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  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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31 juillet 2006 1 31 /07 /juillet /2006 20:10

Gallimard Série Noire, 1975

Voici un grand classique écrit par l'inventeur du "néo polar" français. Vous pouvez consulter le site http://manchette.rayonpolar.com ,très intéressant pour découvrir l'auteur.

Pourquoi le terme de néo-polar?

Il faut dire que dans ce livre, il n'y a pas de détectives, ni de flics et l'enquête intervient uniquement à la fin. L'auteur met en scène Georges Gerfeaux, "Monsieur Tout Le monde", cadre commercial dans une entreprise qui va se retrouver un soir en mauvaise posture. Sur la route, il sauve un homme accidenté qu'il emmène à l'hôpital. Mais à peine arrivé, il s'enfuit laissant la victime livrée à lui-même. Ce dernier était en fait poursuivi par deux tueurs à gages...

Quelques jours plus tard, Georges Gerfeau part en vacances sur l'Atlantique avec femmes et enfants. Tout d'un coup, il est attaqué par les deux tueurs qui tentent de le noyer.

A partir de ce moment là, la vie de "Monsieur Tout Le Monde" bascule. Il va prendre la fuite  et lui aussi découvrir le pouvoir du pistolet...Manchette va nous décrire la course poursuite entre Gerfaut et les deux tueurs...

L'originalité du livre réside dans le fait que le personnage principal est un anti-héros : Georges Gerfaut est un être servile qui vit dans un quotidien étriqué. Il ne secourt la victime que par obligation. Il semble être le jouet du destin; s'il prend les armes, c'est uniquement parce qu'il y est acculé.

Deuxième grande originalité : le style d'écriture. Manchette est connu pour son écriture très épurée et distancée. Pas d'effusion, pas d'emphase, pas de psychologie. Les descriptions sont très cinématographiques : l'auteur décrit uniquement les actions, le comportement des personnages dans des phrases très courtes du genre sujet, verbe et complément. Nulle place n'est faite pour développer l'intériorité des protagonistes.

Par cette écriture, Manchette donne une vision très noire, très pessimiste de la société.

Je vous conseille vraiment de lire ce titre qui est vraiment différent de ce que j'ai lu en romans policiers à ce jour.

A noter que ce roman a été adapté en BD en 2005 par Jacques Tardi. Je ne l'ai pas lue...

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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30 juillet 2006 7 30 /07 /juillet /2006 14:58

Actes Sud Papiers, 2006

Olivier Py est l'un des auteurs/acteurs/metteur en scène les plus joués en France. On a pu voir récemment  l'ensemble de ses pièces au Théâtre du Rond-Point. Il écrit également des romans.

Je l'avais découvert avec Jeunesse, une pièce mystique sur fonds d'inceste. Son écriture, très belle, est d'un profond lyrisme.

Dans ces deux pièces, il renouvelle la technique du "théâtre dans le théâtre" en rendant un vibrant hommage à son métier d'acteur/metteur en scène.

Illusions comiques présente un metteur en scène "Moi-même" qui voit son quotidien bouleversé par le succès retentissant de l'une de ses pièces. L'homme de théâtre, traditionnellement marginal, devient alors l'égérie de l'élite politique et culturelle. Mais le succès sera de courte durée...

Cette pièce de réflexion sur le théâtre est étonnement drôle et bien construite. Ce sont les personnages, acteurs dans la pièces, qui prennent différents masques, et jouent à tour de rôle le président de la République, le ministre de la Culture et même le Pape ! Ces derniers vont tenter de "récupérer" l'artiste. Même Dieu va vouloir devenir un homme de théâtre !

Et puis c'est la débandade à cause d'un...malheureux hareng fumé que dit ne pas aimer l'artiste !!!Le martyr commence...Finalement, le poète retrouvera peu à peu ses esprits et ses acteurs pour créer une autre pièce.

Sous ses allures burlesques, Olivier Py, célèbre le véritable théâtre qui n'a besoin que de lui même pour exister. Il renoue également avec le théâtre lyrique traditionnel reposant sur la parole à l'opposé du théâtre intellectuel vide de sens. Ainsi un metteur en scène moderne monte Vide Shakespeare Hypothèse antimatière numéro 26 et son chien s'appelle Concept !

Olivier Py célèbre la parole lyrique qui procure une joie immense à l'homme de théâtre. Finalement, la gloire du poète vivant est peu de chose car la parole est éternelle...Py règle ses comptes avec l'esthétique contemporaine; une phrase à retenir : "Dans le théâtre classique, l'homme comprend qu'il lui reste encore la liberté de dire, le vingtième siècle n'a pas compris la tragédie. Il n'a pas écrit de tragédies, il a fait des films catastrophe. Il lui manque la joie tragique".

Epître aux jeunes acteurs pour que soit rendue la parole à la parole

C'est justement cette parole qui est au centre du discours du poète dans ce court texte commandé par le directeur du Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Le poète-tragédien s'adresse aux jeunes acteurs pour leur faire part de la beauté de la parole théâtrale.

Le poète, habillé en tragédienne (joué par Olivier Py lui-même), parle avec un "rabat-joie"un responsable de la culture et avec le ministre de la communication. Il fustige la société de spectacle actuelle (la télé, le sport) qui s'est compromise dans la médiocrité et l'absence de sens. Pour lui, le théâtre est "la parole (qui) est cet amour qui s'incarne dans l'oralité sous la forme d'une promesse"

C'est un acte de partage tel que le montre la phrase "je te donne la parole" ; elle rétablit le lien entre les hommes, elle fait que l'homme est homme.

"Et quand l'exercice de la parole est ravalé à la communication animale d'un besoin, quand on doute qu'il y ait de la parole dans la parole, quand on méprise les mots, quand on crotte le lyrisme, on assassine le fait humain dans sa plus grande vertu"

Nul doute qu'Olivier Py est habité par son art. Son art est emphatique, mystique, pour notre plus grand plaisir. Il réintroduit un souffle lyrique dans le théâtre contemporain.

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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28 juillet 2006 5 28 /07 /juillet /2006 21:32

JAPON

Editions Les Solitaires intempestifs, 1998

Oriza Hirata, l'une des plus importantes figures du théâtre japonais contemporain, Il était cette année l'un des invités du festival d'Avignon.

L'occasion pour nous de découvrir un art atypique qui se démarque vraiment de ce que nous pouvons connaître du théâtre occidental.

Voici l'intrigue : dans un futur proche, un musée de Tokyo vient de récupérer les oeuvres d'art des grands musées d'Europe où la guerre sévit. Nous sommes donc plongés dans les salles du musée où plusieurs groupes de personnes se croisent : une famille qui se rejoint, un commissaire d'expo qui a rendez-vous avec une donatrice, des étudiants qui parlent de la nécessité de l'engagement...

Ne vous attendez pas à voir ou lire une pièce sur l'esthétique. On parle parfois des tableaux de Vermeer (pourqoi les personnages sont-ils toujours tournés vers une fenêtre ? ) mais le plus souvent de la vie quotidienne.

A priori, la forme peut vraiment déconcerter : aucun acte, aucune scène : les personnages parlent à tour de rôle ; parfois, les conversations se chevauchent. Les répliques sont très courtes, faisant moins d'une ligne.

Pas de héros, pas vraiment d'intrigues. Pour caractériser l'oeuvre d'Oriza Hirata, on parle de "théâtre calme" : il part du quotidien, tente de saisir des bribes de conversation sans rechercher ni pathos, ni action héroïque.

Lire cette pièce ne rend pas grand chose. Etant donné qu'il s'agit avant tout d'un concert de voix, que les conversations se chevauchent, je pense qu'il faut vraiment voir cette oeuvre.

Pas de coup de coeur donc mais tout de même la satisfaction d'avoir découvert une forme théâtrale très originale...

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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27 juillet 2006 4 27 /07 /juillet /2006 21:50

Editions POL, 1997

Olivier Cadiot est une figure emblématique de la poésie française contemporaine. La plupart de ses textes s'apparentent à une prose expérimentale. Si vous aimez les belles histoires linéaires, tournez votre chemin !

Vous ne saisirez sans doute pas toute l'histoire mais au moins, ces expérimentations sont tout sauf abstraites et intellectuelles...car on rigole bien tout de même !

Il s'agit du monologue délirant d'un majordome-jardinier-cuisinier dans une belle propriété bourgeoise ; pour optimiser son service, il va se mettre à espionner son maître et ses invités et à donner des cours à ses collègues à une cadence très militaire. Il va instituer de multiples stratégies : miniature des pièces, journal où sont consignées les habitudes des invités et de multiples instruments mécaniques pour rationaliser le service.

C'est alors qu'il sombre dans un délire monomaniaque : sport intensif, espionnage industriel....avant de tomber amoureux d'une rousse bégayante qui lui réveille ses pulsions érotiques ! Le majordome va se mettre dans la tête que M (son maître) cache quelque chose; c'est à lui, le grand détective, d'espionner et de dévoiler le secret !

Le tout est très ludique : beaucoup d'autodérision et de burlesque. L'écriture peut dérouter : beaucoup de signes mathématiques comme le + ou le = ; beaucoup de phrases pronominales et de chiffres. Assurément beaucoup d'inventivité mais comme je l'ai dit plus haut , on évite tout intellectualisme car Cadiot privilégie avant tout le ludique.

Le sport

"Descente vers vallée en sautant les clôtures . Vert intégral du tunnel entre les arbres ronds. 3 km déjà. Ne pas baisser l'allure. Tête haute dans le martèlement des pieds . Ouf. Aérodynamique et profilé dans le paysage vert. 4 km.

Je suis pas assez en forme.

Je ne suis plus en bonne condition normale . Mes sucres lents. Il y a quelque chose qui va pas. Ce n'est pas la peine de le cacher.

Mes sucres lents

Azote dans muscles pas bon

Carbone stocké zéro

Je fais varier l'amortissement selon les informations fournies par mes capteurs d'accélération. J'enclenche ma vitesse intérieure superpuissante, crac. L'afflux brutal de l'air dans les fibres répare  les zones affaiblies.

Docteur-bon-le-matin. Docteur-de-soi bon -pour-le-matin. Docteur bon pour soi. 14 km.

L'amour

La bousculer mine de rien et la rattraper en s'écrasant sur elle pour toucher ses seins, odeur=tant de % de et de % de. Température=X°. Consistance =tant de +/-d'élasticité. Sentiment des os dessous =?

S'endormir sous le coup de l'émotion.

Se réveiller nus. Sodomie. Double pénétration, doigt dans l'anus + fellation, lécher les pieds, mordre les cuisses, etc."

BON VOYAGE AU PAYS DE LA MODERNITE !

 

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 18:05

INDE

Editions Buchet Chastel, 2006

Cette fresque de 700 pages a été salué par Naipul, le grand écrivain indien Prix Nobel de Littérature comme un chef-d'oeuvre . Il s'agit d'un premier roman d'un journaliste d'investigation très connu et respecté en Inde pour avoir faire démissionner un ministre de la Défense en révélant un scandale financier. Cet acte de bravoure lui a valu d'être poursuivi par ses ennemis et d'être protégé par une vingtaine de gardes du corps !

Ce grand roman a été publié à Londres sous le titre The Alchemy of desire ; et l'on comprend pourquoi ! Voici la première phrase :"l'amour n'est pas le ciment le plus fort entre deux êtres. C'est le sexe ". Le narrateur, journaliste évrivain, nous raconte sa passion folle pour sa femme Fizz qu'il a rencontré quinze ans plus tôt sur le campus universitaire de la ville de Chandigarh. Les pages se succèdent, d'un érotisme brûlant. Entre deux scènes érotiques, le narrateur nous raconte ses tentatives infructueuses d'écriture d'un roman. Il doit partager son temps entre son désir physique intense, son travail journalistique et son besoin de s'isoler pour écrire. Des passages sont irrésistibles, par exemple lorsqu'il note à chaque bas de page écrite le nombre de masturbations qu'il a effectuées pour pouvoir écrire cette page !

Malgré cet humour, on passe près de 400 pages en compagnie de ces va-et-vient continuels entre sexe et littérature...L'écriture est correcte mais pas géniale si bien que l'on se demande quand l'intrigue va vraiment démarrer ! Surtout que l'on annonce sur la quatrième de couverture que l'écrivain apprenti va voir son quotidien bouleversé lorsqu'il va découvrir des manuscrits d'une femme aventurière ...

Chose faite à la moitié du livre : le couple quitte la ville grouillante de Delhi pour les contreforts de l'Himalaya. Dans les combles de leur maison, l'écrivain découvre des carnets intimes cachés dans une malle. Et là, l'évasion commence...Nous sommes plongés dans l'Angleterre des années 20. Une jeune femme découvre l'érotisme dans les gravures du Kama-Sutra dans la boutique de son père. Ce dernier lui donne le goût des voyages. Elle s'évade et part voyager à Paris, Chicago puis découvre les merveilles de l'Inde en épousant le fils d'un "nawab", un prince indien. Et l'on s'évade dns L'Inde des années 20-30 puis au début de l'indépendance, on croise Gandhi et  Nehru. L'amour et l'érotisme sont plus que jamais présent...

Mais n'en disons pas plus ! Même si , en ce qui me concerne, je ne parlerais pas de chef-d'oeuvre, ce roman mêle amour et sensualité à une réflexion sur l'Histoire de l'Inde contemporaine : domination des princes corrompus sous la colonisation britannique, apprivoisement de la liberté avec Gandhi et puis le retour de la corruption avec la soif de l'argent et de l'ambition.

Et puis enfin, il y a cet exotisme si bien décrit de l'Inde : sa nature, ses habitants, son histoire....Voila un roman fleuve pour partir en voyage !

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24 juillet 2006 1 24 /07 /juillet /2006 17:55

Juste un petit mot pour vous faire découvrir un site très intéressant sur la littérature jeunesse :

CALLIOPROFS

http://callioprofs.over-blog.com

 

Des enseignants se sont réunis pour nous faire part de leurs coups de coeur. Le "coin" le plus intéressant : des bibliographies thématiques sur les continents : Asie, Afrique, Amérique.

http://callioprofs.over-blog.com/article-3227050.html

Bon voyage !

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23 juillet 2006 7 23 /07 /juillet /2006 14:41

ESPIONNAGE

Adaptation cinématographique de Fernando Meirelles ("The Constant Gardener")

Je viens de voir le magnifique film du cinéaste brésilien Mereilles, ce qui m'a donné envie de faire un article du l'histoire, même si je n'ai pas lu le livre !

Avant d'être un roman d'espionnage (la spécialité de Le Carré), ce récit est une dénonciation des rapports Occident/ Afrique et une formidable histoire d'amour.

Tessa, une jeune avocate militant pour les droits des africains , est retrouvée assassinée au bord d'un lac au Kenya. Les autorités déclarent que c'est son amant, un médecin humanitaire d'une ONG  qui est le principal suspect. Mais son corps est retrouvé atrocement mutilé....

Le mari de Tessa, diplomate au Haut Commissariat britannique, va alors enquêté et découvrir une sombre affaire : une industrie pharmaceutique distribuerait un médicament anti-tuberculeux encore non viable afin de le tester sur la population africaine. La diplomatie anglaise flaire le danger et est prête à tout pour éviter le scandale...Tessa avait flairé la piste du trafic de médicaments...

La beauté du récit naît surtout de la psychologie des personnages : Justin, le mari jardinier, est au début un homme timide qui refuse l'engagement et qui préfère s'occuper de son jardin contrairement à sa femme qui est prête à déplacer des montagnes pour faire émerger des scandales. Peu à peu, il va découvrir l'hypocrisie occidentale et fera tout pour faire éclater la vérité. C'est également un homme qui n'a pas eu le temps de connaître vraiment sa femme qui lui cachait beaucoup de chose pour le protéger...Il s'agit donc d'une sorte de roman d'apprentissage où un être candide dévoile la face cachée du monde.

Du film, on retient également les magnifiques paysages du Kenya et de bien belles images du peuple africain...

Je ne pense pas que je lirai le livre; le film m'a comblé. Et vous, l'avez-vous lu?

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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20 juillet 2006 4 20 /07 /juillet /2006 22:21

MANHWA COREEN

Editions Kana, 2005

Je vous avais déjà présenté le manga coréen (dont la particularité est d'être en couleur) avec La bicyclette rouge . On retrouve ici le même goût pour les bons sentiments et les histoires de la vie quotidienne.

Ce manhwa met en scène une jeune femme et son fils qui débarquent à Séoul pour retrouver le père du petit garçon, disparu dans la grande métropole. Ils croisent la route d'une fillette et de son grand-père qui mendient dans le métro et dans la rue. C'est Bon Gu qui découvre la fillette en train de fouiller dans les poubelles; lorsqu'elle s'enfuit, il court pour la rattraper (d'où le titre de l'ouvrage). Elle lui présente son grand-père qui déclare avoir déjà vu le père de l'enfant. Le mendiant qui aidera à retrouver le mari/père perdu va devenir l'ami de cette famille. Avec sa petite fille, il quittera l'univers titanesque de Séoul pou rejoindre l'île où habite le couple...

Une très belle histoire d'amitié et de solidarité dans un monde impersonnelle où les pauvres sont réduits à fouiller dans les poubelles...

Mais ce manhwa vaut surtout le détour pour ses magnifiques dessins tout en aquarelles et pastels. Une oeuvre d'artiste donc qui évite les grandes plages de couleur unies. Le dessinateur alterne les dessins de visage en gros plans avec les vues urbaines de Séoul en pleine page. Il oppose le monde impersonnel des grandes villes qu'il faut fuir au microcosme familial et amical qui peut s'épanouir dans une île par exemple...

Le monde de l'enfance est lui aussi bien mis en valeur ; Bon Gu apprendra la vie aux côtés de sa nouvelle amie....

A conseiller à toutes les âmes sensibles....

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Published by Sylvie - dans Mangas
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17 juillet 2006 1 17 /07 /juillet /2006 13:25

COREE DU SUD- 2004

HWANG Sok-Yong - L'Invité

  Editions Zulma

Né en 1943, Hwang Sok-Yong est l'un des plus écrivains les plus importants de sa génération. Il fut incarcéré pendant cinq ans pour s'être rendu en Corée du Nord alors que le régime sud-coréen l'interdisait.

 

 

 

Son oeuvre,dont le thème principal est la guerre de Corée et la partition du pays en deux territoires et deux peuples, milite en faveur d'un rapprochement des Coréens du Nord et du Sud.

L'invité a pour thème le rapprochement récent autorisé entre les familles du nord et du sud de la Corée. Ryu Yosop, un pasteur chrétien vivant à New-York est amené à se rendre en Corée du Nord pour y retrouver les membres de sa famille. Trois jours avant le grand départ, Yohan, son frère aîné, décède. Ce dernier avait quitté le nord clandestinement après avoir mis à feu et à sang la région de son village au nom de la lutte anti-communiste. Avant de prendre l'avion, Ryu prend un bout d'os provenant du corps incinéré de son frère et s'envole vers sa région natale.

Pendant son voyage, Ryu est assailli par les fantômes des morts, bourreaux et victimes, qui se sont entredéchirés lors des événements déclenchants la Guerre de Corée. Le pasteur Ryu cherche à obtenir le pardon de son frère et se rend chez son ex belle-soeur. Les vivants et les morts vont alors pouvoir s'expliquer et se pardonner....

Hwang Sok-Yong adopte une forme littéraire audacieuse qui s'inspire d'un rite chamanique destiné à consoler les âmes des défunts. Le pasteur cherche à libérer l'âme de son frère pour lui assurer la paix au paradis.

Ce récit vaut d'abord pour son intérêt historique et culturel. Nous apprenons que le christianisme et notamment le protestantisme se sont implantés en Corée à la fin du XIXe siècle ; la Corée est ainsi une enclave chrétienne au sein d'une région essentiellement bouddhiste et confucéenne. Ensuite, le Japon a occupé la Corée jusqu'en 1945 ; les chrétiens font pour la plupart partie de l'élite; ils deviennent propriétaires terriens. Au moment de la capitulation du Japon, La Russie envahit le nord de la Corée alors que les Etats-Unis prennent le contrôle du Sud ; le communisme se diffuse et monte le petit peuple contre les propriétaires terriens et les chrétiens. Les chrétiens s'organisent également. La guerre civile commence....

L'invité, c'est aussi une métaphore désignant touts les grandes puissances étrangères qui sur deux ou trois siècles ont voulu mettre la man sur un petit territoire. Qu'elles soient victimes ou bourreaux, les Coréens ont d'abord été instrumentalisés par les pays étrangers.

L'influence chrétienne, les prières adressées pour libérer l'âme des morts apporte un coté mystique à cette oeuvre. Un titre de première importance pour tout lecteur qui veut découvrir l'Histoire méconnue de la Corée...  

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16 juillet 2006 7 16 /07 /juillet /2006 11:16

ANGLETERRE -1865

Editions Phébus, 1995

Wilkie Collins (1824-1889), contemporain et ami de Dickens, est considéré comme l'inventeur du roman policier ! Rien que ça ! Alors que cette oeuvre eût toujours un immense succès outre-manche, elle fut récemment redécouverte en France.

La dame en blanc, ancêtre de tous les thrillers fut admiré notamment par Borges et rendit jaloux Dickens ! Wilkie Collins est souvent considéré comme le Hitchcock de la littérature : suspens, pièges retors, révélation des dessous d'une société bien pensante....

Ce roman fut inspiré à l'auteur par une aventure qui bouleversa sa vie : alors qu'il se promenait un soir avec le peintre Millais, une jeune fille mystérieuse habillée en blanc court vers eux, bredouille des propos incohérents et disparaît. L'écrivain mène l'enquête et découvre qu'elle est séquestrée par son mari. Il la délivre et lui voue un amour absolu jusqu'à sa mort....Une belle intrigue romanesque !

Dans le roman, c'est un jeune peintre, Walter Hartright, qui mène l'enquête. Tout comme l'auteur, il rencontre un soir une jeune femme tout de blanc vêtue qui déclare s'être enfuite de l'asile pour échapper à l'emprise d'un quelconque baronnet...Le peintre lui indique le chemin de Londres.

Après cette nuit mouvementée, Hartright s'installe dans une propriété bourgeoise où il doit donner des cours à deux demi-soeur, Marian Halcombe et Laura Fairlie. Le peintre tombe peu à peu sous le charme de Laura notamment grâce à son étrange ressemblance à la dame en blanc., une dénommée Anne Catherick...Mais il découvre de Laura est malheureusement fiancée au baronnet Percival Glyde...

Désemparé, il désire quitter ses hôtes bienveillants. Mais la veille de son départ, Laura reçoit une lettre étrange qui lui intime de ne pas épouser Glyde pour échapper à un terrible danger. On enquête sur l'auteur de cette lettre....qui n'est autre que la dame en blanc....

Laura qui a promis à son père sur son lit de mort d'épouser Percival ne peut rebrousser chemin. Alors que Hartright va noyer son chagrin en Amérique, voici Marian et Laura aux mains du maléfique Percival Glyde....

Anne Catherick va tenter de reprendre contact avec Laura pour lui révéler un étrange secret... Mais Sir Percival est sur sa route ainsi qu'un étrange émigré italien,, le comte Fosco....

Voilà, je m'arrête là pour planter le cadre ! Je n'en suis qu'au quart du livre... Sachez seulement que toute l'intrigue repose sur un étrange secret concernant Percival Glyde. Les deux demi-soeur vont avoir leur vie mise en danger pour éviter que le secret ne soit dévoilé.

Le charme de se livre repose surtout sur les multiples péripéties , tous les stratagèmes inventés par un gentleman pour sauver sa peau. On retient également les magnifiques portraits féminins, les deux soeurs ainsi que la mystérieuse femme en blanc qui luttent pour leur indépendance et leur survie ; le clan des femmes aidé par l'enquête de Hartright viendra à bout du mystérieux gentleman.

Il s'agit d'un roman où il y a une enquête cherchant à dévoiler le secret d'un homme. Mai ici, nul inspecteur, nul policier . Ce sont les malheureuses victimes qui mènent l'enquête à leurs risques et périls. Il y a certes des hommes de lois, mais ils font bien pâle figure à côté des trois femmes et du peintre qui lui est guidé par l'amour. S'il y a un roman qui ne caricature pas la figure féminine, c'est bien celui ci ! On retient surtout la force du personnage de la vieille fille Marian Halcombe qui n'hésite pas à risquer sa propre vie pour sauver celle de sa soeur. Dans la société victorienne, la femme est certes une victime mais elle sait se défendre !

En résumé, un bon roman bourré d'aventures et de suspens à se mettre sous la dent pendant les vacances !

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