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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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10 novembre 2005 4 10 /11 /novembre /2005 00:00

Pour mes trois lecteurs favoris (et les autres), j'ai décidé de sortir un autre conte de mes placards !

Il ne s'agit plus de l'histoire d'un livre bien solitaire mais d'une larme qui désire devenir un ange-gardien pour les pleureurs...

Je vous livre la première partie...

LA PETITE LARME DU BONHEUR

 

 

Ce soir là, après une journée bien remplie, Théo rentra encore bien triste dans sa chambre. Le club de vacances, c’était le sport, la rigolade et les jeux! Mais lui, il préférait la solitude. Il rentrait seul le soir pour rêver dans sa chambre à une autre vie plus heureuse.

En le voyant toujours seul, les autres l’avaient affublé de multiples sobriquets comme « bouche fermée », « tristounet » ou pire encore « le tout nul ».

 

Ce soir, donc, Théo était particulièrement anxieux. Le lendemain, était organisée la fête générale dans le club. Chaque enfant devait préparer un petit spectacle qu’il présenterait  devant le groupe : un poème à réciter, une chanson, une morceau de musique célèbre à jouer avec son instrument favori, un numéro de clown etc.…Mais voila le problème : Théo était tellement timide qu’il n’osait rien faire. De plus il ne savait jouer d’aucun instrument de musique. Quant à faire le clown, il était inutile d’y penser.

 

Le pauvre Théo allait donc encore une fois de plus être la risée de tout le monde ! De grosses larmes lui coulaient sur la joue si bien que son visage et ses mains posées sur ses genoux étaient tout mouillés. Soudain, il sentit un drôle de picotement sur sa main comme si une larme essayait de le chatouiller. Alerté par cette drôle de sensation, il regarda attentivement la paume de sa main et vit avec surprise qu’une larme essayait de remonter vers son bras et ses épaules. Quelle drôle de larme ! D’habitude elles descendent vers le sol. Maintenant, elles essaient de monter vers le ciel !

 

Théo regarda de plus près et vit que la larme ressemblait à une très grosse goutte de pluie. Il la pris délicatement dans le creux de sa main et découvrit qu’elle renfermait une minuscule petite créature ressemblant un peu à la fée Clochette du célèbre Peter Pan.

 

« Mais qui es-tu ? Je ne savais pas que les larmes étaient peuplées de si petites créatures ! »

 

« Qu’est-ce que tu crois ? On est vivante comme les fleurs, les arbres ou l’océan ! - s’écria la petite fée- seulement les humains ne le savent pas. En ce moment tu vois, j’essaie de me sauver d’une mort certaine ! »

 

« Mais pourquoi risques- tu de mourir ? »

 

« Tout simplement parce qu’en pleurant, tu m’as expulsée de mon milieu naturel qui est l’eau du regard. En tombant sur les joues des humains, les larmes s’écrasent sur le sol et sans eau, elles meurent »

 

« Comme les poissons qui sortent de l’eau ! »

 

« C’est exactement cela ! Et vous, les humains, vous ne prenez aucun soin de nous. Il est très rare que l’on tombe dans une piscine ou dans un verre d’au. On s’écorche sur un sol tout dur et on s’assèche progressivement avant de rendre l’âme. Moi, je suis une petite larme encore bien jeune qui a envie de vivre de belles années alors je tente de remonter dans l’océan de tes yeux ! »

 

« C’est une expression drôlement poétique ! Alors mon œil est comme un vaste océan ! »

 

« Bien sûr ! Si cela n’était pas le cas, où veux-tu que se forment tes larmes ? Nous sommes comme des poissons dans l’eau. Et parfois nous  sommes péchées hors de notre milieu naturel et nous en mourrons ! »

 

« Mais n’y a-t-il pas un moyen de sauver de si charmantes créatures ? Il faudrait tout le temps pleurer au dessus d’un aquarium ou d’un verre d’eau ! »

 

« Pas seulement ! Je vais te révéler le secret du pays des larmes : on dit que lorsque qu’une larme est expulsée de l’océan du regard et qu’elle entre dans le monde des humains, elle a une possibilité de ne pas mourir et de rejoindre un océan bien plus grand que celui du regard »

 

« Cela doit être la mer ou l’océan. Mais que doit faire la larme ? »

 

«  Je crois que cela va t’intéresser ! Il faut qu’elle réalise le vœu de celui ou celle qui l’a expulsée de l’océan du regard. En un mot, il faut qu’elle arrive à ne plus le faire pleurer ! »

 

« Cela veut dire que tu dois me rendre heureux ! Là,  tu as un rôle très dur à jouer, ce n’est pas gagné ! »

 

« Ne t’inquiètes pas ! J’ai le moral ! Alors, quel est ton problème ? »

 

« Demain, il y a une fête ; tous les enfants doivent faire un petit spectacle et moi, comme d’habitude, je ne sais pas quoi faire puisque je n’ai aucun don : je suis nul en sport, je n’ai aucun humour et je ne sais pas jouer d’instruments de musique »

 

« Alors tu n’as qu’à te déguiser comme au carnaval ! » s’exclama la petite larme, toujours installée dans le creux de la main de l’enfant, comme une grosse bulle de savon transparente.

 

« En quoi veux-tu que je me déguise ? Je n’ai pas de costume et en plus, je n’aime pas faire la fête ! »

 

« Mais il y a bien quelque chose que tu aimes faire ! »

 

« Bien sûr, mais lorsque je suis seul : rêver devant ma fenêtre à la nuit tombée, regarder les étoiles filantes, lire des contes ou les enfants arrivent toujours à régler leurs problèmes »

 

« Dans les contes, les enfants arrivent à régler leurs problèmes parce qu’ils ont un ange gardien ou parce qu’ils rencontrent une jolie fée. Moi, je veux bien devenir la larme du bonheur ! Dis-moi, en parlant de conte, tu sais à quoi tu me fais penser : à un Pierrot au clair de lune qui est toujours mélancolique et qui rêve tout le temps. Je crois que j’ai trouvé ton déguisement! »

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Published by Sylvie - dans Mes histoires
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9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00

Merci pour vos encouragements !

Je mets donc fin au suspens et vous livre la fin de ce conte ....

ATCHOUM (Suite et fin )

 Qu’est-ce qui pouvait bien réchauffer le livre Atchoum ? (C’était le nouveau nom donné au pauvre livre par son petit propriétaire). Une bonne tasse de thé au citron pour adoucir les maux de gorge ? Non, le papier et l’encre n’aimaient pas trop le liquide donc ni de thé ni de sirop…

« Voyons, lorsque je suis malade, quel est mon passe-temps favori ? Mais oui, regarder la télé dans un bon fauteuil au coin du feu de cheminée ! »

Adrien prit donc délicatement le livre Atchoum dans ses mains et descendit dans le salon. Il déposa sa petite chaise d’enfant près de la cheminée et y déposa le livre tout en allumant la télé.

C’est alors qu’il se produisit un phénomène étrange : les pages d’Atchoum se mirent à bouger à toute vitesse en se froissant.

« Oh là là, il n’a pas l’air d’aimer ce remède ! Voyons, je vais éteindre la télé et le rapprocher un peu plus du feu »

Adrien prit Atchoum dans ses mains, le mit au dessus du feu, les pages en direction des flammes.

« Il faut bien sécher les larmes des lettres »Mais le pauvre Adrien n’avait pas pensé au fait que le papier craint aussi le feu. Les flammes commencèrent à brûler certaines pages et à noircir le papier !

« Mince ! Quel idiot je fais ! Je n’avais pas pensé à la réaction ! »

Voila donc le résultat d’une journée de soins intensifs organisée par l’apprenti médecin des livres : un livre toujours enrhumé  avec en plus des pages froissées et brûlées !

Adrien mit Atchoum dans son cartable et après une soirée passée devant un dessin animé, il alla se coucher. Cette nuit là, les bonhommes de neige maléfiques se transformèrent en dragons qui incendiaient la chambre du petit garçon.

Le lendemain, il entendit le réveil et se dépêcha de se lever pour ne pas être en retard à l’école.

 

 Quand il rentra à la maison, Adrien sortit le livre de son cartable. Au moment où il l’ouvrit, un gros atchoum ! sortit des pages grippées et éclaboussèrent d’encre le pauvre Adrien.

« Quel accueil ! Des postillons encrés, je n’en avais encore jamais fait l’expérience ! « 

Il monta dans sa chambre et s’installa confortablement sur son lit. C’est alors qu’il tourna les pages d’Atchoum. Il y avait encore des illustrations qui n’étaient pas contaminées par l’étrange virus : des fées brandissant leur baguette magique, des preux chevaliers, des méchantes sorcières. Adrien se rappela alors les soirées qu’il avait passées en compagnie de sa maman lui racontant ces contes merveilleux. Cela faisait tellement longtemps qu’elle ne lui en avait pas racontés ! Maintenant, les contes du marchand de sable étaient constamment fermés dans la bibliothèque. Maintenant, ces temps étaient bien révolus ; plus que quelques illustrations et le reste froissé, brûlé et enrhumé !

Mais il se produisit à ce moment là une chose extraordinaire ; au moment où Adrien sentit la nostalgie des contes le gagner, les lettres réabsorbèrent lentement leurs larmes d’encre. Les lignes d’écriture retrouvèrent leur alignement fluide. Les pages brûlées reprirent leur couleur d’antan et plus aucun signe de froissement n’apparu. Les gouttelettes d’eau argentée se dissipèrent sur la couverture d’Atchoum !

« C’est promis Atchoum, maintenant je ne te laisserai plus prendre la poussière dans la bibliothèque ! »

[Ce soir, Adrien avait percé le secret des livres : ils ont besoin de sentir la douce chaleur des mains enfantines qui les feuillèrent. Sinon, abandonnés au fin fond d’une bibliothèque, ils prennent facilement froid.

Les yeux émerveillés des enfants qui écoutent les contes de fée sont leur manteau d’hiver….]

Et voila ! Que pensez vous de la morale à la fin? Doit-elle être présente ou doit-on laisser l'enfant la deviner?

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9 novembre 2005 3 09 /11 /novembre /2005 00:00

Editions de Minuit, 1942

Le Silence de la mer et autres récits

 

 

 

 

 

Voici le livre fondateur des Editions de Minuit en 1942, écrit par le résistant Jean Bruller dont le nom de résistant était Vercors.

C'est en voyant hier le film adapté par Jean-Pierre Melville en 1949 que j'ai eu l'idée de faire cet article. C'est à mon sens le plus beau roman que l'on puisse écrire sur l'occupation. Il met en scène un vieil homme et sa nièce dont la maison est réquisitionnée pour accueillir un officier allemand.

"L'occupant" s'avère être un humaniste fin lettré, amoureux des grands auteurs français et fin mélomane. Chaque soir, au coin de la cheminée, il monologue sur son amour pour la France avant de leur dire d'une manière très courtoise "Je vous souhaite une bonne nuit". Il pense qu'il ressortira de la guerre un nouvel élan, une amitié entre l'Allemagne et la France. Le vieil homme et sa nièce lui opposent une résistance passive, incarnée par leur mutisme.

Le soldat allemand aura une permission à Paris qui lui permettra de découvrir le vrai visage de la guerre et de l'occupation allemande. Il reviendra désemparé dans le village du vieil homme et de sa nièce. Son idéalisme, sa foi en l'homme n'était qu'une illusion.

Le roman de Vercors donne toute sa gloire au rôle du silence: que ce soit dans le livre ou dans le film, nous ressentons toute la puissance du non-dit. C'est le monologue intérieur du vieil homme qui nous renseigne sur ses véritables pensées. Au delà de l'officier, il voit avant tout la figure de l'Homme. Mais le contexte lui interdit toute familiarité. Les relations entre la nièce et l'officier sont aussi très subtiles: l'officier rêve d'une "jeune femme digne et silencieuse". La nièce se terre dans son silence , la tête constamment penchée sur son tricot. A la fin, elle prononcera fébrilement un terrible "adieu".

La figure de l'officier allemand est inoubliable: nous ressentons son cruel dilemme: lorsqu'il découvre la barbarie de son pays, doit-il se révolter ou bien servir au mieux sa patrie malgré ses opinions? A la fin, une phrase d'Anatole France que je vous laisse découvrir, délivrée par le vieil homme français, le fera hésiter...

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8 novembre 2005 2 08 /11 /novembre /2005 00:00

Bon allez, je me lance !

Etant donné que j'adore la littérature, il fallait bien que je me lance un jour dans l'écriture ! J'ai écrit plusieurs contes pour enfants (ou grands enfants !). J'ai longtemps hésité avant de vous en faire part.

Voici donc la première partie d'un conte, Atchoum!, qui met en scène.....je vous laisse deviner...

Préférez-vous le lire en entier d'une seule traite ou que je le publie par épisode?

Donnez-moi des avis honnètes, je vous en prie !

ATCHOUM !

 Adrien commençait à s’assoupir dans son lit douillet lorsqu’il entendit dans la pénombre fantomatique un bruit ressemblant à un Atchoum !

 

 « Tiens, tiens , c’est encore Papa qui s’enrhume ! Quelle idée de laisser la fenêtre ouverte ! Moi, au moins, je suis au calme. Avec la fenêtre fermée et adieu les rhumes ! »

 Quelques minutes plus tard, encore des «  Atchoum ! ». C’est alors qu’Adrien dut se rendre à l’évidence. Ces Atchoum étaient bien trop rapprochés de son lit pour venir de la chambre de Papa et Maman. Adrien alluma sa lampe de chevet et se leva pour enquêter sur l’origine de ces mystérieux atchoum. Ce n’était tout de même pas ses peluches ni ses jouets qui s’enrhumaient ! Ces créatures sont superpuissantes et peuvent vaincre sans difficulté les attaques des fantômes enrhumeurs !

Adrien passa tout de même en revue l’assemblée de ses jouets. Mais tout le monde dormait bien tranquillement. Les meubles pouvaient-ils faire Atchoum ? Adrien ausculta comme un docteur le bois de son lit. Aucune trace de rhume. Ce fut au tour de la table de nuit. Et là, il n’entendit que le tic tac de son réveil.

Il n’y avait plus que la bibliothèque à ausculter. Adrien caressa de son oreille attentive les rayonnages de sa bibliothèque. Il n’y avait aucune aspérité capable de faire passer les fantômes enrhumeurs. Et de toute façon, la bibliothèque était bien garnie de livres ; les courants d’air trouvaient porte close…

Pourtant, lorsqu’ Adrien examina ses livres, son oreille se dirigea vers un recueil précis, son livre de chevet préféré «  les contes du marchand de sable ».

Lorsqu’il prit ce recueil, un atchoum ! magistral retentit dans les oreilles du petit garçon. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il ouvrit les pages de ce recueil ! L’encre coulait des lettres imprimées si bien que la plupart des pages ne ressemblaient plus qu’à des centaines d’yeux pleurant des larmes noires. Il y avait aussi d’autres pages qui présentaient des lignes d’écriture en zig zag  comme si les mots grelottaient de froid.

 

En refermant le livre, Adrien découvrit sur la couverture de minuscules gouttelettes d’eau argentée Le livre commençait à geler ! D’ailleurs, la  main de l’enfant rougissait et était parsemée d’une poussière glacée. Il fallait faire quelque chose pour réchauffer le livre ! Quel était donc le fantôme responsable de ce rhume bizarre ?

Adrien réfléchit quelques minutes et se dit en lui-même que lorsque l’on a froid, il faut se couvrir. Le garçonnet ouvrit donc son armoire et en sortit une belle écharpe rouge.

« Cela fera forcément l’affaire. Une journée au chaud et le rhume sera terminé ! »

Adrien emmitoufla donc avec soin le livre gelé avec la belle écharpe rouge.

Rassuré par le fait d’avoir accompli une bonne action, Adrien retourna se coucher mais son sommeil fut tout de même perturbé par des rêves du Grand Nord : des esquimaux maléfiques qui venaient le transformer en statue de glace ou des ours blancs qui se nourrissaient de feuilles imprimées et de bois de bibliothèque…

Puis le réveil sonna. Notre médecin des livres était encore bien endormi après cette nuit bien agitée. Si bien que lorsqu’il ouvrit enfin les yeux, il se rendit compte qu’il n’avait plus qu’un quart d’heure pour déjeuner et s’habiller avant de partir vers le chemin de l’école. Il n’eut donc pas le temps de voir si la santé de son livre s’améliorait.

Par contre, il y repensa tout au long de la journée et se précipita dans sa chambre dès la fin de l’école.
Il dénoua doucement l’écharpe rouge et entrouvrit « les contes du marchand de sable »Mince alors ! L’écharpe rouge n’avait eu aucun effet ! Les lettres pleuraient toujours leur encre et les lignes d’écriture étaient comme saoules …Premier médicament inefficace …

La suite viendra demain....

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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 00:00

Et voila ! Il a fallu encore rajouter une catégorie ! C'était la moindre des choses pour cette grande épopée indienne, l'équivalent des Milles et une nuits, de L'Iliade ou de La Chanson de Roland

Edition La Pléiade, 2 volumes

Il s'agit du grand texte fondateur de la civilisation indienne avec Le Mahâbhârata : l'histoire est romantique à souhait: Rama est un jeune prince exilé aux dons exceptionnels qui a épousé la belle Sitâ. Victime d'une intrigue politique à la mort de son père, il doit partir en exil dans la forêt pour une durée de 14 ans. Il s'installe donc avec Sitâ dans la forêt vierge sous la protection des dieux. Menant une vie itinérante, il va délivrer plusieurs royaumes des ogres et des démons qui hantent la forêt.

Un jour, la belle Sitâ est enlevée par Ravana, le monstre à dix têtes et douze bras. Ramâ va alors se lancer à la recherche de sa bien aimée , aidé par Hanouman, le Roi des Singes , qui met son armée à son service. Les forces du bien et du mal vont alors s'affronter...

 

Je n'ai pas lu ce texte en entier (deux pléiades) mais seulement une vieille édition abrégée intitulée Les contes de Ramayana: ces récits sont magiques d'une part par les décors dans lesquels ils se déploient: on passe de la forêt vierge avec sa végétation luxuriante à la magnificence des palais indiens. Tout le cosmos est convoqué: les dieux, les démons, le règne animal et végétal...

Il s'agit avant tout d'une épopée ou un héros est chargé de vaincre les puissances du mal: les dieux usent de leur "magie" pour lui venir en aide: ils lui délivrent un char volant, ils utilisent une herbe miraculeuse qui guérit les blessures et ressuscite une armée entière ! L'épopée regorge de scènes miraculeuses: le singe Hanuman est le fils du vent et est capable de voler sur d'immenses distances et de se transformer en géant. Il y a aussi tout un univers de sortilèges dont a première victime est l'ignoble Ravana.

L'héroïne Sitâ n'est pas une princesse à l'eau de rose comme on a l'habitude d'en voir. Elle tient tête à son ravisseur. Ne vous attendez pas à une fin qui soit trop à l'eau de rose !

Cette épopée est vraiment à découvrir: avec ce texte, nous découvrons que la civilisation indienne nous est extrêmement proche: les textes fondateurs des grandes civilisations sont ainsi basés sur les mêmes schémas: échec des forces du mal, célébration des valeurs morales...

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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 00:00

Un prix bien mérité pour cet écrivain que j'ai découvert très récemment avec Le livre des nuits et son dernier roman Magnus . Je crois que je vais lire tous ses romans !

Elle lie le romanesque, une réflexion sur l'Histoire et le mal ainsi que le recours au merveilleux. Tout ça dans un style flambloyant, dans une écriture très poétique.

Sylvie Germain est pour moi l'un des meilleurs écrivains contemporains. Espérons que le Prix Goncourt des lycéens pour Magnus va la faire connaître d'un plus large public.

Ci-joint les critiques de Magnus et du livre des nuits, déja parus sur mon blog en septembre:

Magnus- Albin Michel- Rentrée littéraire 2005-Prix Goncourt des Lycéens 2005

 Voici le dernier roman de Sylvie Germain que j’ai découvert il y a deux semaines seulement avec Le livre des nuits (voir ma critique dithyrambique !)

 Le livre des nuits, sa première œuvre, garde ma préférence, mais Magnus est également un très beau roman. On retrouve les thèmes favoris de l’écrivain : la présence de la guerre, la réflexion sur le mal, le goût du tragique et du mysticisme mais ici, nulle trace de fantastique.

 Magnus est l’histoire tragique d’un homme qui a perdu la mémoire à l’âge de cinq ans pendant la seconde guerre Mondiale. Nous le suivons de l’enfance à l’âge mur. Il porte le même nom que son ourson qui porte une étrange odeur de roussi :l’une de ses oreilles est brûlée…Quel est le secret de cet ourson ? Pourquoi a-t-il le même nom que lui ? Le roman livre lentement la réponse…

 Au début du roman, il admire sa mère qui lui raconte la légende de la famille : deux frères morts sur le front et le pauvre Magnus qui a perdu la mémoire à cause d’une étrange maladie. Mais derrière la légende, se cache une réalité toute autre : le père, très distant, est médecin qui soigne le typhus dans un grand établissement, autrement dit médecin au service des SS.

 Magnus l’apprendra très tôt lors de la déroute de l’Allemagne en 1945 et de la fuite des coupables. Sa famille change de nom et son père émigre en Amérique Latine…

 Ce n’est que le début d’une longue histoire pleine de rebondissement… Au fil des années, Magnus va partiellement recouvrer la mémoire et lutter contre le mal incarné par son père. Quitte à y perdre ce qu’il a de plus cher…

 Ce roman nous déroute et nous émerveille par sa construction qui laisse la part belle à la surprise et aux rebondissements. Les chapitres deviennent des fragments pour matérialiser la mémoire morcelée de Magnus. La narration classique alterne avec des Notules ou des Séquences, souvent des biographies ou des extraits de romans ou de poèmes. Le roman est comme un puzzle que l’on reconstitue tout comme le personnage de Magnus.

 Magnus est un être dont le destin est d’être persécuté par le mal et la mort tout comme Nuit d’or Gueule de loup du Livre des nuits. A la réflexion sur le mal incarné par la figure du médecin hitlérien, s’ajoute une réflexion magnifique sur la mémoire : Magnus et un homme fragmenté, obsédé par le trou noir de son enfance. Il se cherche et finira par se trouver car il écoutera la voix du souffleur qui est en lui. Jugez la beauté de ces premières lignes : « D’un éclat de météorite, on peut extraire quelques menus secrets concernant l’état originel de l’univers… L’immémorial est pailleté de traces, infimes et têtues … Quant aux blancs, aux creux, aux échos, aux franges, cela fait partie de toute écriture, car de toute mémoire. Et ce silence n’est ni pur ni paisible, une rumeur y chuchote tout bas, continûment. En chacun, la voix d’un souffleur murmure en sourdine, incognito voix apocryphe qui peut apporter des nouvelles insoupçonnées du monde, des autres et de soi-même, pour peu qu’on tente l’oreille ».

Le livre des nuits, Gallimard, 1987

J'ai découvert Sylvie Germain très récemment dans un interview de Télérama à propos de son dernier livre Magnus: un enfant amnésique découvre progressivement que son père était médecin au service des nazis.

Je me suis donc précipitée sur mon lieu de travail; en attendant la livraison de Magnus, j'ai dévoré son premier roman Le livre des nuits.

Quel enchantement ! Au premier abord, c'est un roman du terroir: l'histoire sur plusieurs générations d'une famille, Les Péniel, dans la région frontalière de la Meuse. Quittant peu à peu le monde de l'eau, ils quittent leur métier de bateleur pour s'enraciner dans les terres. Le roman s'articule autour du patriarche, Victor-Flandrin, surnommé Nuit d'or-Gueule de loup pour son oeil noir reflétant de mystérieuses tâches d'or et pour avoir domestiqué un loup en arrivant dans le hameau. Sa vie sera entâchée d'une mystérieuse malédiction: il prendra femme quatre fois, épouses emportées par la mort, qui engendreront à chaque fois de mystérieux jumeaux.

Car deux mots symbolisent ce roman: tout d'abord, la mort, qui amène la souffrance et la folie par les trois guerres qui ravagent cette région frontalière, de 1870 à 1945. Puis le mystère ou la malédiction: les quinze enfants de Victor-Flandrin hériteront tous de son regard "Nuit d'or", les uns auront une tâche de vin sur le visage, d'autres seront bossus. Une de ses filles qui deviendra carmélite aura du sang qui coule mystérieusement de sa joue à chaque annonce d'une catastrophe. L'une de ses épouses perdra tous ses poils et ses cheveux. Des enfants morts nés deviennent des statues de sel.Les mortes se transforment en poupées.... Les miracles ou phénomènes fantastiques abondent transformant le texte en véritable poème en prose: des larmes deviennent perles de verre, la grand-mère de Victor Flandrin devient son ange gardien en devenant une "ombre blonde"...

Le roman du terroir se transforme ainsi en récit de légendes assez atemporelles bien qu'ancrées dans un contexte historique très précis. Car ce qui intéresse Sylvie Germain, c'est d'abord une réflexion sur le pouvoir du mal : ces nuits symbolisant la souffrance et la mort accablent les Péniel tels une malédiction. Les personnages sont marqués par la déréliction; lors des guerres, ils invoquent un Dieu qui certes existe mais qui n'intervient pas dans les affaires humaines.

Ce magnifique roman se lit comme un conte teinté de merveilleux et de fantastique L'écriture magnifique le transforme en poème en prose. Jugez-en par le titre des chapitres: Nuit de l'eau, Nuit de la terre, Nuit des roses, Nuit du sang, Nuit des cendres, Nuit nuit la nuit...

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7 novembre 2005 1 07 /11 /novembre /2005 00:00

Apparemment, les jurys des Prix Médicis et Fémina ont eu plus de goût  que le Goncourt et le Renaudot.

Résultat des courses:

Prix Médicis:

Français- Fuir de Jean-Philippe Toussaint

Fuir  est considéré comme l'un des meilleurs romans de la rentrée. Il a échappé de peu au Prix Goncourt. Jean-Philippe Toussaint se met en scène en Chine fuyant la technologie du portable ! Je pense que se livre est vraiment à découvrir. A suivre !

Etranger - Neige D'Orhan Pamuk

Superbe récompense pour cet écrivain turc en exil politique car accusé par les autorités turques de défendre les causes kurdes et arméniennes. Ce roman a l'ai magnifique et très engagé politiquement: un journaliste turc réfugié en Allemagne revient en Turquie à l'occasion d'un scandale dans un petit village d'Anatolie: des femmes voilées se sont données la mort...Le narrateur enquête dans le milieu politique et signe apparemment un plaidoyer contre la laïcité . Un livre à lire de toute urgence à l'heure de l'entrée de la Turquie dans l'union européenne!

Pour moi, Pamuk est un magnifique écrivain: je l'ai découvert en lisant Mon nom est rouge , magnifique fresque historique sur les rapports culturels entre Venise et l'Empire Ottoman au XVIe siècle( voir mon article en juin 2005). Dans ses romans, Pamuk examine les rapports , les liens entre l'Orient et l'Occident, thème fort de l'actualité.

Prix Fémina:

- Asile de fous de Régis Jauffret

Un prix qui récompense en écrivain déjanté et plein d'humour qui met à mal la morosité actuelle !

Cet opus ne dément pas la réputation des oeuvres de Jauffret;tout commence comme une pièce de boulevard: Damien n'ose pas dire à Gisèle qu'il la quitte; il va donc envoyer son père accomplir cette noble tâche en prétextant un changement de robinet dans la cuisine! Nous assistons alors à une scène d'anthologie (ce n'est que la première d'une longue série...): le père divague sur la qualité du robinet, de la cafetière et de tout appareil ménager avant de dévoiler la vérité ...puis d'emballer toutes les affaires de Damien (en déboîtant l'ordinateur pour récupérer le disque dur...).

 

 

Après ce premier acte, les différents personnages vont se livrer à des monologues hilares déversant leur haine de Gisèle et du monde et nous révélant petit à petit leur bassesse et leur folie: le père qui transforme les bulletins scolaires de son fils en fiche de paie pour le motiver, la mère qui compare l'amour maternel à un diamant dont les intérêts ne seront jamais remboursables par le fils et Damien, informaticien sodomisé et alcoolique qui dans son délire voit la maison parentale voguer dans un océan de foutre et Versailles inondée par des spermatozoïdes assassins !  La mère devient jalouse de n'avoir pas participé à l'annonce de la rupture et revient chez sa belle-fille pour lui faire miroiter un retour possible de Damien....

 

 

Dans cette famille de fous, dit la mère, l'amour est destiné aux pauvres: les bourgeois comme eux se doivent d'assurer à leur fils une bonne situation; pas besoin d'une chômeuse, littéraire de surcroît! Quitte à lui donner des indemnités de rupture...Sous des allures de bouffonneries, Jauffret en profite pour épingler la société capitaliste: la famille semble devenir une petite entreprise bien lucrative. Le tout raconté dans une langue souvent ordurière dans des discours sans fin qui ne sont pas sans rappeler les monologues fous de Lydie Salvayre. A la fin, Jauffret nous réserve une ultime surprise méditant sur les pouvoirs de la littérature et le statut de personnage. Mais chut !

Un petit regret tout de même:

L'attentat de Yasmina Khadra n'a remporté aucun prix.

Il était pourtant sélectionné pour les trois grands prix littéraires. C'est l'un des plus grands auteurs algériens contemporains. Sous ce nom de femme, se cache un officier de carrière qui a été obligé d'utiliser un pseudonyme pour pouvoir écrire. Son destin hors du commun est raconté dans son autobiographie L'écrivain (voir article). Il a aussi écrit le magnifique Les hirondelles de Kaboul, magnifique histoire entre une prisonnière et son geôlier au temps des talibans (voir article)

L'attentat met en scène un médecin israélien à qui l'on amène à l'hôpital le cadadre de sa femme morte dans un attentat. Il va découvrir qu'il s'agissait de la kamikaze....Ce livre est sur ma longue liste...

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6 novembre 2005 7 06 /11 /novembre /2005 00:00

Grand prix de la nouvelle de l'Académie Française en 1994

Jean-Marie Laclavetine, l'un des grands nouvellistes français et Prix Goncourt des lycéens pour sa satire du monde de l'édition Première Ligne, signe ici un recueil sur le vin. Fervent admirateur de Rabelais, originaire de la Loire, il rend hommage aux meilleurs crus français et étrangers.

Mais ne vous attendez pas à lire un livre hédoniste, dionysiaque sur les plaisirs du vin. Car il s'agit plutôt du "mauvais vin", celui que l'on échange entre ennemis ou qui rend fou. Comme ce père et ce fils qui s'associe pour monter un bar à vin : le fils finit par rendre son père fou pour l'évincer. On donne aussi à boire pour se débarrasser d'un mari gênant ou de vos bourreaux...

Quelques nouvelles intéressantes touchent à la limite du fantastique: un homme possédant une cave à vin richissime voit ses bouteilles disparaître par la présence d'un fantôme alcoolique. Un couple d'alcooliques se retrouve au paradis pour célébrer l'amour du vin. Un vigneron a une réputation de sorciers qui jette des sorts à ses ennemis. ..

Laclavetine nous brosse des portraits assez pessimistes; on a l'impression qu'une bile noire les conduit à la dégénérescence ou à la folie. Le lecteur éprouve une certaine inquiétude en lisant ces nouvelles; comme si le vin révélait en vous ce qu'il y a de plus vil...

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5 novembre 2005 6 05 /11 /novembre /2005 00:00

CHILI - PATAGONIE

Francisco Coloane (1910-2002) est le Jack London chilien. Fils d'un capitaine baleinier, figure de l' écrivain aventurier, il exerça de multiples métiers: baleinier, contremaître dans les grands élevages de moutons, matelot, explorateur dans l'Antarctique, participa aux sauvetages de bateaux en péril. On l'appela "le passant du bout du monde"

Cet ouvrage, paru en 1964 , n'a été traduit en France qu'en 1994 et remporta un franc succès. Coloane écrit des nouvelles qui ont pour cadre la Terre de Feu, ces terres inhospitalières situées entre le Détroit de Magellan et le Cap Horn, à l'extrême pointe de L'Amérique du Sud. Terre de glaciers tombant dans la mer, terre des tempêtes, cette terre est le territoire des chercheurs d'or, des dresseurs de chevaux, des éleveurs, des pécheurs et des chasseurs de phoque.

Chaque nouvelle met en scène ces personnages qui se battent avec passion contre cet environnement hostile. Ce sont souvent des histoires tragiques: des chercheurs d'or qui s'entretuent pour remporter leur magot, des péons, bouviers et dresseurs de chevaux affrontant l'armée, des personnages qui ont tout perdu et qui se réfugient dans la solitude des terres australes. Cela n'exclut pas la touche d'humour: un marin qui a peur de l'âme vengeresse de son collègue veut enterrer le cercueil au lieu de le jeter à la mer; mais il se réfugie dans une caverne pour se saouler et oublie le cercueil qui disparaît sous la neige et est retrouvé congelé six mois plus tard ! Il ya aussi beaucoup de tendresse dans ces nouvelles: comme ce cuisinier solitaire qui est chargé de capturer des moutons et qui prend sous son aile un petit agneau orphelin.

Le style est très réaliste; on sent que Coloane a vécu avec ces hommes du bout du monde. Il décrit magnifiquement le paysage magnifique de la Terre de Feu. Si vous aimez les récits d'aventure et les récits de voyage, ce livre est pour vous !

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4 novembre 2005 5 04 /11 /novembre /2005 00:00

Depuis quelques années, les adaptations littéraires sont très nombreuses au cinéma. Pour ne parler que des livres français cette année, Les âmes grises, Un long dimanche de fiançailles et Leur histoire ont été adaptés.

Il y a des écrivains qui sont aussi cinéastes. C'est le cas d'Emmanuel Carrère.  Tous ses romans sont portés à l'écran (L'adversaire, La classe de neige) et il a lui même adapté très récemment son roman La moustache.

En ce qui me concerne, je ne vais pas forcément voir le film et lire le livre. Je n'aime pas trop comparer quand le film ou le livre m'ont plu...

Par exemple, j'ai un très bon souvenir du film Un long dimanche de fiançailles de Jean-Pierre Jeunet. Je ne suis donc pas tentée de lire le livre.

De même, Les âmes grises est l'un des livres qui m'a le plus marqué ces dernières années. Je n'ai pas osé aller voir le film de peur d'être trop déçue...

Par contre, lorsque j'ai une mauvaise impression sur le film ou le livre, je suis tentée d'aller voir le film adapté ou de lire le livre. ...

Une chose qui m'énerve franchement: lorsqu'une adaptation littéraire sort au cinéma, les éditeurs changent systématiquement la couverture du livre en mettant l'affiche du film ! En ce qui me concerne, je pense qu'il faut garder une certaine indépendance entre les films et les livres. On peut par contre se dire que les adaptations boostent la vente des livres...Mais cela gâche tout quand nous essayons d'imaginer les personnages et que nous avons la photo des acteurs sur la couverture !!!

Là est l'origine de l'éternelle querelle entre cinéma et lecture, la querelle entre l'image imposée et l'imagination...

Que pensez-vous du lien entre cinéma et littérature? Aimez-vous voir au cinéma les livres que vous avez aimés?

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