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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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22 août 2006 2 22 /08 /août /2006 23:10

ESPAGNE -1626

Editions Le passeur

Francisco Quevedo est un contemporain du grand Cervantès. A la fois diplomate, espion, et théologien, il est passé à la postérité grâce à ses essais, romans et poésie. Il reste très méconnu en France. Je vous propose de découvrir son plus célèbre roman, L'histoire de Don Pablo de Ségovie , considéré comme le chef d'oeuvre du roman picaresque.

Le roman picaresque est une satire de la société espagnole de l'époque. Il s'agit, tout comme l'a fait Cervantès dans le Don Quichotte, de mettre fin à la littérature de chevalerie, de refuser toute idéalisation et de décrire la société telle qu'elle est. Le roman picaresque met en scène un Picaro, jeune homme pauvre souvent orphelin à qui il arrive de multiples aventures ; il erre de villes en villes ; il doit se débrouiller tout seul pour subvenir à ses besoins ce qui lui fait rencontrer toutes les couches de la société.

Don Pablo de Ségovie est le fils d'un mauvais barbier mais voleur exceptionnel et d'une mère maquerelle. Alors qu'il étudie à l'Université, un concours de circonstances le pousse à rejeter la vertu et à embrasser la profession de voleur, de tricheur et d'escroc. En parcourant les villes d'Espagne, il se déguise tour à tour en mendiant, en gentilhomme ou en homme d'église pour arnaquer ses semblables.

Le plus souvent, les aventures du picaro se terminent mal, souvent de façon burlesque, ce qui le pousse à chaque fois à changer de ville.

Pour Quevedo, c'est assurément la société qui est responsable des vilenies du Buscon. On le voit tout particulièrement au début du roman où Don Pablo est abusé par ses professeurs. Il décide alors en connaissance de cause de devenir lui aussi trompeur au lieu d'être trompé.

Avec le roman picaresque, on entre dans l'ère du roman réaliste : la littérature devient le miroir des travers de la société. On entre aussi dans l'ère de l'art baroque où tout n'est que dissimulation et mensonge. Don Pablo n'a pas d'identité définie. Il change constamment de déguisement pour mieux se dissimuler aux autorités.

Vous l'avez compris : si vous voulez découvrir un style et une époque, lisez ce roman méconnu !

 

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 12:52

INDE

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21 août 2006 1 21 /08 /août /2006 09:22

EGYPTE

Editions du Seuil, 2000

Voici mon coup de coeur des vacances ! Si vous avez envie d'évasion, lisez-le ! C'est un petit chef d'oeuvre ! L'autre jour, je vous demandais votre texte préféré associé à l'idée de voyage...celui là est l'un des plus beaux textes qu''il m'ai été donné de lire ...

Gamal Guitany est l'écrivain égyptien contemporain le plus connu. Il fut un proche du Prix Nobel de Littérature Naguib Mahfouz auquel il a consacré une biographie.

Ce magnifique roman est autant un récit de voyage qu'une réflexion sur la destinée humaine. Un jour , un étranger du nom d'Ahmad ibn Abdallah, autrefois paisible habitant du Caire, arrive sur les bords de l'océan, au pays du couchant. Très vite, son extraordinaire histoire court le pays; le sultan charge l'un de ses secrétaires de le consigner par écrit. Le roman est ce récit...

Ahmad, alors qu'il est un adolescent du Caire, entend une voix mystérieuse qui lui dit de voyager jusqu'au pays du couchant. En ne sachant pas d'où vient cette voix, l'homme répond à l'appel. Et le voici parti pour un magnifique voyage qui durera toute sa vie....Il suivra la route du soleil jusqu'à l'endroit où il se couche...

Il rencontre dans le désert  un vieil astronaute qui l'initie à la navigation. Puis il arrive dans un mystérieux oasis n'apparaissant sur aucune carte. Il y découvre les joies de l'érotisme et l'amour. Puis la voix le rappelle pour le conduire dans une étrange contrée, celle des oiseaux. Las bas il y est sacré Roi et devient un dieu vivant. Puis la route continue vers le pays du couchant...

Ce roman s'apparente à un conte merveilleux, voire mythologique. L'écrivain ne donne aucune indication spatio-temporelle. On devine seulement que nous sommes dans l'Empire Arabe, peut-être au Moyen-Age et que le héros se dirige vers l'Ouest, vers "le grand océan" où le soleil se couche...sans doute les  rives de l'Océan Atlantique en Espagne. Le voyageur nous mène dans des contrées merveilleuses, inconnues des cartes géographiques. L'auteur mêle plusieurs époques : souvenirs pharaoniques, références coraniques....

Le récit est aussi un hymne magnifique à la nature et à l'Orient. Il y a d'abord la ville du Caire magnifiquement décrite. Puis vient ensuite le désert et ses oasis perdues. Ensuite, la contrée des Oiseaux est un véritable paradis sur terre où les habitants se vêtissent en plumes d'oiseau. Le héros y devient une sorte de Pharaon, l'incarnation du soleil. Enfin, il y a la description magnifique de l'océan et du coucher de soleil.

Petit à petit, nous comprenons que ce récit de voyage est un roman d'apprentissage et une allégorie de la destinée humaine. Cette dernière ressemble à la course du soleil : la levée du soleil est la découverte de la vie , l'aventure du héros au pouvoir lorsqu'il devient l'équivalent d'un pharaon représente l'apogée d'une vie et le soleil à son zénith. Enfin, il y a la course vers le soleil couchant, le déclin, le crépuscule d'une vie qui vit dans ses souvenirs et médite sur la condition humaine.

Toute vie, toute destinée est un long voyage....

Il y a longtemps que je ne me suis pas autant évadée dans un roman. Guitany renoue avec la grande tradition des contes orientaux, tels Les milles et une nuits. Si vous êtes amateurs de littérature arabe ou orientale, ce bijou est pour vous !

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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 16:57

COREE DU SUD - Recueil de nouvelles

Editions Actes Sud "Babel", 1993

Yi Munyol est actuellement le plus grand écrivain de Corée du Sud et le plus connu à l'étranger. Dans un pays qui ne compte que 40 millions d'habitants, Yi Munyol a vendu 6 millions d'exemplaires !

Ce recueil de nouvelles très épurées examinent la situation de l'homme dans la société; il est autant question d'éthique que de liberté individuelle et du sens de la vie. Les hommes décrits s'interrogent sur leur destin.

Notre héros défiguré met en scène un jeune garçon qui quitte Séoul pour une petite ville de province. Dans son nouveau collège, il découvre une classe qui vit sous le joug d'un petit caïd qui règne en petit chef : intimidations, vols, humiliations...Le jeune narrateur, d'abord tenté par la révolte, est peu à peu subjugué par le magnétisme du tyran. Cette nouvelle évite tout manichéisme en montrant la difficulté à gagner sa liberté. L'homme est souvent incapable de s'affranchir des tutelles qui sont sécurisantes.

Les deux autres nouvelles renouent davantage avec la tradition asiatique. L'oiseau aux ailes d'or dresse le portrait d'un artiste calligraphe au crépuscule de sa vie : il s'interroge sur la valeur de toute création et médite sur le statut de l'artiste: le génie existe-t-il ou l'artiste doit-il s'effacer devant sa création ? Cette méditation au seuil de la mort le conduira à commettre un acte désespéré...

Enfin, L'hiver cette année là, texte très poétique, nous conte l'itinéraire d'un jeune homme désabusé de vingt ans qui décide de mettre fin à ses jours. Il décide de parcourir les solitudes glacées de la Corée pour décrypter l'énigme humaine...

Yi Munyol est un écrivain humaniste en même temps qu'un poète : ses trois nouvelles sont chacune une méditation sur la place de l'homme dans le monde. Sous couvert de méditations très philosophiques, Yi Munyol nous livre des textes très poétiques. Ne vous attendez pas à lire un livre de réflexion; il s'agit bien de belles histoires, d'itinéraires individuels.

 Je ne résiste pas à vous livrer un très beau paragraphe :

"De qui doit-on attendre le salut, quand Dieu lui-même nous a abandonnés, renonçant à nous sauver? Mais, même alors, la mouette doit s'envoler, et nous, nous devons continuer à vivre. Si une mouette cessait de voler, ce ne serait plus une mouette. Quand un être humain renonce à préserver son intégrité, il cesse d'être un être humain. La coupe que chacun a reçue en partage doit, quoi qu'il en coûte, être vidée jusqu'à la dernière goutte. Le désespoir n'est pas la fin, mais le début de l'existence.

S'il n'existe aucune valeur absolue et objective pour nous guider, c'est avec nos propres mains que nous devons batir notre salut. Nos vies ne sont plus faites pour se conformer à diverses attitudes, elles doivent être reconnues et valorisées par nous-mêmes et nos propres efforts"

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20 août 2006 7 20 /08 /août /2006 15:54

EGYPTE

Editions Actes Sud, 2006

Voici le plus grand succès éditorial de l'histoire de l'édition égyptienne (150 000 exemplaires vendus). Il a été adapté au cinéma (plus gros budget du cinéma égyptien bien sûr !) et va sortir sur nos écrans le 23 août ...cela vaut bien un article !

J'ai dévoré ce petit chef d'oeuvre en deux jours. Ce livre est original à plus d'un titre, de par ses thèmes et par sa construction. A signaler que l'assemblée nationale égyptienne a tenté de censurer certaines scènes du film, en vain.

Si cette histoire provoque un tel remous, c'est parce que ce roman aborde de nombreux sujets tabous dans la société égyptienne : corruption politique, terrorisme islamiste, émancipation féminine et homosexualité.

L'auteur, médecin et écrivain, a choisi de raconter le quotidien de plusieurs habitants d'un immeuble du Caire, l'immeuble Yacoubian. La narration est ainsi éclatée : plusieurs pages sont consacrées à la vie dans l'un des appartements puis au passe à d'autres appartements avant de revenir aux premiers... Le destin des personnages ne se croise pas forcément.

Grâce à cette narration audacieuse, l'auteur peint différentes facettes de la société égyptienne : les pauvres croisent les riches, le vieux côtoient la jeunesse...Un vieil aristocrate vit ses vieux jours en invitant de belles prostituées qui le volent. Un journaliste homosexuel vit une histoire d'amour clandestine avec un soldat. Un jeune homme, fils du gardien de l'immeuble Yacoubian, est refusé à l'entrée de l'école de police simplement parce qu'il est d'origine modeste; il découvre alors un nouveau chemin dans le terrorisme...Un magnat financier cherche l'appui des nantis pour assurer son avenir politique.

Dans ce portrait au vitriol de la société égyptienne, le grand mérite d'El Aswany est de ne jamais juger , de ne jamais prendre position. Il donne juste à voir et renoue avec talent avec la tradition du roman social : il décrit avec beaucoup de vérité les aspirations et les blocages d'une société.

Il ressort de ce roman très réaliste une société sclérosée où toute ascension sociale semble bloquée. Les bombes semblent bien être la dernière solution pour bousculer tout ça. Les femmes utilisent leur corps pour trouver une liberté illusoire. Mais le roman sait également nous émouvoir en nous racontant une belle histoire d'amour entre le vieil aristocrate humaniste et solitaire et une très jeune femme qui découvre l'amour de manière inattendue. Cette histoire fait couler une petite note d'espoir dans cet univers bien noir...

Il ne reste plus qu'à attendre la sortie du film mercredi prochain...Avis aux amateurs...

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16 août 2006 3 16 /08 /août /2006 22:27

Après le voyage et la mer, encore un thème lié aux vacances : l'évasion. Quel texte littéraire vous évoque ce thème ?

Thème très vaste : rêve, désir d'ailleurs, fugue....

L'évasion me fait penser à un recueil très beau que j'ai lu cette année : Mondo et autres histoires de Jean-Marie Gustave Le Clézio.

Article paru le 24 juin 2006

Recueil de contes

Editions Gallimard Folio

La réputation de Le Clézio n'est plus à faire : son écriture très poétique, ses hymnes à la nature ont fait sa célébrité.

Je viens de dévorer ses contes qui mettent en scène des enfants voyageurs, des âmes errantes qui rompent les amarres avec la société. Il y a tout d'abord Mondo, le petit mendiant, qui sympathise avec l'accordéoniste tzigane, avec le vieux prestidigitateur à la colombe et avec le vieux pécheur. Il y a Lullaby qui fuit l'école pour se promener sur les côtes. Il y a le petit berger de l'est qui monte sur le volcan et dialogue avec un enfant mystérieux, incarnant le dieu de la montagne. David qui n'a jamais vu la mer, disparaît un beau jour pour se fondre à l'élément marin. Enfin, un vieil homme errant prend en charge les enfants d'un bidonville.

Ces cinq contes trouvent leur unité dans la célébration de la nature et des cinq éléments : ces enfants-fées quittent la société matérialiste pour s'ouvrir au monde. Le soleil, le vent, l'eau, la lumière les émerveillent et transfigurent leur vie. Chaque conte se caractérise par une atmosphère bien spéciale; il n'y a aucune indication de dates ni de lieux; nous ressentons juste des parfums de méditerranée, nous apercevons un paysage d'Asie centrale. Mais tout ça est suggéré; rien n'est dit.

Ce beau recueil est à conseiller à tous les rêveurs : ces contes exaltent la contemplation des éléments. Amis de l'action et des rebondissements, passez votre chemin !

 
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13 août 2006 7 13 /08 /août /2006 22:08

Quel est le roman ou le poème qui vous vient à l'esprit lorsqu'on évoque la mer en Littérature?

Il y a bien sûr Hugo et Hemingway. En ce qui me concerne, un roman m'a vraiment marqué à ce sujet; il s'agit d'un roman de l'Algérienne Maïssa Bey , Au commencement était la mer. La mer et le soleil y symbolisent la poésie et la liberté dans un monde qui enferme la femme.

Article du 1er septembre 2005 :

Editions de l'aube, 1996

Dans ses romans,Maïssa Bey met brillamment en scène la femme musulmane éprise de liberté. La jeune Nadia est une belle adolescente qui, lors de ses vacances, va sur la plage pour admirer la beauté des éléments : la mer, le soleil...

Mais une ombre menaçante pèse sur ce bonheur: sa famille, de pure tradition musulmane, refuse cette liberté. Son frère aîné fréquente de plus en plus la mosquée et Alger semble être peu à peu gagnée par l'islamisme radical...

Pourtant, cet été, Nadia va tomber amoureuse du beau Karim...

Raconter cette histoire avec mes mots fades ne rend pas compte de la qualité de ce récit. Maissa Bey ne nous livre pas un roman sociologique à thèse. Ce roman est avant tout de la poésie à l'état pur, un hommage aux différents éléments de la nature: la mer, le vent, le sable, le ciel. Chaque phrase nous livre l'intériorité de Nadia, ses états d'âme, ses sensations. Chaque mot exprime du ressenti et une sensibilité à fleur de peau: "La mer monte en elle comme un lent désir. Un halètement. Battements réguliers des vagues contre son corps bercé comme aux premiers jours. Plus loin encore. Et lorsque enfin, elle s'endort, la mer encore berce ses rêves".

La mer symbolise l'éveil de la sensualité. Au contraire, la tempête, la poussière d'Alger  laisse deviner un dénouement funeste. Maissa Bey évite tout misérabilisme. Le drame n'est qu'effleuré avec une phrase finale. Les éléments se fondent au destin de la jeune musulmane sacrifiée...

 

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9 août 2006 3 09 /08 /août /2006 21:50

Pour vous, quel est le roman ou le poème qui vous vient à l'esprit lorsqu'on évoque le thème du voyage?

Un roman d'un écrivain voyageur m'a beaucoup marqué : Méroé d'Olivier Rolin (description des paysages du Soudan, de son histoire, portrait marquant d'un archéologue...). Voici l'article que j'avais publié le 1/09/2005.

Un récit de voyage, un roman historique et sentimental

Autant le dire tout de suite: Olivier Rolin est considéré par les critiques littéraires (et par moi !) comme l'un des plus grands écrivains français contemporains. Journaliste-reporter, militant en mai 68, Rolin peut être considéré comme un écrivain voyageur.

Ce roman protéiforme nous emmène au Soudan où le narrateur s'est exilé pour oublier un chagrin d'amour. La-bas, il rencontre un mystérieux archéologue qui semble se passionner pour des vestiges qui ne semblent intéresser personne. C'est l'occasion de découvrir les magnifiques richesses d'un pays très peu connu: il n'est pas inutile de rappeler que le Soudan est toujours apparu comme une enclave isolée au milieu de l'Afrique, défiant les lois du temps et pérénnisant les civilisations disparues: alors que la civilisation égyptienne avait disparu, le royaume de Kerma a connu le régime des pharaons noirs jusqu'au Moyen-Age. Pareil pour le royaume chrétien de Méroé , seule enclave chétienne dans une Afrique tombée sous le joug des musulmans.

Dans ce roman, l'ensemble de ces personnages semblent vouloir s'enterrer dans des lieux perdus et être paradoxalement fasciné par l'échec et la mort. On pense tout de suite au Rivage des Syrtes de Julien Gracq ou Le désert des Tartares de Dino Buzzati: Rolin et ses personnages s'enfoncent progressivement dans un no man's land où seule la mort peuvent les libérer; l'écrivain construit un fascinant jeu de miroirs, de correspondances entre les différents personnages: le narrateur tente de retrouver son amour perdu en une jeune prostituée à Paris et en la nièce de l'archéologue Vollander. De même, le narrateur est le double de l'archéologue, lui-même le double d'un général anglais du XIXe siècle, Gordon, qui s'est laissé engloutir par les rebelles lors du siège de Karthoum.

Les personnages semblent tous détenir un secret qui les conduit peu à peu à l'anéantissement.

L'écriture, comme toujours chez Rolin, est envoûtante. Ce roman d'une richesse incroyable tient à la fois du roman sentimental (thème de la rupture amoureuse), du roman d'aventures et roman policier. Mais chut, j'en ai déja trop dit !

 


 

En ce qui concerne la poésie, je dis tout de suite L'invitation au voyage de Baudelaire !

L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre ;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l'ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l'âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l'humeur est vagabonde ;
C'est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu'ils viennent du bout du monde.
- Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D'hyacinthe et d'or ;
Le monde s'endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté

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5 août 2006 6 05 /08 /août /2006 20:16

Enfin, les vacances arrivent !

Comme toujours, je n'ai pas tenu mes promesses : je n'emmène ni Belle du seigneur d'Albert Cohen, ni Ulysse de Joyce ! On va dire que ça sera pour septembre !

Alors que je reste en France, j'ai donc décidé de prendre des livres étrangers. Au programme, Inde, Corée, Egypte et USA !

INDE

Les feux du Bengale d'Amitav Gosh

Le premier roman du grand romancier indien que j'ai découvert récemment avec Le pays des marées. Une histoire rocambolesque avec un homme dénommé Louis Pasteur qui a décidé d'imposer la Raison en Inde....

EGYPTE

L'appel du couchant de Gamal Ghitany

Le plus grand romancier égyptien depuis Naguib Mahfouz. Il s'agit de l'un de ses premiers romans, le récit de voyage d'un homme qui décide de partir au "pays du couchant".

L'immeuble Yacoubian d'Alaa El Aswany

Ce roman egyptien a été salué cette année comme un événement littéraire dans le monde arabe. L'immeuble Yacoubian relate l'histoire de ses habitants au coeur de la ville du Caire.

COREE

Notre héros défiguré de Yi Munyol

Un recueil de nouvelles poétiques par le plus célèbre auteur coréen contemporain.

USA

42e parallèle de John Dos Passos

Et enfin un classique indispensable : avec ce roman, Dos Passos renouvela le genre romanesque : extraits d'articles de journaux, publicité, affiches pour conter l'histoire de l'Amérique des années 30.

Les critiques viendront fin août....

Et vous, qu'emmenez-vous dans vos valises?

Avant de partir en vacances, je vous ai contacté des petites questions sur les thèmes littéraires liés aux vacances. A très bientôt !

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2 août 2006 3 02 /08 /août /2006 22:58

INDE -1955

Editions Belfond, 1999

Narayan (1906-2001) est le plus grand écrivain indien de langue anglaise du vingtième siècle avec Rabindranah Tagore.

Comme son titre l'indique, le roman retrace une partie de l'Histoire du continent indien à l'époque du règne spirituel du Mahatma Gandhi. Mais ne vous attendez pas à lire pour autant un roman historique même si l'histoire se déroule du début de la Seconde Guerre Mondiale à l'année 1955, date de la mort du grand sage.

L'histoire est vue à travers les yeux de Sriran, un jeune homme oisif élevé à l'écart du monde contemporain par sa grand-mère. Vivant de ses rentes, il découvre,au détours d'un chemin, une magnifique jeune fille, Bharati, dont il tombe instantanément amoureux. Il s'agit d'une enfant orpheline adoptée par le Mahatma et qui parcourt les routes avec lui pour propager la parole de non-violence et la volonté d'indépendance de l'Inde.

Par amour, Sriram va quitter sa vie insouciante pour devenir un disciple du Mahatma et s'engager dans la lutte pour l'indépendance. Le récit est alors avant tout un roman d'apprentissage ; la quête identitaire et amoureuse se mêle à des épisodes intéressants de l'histoire de l'indépendance indienne : séjour en prison de Gandhi pendant la guerre, opposition à la partition entre l'Inde et le Pakistan....

Les personnages sont bien campés bien qu'on ait du mal à croire que Sriram change de personnalité du jour au lendemain simplement par amour !

L'écriture est très épurée , constituée essentiellement de dialogues très vivants. Gandhi apparaît plusieurs fois dans le roman, d'une manière très humaine. L'humour n'est pas non plus absent, par exemple lors des obsèques rocambolesques de la grand-mère...

Vraiment un bon roman d'évasion pour découvrir l'Inde des années 1940-50....

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