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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 23:23

ANGLETERRE

Soldat Peaceful

Gallimard Scripto, 2005

 

Michel Morpurgo est l’un des auteurs pour la jeunesse les plus réputés au monde.

 

Son dernier opus, Soldat peaceful, est une petite merveille pleine d’émotion. Il nous plonge dans l’Angleterre profonde du début du siècle avant et pendant la Première Guerre Mondiale.

 

Le récit se présente sous la forme d’un journal intime écrit en une nuit de minuit à six heures du matin : on devine que le journal est écrit dans une tranchée et que tout se finira mal au petit matin…

 

L’occasion pour Tommo, le narrateur, de revenir sur son enfance, les jours heureux et les mauvais souvenirs dans la campagne anglaise en compagnie de sa mère et de ses deux frères : Charlie et Big Joe, enfant attardé à la suite d’une méningite. Après la mort accidentelle du père, la petite famille doit batailler pour ses droits face au colonel, le propriétaire des terres. Mais il y a aussi l’amour qui arrive avec la jeune Molly.

 

Puis la guerre éclate. Pour rester avec son frère aîné Charlie, Tommo décide de mentir sur son âge et décide de s’engager avec lui. Bientôt, ils découvrent ensemble le vrai visage de la guerre des tranchées et de la hiérarchie militaire….

 

Ce beau récit est d’abord une formidable histoire d’amour fraternel qui vous fera tirer sans doute quelques larmes …

 

A cela s’ajoute un intérêt historique : Morpurgo éclaire les adolescents sur les mutineries réprimandées des soldats de 14-18.

 

Le récit est habilement mené et nous réserve des surprises jusqu’à la fin sur la destinée des deux frères.

 

Un récit classique mais très émouvant.

 

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13 juin 2006 2 13 /06 /juin /2006 22:36

INDE - Booker Prize 1997

Gallimard, 1998

Arundhati Roy est la plus célèbre écrivaine indienne de langue anglaise avec Anita Desaï. Elle est également connue pour ses engagements politiques contre le nucléaire et pour la défense de l'environnement (Le coût de la vie).

Dans son premier roman, grand succès international traduit en plus de 30 langues, elle dénonce l'injustice de la société indienne fondée sur le système des castes.

L'histoire est vue à travers le regard de deux faux jumeaux, Rahel et Estha Kochamma, qui à la suite d'un drame familial, devront se séparer. Les deux enfants vivent en Inde entourés de leur grand-mère et de leur oncle, gérants d'une usine de conserverie. Issue de la bourgeoisie chrétienne de la province de Kerala, la famille compte bien garder son rang et se défendre contre la menace communiste qui se répand en Inde au début des années 50. La tante Baby Kochamma, vieille fille amoureuse d'un prêtre irlandais, est la première à défendre des positions. Au milieu de tout ce petit monde pittoresque, il y a Ammu, la mère divorcée des deux jumeaux, éprise de liberté et qui va découvrir l'amour dans les bras de Velutha, un intouchable (caste la plus défavorisée de l'Inde qui touche les matières impures : viande, ordures...) . La vengeance de la famille sera terrible....L'intouchable, désigné par Ammu, le Dieu des petits riens, sera immolé sur l'autel de l'honneur familial....

Le roman prend la forme d'un récit à énigmes et à tiroirs. Dès le début, nous savons qu'il y a eu la mort d'un enfant, la fille américaine de l'oncle Chacko. On devine que les deux jumeaux et que Velutha sont mêlés de près ou de loin à la mort de l'enfant. Petit à petit, grâce à des flash back sur le passé de la famille Kochamma, aux scènes du présent mêlées à celle du passé, le lecteur découvre la véritable histoire de cette famille et comment "ils en sont arrivés là".

Cette oeuvre tire sa force du langage employé qui est celui de l'enfance. Derrière le tragique de la situation, il y a aussi l'humour provenant des expressions enfantines et de leur incompréhension de la situation.

A travers ce récit d'enfance plein de poésie, Arundhati Roy nous livre un récit engagé contre la société inégalitaire de son pays. Cette belle histoire d'amour est aussi l'occasion de découvrir tout un pan méconnu de l'histoire indienne (émergence du communisme chez la communauté des intouchables...°

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 10:21

Je vous conseille d'aller voir du côté de http://litteraturepassion.over-blog.com , le blog de clochette, qui a énormément de points communs avec moi : elle est documentaliste, je suis bibliothécaire et ses coups de coeur et les miens se ressemblent vraiment !

Vous y retrouverez les mangas, la littérature pour adolescents et de nombreux écrivains que j'aime : Philippe Claudel, Laurent Gaudé, Haruki Murakami, Duong Thu Huong .....

Bonne découverte et encore bravo à Clochette !

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12 juin 2006 1 12 /06 /juin /2006 09:54

INDE

Mercure de France, 2001

Anita Desaï, née en 1937, est l'un des plus grands écrivains indiens anglophones.

Son plus célèbre roman, Le jeûne et le festin, est basé sur la comparaison entre la famille indienne (le jeûne) et la famille américaine (le festin). Anita Desai nous présente une famille indienne traditionnelle aisée tentée par l'occidentalisation : les deux filles de la famille, Uma et Aruna, auront deux destins différents. Uma, laide et sotte, n'arrivera jamais à se marier, deviendra la bonne à tout faire de ses parents et se réfugiera dans la charité chrétienne. Aruna, la jolie fille que tous les hommes courtisent, se mariera et ira vivre en ville. Arun, le fils, le petit dernier, le chouchou subira la pression de ses parents pour devenir un étudiant brillant et  émigrera aux Etats-Unis pour poursuivre ses études; il sera logé chez une famille américaine où il découvrira tous les avatars du modernisme et de l'individualisme : boulimie, ennui....

Face à la famille indienne fondée sur de multiples restrictions , l'Amérique souffre de l'abondance. De ce roman, je retiens surtout le fabuleux portrait d'Uma, la risée de la famille indienne, la sotte au grand coeur. J'aurais préféré que le roman s'intéresse davantage à elle dans la seconde partie; au lieu de cela, la deuxième moitié du roman est basée sur "l'américanisation progressive" d'Arun. On a l'impression de lire un roman inachevé même si l'idée est bonne de comparer les deux situations.

Je retiendrai de ce roman la description de la famille indienne, étouffante et autoritaire qui n'hésite pas à sacrifier Uma pour assurer le bonheur d'Arun. Uma, la malheureuse sainte, suscite tout de suite l'adhésion du lecteur.

Pas un coup de coeur donc, car un sentiment d'inachevé. Mais quand même de belles émotions....

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11 juin 2006 7 11 /06 /juin /2006 21:32

Editions Le temps qu'il fait, 2006

Georges Bonnet est un jeune écrivain de plus de 80 ans ! Enseignant à la retraite, il a d'abord écrit de la poésie avant d'écrire ce magnifique roman sur la vieillesse et le temps qui passe.

Cette oeuvre confidentielle met en scène Emile,un retraité septuagénaire qui rencontre Louise,une vieille dame de son âge, autre âme solitaire, sur un banc public. Petit à petit, les deux êtres se rapprochent et l'homme veuf  va habiter chez la vieille fille qui vient de perdre sa mère ; il lui rend de petits services , elle lui adresse des petits mots gentils, lui tricote des écharpes.

Histoire d'amour ? Ce serait trop simple car tout est dans le non dit. Bonnet s'interdit toute emphase lyrique en choisissant de s'intéresser , tel un impressionniste, aux petits détails : un mot, un geste évocateur, une attitude, un petit cadeau.. Les deux congénères se vouvoient ce qui renforce la subtilité de leurs rapports.

Puis un incident minime va bouleverser le quotidien des deux vieillards : un mendiant philosophe va peu à peu s'immiscer dans la maison de la vieille célibataire suscitant la jalousie du "premier élu" : ce dernier va donc décider de quitter son domicile d'adoption et de renouer avec sa vie de solitaire.Nous dégustons alors une formidable description de la vieilesse : de courtes phrases décrivent le milieu qui entoure le vieux monsieur : un oiseau qui chante, une feuille qui tombe, un bruit chez le voisin ; le personnage n'existe plus que par ses sensations. Petit à petit, la solitude laisse la place à la nostalgie de la relation privilégiée qu'il a entretenue avec Louise ; il se promènedans son quartier, l'aperçoit.

Mais au pays de la vieilesse, les sentiments se taisent et se terrent dans l'âme. Cette merveille de délicatesse et de subtilité nous touche au plus profond de nous. Sans le moindre artifice, grâce à des phrases simples décrivant les sensations du quotidien, Georges Bonnet nous fait ressentir une vive émotion.

Bravo encore aux éditions Le temps qu'il fait qui nous font découvrir des écrivans confidentiels plein de talent. Dans la lignée de Georges Bonnet, je pense notamment au "vieillard" Jacques Chauviré, décédé en 2005, qui nous avait émerveillé avec Elisa

Article paru le 17 juillet 2005

 Jacques Chauviré a été découvert dans les années 50 par Albert Camus qui est à l’origine de la publication de son roman. Médecin de profession, plusieurs de ses romans vont évoquer sa relation avec ses patients.

Mort cette année à l’âge de 92 ans, ses romans ont été republiés en 2003 aux éditions Le Temps qu’il fait. Je vous propose la lecture du magnifique petit roman Elisa

 Elisa, Editions Le temps qu’il fait, 2003

L’auteur se souvient de son enfance lors de la guerre 14-18 Son père est mort au front;l'enfant de 5 ans est donc entouré de « ses femmes » : sa mère, sa grand-mère et sa sœur. Un beau jour, une gouvernante de 18 ans est embauchée : le jeune garçon va tomber sous le charme…

Chauviré décrit magnifiquement l’éveil de la sensualité du jeune enfant. L’amour platonique naît d’un contact, d’une odeur, d’un regard. Le vieil homme se souvient avec émotion de son premier amour éphémère. Elisa est à la fois "amante" et mère, sa chair sentant bon le lait et l'amande. Il retrouvera Elisa des années plus tard en tant que patiente…

 Un très beau roman classique sur le monde de l’enfance : l’écriture, très sensuelle, nous plonge au cœur de des rêves et des espoirs du jeune garçon. Mais c'est aussi l'histoire d'un vieux monsieur qui, au soir de sa vie, se souvient de ses premiers émois...

 

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8 juin 2006 4 08 /06 /juin /2006 19:57

Seuil, 2004

Hiner Saleem est d'origine kurde

Voici un beau récit d'enfance autobiographique : le cinéaste Hiner Saleem (réalisateur de Vodka Lemon) nous raconte son enfance au temps de l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein en 1979. Hiner est issue d'une famille de combattants indépendantistes kurdes et dû subir toutes les brimades des autorités irakiennes (déportation, exclusion de l'administration...).

La guerre irako-kurde est vue du point de vue d'un gamin, tel que se définit l'auteur, ce qui évite tout misérabilisme ; le gamin deviendra un jeune homme et décidera de s'exiler en Europe pour vivre sa liberté.

Un beau récit qui évite tout misérabilisme et qui nous plonge directement dans la condition des Kurdes sous le régime de Saddam Hussein. On découvre que les Kurdes ont cru à leur indépendance au début du régime puis qu'ils ont été trahis par les Américains. Ce roman met en valeur la fierté kurde qui a choisi la voie de la résistance.

Un beau roman à découvrir entre fiction et documentaire.

Cela m'a donné envie de voi Vodka Lemon !

 

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6 juin 2006 2 06 /06 /juin /2006 20:36

Cette semaine, je pars pour une semaine de vacances en Grèce , en Crète plus précisément.

Au programme, soleil, plage, mer et peut-être quelques découvertes littéraires !

Connaissez-vous des écrivains grecs ?

J'avoue ma profonde inculture à ce sujet !

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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4 juin 2006 7 04 /06 /juin /2006 19:56

Actes Sud , 2006

Théâtre de l'Est Parisien jusqu'au 3 juin 2006

Bon d'accod, c'est un peu tard pour vous conseiller d'aller voir cette pièce mais vous pourrez toujours la lire aux éditions Actes Sud !

Catherine Anne met en scène le frère (Paul) et les deux soeurs (Camille et Louise) Claudel de leur jeunesse au crépuscule de leur vie en essayant d'aller au plus près de leurs conflits.

Il y a Camille, la célèbre sculptrice, la femme libérée qui finira à l'asile. Paul, le brillant diplomate épris de Dieu, auteur du célèbre Soulier de satin et enfin, Louise, la femme au foyer, veuve à 30 ans,  qui souffre sûrement à côté de son frère et de sa soeur artistes.

Catherine Anne adopte un dispositif narratif très original puisque la pièce commence vers 1940 à l'asile où est enfermée Camille et remonte progressivement le temps jusqu'à la jeunessse des trois êtres du même ventre. Il s'agit de comprendre comment sont nés la tragédie et la rupture entre les êtres du même sang.

Car il s'agit bien de trois êtres profondément tragiques. Camille, l'artiste passionnée éprise d'idéal, sombre dans la folie. Paul, diplomate et écrivain brillant, est en fait un être déçu par les femmes et l'humanité en général, se réfugie dans une bigoterie mesquine. Enfin, Louise, la mère au foyer, veuve à trente ans, ne supporte pas les extravagances de sa soeur.

Catherine Anne évite pourtant de sombrer dans le tragique car l'opposition des personnages nous font parfois rire et fait évoluer la pièce vers un vaudeville bourgeois.

La pièce renouvelle profondément la vision que nous avons de la famille Claudel ; les films et les romans mettent en relief les relations d'amour et de haine des deux artistes. Ici, la soeur oubliée, Louise, apporte une vision plus riche de la fratrie Claudel.

Pas un chef d'oeuvre (les personnages frôlent parfois la caricature, surtout pour Paul) mais une pièce intéressante pour la biographie des Claudel.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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1 juin 2006 4 01 /06 /juin /2006 19:21

Editions Dargaud

L'Autre Monde

Scénario de Rodolphe, dessins de Florence Magnin

Voici mon coup de coeur BD de l'année ! Franchement, je crois que je n'ai jamais autant aimé lire une bande dessinée ! Je dis toujours que les romans me permettent davantage de l'évader mais là, vraiment, j'ai été transportée dans un monde merveilleux pour mon plus grand plaisir !

Il s'agit d'un grand classique de la BD française des années 90. le scénario, un conte fantastique, est très original et les dessins sont vraiment magnifiques !

L'Autre Monde

Jan, le héros de l'histoire, est un aéronaute accidenté qui atterrit dans un pays merveilleux complètement anachronique ; il est soigné dans un hôpital où on le prend pour un fou quand il déclare qu'il est tombé du ciel. Un vieux savant qui cherche lui aussi à voler le fait s'évader et le recueil chez lui. Jan découvre que dans cet étrange pays, les cigognes déposent des bébés dns l'eau, que l'on ne sait pas qui est Christophe Colomb, que la terre est plate et qu'il n'y a rien dans le ciel qui est fermé comme un chapiteau de cirque ! Mais un beau jour, le vieux savant découvre qu'il y a une fissure dans le ciel, qu'il est crevé par le sommet d'une montagne. De plus, ce ciel semble se rapprocher bizarrement du sol.

Pour sauver le "Pays roux", Jan et le savant fou vont partir à la découverte de cette fissure du ciel et découvrir ce qu'il y a derrière le chapiteau...

Autant vous le dire, vous n'etes pas au bout de vos surprises. Le secret révélé à la fin est profondément allégorique : il s'agit d'une réflexion sur nos origines et sur notre rapport à Dieu.

Entre temps, vous aurez voyagé au pays des sirènes et des elfes sans oublier la ville de Noël où l'on fabrique des jouets...Sous ses allures de conte merveilleux, cette BD est surtout une belle réflexion sur nos origines. A conseiller aux adolescents et aux adultes ! Dépaysement, surprise, féérie et magie garantie !

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29 mai 2006 1 29 /05 /mai /2006 19:13

VIETNAM

Editions Sabine Wespieser, 2006

Voici le dernier opus de la plus célèbre écrivaine vietnamienne contemporaine. Je vous avais déjà présenté Au delà des illusions qui mettait en scène une femme idéaliste qui quittait son mari ayant profité du népotisme des communistes.

Avec Terre des oublis, Duong Thu Huong nous livre encore une fois un magnifique portrait de femme après la guerre du Vietnam.

Alors qu'elle rentre d'une journée en forêt, Miên a la surprise de retrouver Bôn, l'homme qu'elle avait épousé quatorze ans auparavant. Ce dernier avait été déclaré mort à la guerre . Miên s'est remariée avec Hoan,  un riche propriétaite terrien, qu'elle aime et avec qui elle a eu un enfant. Mais face à la pression de la communauté villageoise, Miên se résigne à faire son devoir et à retourner vivre avec son premier mari.

Elle tente désespérément de se réhabituer à son humble condition : elle quitte sa belle maison pour aller vivre dans une vieille hutte délabrée ; Bôn, passionnément amoureux, est devenu un être physiquement détruit qui ne peu plus travailler. Mais il désire coûte que coûte un enfant malgré son impuissance...Hoan, le riche commerçant, respecte la décision de son épouse et part vivre en ville ...

Au fil de 800 pages qui se lisent très facilement (un petit peu moins d'une semaine...), la romancière passe de l'un à l'autre des personnages  du triangle amoureux. La narration plonge par épisodes dans le passé des trois personnages qui sont tous des victimes des conventions sociales. Hoan a été marié de force très jeune à une jeune femme intrigante ; Miên doit suivre les coutumes qui poussent les jeunes femmes à aller vivre avec les martyrs de la guerre. Enfin, on apprend que Bôn a été lui aussi marié de force à une jeune laotienne qui l'a sauvé dans la jungle. Les différents monologues intérieurs expriment les regrets et les devoirs des trois victimes de l'Histoire.

Duong Thu Huong évite cependant tout misérabilisme car au plus profond du désespoir, les personnages gardent une dignité certaine. Tous trois forcent l'admiration du lecteur, y compris Bôn qui est pourtant une loque humaine. Tout au long des 800 pages, le lecteur s'interroge sur l'issu de ce drame ce qui installe un certain suspens au coeur de l'étude psychologique.

Une nouvelle fois, l'écrivaine nous livre une profonde réflexion sur les rapports entre la liberté individuelle et les grands principes moraux et politiques. L'individu semble écrasé par le poid de l'opinion. Nous apprenons qu'après la guerre du Vietnam, des mariages étaient organisés entre de jeunes vierges et les invalides de guerre.

Et puis il y a cette poésie dans la description des paysages : brumes laiteuses, champs de poivriers, description de la jungle...

Un écrivain incontournable à découvrir...

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