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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 21:28

THEATRE JEUNESSE

 

Ecole des loisirs « théâtre », 2002

 

 

Nathalie Papin est l’une des grandes figures du théâtre jeune public contemporain. L’ensemble de ses pièces est publié à l’Ecole des Loisirs.

 

 

Le pays de Rien est un petit bijou de magie en même temps qu’une réflexion sur la vie et le rapport au monde. Comme le titre l’indique, le pays de Rien est gouverné par un roi qui fait la guerre à tout ce qui fait la vie : les cris, les soupirs, les larmes, les chants et les couleurs. Son royaume se constitue donc uniquement de cages où sont enfermés les sons et d’un lac où se noient les couleurs.

 

 

Mais voila : le roi de Rien a une fille qui commence à s’ennuyer dans ce pays. A chaque son qu’elle prononce, elle est punie et est enfermée dans une cage. Un beau jour, alors qu’elle nettoie les cages, elle rencontre « un jeune garçon qui siffle » : celui-ci va lui faire découvrir l’ailleurs et en particulier la « meute des enfants des rêves malades qui traînent leurs rêves avec eux parce qu’il n’y a pas de place pour les poser quelque part ». A partir de ce moment, la vie de la petite princesse va être chamboulée : le garçon va lui faire découvrir aussi les couleurs et lui donne une mission : demander au Roi de Rien d’ouvrir son royaume aux enfants aux rêves malades pour qu’ils puissent y déposer leurs rêves. Mais les rêves sont pleins de bruits …..

 

 

Cette pièce est d’abord un conte magique qui regorge de poésie : le texte regorgent de trouvailles originales : les cages où sont enfermés les bruits, le lac des couleurs, les rêves malades etc….

 

 

Mais sous ses allures de conte fantastique, cette pièce livre également un conte philosophique sur la place de l’homme dans la société : la problématique du rapport à l’autre, le rôle du jardin secret de l’individu, le rôle des rêves et  la notion du néant.

 

 

A lire le soir aux enfants rêveurs…..

 

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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27 juin 2006 2 27 /06 /juin /2006 22:04

Editions Théâtrales, 1999

Cet ensemble de pièces, inscrit au répertoire, est étudié notamment au programme de lettres "option théâtre" au Bac. Philippe Minyana est l'un des grands auteurs dramatiques contemporains.

Ces pièces mettent en scène plusieurs femmes qui clament leurs malheurs aux spectateurs/ lecteurs. 6 femmes, six monologues qui oscillent entre le burlesque et la tragédie. Car ces six femmes nous livrent de rudes destins : viol incestueux, mort accidentelle d'une mère, mort d'un frère SDF, enfant à l'assistance publique. Il s'agit de personnes marginales, d'exclues qui n'existent que par la parole.

Les mots se déploient sans fin; cette pièce est avant tout une performance langagière puisque les six femmes nous livrent leur intimité d'une seule traite, sans virgule. Le voir au théâtre doit être un véritable régal !

Il s'agit d'un théâtre de l'intime où Madame Tout le Monde raconte au spectateur ses blessures, ce qui l'a fait chavirer un jour. La deuxième pièce du recueil Inventaires , met en scène trois femmes interviewées par une autre femmes, sans doute une animatrice télé, bien qu'elle ne soit jamais citée comme tel. Ce déploiement de la vie intime fait penser justement à ces reality show où les invités nous racontent leur vie et leurs secrets.

Ce travail spécifique sur la langue qui n'a pas le temps de respirer (pas de virgules, beaucoup de répétitions) fait que la tragédie se transforme souvent en théâtre burlesque ; les femmes nous font penser à des pantins, à des marionnettes qui parlent sans fin. Ces monologues m'ont fait penser en particulier au travail sur le discours qu'effectue la romancière Lydie Salvayre (La puissance des mouches et La compagnie des spectres) : les personnages sont des foux furieux qui déclament leurs malheurs dans un flux de paroles sans fin.

Ce mélange de tragique et de burlesque est vraiment magique; Minyana s'inspire beaucoup du théâtre de marionnettes : ses personnages ressemblent à des pantins qui ne sont vivants que par la parole.

Vraiment une performance théâtrale et un beau travail sur la langue et le discours théâtral. Je vous conseille de lire l'interview très intéressant de Philippe Minyana à l'adresse suivante : http://ensatt.com/GESTUS/Docs/EntretienMinyana.doc

Je ne résiste pas à l'envie de vous faire découvrir un petit extrait bien significatif du style inimitable de Minyana :

"Ma mère me dit en kabyle : montre-leur mon coffret celui de mes bijoux il y a des bijoux comme ce collier ils comprendront que c'est pas un collier du Printania mais un collier de Constantine. Au lieu de sourire c'est ce qu'elle aurait dû faire essayer de parler en souriant mais comment tu peux sourire quand tu n'a pas envie et au lieu de sourire donc elle a gueulé contre eux sa lèvre inférieure arrivait même à ne plus ressembler à une lèvre elle se distendait elle se distendait il était dix-neuf heures gaz lacrymogènes gaz lacrymogènes les gaz lacrymogènes sur ma mère Ouerdia après elle est jetée dans le fourgon poings liés comme un sac de pommes de terre direction le commissariat trois de mes frères Houcine Omar Ahcène ils faisaient du tennis au terrain de sport arrêtés aussi au commissariat déjà qu'Hocine avait volé l'année dernière une mobylette ma mère pleure pleure pleure les menottes et autre scandale ligotée au pied de la table Hocine y va ^près d'elle il y court et gaz lacrymogènes ma mère on la laisse là on amène Hocine qui a été brûlé on la laisse dans la pièce avec les gaz et elle n'a pas volé il y a eu délation supposition je ne sais pas je sors de là ils me font sortir 21 heures téléphone ma mère a voulu s'étrangler avec la cordelette quelle cordelette on ne sait pas le juge appelle le docteur le docteur vient et il ne remarque rien ni les brûlures des gaz lacrymogènes ni l'état critique de ma mère on la relâche elle rentre ici à pied je l'entends je la vois sa lèvre toujours pareil elle se distend et malaise coma diabétique la mort choc émotionnel poussée de glycémie à 5 grammes par litre à cause d'un collier de Constantine autopsie rien scandale je réfléchis je vois le juge qui voit le médecin légiste et cette première autopsie ? Et l'état cyanotique du poumon et les brûlures et le choc émotionnel?

Contre autopsie s'il vous plaît je porte plainte je ne sors plus de ma chambre je n'ai plus de salive j'attends"

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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26 juin 2006 1 26 /06 /juin /2006 21:28

ARGENTINE

Roman publié en 1948

Voici l'un des plus grands chefs d'oeuvre de la littérature sud-américaine. Le roman est bien différent de la littérature Latina que nous connaissons, illustrée par le réalisme magique cher à Garcia Marquez. Ici, nulle trace de fantastique. Sabato nous plonge au contraire d'une manière extrêmement réaliste dans les méandres d'une conscience torturée.

Juan Pablo Castel confesse de sa prison le meurtre de la femme dont il était fous amoureux. Comment en est-il arrivé à commettre cet acte désespéré?

Lors d'une exposition, Juan Pablo remarque qu'une jeune femme admire un détail de l'un de ses tableaux qui n'a jamais été remarqué par les critiques d'art : une fenêtre montrant une femme méditant devant la mer. Elle s'enfuit sans que Juan n'ait pu lui adresser la parole. Depuis ce jour, il ne pense qu'à la retrouver en inventant de multiples stratagèmes. Un jour, il la retrouve par hasard : elle s'appelle Maria Iribarne Hunter. Une étrange relation commence alors : la passion se double d'interrogations constantes sur la véritable nature de Maria. Lorsque le célèbre peintre découvre que sa bien aimée est mariée à un aveugle (ce qu'elle lui avait caché) , la jalousie commence à s'immiscer dans sa conscience tortueuse....

Juan devient fou non pour cause de raison défaillante mais au contraire parce qu'il raisonne trop : à chaque action de Maria, il analyse le moindre de ses gestes et invente à partir de là de multiples hypothèses (Maria est une putain, Maria a de multiples amants...). La narration est le récit de ses doutes et de ses interrogations. On pourrait n'y voir qu'un simple drame de la jalousie. Il s'agit de beaucoup plus que cela.

Le titre Le tunnel est extrêmement métaphorique : il désigne le puit intérieur sans fonds des angoisses et des peurs du peintre. Le tunnel est la prison où se débat le narrateur, la porte infranchissable qui empêche toute communication, toute compréhension du monde extérieur. Juan Pablo Castel n'aime pas l'humanité, n'aime pas le milieu artistique ni " tout groupe constitué". Par manque de confiance en lui, il invente mille stratagèmes pour entrer en contact avec Maria : passer par un ami intermédiaire, faire en sorte que ce soit elle qui engage la conversation. Toute communion entre les êtres demeure impossible car une zone d'ombre empêche la fusion des âmes.

Ce roman majestueux, salué comme un chef d'oeuvre par Albert Camus et Graham Greene, regorge de citations formidables sur le nature humaine. Rarement la littérature nous aura plongés de façon si naturelle, si réaliste dans la conscience d'un personnage qui déteste le monde tout en se détestant lui-même.

Je ne résiste pas à l'idée de vous livrer quelques extraits :

"Je retournais chez moi avec la sensation d'une solitude absolue. Généralement, cette sensation d'être seul au monde s'accompagne chez moi d'un orgueilleux sentiment de supériorité : je méprise les hommes, je les vois sales, laids, incapables, avides, grossiers, mesquins ; ma solitude ne m'effraie pas, elle est pour ainsi dire olympienne. Mais, ce jour là, ma solitude était la onséquence de ce qu'il y avait de pire en moi, de mes bassesses. Dans ces cas-là, je sens que le monde est méprisable, mais je comprends que moi aussi, je fais partie de ce monde.... Et je ressens une certaine satisfaction à éprouver ma propre bassesse et à admettre que je ne suis pas meilleur que les monstres répugnants qui m'entourent. "

La métaphore du tunnel....

" Et c'était comme si nous avions vécu tous deux dans des galeries ou des univers parallèles, sans savoir que nous avancions l'un à côté de l'autre, comme des âmes semblables suivant un rythme semblable, pour nous rencontrer au bout de ces galeries, devant une scène peinte par moi comme une clé destinée à elle seule, comme un message secret lui disant que je l'attendais et que les galeries s'étaient enfin rejointes et que l'heure de la rencontre était venue. ...Quelles stupides illusions avais-je pu me faire ! Non, les galeries restaient toujours parallèles , même si maintenant le mur qui les séparait était comme un mur de verre et si je pouvais voir Maria comme une silencieuse et intouchable créature...Non, même ce mur n'était pas toujours transparent : parfois, il redevenait de pierre noire et alors je ne savais ce qui se passait de l'autre côté, ce qu'elle devenait dans ces intervalles sans nom, quels événements étranges avaient lieu ; et je pensais même qu'à ces moments là, son visage changeait et qu'une grimace moqueuse le déformait et que peut-être il y a avait des rires échangés avec un autre et que toutes ces histoires des galeries n'était qu'une ridicule invention à laquelle j'étais seul à croire et qu'en tous cas, il n'y avait qu'un tunnel, obscur et solitaire : le mien, le tunnel où j'avais passé mon enfance, ma jeunesse, toute ma vie. Et dans un des ces passages transparents du mur de pierre j'avais vu cette jeune femme et j'avais cru naïvement qu'elle avançait dans un autre tunnel parallèle au mien, alors qu'en réalité elle appartenait au vaste monde, au monde sans limites de ceux qui ne vivent pas dans des tunnels. "

 

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24 juin 2006 6 24 /06 /juin /2006 13:14

Editions L'Esprit des péninsules, 2006

Prix Ouest-France - Etonnants Voyageurs 2006

Juste un petit article pour vous présenter le prix du Festival Etonnants Voyageurs suite à la demande d'une fidèle lectrice, Martine Galati. Je ne l'ai pas lu mais j'ai eu de très bons échos : très humoristique, caricature d'un récit de voyage etc...

A mon avis, une bonne petite lecture très divertissante pour l'été ! A noter qu'il s'agit d'un premier roman. En attendant ma critique, vous pouvez consulter l'article suivant qui vous donne un résumé et une critique.

http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/En-attendant-le-roi-du-monde.html

Extrait de l'article :

En attendant le roi du monde

Olivier Maulin

Ana trouve que son ami Romain ne voyage pas assez et n’est pas ouvert sur le monde. Elle décide de l’emmener au Portugal qu’elle définit comme pays d’avenir. Mais au lieu de s’intéresser à la culture du pays, il préfère admirer les charmes de la voisine, discuter avec les mouettes et sortir avec une joyeuse bande d’illuminés qui hante les rues de Lisbonne.

« C’est elle qui avait eu cette idée foireuse. Elle était d’origine portugaise et comme les choses n’allaient pas brillamment à Paris, elle avait pensé " rentrer au pays » .

Cette corne m’avait transformé en immigré. " Elle, c’est Ana. Ses rêves : faire fortune au Portugal, rentrer dans dix ans. Lui, c’est Romain. Ses défauts : " trop français ", " pas assez citoyen du monde ". L’exil du couple à Lisbonne : un antiroman d’apprentissage où dominent la férocité des observations et l’humour des situations. L’une poursuit ses rêves, l’autre s’acoquine avec une bande d’illuminés - Lucien, grutier funambule ou Pépé, ancien colon d’Angola- qui hante la capitale portugaise de ses cuites mémorables. Il fut une époque où Romain et tous les autres auraient été marxistes révolutionnaires ; ils se contentent aujourd’hui de faire les idiots. Le temps d’une soirée d’excès en tous genres, il leur arrive aussi de voyager en esprit dans un ciel encombré où les anges croisent un hologramme de George Bush. Ce roman de la tradition revisitée sur un mode burlesque, parodique et parfois grinçant n’en questionne pas moins en profondeur notre moderne condition.

ISBN : 2-84636-089-8, parution 26 janvier 2006, 208 pages, format 21 x 14 cm.

Pour pouvez aller voir également du côté de la revue Lire :

http://www.lire.fr/critique.asp/idC=50034/idR=218/idG=3

 

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22 juin 2006 4 22 /06 /juin /2006 21:38

INDE

Editions Robert Laffont, collection « Pavillons », 2006

 

Puisque la littérature indienne était à l’honneur lors du Festival Etonnants Voyageurs à Saint-Malo, j’ai décidé de me plonger dans la littérature indienne contemporaine ; je connaissais déjà Salman Rushdie et VS. Naipul (Prix Nobel de littérature). J’ai découvert récemment Anita Desaï et Arundhati Roy.

 

Voici ma dernière découverte : Amitav Ghosh. Tout comme les auteurs précédemment cités, cet auteur écrit en anglais ; sa littérature est à la frontière de l’Orient et de l’Occident. Né en 1956 à Calcutta, il a passé son enfance au Bangladesh, au Sri Lanka, en Iran et en Inde. Il vit actuellement à New-York après avoir enseigné à l’Université de Delhi.

 

Sa littérature brasse donc plusieurs cultures et regorge d’aventures et de voyages.

 

Le pays des marées est son dernier roman. Il nous plonge dans la région marécageuse du golfe du Bengale, à la frontière de l’Inde et du Bangladesh, à la confluence du Gange et du Bramahpoutre. A travers le destin de personnages attachants, Ghosh nous retrace l’Histoire de la colonisation d’une région de mangroves, d’îles luttant contre l’eau et les intempéries. Il y a de magnifiques descriptions de paysages insulaires entre mer et forêts. Les tigres, les crocodiles et les dauphins viennent enchanter cette contrée.

 

Kanaï, un traducteur sophistiqué de Calcutta, débarque dans le pays des marées pour recevoir le cadeau de son oncle défunt : un manuscrit écrit peu avant sa mort, une sorte de testament spirituel. Il y croise la route de Piya, une cétologue américaine venue étudier le comportement des dauphins d’eau douce. Cette dernière va être aidée par Fokir, un pêcheur illettré, qui va la conduire sur la route des dauphins. Le cœur de Piya va bien sûr osciller entre l’illettré Fokier et le raffiné Kanaï. …

 

Alors que Kanaï va découvrir les derniers jours de son oncle, un ex-révolutionnaire qui décide de s’engager pour la cause de réfugiées bengalis au crépuscule de sa vie ainsi que la lutte des hommes pour conquérir un territoire hostile, Piya va lutter pour la protection de l’environnement et des espèces animales menacées par la colonisation humaine.

 

Amitav Ghosh évite tout manichéisme entre une colonisation qui serait à condamner et l’écologie sans prise en compte du facteur humain en évitant de prendre partie pour l’un ou pour l’autre : ainsi, il met en scène la répression dans le sang de la colonie des réfugiés bengalis par les autorités indiennes.

 

L’oncle de Kanaï incarne l’idéalisme révolutionnaire qui rêve d’une utopie où tout être humain aurait sa propre terre ; il trouvera la mort au côté des réfugiés bengalis luttant pour leurs terres. Amitav Ghosh nous raconte l’humanisation progressive des îles du pays des marées grâce à l’action de David Hamilton, un lord anglais du début du siècle, qui distribua des terres aux pauvres paysans et installa des infrastructures sociales et culturelles au service de la population. Piya incarne une autre utopie,  celle du respect de la nature.

 

En nous emmenant au cœur de ces deux idéalismes (la société humaniste et la nature inviolée), Ghosh nous fait découvrir également les légendes et mythes de cette région du Bengale : les dauphins messagers de Bon Bibi, la déesse protectrice qui lutte contre Dokkhin Rai, un puissant souverain démon qui commande à tout être vivant dans la forêt. Au lendemain d’un conflit entre le bien et le mal, Bon Bibi prend sous sa protection le marais désormais habitable alors que la jungle sera pour toujours soumise à l’emprise des démons. Mais parfois l’avidité humaine peut  passer outre cette frontière…

 

A travers cette légende, Ghosh fait s’entrecroiser avec talent la culture musulmane et hindoue. Une bonne occasion de découvrir cette région peu connue du Bengale….

 

Je vous conseille de dévorer rapidement ce roman hors norme : le romanesque (l’amour, l’aventure, le suspens) se mêle savamment à l’étude anthropologique de la région (milieu climatique, zoologie, contes et légendes…) Un régal !

 

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20 juin 2006 2 20 /06 /juin /2006 21:51

INDE

Editions Plon, 1993

Alors que je suis plongée depuis deux semaines dans la littérature indienne contemporaine (Arundhaty Roy, Anita Desaï, Amitav Ghosh...), je me suis souvenue d'un coup de coeur d'il y a au moins cinq ans, un titre trop peu connu du plus célèbre écrivain indien de la planète : Haroun et la mer des histoires.

Beaucoup moins difficile d'accès que Les versets sataniques, ce conte oriental  digne des Mille et une nuits peut être lu aussi bien par les adultes que par les adolescents. Il s'agit d'un manifeste pour la liberté de l'esprit et de la création. Rushdie a écrit ce conte pour son fils après avoir été condamné à mort par le régime iranien.

Haroun se délecte des histoires que lui raconte son père, conteur de profession. Mais un jour, ce dernier perd son inspiration. Quelle déception pour Haroun !

Quelle n'est pas sa surprise lorsqu'il découvre un lutin tout droit sorti des tuyaux de la salle de bain ! Cet étrange lutin lui déclare que le pays des histoires est assiégé par l'étrange armée des ombres.Si Haroun ne vient pas en aide au lutin, les histoires mourront définitivement...

Et voila donc le jeune garçon partant à la découverte du pays des histoires : une mer renfermant des bulles magiques où sont protégés les ingrédients des histoires. L'armée des conteurs passe à l'action : il s'agit d'un festival des sens ; les couleurs, les sons vont combattre l'armée noire du silence.... qui elle aussi a sa beauté....

Il s'agit vraiment d'un merveilleux souvenir de lecture. L'idée des particules magiques renfermant les ingrédients des histoires m'a d'ailleurs inspiré pour écrire mon premier conte...

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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 19:30

Editions de Minuit, 2006

Ce titre a été très remarqué dans la presse depuis le début de l'année 2006. Tanguy Viel est l'un des écrivains phare des Editions de Minuit avec Jean Echenoz, Eric Chevillard et Christian Gailly. Né en 1973, il s'inspire beaucoup du cinéma : son premier roman, Cinéma,est basé sur Le limier, le dernier film de J.Mankiewicz. Dans L'absolue perfection du crime, il parodiait les films noirs américains en faisant échouer lamentablement un hold-up.

Dans son dernier opus, Tanguy Viel nous livre un échec de kidnapping. Lise épouse Henri, un vieux commissaire priseur très riche et lui présente son frère Sam. Mais il se trouve que Sam est en fait l'amant de Lise...et qu'ensemble, ils ont décidé de kidnapper le vieux pour récupérer les millions... Mais voila, rien ne se passe comme prévu ! Il y a de plus le mystérieux Edouard, le vrai frère (cette fois-ci...) d'Henri.

La machine s'emballe et tout se termine mal....Pendant ce temps, Tanguy Viel aura pris soin de bien jouer avec les nerfs du lecteur en installant un suspens hitchcockien. Viel se réclame d'ailleurs du célèbre cinéaste: il y a des descriptions très séquentielles qui décomposent les scènes et qui installent un véritable ralenti de l'action. La scène de la rançon, en décrivant seconde par seconde les états d'âme du narrateur devant le mari avec des phrases très longues, est véritablement un petit chef d'oeuvre. La mer, les falaises installent un climat envoûtant.

Si le début est un peu laborieux, il faut dire que nous passons ensuite un bon moment : la scène de la rançon est hilarante ...Et puis entre en scène Edouard qui chamboule la donne...

Sam, le narrateur, est un anti-héros, un vrai perdant. Tanguy Viel manie avec un réel talent l'art de la parodie. Suspens et humour sont au rendez-vous.

Peut-être pas un chef d'oeuvre comme le laisse entendre les critiques dithyrambiques mais un lecture très divertissante.

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18 juin 2006 7 18 /06 /juin /2006 14:00

Eh oui, PASSION DES LIVRES a un an aujourd'hui !!!

J'espère que je vous ai fait passer une merveilleuse année de lecture et que j'ai contribué à vous faire découvrir de nouveaux auteurs !

En tous cas, je vous remercie tous pour votre fidélité . Lorsque j'ai commencé ce blog il y a un an, je ne pensais pas écrire autant d'articles : 372 en un an !!! Mais, avec vos visites très nombreuses, je me suis prise au jeu et le blog est devenue une passion !

Pour fêter cet anniversaire, n'hésitez-pas à me faire part de vos derniers coups de coeur...

Quels sont les auteurs que je vous ai fait découvrir?

Quelle est votre rubrique préférée?

Avez-vous des conseils à me donner?

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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16 juin 2006 5 16 /06 /juin /2006 21:29

Récit publié en 1925

Vauriens, voleurs, assassins

 

Editions Finitude, collection « Utopies », 2006

 

 

Raymond Hesse (1884-1967), auteur de Riquet à la Houppe et ses compagnons était magistrat la journée, écrivain et bibliophile la nuit.

 Imaginez-vous un magistrat, proche des milieux anarchistes, imaginant que les vauriens, les voleurs et les assassins se mettent en grève. Que deviendrait alors la société ? C’est ce à quoi essaie de répondre ce facétieux auteur dans ce petit récit de 70 pages.

Le président du syndicat des V.V.A (Vauriens, voleurs, assassins) décide de faire une grève générale pour dénoncer les arrestations arbitraires et les conditions de vie dans les prisons.

Et à partir de ce moment là, c’est le désastre !

 Les magistrats et les policiers s’ennuient. Les prêtres ne peuvent plus confesser les pécheurs ni prêcher la vertu. Quant aux maris infidèles, ils assaillent leurs femmes. Les vieilles dames n’ont plus de faits divers à lire dans les journaux….

 Bref, le mal est nécessaire non seulement pour faire valoir la vertu mais est aussi un secteur économique florissant : il fait vivre magistrats, policiers, journalistes et j’en passe….

Si bien que les bien-pensants bourgeois vont devoir négocier avec le syndicat des V.V.A. et faire quelques concessions….

Un récit brillant qui n’a jamais été autant d’actualité à cette époque d’obsession sécuritaire…

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15 juin 2006 4 15 /06 /juin /2006 23:25

Pièce créée en 1958 – Adaptation cinématographique de Richard Brooks

La chatte sur un toit brûlant

 

Editions Gallimard Folio

 

 

Après avoir vu Un tramway nommé désir au théâtre il y a un mois, j’ai décidé de découvrir toutes les pièces de Tennessee Williams, qui ont toutes été pour la plupart adaptées au cinéma.

 Je viens donc de découvrir Un chatte sur un toit brûlant avec un réel bonheur : ce titre énigmatique désigne l’attitude de Margaret, l’héroïne de la pièce (joué au cinéma par Elisabeth Taylor) qui « s’accroche » à Brick, son mari malgré son alcoolisme et son comportement suicidaire après la mort de Stanley, son meilleur ami devenu l’amant de Margaret.

 La pièce se déroule dans une plantation du delta du Mississipi, lors de la soirée d’anniversaire de « Grand-père », le grand patron malade d’un cancer. Autour de lui, la grand-mère et ses deux fils Brick et Gooper. Au couple maudit Margaret -Brick s’oppose le couple modèle Gooper -Edith et ses enfants. Ces derniers font tout pour cacher à « Grand-Père » son véritable état de santé pur mieux toucher ensuite l’héritage….Ils sont au petit soin pour lui mais on devine vite que c’est Brick et Margaret qui ont la préférence du vieux planteur…. Ce dernier est en effet énervé par la marmaille de son fils aîné et cherche à savoir les raisons de la déchéance de son fils chéri…

Tennessee Williams nous plonge avec brio dans les jalousies et conflits familiaux mais aussi dans l’inconscient des personnages. Peu à peu, est révélé le secret qui empoisonne la vie de Margaret et de Brick. A travers l’histoire de Brick et de Stanley, est traitée l’homosexualité sous-jacente et refoulée des deux hommes. L’alcoolisme est un moyen d’oublier ce que l’on refuse.

 L’opposition des personnages est fortement marquée, ce qui accentue la dramatisation du récit : Brick et Margaret sont des êtres épris d’absolu guettés par la folie alors que Edith et Gooper sont l’incarnation du matérialisme et de la cupidité. La sexualité est aussi au cœur de cette opposition : pour Edith, la sexualité est d’abord la fécondité alors que pour Brick, il s’agit du désir tabou refoulé. 

 On remarque au cœur de la pièce un art de la dissimulation et du mensonge qui sont le moteur du récit : déni de la maladie, refoulement de l’homosexualité etc…

Mais contrairement à Blanche dans Un tramway nommé désir, ce pourrait bien être les plus faibles et les plus blessés qui gagnent la partie…Car il faut savoir tenir au cœur du drame sur un toit brûlant…

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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