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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 21:36

Juste une petite info pour vous dire qu'il existe désormais le blog du Goncourt des Lycéens :

http://www.gdlfnac.com/

Au programme, les critiques des lycéens sur des livres aussi divers que Journal d'une hirondelle d'Amélie Nothomb, Ouest de François Vallejo, Les bienveillantes et Fils unique de Stéphane Audeguy.

Eh oui, le Goncourt se modernise !

Avez-vous lu les romans sélectionnés? Quel est votre pronostic?

Moi, je suis en train de dévorer Fils unique. La critique sera publiée très bientôt....

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2 octobre 2006 1 02 /10 /octobre /2006 19:23

RENTREE LITTERAIRE

Gallimard, 2006

Voici l'événement de la rentrée littéraire 2006 : Les bienveillantes font figure de grand favori dans la course aux prix littéraires : dans ce roman fleuve de 900 pages, Jonathan Littell nous met face à face avec un ancien SS qui nous explique pourquoi il en est arrivé là.

Les critiques sont unanimes et crient au chef d'oeuvre. Je ne l'ai pas encore lu. Et vous ?

A signaler que ce romancier n'est pas le premier à nous mettre dans la peau d'un ancien SS. Il suffit de se rappeler La mort est mon métier de Robert Merle qui s'inspire des Mémoires de Rudolf Hess, le commandant D'Auschwitz : ce dernier retrace son parcours de sa naissance à la création des chambres à gaz. Ce livre reste le symbole de la "banalité du mal".

La mort est mon métier

C'est pourquoi j'attends un peu avant de lire Les bienveillantes ; j'ai peur que cela fasse un peu double emploi avec le roman de Robert Merle.

Si jamais vous avez lu les deux romans, pouvez-vous me dire vos impressions?

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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 21:46

IRLANDE

Editions Sabine Wespieser, 2006

Voici enfin ma critique du dernier O'Faolain . Après les critiques divergentes de Cuné (Cunéipage) et d'Alice (La lettrine), j'ai eu envie de me faire mon propre avis : eh bien, j'ai adoré !

Je n'avais jamais lu les oeuvres de la célèbre écrivain irlandaise et j'ai bien l'intention de les lire.

Ce qui est fort dans ce livre, c'est que Nuala O'Faolain noue une intrigue extrêmement romanesque à partir du réel et d'une documentation très précise. Elle invente un nouveau genre qui mêle à la fois la fiction, le documentaire et l'autobiographie.

Tout a commencé ainsi : l'auteur découvre par hasard l'autobiographie de Chicago May, une célèbre prostituée et braqueuse irlandaise du début du XXe siècle qui a émigré aux Etats-Unis. En parcourant différentes bibliothèques des Etats-Unis et le village natal de May en Irlande, elle retrace avec minutie le parcours de la célèbre hors-la-loi et décide d'écrire sa biographie.

Cette création est vue à la fois à travers un regard objectif ( les différents chapitres retracent les différentes étapes de la vie de May, des photos d'époque illustrent les propos de l'écrivain qui nous parle également de ses sources : voyages dans les bibliothèques, dans les hôpitaux et les prisons où a séjourné l'héroïne) et un regard subjectif ( May est vue comme le double de l'écrivain qui explique pourquoi elle a choisi cette femme comme sujet d'étude : May et Nuala ont quitté l'Irlande pour l'Amérique, elle n'ont jamais eu d'enfant....). L'auteur s'interroge constamment sur le bien fondé de son analyse : comment rendre compte des états d'âme de May alors que sa biographie ne raconte que des faits ? Peut-on avoir recours à l'imagination pour combler les vides ?

Sa démarche n'est pas si éloignée de celle de Nathalie Sarraute dans Enfance même s'il s'agissait là d'autobiographie. A l'ère du soupçon, on doute de la véracité de tout ce que l'on peut écrire ; c'est pourquoi la narratrice est omniprésente pour nous faire part de ces hésitations.

Voila pour l'innovation. Sinon, nous sommes plongés dans une folle intrigue romanesque : une femme éprise de liberté choisit de quitter sa pauvre terre d'Irlande pour tenter le rêve américain à la fin du XIXe siècle : c'est encore l'époque des pionniers et O'Faolain décrit à merveille l'ambiance des saloons. May est prostituée et danseuse, elle fuit l'Amérique pour la France où elle braque une banque à Paris. Puis c'est le départ pour l'Angleterre où commence une période de déchéance. Amour, jalousie, trahisons...Tout est là pour faire vibrer le lecteur. Puis vient enfin le temps de la rédemption.

L'écrivain décrit avec beaucoup de talent l'émergence du XXe siècle : description de l'Exposition Universelle, émergence des grandes villes...Nous passons des plaines désolées d'Irlande à la vie trépidante de Chicago, de New York en Londres en passant par Paris et Rio. La lutte pour l'indépendance irlandaise est également évoqué avec brio, de même que la période de la prohibition et l'émergence de la police moderne.

Pour résumer, voici un roman très original qui mêle la tradition ( importance du romanesque, splendeurs et misères d'une héroïne) à la modernité (interrogation sur la valeur de la biographie, fiction documentaire...)

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:26

Rentrée littéraire

Hachette Littératures, 2006

Ce roman est l'un des "coups médiatiques" de la rentrée. Le plus souvent, je ne suis pas très attentive à ce genre de romans mais pour tout vous dire, je travaille en Seine-Saint-Denis et Faïza Guène y est fortement sollicitée, d'autant plus qu'elle vit à Pantin. ...Donc, forcément, j'ai ouvert le livre...

Un fort a priori négatif et puis finalement, une belle surprise !

Les critiques évoquent une renaissance du roman social : Faïza Guène fait entrer la banlieue dans le monde littéraire.

Elle met en scène une jeune femme immigrée dans une cité à Ivry, qui n'a qu'une carte de séjour : elle a quitté le "bled" en Algérie et est venue rejoindre son père lorsque sa mère a été assassinée. Depuis, elle vit avec son père handicapé après une chute d'un toit et son petit frère qui commence à sombrer dans la délinquance.

Quant à elle, prénommée Alhème (signifiant rêve en algérien), elle est bien occupée : les files d'attente à la préfecture pour obtenir sa carte de séjour, les autres files pour obtenir un boulot sans oublier les rendez-vous avec les profs et les flics : car après plusieurs larcins, le petit frère risque la double peine : prison et expulsion du territoire...

On le voit bien, rien n'est oublié sur la condition des immigrés en France. Mais paradoxalement, je n'ai pas eu l'impression de ne  lire qu'un plaidoyer en faveur des mômes de banlieue.

Ce livre a vrament un style : il est rempli d'humour et surtout de tendresse. On retient de drôles d'expressions comme "t'as pas assez de disquettes dans le disque dur" ou "rien ne sert de courir si ne n'est pour attraper le guépard", sans oublier les termes argotiques de banlieue.

Chaque phrase respire la tendresse : on retient les portraits "typiques" de la Tantie Mariatou qui rêve d'aller aux Etats-Unis pour découvrir l'arbre à dollars. On rigole bien lorsqu'elle parle des pieds qui pue lorsqu'elle vend des chaussures.

D'accord, son style, c'est pas du Sylvie Germain ! Pas de grandes envolées lyriques mais plutôt des phrases courtes. Mais le lecteur se prend d'affection pour cette jeune fille qui a décidé de lutter et d'avoir des rêves. On retient l'absence de misérabilisme : tout est évoqué sur le ton de la tendresse, de la légèreté et de l'humour même si l'on sent bien que la jeune immigrée veut dénoncer quelque chose.

En bref, une belle découverte !

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27 septembre 2006 3 27 /09 /septembre /2006 21:09

Juste un petit mot ce soir pour vous faire connaître un blog vraiment chouette, celui d'Anne Sophie :

http://www.lalettrine.com

Coups de coeur, rentrée littéraire, émissions littéraires...

Et les articles sont vraiment très chouettes !

Bravo Anne Sophie !

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25 septembre 2006 1 25 /09 /septembre /2006 21:49

RENTREE LITTERAIRE

Editions de Minuit, 2006

Ce livre m'a été recommandé par un comité de lecture organisé par la revue Le Matricule des anges . N'étant a priori pas fan de Mauvignier, je ne l'aurais pas lu si on ne me l'avait pas conseillé. J'avais lu Loin d'eux, l'histoire d'un jeune homme qui nous raconte les raisons de son suicide dans un univers familial étriqué. Pour moi, Mauvignier était l'écrivain de la désespérance et pas plus que cela.

Dans la foule m'a agréablement surpris. Mauvignier met en scène un groupe de personnages pris dans la tourmente de la catastrophe ayant eu lieu à la finale de la coupe d'Europe Liverpool-Turin au stade du Heysel à Bruxelles : 38 morts étouffés suite à une bagarre entre les hooligans et les italiens.

Je me suis dis : une histoire de foot, un fait divers, bof , bof ! Mais tout la beauté du livre réside dans la forme choisie et le style d'écriture. Car il est à aucun moment question de livre catastrophe décrivant sur 200 pages le sang qui coule à la manière des superproductions hollywoodiennes. Finalement, sur 350 pages, la bousculade n'est décrite que tout au plus sur 40 pages. Ce qui intéresse Mauvignier, c'est le vécu, l'intériorité des personnages.

Il brode une histoire qui lie tous les personnages du livre : Jeff et Tonino, deux amis un peu marginaux venus de France qui rencontrent par hasard un couple bruxellois, Virginie et Gabriel. Fans de foot, ils en profitent pour leur voler les billets pour la Coupe. Le soir du match, Gabriel, à l'esprit vengeur, rôde aux alentours du stade, d'autant plus qu'il a vu que Virginie n'était pas insensible au charme de Tonino. Et puis il y a un troisième couple qui entre en scène : des jeunes mariés en voyage de noces, Francesco et Tana.

Le roman entier est une chorale de voix et de monologues intérieurs. Au début, les chapitres font alterner la voix des "futurs tueurs", un groupe de jeunes de Liverpool qui part pour Bruxelles, et celle des trois couples cités précédemment. On passe de l'anecdote (le vol des billets, la jalousie) au drame et enfin à l'après. Il y a des passages magnifiques : la culpabilité du jeune frère des hooligans qui ne comprend pas pourquoi il a agit de concert avec ses aînés, le chagrin de la mariée...

Pas de dialogues, pas de description. La parole est donnée alternativement à chacun des personnages qui nous racontent leurs émois intérieurs...et c'est très beau.

Assurément, Mauvignier est l'écrivain du désespoir. Mais, ici, malgré l'ampleur du drame, on laisse entrevoir un espoir car tout est dans la lutte intérieure.

Toute la magie de ce livre réside dans la transformation d'un banal fait divers en une magnifique épopée psychologique. C'est long, c'est dur, mais c'est très beau...

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 20:06

ANGLETERRE -

Arche éditeur

Mise en scène par Alain Françon au Théâtre de la Colline (Paris) en septembre 2006

 

Edward Bond est le plus grand dramaturge britannique contemporain avec Harold Pinter. Depuis les années 90, son œuvre est largement reconnue en France.

 

Ses pièces, à l’arrière-fond politique, cherchent à provoquer chez le spectateur un sursaut d’humanité devant la présentation d’un futur où la barbarie et un pouvoir totalitaire ont pris place.

 

Chaise est, de ce point de vue, une pièce très significative : nous pénétrons dans un appartement où réside une femme et son fils, attardé mental âgé de 26 ans. Nous sommes en 2077. On apprend que ce dernier n’est jamais sorti de sa chambre ; sa mère le cache des autorités car elle l’a trouvé un jour couché dans un carton dans la rue. Elle aurait dû le déclarer au bureau de l’aide sociale. Or, elle ne l’a pas fait pour le garder pour elle toute seule…

 

Depuis, le jeune homme imagine le monde en passant sa journée à dessiner. Un matin, leur monde bascule : la femme voit à la fenêtre un soldat et une prisonnière attendre le bus depuis 3H40. Et si elle leur offrait une chaise pour se reposer…S

 

Mais en 2077, la pitié est interdite ; il est formellement interdit de croiser le regard d’un prisonnier et un soldat ne doit pas parler lors de son service. La prisonnière s’agrippe à la chaise et le drame se produit…

 

Le lendemain, la femme reçoit la visite d’une enquêtrice qui vendra la tenir au courant de son destin pour avoir bravé l’interdit….Que va devenir son fils adoptif ?

 

Le théâtre de Bond est un théâtre de la déshumanisation ; il nous présente un futur à la Big Brother où tout geste est contrôlé. La mise en scène d’Alain Françon est de ce point de vue très efficace : pièce grise sans meuble, absence de  fioriture qui se marient très bien avec le texte très épuré de l’auteur.

 

Cette pièce vous chamboule littéralement ; elle est d’une noirceur impitoyable et provoque vraiment un ébranlement chez le spectateur.

 

La « magie » de ce théâtre réside dans le fait qu’il s’agit d’un texte froid exempt de tout lyrisme ; et pourtant, nous sommes profondément émus….

 

Bond donne à voir.. et c’est à nous de juger et de prendre conscience de notre humanité.

 

 

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Published by Sylvie - dans Théâtre
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22 septembre 2006 5 22 /09 /septembre /2006 20:37

Gallimard, « Série noire » 1982

Jean Amila, qui a également écrit sous le nom de Jean Meckert (1910-1995), est le premier à avoir publié dans la mythique collection de polars des éditions Gallimard. Il est l’inventeur du « polar à la française » à forte connotation sociale .Des écrivains engagés tels que Didier Daeninckx se réclament d’ailleurs de son héritage.

 

Dans Le boucher des hurlus, il met en lumière les assassinats programmés des mutins de 1917 qui ont refusé de partir au front et s’en prend ainsi aux généraux qui envoyaient leurs hommes à la boucherie. Amila a été l’un des premiers à réhabiliter ces soldats jugés traîtres de la patrie. Il faut savoir qu'il est lui-même fils de mutin...

 

L’histoire se déroule juste après la Grande Guerre : une femme de mutin fusillé et son jeune fils de 8 ans habitent  dans un immeuble près de la porte de Bagnolet. Tous les jours, ils doivent subir les brimades et les insultes des commères du coin qui n’hésitent pas à les traiter de « Boches » ou de « Bolchevicks ». Un jour, la maman se fait blessée à coup de parapluie par la méchante « Mère Venin ». Elle réplique et le soir même, elle se fait arrêter par la police pour trouble de l’ordre public sous les yeux médusés du petit Michou. Le gamin est alors placé dans un orphelinat : il y retrouve une bande de pauvres gamins orphelins de guerre qui doivent subir tous les jours les jérémiades des curés et le discours patriotique. Après son arrestation, sa mère a perdu la tête et est internée dans un hôpital psychiatrique.

 

Avec une bande de copains, il ne pense plus qu’à s’évader, d’autant plus qu’il vient de découvrir le nom de celui qui est responsable de la mort de son père. A partir de là, il n’a plus qu’une idée en tête : tuer le « boucher des hurlus » (les Hurlus désignent le lieu dit où a été fusillé son père) pour venger sa famille. …

 

Voici donc le petit Michou partant avec ses copains pour une folle épopée vengeresse : ils iront jusque dans les champs dévastés de l’Argonne pour voler un pistolet de soldat et venger tous ces hommes morts pour rien…

 

Cette magnifique histoire est vue à travers le regard d’un enfant de huit ans marqué par la vie. Elle nous est racontée dans un langage populaire des années 20 très authentique où chaque phrase respire la révolte et la haine contre les curetons et les soldats !

Il y a des moments truculents comme par exemple lorsque les quatre gamins sont recueillis par un groupe de prostituées venues divertir une garnison de soldats !

 

L’originalité du récit réside dans le fait qu’Amila ne prend pas directement pour cadre les mutineries de 1917 mais les répercussions de ces événements sur les familles innocentes des mutins. La guerre s’est ainsi prolongée bien après 1918…L’auteur montre qu’une mentalité patriotique s’est peu à peu installée dans les années 20, exaltant les vertus des généraux et oubliant les morts inutiles. Le Boucher des Hurlus est le récit d’une enfance sacrifiée sur l’hôtel de la patrie…

 

Un récit capital et précurseur sur un pan oublié de l’Histoire jusqu’à la réhabilitation tardive des mutins de 17 dans les années 2000….

 

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20 septembre 2006 3 20 /09 /septembre /2006 22:18

Editions de l'Olivier, 2006

Voici l'ovni de la rentrée littéraire 2006 ! Jean-Hubert Gailliot est un auteur iconoclaste fondateur des éditions Tristram.

Le titre mystérieux fait référence à une star planétaire : Michaël Jackson. L'auteur s'inspire du fait divers qui a mis fin à la légende du chanteur : le procès l'accusant de pédophilie en 2003.

Alors que ses ventes de disques chutent, son impresario engage un homme mystérieux, fan du chanteur, pour l'interviewer dans une navette spatiale ! J'ai oublié de vous dire que ce journaliste sort d'un hôpital psychiatrique et qu'il souffre du "syndrome d'Osiris" (impression de perdre ses membres) !!!

Vous suivez toujours ? Voila donc nos deux astronautes de choc embarqués dans la navette ...La star va-t-elle se confier à son mystérieux interlocuteur?

Lors de ce voyage intergalactique, nous découvrons une star bien abîmée, surnommée le "sex toy", comparée à un "doudou" mâché par des millions de gens.

Sous des allures de fable burlesque, Gailliot entame une profonde réflexion sur la société du spectacle : quelles sont les limites entre la réalité et la fiction?

Gailliot fait un bref historique de l'émergence de la société de spectacle depuis les zoos humains à la téléréalité. Les rapports entre le public et les stars sont considérés comme un vaste coït planétaire.

Gailliot brouille peu à peu les pistes en construisant un récit où se mêlent réalité et fiction. La rencontre vec la star est-elle pure délire du narrateur ? Dans la deuxième partie du livre, nous découvrons que le narrateur appartient au cercle Borges Bioy Casarès (du nom des deux plus célèbres écrivains argentins qui jouent sur les faux-semblants et le mystère) . Cette rencontre avec Jackson est-elle une mystification? Gailliot brouille peu à peu les pistes.

Il en ressort un récit prodigieux où l'on s'y perd avec plaisir. Ce texte est également un bel hommage rendu au pouvoir de la littérature : plusieurs écrivains contemporains sont convoqués (Joyce Carol Oates, Ballard...) pour parler de l'illusion.

On l'aura compris : pour Gailliot, la littérature est un jeu...pour notre plus grand plaisir

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17 septembre 2006 7 17 /09 /septembre /2006 18:13

LIBAN

Editions Actes Sud, 2004

Elias Khoury est une figure intellectuelle de premier plan dans le monde arabe. Journaliste, il a notamment pris la défense du peuple palestinien. Son oeuvre littéraire appelle au refus de tout communautarisme et à la tolérance.

Son dernier roman , Yalo, nous plonge avec brio dans le chaos provoqué au Liban après la guerre civile. Un ancien soldat se retrouve inculpé de viol devant le tribunal. C'est apparemment Chirine, la femme avec qui il a découvert le véritable amour, qui l'a dénoncé. Comment a-t-il pu en arriver là?

Subissant tortures sur tortures, il s'interroge sur son destin. C'est alors que ses tortionnaires lui demandent d'écrire sa confession et sa vie, technique de torture psychologique souvent utilisée dans les prisons arabes.

Mais comment écrire sa vie lorsqu'on est quasiment analphabète et enfermé entre quatre murs? Yalo hésite, se corrige, puis parvient finalement à se construire. Car c'est son âme qu'il découvre peu à peu en se rappelant ses origines, son enfance et la guerre...

Peu à peu, le lecteur découvre un bourreau qui devient au fur et à mesure une victime de la guerre : enfant élevé par son grand-père syriaque (communauté chrétienne d'Orient) qui a chassé son père, il est enrôlé dans une guerre pour un pays qui n'est pas le sien.Il s'enfuit à Paris où il est recueilli par un trafiquant d'armes qui le prend sous son aile. Au Liban, il devient le gardien de la villa de ce trafiquant d'armes. La nuit, dans la pinède à côté de la villa, il regarde les ébats des couples clandestins qui s'enlacent. Ivre de sensualité, il va courir à sa perte. De bourreau, il va devenir une victime de l'amour. alors qu'il croyait être sur la voie de la rédemption,

Outre la richesse de son histoire, ce roman vaut avant tout pour sa construction, son parti-pris esthétique. Car nous assistons réellement à l'écriture en direct du roman. Il s'agit au début de cours chapitres qui résument la vie de Yalo. Puis le narrateur se libère peu à peu et se confesse tout en nous dévoilant son humanité. Il réécrit sans cesse des épisodes de sa vie tout en en dévoilant davantage à chaque fois.

Il y a des épisodes vraiment poétiques comme lorsque le narrateur se compare à un calamar qui libère toute son encre avant de mourir; ou encore lorsqu'est décrit le rite du baptême syriaque où les femmes libèrent leurs cheveux au soleil couchant. Il y a également le moment où l'âme de Yalo se libère sous la forme d'un aigle...

Yalo est une oeuvre âpre et douce en même temps. Oeuvre violente de par son thème , ses séances de torture physique et psychologique. Roman profondément humain car nous assistons en direct à la naissance d'un homme, d'une âme qui se révèle à elle-même.

Ce roman nous permet aussi de comprendre la richesse culturelle du Liban : le grand-père de Yalo, chrétien syriaque, fut élevé par un kurde musulman. Khoury refuse tout repli identitaire en prônant les vertus du mélange.

Yalo est un roman capital, autant d'un point de vue esthétique que "culturel" pour découvrir la civilisation libanaise.

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