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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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14 juillet 2006 5 14 /07 /juillet /2006 10:22

Editions Magnard -1829

Dans cette petite nouvelle publiée en 1829, Prosper Mérimée se joint au camp des abolitionnistes de l'esclavage. Même s'il fut aboli par Louis XVIII sous la pression des anglais, un commerce triangulaire clandestin continue à sévir dans les principaux ports français.

C'est à Nantes que Prosper Mérimée choisit de débuter son récit. Le capitaine Ledoux y équipe clandestinement des bateaux pour la traite nègrière. Il va s'approvisionner en "chair humaine" sur les côtes du Golfe de Guinée auprès de chefs noirs qui échangent leurs hommes contre des produits manufacturés. Le capitaine Ledoux fait donc la connaissance du chef Tamango qui lui vend des esclaves contre du sucre et de l'eau de vie. La transaction est arrosée à l'alcool et Tamango en état d'ivresse vend sa femme Aychée au capitaine français !

Le lendemain, il se rend compte de son erreur et rejoint le bateau français. Le capitaine Ledoux refuse de lui rendre sa femme et le réduit lui aussi en esclavage. A bord, le chef noir tyrannique découvre les conditions de vie inhumaine des esclaves et décide d'organiser une révolte. Les esclaves massacrent l'ensemble de l'équipage blanc mais doivent vite se rendre à une évidence : ils ne savent pas faire naviguer le bateau....

Cette nouvelle porte un éclairage intéressant sur l'esclavage : les français avaient besoin de l'élite africaine pour mettre en place la traite ; c'est ce qu'on a appelé le commerce triangulaire ; les esclaves étaient vendus par des chefs indigènes pour se procurer des produits rares.

La morale de l'histoire nous éclaire sur la position des abolitionnistes vers 1830 : les esclaves sont incapables de conduire un navire, ils sont donc incapables d'être autonomes. Mérimée désire certes abolir l'esclavage mais considère encore que le nègre doit être sous tutelle...C'est d'ailleurs un navire anglais qui recueillera les rescapés....

Une oeuvre indispensable à l'heure où l'on célèbre l'abolition de l'esclavage....

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11 juillet 2006 2 11 /07 /juillet /2006 22:03

ESPAGNE

Actes Sud, 1989

Torrente Ballester (1910-1999) a été l'un des plus grands écrivains espagnols de la deuxième moitié du XXe siècle. On lui doit des romans historiques truculents comme L'île des jacinthes coupées où il imagine que Napoléon est un imposteur inventé par Nelson, Metternich et Chateaubriand pour leur éviter de combattre la République !

Dans Le roi ébahi, il s'empare du personnage de Philippe IV , le grand roi du siècle d'or espagnol peint par Velasquez et ennemi juré de Louis XIV. Ne vous attendez pas un roman historique très sérieux et très catholique, bien au contraire !

Il s'agit plutôt d'une critique très caustique des traditions catholiques espagnoles...

Jugez-en plutôt par vous même : le jeune roi très surveillé par la cour et le clergé vient de passer la nuit avec une prostituée...Il s'agit de la première femme nue qu'il voit alors qu'il est déja marié !!! Après cette nuit torride, il décide de contempler les tableaux interdits de son grand-père (les Vénus du Titien par exemple) et de demander à voir la reine nue !!!

Cette demande provoque tout de suite un scandale politique . La Sainte Inquisition se réunit en commission pour savoir si le roi a péché et s'il a le droit de voir la reine nue....d'autant plus que le contexte politique ne permet pas les incartades du roi : une bataille décisive se prépare dans les Flandres et les bateaux chargés d'or doivent appareiller à Cadix !

De plus, des phénomènes étranges se sont déroulés la nuit dernière : des sorcières ont été vues dans le ciel et une rue dégage les fumées de l'enfer....

Le clergé va donc pérorer sur le lien entre les péchés du roi et le destin politique de l'Espagne. Alors qu'un capucin rêve de détrôner le confesseur trop laxiste de Philippe IV pour prendre sa place, un père jésuite va favoriser la requête du roi en organisant un rendez-vous galant royal....dans un monastère !

Vraiment un roman divertissant qui revigore le genre du récit historique !

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10 juillet 2006 1 10 /07 /juillet /2006 09:10

Ca y est, les vacances sont arrivées !

Comme moi, vous devez sans doute vous demander quels sont les livres que vous allez emmener dans vos valises....

Quels genres de livres lisez-vous en vacances?

Privilégiez-vous les livres détente du genre romans pociciers, romans drôles tels que Tom Wolfe, Tom Sharpe ou David Lodge ?

En ce qui me concerne, je suis plutôt du genre à choisir des auteurs que je n'ai pas encore lus ou alors à me farcir des gros classiques incontournables du genre pavé !!!

Belle du seigneur

Donc, du coup, cet été, j'ai prévu de lire Ulysse de Joyce et Belle du seigneur d'Albert Cohen.

Ulysse

Si vous avez des livres sympas à me conseiller pour la plage, n'hésitez pas !!!

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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8 juillet 2006 6 08 /07 /juillet /2006 19:22

RECUEIL DE CONTES

Editions Milan poche junior, "Eclats de rire"

Voici un grand succès en librairie pour un recueil de contes qui ne ressemble à nul autre !

Bernard Friot choisit l'humour et l'irruption de l'insolite et du bizarre dans le quotidien pour nous raconter des historiettes d'une à trois pages maximum. Quel régal !

Il n'hésite pas à détourner les contes traditionnels : une sorcière qui tombe amoureuse d'un prince, une histoire qui veut commencer mais où tous les personnages ont disparu, une fée apprentie qui transforme les gens en fer à repasser, un contre transformé exercices de mathématiques !

Il n'hésite pas à faire dialoguer les pinces à lingue entre elles ou alors à surprendre une conversation entre deux pommes dans un frigo !

Mais ses contes sont aussi des jeux de langages . Il s'amuse avec les possibilités que nous offrent les mots. Il fait par exemple parler un dictionnaire en lui faisant mettre les mots de la phrase par ordre alphabétique.

Il peu répéter le même texte en changeant les noms de place. Des mots s'évadent d'un livre qui tombe de la bibliothèque.

Je ne résiste pas à vous conter une ou deux histoires bien drôles :

Une histoire au menu

Entrée

Les asperges trempaient mollement dans une sauce mousseline légère et onctueuse.

Plat principal

Arriva un rosbif. Un rosbif saignant très imposant , ficelé comme un général en uniforme et accompagné d'une armée de petits pois et carottes. Sans sommation et sans déclaration de guerre , le général rosbif lança ses troupes à l'assaut et une grêle de petits pois s'abattit sur les innocentes asperges

Fromage

Les asperges, à la hâte, construisirent un fortin avec une pointe de brie, un morceau de gruyère et un munster très odorant. Malheureusement, le brie était coulant, le gruyère plein de trous et le munster un peu trop mou.

Dessert

Soudain, une tarte aux pommes apparut dans le ciel. Elle descendit lentement lentement, sans bruit, et atterrit près du fortin où s'étaient réfugiées les asperges. Deux quartiers de pomme lançèrent une échelle de corde. Sans perdre de temps, les asperges grimpèrent sur la tarte. Quand elle furent toutes à bord, les quartiers de pomme retirèrent l'échelle et donnèrent le signal de départ. Et la tarte volante s'éleva dans les airs à une vitesse prodigieuse, laissant le rosbif et ses troupes abasourdis et furieux.

Histoire policière

Une puce se promenait sur le bras d'un fauteuil. Elle rencontra un long cheveu blond qui se regardait dans un miroir de poche.

-Hé ! fit le cheveu , faites donc attention où vous marchez. Surtout, ne me touchez pas, ne me déplacez pas, je suis un indice !

-Un indice, qu'est-ce que c'est que ça?

-Figurez-vous qu'un crime a été commis ici, dans cette pièce. On a découvert la victime sur le fauteuil d'en face, une balle en plein coeur. L'enquête a prouvé que l'assassin était assis sur le fauteuil où nous nous trouvons. Alors, voyez-vous, je suis extrèmement important : quand les policiers me découvriront, ils chercherons d'où je viens et, grâce à moi, ils démasqueront l'assassin ! Tout le monde parlera de moi, les journaux, la télé, je vais devenir célèbre !

-Si je comprends bien, dit la puce, on a intérêt à être chauve quand on veut trucider quelqu'un : ces bavards de cheveux sont toujours prêts à vous trahir, rien que pour se faire mousser !

Alors elle jeta la perruque bouclée qu'elle portait ce jour-là et abattit froidement le long cheveu blond d'un coup de revolver tiré en plein coeur"

Texte libre

Dimanche, je suis allé chez mon tonton et ma tata. On a mangé du poulet avec des frites. Après, on est allés au zoo et on a vu le tigre dans sa cage. Quelle belle journée !

Lundi, je suis allé chez le tigre. On a mangé mon tonton et ma tata avec des frites. Après, on est allés au zoo et on a vu le poulet dans sa cage. Quelle belle journée !

Mardi, je suis allé chez le poulet avec des frites. On a mangé le tigre. Après, on est allés au zoo et on a vu mon tonton et ma tata dans leur cage. Quelle belle journée !

 

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7 juillet 2006 5 07 /07 /juillet /2006 21:31

ALLEMAGNE – 1927

Calmann Lévy, 2004

 

Autant vous le dire tout de suite : Le loup des steppes est reconnu comme l’un des plus grands chefs d’œuvre du XXe siècle. Toute l’œuvre de Hermann Hesse, Prix Nobel de Littérature en 1946, est basée sur l’étude de la dualité de l’homme : le côté loup solitaire, ascète et asocial d’un côté et de l’autre la faim de bien-être et de sensualité.

 

Le loup des steppes est son œuvre la plus connue. Il met en scène le double de l’auteur, un intellectuel épris d’art et de philosophie, qui n’arrive pas à « faire la paix » entre son côté ermite qui rejette toute forme de société et sa tentation du confort bourgeois. La faim de bien-être et d’ordre l’empêche d’accéder à l’idéal de l’artiste immortel, dégagé de tout souci temporel. Sa schizophrénie, ce conflit de personnalité va le faire flirter avec l’idée du suicide.

 

Il rencontre in extremis une prostituée qui, même si elle n’a pas son bagage intellectuel ni de goût artistique, partage les mêmes aspirations que lui. Avec quelques personnages de ce monde moderne, elle va lui faire entrevoir la possibilité de réconcilier les deux extrêmes de son être : son côté loup et sa soif de sensualité.

 

La fin du roman (rassurez-vous, je ne vous dévoile pas le secret de la fin!) est magique : le loup des steppes entre dans un « théâtre magique » où sa personnalité est démultipliée en de multiples âmes ; car l’homme n’est pas un ni deux, n’est pas une création finie mais une multitude de virtualités, une création tout au long de la vie ; comme le déclare Hesse dans une belle métaphore, mille fleurs ornent le jardin de l’homme. Quelle belle leçon donnée à l’être humain !

 

Le roman se nourrit de multiples influences : il y a bien sûr celle du romantisme avec le mythe de l’artiste, de l’intellectuel qui dédaigne la société moderne bourgeoise, pourrie par l’ambition et par l’argent et qui choisit la solitude ou le suicide.

 

On note également la référence au mythe platonicien qui oppose la caverne (la réalité, le temps, le monde d’ici-bas) à la lumière (l’idéal, le divin, l’éternité). Au début, le personnage du livre dédaigne la caverne mais n'a pas le courage de s'en extraire totalement. 

 Hesse reprend l’opposition platonicienne en faisant intervenir Mozart et Goethe : lors de rêves ou au cours de la séance du théâtre magique, Mozart lui délivre un message sur la « musique radiophonique de l’existence » : tout comme une radio qui retransmet imparfaitement la magie d’un concert classique, la vie est un mélange d’idéal et de triviale réalité. Ainsi, le grand écrivain allemand entrevoie une réconciliation des deux oppositions platoniciennes.

 

Mais la paix de l’âme est un chemin tortueux difficile à atteindre ; c’est cet itinéraire spirituel, empli de doutes et de souffrances, que nous livre ce chef d’œuvre universel.

 

A lire au moins une fois dans sa vie….

 

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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 20:36

Editions Milan, collection « Macadam », 2005

Voici un petit roman policier bourré de suspens édité dans une collection ado mais auquel on peut prendre énormément de plaisir lorsqu’on est une bibliothécaire qui prépare un club de lecture pour les collégiens….

 

Sur le parking d’une forêt de Vancouver, la voiture d’une jeune femme est retrouvée abandonnée. C’est celle de Rachel Cross, 24 ans, étudiante en anthropologie et fille unique d’un sénateur américain républicain, directeur d’une compagnie pétrolière. La veille, Rachel s’était disputée avec Mike, son petit ami, un punk un peu paumé.

 

Suicide ? Fugue ? Enlèvement ? C’est Kate Kovacs du CSU (Crime Support Unit), unité d’élite,  qui va enquêter. Trois suspects : le petit ami qui est accusé par la famille de Rachel. Un garde forestier qui semblait très assidu auprès de la jeune femme. Et enfin un ex GI de l’armée américaine qui s’est réfugié dans la forêt après avoir été exclu de l’armée pour un syndrome post-traumatique. Jusqu’aù dernier moment, le suspens est garanti.

 

Les personnages sont bien campés et l’enquête est doublée d’une critique assez acerbe de la société américaine. Il y a d’un côté les puissants et de l’autre les exclus (le GI). Rachel tente de trouver un moyen terme en s’engageant pour la cause du Tibet.

 

A signaler que ce policier fait partie d’une série « CSU » où l’on retrouve les mêmes personnages.

 

Un bon petit policier à lire sur la plage par exemple. …

 

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6 juillet 2006 4 06 /07 /juillet /2006 20:31

Les Humanoïdes associés, 2 tomes, 2002 et 2003

 

Voici une BD destinée aussi bien aux adultes qu’aux adolescents. Ces aventures fantastiques font aussi bien penser à l’univers de Dickens à Edgar Allan Poe. Pour les illustrations, il faut plutôt chercher du côté de Loisel, l’auteur de Peter Pan.

Dans le premier tome, Jack, un enfant de la balle, doit passer un test pour entrer dans une bande d’ados un peu marginaux : rentrer dans un château dit hanté et y prendre un objet quelconque. Après avoir surmonté sa peur, Jack trouve un livre qu’il s’empresse de ramener à ses camarades. La honte, un livre, alors qu’ils ne savent même pas lire !!! Sam, la seule fille du groupe et la seule lettrée, déchiffre le livre. Il s’agit de la vie de Jack qui se termine à l’instant présent….Il suffit de le refermer et que Jack fasse quelque choses pour que de nouvelles lignes s’écrivent….

Il s’agit donc d’un livre magique où s’inscrit progressivement la vie de Jack. Qui écrit ce livre ? Qui tire les ficelles du destin de Jack ?

Le lendemain, le livre est dérobé …et Jack est transformé en Loup-garou ! La belle Sam va aider Jack à déjouer le sortilège et à retrouver son ennemi qui a écrit sur le livre de vie….

Ces multiples aventures sont bien cousues et empruntent à plusieurs mythes : le loup-garou, la Belle et la Bête. Les illustrations sont magnifiques. Et en plus, on parle d’un livre magique !

 

Le deuxième tome, Le livre de Sam, met en valeur Sam qui avec Jack va essayer de percer le mystère du château en voulant remettre le livre à sa place. C’est à ce moment là que les deux amis font la connaissance d’une bande de gamins qui gèrent la bibliothèque des livres de vie…. Et si Jack et Sam, enfants délaissés par leurs parents, étaient eux aussi destinés à devenir des gardiens de livres de vie ? Mais les deux garnements ne semblent pas de cet avis ….

 Le deuxième tome est véritablement un récit d’initiation où Jack et Sam s’interrogent sur leur destinée. Quelle est la place de la liberté dans la vie de chacun ?

 Une BD magnifiquement dessinée, riche en références (l’image de l’enfant abandonné chez Dickens, le loup-garou, la Belle et la Bête…). A cela s’ajoute une belle histoire d’amour sur fonds de rivalité entre deux adolescents… De quoi ravir les petits et les grands !

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3 juillet 2006 1 03 /07 /juillet /2006 09:19

MEXIQUE -CLASSIQUE

Gallimard "Du monde entier" - Ouvrage écrit en 1955

Voici l'un des grands classiques de la littérature latina. Juan Rulfo a été unanimement reconnu comme un précurseur du "réalisme magique" par Carlos Fuentes, Alejo Carpentier et Octavio Paz.

Ce roman peu commun s'inspire ainsi du surréalisme (Juan Rulfo avait rencontré André Breton au cours de son séjour à Paris ) en mêlant rêve et réalité, vivants et fantômes du passé, présent et passé.

Il s'agit avant tout de la recherche d'un père : Juan Preciado arrive au village de Comala après la mort de sa mère qui lui a demandé de retrouver son père inconnu, Pedro Paramo. Mais lorsqu'il arrive dans ce village perdu, des silhouettes fantomatiques lui déclarent que ce village est abandonné depuis longtemps et que Pedro Paramo est mort !

Juan Preciado va peu à peu comprendre que les personnages qu'il rencontre sont morts eux aussi. Ces fantômes du passé vont lui raconter l'histoire du village et lui décrire la personnalité du seigneur Pedro Paramo. Ce dernier a fait régner la terreur et la corruption dans ce village ; les femmes racontent leur viol ou leur mariage forcé. Puis la révolte gronde : on assiste à la formation des bandes de Pancho Villa. La mort de Pedro Paramo marque la fin d'une époque : celle de la domination injuste des grands seigneurs sur la communauté paysanne.

D'abord considéré comme un roman paysan, indigéniste sur les Indiens du Mexique, cette oeuvre est considérée aujourd'hui comme l'un des grands romans latino-américains, typique du "réalisme magique" : ce sont les revenants qui mènent la danse et qui racontent l'histoire de Paramo.

Au début, l'histoire est un peu déroutante car le récit fait alterner le dialogue entre le fils et les villageois avec l'histoire passée du village. Mais au fur et à mesure, ce mélange de temps ne pèse en aucun cas sur la compréhension du texte.

Un roman à réserver aux amateurs de revenants et aux amoureux du Mexique !

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1 juillet 2006 6 01 /07 /juillet /2006 13:08

SUEDE

Arche Editeur, 1995

Je vous avais déja présenté Guerre de Noren, le plus grand dramaturge suédois depuis Strindberg. Tout comme Sarah Kane dans L'amour de Phèdre, il choisit d'actualiser l'un des plus célèbres mythes antiques, Oedipe, en l'adaptant à notre société contemporaine.

Eric et son épouse sont deux militants socialistes qui ont dû quitter précipitamment le Chili après l'installation de Pinochet au pouvoir. Ils se sont exilés en France mais ont été obligés de laisser leurs fils blessé, alors agé de 7 ans  sur place. Vingt ans ont passé : la femme est devenue journaliste engagée sur tous les fronts du monde alors que Eric s'est replié sur lui-même et est devenu psychanalyste. Leur couple est en crise et il entretient une relation adultère et homosexuelle avec un jeune patient, Lucas. Eric hésite à demander le divorce et n'ose pas avouer sa liaison à sa femme.

Lucas est un orphelin et boîte du pieds droit qui est enflé. La femme commence à douter de la fidélité de son mari; Lucas cherche à faire la connaissance de la femme de son amant ; il couche avec elle.

Lors d'une scène digne dui théâtre de boulevard, les trois protagonistes se reconnaissent comme parents et enfants (après le récit de sa propre enfance par Lucas). Pour les "éviter de vivre avec çà"(culpabilité de l'inceste), Lucas préfère tuer ses propres parents. A la fin, il explique son geste.

Le mythe est profondément actualisé : le fils couche avec ses deux parents et le destin (le fatum) est remplacé par la politique contemporaine (la dictature chilienne). Les parents n'ont pas abandonné leur fils à cause d'un oracle leur prédisant la tragédie mais simplement pour cause politique. Le meurtre des parents n'est pas un châtiment mais plus une libération ; Lucas veut leur éviter de vivre avec leur culpabilité.

La mise en scène est très moderne : au début, la mère journaliste se fait interviewéé par une journaliste qui lui demande de raconter sa vie. De même, à la fin, Lucas raconte et explique son crime à la télé. Nous sommes dans un contexte de reality-show, de médiatisation de la vie intime.

Pour résumer, une pièce vraiment intéressante qui brasse mythologie et critique de la société contemporaine, drame collectif et drame individuel.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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30 juin 2006 5 30 /06 /juin /2006 21:31

THEATRE JEUNESSE

Actes Sud Papiers, « Heyoka jeunesse », 2004

 

Jean-Claude Grimberg est l’une des plus grandes figures du théâtre contemporain français. Dramaturge à succès (L’atelier), il écrit déjà depuis plusieurs années pour la jeunesse.

 

Je viens de découvrir « Pinok et Barbie » qui est un vrai régal d’aventures et d’humour : à Noël, sur les conseils de Maman chérie et du Président de la République, Petite Puce envoie ses jouets préférés, Pinok et Barbie, là où les enfants n’ont rien, à l’autre bout du monde. Mais Pinok ( Vous avez bien sûr reconnu Pinocchio !) est un pantin de bois bien grincheux : lorsqu’il part  pour le grand voyage, il souhaite être en première classe et être bien nourri.

A l’arrivée, les deux jouets sont plongés en pleine guerre civile ! Pinok compte sur Barbie fée pour le transformer en véritable petit garçon . Et voila Pinok devenu un enfant rebelle avec des vrais jouets : mitrailettes, tanks, bazookas, machettes et lance-flammes ! Pendant ce temps, Petite Puce va partir à la recherche de ses deux jouets favoris avec l'aide d'une deuxième barbie fée qui va la transformer en poupée ! Les enfants et les jouets parviendront-ils à être sauvés au sein de ce monde de fous ?

Grâce à ce conte loufoque, Grumberg évite tout moralisme et tout message bien-pensant. L'humour, toujours présent, est une antidote à ce genre de dérive. Grumberg adopte un point de vue original: ce sont les jouets dotés de vie qui découvrent les conditions de vie misérables des enfants africains et non les enfants occidentaux. La conclusion est rocambolesque !

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