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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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2 février 2006 4 02 /02 /février /2006 19:43

Vietnam, Editions Picquier, 1996

Ouvrage écrit en 1887

Née en 1947, Duong Thu Huong est une figure emblématique des lettres vietnamiennes. Etant l'écrivain de son pays le plus traduit au monde, elle doit sa célébrité à ses prises de position contre le régime dictatorial et sa défense des droits de l'homme.

Ses livres sont interdits de publication au Vietnam; elle fut incarcérée pendant sept mois en 1991 et vit depuis en résidence surveillée à Hanoï. Soldat pendant la guerre de Vietnam, elle fit partie du parti communiste pendant de nombreuses années. Mais après avoir critiqué le népotisme et la corruption, elle fut exclue du parti.

Par sa plume, elle dénonce justement les injustices de l'Etat Vietnamien totalitaire et prône la liberté de l'individu. Ses oeuvres sont aussi un vibrant appel à la liberté féminine.

Son plus célèbre roman, Au delà des illusions, a été le livre de chevet de toute une génération: il s'agit du magnifique portrait de Linh, une enseignante, qui quitte son mari, journaliste, qui s'est compromis avec le régime totalitaire. Ce dernier a renié ses idéaux de la révolution pour assurer sa sécurité familiale. Contre le bien-être et la richesse matérielle, Linh préfère la liberté et la vérité. Elle va donc s'attirer la foudre de toute la communauté qui l'accuse d'adultère. En effet, elle tombe amoureuse d'un compositeur..Devant la pression des parents d'élèves, elle devra quitter son poste d'institutrice...

Ce livre est magique à plus d'un titre. Tout d'abord, Duong Thu Huong met en lumière le conflit existant entre la liberté individuelle et l'Etat qui intervient dans la vie privée.  Elle nous fait également connaître la soumission des intellectuels (professeurs, journalistes, peintres, compositeurs) qui doivent se soumettre aux hommes de pouvoir corrompus pour survivre.

Au delà du message délivré, le charme du livre vient surtout de l'histoire éminemment romanesque: il s'agit d'un beau roman d'apprentissage d'une femme qui parvient à se libérer des conventions sociales et du pouvoir des hommes. Le personnage de Linh est magnifique et incarne le courage. Elle parvient à faire changer son mari, Nguyen, qui refuse à la fin la soumission à l'Etat. Ce dernier est lui aussi très attachant: c'est d'abord un homme meurtri qui ne peut se remettre du départ de sa femme. Amour, illusions et désillusions et aussi message d'espoir sont présents.

Enfin, la description de la nature (les arbres, les rizières), l'attention portée aux saisons ainsi à la vie quotidienne des vietnamiens nous enchantent....

Un extrait:

" Linh regarde tranquillement sa douleur. Pour lui, elle a accepté tant de malheurs. Mais elle s'est réveillée, elle a grandi. L'être humain ne sera jamais adulte tant qu'il s'en remet à d'autres pour sa dignité, à des idoles nimbeées d'étoiles et de lumière. Il ne doit croire et espérer qu'en lui-même, car ce sont ses propres pas qui l'amèneront au fin fond de son existence"

Bonne lecture....

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1 février 2006 3 01 /02 /février /2006 12:09

Ryunosuke Akutagawa (1892-1927)- Rashômon

Rashômon est surtout célèbre pour son adaptation au cinéma par le célèbre Kurosawa.

L'intrigue est simple: une femme accompagnée de son mari est violée par un vagabond. Mais tout le talent d'Akutagawa repose sur l'emboîtement des récits qui se contredisent: chacun des trois protagonistes prend la parole à tour de rôle et raconte sa propre histoire si bien que le lecteur a une vision floue des événements: le mari est-il venu en aide à sa femme? L'épouse a-t-elle fui avec son agresseur? Y-a-il eu suicide?

Nous ne le saurons jamais....

Akutagawa est l'un des plus grands écrivains japonais. Il a surtout écrit des nouvelles. A signaler que le Prix Akutagawa est le prix littéraire le plus pestigieux du Japon.

Dans le recueil de nouvelles édité par Gallimard Folio, Rashômon est accompagné d'un magnifique récit mettant en scène un peintre de la cour impériale qui recherche un jeune modèle pour peindre un carrosse en feu. Cette nouvelle est une réflexion sur la cruauté et le rapport entre l'art et le mal. Frisson garanti ...

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 22:50

Junichirô Tanizaki (1886-1965)

Tanizaki signe ici un roman sur les rapports entre Eros et la Thanatos , dans la lignée des Belles endormies  de Kawabata.

Le récit est un journal intime d'un vieil infirme soumis à des névralgies et à l'hypertension artérielle. Il tombe amoureux de la belle-fille, ancienne danseuse de music-hall. Impuissant, il lui demande de maigres consolations pour supporter sa maladie. La belle-fille en profite pour monnayer les petites faveurs pour satisfaire ses goûts de luxe: lécher son mollet, la regarder sous la douche....

Peu à peu, le vieillard s'isole et sombre dans le fétichisme: son seul lien à la vie est son amour pour sa brue...

Tanisaki analyse avec brio le sadomasochisme de cette relation et la cruauté de la danseuse. Le lecteur est paratagé entre la répulsion et la pitié pour la détresse du vieillard.

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31 janvier 2006 2 31 /01 /janvier /2006 22:48

Editions Rivages

Yasushi Inoué a obtenu le Prix Akutagawa en 1950 pour Le fusil de chasse. Son oeuvre est imprégnée par l'Histoire du Japon et de la Chine. A lire Le loup bleu, biographie romancée du célèbre Gengis Khan.

Je vous propose de découvrir un petit roman tout simple, road-movie au pays du soleil levant: un vieil homme décide de partir en croisade contre l'urbanisation et la dévastation de la nature; iul est passionné par les livres anciens et surtout le Manyô-Shû, le plus ancien recueil de poésie japonaise.

Avec sa petite fille, il va aller à la rencontre des paysages évoqués dans ce recueil de poésie. Au cours de leur fugue, les deux personnages vont rencontrer une jeune adolescente en rupture de ban ainsi qu'un chauffeur de taxi qui vont les suivre dans leur périple.

Ce roman très poétique oppose le Japon des paysages traditionnels et le Japon moderne à la vie trépidante.

Le réduire à un récit écologiste serait réduire la poésie du texte. Le roman est plein d'humour, créé par les dialogues entre les différents personnages. Le vieil homme est très attachant et le lecteur le suit allègrement dans ses déambulations.

 

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 16:02

Editions Rivages. Oeuvre écrite en 1906

 

 Natsume Soseki est le plus grand écrivain de l'ère Meiji (fin du XIXe siècle-1906). Son oeuvre est teintée de l'inspiration occidentale au moment où l'empire s'ouvre au continent européen.

Oreiller d'herbes est l'un de ses plus grands chefs-d'oeuvre mais reste largement méconnu en France. C'est une oeuvre très poétique et une réflexion sur la création artistique: un peintre se retire dans les montagnes reculées du Japon pour y méditer sur la nature de son art. Pour lui,  être artiste ne veut pas seulement dire créer; c'est avant tout un art de vivre. Il convient donc de quitter l'agitation de la société et de vivre en accord avec la nature.

Le roman fait alterner les réflexions sur la création artistique à de magnifiques descriptions des paysages japonais traditionnels: description de la nature changeante au fil des saisons, rythme de l'eau, chant des oiseaux...

Dans cette atmosphère éminnement poétique, le peintre va faire la connaissance d'une femme, la fille de son logeur. Dans ce village, les femmes de cette famille semblent poursuivies par une étrange malédiction: les ancêtres de la femme se sont noyées dans la rivière...

Soseki réactualise le mythe d'Ophélie: subjugué par la beauté de la jeune femme, le peintre désire peindre son visage qui répond aux canons esthétiques de l'époque. Mais elle semble vouloir se dérober...

Teintée de romantisme, ce court roman mêle amour, légende, description de paysages et réflexion sur la création. Un roman à découvrir pour connaître le Japon traditionnel.

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 15:52

Je vous propose aujourd'hui une nouvvele catégorie sur mon blog: la littérature asiatique.

Pour l'instant, elle sera surtout illustrée par des auteurs japonais. Si nous avez des auteurs coréens, vietnamiens, thaïlandais à me conseiller, n'hésitez-pas !

En ce qui concerne  les auteurs chinois, je connais Lao She (un grand classique), ainsi que Mo Yan , le plus grand écrivain chinois contemporain (Pays de l'alcool, Beaux seins, belles fesses). Commentaires à venir...

J'ai commencé aujourd'hui Au delà des illusions de l'auteure vitnamienne Duong Thu Yong.

La critique bientôt...

Pour l'instant, je vous propose de redécouvrir les grands auteurs classiques japonais....

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30 janvier 2006 1 30 /01 /janvier /2006 15:43

Editions Picquier, 1995

Edogawa Ranpo (1894-1965) est le fondateur du roman policier japonais. Fortement inspiré d'auteurs occidentaux comme Maurice Leblanc et Conan Doyle, son nom d'écrivain est en fait la transposition phonétique en japonais d'Edgar Allan Poe, l'une de ses idoles.

Picquier regroupe ici ses cinq premières nouvelles qui ne sont pas forcément policières. Quelle délice ! On retrouve la cruauté, l'érotisme, le mystère qui ont fait le renom de la littérature japonaise dans le monde.

Voici les thèmes de ces cinq nouvelles: un jeune femme violente son mari ancien officier de guerre, devenu cul-de-jatte, sourd et muet. Il n'y a plus que son regard qui est vivant...

Un homme très laid s'installe dans un fauteuil qu'il a fabriqué lui-même pour pouvoir caresser les jeunes femmes qui s'assoient dessus.

Un homme confessent ses crimes qui ne peuvent être jugés par la loi; il s'arrange en effet pour que l'on croit qu'il cherche à sauver la victime: il crie Attention ! à une vieille dame qui traverse un passage à niveau; celle-ci s'arrête et se fait écraser...

Un somnanbule raconte le meurtre qu'il a commis lors d'une crise à un mystérieux personnage qu'il semble connaître...

Enfin, deux étudiants partent à la recherche du magot d'un gentleman cambrioleur...

Ce qui fait le charme de ces nouvelles, c'est tout d'abord l'art de la chute que l'on retrouve dans la plupart de ces nouvelles. Edogawa nous réserve à chaque fois un rebondissement à la fin des histoires. Il nous mène en barque et le lecteur est bluffé. En prenant par surprise le lecteur, l'auteur se moque aussi de ses personnages qui découvrent la tromperie en même temps que le lecteur.

Selon Edogawa, le crime, la faute est d'abord esthétique: chaque protagoniste s'évertue à monter des spectacles, à jouer sur l'illusion. En cela, la nouvelle La chambre rouge est très significative: le criminel raconte ses crimes dans un véritable décor de théâtre; le narrateur parle de pertidigitation....Le masque, le jeu sont des éléments primordiaux des intrigues.

J'ai retrouvé dans la première nouvelle La chenille un style authentiquement japonais: le rapport homme-femme, le mélange d'érotisme et de cruauté, éros et thanatos...

Ce livre est vraiment à découvrir ...

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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 16:25

Gallimard Nrf, "Poésie"

Recueil paru en 1938

Voici le recueil de récits le plus connu de Michaux et le préféré de l'auteur lui-même. Composé de treize chapitres se présentant comme de courts récits, le charme de ce livre naît de la présence du personnage Plume, un monsieur débonnaire à qui il arrive des aventures rocambolesques. Le nom de Plume fait référence à la légèreté du personnage qui n'a aucune volonté et qui se laisse porter au gré des événements. On terouve bien sûr l'influence du surréalisme, mouvement auquel cependant n'a jamais appartenu le poète belge.

Quelques exemples des fantaisies de Plume : alors que sa maison s'envole, sa femme est coupée en morceaux par un train qui passe; il se retrouve inculpé de meurtre. Dans un restaurant,

Dans un restaurant, les policiers le poursuivent car il a commandé une côtelette qui n’était pas dans le menu. En voyage, il se fait virer du train, des monuments, des hôtels. Enfin, il lui arrive de marcher au plafond.

Ce personnage irrésistible apparaît au milieu du recueil dans "Un certain plume". Entre ce récit central, apparaissent des poèmes ou des récits d'une dizaine de pages tout aussi fantaisistes qui se nourrissent soit de voyages dans l'espace soit de voyage dans l'imaginaire et le délire intérieur du poète: un malade nous confie ses hallucinations montrant des animaux fantastiques, un animal mystérieux mange les serrures. Dans le genre humour noir, un bourreau n'a pas assez de force pour couper les têtes et l'eau du robinet se transforme en cristaux tranchant les bras....

Beaucoup d'absurde et de fantaisie dans ce recueil mais moins de cruauté et d'invention langagière que dans Ailleurs qui garde ma préférence. 

A réserver à tous ceux qui n'aiment pas la poésie hermétique ou lyrique mais au contraire les courts récits remplis d'humour.

Mon prochain Michaux: La vie dans les plis ...

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Published by Sylvie - dans Poésie
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29 janvier 2006 7 29 /01 /janvier /2006 12:57

Apparemment, plusieurs des lecteurs de mon blog sont sensibles au classement que je fais par littérature nationale ou régionale: littérature orientale, japonaise, anglo-saxonne, sud-américaine....

Lorsque vous lisez un nouvel auteur, êtes-vous sensible à son origine ou pas du tout?

Est-ce d'abord le thème du livre qui vous intéresse?

En ce qui me concerne, j'ai une passion pour la littérature asiatique (japonaise en particulier) et sud-américaine. Pour la littérature asiatique, c'est plutôt le côté mystérieux et poétique qui m'attire. Quant au sud américain, les inventeurs du "Réalisme magique", c'est l'écriture baroque, la démesure, la fantaisie.

Et vous, avez-vous une préférence?

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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27 janvier 2006 5 27 /01 /janvier /2006 20:42

Vous l'avez compris, Fabrice Melquiot est mon dramaturge contemporain préféré. Je connais très peu ses pièces pour adultes, mais ses pièces jeunesses sont de vrais bijoux. Je vous avais fait découvrir Le gardeur de silences et Perlino Comment. Pour moi, Melquiot, ce n'est pas simplement du théâtre. C'est surtout une langue, beaucoup de fantaisie, du conte plein de poésie.

Je vous propose aujourd'hui Bouli Miro et Les petits mélancoliques

Bouli Miro, Arche Editeur, Théâtre Jeunesse, 2001

Attention : il s'agit de la première pièce de théâtre pour le jeune public à être entrée au répertoire de la Comédie Française.

Beaucoup d'humour et de burlesque dans cette pièce:

Mama Binocla et Daddi Rotondo ont un petit garçon qui pèse dès sa naissance 9 kg. Alors au lieu de l'appeler Rahan, ils l'appellent Bouli comme ça, pas de doute, on sait qu'il est gros. À un an, ils s'aperçoivent qu'il est myope Bouli, c'est comme ça qu'il devient Bouli Miro. À trois mois, Bouli pèse 33 kg.
Malgré son handicap, sa cousine Pétula Clarck l'aime mais elle déménage bientôt en Espagne. Bouli entre à l'école, on se moque de lui. Un jour, lorsqu'il manque d'écraser sa mère, il décide maigrir en faisant de la gymnastique. Il devient alors la coqueluche des médias. Sharon Stone tombe raide dingue de lui et lui demande de faire une pub avec elle !!! Pétula revenant d'Espagne renie son amoureux car s'il a maigrit, sa tête , quant à elle, grossit de plus en plus.... Mais Bouli n'a pas dit son dernier mot...

 

Bouli miro, c'est d'abord une belle histoire d'amour entre deux enfants: jalousie, fugue tout cela raconté dans un langage enfantin. Beaucoup de jeux de mots, un univers déjanté rempli d'humour (Sharon Stone passe pour une idiote écervelée). Cette pièce bouscule le répertoire poussiéreux de la Comédie Française !!

Les petits mélancoliques, L'école des loisirs "Théâtres", 1999

Une pièce bien différente, moins déjantée et plus émouvante: Petit Tom est malade de mélancolie. Ce matin, il se réveille, certain qu'il va mourir avant la fin de la journée. Ses frères, Loup et Tigre, malgré leur chagrin, finissent par le croire. En compagnie d'un vieil ami acteur, Mite l'Ermite, ils vont offrir à Petit Tom le plus beau jour de sa vie. Pendant ce temps, la mort rôde...

Cette histoire est bourrée de fantaisie lorsque l'on sait que la mort est représentée par un marchand de sable rocambolesque, une tempête toute petite qui s'étrangle avec un grain de sable et un vautour bien bien vieux qui perd son bec car la tempête lui a soufflé dessus trop fort. C'est là qu'une idylle naît...

Tout se complique encore un peu plus lorsque pour Petit Tom, le plus beau jour de sa vie consiste à être au chômage et à tomber amoureux d'une fille. C'est alors que Tigre, le frère aîné, donne à Tom son amoureuse pour de faux. Mite monte une pièce et fait jouer l'amour par les deux enfants. Et si le faux devenait vrai ?

Encore beaucoup de fantaisie donc mais rehaussée par une poésie et une émotion très forte. A ne pas rater !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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