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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 12:25

 NORVEGE

Editions Gaïa, 2006

Voici un conte de Noël désopilant ! Décidément, les auteurs nordiques sont bourrés de fantaisie et d'humour...On connaissait déjà le danois Jorn Riel et ses racontars arctiques et le finlandais Arto Paasilina avec ses aventures rocambolesques.

Il y a maintenant Erlend Loe, un norvégien né en 1969, également dialoguiste et scénariste. Doppler reprend le thème archi classique du retour à la nature pour en faire une fable caustique à la limite du fantastique, sur les rapports entre humains.

Voici le point de départ : Andréas Doppler, un cadre dynamique dans la quarantaine pète un câble lorsque qu'il fait une chute à vélo dans la forêt. Il faut dire que depuis un certain temps, il a plein de problèmes : son père vient de mourir, sa fille passe ses journées au cinéma pour revoir une quarantième fois Le Seigneur des anneaux et son fils passe ses journées à regarder des dessins animés débiles.

Ayant reçu un coup sur la tête qui lui fait voir ce qu'est la vraie vie, il décide de quitter femme et enfants pour devenir chasseur-cueilleur dans la forêt ! Il s'installe donc dans une tête et décide de vivre par ses propres moyens.

Mais la vie en pleine nature n'est pas toujours facile ! Il va devoir chasser un élan pour pouvoir manger et le pauvre petit élan orphelin va devenir le compagnon inséparable de Doppler ! Le dénommé Bongo va donc devenir son animal de compagnie. Puis au fil des jours, des personnages complètement détraqués vont venir le rejoindre : il y a Düsseldorf, un solitaire dans son chalet qui passe sa vie à reconstruire en modèle réduit la bataille où son père a été tué, il y a un "mec de droite" qui renoue avec les origines et qui veut organiser une fête de fraternisation entre les religions !!!

Tout se complique lorsque la femme de Doppler débarque dans la tente sylvestre et lui apprend qu'elle est à nouveau enceinte de lui ! Le beau-frère est prêt à tout pour le faire rentrer au bercail quitte à recevoir des flèches de chasseur-cueilleur dans les fesses !

Sous des allures cocasses et désopilantes, Erlend Loe critique la société norvégienne bien pensante qui a rompu tout contact avec la nature (prédominance de la technologie...). Il nous livre ainsi des solutions pour organiser une vie meilleure comme par exemple le retour du troc comme système d'échange ! On voit ainsi Doppler échanger des quartiers de viande d'élan contre des packs de lait...

Ce récit est un manifeste de l'anarchie : Doppler refuse toute application, il fasse son temps à rien faire et déclare à ses enfants qu'il ne faut rien faire à l'école !

Un roman bien divertissant pour le lecteur qui veut rigoler un peu !

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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 16:28

JOYEUX NOEL ! ! !

Je souhaite de très bonnes fêtes à tous les lecteurs favoris !

Pour rêver un peu à Noël, à la Neige, je vous conseille de lire par exemple les merveilleux romans de Selma Lagerlof qui sont remplis de féérie ...

Quant à des récits sur Noël, rien ne me vient à l'idée à part La petite fille aux allumettes  !

Et vous, quel est le roman que vous associez le plus à Noël ?

Encore Joyeux Noël !!!

 

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24 décembre 2006 7 24 /12 /décembre /2006 14:48

JAPON

Année de parution en France : 1960

 

Yukio Mishima, sûrement le plus connu des écrivains japonais, est entré dans la légende en se suicidant par hara-kiri en 1970, à l'âge de 45 ans. La vie de Mishima a toujours été synonyme de scandale : tentative de coup d'Etat, homosexualité revendiquée, oeuvre mêlant toujours Eros et Thanatos.

 Bien que je sois passionnée par la littérature japonaise, j’ai eu beaucoup de mal à entrer dans l’œuvre de l’écrivain mythique. J’avais commencé il y a quelques années Les amours interdites et m’étais arrêtée en cours de route. J’ai donc attendu, ai découvert d’autres auteurs japonais que j’adore (Tanizaki, Kawabata, Soseki, Dazai, Endo…) et suis enfin revenue à Mishima avec Le pavillon d’or. Une œuvre mystérieuse, assez difficile à saisir mais qui vous laisse un souvenir impérissable.

 

Mishima s’inspire d’un fait divers qui s’est produit juste après la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’un jeune bonze  shintoïste de Kyoto incendie par dépit l’un des plus célèbres temples de la région, le Pavillon d’Or. Le roman oscille donc entre respect de la tradition et révolte et nihilisme.

 

Mishima retrace donc à son idée l’itinéraire de ce mystérieux pyromane dans la peau du personnage de Misogushi. Jeune homme de 19 ans, il entre comme novice au Pavillon d'Or. La mort de son père ne l'émeut guère et il voue une haine féroce à sa mère. Laid et bègue, il se réfugie dans la solitude. Il semble attiré par une étrange cruauté. Seul le Pavillon d'Or fait naître en lui une étrange fascination. Pour lui, le temple incarne la Beauté suprême. Il passe son temps à l'admirer.

Mais lorsque la sensualité s'éveille en lui, qu'il prend des rendez-vous galants, le Pavillon d'Or s'interpose constamment entre la femme et lui. Misoguchi va donc prendre la décision de l'incendier, par haine de la beauté. Car la beauté semble être un obstacle à la vraie vie...

Mishima nous dresse un portrait peu conventionnel de la vie des moines dans les temples ! Ils fréquentent les prostituées et sont présentés comme des créatures du mal. On retiendra tout particulièrement l'ami du héros, Kashiwagi, être infâme aux deux pieds bots, qui n'est pas sans rappeler le diable. Tout se passe juste après la Seconde Guerre Mondiale lors de l'occupation américaine du Japon. Tout est teinté de nihilisme et de déclin. Que ce soit les soldats ou les moines, les japonais semblent gagnés par le mal et la dégénérescence.

L'amour ou la sensualité semblent être des vains mots. Les rencontres entre le héros  et une femme tournent toujours à l'échec. Est-ce une allusion à l'homosexualité de l'auteur ?

Le Japon de référence de Mishima est celui de la tradition : il nous décrit des paysages sublimes alliant la majesté de la nature (les étangs, les couchers de soleil...) à la beauté de l'architecture religieuse des temples bouddhistes et shintoïstes. De multiples passages sont de la poésie pure comme par exemple cet événement fondateur lorsque Misogushi surprend une scène d'adieu entre un soldat qui part sur le front et sa fiancée :

"Sans rien chnger à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait persque le crissement de la soie frottée par l'envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l'une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu'elle se mettait à la pétrir. L'officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d'un noir profond.

Sans prétendre l'avoir , à la lettre, vu, j'eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l'écume verdâtre emplissait la tasse sombre - s'y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites tâches - , de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse"

Laissez-vous donc envoûter par les beautés du Japon éternel à l'époque de son déclin.....

 

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18 décembre 2006 1 18 /12 /décembre /2006 21:47

ARGENTINE

Année de parution : 1940

Adolfo Bioy Casares (1914-1999) , l'un des plus grands écrivains argentins du XXe siècle (avec son grand ami Borges) est connu pour ses nouvelles fantastiques à forte dimension psychologique. L'invention de Morel, son premier titre paru en 1940, est unanimement reconnu comme un chef d'oeuvre de la littérature fantastique.

En effet, ce court roman de 120 pages est un petit bijou aussi bien par la forme du récit que par le thème choisi : l'accès à l'immortalité.

L'histoire nous est racontée à la première personne : un condamné à mort fuit la justice et échoue sur une île mystérieuse très peu accueillante : terrain marécageux, faunes et flores en état de déliquescence. On dit que des naufragés sont tous morts d'une maladie mystérieuse...

Le narrateur s'installe et découvre alors un curieux "complexe" : un musée, une chapelle ainsi qu'une piscine. Parfois, le soir, il y aperçoit d'étranges silhouettes qui se réunissent pour un repas ou pour une baignade...Est-ce un complot contre le condamné ? Le narrateur se sent de plus en plus menacé...

Il se cache donc dans les buissons tout en observant la vie sur l'île ; son quotidien va être perturbé par la présence d'une mystérieuse jeune femme, qui apparaît tous les soirs au bord de l'eau. Il essaie d'entrer en contact avec elle à ses risques et périls mais elle semble ne pas le voir ni l'entendre. Un soir, il surprend une conversation entre Faustine, la jeune femme et un dénommé Morel. La jalousie le tenaille...Il fera tout pour entrer en contact avec sa bien-aimée fantomatique...

Les jours passent. Parfois, les silhouettes disparaissent. Parfois, elles reviennent...et les scènes observées le premier soir semblent se répéter à l'infini. Peu à peu, le narrateur va découvrir le secret de l'île : un inventeur a mis au point une machine susceptible de donner l'immortalité. Qui sont alors les silhouettes observées sur l'île?

Je ne vous en dis pas plus ! A vous de découvrir la suite.... Sachez seulement que ce roman mêle à la fois le genre fantastique, une belle histoire d'amour et une fine analyse psychologique. L'atmosphère créée par l'île marécageuse met bien en valeur la situation du condamné qui hésite entre la révolte, la survie ou le suicide. Bioy Casares nous livre une vision très pessimiste de la condition humaine : solitude extrême, incommunicabilité.

Le roman tient à la fois du fantastique (l'analyse psychologique, décors funestes, silhouettes fantomatiques) et de la science-fiction (invention d'une machine donnant l'immortalité). Ce qui est très rare ! On a l'impression d'être à la fois dans le passé et dans le futur !

Bioy Casares nous livre une réflexion intéressante sur l'immortalité tout en évitant tout propos moralisateur. Vraiment un chef d'oeuvre, trop peu connu du grand public...

Alors, ouvrez le vite !

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15 décembre 2006 5 15 /12 /décembre /2006 19:12

ESPAGNE

Actes Sud, septembre 2006

A la vitesse de la lumière a été l'un des livres étrangers les plus remarqués lors de la rentrée littéraire même s'il n'a pas obtenu de prix. Javier Cercas fait partie de la jeune littérature espagnole qui est très dynamique depuis quelques années : on peut ainsi citer Enrique Vila Matas, Carlos Luis Zafon (l'inoubliable L'ombre du vent), José Carlos Somoza (Clara et la pénombre) ainsi que Juan Manuel de Prada (Les masques du héros). Les auteurs espagnols ont le vent en poupe !

Javier Cercas signe ici un roman extrêmement riche qui brasse de nombreux thèmes : le poids de l'Histoire, la culpabilité, l'amitié, le rôle de la littérature....

Voici l'intrigue qui se passe sur une vingtaine d'années : au début, le narrateur est un étudiant qui rêve de devenir écrivain. Dans une université américaine, il se lie d'amitié avec Rodney, un vétéran du Vietnam. Ce dernier, désabusé par la vie, le met en garde contre les avanies du succès. Il semble cacher un horrible secret qui lui a fait découvrir la véritable nature humaine. Soudain, il disparaît sans laisser de trace. Le narrateur enquête auprès du père du vétéran qui lui révèle que son fils se croit responsable d'un massacre perpétré au Vietnam. L'écrivain en herbe essaie en vain d'écrire un roman qui s'inspire de la vie de Rodney.

A son retour en Espagne, le succès de l'un des romans du narrateur le propulse au firmament. Il en oublie alors les vraies valeurs et son âme avant qu'un événement tragique ne l'anéantisse. Se rappelant les mises en garde de son ami sur le danger du succès, il désire retrouver les traces de ce dernier pour qu'il l'aide à supporter son enfer quotidien.

Ce roman est extrêmement bien construit. Il s'agit avant tout d'une belle histoire d'amitié entre deux hommes qui ont franchi les limites de l'humain (griserie de la tuerie pour l'un et griserie du succès pour l'autre), qui éprouvent un fort sentiment de culpabilité et qui tentent en vain de trouver un sens à leur destin.

Ce que j'en retient surtout est le magnifique hommage rendu à la littérature. Cercas se met lui-même en scène (c'est le double du narrateur) avec beaucoup de dérision (satire du milieu branché des écrivains, difficulté à écrire). Il cite de nombreux écrivains tels que Emerson, Thoreau ainsi que Malcolm Lowry. Il cherche à comprendre le sens de la littérature et il en ressort de magnifiques phrases :

"Parce qu'écrire était la seule chose qui pouvait me permettre de regarder la réalité sans me détruire ou sans que celle-ci s'abatte sur moi comme une maison en flammes, la seule chose qui pouvait doter la réalité d'un sens ou d'une illusion de sens".

L'écrivain :"un type qui se pose des problèmes on ne peut plus complexes et qui, au lieu de les résoudre comme ferait n'importe quel individu sensé, les rend plus complexes encore. C'est-à-dire que c'est un cinglé qui regarde la réalité et qui parfois la voit"

"tout le monde regarde la réalité mais rares son ceux qui la voient. L'artiste n'est pas celui qui rend visible l'invisible. ..l'artiste est celui qui rend visible ce qui est déjà visible et que tout le monde regarde et que personne ne peut ou ne sait ou ne veut voir. Que personne ne veut voir surtout. Parce ce que c'est trop désagréable, souvent effroyable, et il faut vraiment avoir des couilles pour le voir sans fermer les yeux ou partir en courant, car celui qui le voit se détruit ou devient fou"

Pour Cercas, la tâche d'écrire est loin d'être une sinécure : il s'agit plutôt d'un chemin de croix qui peut déboucher sur l'abîme. L'auteur cite d'ailleurs les célèbres cas de suicide comme celui d'Hemingway.

Un bon roman qui mêle une belle histoire et une réflexion intéressante.

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14 décembre 2006 4 14 /12 /décembre /2006 22:46

Etats-Unis

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12 décembre 2006 2 12 /12 /décembre /2006 21:38

Editions de Minuit

Titre paru en 1964

Voici l'un des titres les plus connus de Marguerite Duras pour ses admirateurs...par contre, si vous n'avez jamais lu Duras, je ne vous conseille pas de commencer par celui là ! Mieux vaut lire Un barrage contre le Pacifique, l'oeuvre la plus classique de Duras.

Je viens de lire Lol V Stein et je n'ai pas été enthousiasmée comme par exemple avec Moderato Cantabile. Mais je dois reconnaître que Duras y fait preuve de beaucoup d'adresse narrative.

Voici l'intrigue : Lola Valérie Stein, jeune femme de 19 ans, se voit ravir son fiancé, Michael Richardson, par Anne-Marie Stratter, lors d'un bal au casino de T Beach. S'en suit une crise dont Lol ne s'en remettra pas : elle décide de fuir toute passion ou désir et de se réfugier dans une vie conventionnelle.

Dix ans ont passé après la rupture du bal de T Beach. Une voix nous parle. Qui est-ce ? On sait juste qu'il a entendu parler des événements du bal dix ans plus tôt. Il ne préfère rien dire des années avant le bal car il n'en sait presque rien. La narration commence donc avec la description du bal.

Le mystère commence : qui parle? Quelle est sa relation avec Lol V Stein. Nous ne le saurons qu'à la moitié du livre. Parfois, la narration se superpose au propre regard de l'héroïne ce qui ajoute de la richesse au récit.

Nous apprenons qu'après dix ans de mariage avec un mari qu'elle n'a pas choisi, Lol V Stein, en apercevant un inconnu dans la rue, souhaite revivre avec lui l'aventure de T Beach. Pour se souvenir...et définitivement guérir de la folle passion qui a ruiné sa jeunesse. Revivre ce qu'elle a vécu avec Richardson, c'est réaliser une catharsis de cette passion destructrice. Car après s'être fait ravir son fiancé il y a dix ans, c'est à son tour de ravir l'homme d'une autre...car son amant n'est autre que celui d'une de ses anciennes amies, Tatiana Karl....

Le système des personnages est admirable : tout marche par couple ou par trio. Il y a les couples qui n'engendrent que souffrance et frustration ou indifférence  (Lol / Michael Richardson, Lol et son mari, Tatiana et son mari) et deux trios constituées par la femme trompée et les amants réunis : le trio par lequel tout commence et tout fini puisqu'au trio du début (Lol abandonnée par la formation du couple Anne Marie Stratter / Michael Richardson) répond celui de la fin ( Lol qui ravit le fiancé de Tatiana Karl). La victime devient la ravisseuse.

Par Ravissement, il faut bien sûr entendre le fait de voler l'amant de l'autre mais aussi le fait d'être envoûté par la passion. Lola V Stein est typique des héroïnes durassiennes : elle sacrifie tout à la passion.

J'ai donc admiré la narration vraiment très élaborée et mystérieuse  et les relations alambiquées entre les personnages. L'un des plus beau moment du roman est constitué par l'observation du couple à une fenêtre éclairée par la future ravisseuse, moment riche en rêves et interprétations.

Par contre, l'histoire ne m'a vraiment pas touchée, à l'inverse de Moderato Cantabile, à mon avis plus hermétique mais tellement plus envoûtant.

J'ai trouvé ici l'écriture très aride dénuée de réelles émotions. Reste la poésie des lieux géographiques, impossibles à localiser, évoquant à la fois l'Inde (S Thala) mais aussi l'Angleterre ou les plages de Normandie.

A noter que Le ravissement de Lol V Stein (1964) est le premier opus du "cycle indien" de Duras : suivrons Le vice-consul et L'amour où apparaissent les mêmes personnages : Anne-Marie Stratter, Michael Richardson et Lol V Stein. Il y a aussi le "texte, théâtre, film", le célèbre film India Song (1975) qui présente les mêmes personnages. Avec ce film, Duras révolutionna le cinéma en dissociant le son de l'image : les acteurs dans un bal sont muets et les commentaires (cris, chuchotements, voix du public et des personnages) sont assurées par des voix off sans évoquer forcément les images. A voir absolument ! On ne comprend pas tout mais c'est magique !

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 16:31

Avant-Scène Théâtre, septembre 2006

Théâtre Hébertot, août-décembre 2006

 

Israel Horovitz, né en 1939, est aujourd’hui le dramaturge américain le plus joué en France. Son théâtre s’inspire à la fois du théâtre français de l’absurde (Beckett et Ionesco qu’il a bien connus) et du théâtre américain des années 60 (Arthur Miller, Albee…) Il porte une attention toute particulière aux tensions, à une sorte de lutte des classes qui régissent la société. Mais de la noirceur de la société, surgissent pourtant des personnages blessés au cœur tendre.

 

Opus cœur peut faire penser à bien des égards au célèbre Pygmalion de Bernard Shaw , l’histoire d’une soubrette de basse extraction transfigurée en dame grâce au cours de prononciation d’un éminent professeur de linguistique.

 

La pièce est un duel entre deux personnages totalement opposés : un vieux professeur de littérature et de musicologie, Jacob Brackish, vient reclus dans sa propriété. Voyant sa fin approchée, il passe une annonce dans le journal pour trouver une aide-ménagère. Kathleen Hogan se présente : son mari vient de mourir et elle doit donc travailler pour subvenir à ses besoins. La servante semble cacher un lourd secret : après deux trois jours de services rendus, elle révèle au vieux professeur pourquoi elle a répondu à son annonce : elle s’est vu interdire l’entrée à l’Université, tout comme son mari et ses parents, à cause des notes impitoyables du sévère professeur Brackish. Elle vient chercher vengeance en voulant lui rendre impossibles ses derniers jours….mais le vieux professeur cache aussi ses petits secrets…

 

La pièce est très riche en rebondissements : peu à peu, nous découvrons des personnages qui prennent une épaisseur psychologique : très aigris au début, bourré de frustrations, ils ont peut être enfin l’occasion de s’offrir une deuxième chance…Derrière les vieilles rancoeurs, se cache toujours un cœur qui cherche un compagnon…Les deux personnages sont ambivalents : Kathleen est une âme vengeresse, une pauvre inculte qui veut rendre impossible la vie du brillant professeur ; mais elle désire également se donner une deuxième chance en effectuant un saut culturel : et si le vieil aigri lui redonnait des cours….

 

Cette pièce est vraiment très humaine : les personnages sont très attachants et nous réservent plein de surprises ! J’ai lu la pièce dans Avant-Scène théâtre. La voir en vrai doit vraiment être génial !

 

 

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9 décembre 2006 6 09 /12 /décembre /2006 16:24

CAMEROUN - Prix Goncourt des Lycéens

Editions Plon, 2006

 

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4 décembre 2006 1 04 /12 /décembre /2006 19:14

"MULTIROMAN"

Fayard, 2006

Jacques Roubaud, poète et mathématicien, membre de l'OULIPO (le célèbre Ouvroir de littérature potentielle , dédié à la littérature expérimental, dont les plus célèbres membres sont Raymond Queneau et Georges Pérec. Pour découvrir ses oeuvres, je vous conseille d'aller voir le site suivant : http://www.ombres-blanches.fr/pub/repere/auteur/niv5.php?auteur=&id_chap=1474

Roubaud s'est rendu célèbre avec sa superbe trilogie d'Hortense : La belle Hortence, L'enlèvement d'Hortence et l'exil Hortense. Je l'ai lu il y a longtemps, il faudra un jour que j'écrive un article, c'est vraiment un très beau souvenir de lecture....

Dans ce dernier opus, on retrouve toute la magie de l'oeuvre de Roubaud : la référence constante à la poésie et aux mathématiques, un merveilleux mélange d'humour et d'érudition. Depuis Le grand incendie de Londres, son oeuvre en prose est consacrée à un grand projet autobiographique qu'il réécrit à chaque titre.

Dans Nous, les moins que rien, fils ainé de personne, il nous livre un projet autobiographique très ludique où il joue avec son identité multiple : il imagine qu'il revêt plusieurs identités tout au long de l'Histoire de l'humanité : il est Jacques le stylite, un moine qui monta prier sur une colonne à l'époque des premiers chrétiens, au XVIIIe siècle, il est un mathématicien épris des tragédies de Corneille. Mais il fut aussi troubadour et prêtre réformé sous le nom de Jacobus Robaldus ou encore Ru-Bô, un adepte des haïkus !!! Avant d'être Orson Roubaud, un admirateur d'Orson Welles !

Roubaud se régale en nous promenant à travers ses multiples identités : ce qui est génial avec lui, c'est que l'on se divertit, on rigole tout en parlant d'acrostiches, de théories mathématiques et de Nicodémisme !!! Sachez qu'un acrostiche est un poème dans lequel les initiales de chaque vers composent un mot (les plus célèbres sont les lettres de Georges Sand à Musset où elle lui demande de coucher avec lui,  et les vers d'Horace de Corneille :

S'attacher au combat contre un autre soi-même,
Attaquer un parti qui prend pour défenseur
Le frère d'une femme et l'amant d'une sœur,
Et rompant tous ces nœuds, s'armer pour la patrie
Contre un sang qu'on voudrait racheter de sa vie,
Une telle vertu n'appartenait qu'à nous ;
L'éclat de son grand nom lui fait peu de jaloux,

Le Nicodémisme est la doctrine chrétienne qui prône la foi intérieure et l'obéissance au culte du pays quel qu'il soit.

Pour le côté loufoque, on a par exemple un mathématicien qui se met à décrypter tous les vers de Corneille qui cachent un acrostiche et qui s'amuse à "codécimer" Phèdre de Racine, c'est à dire à la résumer en vers en dix pages ! On a aussi le dernier POC interviewé, c'est à dire le peleur d'oeuf cru !

Cette loufoquerie s'accompagne bien sûr, comme le veulent les membres de l'Oulipo, d'originalités formelles : sonnets, haïkus, mots dont il manque des lettres, mélange de plusieurs langues , ajout d'annexes etc...

Jacques Roubaud fait partie de ces rares écrivains que l'on li en rigolant tout en devenant plus intelligent et cultivé. Que demander de plus !

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