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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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16 septembre 2006 6 16 /09 /septembre /2006 11:59

INDE - Prix Nobel de Littérature en 1913

Adaptation cinématographique par Satyajit Ray , 1984

Rabindrananath Tagore est incontestablement le plus grand écrivain indien de langue anglaise du XXe siècle. Il est l'inventeur de la littérature indienne moderne ; son oeuvre constituée d'essais, de poésie et de romans a pour cadre le Bengale au début du XXe siècle aux prises avec la domination du Royaume-Uni.

La maison et le monde raconte l'histoire de trois personnages qui vont être confrontés à l'émergence des idées libérales et nationales en Inde.

Il s'agit d'un discours à trois voix : Niknil, un maharadjah aux idées libérales,féru d'Occident, qui trouve sa voie dans la contemplation. Bimala, son épouse à qui Niknil va permettre de s'émanciper, de quitter le cadre familial de la maison pour "découvrir le monde". Et enfin, Sandip, révolutionnaire hostile à la puissance anglaise et hébergé par Niknil, qui va tomber amoureux de Bimala.

L'écriture colle au plus près des sentiments des trois protagonistes : la narration fait alterner le récit des trois personnages. Nous assistons à l'éveil des sentiments de Bimala qui découvre le monde après avoir été confinée dans la maison familial. Alors que Sandip incarne la passion et l'action, Niknil, le mari, est un ascète platonicien qui prône la modération dans la lutte contre l'occupant anglais.

L'écriture  très lyrique du poète Tagore est brodée de métaphore imageant la folle passion de Sandip : rivière, volcan...Le lecteur est emporté par cette langue très sensuelle mais compatit à la souffrance du mari bafoué.

Tagore brosse un beau portrait de femme qui s'émancipe au début du XXe siècle. Quant à la lutte contre l'occupation anglaise, elle est traitée tout en nuance. Le mari incarne la modération ; pour lui, la guerre ne peut qu'aboutir à des rixes entre différentes communautés ; d'autre part, il ne comprend pas pourquoi on doit sacrifier l'individu aux intérêts d'un pays ; la patrie ne doit en aucun cas être idolâtrée...

La fin du roman réserve bien des surprises, ce qui fait de ce roman un récit très riche. On évite tout manichéisme et l'ensemble des personnages est très attachant.

Je n'ai pas vue le film de Satyajit Ray. Mais connaissant quelques oeuvres du plus grand cinéaste indien, je pense que cela doit valoir le détour..

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12 septembre 2006 2 12 /09 /septembre /2006 22:01

Editions Naïve, 2006

Voici une belle découverte que je dois à un comité de lecture organisé par la magazine indépendant de littérature contemporaine, Le Matricule des anges.

Rien que la couverture vaut le détour : un montage représentant un hôtel et des passagers. A signaler, les éditions Naïve, qui apparemment font du beau boulot.

Premier mystère : le titre ! Si vous d'êtes pas un expert en droit, vous apprendrez qu'un fidéicommis est un testament où l'on désigne quelqu'un qui doit transmettre cet héritage à une tierce personne.

Rassurez-vous : ce roman ne vous emmène pas dans des problèmes juridiques insolubles !

Jugez-en plutôt l'intrigue qui nous est racontée par un mort qui vient d'être assassiné par un mystérieux personnage. L'âme prend son envol dans le ciel du cimetière pour observer les personnes assistant à son enterrement. Puis il va suivre sa femme qui va faire une enquête sur sa mort. Son mari lui a laissé des carnets qui dévoilent sa vie tumultueuse...

Nous apprenons alors que l'homme mort, un certain Stein, prof d'histoire, est devenu du jour au lendemain, tenancier de bordel grâce à l'héritage de son père qu'il a toujours détesté ! Et voici l'ex fonctionnaire qui découche la nuit, quitte ses beaux quartiers, pour s'occuper de ses belles prostituées...

Mais son père avait de biens salles fréquentations qui réclament aussi leur héritage. D'autant plus que la boutique en face, apparemment une ancienne épicerie, cache des choses immondes...

Nous voici donc plongé dans une sorte de polar déjanté où les personnages sont des anti-héros et des morts. Stein va observer d'outre-tombe l'enquête de sa femme sur sa propre mort. Cette dernière a se poster tous les jours à la terrasse d'un bar pour lire les carnets de son défunt mari et observer le quartier du bordel pour trouver les assassins...

Ce polar qui n'en est pas un est vraiment très original et très drôle ; son personnage principal est un anti-héros qui prend des airs de Bruce Willis ou de BruceLee. Les protagonistes apparaissent plutôt comme des pantins qui ne maîtrisent rien. L'humour toujours présent fait penser à Insoupçonnable de Tanguy Viel. Ainsi, le mort essaye de gagner une course contre les pigeons dans le ciel ! Il y a aussi des moments assez poétiques où le fantôme essaie d'entrer en contact avec sa femme pour la sauver...

La narration est vraiment intéressante : c'est un mort qui parle et qui nous éclaire sur ce qui s'est passé avant sa mort ; parallèlement, il suit l'enquête de sa femme qui cherche à découvrir ses assassins.

Bref, si vous aimez l'originalité et l'humour ayant pour cadre un semblant d'intrigue policière, ouvrez vite ce roman ! C'est une bouffée d'air frais !

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11 septembre 2006 1 11 /09 /septembre /2006 18:51

ROMAN GRAPHIQUE

Editions Futuropolis, 2006

Cette oeuvre magnifique vous fera oublié à coup sur la bande dessinée classique telle que vous l'a connaissez : ici, nulle vignette ni de bulles ! Et en plus, vous avez droit à 500 pages !

Ludovic Debeurme croque des dessins, surtout des portraits, souvent trois à quatre par page et écrit les paroles à côté des dessins. Les traits des personnages sont juste dessinées  par un trait noir sur fonds blanc ; aucune couleur ne vient alourdir les silhouettes. Il en ressort une BD très épurée dans laquelle on peut déguster une très belle histoire :

Ludovic Debeurme met en lumière deux adolescents marqués par la vie : Lucille est une jeune fille anorexique qui vit à côté d'une forêt avec sa mer. Arthur doit supporter son père, marin alcoolique. Un jour, il l'emmène sur son bateau: l'un de ses collègues est emporté par les flots. Son père se pend peu après...

C'est alors que les destins de ces deux marginaux vont se croiser : un jour, Arthur livre des médicaments à la jeune anorexique. Ensemble, il vont redécouvrir la vraie vie...

L'histoire est magnifique : le dessinateur évite tout pathos et toute mièvrerie.Il plonge au coeur de l'intimité des personnages en pratiquant l'introspection. L'histoire d'amour est également vue comme une épreuve : jalousie et source de problèmes...

Ce roman graphique peut aussi bien être destiné aux adolescents (anorexie, fugue, rapports aux parents..) qu'aux adultes.

Le dessinateur y ajoute une touche de poésie en intercalant ses chapitres de planches où les personnages apparaissent en abeille...comme s'ils cherchaient leur chemin ou leur fleur...

En bref, un petit bijou d'émotion...Je ne vous raconte pas toute l'histoire et vous laisse découvrir. La suite devrait paraître prochainement...

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7 septembre 2006 4 07 /09 /septembre /2006 15:06

ISRAEL

Editions Actes Sud, 2002

Voici un recueil de nouvelles détonant qui a été classé en Israël parmi les cinquante meilleurs textes jamais écrits en hébreu !

Etgar Keret est un jeune auteur né en 1967, à la fois romancier, auteur de BD et cinéaste. Oubliant les querelles idéologiques de son pays sur le conflit israélo-arabe, il nous livre des courts textes tragi-comiques sur l'absurdité de la vie. C'est un grand admirateur de l'oeuvre de Kafka. pas étonnant donc que l'on retrouve dans certains textes un ton absurde.

Quelques exemples d'intrigues : un religieux veut qu'on le tue car il n'arrive pas à vivre pour lui même en cherchant à faire le bien partout ; un ange gardien meurt après avoir chuté d'un gratte-ciel ; un singe cobaye demande à une laborantine si elle veut faire un voyage avec lui dans son pays d'origine.

La mort est en effet très présente dans ces nouvelles; elle apparaît souvent à la chute de l'histoire. Mais Keret évite tout misérabilisme grâce à une écriture minimaliste qui va à l'essentiel. C'est le destin absurde de toute vie qu'il nous montre et non une lamentation quelconque sur la condition humaine.

L'humour est omniprésent, provoquant des situations très cocasses : alors qu'un huissier vient saisir les meubles et la télé d'un locataire pas très sérieux, ce dernier, magicien, fait disparaître ses biens un à un laissant l'huissier pantois ! Un homme voit sa première nuit avec sa dernière conquête fortement compromise après que son mailleur ami ait eu une envie pressante et ait fait pipi sur le pas de sa porte....

L'émotion est également présente : un jeune garçon fait un caprice pour obtenir un nouveau jouet. Son père refuse de l'acquérir et achète un tirelire-cochonnet. L'enfant se prend d'affection pour le cochon et refuse de le casser pour obtenir l'argent....

Certaines nouvelles sont teintées de fantastique : une femme s'assoit sur des fauteuils bien particuliers et des gouttes sont inventées pour éviter de se sentir seul...

Ce qui est génial dans ce livre, c'est que l'on nous parle de choses très dures, de l'absurdité de notre condition et qu'on en ressort tout revigoré ! C'est un vrai bol d'oxygène...

Beaucoup de réflexion sur le destin, la vie de couple, les passions humaines et la violence écrit dans un style très épuré, très rapide (les nouvelles font entre une et six pages).

De plus, Keret se défie de toute idéologie liée à Israël. Il fait même porter des chaussures allemandes à un jeune israélien alors que son grand-père le met en garde. Et l'on assiste à une confrontation soldat juif/soldat arabe où l'un d'entre eux jette le fusil à l'autre !

Un seul conseil : ouvrez vite ce petit bijou très original ! Quant à moi, j'ai hâte de découvrir les autres titres de cet auteur...

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3 septembre 2006 7 03 /09 /septembre /2006 20:56

RENTREE LITTERAIRE

Editions Actes Sud, 2006

En mettant en scène le peintre Gustave Courbet, François Dupeyron obéit au genre de "la fiction biographique" fort à la mode en ce moment ; beaucoup d'écrivains contemporains brodent en effet une fiction autour d'une personnalité artistique ou d'un personnage dans l'ombre d'une grande figure : Ravel de Jean Echenoz , le facteur de Van Gogh dans La vie de Joseph Rolin de Pierre Michon, le frère de Jean-Jacques Rousseau dans Fils unique de Stéphane Audeguy.

Les écrivains renouvellent ainsi le genre du roman historique en prenant pour héros des personnages mythiques.

Dans ce roman, le cinéaste François Dupeyron choisit pour cadre le crépuscule de la vie de Gustave Courbet, génial inventeur du réalisme en peinture et l'un des principaux artisans de la Commune de Paris.

Alors qu'il est en exil à Genève pour échapper au gouvernement français, Courbet noie son échec dans l'alcool et la fréquentation des bordels. Un soir, il croit reconnaître en une jeune prostituée, Joe, la femme qui lui a inspiré L'origine du monde.

Au cours de la nuit, il va donc raconter à Mina son parcours de génie incompris qui s'est engagé dans la Commune de Paris. Nous assistons aux premiers scandales qu'il provoque , à la réalisation du célèbre L'origine du monde puis à son engagement socialiste qui le conduira à sa perte.

Si vous connaissez déja le parcours de l'inventeur du réalisme en peinture, vous n'apprendrez pas grand chose d'autre sur lui, surtout que François Dupeyron affirme avoir bien écrit un roman, une fiction et non une biographie détaillée du peintre.

Toutefois, j'ai apprécié le portrait tout en nuance "peint" par l'auteur. Après s'ête engagé dans la Commune, Courbet déplore le "virage" jacobin des communards et leur volonté de faire la guerre . Il prend alors ses distances, l'idéal étant pour lui d'instaurer un socialisme libertaire, c'est à dire un regroupement de communautés autonomes , sans recourir à un pouvoir central.

L'intérêt principal du roman réside également dans le travail sur l'écriture. Le cinéaste a opté pour une narration très vivante, très lyrique, ponctuée d'exclamations afin de se rapprocher de l'argot populaire du 19e siècle, ce qui opère un rendu très réaliste. Parfois, on a l'impression que cela traîne un peu en longueur et qu'il y a un peu trop d'épanchement.

On admire de véritables passages épiques, comme par exemple lorsque les femmes parcourent  les rues détruites de Paris pour récupérer les cadavres de leurs maris, pères et frères...

L'auteur a eu le mérite de renouer avec le roman du peuple à la manière des grands réalistes de la fin du XIXe siècle. Les grandes figures artistiques de cette époque sont convoquées : Vallès, Zola, Manet, Baudelaire....Une manière de rendre hommage à cette époque bénie de l'art et de la politique.

Un extrait :

"Vallès qui était un habitué, un pilier de la famille, arrivait sur le coup d'une heure du matin. Il en avait un bien merdeux lui, qu'il ramenait toujours sur le tapis, le Zola...le délicat ! Les communards buvaient trop à son goût ! des pochetrons, des arsouilles ! mais lui avait pris peur, le sobre, quand les gardes l'avaient arrêté..; et puis relâché aussitôt. Vallès aimait raconter comment Zola était parti par la porte Saint-Denis, avec un laissez-passer juste au poil pour que les Prussiens lui ouvrent les bras. Où qu'il l'avait dégoté celui là? depuis le début, il l'avait dans le pif, la Commune.

Encore un qui aimait le prolétariat mais après une bonne douche, propre, sans odeur. ..à l'eau qu'il le voulait ! eh bien, c'est pas comme ça que ça qu'il marche le prolo, à la gnôle, à l'eau de vie ! là qu'elles lui viennent ses idées...quand il peut dire merde à tout et à tous , merde à lui-même, quand il s'envole, quand il s'échappe de sa prison, n'en déplaise à Zozo, il est comme ça le populo..."

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1 septembre 2006 5 01 /09 /septembre /2006 17:28

POLAR

Editions Rageot, collection "Cascade", 1997

Voici le premier né des polars informatiques ! Il s'agit d'un grand classique très bien ficelé et plein de suspens.

L'enquêtrice prénommée Logicielle ( à cause de sa passion pour l'informatique !) doit faire face à six morts étranges : 6 hommes d'une cinquantaine d'années ont été retrouvés morts devant leur ordinateur ! Ces derniers étaient de la même marque : un OMNIA, un ordinateur ultra perfectionné à reconnaissance vocale et oculaire. Les victimes sont mortes d'une crise cardiaque. Leur point commun : ils se connaissaient, travaillaient tous dans le commerce du meuble et utilisaient tous le même logiciel piraté, un certain LTGP et prenaient des amphétamines.

Logicielle va devoir se procurer le logiciel piraté pour découvrir ce qui a tué les malheureuses victimes...Elle va ainsi rentrer virtuellement dans un mystérieux château médiéval...

Ce livre a été écrit au début de l'émergence d'Internet et des réseaux, ce qui explique les astérix et les définitions en bas de page pour tout ce qui concerne le vocabulaire informatique !

On peut être certes énervé au début mais cela passe vite tellement l'intrigue est palpitante. Ce polar plein de suspens évoque également le roman du terroir (l'intrigue se passe dans les châteaux de Dordogne).

On évite également toutes les réflexions stéréotypées sur la violence causée par les jeux vidéos. Le propos n'est pas de dénoncer une violence quelconque liée à l'informatique car ce dernier n'est pas le seul à entrer en ligne de compte ! Mais chut, je ne vous en dis pas plus...

Même si vous n'êtes pas très fan d'informatique, vous dévorerez ce roman....

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 12:08

Comme chaque année, la rentrée littéraire de septembre nous offre une quantité innombrable de romans : 683 romans paraissent ( 475 romans français et 208 étrangers) !

 

Premiers romans et bien sûr la grosse artillerie habituelle : Amélie Nothomb, Christine Angot, Patrick Besson. ...

Dans les critiques de septembre, j'ai pour l'instant remarqué trois romans qui parlent de personnages historiques : le peintre Gustave Courbet, le frère de Jean-Jacques Rousseau et Chicago May, une femme irlandaise qui a quitté son pays à la fin du 19e siècle pour devenir prostituée et bandit aux Etats-Unis !

 

 

Le grand soir de François Dupeyron, éditions Actes Sud

Le cinéaste François Dupeyron (La chambre des officiers) signe ici un roman historique sur le parcours exceptionnel du peintre Gustave Courbet. On le retrouve exilé à Genève après avoir participé à la Commune de Paris en 1870. Désabusé par la vie, alcoolique, il fréquente les prostituées. Un soir, il croit reconnaître le modèle du célèbre tableau L'origine du monde. Le temps d'une nuit, il va raconter à cette femme l'histoire de sa vie.

Moi qui adore les romans sur la peinture, j'ai hâte de le lire ! 

 Fils unique de Stéphane Audeguy, éditions Gallimard

 

 Stéphane Audeguy signe ici son deuxième roman. Je vous avait présenté l'année dernière le surprenant La théorie des nuages . Il signe ici un roman sur le frère ainé méconnu de Jean-Jacques Rousseau, François Rousseau. Ce dernier assiste au transfert des cendres de son frère illustre au Panthéon en 1774. Ce frère,éclipsé rapidement dans Les confessions, va lui aussi nous raconter sa vie : apôtre du libertinage, voisin de prison du marquis de Sade, il nous plonge dans les bas-fonds de Paris.

Audeguy nous plonge dans le Paris révolutionnaire des années 1790. Roman bien original qui à mon avis vaut le détour...

 

 

L'histoire de Chicago May de Nuala O'Faolain, éditions Sabine Wespieser

 

 Enfin, un roman de la romancière irlandaise Nuala O'Faolain inspiré lui aussi d'un personnage historique : . May Duigan (1871-1929), surnommée Chicago May, femme libre qui quitta son Irlande natale pour parcourir les Etats-Unis et l'Europe au début du siècle dernier. Chicago, New-York , Philadelphie, Londres, Paris. Au cours de son périple, elle sera prostituée, danseuse et...criminelle.

Il s'agit d'une biographie en miroir. L'enquête de l'auteur est minutieuse, elle s'inspire des propres mémoires de May. Le roman s'accompagne de manuscrits, de photos. "Une femme libre d'aujourd'hui , écrivain, fait référence à sa propre existence, ses choix, pour reconstruire une figure glorieuse d'une femme d'autrefois, qui, avant que ce ne soit vraiment possible pour son époque et sa condition sociale, a voulu, elle aussi , mener une existence indépendante et libre" (Le Monde Littéraire , Vendredi 25 août 2006)

 

 Voici mes prévisions de lecture ! Les critiques viendront prochainement !

Si vous remarquez un roman que vous désirez lire lors de cette rentrée littéraire, n'hésitez-pas à m'en parler !

 

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27 août 2006 7 27 /08 /août /2006 11:28

ROMAN EPISTOLAIRE

Ecole des Loisirs, 1998

Voici encore l'un des livres sélectionnés pour mon club de lecture des collégiens cette année. Autant vous le dire tout de suite: pour les âmes sensibles, s'abstenir !

Il s'agit d'un recueil de lettres échangées entre deux adolescentes de 15-16 ans. Tracey passe une annonce dans un journal ado et Mandy y répond la première lors d'un dimanche pluvieux où elle s'ennuie. Elles habitent loin l'une de l'autre, elles n'échangeront donc que des lettres.

C'est alors qu'une amitié épistolaire profonde va naître : elle se racontent leurs amourettes, leurs goûts musicaux, leur famille, la vie au lycée. Tracey vit dans une famille unie et très riche : vacances à l'étranger et piscine sont au rendez-vous. Pour Mandy, issue d'une famille plus modeste, cette amie de papier a une vie idéale. Sauf que lorsqu'elle demande à une amie en séjour linguistique au lycée de Tracey de lui donner une lettre en main propre, aucune élève de ce nom n'est inscrite à ce lycée !

Après quelques jours de silence, Tracey finit par écrire la vérité : elle est dans une prison pour adolescents depuis un an. Dans ses lettres, elle écrivait uniquement ses espoirs et ses rêves.

Malgré la surprise de Mandy, l'amitié continue et devient de plus en plus profonde. On sait seulement que Tracey a commis un acte très grave, mais on ne saura jamais lequel. On sait juste qu'elle est une "caïd". Mais dans ses lettres, elle laisse transparaître toute sa sensibilité. Elle  décrit à son ami le quotidien de la prison. En échange, Mandy lui dévoile un secret qu'elle n'a jamais dévoilé à personne : son frère est d'une extrême violence avec elle.

Je ne vous en dis pas plus !

Les thèmes sont très nombreux : violence chez les adolescents, rôle de l'imagination, amitié...

Ce roman exalte la richesse de l'échange épistolaire : l'amitié exceptionnelle peut naître entre deux êtres qui ne se connaissent pas. Dans les lettres, on raconte ce que l'on veut, nos rêves et aussi nos secrets. On laisse percer autre chose que ce que l'on dégage dans la vraie vie.

Au début, j'ai été un peu désorientée par le style très ado : on parle de groupes de musiques, de petits copains. Puis le roman prend toute son ampleur à partir du moment où les deux amies se révèlent leurs secrets.

Une histoire très belle et émouvante qui reste gravée dans le coeur bien après sa lecture.

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26 août 2006 6 26 /08 /août /2006 21:58

ROMAN D'AVENTURES

Editions L'école de Loisirs

Voici un roman bien sympathique pour les bons lecteurs à partir de 12-13 ans et aussi pour les adultes et bibliothécaires organisant un club de lecture ados !

Ce roman nous plonge au coeur du désert texan dans le camp du lac vert, un centre de redressement pour jeunes délinquants. Lorsque le jeune Stanley y débarque après avoir été accusé à tord d'avoir volé une paire de baskets, il découvre un lieu immonde : le lac est asséché depuis bien longtemps et des gardiens obligent les jeunes garçons à creuser des trous dans le désert toute la journée sans boire ni manger. Le directeur du camp est une mystérieuse femme habillée en cow-boy qui fait passer le message :"si vous trouvez quelque chose d'intéressant, apportez-le moi"

Pourquoi les délinquants sont-ils obligés de creuser des trous ? Que cache ce désert texan dans son sous-sol ?

C'est tout le mystère du livre ! L'auteur fait alterner le présent et le passé qui va éclairer progressivement l'énigme. La malchance de Stanley s'explique par une soit-disant malédiction qui pèse sur sa famille : son arrière-grand-père n'a pas tenu la promesse tenue à une gitane et depuis le malheur est tombé sur la famille. L'arrière-grand-père estonien qui a fait fortune aux Etats-Unis s'est fait détrousser par une célèbre femme bandit dans le désert.

L'auteur nous plonge ainsi avec plaisir dans les légendes de l'ouest américain. Belle histoire d'amitié entre Stanley et Zéro, un autre détenu à qui il appendra à lire, et formidable suspens. De l'aventure également puisque Stanley voudra à tous prix sortir du camp et découvrir son secret après avoir découvert dans un trou un mystérieux tube de rouge à lèvres ....

Vraiment un bon moment en perspective !

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25 août 2006 5 25 /08 /août /2006 12:51

ETATS-UNIS -1930

Editions Folio

John Dos Passos est l'un des grands auteurs mythiques de la littérature de la première moitié du XXe siècle avec Hemingway (les auteurs dits de la "Génération perdue").

Il est surtout connu pour sa trilogie "USA" écrite de 1930 à 1936 comprenant 42e parallèle, 1919 et l'initiation d'un jeune homme où il retrace à travers plusieurs itinéraires l'histoire du mouvement ouvrier aux Etats-Unis lors de la première moitié du XXe siècle.

Il s'agit de décrire la société américaine du début du siècle jusqu'au krach boursier de 1929.

Mais cette trilogie n'est pas un roman historique comme un autre car John Dos Passos a inventé avec ces trois livres une nouvelle technique romanesque dite "du collage". L'écrivain mêle la fiction et la non-fiction en racontant simultanément le parcours de quatre personnages. Ces itinéraires sont entrecoupés de séquences d'"Actualités" composées de collages de titres et d'articles de journaux. Ces actualités sont couplées à des segments intitulés "l'oeil caméra" où le narrateur fait part de ses propres positions face aux événements qu'il décrit. L'ensemble est ponctué de courtes biographies de personnages réels dont les actions ont marqué le cours des décennies.

Grâce à ces multiples collages, Dos Passos parvient à raconter une société , celle des Etats-Unis dans les années 10-20.

42e parallèle est centré sur l'émergence du mouvement ouvrier anarchiste jusqu'au déclenchement de la première guerre mondiale. 1919 montre de quelle manière le capitalisme a su tirer profit de la tourmente de la grande guerre. Et La grosse galette raconte comment la société américaine a fini par se soumettre au règne de l'argent.

J'ai lu 42e parallèle qui nous présente l'itinéraire de quatre personnages : le premier, Mac, ouvrier imprimeur, quitte sa femme pour aller défendre le mouvement zapatiste au Mexique. Son opposé, un journaliste décide de fonder une agence de publicité pour rapprocher le capital et le travail. Janey et Eleonore représentent la condition féminine en Amérique au début du siècle.

Dos Passos entame un véritable réquisitoire contre le capitalisme. Même si je n'ai pas été passionnée par les histoires des personnages, je pense que ce roman est fondamental , et cela pour deux raisons : il a le mérite de montrer que l'émergence du mouvement ouvrir n'a pas été uniquement le fait de l'Europe et de la Russie. De plus, la technique romanesque mêlant fiction et non fiction est très intéressante.

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