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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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28 mai 2006 7 28 /05 /mai /2006 11:53

ETATS-UNIS, 1950

Cette oeuvre est devenue mythique grâce à l'adaptation cinématographique d'Elia Kazan avec dans les rôles principaux, Marlon Brando et Viviane Leigh. On a eu ainsi tendance à oublier qu'il s'agit originellement d'une pièce de théâtre de l'un des plus grands dramaturges américains du 20e siècle avec Arthur Miller. Tennessee Williams (1911-1983) a mis en scène des marginaux et des êtres blessés par la vie, psychologiquement fragiles qui sombrent plus ou moins dans la folie à cause d'un système social opprimant. Il a été marqué par la folie de sa soeur Rose qui subit dans sa jeunesse une lobotomie du cerveau. On lui doit notamment La ménagerie de verre , Baby Doll et Une chatte sur un toit brûlant, pièces également adaptées au cinéma.

La célèbre chanson écrite par Michel Berger et chantée par Johnny, "On a tous quelque chose en nous de Tennessee" lui est dédiée !

Lorsque j'avais vu le film Un tramway nommé désir, j'avais presque été déçue bien que j'ai trouvé Vivian Leigh éblouissante dans le rôle de la femme fragile qui sombre peu à peu dans la folie. Puis j'ai vu récemment la pièce au théâtre Mouffetard et je me suis indentifiée davantage aux personnages. Je trouve que les personnages ont tous leur ambivalence et qu'on ne peut ni trancher en faveur de Blanche, ni en faveur de Stanley.

Voici l'intrigue : dans un appartement minable de La Nouvelle Orléans, Stella Du Bois, descendante d'une vieille famille aristocratique, vit avec son mari Stanley,une brute sensuelle pour les beaux yeux duquel elle a abandonné la plantation familiale. Survient Blanche, la soeur de Stella. Elle arrive avec ses belles robes, ses bonnes manières, son goût de la littérature et des arts alors que sa soeur et surtout son mari sont des êtres frustres et matérialistes. Stranley est plus qu'énervé par le comportement de sa belle-soeur qui le dédaigne. Il cherche à découvrir le véritable visage de Blanche. Il apprend que Blanche est ruinée et qu'elle a dû vendre sa plantation. De plus, elle a été renvoyée de l'école où elle enseignait pour avoir eu une aventure avec un élève de 17 ans. En apprenant cela, Stanley fait rompre les fiançailles de Blanche avec son ami Mitch et n'a plus qu'une idée en tête : faire sombrer Blanche, une fille déja bien fragile, dans la folie...

La tension de la pièce trouve son origine dans l'opposition des personnages : Stanley est un animal puissant, sans état d'âme, prêt à bondir sur une frêle biche. Blanche est certes une mythomane mais c'est d'abord une rêveuse qui recherche un idéal ; ses rêves se sont évanouis lorsqu'elle a découvert que son mari était homosexuel; ce dernier s'est suicidé et elle n'a pas arrêté ensuite de rechercher l'être idéal. Elle déclare que pour elle, le mensonge est d'abord un rêve et de la magie donnée à autrui...Mais dans ce monde ingrat, les idéalistes sont condamnés à l'incompréhension.

Le personnage de Stanley, la proie, n'en est pas pour autant un personnage infâme. Il apparaît dans toute sa sensualité et répond au mépris de Blanche. Leur relation est faite de haine et de désir. La guerre des nerfs, le conflit psychologique est le vrai mobile de la pièce...

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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25 mai 2006 4 25 /05 /mai /2006 16:01

La fête des mères approche. On peut s'interroger à ce sujet sur la figure maternelle dans la littérature.

Y-a-t-il des figures maternelles qui vous ont marquées, émues dans les romans que vous avez lu? Lesquelles?  

En ce qui me concerne....

Parmi les titres les plus connus, il y a bien sûr Le château de ma mère de Marcel Pagnol, La mère de Gorki et Mère Courage de Brecht. Ou bien encore Fantine, la mère de Cosette, dans Les Misérables

Il y a tout d'abord la mère considérée comme une sainte :

Pour moi, le livre le plus marquant à ce sujet est Le livre de ma mère d'Albert Cohen (critique du 24 octobtre 2005)

Albert Cohen, l'auteur du célèbre Belle du seigneur signe ici un roman bouleversant en forme d'hommage à sa mère disparue.

 Le narrateur (Albert Cohen parle sans aucun doute de sa propre mère) exprime sa douleur insoutenable après le décès de sa mère: il fait de cette femme une sainte. La mère, juive émigrée de Corfou à Marseille, est l'image même du dévouement, de l'abnégation. Petite femme simple et boulotte, elle n'a aucune vie sociale puisque ses origines étrangères la retranche de la bonne société marseillaise. Elle n'a pas d'instruction et passe ses journées aux fourneaux et au ménage. Elle n'a qu'un unique amour: son fils pour lequel elle sacrifie tout.

 Par son écriture magique, le grand écrivain qu'est Albert Cohen sanctifie, déifie cette petite femme au coeur simple. Il nous conte son quotidien fait de petites choses bien anodines mais si précieuses pour un fils.

 

 

Son roman est un pardon adressé à cette mère dévouée qu'il a trop souvent délaissée. Car Cohen a quitté  Marseille à 15 ans pour faire carrière dans la diplomatie à Genève. Ambitieux, il a eu tendance à renier un jour ses origines en rabrouant sa mère qui avait téléphoné dans une soirée mondaine pour savoir s'il n'était pas arrivé quelque chose à son fils ...Cohen revient à plusieurs reprises sur cet événement fâcheux qui provoque sa culpabilité: sa mère avait imploré son pardon en larmes; il considère alors sa douleur comme un juste châtiment.

Ce roman s'adresse alors à tous les fils qui ont encore leur mère; pour qu'ils ne soient pas ingrats, pour qu'ils passent encore du temps avec elle...

Chacun peut se reconnaître en Albert Cohen: chacun a regretté de ne pas s'être davantage occupé d'un être cher. Le passage le plus émouvant relate la culpabilité du fils lorsqu'il commet un "péché de vie": rire, se promener ou simplement manger...

Un livre qui nous concerne au plus haut point...


 

On peut aussi citer la figure de la mère tyrannique :

La figure de la mère chez Duras dans Un barrage contre le Pacifique est de ce point de vue emblématique : portrait d'une femme courageuse qui tient tête aux forces de la nature jusqu'à la folie.

Cette figure est très ambiguë et le lecteur est partagé entre l'admiration pour une femme qui lutte contre son destin et l'agacement devant une femme calculatrice qui n'hésite pas à pousser sa fille dans les bras d'un milliardaire pour payer la construction du barrage.....

 


 

Enfin, il existe aussi la mère de substitution, la belle-mère qui éveille des jalousies et des rancoeurs. C'est le cas de Bonjour tristesse de Françoise Sagan.

Bonjour tristesse

Ce livre magnifique met en scène une jeune fille en proie à la jalousie vis à vis de la nouvelle compagne de son père veuf. Pour se débarrasser de cette tutelle gênante, il mettra au point un plan machiavélique qui se terminera involontairement en drame...Pour la jeune adolescente, ce drame marquera la fin de l'adolescence et le début de la tristesse...

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23 mai 2006 2 23 /05 /mai /2006 21:52

L'administrateur de la Comédie Française, Marcel Bozonnet, vient de décider de déprogrammer une pièce de Peter Handke pour la saison 2006-2007 , arguant le fait que le grand dramaturge allemand a assisté aux obsèques de Slobodan Milosevic, l'ex-président serbe.

http://www.liberation.fr/page.php?Article=378488

http://cultureetloisirs.france3.fr/livres/actu/20717629-fr.php

- Peter Handke (photo non datée) - AFP/H. PFARRHOFER -

Une partie du monde littéraire ( dont Elfriede Jelinek, Prix Nobel de Littérature ) s'est insurgé contre cette décision : la grandeur d'une oeuvre est indépendante des engagements de son auteur. Peter Handke est un écrivain internationalement reconnu et ses sympathies proserbes sont connues depuis longtemps.

L'éternelle question est encore d'actualité : faut-il s'interdire de lire Céline à cause de ses propos antisémites ?

Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit sont des chefs d'oeuvre de la littérature quelque soit les propos de Céline.

Je suis donc contre cette censure arbitraire. Et vous ?

Lorsque vous lisez une oeuvre, êtes-vous attentif au "profil" , aux propos de l'auteur ? Est-ce déterminant pour vous?

Ou êtes-vous séduits d'abord par l'intrigue quelque soit le profil de l'auteur?

 

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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 14:35

ALGERIE

Actes Sud Papiers, 2000

Abdelkader Alloula est l'un des grands dramaturges algériens contemporains. Comme de nombreux intellectuels de son pays, il fut assassiné par des terroristes en 1994 à l'âge de 55 ans. Vous pouvez consulter sa biographie sur le site suivant : http://www.algerie-dz.com/article1747.html

Abdelkader Alloula - 3.5 ko

Dans sa pièce la plus connue, Les sangsues, il nous livre une critique acerbe de la bureaucratie algéroise qui, soucieuse de son ambition personnelle, en arrive à mépriser le peuple.

Nous sommes au lendemain de l'indépendance. Un bureau administratif vient d'ouvrir ses portes. Trois hommes viennent sur le devant de la scène. On comprend que l'un est le chef, les deux autres, ses assistants. On livre un fauteuil en cuir lorsque le chef est absent ; les deux assistants, mourant de jalousie, sont bien tentés de l'essayer. Le chef entre et leur fait un leçon de "service public" : les fonctionnaires doivent appliquer la loi tout en servant le peuple ! Apparemment, cette maxime est bien difficile à appliquer ! Les trois fonctionnaires vont devenir des "planqués" qui méprisent les demandes du petit peuple. A l'entrée du bureau, un appariteur accueille les habitants avec un gourdin ! Pendant ce temps, le chef accueille des prostituées et fait la fiesta ....

Les scènes sont entrecoupées de chants et de danses, faisant ressembler le tout à une pantomime burlesque. Cette pièce est une vive satire de l'administration qui ne pense qu'à son bien personnelle au dépend des besoins du peuple. L'ensemble est très humoristique, le dramaturge joue sur la surenchère en accumulant les gags. L'ensemble pourrait peut-être apparaître un peu "lourd" à certain. Mais bob, ce n'est pas tous les jours que l'on voit un pièce algérienne jouée par une troupe algérienne !

J'ai assisté à cette représentation au Forum Culturel du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). La pièce était en bilingue arabe-français mais je n'ai été à aucun moment génée par l'emploi de la langue arabe.

Une pièce originale, engagée qui m'a bien fait rire !

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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21 mai 2006 7 21 /05 /mai /2006 12:22

SUEDE

Arche Editeur, 2002

Lars Norén, né en 1944, est considéré comme le plus grand dramaturge suédois depuis Strindberg. Ses pièces plongent au plus profond de la misère humaine de nos sociétés contemporaines. Vous pouvez consulter sa biographie sur http://www.theatre-contemporain.net/auteurs/bio-auteur.php?id=449

Guerre ne met pas en scène des champs de bataille ni des tranchées mais une famille qui souffre de la guerre. Il s'agit de voir la guerre du point de vue de l'individu, de l'intime. Aucune indication spatio-temporelle n'est donnée mais de multiples allusions évoquent toutes les guerres que nous connaissons : guerre de 39-45, Tchétchénie, Rwanda...A noter également que les personnages n'ont pas de noms ; ils sont appelés par de simples lettres: le père est D, la mère est A, les filles B et C, le frère est E. Déshumanisation à l'oeuvre...

Un père revient au foyer familial alors que tout le monde le croyait mort. Sa femme et ses deux filles sont surprises de le voir en vie et le découvre aveugle. Bientôt un autre personnage fantômatique arrive; il s'agit de E , le frère du père, qui est devenu l'amant de sa femme....

A côté du père aveugle, rôde le frère amant. La "vie" continue : la fille aînée se prostitue. On découvre que la mère a été violée plusieurs fois. Elle se refuse à son mari et lui déclare qu'elle aime son frère. Le père va assouvir ses désirs sexuels avec sa fille....

Selon Norén, la guerre fait transgresser tous les interdits : inceste, adultère, tout est permis dans une sorte de bacchanale Pourtant, une fuite, une vie semble possible : la mère déclare qu'elle n'a jamais aimé son mari comme elle aime son amant qui lui a appris la vraie vie. B et C continue à jouer , B sort avec les soldats américains...Cette pièce a des accents homériens (le père aveugle qui revient de la guerre fait penser à Ulysse) et shakespeariens (la mère qui vit avec le frère de son mari).

Un auteur qui nous plonge dans les méandres de l'enfer en plaçant l'humain en première ligne.Peu lui importe qui sont les vaincus et les vainqueurs de la guerre. Il s'agit avant tout de traiter des répercussions du mal sur l'homme et de répondre à une question essentielle : qu’est-ce qui fait que l’homme survit, même après les plus terribles épreuves, même après avoir tout perdu ?

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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18 mai 2006 4 18 /05 /mai /2006 21:37

INDONESIE

Gallimard, "Du monde entier", 2004

Ananta Toer (pour faire plus simple), qui vient de mourir à l'âge de 80 ans, est le plus grand écrivain contemporain indonésien. Régulièrement cité comme candidat au Prix Nobel, il s'est rendu célèbre par son combat politique contre la puissance coloniale hollandaise et ensuite contre le régime dictatorial de Suharto. Son engagement politique lui valut d'être incarcéré pendant de nombreuses années, avant d'être assigné à résidence pendant encore près de vingt ans.

Gadis Pantaï, son dernier roman, dénonce la condition féminine au sein de la société musulmane.

Au début du vingtième siècle, la fille d'un pécheur de l'île de Java est courtisée par un aristocrate. Le "Banduro" la demande en mariage et l'emmène dans son palais. A 14 ans, Gandis Pantaï ("la fille du rivage" en Indonésien) quitte ses parents et va être catapultée dans un monde étranger où elle va apprendre la soumission. Grâce à sa vieille servante, elle va faire l'apprentissage de sa nouvelle vie. Une menace pèse sur le destin de la jeune fille. Apparemment, elle n'est pas sa première femme...De plus, la vieille servante est renvoyée pour avoir accusé de vol l'un des neveux du "Banduro". C'est alors qu'une autre servante, qui n'est autre que la cousine "déguisée" du mari, la remplace. Que cache cette manigance? Lorsque Gandis Pantaï retournera dans son village pour voir ses parents, elle découvrira progressivement la tragique  vérité....

Ce roman analyse avec finesse les conséquences de l'ascension sociale d'une jeune fille. Chez les Nobles, elle est censée être obéissante et inactive. Chez les pauvres, lorsqu'elle revient au village, elle apparaît comme un Dieu vivant sur lequel il ne faut point poser son regard. Les relations humaines deviennent artificielles aux deux extrémités de la société. Le père n'ose plus marcher à côté de sa fille et sa mère ne souhaite plus qu'elle entre dans la cuisine. Son arrivée au village ne suscite que rancoeurs et conflits...Ne rendant compte de cette absurdité, Gadis Pantaï choisira d'assumer son destin...mais à quel prix ...

Cette oeuvre n'est pas un énième roman à thèse sur la défense des libertés féminines. C'est aussi un grand roman nous faisant découvrir un pays méconnu. Toer oppose le monde des pécheurs, monde de la liberté, au monde urbain, source de vices. Le roman est bourré de rebondissements qui retardent  le dénouement.

Je vous conseille donc de découvrir cet écrivain méconnu. Ce n'est pas tous les jours que l'on lit de la littérature indonésienne !

Cela m'a donné envie de rester dans la région et de découvrir un peu plus la littérature indienne. A part Salmann Rushdie et VS Naipul, je ne connais pas grand monde....

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16 mai 2006 2 16 /05 /mai /2006 20:53

ROMAN FANTASTIQUE – Grand prix jeunesse de l’imaginaire 2005

 

Editions Mango, collection « Autres mondes », 2005

 

Ce beau roman est bien plus qu’un roman fantastique ; c’est d’abord une formidable aventure humaine qui exalte la fraternité.

 

Nous voici plongés dans un avenir relativement proche, au début du XXIIe siècle ; l’Amérique est ravagée par une sécheresse sans précédent ; alors que les blancs se sont réfugiées dans les TechnoCi-T, des villes climatisées, les Indiens ont abandonné leurs réserves pour trouver refuge dans de miraculeux oasis où ils ont renoué avec les traditions ancestrales.

 

Mosa, jeune indien au sang mêlé, a été recueilli par un vieux sage indien à la mort de sa mère. Après le décès de son père adoptif, il décide de partir à la recherche de son père, un médecin blanc qui vit dans la TechnoC-T. C’est alors qu’il fait la connaissance de son frère, Wosa, qui lui ressemble étrangement. Son père lui déclare qu’ils sont jumeaux. Mais le pauvre Wosa est atteint d’une maladie génétique incurable. Il se réfugie alors dans le racisme et la haine de l’autre.

 

Bientôt, leur père va leur révéler la vérité : Wosa est le clone de Mosa ; lorsqu’il a quitté leur mère enceinte pour  rejoindre le monde blanc, il a prélevé un bout d’ADN. Mais dans les TechnoC-T, les clones ne sont pas viables et voués à une mort certaine…

 

C’est alors que se noue une formidable histoire fraternelle entre Mosa et Wosa : le jeune indien décide d’emmener son clone dans l’oasis indien pour le faire soigner la  médecine chamaniste. Qu’elle n’est pas la surprise de Wosa lorsqu’il découvre que le chaman est une belle jeune fille de son âge…

 

Beaucoup de choses à débattre dans ce roman : rapports entre blancs et indiens, statut du clone, thème de l’enfant malade, conséquences des manipulations génétiques….Ce roman fantastique met d’abord en avant les sentiments et c’est une bonne chose ! La fin du roman vous fera sans doute verser quelques larmes !

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 14:37

ETATS-UNIS

Editions Plon, "Feux croisés" de William Gaddis

William Gaddis (1922-1998) est l'un des auteurs américains majeurs de la deuxième moitié du 20e siècle. Il a écrit cinq romans en cinquante ans : Les Reconnaissances (1955), JR (1975) couronné par National Book Award, Gothique Charpentier (1985), Le Dernier Acte (1994) également distingué par le National Book Award et enfin Agonie d'Agapè , publié quatre ans après la mort de l'auteur. L'ensemble de ses romans fustige la société américaine.

Cette oeuvre est véritablement le chant du cygne de Gaddis : il s'agit du monologue, d'un pamphlet d'un homme rongé par la maladie, sur son lit d'hôpital, qui déverse toute sa haine sur nos sociétés modernes ; le vingtième siècle marquerait la mort de l'artiste à cause de la mécanisation et de la démocratisation des arts. Il prend pour point de départ l'invention du piano mécanique à la fin du XIXe siècle qui permet que chacun puisse jouer les oeuvres des grands musiciens. Le texte regorge d'allusions aux illustres prédécesseurs de Gaddis qui ont célébré ou fustigé l'artiste, de Platon à Nietzsche, en passant par Flaubert et Tolstoï. Le but du vieil homme est de publier un essai sur la mort de l'art mais il s'emmêle constamment dans ses dossiers posés sur son lit. A noter d'Agapè est le nom grec pour désigner l'amour désintéressé de tout bien terrestre. Nous sommes bien donc ici dans un discours conte tout matérialisme ....

Le texte vaut avant tout pour sa forme : le discours devient celui d'un fou furieux. Les phrases sont très longues, entrecoupées d'hésitations et de répétitions. D'incessantes digressions viennent perturber les propos du narrateur sur la mécanisation des arts : perte de sang, problèmes avec ses agrafes aux jambes, héritage de ses filles etc.... Le discours devient un flux continuel sans respiration.

Discours sensé d'un philosophe ? Monologue d'un pantin fou furieux? Oeuvre prétentieuse d'un dandy élitiste méprisant le peuple? Le lecteur est pris entre deux feux....

Certes, les propos de Gaddis ne sont pas révolutionnaires. Il prend pour point de départ le mépris de Platon pour les artistes qui, pour le grand philosophe grec, devaient être exclus de la cité pour exciter les désirs et les passions et éloigner le peuple de la raison. Il cite ensuite les célèbres propos de Nietzsche méprisant le "troupeau" et exaltant les vertus de l'artiste solitaire. On retrouve les propos moins connus de Flaubert à Georges Sand : " Je crois que la foule, le troupeau sera toujours haïssable. Il n'y a d'important qu'un petit groupe d'esprits, toujours les mêmes, et qui se repassent le flambeau".

On connaît moins les propos de Tolstoï traitant de l'éducation du peuple, fustigés par Gaddis :"Peut-être qu'ils ne comprennent pas et ne veulent pas comprendre notre langage littéraire parce qu'il ne leur convient pas et qu'ils sont en train d'inventer leur propre littérature".

On l'aura compris, Gaddis est contre la démocratisation des arts et plus encore contre la société américaine pour qui "Mona Lisa et La Cène sont devenus de l'art de calendrier à suspendre au-dessus de l'évier de la cuisine".

Le lecteur est partagé entre l'admiration et le mépris ou la moquerie. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il ne peut tomber qu'en admiration devant le style inimitable de Gaddis , cette prose incendiaire, démente, qui vous sert les tripes :

Voici les premières lignes :

"Non mais ce qui se passe c'est que je dois expliquer tout ça parce que je ne , nous ne savons pas combien de temps il reste et je dois travailler sur le, finir ce travail pendant que je, bon, j'ai apporté toute cette pile de livres ces notes ces pages ces coupures et Dieu sait quoi, tout trier et organiser pour le jour où je répartirai ces biens et les affaires et les soucis qui vont avec pendant qu'ils me gardent ici pour que je me fasse charcuter et écorcher et poser des agrafes et charcuter encore cette mauvaise jambe regardrez-moi ça, couverte d'agrafes comme la vieille armure japonaise dans la salle à manger comme si on me démontait morceau par morceau, maisons, cottages, étables, vergers et toutes les satanées décisions et distractions j'ai les documents les levés les actes et tout le reste ici quelque part dans cette masse, y mettre de l'ordre avant que tout s'effondre et que tout soit englouti par les avocats et les impôts comme tout le reste parce que c'est de ça qu'il s'agit , c'est là dessus que porte mon travail, l'effondrement de tout, du sens, du langage, des valeurs, de l'art, le désordre et la confusion partout où vous regardez, l'entropie qui submerge toutes choses visibles, le divertissement et la technologie et tous les mômes de quatre ans avec leur ordinateur, chacun son propre artiste d'où ça vient tout ça, le système binaire et l'ordinateur, d'où ça vient la technologie, vous comprenez ? "

Le tout en une seule phrase ! Chapeau ! Difficile à lire mais cela en vaut la chandelle ....

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 12:40

ROMAN POLICIER

Editions Rageot, collection "Cascade", 2002

Je continue ma "série Nozière" en vous présentant ce charmant roman plein de suspens. Nozière quitte son Algérie natale , cadre des romans Un été algérien et Maboul à Zéro pour nous donner des frissons dans le dos. Oubliez les portraits de gentils d'enfants de nos contes d'antan. Nous sommes dans la lignée du Miniaturiste de Virginie Lou. Le mal s'immisce dans le monde de l'enfance...

Voici l'intrigue : Irma, bonne élève qui vient de passer le brevet, est invitée par son ami Angéline, dans un manoir perdu près de Château-Chinon. Le week-end s'annonce idyllique. Angéline lui met l'eau à la bouche : château, piscine et cinq ados livrés à eux-mêmes pour un week-end. Elle ment à ses parents, prend le train. A la gare, l'attend Jean-Alain, le fils des propriétaires du manoir. Premières frayeurs : Jean-Alain est certes un beau gosse , mais c'est un jeune arrogant qui n'hésite pas à prendre la décapotable de ses parents à 15 ans , sans permis !

Irma arrive au Manoir; elle y découvre trois ados qui sont sous la coupe du dominateur Jean-Alain. Barbecue, piscine, musique... Mais la soirée est assombrie par les souvenirs du week-end qu'il y a quatre ans. Luc, le plus timide, se rappelle qu'ils ont découvert le cadavre d'un pêcheur noyé près d'un barrage.

Le lendemain, Luc a disparu. Jean-Alain déclare qu'il a quitté le manoir. Mais l'a-t-il quitté de son plein gré ? Et si la noyade du pêcheur était en réalité un meurtre?

Le roman est savamment construit : les scènes du "week-end mortel" alternent avec la lecture et la correction de la rédaction de l'épreuve du brevet de Luc. Le professeur va découvrir la vérité sur ce qui s'est passé il y a quatre ans grâce à la confession écrite de Luc...

Cette histoire fait vraiment froid dans le dos. L'atmosphère s'installe tranquillement, on sent petit à petit qu'il y a quelque chose qui "cloche". Puis tout à coup, le cauchemar démarre...Face à la téméraire et intelligente Irma, les adolescents sont soit des poules mouillées, soit des êtres maléfiques. Il s'agit vraiment d'une histoire très sombre et non de simples jeux d'enfants qui se terminent mal.

 

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14 mai 2006 7 14 /05 /mai /2006 12:26

Bon, allez, j'ose vous demander enfin la question qui est posée par tout le monde en ce moment :

AVEZ-VOUS ou COMPTEZ-VOUS LIRE LE DAVINCI CODE ?

Le film sort mercredi ; comptez-vous aller le voir également ?

Ma réponse :

Je ne l'ai pas lu mais je crois que je vais aller voir le film.

Pourquoi ? Je suis bien tentée de dire "Il y a tant d'autres choses à lire , je préfère lire autre chose....". Mais le sujet, c'est à dire les meurtres, les intrigues, les secrets du Musée du Louvre m'attirent bien. En général, j'adore les livres ou les films qui ont pour cadre le milieu de l'art, le mélange d'intrigue policière et d'arrière-plan artistique.

Les enquêtes de Jonathan Argyll - L'affaire Raphaël

A préciser que Dan Brown n'a rien inventé en mélant roman policier et histoire de l'art. Citons par exemple Ian Pears avec ses célèbres enquêtes (L'Affaire Raphaël ) et le très célèbre Tableau du maître flamand d'Arturo Perez-Reverte.

Le tableau du maître flamand

Bon, j'irais voir le film dans les prochaines semaines et vous dirais mon avis...

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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