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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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18 novembre 2005 5 18 /11 /novembre /2005 23:27

Seuil, Rentrée Littéraire 2005

La méthode Mila

Voici le dernier opus de la très talentueuse Lydie Salvayre dont je vous avais déjà fait découvrir l’admirable La puissance des mouches, où un fou à lier nous communiquait dans un monologue dément sa passion pour Pascal.

 

Ici, Pascal cède la place à Descartes. Mais dans ce titre, il ne s’agit plus de congratuler son maître à penser mais de le réfuter : le narrateur est un misanthrope qui a fui depuis longtemps les affres de la société pour se consacrer à l’étude de la philosophie. Mais un beau jour, sa tranquillité prend fin à cause de la prise en charge de sa mère sénile. N’arrivant pas à philosopher tout en faisant « manger et pisser » sa mère grabataire, il rentre dans des colères monstres et clame contre son gré la haine de sa vieille mère impotente. Son constat va alors à l’encontre de la philosophie cartésienne : « L’âme de l’homme est violente ».

 

Il se lance donc dans une réfutation de Descartes : le célèbre « Je pense donc je suis » devient « Je pense donc j’essuie » car sa mère s’est renversé sa tisane sur sa robe alors que son fils était en pleine méditation ! Pour lui, sous l’emprise de la colère, on ne peut se contrôler : jugez-en plutôt par vous-mêmes : « et ce que je lui balance en mon for intérieur est plus abominable encore, qui va du simple conne au magistral Crève salope, en passant par le Fais-toi foutre , Ferme ta gueule, va chier ! »

 

Le fils éploré sombre dans la plus profonde dépression : il abandonnera la philosophie pour consulter une voyante bohémienne, Madame Mila, qui lui fera découvrir le monde et …l’amour.

 

L’objectif de Salvayre n’est pas de défendre les sciences occultes contre la raison raisonnante. Elle cherche au contraire à montrer que la pensée telle que l’a conçue Descartes est stérile et incomplète, désincarnée et coupée du monde : il a oublié tout simplement le sentiment et l’âme.

 

Ne vous attendez pas à lire une démonstration philosophique barbante ; ce texte est bourré d’humour. Comme à son habitude, Salvayre mêle les pensées les plus subtiles aux considérations les plus triviales et obscènes. Tout personne qui a du faire face à la vieillesse peut se retrouver en ce narrateur philosophe.

 

Je vous propose deux extraits bien coriaces :

 

-A Descartes

 

« N’avez-vous jamais été pris du désir de casser la gueule à un con ? D’envoyer bouler votre père ? De fulminer contre vos princes ? De foutre le feu à leur colloque ? …Savez-vous ce que brûler veut dire ? N’avez-vous jamais pensé à votre queue ? Jamais lancé à un ratiocineur : parle à mon cul, ma tête est malade ? … »

 

A sa mère :

 

« L’homme cartésien est un homme sans épaisseur, sans chair, sans juif et sans arabe dans sa lignée, sans préjugé, sans petite manie, sans conflit avec ses collègues, sans papa ni maman.

 

Le pauvre ! dit maman.

 

Un fantoche, un éthéré qui ne pue pas. Qui ne pête pas.

 

C’est appréciable dit maman.

 

Qui ne rit pas. C’est triste, dit maman.

 

Que ne baise pas. Maman ne dit rien.

 

Et qui ne vit pas. C’est plus embêtant, dit maman »

 

Salvayre n’hésite pas à traiter le grand philosophe de tous les noms ! Il fallait oser ! Ouvrez vite ce livre ! Il va à l'encontre du politiquement correct, de la langue de bois et du bien pensant !

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16 novembre 2005 3 16 /11 /novembre /2005 23:09

Gallimard, 2005

Prix du roman Fnac

Le dernier roman de Pierre Péju est totalement différent de Naissances et de La petite chartreuse. Péju change de style en misant sur le roman historique se déroulant sur une longue période, de 1962 à 2037 ! 

Il relate la vie de deux enfants qui , bien que nés après la Seconde Guerre mondiale, en subissent les conséquences: Pierre, dès l'adolescence a découvert les horreurs de la guerre: son père, ancien résistant, est assassiné pour des motifs obscurs dans le jardin du Luxembourg. L'année de ses seize ans, il séjourne en Allemagne et fait la connaissance de Clara, fille d'un ancien médecin de la Wehrmacht. Elle lui révèle les horreurs qui se sont déroulées deux ans plus tôt dans ce village paisible: un homme, rongé par ses actes lors de la guerre a étranglé ses deux enfants dans la forêt.

Le roman est l'histoire de ses deux êtres qui se croiseront à plusieurs reprises au cours de leur vie: Pierre deviendra sculpteur pour tenter de vaincre son malaise tandis que Clara photographiera les grands conflits du siècle, à la recherche constante de la nature du mal.

Enfants de la paix, Paul et Clara ressentent  pourtant au plus profond d'eux-mêmes les fêlures de guerre et l'emprise du mal. L'auteur nous livre une réflexion sur le mal du "XXème siècle". Il s'agit d'un roman profondément pessimiste: les personnages semblent happés par le malheur ambiant; ils ressentent un malaise malgré la paix ambiante.

Le grand mérite de Péju est d'avoir écrit un vrai roman se déroulant sur une bonne partie de la deuxième moitié du XXe siècle et jusqu'en 2037 ! Il lie habilement histoire collective et histoire individuelle en analysant le poids des événements historiques et des guerres sur les destins individuels. On est loin de romans nombrilistes contemporains.

Néanmoins, je n'ai pas retrouvé la qualité d'écriture et la poésie de Naissances et de La petite Chartreuse.

Ce roman se lit agréablement mais je n'ai à aucun moment ressenti l'émotion des précédents romans !

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16 novembre 2005 3 16 /11 /novembre /2005 22:34

Voici la fin de mon conte "Romuald et la marmite magique"

– Dis-moi seulement les personnages et les paysages que tu veux voir figurer dans ton livre et ensuite, je me charge du reste !

 

– Et bien, après avoir vu les héros de mes histoires préférées, les dragons, les princes, les licornes, je pense que j’ai envie d’innover un peu. Pour te récompenser de l’aventure merveilleuse que je viens de vivre, je désire te faire figurer dans mon histoire. Qu’en dis-tu ?

 

– Oh, tu sais que tu me combles le cœur ! Je n’en espérais pas tant. Devenir l’héroïne de mes livres, quelle aventure ! Ouvres bien tes jolis yeux : tu vas assister à la fabrication d’un livre !

 

La Marmite magique émit un gros soupir qui fit sortir de ses entrailles quatre particules magiques : la première renfermait un petit garçon, ressemblant à Romuald, devant son ordinateur. La deuxième abritait une belle marmite souriante renfermant des milliers de particules à histoires. Et enfin les deux dernières représentaient un village à la tombée de la nuit avec une marmite distribuant des particules par la cheminée des maisons, et une chambre où un enfant s’endormait calmement devant sa mère lui lisant une histoire. Les quatre particules entourèrent de milles feux le petit Romuald qui vit soudain s’ouvrir un immense livre de pages blanches. La Marmite magique souffla très fort sur les particules qui furent propulsées en une seconde sur les pages blanches.

 

– Regarde, mon petit les jolies illustrations. Feuillette un peu le livre pour voir les belles images.

 

Romuald s’avança vers le livre et vit dérouler sous ses yeux l’aventure magique qu’il venait de vivre en une soirée.

 

– C’est merveilleux ! Nous apparaissons tous les deux dans ce livre. J’ai l’impression d’être devenu le héro d’un conte.

 

– Et notre aventure n’est pas encore finie ! J’ai une idée : ce soir, tu m’accompagneras : monte dans mes entrailles et tiens-toi ! Tu vas devenir avec moi le messager des contes.

 

Romuald monta dans la Marmite magique qui souffla un grand coup sur la fenêtre de sa chambre pour pouvoir s’envoler dans la nuit étoilée.

 

Romuald avait toujours rêvé de faire un voyage en montgolfière mais là, c’était encore mieux ! C’était dans une immense Marmite magique. Ils arrivèrent bientôt près d’un joli nuage vaporeux aux couleurs étincelantes.

 

Tout d’un coup, il vit deux petits lutins habillés d’une combinaison verte et d’un bonnet rouge sortir du nuage avec une baguette magique.

 

– Bonjour ! Nous sommes les lutins préposés aux histoires. Nous sommes chargés à l’aide de notre baguette magique de multiplier par centaines les livres que fabrique notre mère la Marmite magique, puis ensuite, nous prenons ces livres et les déposons dans la bibliothèque des enfants.

 

– Bonjour mes amis les lutins. Aujourd’hui est une soirée spéciale. Je veux évidemment que vous multipliez ces livres, que tient ce petit garçon dans les mains, mais je désirerais distribuer moi-même cette histoire aux enfants.

 

Romuald donna le livre aux deux lutins qui, d’un coup de baguette magique, démultiplièrent le livre.

 

Romuald assista alors à un spectacle merveilleux. Il vit un gigantesque arc-en-ciel constitué de milliers de livres qui naissaient de la baguette magique des lutins, pour aller se réfugier dans la Marmite magique.

 

– Bon, je pense que nous avons fait le plein pour ce soir ! Es-tu prêt pour le grand voyage nocturne ?

 

– Oh, oui ! Allons-y !

 

La Marmite magique protégeant Romuald dans ses entrailles descendit progressivement vers les chaumières encore allumées.

 

Elle regarda à travers une première fenêtre.

 

La Marmite magique émit un soupir silencieux qui ouvrit lentement la fenêtre de la chambre, sans aucun bruit. Romuald vit alors un livre en lévitation, entouré d’un halo scintillant de lumière, qui partit de la fenêtre pour venir se poser sur l’oreiller de l’enfant.

 

Il eut une surprise quand il vit un livre sur son oreiller. Il examina la couverture et vit une marmite géante volant dans un ciel étoilé avec à son bord un petit garçon tenant un livre.

 

– Tiens tiens ! C’est bizarre. Je n’ai encore jamais vu ce livre. Maman, maman, viens voir.

 

– Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’attends-tu pour dormir ? Il est l’heure d’aller se coucher.

 

– C’est ce que je m’apprêtais à faire, mais j’ai trouvé ce livre sur mon oreiller.

 

– C’est drôle ! Qui peut bien avoir posé ce livre sur ton oreiller ?

 

– Je ne sais pas mais en tout cas, cela à l’air drôlement bien. Veux-tu me la lire avant que je m’endorme ?

 

 

- Maintenant, il faut que tu ailles dormir. Mes lutins vont te raccompagner dans ta chambre.

 

– Dis-moi, petite Marmite magique, pourrais-je te revoir ?

 

– Bien sûr que oui ! Si tu le désires, tu pourras même confectionner les histoires de ton choix dans mes entrailles.

 

– A bientôt Marmite magique !

 

Les deux petits lutins prirent Romuald par la main, et s’envolèrent avec lui dans la nuit étoilée jusqu’à sa chambre.

 

Les lutins embrassèrent Romuald qui s’endormit presque aussitôt avec des rêves plein la tête. Avant de repartir pour le monde céleste, les lutins déposèrent un cadeau au pied du lit : le livre L’enfant et la Marmite magique.

 

 

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15 novembre 2005 2 15 /11 /novembre /2005 00:00

Voici mon troisième conte: Romuald et la marmite magique. Bonne lecture !

1ère partie

 Dans un ciel d’hiver, la Marmite aux Histoires était toute enrhumée. De grosses larmes coulaient de ses yeux, si bien qu’elle était devenue incapable de bouillonner, de faire se réunir les différents éléments d’un conte pour créer une  histoire.

 « Qu’il fait froid ! Tout est gelé en moi. Je suis désormais incapable d’inventer un nouveau conte ! Je ne sais que pleurer ! J’en ai assez de ces nuages qui me dépriment Tiens, tiens, je vais aller faire un petit tour sur la terre pour me réchauffer »

 La marmite descendit progressivement du ciel pour arriver au niveau de la cheminée d’un chalet. Elle s’y engouffra avec une telle force qu’elle ne put se fixer sur le feu et atterrit sur la moquette de la chambre d’un enfant.

 Romuald sursauta quand il vit une marmite volante atterrir dans sa chambre !

 Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?

 Bonjour : Je suis la Marmite Magique qui fabrique les histoires que tu aimes. Je me suis enrhumée alors j’ai décidé de venir me réchauffer chez toi !

 – Tu veux dire que c’est toi qui inventes les contes pour enfants ?

 – Oui, c’est moi, mais aujourd’hui, je suis malade, je n’ai pas envie de travailler. Je compte sur toi pour m’aider !

 - Comment faut-il faire ?

 - On va faire un marché : tu rentres en moi, tu te promènes parmi les particules magiques et tu sélectionnes celles que tu veux. Et ainsi, je te fabriquerai le livre de ton choix.

         C’est d’accord !

 La Marmite Magique, toute contente de cette aventure, put émettre un grand souffle qui créa une bulle d’air enveloppant Romuald. La bulle d’air entra dans les entrailles de la marmite. Le spectacle qu’il vit l’émerveilla. Tout autour de lui, des bulles d’environ vingt centimètres de diamètre renfermaient soient des univers magiques, soient des personnages légendaires, soient des monstres. Une princesse aux cheveux d’argent, habillée d’une robe à crinoline, lui fit un joli sourire et un signe de la main pour lui souhaiter la bienvenue. Il découvrit également des particules renfermant différents types de paysages : un château féerique sur une colline sous un ciel rempli d’étoiles filantes, une plaine enneigée avec des chalets cossus décorés de guirlandes et de houx, une ville orientale ornée de splendides minarets et de cours intérieures répandant dans l’air l’odeur enivrante des orangers.

 « Que c’est beau ! Mais au fait, la marmite ne m’a pas dit comment je devais sélectionner les différentes particules pour que je crée ma propre histoire.

 Pour cela, il essaya de frapper à la « porte » de la particule renfermant la princesse mais il n’obtint aucune réponse. Il tenta  de faire des signes à la jolie princesse mais la jolie créature aux yeux d’émeraude semblait rêver d’un monde lointain.

 « Je ne sais plus quoi faire ! La marmite m’a peut-être oubliée dans ses entrailles en voulant faire de moi l’un des nouveaux héros de ses histoires. Soudain, il se sentit soulevé et projeté au dessus de la Marmite magique.

 – Alors, petit garçon, tu as aimé le voyage au pays des histoires ?

 – Oh, oui, c’était merveilleux ! Mais je n’ai pas trouvé le moyen de créer l’histoire de mes rêves si bien qu’à la fin, je croyais que j’allais rester prisonnier des particules à histoires ! Dis-moi, comment fait-on pour créer une histoire ?

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14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 00:00

Editions Dupuis 2004-

4 tomes

Voici une bande dessinée désopilante au pays des squelettes !

Victor Tourterelle, cartographe, vient de mourir, la tête fracassée sur le sol de la salle de bain suite à une mauvaise chute sur un jouet de son fils. Le voici donc transformé en charmant squelette qui atterrit sur une planète désertique. Où est-il? Au paradis, en enfer, au purgatoire? Personne ne le sait vraiment ! Quelle déception! Aucune lumière, aucune trace de vie...Jusqu'au jour où il rencontre le facteur qui lui délivre un recommandé et le baptise Monsieur Mardigras Descendres car selon le calendrier des postes, il est mort entre la nuit du mardi gras et le mercredi des cendres !

Abasourdi, il découvre une grande ville remplie de squelettes où l'on hésite pas à marchander ses os ! Il découvre alors que les conditions de vie des morts est bien misérable ! Il demande du café au bar: on lui donne du mercure ou de l'huile de vidange ! Lorsqu'on le convoque au centre de tri pour sa prise en charge post-mortem ! Mardi gras se révolte et subit les foudres d'une sorte d'inquisition qui le conduit en prison pour insoumission ! C'est alors qu'il est délivré par un groupe de dissidents qui comptent bien utiliser ses talents de cartographes pour dresser la carte du pays des morts afin de faciliter leur évasion !

Voici le résumé du premier tome ...Il s'agit d'un récit plein d'humour où est décrit un purgatoire bien original! Les personnages sont tous des squelettes mais il ne s'agit pas d'un décor mortifère: la ville est sublime, les couleurs vont de l'ocre à plusieurs dégradés de noir; il ne s'agit pas d'une BD en noir et blanc mais bien de planches utilisant savamment un dégradé de couleurs. Il y a de beaux dessins de paysages lunaires qui occupent toute une page. Bien que se ressemblant tous, les squelettes ont tous un détail en plus qui permet de mes reconnaître: un moulin à café au dessus du crâne, des robinets au bras etc...

Laissez-vous séduire par ce voyage au pays des morts, vous ne serez pas déçus !J'ai hâte de lire les trois autres tomes !

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14 novembre 2005 1 14 /11 /novembre /2005 00:00

Gallimard, 1996

Voici une œuvre bien étrange signée de mon écrivain favori, Sylvie Germain. Si vous aimez la philosophie et le mysticisme avec un brin de fantastique, ce roman étrange est pour vous !

 

Le roman se déroule à Prague et met en scène Ludvik, un homme désabusé par la vie qui vient de vivre un rupture amoureuse. Ayant longtemps vécu à l’Ouest, il décide de revenir dans son pays d’origine. Exerçant le métier de traducteur, il retrouve son vieux maître Joachim qui lui a transmis l’amour des mots. Mais le destin et le temps les a séparés ; il retrouve un homme à l’article de la mort qui semble sujet à des tourments très étranges…Devenu un homme égoïste, il ne s’en soucie guère et vaque à ses occupations quotidiennes.

 

Puis de jours en jours, il assiste à des phénomènes étranges : un libraire, une femme de ménage, un jeune enfant l’interpellent et lui tiennent des propos étranges sur la vie et la symbolique du sel…D’abord abasourdi, il se laisse peu à peu bercé par cette ambiance d’irréalité. Puis il apprend que son ami est décédé.

 

Et si ce vieil homme avait la possibilité d’influencer sa vie outre-tombe ? Il reçoit une lettre bien étrange. ..

 

Il s’agit avant tout d’une magnifique histoire d’amitié défiant l’âge et le temps ainsi qu’une belle histoire de rédemption ; Ludvik ressortira transfiguré de cette avanture, ayant compris le véritable sens de la vie, la force de vaincre son dégoût de la vie et son égoïsme.

Le texte est parsemé de passages bibliques et de légendes hassidiques comme ce joli conte qui dit que lorsque deux personnes se rencontrent, deux étoiles dans le ciel forment un ange…

 

Il s’agit d’un beau roman humaniste qui délivre un message de vie : les passages sur la symbolique du sel sont assez hermétiques mais je crois qu’au-delà de la totale compréhension, le lecteur est happé par l’atmosphère ésotérique du texte…

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13 novembre 2005 7 13 /11 /novembre /2005 00:00

Voici la fin de mon conte !

LA PETITE LARME DU BONHEUR

Une demi-heure après, Théo était déjà arrivé à la garderie. Au début, son costume de Pierrot suscita bien des moqueries.

 

« Alors le marchand de tristesse, toujours en déprime ! »

 

 

Pour une fois, Théo le petit Pierrot résista à ses attaques ; il voulait réserver ses larmes pour le spectacle !

 

Le défilé des enfants commença : il y avait des rockers, des clowns, des chanteurs. Que de la joie et de la bonne humeur !

 

Théo en tremblait ; comment allait-on accueillir un spectacle certes beau, mais exaltant la tristesse ?

 

Ce fut enfin son tour.

« Alors Tristounet, tu veux nous faire pleurer ! »

 

Avant de monter sur scène, Théo avait demandé au moniteur d’éteindre les lumières et d’éclairer la scène d’une bougie. Théo salua doucement la scène d’une révérence. Un électrophone diffusait une musique mélancolique de Beethoven. La flamme éclairait légèrement le visage de Pierrot et les spectateurs purent distinguer une larme magistrale coulant le long de la joue du petit Théo. De loin, personne ne pouvait distinguer la petite créature dirigeant son enveloppe d’eau. Il la pris délicatement dans les mains, ferma les yeux et la fit vaguer sur son visage blanc. Puis la petite larme se promena le long de ses bras que Théo étirait le plus possible. A la lueur de la bougie, on aurait pu croire qu’une petite boule d’or se promenait sur le costume noir et blanc de Pierrot. Théo prit une coupe remplie d’eau posée près de la bougie et repris la larme magique dans la paume de sa main. C’est alors que la petite boule dorée tomba délicatement dans l’eau, sous la lueur  de la flamme.

 

Les spectateurs étaient restés bouche bée devant une telle tristesse transformée en beauté. Théo avait fait le plus beau spectacle et surtout le plus émouvant.

 

« Bravo, bravo Tristounet, tu es un véritable artiste ! »

 

Théo descendit de l’estrade, avec sa coupe à la main, sous les applaudissements de ses camarades.

 

« Viens Théo, viens l’artiste, viens jouer avec nous ! »

 

« Attendez un peu s’il vous plaît ! Je suis très heureux que vous ayez aimé mon spectacle. Maintenant, je ne suis plus triste, il faut que je change de costume ! Je reviens bientôt. »

 

Mais vous avez tous deviné que Théo avait une tâche très importante à accomplir avant de rejoindre ses nouveaux amis : réaliser le vœu de la petite larme !

Le petit garçon sortit délicatement la larme magique de la coupelle du spectacle.

 

« Alors, tu es devenue, selon ton désir, la larme du bonheur ! »

 

« Ce qui veut dire que je vais pouvoir vivre éternellement dans l’élément liquide et ne plus risquer de me dessécher sur le carrelage ! »

 

« Je connais une rivière qui longe la maison de mes parents. Qu’en penses-tu ?

 

« Je pense que c’est ce qu’il me faut ! Allons-y ! »

 

Arrivés au bord de la rivière, Théo regarda avec émotion et reconnaissance la petite créature qui lui avait redonné goût à la vie.

 

« Adieu, petite larme du bonheur ! Prends bien soin de toi, je ne t’oublierai jamais ! »

 

« Adieu mon Pierrot bienfaiteur ! Et surtout, ne pleure plus ou très rarement ! Je ne veux pas qu’une nouvelle larme magique me remplace dans ton cœur ! »

 

Théo fit tomber la petite larme dans la rivière argentée. La petite créature, virevoltant dans les flots, était fière d’avoir mis en spectacle la tristesse. Pendant ce temps, le ¨Pierrot ayant perdu ses larmes, rejoignait ses nouveaux amis. Peut-être y trouverait-il sa Colombine !

 

 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

Voici la deuxième partie du Conte "La petite larme du bonheur ".

LA PETITE LARME DU BONHEUR

2ème partie

« Tu as raison, j’aime bien ce personnage. C’est l’un de mes contes préférés. Mais je n’ai pas de costumes de pierrot ! »

« Il y a bien un magasin de déguisement pas loin de chez toi. Va te promener un peu et laisse-moi nager dans un peu d’eau pour que je reprenne des forces ! »

 

« Tu crois que je peux te mettre dans mon petit aquarium ? »

 

 « Bien sûr, du moment qu’il y a de l’eau, je me sens dans mon élément. A ton retour, tu n’auras qu’à plonger ta main dans l’aquarium pour me reprendre ! »

 

Pendant que la petite fée de larmes nageait parmi les petits poissons rouges, Théo partit à la recherche de son costume. Il y avait bien un magasin de déguisements pas loin de chez lui mais, il n’avait pas l’habitude d’y aller. Le carnaval, quelle corvée ! Mais aujourd’hui, il avait décidé de ne pas décevoir la petite larme. Il voulait réaliser le souhait de celle qui l’aidait à surmonter sa peine.

 

Il surmonta donc sa timidité et entra donc dans la maison de la fête pour demander son costume mélancolique :

 

« Bonjour monsieur, je voudrais un costume de Pierrot, s’il vous plaît. »

 

« Oh, oh, costume bien triste pour une fête ! Mais ce n’ai pas grave, tu te déguises, c’est ce qui compte ! »

 

 Théo ramena donc son costume chez lui et plongea tout de suite sa petite main dans l’eau pour récupérer la petite larme 

 « Ah, cela m’a fait tellement du bien de replonger dans l’eau que cela m’a donné de nouvelles idées ! »

 

 « Ah non, ne me dis pas que tu as décidé de me faire changer de déguisement ! »

 « Non, non mais que dirais-tu de faire un petit spectacle avec moi demain ? »

 

 « Comment cela ? J’ai mon déguisement, cela me suffit amplement ! »

 « Bien sûr, parce que tu crois que tu  vas pas faire rire tout le monde avec ton costume de Pierrot ! Tout le monde va t’appeler le tristounet si tu ne fais pas un spectacle ! »

 

 « De toutes façons, on m’appelle déjà le tristounet ! »

 « Raison de plus ! Pour vaincre cela, il faut que tu transformes la tristesse en joli spectacle et je me propose de t’aider. Maintenant que tu es le seul de ta classe à avoir percer le secret des larmes, je peux participer à ton spectacle en leur faisant croire que c’est de la magie. »

 

 « Alors que me proposes-tu ? »

 « Tu me remets dans ton œil avant le spectacle et quand tout est prêt je m’efforce de prendre une très grosse goutte dans l’océan de ton regard puis je coule sur ta joue. Toi tu me prends dans ta main et tu me fais me promener sur tes bras, sur ton costume et sur ton visage. A la fin, tu me caresses contre ta joue et me remets dans ton œil »

 

 « C’est une très bonne idée et c’est très beau. Tu crois qu’après cela, je ne serais plus appelé le tristounet »

 « Peut-être que si, mais dans tous les cas, tu seras un tristounet artiste ! »

 

 Théo remit la petite larme dans l’aquarium pour qu’elle passe une bonne nuit, alla manger avec ses parents et se coucha de bonne heure. Pendant la nuit, il rêva que le petit pierrot était enfin accepté par ses amis.

 Dès le soleil levé, Théo se précipita auprès de son aquarium pour dire bonjour à sa larme bienfaitrice.

 

 « Alors, petite larme, es-tu prête pour une dure journée ? »

 « Dure pour toi si tu veux mais pour moi, c’est sans doute le grand jour ! Si j’arrive à te rendre heureux, vive le grand océan ! Allez, mets ton déguisement de Pierrot et en route pour le spectacle ! »

 

Le spectacle aura lieu demain ! 

 

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

ALGERIE/ KABYLIE

 

La terre et le sang 

 

   

 

 

Mouloud Feraoun est le plus grand écrivain kabyle du XXe siècle. Instituteur à Alger, il a remporté de nombreux prix avant de se faire assassiner en 1962, à la fin de la guerre d'Algérie.

 

Ses romans exaltent les passions dans les villages isolés de Kabylie. La terre et le sang met en scène un jeune villageois,

 

Ses romans exaltent les passions dans les villages isolés de Kabylie. La terre et le sang met en scène un jeune villageois, Amer, qui émigre dans le nord de la France pour se faire embaucher dans les mines. Là-bas, il rejoint la petite communauté kabyle de son village ainsi que son cousin. Ce dernier est l’amant de sa logeuse. Un jour, un tragique accident survient au fond de la mine : une charrette de charbon écrase le cousin dans son sommeil. Est-ce un tragique accident ? A-t-il été provoqué par le mari jaloux de la logeuse ? Amer fuit la mine sans avoir défendu l’honneur de son cousin…Quelques années plus tard, il tomba amoureux de Marie, la fille illégitime de son ex patronne et de son cousin et l’épouse pour se dédouaner de sa faute…Il décident tous les deux de rentrer au pays. Mais là-bas, les attendent les proches du cousin qui n’ont pas oublié sa mort. Y aura t il vengeance pour défendre l’honneur du mort ? 

 

Cette histoire d’honneur est doublée d’un récit sur la descendance et sur l’adultère : Slimane qui désire au début venger la mort de son oncle découvre qu’il est stérile ; sa femme, Chabha tourne de plus en plus autour d’Amer…

 

Ce roman porte magnifiquement son titre : les kabyles sacralisent la terre qui est un bien que l’on transmet de génération en génération ; les couples doivent être fertiles pour transmettre cette terre. Le sang est celui de la famille et aussi celui de la vengeance…

 

Tout au début annonce la tragédie sanglante : lorsque Amer est accueilli, on sent la rancœur, même si elle s’apaise au fil du roman. Mais on sent que le destin est en marche . Tout tourne autour de l’exacerbation des passions.

 

Ce livre met en scène l’honneur tribal des différentes familles : chacune au coin de la rue défend son nom, ses ancêtres, son histoire. Cela exacerbe les conflits car il n’y a pas de communauté villageoise unifiée. Feraoun nous fait découvrir avec brio les coutumes de sa Kabylie natale. Il met également en relief les difficultés des immigrés lorsqu’ils retournent au pays ; ces derniers sont souvent considérés comme des bourgeois arrivistes ou des traîtres…

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11 novembre 2005 5 11 /11 /novembre /2005 00:00

En ce jour du 11 novembre, il m'a semblé intéressant de vous proposer une sélection de romans ayant pour cadre la Grande Guerre.

Dès 1919, des écrivains témoins ont voulu fixer pour toujours les événements qu'ils avait vécu aussi bien du côté français que du côté allemand : Roland Dorgelès, Erich Maria Remarque. Il s'agit dans la plupart des cas de dénoncer la boucherie guerrière. Dans quelques rares cas, les écrivains exaltent les vertus guerrières (Ernst Jünger) ou dénoncent l'héroïsme à travers le portrait d'un antihéros (Louis Ferdinand Céline).

Depuis quelques années, la Grande Guerre est "redevenue à la mode" en littérature. Quelques succès de librairie témoignent de ce regain d'intérêt.

Aimez-vous les romans historiques? Avez-vous une époque de prédilection?

 


 

 Voici ma sélection :

Les incontournables :

Les écrivains témoins en France

 

 

 

 

Les croix de bois de Roland Dorgelès   

 

 

 

 

 

Le feu de Henri Barbusse                                   

 

 

 

 

Ceux de 14 de Maurice Genevoix           

 

 

 

 

 

La main coupée de Blaise Cendrars        

 Voici quatre grands classiques de la littérature française sur la grande guerre; il s'agit avant tout de témoignages d'écrivains ayant vécu l'enfer des tranchées. Ces classiques sont largement étudiés à l'école pour dénoncer la barbarie guerrière. Il s'agit de récits pacifistes qui relatent jour après jour la vie des poilus dans les tranchées. A noter que Blaise Cendrars, surtout connu pour sa magnifique Prose du Transsibérien, a eu le bras droit arraché pendant la guerrre, d'où le titre de son livre.

 

 

 

  Du côté allemand :

 

A l’ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque             

 Un grand roman témoignage pacifiste: le poilu est aussi bien le soldat français que l'ennemi allemand.

 Les "iconoclastes

 Voyage au bout de la nuit de LF Céline 

                                                              

Céline nous présente la figure de l'antihéros Bardamu qui dénonce l'héroïsme; il rechigne à aller au combat et critique les soldats qui sont des moutons attardés.

 

 

 

 

 

 

Orages d’acier d'Ernst Jünger                                                                             

Le grand écrivain allemand exalte les vertus guerrières: les combats ont été pour lui une révélation. La guerre est l'exaltation de la force humaine et permet de révéler ses vertus héroïques. Il ne s'agit pas du tout d'un récit pacifiste. A noter d'Ernst Jünger, après la démobilisation, s'est enrôlé dans les Corps francs qui ont maté l'insurrection communiste à Berlin en 1919. C'est l'unique témoignage qui exalte la guerre.

 

 

 


 La littérature contemporaine

 

 

 Plus récemment, la Grande Guerre est redevenue à la mode. Il ne s'agit plus de témoignages mais de romans évoquant souvent des épisodes peu connus ou peu traités en Histoire.

Plusieurs écrivains évoquent également la guerre dans de grandes sagas du vingtième siècle: la guerre est évoquée dans la perspective du souvenir.

La chambre des officiers de Marc Dugain                                                    

Ce beau livre évoque le destin des gueules cassées, les soldats défigurés par les éclats d'obus qui ont passé la guerre non dans les tranchées mais dans les hôpitaux de l'armée.

Un long dimanche de fiançailles de Sébastien Japrisot                         

Ce roman adapté au cinéma par Jean-Pierre Jeunet évoque un sujet très peu traité par les historiens de la Grande Guerre; le cas des mutilations volontaires pour échapper aux combats.

Le fiancé de la belle bretonne est condamné à être fusillé mais il s'enfuit...Ne croyant pas à sa mort, Mathilde parcourera la France pour le retrouver. Une belle histoire d'amour avec un arrière-plan historique intéressant.

 


 

 D'autres romans, à travers de grandes sagas familiales du XXe siècle évoquent les ravages de 14-18:

L'Acacia de Claude Simon                                       

L'oeuvre majeur de Claude Simon, Prix Nobel de Littérature, tourne autour du souvenir et de la guerre. L'Acacia commence en 1914 lorsque 3 femmes drappées en noir, la mère, la femme et la soeur parcourent à pied les villages de l'Est de la France pour retrouver le cadavre d'un jeune soldat. Un morceau d'anthologie ! De même, la description des combats est magnifique. Une oeuvre difficile mais indispensable.

Les champs d'honneur de Jean Rouaud                 

Jean Rouaud rend hommage à sa famille qui a traversé le 20e siècle; de belles pages sont consacrées à 14-18.

Le livre des nuits de Sylvie Germain                    

Sylvie Germain, hantée par la question du mal au XXe siècle, nous livre un magnifique roman qui se déroule de 1870 à 1945. Les trois guerres sont convoquées pour faire le portrait d'une famille maudite poursuivie par le destin...

 


 

Enfin, on peut évoquer la grande saga romancée de Pierre Miquel, historien spécialiste de la Grande Guerre

Les enfants de la patrie de Pierre Miquel                 

 

Une grande saga en quatre tomes qui retrace l'istoire de la Grande Guerre de 1914 à 1918.

Voila ! Si j'en ai oublié, vous pouvez me donner les titres !

 

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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