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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 10:25

ANGLETERRE -Titre paru en 1922

Editions Grasset, "Les cahiers rouges"

David Garnett est un écrivain anglais contemporain et ami de Virginia Woolf et de TE. Lawrence (Lawrence d'Arabie). Son roman le plus connu est un étrange récit fantastique La femme changée en renard. C'est l'une des plus belles histoires d'amour qu'il ait été donné de lire.

Dans le comté de l'Oxfordshire, un couple anglais de bonne famille, Silvia et Richard Tebrick vivent dans une demeure à côté d'une forêt. Au cours d'une promenade, la femme est subitement transformée en renard. Passée la surprise, le mari la prend dans son manteau et la ramène chez lui. Il l'habille, la peigne, lui donne à manger. Car sous son allure de bête, la femme a gardé ses bonnes manières et sa sensibilité. Mais au fur et à mesure, l'instinct animal prend le dessus; elle gambade dans la forêt et tue un lapin. Le mari est horrifié mais son amour prend le dessus. Un jour, il lui donne sa liberté. Mais la femme a aussi gardé beaucoup d'amour pour lui....

Les critiques littéraires discutent encore aujourd'hui sur la signification de cette fable : supériorité de l'âme sur le corps ? Caricature de la femme?

Je penche plutôt pour la première solution ! C'est la figure du mari qui est la plus émouvante ; il surpasse son dégoût, son bonheur personnel (il lui rend sa liberté) et sa jalousie (lorsque la renarde reviendra avec des renardeaux). Lui aussi quitte peu à peu la condition humaine pour se mettre au niveau de sa bien-aimée. Il devient misanthrope au grand dam de son entourage qui ne comprend pas sa réaction. Il s'agit bien d'un conte sur l'amour absolu.

Si bien que nous oublions peu à peu le caractère fantastique de l'oeuvre ; la renarde joue aux cartes, prend son thé sans que le lecteur s'étonne car il voit la renarde avec les yeux du mari. La transformation reste inexpliquée. Mais pour Garnett, à mon avis, là n'est pas l'essentiel. Il se focalise d'abord sur les relations entre la renarde et le mari.

Vous serez également charmé par l'univers bucolique de ce conte : la présence de la chasse, la description de la forêt et de la vie animale. Nous avons l'impression que la civilisation est peu à peu gagnée par la nature....Cette dernière garde un caractère idyllique mais est aussi extrèmement féroce...

Cette histoire tragique vous fera bien tirer quelques larmes....

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16 avril 2006 7 16 /04 /avril /2006 09:59

Editions Le Seuil, 2001

Avant les célèbres Ames grises et La petite fille de Monsieur Linh, Philippe Claudel a écrit des récits tout a fait différents. Ici, point de contes ni de poésie mais au contraire un récit témoignage sur le monde des prisons.

Avant de devenir célèbre avec Les âmes grises, Claudel a apparemment été professeur de français en univers carcéral. Il relate ainsi les moments forts de ces rencontres et l'atmosphère sinistre de ce milieu. Son récit non linéaire se constitue de petits paragraphes où il croque un portrait de prisonnier, de  gardien, les visiteurs,un souvenir. L'écriture est très réaliste.

Au début, j'ai été assez surprise car lorsque que l'on est habitué au talent de conteur hors-pair de Claudel, on est assez surpris ! On reconnaît  l'empathie, l'humanité de l'écrivain a travers des portraits tout en nuances, évitant tout manichéisme : il y a des bons gardiens et des bons prisonniers.

Ce livre témoignage nous permet aussi de connaître le passé de Claudel. Agrégé de Lettres, il a enseigné auprès des enfants handicapés moteurs et des prisonniers.

Il nous apporte également une réflexion intéressante sur la nature du témoignage. A la fin, Claudel nous déclare qu'il s'agit d'un faux témoignage sur le monde de la prison car il n'y a passé aucune nuit.

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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 22:16

Editions Harpo &, 2000

Premier tome de la trilogie "Papa part, maman ment, mémé meurt"

Voici un tout petit texte atypique, très court (une dizaine de page) qui j'ai choisi de présenter dans la catégorie Poésie car il est souvent déclamé dans les lectures à voix haute. L'auteur joue sur la répétition et le ressassement ce qui rend les lectures très impressionnantes.

Tout d'abord, un petit commentaire sur l'éditeur : Harpo &, un éditeur de poésie contemporaine très confidentiel avec une présentation si particulière: des bandes rouges et blanches sur la couverture et la première et dernière page en rouge.

Maintenant le texte : il s'agit d'un discourt proclamé par un enfant qui constate que son père est parti. A partir de cette phrase, l'enfant va inventer toutes sortes de possibilités jusqu'à épuisement. Papa va devenir des personnages historiques, des héros de romans, il va se suicider....Ces possibilités sont énumérées l'une à la suite de l'autre ce qui constitue une histoire délirante. A noter aussi les jeux sur les sonorités du genre " pas papa part, pas papapa part pas papapa part pas"

Je viens de lire le premier tome et j'ai hâte de lire les deux autres ! Que nous réservent la mère et la grand-mère?

On peut très bien imaginer raconter cela à son enfant avant qu'il s'endorme....

Voici des extraits :

"papa veut devenir chef, papa veut devenir scout, papa veut devenir célibataire, papa veut devenir pape, papa veut former une armée, papa veut devenir clochard, papa veut devenir martyr, papa veut devenir Jésus-Christ...."

"il veut partir, il veut être conquistador comme Cortès ou Pizarro, il veut découvrir l'Amérique comme Christophe Colomb, il veut découvrir la relativité comme Einstein, il veut découvrir le vaccin contre la rage comme Pasteur..."

"Papa est parti. il s'est suicidé au gaz et la maison a explosé aussi, il a mis exprès un radiateur électrique dans la baignoire , il est mort quand l'eau a été trop chaude, il était tout rouge comme quand on est cuit, il a mangé que du savon pendant un mois,le mois d'après il faisait des bulles tout le temps et après il est mort, il a décidé un jour qu'il savait voler , il est monté sur le toit et s'est écrasé dans les bacs à fleurs , la nuit il a mangé son oreiller sans boire une seule fois, il est mort d'indigestion au petit matin"

Un bon petit texte qui sort des sentiers battus....

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Published by Sylvie - dans Poésie
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13 avril 2006 4 13 /04 /avril /2006 21:30

PREMIER ROMAN

Editions POL, 2006

Voici mon coup de coeur de la semaine (oh, oh, peut-être un peu sévère, sans doute du mois en ces temps de publication un peu moroses) : un premier roman détonnant et aussi d'actualité puisqu'il traite du monde du travail impitoyable. Mais l'essentiel n'est peut-être pas là...

Nous voici confronté au discours d'une femme artiste qui doit subvenir aux besoins du couple car "l'homme à élever" est au chômage. Elle, la fantaisiste, la créatrice, la rêveuse, va être obligée de travailler dans un grande entreprise ; l'artiste va devoir revoir des produits mal conçus. Après le refus, la révolte vient la résignation et enfin le sursaut....Louise Desbrusses critique les habitudes idiotes de l'entreprise (l'épisode du badge est hilarant), les conversations débiles et un travail abrutissant qui nie la pensée.

Mais l'essentiel n'est pas là. N'allez pas vous imaginer qu'il s'agit d'un roman social. Il s'agit avant tout d'un formidable travail sur la forme littéraire. Il s'agit en effet d'un monologue intérieur écrit à la deuxième personne du pluriel pour instaurer une distanciation (on pense tout de suite à La modification de Michel Butor ). D'autre part, les personnages n'ont pas de noms mais des surnoms du genre "Homme à élever", "Plume" "Costume bien taillé".Première originalité.

Deuxième performance: l'écriture est très hâchée dans la mesure où la pensée se cherche, se corrige, se moque d'elle à tout bout de champ. Le texte est ponctué d'interrogations, d'hésitations et de commentaires entre parenthèses qui ironisent, qui reviennent sur ce qu'a été dit. Répétitions et corrections sont ainsi monnaie courante du genre "Vous le faites, non vous le faites pas". L'humour surgit alors comme lorsqu'elle rêve d'envoyer balader son mari et qu'elle n'ose pas le faire.

Louise Desbrusses matérialise le parcours d'une femme qui s'enlise puis qui se libère peu à peu; il s'agit d'un combat philosophique difficile à mener entre l'individualité de l'être et les règles pernicieuses de la société.

Je ne résiste pas à l'envie de vous livrer deux petits extraits:

Le premier jour en entreprise:

"Soyez légère un peu, insistez-vous, et ça ira : vous passerez à travers sans être touchée (Très forte !).Voilà le défi, inventez-vous (Quelle invention !)Le défi, voulez-vous croire maintenant, c'est d'y aller et de passer au travers. Vous pouvez le faire, répétez-vous répétez-vous, vous pouvez le faire, vous le ferez. Pourquoi paniquer? Respirez. Cette façon de dramatiser parfois (râler-vous). Stop. Respirez. Vous faites un pas, un autre, vous vous glissez dans la foule. ....."

Quitter ou ne pas quitter "l'homme à élever"

"Arracher ce qui reste . Oui. Partir. Il le faut. (Pourquoi le faut-il) C'est fini. C'est tout. Pas d'espoir. Aucun. Non. Pas de remords (en règle). Non. Aucun. Partir où? Viens, dit l'éclat noir, viens chez moi. Pouquoi? Pourquoi pas? Et le dire? Comment le dire? A qui? Faut-il? Le dire? Peur (panique). A qui? Comment? Jamais.Vous n'avez jamais fait cela. Pas de (je ne sais pas) de mode d'emploi. Personne ne dit. Comment faire. Personne. Ils le font...."

BONNE DECOUVERTE !

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11 avril 2006 2 11 /04 /avril /2006 22:21

ROMAN ANGLO-JAPONAIS

Editions des Deux Terres, 2006

Kazuo Ishiguro est un auteur anglo-japonais qui vit en Angleterre depuis l’âge de cinq ans. Décoré de l’Ordre de l’Empire Britannique et chevalier de L’ordre des Arts et des Lettres en France, on lui doit notamment Les Vestiges du jour, l’histoire d’amour entre un majordome et une servante, adapté au cinéma par James Ivory, avec Emma Thompson et Anthony Hopkins.

Son dernier roman est une pure merveille. Il conjugue le classicisme des romans anglais au mystère de la littérature japonaise. Mais le mystère, le fantastique, sont très feutrés et apparaissent tout en douceur.

 

Voici l’histoire : à l’école d’Hailsham, les élèves sont élevés dans un cadre idyllique, dans la campagne anglaise,à l’abri des attaques du monde extérieur. Mais des rituels nous semblent très bizarres : les professeurs sont des « gardiens ». Très souvent, on organise des ventes d’objets venus de l’extérieur pour enrichir la collection personnelle des élèves. Tout semble fait pour développer les talents artistiques des élèves ; « Madame », une mystérieuse femme habillée en tailleur gris, vient souvent prendre les œuvres des élèves pour les emmener dans « La galerie ».

Pourquoi les gardiens veulent-ils à tous prix développer les talents artistiques des élèves ? Quelle est cette mystérieuse galerie ? Vous ne le saurez qu’à la fin…

On découvre petit à petit que l’avenir des élèves ne sera pas idyllique : on devine qu’ils deviendront des donneurs d’organes alors que d’autres seront des « accompagnants ». Tout est si bien décrit que l’on a à aucun moment l’impression de lire un roman fantastique. Ishiguro ne décrit à aucun moment l’aspect physique des futurs donneurs. On sait juste à un moment qu’ils font peur. A nous d’imaginer leurs visages. Tout est fait pour créer un univers réaliste.

L’auteur centre l’histoire sur trois amis en particulier : Kath, Tommy et Ruth. Kath deviendra « accompagnante », infirmière des donneurs. Tommy et Ruth formeront un couple de donneurs. L’histoire de ce trio suscite une très forte émotion. Ensemble, il chercheront à élucider le mystère de leur destinée.

Ce roman est avant tout une grande aventure humaine très loin de ces pseudo romans d’anticipation scientifique. Il nous invite à méditer sur le lien entre morale et science mais aussi sur le statut de l’art.

A vous de le découvrir !

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10 avril 2006 1 10 /04 /avril /2006 21:31

Editions de Minuit 1958

Roman adapté au cinéma par Peter Brook en 1960 (avec Jeanne Moreau)

Bon, je vois que je n'ai pas suscité de réaction avec Hiroshima mon amour... Je vais vous parler d'un autre roman de Duras. C'est le dernier, je vous promets.

Moderato Cantabile est l'une des oeuvres les plus mystérieuses de Duras. Elle a donc aussi la réputation d'être l'une des plus hermétiques !

Je l'avais lu à 18 ans, après le bac, et il faut bien dire que je n'avais pas compris grand chose...Puis je l'ai relu il y a un an et j'ai été enthousiasmée par le charme de ce livre fait de non-dits et de silence.

Voici l'intrigue : Anne Desbaredes est une jeune femme mariée à un riche industriel bordelais ; le roman commence par une leçon de piano qu'elle donne à son fils. Elle scande un "Moderato Cantabile", modéré et chantant. Ce quotidien bien morne va être bousculé par un crime survenu dans le café d'à côté.

Anne se joint à la foule autour du café; c'est un homme qui a tué sa maîtresse. Elle rencontre dans ce café Chauvin,un ouvrier. Avec lui, pendant plusieurs jours, ils se rendent au café et imaginent les circonstances du crime et ses mobiles: est- ce qu'il s'agit d'un crime passionnel? Est-ce que c'est la femme qui a demandé à son amant de la tuer?

Entre les deux êtres, une attirance mutuelle naît. Anne quitte une soirée mondaine avec son mari après un évanouissement; elle rejoint Chauvin. Et si elle lui demandait de la tuer?

La scène du dîner mondain est l'un des plus beaux "épisodes littéraires" que j'ai jamais lu. La fin est ambigue et est interprétée selon le bon vouloir du lecteur. Ce dernier doit combler les non-dits et se créer sa propre histoire. Si vous aimez les histoires lisses, bien linéaires, ce roman n'est pas pour vous. Mais si vous aimez-vous perdre, foncez sur ce roman.

Cette oeuvre est d'abord un magnifique portrait de femme qui s'ennuie, dans la lignée d'Emma Bovary ou de l'héroïne d' Une vie de Maupassant. Elle se cherche un destin hors du commun à l'image de cette femme tuée par son amant.

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9 avril 2006 7 09 /04 /avril /2006 18:09

Film d'Alain Resnais sur un scénario de Marguerite Duras- 1959

J'ai découvert Marguerite Duras grâce à ce magnifique film; c'est l'un des plus beaux films de j'ai jamais vu. Tout y est: l'émotion, l'esthétique de l'image, une réflexion sur l'Histoire...

A noter que le livre a été écrit après coup; il s'agit en fait du scénario du film écrit par Duras.

Un homme et une femme, un japonais et une française se rencontrent à Hiroshima. Elle est venue tourner un film sur la paix. Premières images sublimes du film en noir et blanc: deux corps enlacés en sueur, des mains qui se croisent. Premières paroles au bout de quelques minutes: "Tu n'as rien vu d'Hiroshima". Des images d'archives montrent alors la ville à feu et à sang en août 1945. Puis retour à l'actualité avec des manifestations pour la paix.

La femme n'a peut-être rien vu d'Hiroshima mais elle sait ce qu'est la guerre. Elle va ainsi raconter à son amant sa jeunesse à Nevers pendant la guerre. Elle est ainsi tombée amoureuse d'un soldat allemand. A la fin, elle fut tondue sur la place publique. Les souvenirs mis en images se succèdent faisant s'intercaler images d'Hiroshima et images de Nevers.

Les souvenirs se racontent et se montrent lors des promenades dans la ville. Nous ne saurons pas leur nom: il s'appellent juste Hiroshima et Nevers....

Rarement je n'ai vu une oeuvre aussi bien filmée, suscitant une telle émotion. Nous sommes captivés par la beauté de l'histoire. Comme toujours chez Duras, les rencontres amoureuses sont évanescentes. Il s'agit de quelques jours tout au plus... mais qui s'inscrivent dans l'éternité.

Avez-vous vu le film? Donnez-moi vos impressions !

 

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8 avril 2006 6 08 /04 /avril /2006 22:49

MALI - LITTERATURE FRANCOPHONE

Fayard Noir, 2006

Moussa Konaté est considéré comme le meilleur écrivain malien contemporain.Il partage sa vie entre Limoges et Bamako. Il a notamment créé en 1997 les éditions du Figuier, devenant ainsi le premier écrivain éditeur au Mali. Il est également co-éditeur avec Michel Le Bris du Festival Etonnants voyageurs de Bamako.

Ce roman est en fait un roman à la fois policier et ethnographique sur les coutumes du Mali. L'auteur nous plonge en effet au coeur du territoire des Dogons, ethnie la plus célèbre du Mali avec les Bambaras et les Peuls.

Tout commence par un duel mortel entre deux amis d'enfance au dessus d'une falaise : l'un est parti avec la fiancée de l'autre; or, pour les Dogons, l'amitié est une valeur sacrée; mais c'est Yadjé, l'homme bafoué, qui trouve la mort. D'autres morts mystérieuses vont suivre : des conseillers municipaux sont retrouvés morts chez eux, le corps affreusement gonflé.

C'est le commissaire Habib qui va mener l'enquête. Il doit bientôt abandonner sa rationalité habituelle devant le témoignage des habitants du village Dogon: selon eux, les assassinats sont des actes de magie ou de sorcellerie. Habib fait connaissance avec de nombreux personnages : un devin qui lit l'avenir dans les empreintes des renards, un homme au visage de chat qui va communiquer avec les ancêtres tout en haut de la falaise, le maire de la petite ville et ses conseillers, menacés de mort, qui ont l'ai de mener un train de vie bien au dessus de leurs moyens...

Pourquoi les conseillers municipaux sont-ils menacés de mort? Que cache leur richesse apparente? Magie, sorcellerie, défense des coutumes. Tout est là pour créer un récit plein de suspens.

La conclusion et terrifiante et met en relief le conflit entre traditions et modernité au Mali. Ce pays a créé des structures administratives superposées aux cultures existantes. Les Dogons tentent de lutter contre les attaques de la jeunesse tentées par l'argent pour préserver leur culture. D'un côté, la rationalité et le matérialisme sont incarnés par la police, l'administration locale et la jeunesse assoiffée d'argent. De l'autre côté, les coutumes et la sorcellerie des Dogons (culte des ancêtres, danses rituelles, terres sacrées...)

Avant d'être un roman policier, ce titre est avant tout un récit très humain: le commissaire Habib est un vieux titre plein de sagesse. Il cherche à vraiment comprendre les coutumes dogons et est ainsi confronté à un dilemme cornélien: doit-il punir les crimes en remettant les Dogons à la police nationale où doit-il faire preuve de clémence afin de préserver cette culture ancestrale? A vous de le découvrir...Bon voyage au pays des Dogons !

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:50

Un panorama de la poésie française aujourd'hui

Pocket, 2006

Voici un petit ouvrage de vulgarisation bien pratique pour tous les lecteurs qui sont allergiques à la poésie contemporaine . Vous y retrouverez Christophe Tarkos, Olivier Cadiot et ben d'autres ! Très bien critiqué dans toute la presse, il nous permet de découvrir un vaste univers inconnu !

J'ai hâte de m'y plonger !

A signaler aussi le précédent ouvrage de Jean-Michel Espitallier , Pièces détachées : une anthologie de la poésie française , présentant tous les grands poètes vivants: Jacques Roubaud, Katalin Molnar, Pierre Alferi, Olivier Cadiot...

BONNE DECOUVERTE !

Pour vous, la poésie se limite-t-elle aux grands mythes : Hugo, Baudelaire, Eluard, Aragon, Prévert, Michaud .....Où aimez-vous aussi découvrir des auteurs contemporains?

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7 avril 2006 5 07 /04 /avril /2006 19:01

POESIE CONTEMPORAINE -Christophe Tarkos - 1963-2004

Editions POL,1998

Christophe Tarkos est une figure très importante dans la poésie contemporaine française. Mort prématurément à l'âge de 40 ans des suites d'une longue maladie , il a contribué à renouveler fortement la poésie dite "moderne". Il se présente ainsi sur le site des éditions POL:

"Je suis né en 1963. Je n'existe pas. Je fabrique des poèmes.

1 je suis lent, d'une grande lenteur

2 invalide, en invalidité

3 séjours réguliers en hôpitaux psychiatriques depuis 10 ans"

Tout un programme ! Mort prématurément, il est déja un mythe dans ce milieu très fermé qu'est la poésie contemporaine. On le compare à Bernard-Marie Koltès au Théâtre. Reconnu par Christian Prigent comme un poète capital

Je vous conseille vivement d'aller lire l'article qui lui est consacré dans "Le littéraire" à l'adresse suivante :http://www.lelitteraire.com/article1184.html



Refusant tout lyrisme, sa poésie est à la fois visuelle et sonore. Nulle strophe, pas de vers, mais une prose à effet visuel sans ponctuation.

Par exemple, dans Caisses , Tarkos nous livre des poèmes en prose sous forme visuelle de carrés, d'où le titre. Aucun paragraphe, très peu de points. Tarkos déverse violemment ses phrases, joue des réitérations et des ruminations verbales. Sur une dizaine de lignes, il déclame souvent quelque chose d'insignifiant (description d'une théière, du lait,du ciel, souvenirs....) qu'il va décliner de plusieurs manières même si ces modifications sont souvent infimes. Il explore alors tous les possibles jusqu'à l'écoeurement et l'essoufflement  pour exprimer quelque chose de banal.

Tarkos était l'un des grands spécialistes de la lecture-performance. Il est vrai que lorsque l'on lit ces "caisses" , on se dit qu'il faut un sacré talent pour réciter cela !

Inutile de disserter plus longtemps ; je vous laisse découvrir quelques extraits :

Je fume :

"Je fume, la fumée s'échappe, la fumée sort, la fumée me sort

de la tête , ma tête laisse échapper de la fumée, je laisse

échapper de la fumée au dessus de ma tête, ma chaleur

part en fumée, une fumée monte du dessus de ma tête dans

le ciel, je fume, je fume en l'air, ma tête est trouée, de la

fumée monte dans le ciel me sort de la tête,je ne peux pas

la retenir, je la laisse, je la laisse s'échapper, qu'elle

s'échappe, monte dans le ciel, je me laisse faire, c'est toutes

mes forces, c'est ma chaleur, c'est ma vitalité, elle part dans

le ciel, je n'arrête pas de fumer, je fume comme une chemi-

née, la fumée s'élève dans le ciel, adieu ma fumée, fais un

beau voyage , je fume, la fumée me sort de la tête, va vers le

ciel, elle ne s'arrête jamais, il y a un trou dans ma tête, la

fumée me sort de la tête et s'envole dans le ciel perdue à

jamais, ma chaleur s'échappe, que la fumée parte et s'élève

dans le ciel, que je m'échappe, que la chaleur sorte par le

dessus de ma tête, qu'elle parte en fumée, je pars en l'air, je

fume dans le ciel, ma chaleur part, je te laisse partir, je me

vois partir en fumée dans le ciel, au revoir moi.

Voila. En resserant les mots , je vous assure que cela ressemble à un carré parfait !

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Published by Sylvie - dans Poésie
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