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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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23 décembre 2005 5 23 /12 /décembre /2005 17:51

Gallimard 1988

Meurtres pour mémoire

Didier Daeninckx est un auteur de romans policiers engagé qui mêle à l'enquête une étude socio-politique; il y dénonce l'injustice, les mensonges et les crimes d'Etat.

Meurtres pour Mémoire est le polar qui l'a rendu célèbre; ce titre est aujourd'hui étudié en classe. Il a contribué à remettre en lumière la manifestation algérienne matée dans le sang par les policiers parisiens en octobre 1961.

Voici l'intrigue: un jeune professeur est mort lors de cette fameuse manifestation. Il n'est pas algérien, il n'a aucun lien avec l'OAS. Que faisait-il sur place?

Des années plus tard, son fils enquête et découvre que sa mort n'est pas anodine: il est alors sur la piste d'un horrible crime d'Etat. Son père faisait des recherches sur la collaboration en France pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Daeninckx enquête sur le passé de Maurice Papon (présenté sous un faux nom évidemment) lors de la Seconde Guerre Mondiale et lors des événements de la Guerre d'Algérie lorsqu'il était préfet de police à Paris.

Un livre politique incontournable....

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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23 décembre 2005 5 23 /12 /décembre /2005 13:58

ETATS-UNIS

Shutter island

Rivages "Thriller", 2003

Denis Lehane est l'un des auteurs américains de polars les plus réputés. Il a écrit notamment Mystic River, adapté au cinéma en 2003 par Clint Eastwood.

Shutter Island est un livre surprenant qui déroute le lecteur. Voici l'intrigue : dans les années 50, près de Boston, deux agents de la police fédérale, Teddy et Chuck, débarquent sur l'île de Shutter Island où est installé un hôpital psychiatrique soignant de dangereux schizophrènes qui ont pour la plupart commis des meurtres. L'une des patientes, Rachelle, qui a tué ses trois enfants, s'est enfuite alors que la porte de sa cellule est restée fermée. Les deux agents enquêtent et le mystère s'installe... La jeune femme a laissé un code étrange composé de plusieurs chiffres. Et si l'établissement était bien plus qu'un hôpital psychiatrique ? Les médecins ont l'air de cacher certaines choses...

Lehane installe une atmosphère envoûtante dans cette île propice à la tempête et au brouillard. Les personnages sont pour la plupart torturés, ayant perdu un proche ou ayant vécu le traumatisme de la guerre. Le contexte historique de Guerre Froide est passionnant: le lecteur est tenté de croire que les services secrets utilisent les mêmes méthodes que les scientifiques nazis et que les gardiens des goulags soviétiques.

Mais le plus passionnant est le rebondissement sensationnel au trois quart du livre (Je ne vous dis pas lequel !): le polar devient alors plutôt une plongée dans l'âme humaine torturée. Bienvenue dans le royaume de la folie....

Ce livre est magnifique de part son suspense et surtout de part sa formidable étude des traumatismes de l'âme... Ce titre est un véritable piège pour le lecteur... Laissez l'auteur vous  manipuler pour votre plus grand plaisir...

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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19 décembre 2005 1 19 /12 /décembre /2005 19:41

Folio Policier, 2001

Polar américain écrit en 1940

Voici l'un des grands classiques du polar américain des années 40-50: William Irish est l'un des auteurs américains de polars les plus connus avec Dashiel Hammet, Raymond Chandler et Chester Himes. Ce titre est aussi connu grâce à l'adaptation cinématographique de François Truffaut en 1967 avec Jeanne Moreau dans le rôle de la meurtrière.

Voici l'intrigue:quatre hommes sont tués l'un après l'autre par une femme mystérieuse qu'ils ne connaissaient pas. A chaque fois, la meurtrière s'infiltre dans leur appartement se faisant passer pour une autre. Empoisonnement, flèche décochée au coeur, saut dans le vide, asphyxie; à chaque fois, la méthode utilisée et différente. D'autre part la femme semble à chaque fois changer d'apparence: une fois rousse avec des taches de rousseur, l'autre fois blonde ou cheveux gris à chignon.

Quatre fois de suite, la femme récidive; mais on a l'impression qu'il s'agit à la fois d'une autre histoire tant l'atmosphère, la méthode employée et la description de la femme sont différentes à chaque chapitre. Irish décrit la meurtrière comme une jeune femme enchanteresse qui cherche autant ses victimes que les lecteurs; elle apparaît comme un fantôme évanescent qui se dérobe à chaque fois. C'est le personnage principal du livre mais on ne sait qu'à la fin qui elle est et pourquoi elle agit.

L'efficacité de ce polar tient à sa construction rigoureuse : quatre chapitres correspondent aux quatre meurtres : à chaque fois, description de la femme, scène du meurtre et enquête du commissaire Wagner. Le dénouement est étroitement lié au dernier meurtre.

A la fin, nous croyons avoir tout compris jusqu'à l'ultime coup de théâtre ! Une admirable histoire de vengeance et surtout un magnifique portrait de femme sur un fond d'histoire d'amour...Irish parvient à nous faire sympathiser avec la victime...

 Cela m'a donné envie de voir le film de Truffaut ; à mon avis, Jeanne Moreau est parfaite dans le rôle !

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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16 décembre 2005 5 16 /12 /décembre /2005 19:59

Editions POL,1996

Valère Novarina est une voix unique dans la littérature française contemporaine. A la fois photographe, peintre, cinéaste et dramaturge, ses pièces ne cherchent pas à signifier le monde mais à honorer le langage poétique.

Voici la trame principale du Repas : une centaine de personnages burlesques se réunissent pour dévorer le monde: parmi eux, l'avaleur jamais plus, le mangeur d'ombre, l'enfant d'outre bec, la mangeuse ouranique , Jean qui dévore corps et L'homme mordant ça. Ces derniers se décident à manger le monde. Mais en dévorant le monde, ils réfléchissent sur la condition humaine: "lorsque nous mangeons, nous échangeons des choses mortes contre du vivant. Manger, c'est échanger la vie", "Nous dévorons le monde mais le temps nous dévore".

L'absurdité de la vie humaine est un prétexte pour énumérer sans fin des phrases et inventer des mots : le principe de ce théâtre est l'énumération de mots inventés (ici, des aliments): "nous mangeons des ramasilles, dec l'abonde, de la rapée et des aglands; beauseigne ! nous mangeons des banaches, des beluches, des babets, des barabans......". Le langage semble être la seule réalité du monde ce qui n'est pas sans rappeler le théâtre de Beckett.

Parler pour remplir le vide de la vie... Présence du burlesque mais aussi réflexion subtile sur la condition humaine...

Lecteurs rationnels, passer votre chemin... Par contre, Novarina, en oubliant la recherche du sens, réconcilie théâtre et invention poétique.

La parole de Novarina est à entendre. Mais il faut attendre la prochaine adaptation !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 23:04

En ce moment, j'essaie de rattraper mon retard dans ma connaissance du roman policier. Moi qui n'ai jamais lu un Mary Higgins Clark !!!!

Bon, d'accord, je connais quelques bons auteurs français: Vargas, Grangé, Jonquet (mon chouchou ), Benaquista, Daeninckx.

Du côté étranger, c'est plus pauvre: un livre de Mankell que j'ai adoré et Andrea Camilleri ! Je vais essayé de me lancer dans le polar américain: Ellroy, Irish...

Et vous, êtes-vous fan de romans policiers et de polars? Quels sont vos coups de coeur et vos écrivains favoris?

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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15 décembre 2005 4 15 /12 /décembre /2005 22:54

Rivages noir 1996

 

Après une formation professionnelle sur le polar, ne vous étonnez pas que je vous conseille plusieurs polars ces jours-ci.

 

Ce livre a été adapté au cinéma en 2000 par François Berbérian avec Richard Anconina dans le rôle du policier enquêteur.

 

Ce roman n'a rien à voir avec Brocéliande-sur-Marne que je vous ai conseillé il y a quelques jours ; ici, il s'agit d'un véritable thriller avec meurtres horribles et psychopathes à la clé.

A Paris, un tueur en série assassine des femmes en les éventrant; puis il les édente ; des traces de sperme sont retrouvées dans les mâchoires. L'inspecteur Saverne soupçonne un ambassadeur américain. Mais la tâche ne va pas être facile étant donné que nous sommes en pleine négociation du GATT. De plus, l'immunité diplomatique est un obstacle supplémentaire. Saverne va risquer sa carrière et sa santé en menant une enquête parallèle à celle des services secrets...

L'originalité de ce thriller réside dans le fait que Oppel ne s'appesantit pas sur la personnalité du tueur: nous ne savons que son nom, il ne parle à aucun moment. Par contre, tout est centré sur le cheminement intérieur de l'enquêteur: ses doutes, sa culpabilité, ses colères...Il réfléchit sur la nature et la banalité du mal ; l'une des scènes les plus poignantes du livre est l'entrevue dans une prison des Etats-Unis de Saverne et d'un psychopathe tueur de femmes enceintes ...Ce tueur nous émeut aux larmes...L'enjeu est une réflexion sur la banalité du mal.

L'intérêt de ce roman réside donc dans l'étude psychologique de l'enquêteur. Certes il y a du suspens mais les amateurs de scène d'actions pourront détourner leur chemin...

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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13 décembre 2005 2 13 /12 /décembre /2005 22:32

Editions Casterman Sakka, 2005, 2 tomes

Hanawa est l'un des chefs de file du manga alternatif au Japon avec Tsuge, l'auteur de L'homme sans talent.

Il nous plonge ici avec brio dans le Japon animiste du XIIe siècle, empli de démons et de créatures fantastiques: il s'agit de l'histoire très émouvante d'une amitié entre Natsumé, une petite fille orpheline et une étrange créature mi-grenouille/mi-tortue portant au sommet du crâne une mare d'eau renfermant une eau céleste aux pouvoirs magiques. C'est une sorte de lutin ou d'ange gardien qui va protéger la petite fille des démons qui sèment son chemin, entre autre de la maléfique femme serpent qui transforme ses proies en grenouilles pour les dévorer.

Ce récit d'apprentissage est également la quête de la mère perdue : au cours du récit, Natsumé découvre que sa mère n'est pas morte comme elle le croyait mais qu'elle est une pauvre femme qui a été obligée de vendre son enfant. A peine retrouvée, la mère va être également la proie des démons. Natsumé et son fidèle lutin vont plonger dans l'enfer pour la retrouver...

L'univers décrit par Hanawa est à la fois féerique et terrifiant: le lutin est très attachant et fait penser à un elfe. Mais les démons peuvent faire penser à l'univers des métamorphoses kafkaïennes: un femme se change soudain en serpent, les démons peuvent prendre possession d'une petite fille innocente.

Ce manga est souvent conseillé aux enfants de par son univers animiste. Mais je pense vraiment qu'il s'adresse aux adultes. Un bon point de départ pour découvrir un manga d'auteur puisant dans les traditions ancestrales du Japon.

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Published by Sylvie - dans Mangas
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12 décembre 2005 1 12 /12 /décembre /2005 20:19

Gallimard 1991

Voici un nouveau chef d'oeuvre de mon écrivain coup de coeur ! On retrouve l'inspiration mythologique et biblique ainsi que la toute-puissance du mal. Il s'agit de l'histoire d'une petite fille, Lucie Daubigné, vivant près des marais de la région du Berry. Elle vit dans un environnement propice à la rêverie; pour elle, le monde est peuplé de belles légendes. Mais le mal rôde en la personne de son demi-frère Ferdinand...Ce dernier va la violer chaque nuit dans sa chambre. D'abord rongée par la douleur et le chagrin, Lucie devient progressivement un personnage haineux qui crie vengeance. Son regard est celui de la légendaire Méduse qui anéantit l'homme...

A partir d'une thème tabou, celui de l'inceste, Sylvie Germain brode un magnifique conte inspiré à la fois des contes et llégendes traditionnels (l'univers des marais berrichons peut faire penser à Georges Sand, thème de l'ogre),de la mythologie (le mythe de la Méduse) de l'Ancien Testament (thème de la vengeance) et du Nouveau Testament (thème de la rédemption et du pardon).

Comme à son habitude, l'écriture est absolument magnifique, faisant penser à des poèmes en prose. Chaque chapitre appelé " Légende" est entrecoupé de poèmes en prose intitulés différemment selon la tonalité, la couleur de la scène décrite et aussi de l'état d'esprit des personnages: L'enluminure pour évoquer l'âge de l'enfance, le paradis, puis viennent les sanguines (couleur du sang et de la menace du mal) et les Sépias (la vengeance). Enfin, on passe aux Fusains (la tristesse de l'hiver, la détresse des personnages) et enfin aux Fresques (évoquant les scènes de la Nativité donc le renouveau et l'espoir). Chaque partie du roman correspond à l'atmosphère ambiante et à l'état d'âme des personnages lui même correspondant à une saison : le printemps pour l'enfance, l'automne pour la vengeance, l'hiver pour la déréliction. Ces descriptions sont à proprement parlés de véritables tableaux.

Le roman est construit sur une opposition entre l'univers céleste symbolisant l'innocence et la pureté et l'univers chtonien évoquant le mal et la vengeance. Au début, Lucie est ami avec un futur astronome passionné par la vie des étoiles. Puis , avec le malheur, elle "descend" progressivement dans l'univers des marais: les crapauds, les salamandres et les couleuvres deviennent ses confidents; elle s'animalise de plus en plus:

"Elle avait renié tous les astres. Elle avait troqué la splendeur du firmament contre celle de la terre, de la terre à boue, à brousaille et à vase; elle avait troqué l'or radiant des étoiles contre le bronze étincelant des couleuvres, des crapauds, des insectes et des yeux de hiboux. Elle vait basculé si brutalement contre la terre qu'elle ne voulait même plus se relever. Elle ne désirait plus que s'enfoncer dans la terre, creuser dessous la terre"

Mais la rédemption vindra progressivement ...

Festival de couleurs et de légendes, ce roman est un véritable poème !

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12 décembre 2005 1 12 /12 /décembre /2005 10:16

Editions de l'Arpenteur, 1999

Si vous ne connaissez pas Autin-Grenier, ouvrez vite ses oeuvres ! C'est l'auteur français le plus impertinent que je connaisse ! Son oeuvre est vraiment unique et drôle dans le paysage assez triste de la littérature française contemporaine.

Ce titre rassemble de petits textes de quatre ou cinq pages alliant les poèmes en prose, les nouvelles, les récits et surtout de courts récits d'autofiction. Mais attention, il ne s'agit pas de l'autofiction que nous connaissons , sérieuse et prétentieuse, très pessimiste.

A chaque page, Autin-Grenier pratique l'humour, l'ironie et surtout l'autodérision. Le titre, déjà, annonce la couleur. Autin Grenier est l'anti-héros par excellence (l'un de ses titres s'appelle d'ailleurs Je ne suis pas un héros) qui passe ses journées à somnoler, déguster de l'andouillette et du vin et à se promener pour croquer de petits portraits en prose. Il demande qu'une chose: qu'on le laisse tranquille !

Il se présente ainsi à la page de titre: "Il se promène pour le moment entre la quarantaine rugissante et une cinquantaine bonhomme sur la brèche cependant et prêt à grimper sur la barricade" et dédie son livre à son chien !

La premier titre est significatif: Je n'ai pas grand chose à dire en ce moment !. Ce pas grand chose est magnifique et très drôle:il s'imagine que sa lutte contre la cigarette ressemble à une locomotive du Far-West luttant contre les Indiens, refuse qu'il devienne moulinette à légume et liquide vaisselle, veut se transformer en nègre pour refuser de devenir une andouillette qui attache au fond et a une érection lorsqu'il entend Arlette Laguiller à la radio !!

A l'humour, s'ajoute une bonne dose d'anarchisme: il n'hésite pas à comparer ses voisins à des porcs et crie "Vive Arlette !" à la fenêtre. Dans ses textes, il défend l'indépendance et l'impertinence du poète face à la médiocrité et la bonne conscience ambiante.

Le tout agrémenté par une langue magnifique utilisant brillamment la métaphore sans oublier le parler populaire. Ce livre est drôle, très drôle; je ne résiste pas à vous livrer quelques extraits:

En parlant de sa mère

"Lessivée, elle parvient à s'allonger, déformée et toute de traviole, sur son divan. C'est un lavis tragique d'Egon Shiele aperçu jadis à l'Albertina de Vienne. C'est de ce charnier que je viens , pour tenter sans espoir de gagner les étoiles"

Une parodie des poèmes en prose de Baudelaire

"Un jour comme ça, cerné par ce paysage trop étroit, je partirai...A sans cesse savonner les parquets, dégraisser les gamelles , je te préviens: tout déborde, explose et bientôt, je file à la ville chanter bêtement des chansons décadentes dans les cabarets russes ...A moi Baudelaire, musiques foraines, frites en cornet à la bonne franquette! J'étais poète et me voici maintenant tenant moulinette à légumes, détergent biodégradable, ...Trop, c'est trop, je pars !"

Le rêve du nègre

"Vraiment, le petit poète blanc aurait préféré être un grand nègre et cabrioler aux trois quats nus dans les traboules en savanes dans l'intimité des zébus et la frayeur des éléphants , plutôt qu'être né de cet occident moqueur et roturier qui compte et recompte ses privilèges dans l'arrière-salle d'une boutique depuis longtemps naufragée"

L'homme andouillette

"Alors, tout d'un coup, je me suis senti comme une andouillette abandonnée par ses parents. Et par l'humanité toute entière. Seul dans un poêlon oublié sur le gaz au creux duquel le beurre commencerait à brûler. Je réclamai une lichette de vin blanc pour adoucir cette douleur d'être né, aussi ce grésillement nauséabond de la vie autour de moi."

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11 décembre 2005 7 11 /12 /décembre /2005 23:00

ETATS-UNIS

Editions Actes Sud, 1994

Voici l'un des plus célèbres romans du grand écrivain américain, Russell Banks. L'intrigue se déroule dans un village reculé dans les montagnes du nord de l'Etat de New-York. Un bus de ramassage scolaire conduit par une femme expérimentée, Dolorès Driscoll, a dérapé dans une vallée et provoqué la mort de plusieurs enfants. La population du village est partagée entre le chagrin et la colère ainsi que le besoin de faire payer les responsables de l'accident: la mairie, la compagnie de bus, l'Etat pour l'entretien des routes...

Quatre personnages prennent la parole à tour de rôle pour relater les événements: Dolorès qui raconte l'accident, Billy Ansel, veuf, qui vient de perdre ses deux enfants dans l'accident, Mitchell Stephens, un avocat véreux qui cherche à tous prix à attiser la colère des parents pour trouver les responsables. Enfin, la jeune Nicole Burnell, qui a perdu l'usage de ses jambes, provoquera un dénouement inattendu...

Les quatre discours, multipliant les points de vue, révèlent également peu à peu les secrets scandaleux de la petite communauté. Dans cette bourgade, tout n'est que frustration.

Russell Banks dénonce la mentalité américaine qui cherche à tout prix à trouver une cause à des événements dus au destin ou au hasard. La chasse aux responsables envenime les rapports sociaux et déstabilise le village. Banks s'attaque à une pratique de plus en plus fréquente qui vise à intenter des procès à quiconque: les fabricants de tabacs, les médecins etc...

Russell Banks se met magnifiquement dans les peau des différents personnages: les différents monologues intérieurs miment magnifiquement la douleur, la résignation ou la colère.

Mais bien que je trouve que ce roman soit magnifiquement  construit, je n'arrive pas à être touchée. Quelle est l'origine de cette distance, je ne sais pas !! Et vous, avez-vous aimé ce roman?

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