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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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17 février 2006 5 17 /02 /février /2006 20:28

Editions Casterman, 2005

Voici l'un des plus grands succès du rayon BD de l'année 2005: pas véritablement une BD mais vraiment un roman graphique en dessins noirs et blancs de 600 pages.

Il s'agit à la fois d'un roman d'apprentissage, d'une autobiographie et d'une très belle histoire d'amour. L'histoire se passe dans les villages reculés du Wisconsin. Craig est un enfant mal dans sa peau chahuté par ses camarades et recevant une éducation ultra catholique. Etant un être malheureux, il se réfugie alors dans le monde de la religion. Puis il découvre le dessin; mais se idolâtrer le monde sensible est un péché qui provoque la culpabilité. Un jour, lors d'une crise mystique, il brûle toute son oeuvre.

Mais un jour, il rencontre Raina à une fête paroissiale, une jeune fille solitaire et sensible comme lui. Il la rejoindra chez ses parents lors des vacances scolaires. Naîtra alors une belle histoire d'amour qui lui fera découvrir le vrai sens de la vie. Il reniera alors ses convictions d'origine...

Le titre Blankets, couverture en anglais, fait référence au cadeau qu'offre Raina à son bien-aimé: une couverture patchwork très colorée. Il s'agit de la métaphore de l'abri, de la protection. De même, la neige sembre protéger cette idylle. Thompson évite toute mièvrerie puisque l'histoire d'amour sert surtout de révélateur à la personnalité du héros.

Certains dessins sont vraiment magnifiques car ils émanent de l'inconscient du personnage: il dessine Raina en déesse ou en ange gardien. La couverture se transforme en dessin abstrait fait de rinceaux et d'arabesques entourant les deux amants.

Craig Thompson: Blankets (Seite 183)

Même si les références à la Bible peuvent énerver, elles viennent spiritualiser le parcours de Craig. Enfin une BD psychologique qui dépasse la simple anecdote !

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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 23:16

Editions Sakka, 2005

Voici le nouvel opus de plus célèbre mangaka en Europe et en France. Grand spécialiste de l'intimité, il nous livre ici le portrait d'un homme solitaire qui visite le Japon à travers ses restaurants.

Chaque chapitre correspond à une découverte culinaire: nous passons du sandwich aux saucisses viennoises aux anguilles grillées en passant par les gâteaux aux haricots rouges ou le barbecue des restaurants coréens. Nous découvrons que la gastronomie japonaise se compose de deux repas: le traditionnel accompagné de riz ou les simples mets accompagnant l'alcool. A chaque fois, Taniguchi dessine les plats avec talent.

A chaque spécialité, correspond un quartier de Tokyo: un quartier d'affaire, un grand parc, une terrasse de grands magasins...

Sûrement pas le meilleur Taniguchi mais un moyen artistique de découvrir la cuisine japonaise ne se réduisant sûrement pas aux célèbres sushis !

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Published by Sylvie - dans Mangas
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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 22:49

Editions Christian Bourgois, 2006

Une pièce que j'affectionne particulièrement puisque tous les personnages sont des livres !

Créée en 1999 à la Bibliothèque Palatine de Parme, elle est destinée à être jouée exclusivement dans les bibliothèques.

A la nuit tombée, les livres se recontrent entre eux. Certains adorent jouer le conférencier et discourir sur le rôle des bibliothèques devant de spectateurs imaginaires. D'autres regardent le monde à travers la fenêtre. Enfin, d'autres se lisent entre eux.

Dans le "service des pièces détachées du savoir humain", les livres méditent  aussi sur la destinée du monde qui semble lui aussi une fiction. Dans une atmosphère de fin du monde, un ouvrage nous livre un texte d'apocalypse où un seul survivant écrit ses souvenirs.

Le monde humain semble avoir disparu; nous ne distinguons que des silhouettes fantomatiques derrière les fenêtres. Et si les livres étaient alors le seul témoin de nos existences fugitives ?

Ou alors peut-être qu'ils appartiennent à un autre monde...Toujours est-il que Bailly réussit parfaitement son challenge en personnifiant les livres. Une atmosphère vraiment étrange à déguster pour tous les amoureux des bibliothèques. Car ces dernières n'ont pas fini de nous livrer leurs secrets !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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16 février 2006 4 16 /02 /février /2006 22:12

Ecole des Loisirs, 2003

Après le Gardeur de silences, Les petits mélancoliques, Bouli Miro et Perlino Comment, je continue le festival Melquiot en vous présentant L'enfant-Dieu, une pièce fortement iconoclaste.

Voici le scénario inénarrable: Dieu le père a déserté le paradis pour passer une audition en enfer. C'est la débandade dans le ciel: Dieu est parti avec les clefs du paradis et les morts attendent aux portes de l'Eden. Son fils Jésus ne semble pas trop s'inquiéter sur son transat au bord de la piscine; il prépare sa prochaine apparition dans le désert et à rendez-vous chez le coiffeur et l'esthéticienne.

C'est donc Mahomet qui va aider provisoirement en étant embauché en CDD et payé au noir. D'ailleurs, il n'est pas très content et demande des compensations: rencontrer Elisabeth Taylor !!! Pendant ce temps, Saint Pierre et Noé qui ont abusé sur le pastis font passer des castings pour choisir le nouveau dieu. Une bonne soeur qui joue au hou la houp avec les auréoles des saints qui perdent la tête! Finalement, c'est un enfant qui sauvera le ciel bien chamboulé...ce qui réconciliera Jésus et Mahomet ...

Vous l'avez compris, cette pièce est à éviter pour les chrétiens traditionalistes ! En ce qui me concerne, on bonne païenne, j'ai éclaté de rires lors de nombreuses répliques. Melquiot nous livre une leçon de religion et de tolérance en convoquant tous les grands pontes: Mahomet, Bouddha, Jésus...Il dépoussière ces figures religieuses avec brio. Une pièce à lire et relire en cette période de renouveau de l'intégrisme religieux. A étudier dans toutes les écoles !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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15 février 2006 3 15 /02 /février /2006 23:15

Lorsque je vous ai demandé de me citer vos textes d'amour préférés, Douja m'a parlé de Bérénice.

Il est vrai que Racine a exalté, mieux que tout autre dramaturge classique, les affres de la passion. Le dilemne racinien oppose la passion et le pouvoir qui semblent incompatibles. La passion est toujours synonyme de folie et conduit à la mort (c'est le cas de Phèdre, l'épouse du Roi Thésée, qui est amoureuse de son beau-fils Hyppolyte; cette passion contre-nature, conçue comme une fatalité, est condamnée d'avance)

Tout au contraire, Bénénice exprime le renoncement à l'amour: Bérénice, reine de Palestine est amoureuse de l'Empereur romain Titus. Mais la loi romaine interdit à Titus d'épouser une princesse étrangère. Pour assurer la gloire et le pouvoir à son ien-aimé, Bérénice s'éloigne et renonce à son amour...

Ces pièces sont sublimes; l'amour exprimé lors de belles tirades sont de véritables petits bijoux de poésie.

Je vous laisse relire ces petits joyaux ou les découvrir...

 

PHEDRE (1677)
Acte I, scène 3

PHEDRE 

Mon mal vient de plus loin. A peine  au fils d'Egée
Sous les lois de l'hymen je m'étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi,
Athènes me montra mon superbe ennemi.
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir
et brûler ;
Je reconnus Vénus 
et ses feux redoutables,
D'un sang qu'elle poursuit
tourments inévitables
Par des vœux assidus je crus les détourner :
Je luis bâtis un temple, et pris soin de l'orner ;
De victimes moi-même à toute heure entourée,
Je cherchais dans leurs flancs ma raison égarée.
D'un incurable amour remèdes impuissants !
En vain sur les autels ma main brûlait l'encens :
Quand ma bouche implorait le nom de la Déesse,
J'adorais Hypolite ; et le voyant sans cesse,
Même au pied des autels que je faisais fumer,
J'offrais tout à ce Dieu que je n'osais nommer.
Je l'évitais partout. O comble de misère !
Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père
Contre moi-même enfin j'osai me révolter :
J'excitai mon courage à le persécuter.
Pour bannir l'ennemi dont j'étais idolâtre,
J'affectai les chagrins d'une injuste marâtre ;
Je pressai son exil, et mes cris éternels
L'arrachèrent du sein et des bras paternels.
Je respirais, Oenone ; et depuis son absence,
Mes jours moins agités coulaient dans l'innocence.
 

 

Bérénice (à Phénice)Acte I- scène 5

Le temps n'est plus, Phénice, où je pouvais trembler.
Titus m'aime, il peut tout, il n'a plus qu'à parler :
Il verra le sénat m'apporter ses hommages,
Et le peuple de fleurs couronner ses images.
De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur ?
Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur ?
Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée,
Ces aigles, ces faisceaux , ce peuple, cette armée,
Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat,
Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat ;
Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire,
Et ces lauriers encor témoins de sa victoire ;
Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts,
Confondre sur lui seul leurs avides regards ;
Ce port majestueux, cette douce présence.
Ciel ! avec quel respect et quelle complaisance
Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi !
Parle : peut-on le voir sans penser comme moi
Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître,
Le monde en le voyant eût reconnu son maître ?
Mais, Phénice, où m'emporte un souvenir charmant ?
Cependant Rome entière, en ce même moment,
Fait des vœux pour Titus, et par des sacrifices,
De son règne naissant célèbre les prémices .
Que tardons-nous ? Allons, pour son empire heureux,
Au ciel qui le protège offrir aussi nos vœux.

(…)

 

 

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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13 février 2006 1 13 /02 /février /2006 23:03

COREE DU SUD

Editions Picquier 1998

Ce roman a fait fureur en Corée du Sud il y a quelques années ; son auteur est considéré comme le chef de file de la nouvelle littérature coréenne. Pour ce premier roman, il crée le scandale en évoquant le suicide dans un pays à tradition bouddhiste. La Corée du Sud nous est dépeinte comme un pays ultramoderne où l'art vidéo côtoie les courses de voitures...

Le narrateur est un esthète du crime qui cite des tableaux célèbres de meurtres comme La mort de Marat ou La mort de Sardanapale de Delacroix. Il part à la recherche de ses victimes pour les convaincre de se suicider.

Ecrivain à ses heures, il nous livre plusieurs récits mettant en scène plusieurs de ses victimes. L'écrivain brouille les pistes en mettant au premier ses victimes dans plusieurs chapitres où il se cache; la révélation ne vient qu'à la fin.

Lorsque qu'on lit la quatrième de couverture, on se dit: "Chouette, un nouveau Yoko Ogawa mêlant Eros et Thanatos". La construction est trop alambiquée et je n'ai pas retrouvé le charme éminnement sulfureux de la littérature asiatique. Ce qui étonne, et ce qui est sans doute un tour de force de la part de Kim Yong-Ha, c'est que le lecteur s'attend à entendre monologuer le tueur par procuration. C'est le contraire qui se produit ; il ne fait qu'introduire l'histoire et rend hommage à ses victimes par le moyen de l'écriture....

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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 16:02

Les poètes ont toujours célébré l'amour. Les poèmes les plus connus sont sans doute ceux de Louis Aragon célébrant Elsa Triolet (Les yeux d'Elsa).

Selon vous, quel est le poète qui célèbre le mieux l'amour?


Pour moi, les poèmes d'amour les  plus beaux sont ceux de Baudelaire.

Ce grand poète a célébré la femme aimée à travers ses célèbres correspondances : la femme évoque des paysages; les forêts, les océans sont contenus dans le corps féminin. La femme est regardée, sentie, écoutée; des couleurs, des parfums et des sons viennent enivrer le poète qui voyage dans un paradis exotique.

Les deux poèmes que je vous propose sont dédiés à la maîtresse créole de Baudelaire, Jeanne Duval.

.

LA CHEVELURE

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

 

 

 

 

 PARFUM EXOTIQUE

Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne,
Je respire l'odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone;

Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l'oeil par sa franchise étonne.

Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,

Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l'air et m'enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

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Published by Sylvie - dans Poésie
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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 15:37

Albin Michel, 2002

Il y a eu Abélard et Héloïse, il y a eu Tristan et Yseult, il y a maintenant cette magnifique histoire d'amour entre une moine chinois du XVIIe siècle et une femme de l'aristocratie. Jeune novice de vingt ans, Dao Sheng croise un jour un regard et un sourire. Il s'agit de Lan Ying, belle orchidée, l'épouse d'un riche seigneur.

 Pour une simple entrevue, le jeune novice est emprisonné. Trente ans plus tard, devenu médecin et devin, il retrouve sa bien aimée malade. Il la soigne et décide de quitter son monastère pour vivre un amour éternel...

François Cheng, grand humaniste, signe un roman d'inspiration platonicienne où l'amour est source de sagesse, de recherche du bien. L'écriture est magistrale, les descriptions magnifiques. On retrouve la double culture, orientale et occidentale de François Cheng qui a quitté la Chine pour la France à l'arrivée de Mao Zedong au pouvoir en 1949.

Ce roman invite au dépassement de soi en évitant toute mièvrerie. Ce roman est surtout un conte et s'érige au rang de légende.

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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12 février 2006 7 12 /02 /février /2006 15:13

En cette période de Saint-Valentin, voici la question classique pour tous les passionnés de lecture:

Quel est votre roman d'amour préféré? Allez, vous pouvez en citer plusieurs. Et même des poèmes....

En ce qui me concerne, je voudrais mettre en valeur un roman encore trop méconnu de Victor Hugo: l'Homme qui rit

L'homme qui rit

Vous pouvez consulter ma critique à l'adresse suivante :

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-492635.html

Outre l'aspect roman historique, c'est l'histoire d'amour qui est véritablement sublime: Gwynplaine, enfant défiguré par les comprachicos, les voleurs d'enfants, s'enfuit et tombe sur la route de Déa, une petite orpheline aveugle. Ils sont recueillis par le Vieil Ursus, artiste saltimbanque. Déa, l'aveugle, représente la lumière pour Gwynplaine puisqu'elle ne peut voir son visage défiguré. Lorsque Gwynplaine retrouvrera son statut de Lord à la Chambre des pairs, le couple qu'il forme avec Déa depuis l'enfance symbolise la sincérité, l'amour des humbles face à l'amour jaloux de Josiane, la noble perfide.

Une grande histoire d'amour qui vous fera sans doute verser quelques larmes....

 

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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10 février 2006 5 10 /02 /février /2006 19:31

Recueil de contes

Gallimard 1931

Je continue l'exploration de Jules Supervielle en vous présentant son recueil de contes le plus connu. Ces petites histoires regorgent de fantaisie, de magie et de sensibilité.

Certains sont des récits fantastiques, simplement magiques: une rue flottante est installée sur l'Océan; dans cette rue, une petite fille vit toute seule mais elle ne manque de rien. Qui est-elle vraiment? Nous ne le saurons qu'à la fin.

Dans L'inconnue de la Seine, une jeune noyée rejoint une ville mystérieuse au fond de l'Océan où vivent tous les noyés. Ces derniers communiquent par faisceaux fluorescents.

Les boiteux du ciel nous mènent au royaume du ciel où les ombres des morts se promènent; ces derniers méditent sur leur misérable condition puisqu'ils ne peuvent plus parler ni toucher les objets.

Une jeune fille a une voix de violon. Un cavalier se transforme en cheval...

Enfin, la scène de la Nativité nous est contée par le boeuf et l'âne de la crèche...

Je vous laisse découvrir les premières lignes de l'enfant de la haute mer à l'adresse suivante:

http://francite.net/education/lecture/page183.html

Supervielle convoque toutes les strates de la création (univers maritime et céleste, animaux et humains) pour célébrer la richesse du monde. Mais derrière cette féerie, le grand poète laisse entrevoir la fragilité de toute chose : la mort rôde dans chaque histoire; tout semble fragile; les choses n'ont que très peu d'épaisseur. De même, l'identité des êtres n'est pas fixe: on peut à tout moment se transformer en autre que soi. Chacun semble se lamenter sur son être propre : le boeuf, s'extasiant devant le miracle de l'enfant Jésus, regrette sa condition de bête frustre à corne.

Beaucoup de magie mais une réelle réflexion sur la condition humaine. Vraiment un très bon moment de lecture.

 

 

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