Très bonne surprise, Le Renaudot des Lycéens a été décerné à Pierre Jourde pour Festins secrets. J'avais justement envie de lire ce roman mettant en scène un jeune instituteur ayant son premier poste dans une petit village de Province et qui découvre peu à peu les secrets inavouables de cette petite communauté. Racisme, sectes, folie dénoncent le système éducatif. Jourde nous avais déjà émerveillé avec Pays perdu , un très beau roman du terroir. C'est aussi un très grand polémiste, auteur de l'essai sur la littérature contemporaine française, La littérature sans estomac. Une violente diatribe contre Houellebecq, Nothomb, Laurens et les autres...Jourde est un grand écrivain dans le sens noble du terme, ayant un style magnifique. Apparemment, dans ce livre, il nous plonge à la lilimte du fantastique. Une très bonne lecture en perspective !

En attendant ma critique, vous pouvez aller voir celle de Calounet sur son merveilleux site :http://perso.wanadoo.fr/calounet/resumes_livres/jourde_resume/jourde_festins.htm

Etes-vous tentés par la lecture de ces prix? Lisez-vous souvent des prix littéraires? Est-ce pour vous un gage de qualité?

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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

Roman adapté au cinéma par François Dupeyron

 

Voila le premier article que je fais sans avoir lu le livre ! Simplement parce que j'ai vu ce soir ce magnifique film du même nom inspiré du roman: l'histoire d'une gueule cassée pendant la guerre de 14-18.

 

 

En août 14, Adrien est défiguré par un obus perdu. Il passera toute la durée de la guerre dans "la chambre des officiers", supportant les multiples opérations et réapprenant lentement à vivre grâce à l'amitié des autres gueules cassées...

 

 

Le film rend magnifiquement bien l'"apprentissage" du jeune homme : étant incapable de parler au début du film car ayant la mâchoire broyé, le film fait parler sa voix intérieure. Nous ne voyons son visage que tardivement. J'ai hâte de voir comment l'auteur fait justement parler cette voix intérieure. C'est souvent plus facile dans un livre que dans un film: recours aux italiques, aux monologues intérieurs...

L'atmosphère de l'époque est très bien rendue en employant un grain jaune comme dans Un long dimanche de fiançailles.

Une manière très originale de traiter de la guerre de 14-18: pas de tranchées ni de batailles mais la vie des blessés dans un hôpital...

En somme, un beau film qui donne envie de se plonger dans le livre...

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3 novembre 2005 4 03 /11 /novembre /2005 00:00

PEROU

Gallimard "Du monde entier", 2003

Voici un roman magnifique du grand écrivain péruvien sur les destins croisés de deux idéalistes du XIXe siècle: Paul Gauguin et sa grand-mère Flora Tristan. La naration intercale à chaque fois un épisode de la vie de Gauguin et un chapitre sur le voyage en France de Flora Tristan en 1844. Au fur et à mesure, nous découvrons les liens existant entre les deux êtres, même s'il ne se sont jamais connus...

Le premier est bien sûr plus connu que l'autre même si des établissements scolaires portent le nom de cette révolutionnaire féministe. Fille naturelle d'une bourgeoise parisienne et d'un officier péruvien au service du Roi d'Espagne, elle a milité toute sa vie pour ''l'union ouvrière" instaurant de manière pacifiste l'égalité entre les sexes et la fin de la misère. Refusant le paradis dans le ciel prôné par l'Eglise, elle voulait assurer le bien-être pour tous sur terre. Proche des Saint-Simoniens et des fouriéristes, elle est l'une des grandes utopistes du XIXe siècle: pour elle, l'éducation devait abolir la misère et tous les maux qu'elle engendre: alcoolisme, prostitution...

Cinquante ans plus tard, son petit-fils part lui aussi à la recherche d'un paradis sur terre: à plus de trente ans, il quitte la société occidentale matérialiste et sclérosée pour rejoindre les sociétés primitives de Polynésie. Mais le paradis est plus loin, plus inaccessible que l'on  croit...

Le titre évoque un jeu de petite fille qui consiste à trouver le paradis...Ces deux portrais magnifiques exaltent la force de l'idéalisme qui demeure malgré les obstacles. Ces deux êtres ne trouveront que de la déception au bout de leur chemin. Flora Tristan, parcourant la France au cours de l'année 1844, s'adresse à des ouvriers désabusés, résignés qui ne croient pas en leur avenir. De l'autre côté, pour les bourgeois, Flora n'est qu'une dangereuse révolutionnaire alors qu'elle refuse la guerre civile. Pour elle, seule l'éducation peut révolutionner la société. Gauguin, lui, découvre les îles de Polynésie perverties par la société coloniale; l'Eglise, l'administration occidentalise peu à peu les Tahitiens et luttent contre les coutumes ancestrales. Le paradis est bien défiguré....

Ce roman sublime regorge d'érudition mais dans une langue toujours très accessible. C'est un réel bonheur de découvrir le lien de parenté entre ces deux utopistes... Vargas Llosa creuse derrière la vision paradisiaque des célèbres tableaux pour nous décrire le véritable portrait de Gauguin: un être malade, dépressif, alcoolique mort à 53 ans. Quel bonheur de découvrir son parcours atypique: sa vie bourgeoise de courtier d'assurances jusqu'à l'âge de 33 ans puis la découverte subite de son don. Ses voyages vers le paradis puis sa cruelle déception finale...

Je vous invite donc à découvrir de toute urgence ces deux êtres d'exception qui ont payé de leur vie leur désir d'absolu...Nous retrouvons la verve et l'exotisme du grand auteur péruvien qui nous mène de la société coloniale du Pérou aux îles de Polynésie.

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2 novembre 2005 3 02 /11 /novembre /2005 00:00

Gallimard, 1984-Prix Renaudot 1984

Voici le roman qui  a fait découvrir Annie Ernaux, l'une des plus grandes "écrivaines" contemporaines françaises.

Il s'agit d'un hommage rendu à son père d'origine modeste, garçon de ferme, ouvrier puis petit commerçant. Fier de sa "place", il craint toujours de retomber de l'échelle sociale. Sa fille (Annie Ernaux elle-même), agrégée de lettres, a réalisé mieux que personne ce rêve d'ascension sociale. Par l'écriture de ce livre, elle tente de se remémorer la figure de son père, son langage, ses mimiques.

Elle va donc opérer un travail sur la langue en essayant de retrouver le langage de l'autre, la langue originelle qu'elle a perdu. Ernaux convoque ainsi les expressions du petit peuple en les écrivant en italique pour aller au plus prêt de la vérité. Elle veut à tout prix donner une dignité à ces petites gens qui tout en étant modestes, voulait paraître "convenables".

Ernaux examine bien le processus d'ascension sociale, particulièrement dans La honte : le jour où elle a vu ses parents se battrent, elle a eu honte de ses origines car elle était déjà passée de l'autre côté de la barrière sociale. Mariée à u intellectuel pure souche, elle renie sa condition modeste;

Mais avec le temps et ce beau travail d'écriture, elle comprend son erreur et donne à ses parents le plus beau des hommages tout en analysant finement ses états d'âme. L'écriture devient un moyen de recouvrer la mémoire et de faire revivre les disparus.

Toute l'oeuvre de Annie Ernaux est basée sur ce projet: aller au plus profond de l'intime, dire le vrai grâce à un beau travail sur l'écriture, sur la découverte du mot juste.

 

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1 novembre 2005 2 01 /11 /novembre /2005 00:00

JAPON

Editions Philippe Picquier, 1998

Murakami Riû est l'un des plus grands écrivains japonais contemporains avec Haruku Murakami et Yoko Ogawa. Portant un regard très pessimiste sur la société japonaise, ses romans célèbrent le sexe, la drogue et la violence.

Comme l'annonce le titre, il s'agit de l'histoire de deux jumeaux qui sont abandonnés à leur naissance par leur mère dans une consigne automatique. Sauvés in extremis, ils rejoignent un orphelinat et sont adoptés. Traumatisés par leur expérience originelle, ils souffrent d'hallucinations et sont traités à l'hypnose. Mais le destin est en marche: l'un deviendra pop star tentant de retrouver la voix qu'il entendait dans le ventre maternel. Pour parvenir à son but, il s'automutilera et sombrera dans la prostitution... L'autre deviendra champion sportif et découvrira une drogue hallucinatoire, la datura, "l'aubergine qui rend fou" et qui peut pousser au meurtre.

Tout se termine en apocalypse que je vous laisse découvrir...

Murakami Riü nous plonge dans un monde malade ou tout espoir a disparu: la violence et l'auto destruction sont les maîtres mots. Beaucoup de scène sont vraiment trashs mais nous gardons une certaine sympathie pour les deux héros qui sont passés d'un statut de victime à celui de bourreau.

On peut trouver dans ce roman une inspiration du style manga ou du cinéma: l'écriture est fluide et le récit épique se déroule à un rythme effréné.

Ce récit est à déconseillé aux âmes sensibles mais vaut à coup sûr le détour pour découvrir cette plume japonaise si particulière.

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31 octobre 2005 1 31 /10 /octobre /2005 00:00

En tant que professionnelle du livre, j'ai eu quant-à-moi envie de vous parler un peu de la presse littéraire. Les critiques littéraires sont parfois très orientées mais elles restent un bon outil pour avoir une vue d'ensemble sur les nouvelles parutions.

 Les quotidiens

Chaque semaine, les grands quotidiens nationaux impriment un supplément livres. Le monde des livres, qui paraît dans Le Monde le vendredi reste la référence. Vous pouvez y ajouter le jeudi la parution du Figaro Littéraire, du supplément littéraire de Libération et de L'humanité.

 Les magazines

La presse généraliste ou culturelle peut être très intéressante: Télérama, EllePsychologies ont une rubrique littéraire.

La presse littéraire est très diversifiée. On peut trouver des magazines grand public ou des magazines moins connus, le plus souvent indépendants. Voici les quatre plus connus.

 Lire

C'est le magazine mensuel grand public de grande qualité. En général, un dossier est consacré à l'actualité littéraire dans les médias (Harry Potter, Houellebecq...) puis viennent les critiques consacrées à la littérature française puis étrangère. Vient ensuite une rubrique consacrée aux essais historiques et philosophiques. A la fin du magazine, un entretien est consacré à l'interview d'un écrivain français ou étranger puis une rubrique est consacrée à l'étude d'un écrivain au programme du bac.

 

On trouvera très peu de petits éditeurs mais Lire demeure un très bonne revue.

 

Le magazine littéraire

 

 

Chaque moi, un dossier très complet avec entretiens de spécialistes et bibliographie est consacré à l'actualité culturelle (Dada...) ou à un grand classique , écrivain ou philosophe. Ces dossiers sont des références pour faire une étude sur ces grands personnages.

 

Le reste du magazine est consacré à l'actualité littéraire. Pour moi, le magazine littéraire est surtout destiné aux passionnés de littérature classique et de philosophie qui désirent lire des articles de référence sur les monstres sacrés de l'histoire littéraire.

 

Le Matricule des anges

 

 

Cette revue créée en 1992, très peu connue du grand-public, est un magazine indépendant consacré à la littérature contemporaine. Chaque mois, un dossier assez important constitué d'analyses et d'interviews est consacré à un écrivain français de qualité mais pas forcément médiatisé (Lydie Salvayre, Richard Millet, Hubert Mingarelli, Eric Faye...)

 

Les critiques sont souvent centrées sur les petits éditeurs.

 

La quinzaine littéraire

 

Il s'agit d'une revue de référence créée par l'éditeur Maurice Nadeau en 1966. On doit notamment à cet éditeur la découverte de Houellebecq. Cet bimensuel ne suit pas à la lettre l'actualité. On peut trouver des critiques de livres parus il y a plusieurs mois. Les critiques sont très étoffées et de grande qualité. On trouve aussi bien de grands auteurs étrangers que des jeunes talents français. De nombreux essais historiques et philosophiques sont critiqués. Une rubrique est également consacrée à l'actualité artistique. Vraiment une très bonne revue !

 

 


 

 

Voila ! J'espère que je vous ai donné envie ! Le mieux est de butiner un peu dans toutes les revues !

 

 

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31 octobre 2005 1 31 /10 /octobre /2005 00:00

Actes Sud -Papiers, 2003

Toutes les trois minutes, une ferme disparaît dans le monde... Souriez !"

Cette constatation caustique donne corps à une pièce complètement loufoque. Les deux comédiens, accompagné d'un musicien, invitent le public à se souvenir joyeusement de la campagne d'antan : scènes bucoliques d'un repas l'été sous la treille, du lait moussu et crémeux qui gicle des pis de la vache, des bals sous les lampions où guinchaient les femmes et les hommes en habits du dimanche, de l'odeur fétide du lisier... La pièce dresse aussi l'inventaire des grandes inquiétudes du monde rural d’aujourd'hui : les quotas de production, la désertification des campagnes, le statut des agriculteurs, la politique agricole commune. Mais aussi l'apparition des organismes génétiquement modifiés, de la dioxine, listéria et autres prions, de la mal-bouffe et la bouffe-folle, l'agriculture partant à vau-l'eau... Le spectacle se termine dans un grand délire burlesque : un frisson futuriste d'une campagne aseptisée, rationalisée, incolore, inodore et silencieuse où tous les légumes et fruits pousseraient hors sol !

Cette pièce peut faire penser à une oeuvre burlesque dans la lignée d'Alfred Jarry: mêlant interviews de vieux paysans et chants de canards et d'artichauds qui nous livrent leur mal de vivre ! Pour couronner le tout, Durif met en scène son double qui ,poursuivi dans un champ de tournesols fanés par des experts de toutes sortes, tente d'écrire sur l'agriculture !

Eugène Durif, l'un des dramaturges français les plus prometteurs, s'est inspiré de véritables interviews de paysans du Limousin. C'est drôle, original et tellement vrai !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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30 octobre 2005 7 30 /10 /octobre /2005 00:00

Comme chaque année, le Prix Goncourt sera décerné Jeudi prochain 3 novembre. Quatre ouvrages sont encore en lisse: parmi eux, l'incontournable, le dernier Houellebecq. Un nouveau talent, Olivier Adam, qui depuis 2003, débute une carrière prestigieuse. Un talent confirmé, Jean-Philippe Toussaint. Et une surprise, François Weyergans pour Trois jours chez ma mère.

Allez, un peu de reproches: Sylvie Germain et son magnifique Magnus ont été évincés un peu trop vite (ah, ma grande découverte de septembre 2005 !!!). A mon sens, Houellebecq n'a pas besoin d'un Prix Goncourt. Initialement, les frères Goncourt ont créé ce prix pour récompenser les jeunes auteurs talentueux. Peux-on encore mettre Houellebecq dans les jeunes auteurs ????

A mon sens, il devrait revenir à Olivier Adam. Les pronostics sont ouverts !

 Je n'ai lu aucun des quatres livres en lisse. Je ne peux donc que faire un petit résumé !

Si vous les avez lu, donnez moi votre avis ! Alors, selon vous, qui devrait remporter la victoire?

 Ovivier Adam, Falaises, L'Olivier

Olivier Adam, qui est l'un des chefs de file de ka jeune littérature française, est l'écrivain du désespoir. Sa prose, très minimaliste, explore les destins brisés et la mélancolie contemporaine. (voir la critique de Poids léger dans la rubrique Jeunes talents). Falaises fait parler un jeune adulte qui revient chaque année sur le même lieu: la falaise où s'est suicidée sa mère il y a des années. Cette mort a fait éclater la famille: le père et les deux frères. Le narrateur tente de survivre avec sa femme et sa fille...

Michel Houellebecq, La possibilité d'une île , Fayard

Le roman coup de pub de la rentrée: un homme d'affaire avant de se suicider décide de se faire clôner.Les clônes se succèdent à eux-même pour atteindre l'immortalité.  Tout les thèmes du monde contemporain sont brassés: racisme, terrorisme, sexualité, sciences et conscience. Comme à son habitude, Houellebecq mêle la critique de notre société à la science-fiction dans la lignée des Particules élémentaires.

Il va falloir que je le lise ! Dites-moi votre avis !

Jean-Philippe Toussaint, Fuir, Editions de Minuit

 C'est l'un des auteurs phares de Minuit depuis vingt ans (La télévision, La salle de bain). Aussitôt débarqué de l’avion à Shangai, le narrateur reçoit de Zhang Xiangzhi, son correspondant en affaires très chinoises, un portable. Pour le surveiller ? Pour l’appeler à toute heure du jour et de la nuit ? Il fourre l’appareil dans son sac et il n’y songe plus. Il lie très vite connaissance avec la douce Li Qi. Elle lui demande de l’accompagner en train à Pékin.Mais il a la désagréable surprise de constater que Zhang Xiangzhi les accompagne. Ils parviennent à lui fausser compagnie pendant la nuit et à se réfugier dans le cabinet de toilette du wagon couchettes où, enfin, ils s’embrassent et se caressent. Ils commencent à se déshabiller quand le téléphone sonne. C’est Marie, son employeuse De Paris elle lui apprend que son père est mort et qu’il sera enterré à l’île d’Elbe où il vivait. Le portable a gagné.

Ce roman est le livre du mouvement , de la fuite: les personnages sont en perpétuel mouvement , en fuite contre la police, la technologie....

François Weyergans, Trois jours chez mère, Grasset

La surprise de cette sélection. Un roman apparemment très drôle , une mise en abîme de la condition d'écrivain; l'auteur nous raconte la naissance perturbée de son livre.
Nuit après nuit, un homme très perturbé se protège en évoquant son passé - tant de voyages, tant de rencontres amoureuses qui restent obsédantes. Sa mémoire lui donne le vertige. Ses souvenirs l'aideront-ils à aller mieux ? Il s'invente une série de doubles qui mènent une vie sentimentale tout aussi agitée que la sienne. Il pourrait aller rendre visite à sa mère. Elle vit seule en Provence et aura bientôt quatre-vingt-dix ans. Il a d'abord un travail à finir. Sa mère lui déclare : "Au lieu d'envoyer des fax à ta dizaine d'amoureuses, tu devrais publier un livre, sinon les gens vont croire que tu es mort."Mais écrire est difficile car il y a toujours quelque chose d'autre à faire.
Les critiques sont élogieuses et ce livre est également en lisse pour les Prix Fémina et Décembre.


 Quelques infos sur la place du prix Goncourt dans la société française: un sondage paru dans Le Nouvel Observateur révèle que pour 57% des français , le Goncourt est un gage de qualité mais ils ne sont que 14% a acheter un livre parce que qu'il s'agit d'un prix littéraire. C'est plutôt le conseil d'un parent, d'un ami ou d'un collègue qui est déterminant (64%) ou tout simplement le résumé du livre sur la quatrième de couverture (52%).

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30 octobre 2005 7 30 /10 /octobre /2005 00:00

Angleterre

Arche éditeur, 2004

Après vous avoir parlé de L'amour de Phèdre et de 4h48 Psychose, j'ai eu envie de faire un article sur la première pièce de Sarah Kane, celle qui l'a fait connaître en provoquant un scandale au Royal Court Theatre de Londres.

Cette pièce rappelle la tragédie grecque mais Kane pratique la surenchère dans la cruauté: sang, violence et sexualité sont les maîtres mots de la pièce.

Il y a unité de lieu et de temps: la pièce se déroule dans une chambre d'hôtel de luxe en Angleterre. Dehors, la guerre civile gronde (Kane s'est apparamment inspirée de la guerre en ex-Yougoslavie et aussi de la guerre civile en Irlande). Ian, un journaliste dépravé plus ou moins espion, fumeur et alcoolique retient plus ou moins prisonnière Cate,une jeune fille qu'il insulte et viole. La jeune fille a des crises d'épilepsie lorsqu'elle s'énerve mais semble accepter son aliénation sexuelle et mentale.

Au deuxième acte, alors que Cate est sortie, un soldat pénètre dans la chambre pour demander à manger. C'est alors que les rapports de force basculent. Ian, le dominateur, se fait violer et arracher les yeux par le soldat.

Au dernier acte, alors que l'apocalypse gronde à l'extérieur, Cate revient dans la chambre avec un bébé orphelin et découve Ian agonisant. A partir de là, la violence devient encore plus crue: le cannibalisme fait son entrée...

Mais le pardon affleure: dans cette pièce, l'amour, la compassion est plus forte que la violence...Kane semble s'être inspiré du syndrome de Stokholm qui engendre chez la victime une admiration et un amour pour le bourreau.

Sarah Kane nous replonge avec brio dans les grands thèmes de la tragédie antique où le sang et la violence n'étaient pas tabous. Kane a remis au goût du jour avec brio ce genre de pièce.  

Si quelqu'un entre vous a vu cette pièce sur scène, j'aimerais bien qu'il me décrive la mise en scène.Je sais qu'elle a été jouée au Festival d'Avignon cet été. Comment sont abordées les scènes de cannibalisme et de sexualité?

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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30 octobre 2005 7 30 /10 /octobre /2005 00:00

ETATS-UNIS

Date de parution: 1949

Voici le roman le plus célèbre d'Ernest Hemingway avec Le vieil homme et la mer. L'action se déroule lors de la Première Guerre Mondiale sur le front italien. Le héros , Frédéric Henry (l'auteur lui-même) , jeune américain volontaire dans les ambulances, est grièvement blessé à la jambe. Lors de son hospitalisation, il fait la connaissance d'une jeune infirmière anglaise, Catherine Barkley. L'histoire d'amour commence ...

Après quelques semaines d'idylle clandestine, il repart sur le front. Lors de la retraite de l'armée italienne, il déserte. C'est l'adieu aux armes et le retour vers Catherine. Pour fuir les douaniers et l'armée, il traverse le lac de Côme et rejoigne la Suisse, pays neutre. Mais le destin finira par les rejoindre...

Ce roman est d'abord un magnifique récit d'apprentissage: au début de l'histoire, Frédéric croit uniquement à l'engagement envers la patrie. Il se refuse à aimer... A la fin, il a compris l'absurdité de la guerre et préfère déserter. L'adieu aux armes est le roman du désenchantement de la jeune génération américaine dans les années 20: tout comme John Dos Passos, Hemingway s'est engagé pour un idéal de justice. En Europe, il découvre la boucherie et le désarroi.

Ce roman intéressera également les lecteurs passionnés par l'Histoire de la Première Guerre Mondiale; rares sont les romans qui se déroulent sur le front italien et rendent compte de l'affrontement entre l'armée autrichienne et l'armée italienne.

Hemingway écrit dans un style très dépouillé: les descriptions vont à l'essentiel et l'essentiel du roman est constitué de dialogues. Nulle introspection, nul sentimentalisme. Sur un sujet ont ne peut plus romantique, Hemingway refuse toute dramatisation. On aime ou on aime pas. Pour moi, j'avoue que le style d'écriture est un peu léger...

Autre bémol: Catherine ne semble tout à fait dénoué de psychologie. Elle est béate devant Frédéric et n'a aucun recul critique. Je trouve que le roman aurait gagné en profondeur si Catherine n'était pas qu'une "gentille poupée". Pour ceux qui l'on lu, j'aimerai bien avoir votre avis...

Pour résumer, un bon roman mais quelques défauts tout de même...

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