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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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5 avril 2006 3 05 /04 /avril /2006 19:52

Le seuil, 2001

Voici le coup de coeur de la semaine: un petit livre d'une soixantaine de pages : une caravelle de Christophe Colomb prend la parole et nous conte son histoire ; on la surnomma ainsi car lorsqu'elle naquit dans le port de Belém au XVe siècle, la foule s'écria "Cara Bela " (Qu'ele est belle !". Il s'agit en fait de la première "caravelle de découverte" construite mais elle ne put participer à la découverte de l'Amérique à la suite d'une avarie.

Peu importe ! Il découvrit avec Bartolomeu Dias et Magellan la route du Cap de Bonne Espérance et son épuipage fit le tour du monde et le représenta sur de nouvelles cartes.

Ce petit livre est magique: la Bela nous raconte sa naissance, son premier voyage, les tempêtes qu'elle a essuyées, ses rapports avec l'équipage, ses voyages avec sur deux siècles et enfin le crépuscule de sa vie...

Il s'agit d'un très beau conte instructif que les adolescents peuvent lire. A noter la magnifique présentation du livre illustré par des images et gravures d'époque: portulans, tableaux de caravelles, cartes du monde, portraits de marins. Un papier très beau, jauni; nous avons l'impression de lire un manuscrit d'époque.

A noter aussi le glossaire à la fin du livre pour savoir e qu'est un mât d'artimon et un astrolabe. Bon voyage !

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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 23:15

TURQUIE

Seuil, 1986

Nedim Gursel est le plus grand auteur turc contemporain avec Orhan Pamuk (et son ainé Yachar Kemal). J'ai découvert il y a déjà plusieurs mois cet auteur avec La première femme, l'histoire d'un jeune homme qui quitte son village anatolien natal pour aller faire ses études à Istanbul.

Le roman se déroule sur une journée: il quitte sa mère, incarnée par les contes de son enfance, découvre Istambul la magnifique, la maléfique, connaît sa première expérience sexuelle dans un bordel et finit par être ensorcelé par la ville majestueuse.

Le titre désigne plusieurs figures féminines qui se superposent: il s'agit à la fois de la mère adorée, de la jeune princesse du conte que lui lisait sa mère, qui incarne la femme idéale. Puis on découvre la prostituée et enfin la ville même d'Istanbul présentée sous les traits d'une femme ensorceleuse.

J'ai adoré ce roman qui se présente sous la forme d'un roman d'apprentissage. L'écriture est magnifique; nous avons l'impression de nous promener dans les ruelles tortueuses d'Istanbul. Tout comme le narrateur, on ressent de l'écoeurement puis de la fascination. Ce roman tient à la fois du conte oriental , du roman d'initiation, du poème en prose et du guide touristique ! On retient également l'amour immortel entre la mère et le fils.

L'écriture est à la fois plus poétique et plus fluide que celle d'Orhan Pamuk.

Vraiment un chef d'oeuvre !

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4 avril 2006 2 04 /04 /avril /2006 22:51

AUTRICHE, 1905

Stock, Bibliothèque cosmopolite

Etranger titre que ce roman paru en 1905, soit 13 ans avant la chute de l'Empire des Habsbourg d'Autriche... Arthur Schnitzler (1862- 1931) est avec Stefan Zweig l'écrivain le plus célèbre de la Vienne crépusculaire...

Il est notamment connu pour son Liebelei adapté au cinéma par Marcel Ophuls. Stanley Kubrick s'est inspiré d'Une nouvelle rêvée pour son dernier film Eyes Wide Shut.

J'ai quant à moi lu Vienne au crépuscule, un roman à la facture classique. L'auteur nous plonge dans les salons bourgeois de la fin du XIXe siècle un peu à la manière proustienne. On y discute de l'art et de la politique et aussi du destin des juifs (l'auteur est israélite): devant l'antisémitisme qui va croissant, faut-il rester fidèle à l'Empire ou au contraire devenir sioniste?

Le roman est centré sur Georges, un baron musicien à tendance dilettante. D'aventures en aventures, il rencontre la douce Anna, chanteuse, qui tombe enceinte par accident. Georges est alors partagé entre d'une part son affection pour Anna et son devoir de paternité et d'autre part son besoin de liberté et les impératifs de sa carrière.

Je retiens surtout de ce roman les belles descriptions du "Vienne 1900" ainsi que celle des campagnes autrichiennes. Il règne un charme suranné sur ce roman mais le ton peut devenir bien démodé...

C'est l'effet que m'a donné ce roman. Je m'attendais à un scandale...je vais donc me plonger dans La nouvelle rêvée. L'avez-vous lu?

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 23:15

Gallimard, 1950

Voici le premier grand succès de Marguerite Duras. Il s'agit d'un roman largement autobiographique qui a pour cadre l'Indochine coloniale des années 20. L'auteur met en scène une mère veuve et malade  et ses deux enfants, Suzanne et Joseph. 

Cette femme obstinée  achète une concession inculte sur une terre marécageuse . Chaque année, le Pacifique envahit les terres. Chaque année, la mère et ses enfants construisent un barrage de fortune.

Ce roman est un récit tragique par excellence. Malgré l'inéluctabilité du destin, on continue de lutter, on s'acharne ... Duras critique fortement l'administration coloniale qui vend des terres incultes à des prix exorbitants.

La figure de la mère, omniprésente dans l'oeuvre de Duras, donne son charme au roman. Elle est prête à marier sa fille avec un homme riche pour pouvoir se payer un barrage solide. Contre l'obstination de la mère, il y a le désir de liberté des deux enfants qui rêvent de s'évader en ville.

Ce roman conquiert le lecteur grâce à son charme oriental mais loin de tout exotisme. Les personnages sont bien campés et attachants.

Si vous n'avez jamais lu Duras, je vous conseille de commencer par Un barrage contre le Pacifique : ce livre est d'ordonnance classique et il y a beaucoup de dialogues.

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3 avril 2006 1 03 /04 /avril /2006 22:53

Prix Goncourt 1995

Gallimard 1995

Voici un très beau livre que j'ai lu il y a longtemps. Il s'agit donc d'un souvenir, certes fort, de lecture , mais pardonnez-moi si je dis des erreurs !

Andreï Makine est un écrivain français d'origine russe. Dans ce roman largement autobiographique, il rend hommage à sa grand-mère et à la culture française.

Dans un petit village de Sibérie, la grand-mère du narrateur lui conte ses souvenirs de la France dans les années 30. Pour le petit garçon, ce pays devient une véritable Atlantide où tout est merveilleux. Ce merveilleux pays n'est présent que dans les fantasmes, les vieilles photos et les articles de journaux.

Le petit garçon vit donc dans un univers fabuleux qui mythifie la France. Adolescent, il se rendra en France pour faire plaisir à sa grand-mère au crépuscule de sa vie...

J'ai adoré ce livre tout d'abord pour son écriture magnifique : Makine rend hommage à la langue surannée des années 1900. Nous avons vraiment l'impression de lire un conte. Puis il y a ces descriptions magnifiques de la Russie enneigée.

L'écrivain nous émeut également en décrivant avec beaucoup de pudeur les sentiments très forts qu'il peut y avoir entre une grand-mère et son petit fils.

En cette année de la francophonie, voilà un livre à lire absolument !

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 15:45

Marguerite Duras (1914-1996)

Et voila, une commémoration littéraire de plus: les dix ans de la mort de Duras, la plus grande dame des lettres françaises du 2Oe siècle.

Connaissez-vous l'oeuvre de Duras ? Quels sont vos romans préférés?

Un parfum de scandale certes avec L'amant, Prix Goncourt en 1984, vendu à 3 millions d'exemplaires et adapté au cinéma par Jean-Jacques Annaud et aussi et surtout une écriture très originale, faite de silences et de non-dits, tout en épure ont fait la célébrité de Duras.

Celle qui refusa qu'on assimile son oeuvre à celle du nouveau roman a connu son premier succès avec Un barrage contre le Pacifique en 1950 : souvenirs d'enfance en Indochine, une mère malade qui lutte contre le Pacifique en construisant sans relâche des barrages de fortune chaque année, les premières amours.

Puis ce fut des romans d'approche plus difficile comme Moderato Cantabile et Hiroshima mon amour, adapté au cinéma par Alain Resnais. Et enfin, L'amant en 1984.

Pour découvrir ou redécouvrir la vie et l'oeuvre de Marguerite Duras, le vous conseille de lire & article sur le web:

http://www.diplomatie.gouv.fr/label_france/FRANCE/LETTRES/DURAS/duras.html

Le magazine littéraire d'avril lui consacre un numéro spécial.

En ce qui me concerne, je connais quelques oeuvres dont bien sûr L'amant, mais ce n'est pas ce roman qui m'a le plus marqué.

Cette semaine, je vous proposerai trois articles , sur Un barrage contre le Pacifique , Hiroshima mon amour et Moderato Cantabile.

J'ai également envie de lire La douleur, réputé pour être l'un des plus beaux textes de Duras, témoignage sur le retour de son mari Robert Antelme du camp de Dachau en 1945.

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2 avril 2006 7 02 /04 /avril /2006 14:51

Le passager d'Eric Caravaca

Adaptation cinématographique de La route de Midland d'Arnaud Cathrine, Editions Verticales

Arnaud Cathrine est l'un des auteurs prometteurs de la jeune littérature française. Je vous avais présenté il y a quelques mois de cela La route de Midland et Les vies de Luka dans la catégorie Jeunes talents à découvrir

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-579418.html

Je vous fais donc redécouvrir la route de Midland

Ce magnifique roman nous fait voyager dans le désert texan. Will, un jeune professeur de français transporte un étrange bagage dans son van: le cercueil de son frère Ray qui vient de se suicider !

Il va louer une chambre dans un motel perdu, le Salt Café et va y faire la connaissance d'Amy, la patronne du bar, Singer, un jeune orphelin qui rêve de quitter cet endroit perdu pour devenir boxeur et Zach, le vieux mécanicien noir.

Au fur et à mesure, le lecteur devine que Will ne s'est pas arrêté à cet endroit par hasard. Les pièces du puzzle reliant les différents personnages vont se rassembler au fil du récit. Will va révéler peu à peu les secrets de son enfance; ce voyage lui permettra d'exorciser les blessures du passé.

Chaque personnage de ce roman est attachant: Will et ses relations tumultueuses avec son frère, Amy attendant son amour défunt, Singer et ses rêves d'évasion. La narration est particulièrement intéressante en faisant alterner les voix de Singer et de Will; le récit est entrecoupé de confessions enregistrées sur un magnétophone.

Dans ce roman, Arnaud Cathrine sait également suprendre son lecteur; les révélations de Will en choqueront plus d'un.

En conclusion, un atmosphère, des personnages attachants et une intrigue pleine de surprises !

 


 

Dans le film d'Eric Caravaca , on perd le désert "Bagdad Café" puisque l'histoire se déroule à Port La Nouvelle dans le sud de la France. Will devient Thomas, Amy devient Suzanne. Plus de transport du cadavre du frère dans un van.

Thomas (Eric Caravaca) vient reconnaître le corps de son frère à la morgue. Il demande un délai pour l'inhumation et se rend dans la ville qui abrite la maison familiale qu'il met en vente. Non loin de là, il s'installe dans un bar-hôtel tenu par Suzanne (Julie Depardieu). On retrouve la mème construction en puzzle; on ne sait pas au début qui sont Amy et son fils adoptif. Thomas cache un secret qu'il ne révélera qu'à la fin.

Le film rend bien l'atmosphère du livre faite de silences et de non -dits. Il y a très peu de paroles dans ce film; tout est dans l'attitude, le jeu des acteurs.

Le décors mettant en scène de longues routes embrumées rend bien les états d''âme des personnages; nous sommes vraiment dans un passage puisque Thomas cherche à ce guérir de sa blessure d'enfance, Suzanne cherche à se consoler de son amour perdu et le jeune garçon (Singer dans le livre, interprété par Vincent Rottiers) cherche à partir; nous sommes également dans un no man's land mental.

Cette transposition cinématographique est très intéressante: en transformant complètement le décors, Caravaca est parvenu grâce aux jeux des acteurs, aux silences à rester fidèle au livre. Pari réussi d'autant plus qu'il a refusé les facilités en refusant le cliché du môtel perdu dans le désert texan à la manière de Paris Texas ou Bagdad Café.

Un film exigeant, noir mais très beau. A voir

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1 avril 2006 6 01 /04 /avril /2006 19:59

ALGERIE- LITTERATURE FRANCOPHONE

Gallimard, 1999

Boualem Sansal est avec Maïssa Bey l'un des plus grands représentants de la francophonie en Algérie. Haut fonctionnaire de l'Etat, il lutte contre l'arabisation de la société algérienne. Après la publication de son premier roman Le serment des barbares, il fut destitué de son poste. Et pour cause !

Son roman est une diatribe féroce contre la société algérienne. A chaque mot, on ressent une bile amère, une colère sans nom qui va jusqu'à l'écoeurement. Tout le monde en prend pour son grade : les écoles, les médias et bien sûr les politiques aux prises avec les islamistes sont vilipendés avec haine.

Ces discours haineux sont entrecoupés d'une intrigue policière intéressante: deux hommes sont assassinés le même jour. L'un, le mafieux du village, est enterré en grande pompe. L'autre, un pauvre homme, meurt dans l'indifférence générale. L'inspecteur Larbi va faire son enquête et découvrir que les deux meurtres sont liés...

L'intrigue policière est palpitante puisqu'elle met en relief les conflits entre le FLN qui a tout gagné après la guerre d'indépendance et ses ennemis, plus pacifistes, trahis par les Français. On découvre que le vieil homme assassiné entretenait le cimetière chrétien de la ville. Dans quel but? Et si les anciens colons agissaient encore dans l'ombre?

Mais sur 400 pages, cette intrigue est sans cesse mise au second plan pour laisser place aux discours baroques, écoeurés de l'auteur. On a jamais vu de narrateurs plus présents ! Je reconnais qu'il faut un sacré talent et surtout une colère violente contre son pays pour écrire ainsi. Mais je n'ai pas du tout accroché à l'écriture...

J'aime la belle écriture mais plutôt fluide et poétique...A mon avis, l'écriture pamphlétaire de Sansal alourdit fortement le roman. J'aurais préféré une intrigue policière linéaire !

Si vous l'avez lu, donnez moi votre avis !

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 22:39

VENISE- XVIIIe siècle

Pièce créée en 1753

Carlo Goldoni est le dramaturge italien le plus célèbre du XVIIIe siècle. Ses pièces sont des comédies jouissives héritées de la Commedia dell' Arte.

Il y a quelques mois, je suis allée voir La Locandiera au Théâtre Antoine à Paris. On se croyait vraiment en Italie: une auberge, des maisons à colonnades et un arrière-plan toscan. J'ai vraiment passé un très bon moment: c'était très drôle !

La pièce met en scène une jolie aubergiste, la locandiera Mirandolina qui doit subir la cours assidue des hommes. Dans son auberge, elle reçoit un marquis bien radin, un comte très prétentieux qui rivalisent entre eux pour la séduire.

Mais c'est sans compter sur le chevalier de Ripafratta, misogyne déclaré, pour qui: "une femme vaut cent fois moins qu'un bon chien" et jure de ne jamais tomber sous leur charme. C'est alors que la locandiera va user de tous ses charmes pour le faire succomber et le faire changer d'avis !

Les entrevues entre le chevalier misogyne et l'aubergiste sont vraiment très drôles ; l'homme se fait peu à peu avoir malgré sa volonté inébranlable de ne pas aimer les femmes...Il en devient pitoyable !

Sous cette comédie très drôle, se cache l'une des premières pièces féministes. C'est l'occasion de découvrir un homme de théâtre trop méconnu.

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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 22:02

SUEDE

August Strindberg : 1849- 1912

Pour s'informer sur la biographie du plus célèbre écrivain suédois, je vois conseille d'aller sur le site :

http://theatrepassion.blogspirit.com/archive/2006/03/25/august-strindberg.html

Je suis allée voir hier soir une pièce de Strindberg, Père, au Théâtre National de la Colline à Paris. Quelle grande pièce qui vous remue les tripes ! On n'en ressort pas intact....

Voici l'intrigue de cette tragédie domestique, de cette guerre des sexes : Un homme, officier et scientifique à ses heures se retrouve isolé dans une maison de femmes : l'épouse, la fille, la belle-mère et la nourrice.

Le couple va se déchirer à propos de l'éducation de leur fille unique, Bertha. Alors que le père veut la sauver des jérémiades chrétiennes apocalyptiques de sa femme et de sa belle-mère, la mère veut à tout prix la garder sous sa coupe. Et elle est prête à tout pour parvenir à ses fins. ...

Convoquant le médecin de famille, elle va vouloir le faire passer pour fou. Pour cela, elle va semer le trouble dans son esprit en le faisant douter de sa paternité....La remise en cause de la paternité va entraîner celle de la virilité et celle de la raison. Il s'agit ainsi de "la force naturelle vaincue par la faiblesse sournoise" et de "l'amour entre sexes qui est un combat" : l'homme, traditionnellement sexe fort, est littéralement grignoté par cette femme machiavélique qui use de milles stratagèmes pour prouver la folie de son époux.

La mari lutte contre une force sournoise qui le dépasse : les doutes sur sa paternité sont nourris de citations empruntées à la littérature mondiale comme par exemple L'Odyssée où Télémaque doute de la paternité d'Ulysse.

La conclusion est déchirante: devant son mari prisonnier dans une camisole de force, la femme affirme à sa fille "Je suis ta mère" . Et devant le cadavre du mari, on déclare "c'était un homme". A l'homme, la tragédie du doute. A la femme, la maternité vue comme force. L'officier qui ne croit pas en Dieu considère la paternité comme un moyen d'accéder à l'éternité. Lorsque le doute s'installe, c'est son ordre du monde personnel qui s'effondre...La tragédie devient alors métaphysique.

Rarement la condition masculine avait été traitée d'une manière aussi pessimiste. Chez Strindberg, ce sont les femmes qui tirent les fils du destin.

Rapports de force, droit du plus fort : telle est la vision du couple chez Strindberg.

Je vous conseille fortement d'aller voir cette pièce si vous êtes de  Paris. Malgré la noirceur incontestable de cette pièce, on rit devant les attitudes féminines. La langue est simple et certaines réparties sont inoubliables.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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