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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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15 mars 2007 4 15 /03 /mars /2007 22:22

Dans le cadre du Printemps des Poètes consacré aux poèmes d'amour, je tiens à mettre en valeur l'un des plus grands poètes contemporains français, Christophe Tarkos. Je l'ai découvert il y a peu et je vous avais fait déjà découvrir un poème il y a quelques mois.

http://passiondeslivres.over-blog.com/article-2374939.html

Sa poésie est basée sur la circularité et la répétition. Que de la simplicité, pas d'hermétisme et que d'émotion ! Je trouve ça très beau...

Voici donc la description d'un baiser entre deux amoureux...

"Un baiser. Ils s'embrassent. Il prend sa bouche dans sa bouche, elle prend sa bouche dans sa bouche, ils s'embrassent. Il ouvre ses lèvres à sa bouche, à sa langue, elle ouvre ses lèvres à ses lèvres, à sa bouche, à sa langue, elle tourne sa langue dans sa bouche, il tourne sa langue dans sa bouche, il découvre son baiser, elle découvre la sensation de son baiser, sa langue douce dans sa bouche, sa langue douce contre sa langue, il enveloppe sa langue dans sa langue, il la mélange, elle tourne sa langue contre sa langue, ils s'embrassent, elle la mélange, ils se mélangent, elle donne sa bouche à sa bouche, il donne sa bouche à sa bouche, ils se donnent un baiser, elle lui donne un baiser et sa langue, il caresse sa langue dans sa bouche, elle caresse sa langue dans sa bouche, elle le laisse entrer, il la laisse entrer, ils s'aiment, sa langue est dans sa bouche, elle met sa langue dans sa bouche, ses lèvres sont collées contre ses lèvres, elle caresse sa langue contre sa langue qui tourne dans sa bouche contre sa langue, caresse sa langue contre sa langue chaude et donnée, il met sa langue dans sa bouche, ils s'aiment, ils s'embrassent"

Pan (Editions POL)

 

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 22:24

Printemps des poètes, du 5 au 18 mars 2007

Comme chaque année, le mois de mars est la grande fête nationale de la poésie. 2007 marque le centenaire de la naissance de René Char. Pour lui rendre hommage, la manifestation annuelle est consacrée aux poèmes d'amour ( en rapport avec son recueil Lettera amorosa).

Pour vous, quel est le plus beau poème d'amour ? N'hésitez pas à me faire partager vos poèmes préférés !

Quant à moi, je vous propose donc cette semaine de vous faire découvrir deux poèmes d'amour contemporains. Le premier est écrit par Ghérasim Luca , un poète roumain exilé en France qui a basé toute sa poésie sur la répétition et le bégaiement. Même s'il n'est pas très connu du grand-public, il est l'un des grands poètes contemporains français.

Héros-Limite suivi de "Le Chant de la carpe" et de "Paralipomènes"

Ce poème "Passionnément" est paru dans le recueil Le chant de la carpe" en 1986.

pas pas paspaspas pas
pasppas ppas pas paspas
le pas pas le faux pas le pas
paspaspas le pas le mau
le mauve le mauvais pas
paspas pas le pas le papa
le mauvais papa le mauve le pas
paspas passe paspaspasse
passe passe il passe il pas pas
il passe le pas du pas du pape
du pape sur le pape du pas du passe
passepasse passi le sur le
le pas le passi passi passi pissez sur
le pape sur papa sur le sur la sur
la pipe du papa du pape pissez en masse
passe passe passi passepassi la passe
la basse passi passepassi la
passio passiobasson le bas
le pas passion le basson et
et pas le basso do pas
paspas do passe passiopassion do
ne do ne domi ne passi ne dominez pas
ne dominez pas vos passions passives ne
ne domino vos passio vos vos
ssis vos passio ne dodo vos
vos dominos d'or
c'est domdommage do dodor
do pas pas ne domi
pas paspasse passio
vos pas ne do ne do ne dominez pas
vos passes passions vos pas vos
vos pas dévo dévorants ne do
ne dominez pas vos rats
pas vos rats
ne do dévorants ne do ne dominez pas
vos rats vos rations vos rats rations ne ne
ne dominez pas vos passions rations vos
ne dominez pas vos ne vos ne do do
minez minez vos nations ni mais do
minez ne do ne mi pas pas vos rats
vos passionnantes rations de rats de pas
pas passe passio minez pas
minez pas vos passions vos
vos rationnants ragoûts de rats dévo
dévorez-les dévo dédo do domi
dominez pas cet a cet avant-goût
de ragoût de pas de passe de
passi de pasigraphie gra phiphie
graphie phie de phie
phiphie phéna phénakiki
phénakisti coco
phénakisticope phiphie
phopho phiphie photo do do
dominez do photo mimez phiphie
photomicrographiez vos goûts
ces poux chorégraphiques phiphie
de vos dégoûts de vos dégâts pas
pas ça passio passion de ga
coco kistico ga les dégâts pas
le pas pas passiopas passion
passion passioné né né
il est né de la né
de la néga ga de la néga
de la négation passion gra cra
crachez cra crachez sur vos nations cra
de la neige il est il est né
passioné né il est né
à la nage à la rage il
est né à la né à la nécronage cra rage il
il est né de la né de la néga
néga ga cra crachez de la né
de la ga pas néga négation passion
passionné nez pasionném je
je t'ai je t'aime je
je je jet je t'ai jetez
je t'aime passionném t'aime
je t'aime je je jeu passion j'aime
passionné éé ém émer
émerger aimer je je j'aime
émer émerger é é pas
passi passi éééé ém
éme émersion passion
passionné é je
je t'ai je t'aime je t'aime
passe passio ô passio
passio ô ma gr
ma gra cra crachez sur les rations
ma grande ma gra ma té
ma té ma gra
ma grande ma té
ma terrible passion passionnée
je t'ai je terri terrible passio je
je je t'aime
je t'aime je t'ai je
t'aime aime aime je t'aime
passionné é aime je
t'aime passioném
je t'aime
passionnément aimante je
t'aime je t'aime passionnément
je t'ai je t'aime passionné né
je t'aime passionné
je t'aime passionnément je t'aime
je t'aime passio passionnément

 

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 19:40

Editions Verdier, 2005

Recueil de nouvelles

J'avais découvert Christian Garcin avec l'énigmatique roman La jubilation des hasards que j'avais adoré. J'ai donc eu envie de découvrir ses nouvelles.

Sous ce beau titre poétique, se cachent de brefs récits faisant l'éloge de la fuite, de la fugue. Soudain, des personnages font un bilan rapide de leur vie et nous livrent ce qui "cloche". Ils vont alors découvrir une faille et entre apercevoir une liberté possible.

Les nouvelles ont une tonalité qui va du "gore" au poétique. Ainsi, un homme marié d'une cinquantaine d'années décide de tuer sa femme sur le chemin du travail. Une mère de famille qui rend visite à sa fille s'arrête sur l'autoroute et passe la nuit dans un hôtel. Une femme discute avec son mari de tout et de rien. En observant un tableau italien, elle regarde par la fenêtre et découvre un paysage qu'elle n'avait jamais remarqué. Elle sort dans la nuit et marche dans les hautes herbes...De loin, ma nouvelle préférée !

Christian Garcin saisit avec brio des tranches de vie, des moments présents d'âmes en sursis. Et il se garde bien de donner une solution. Si bien que tout reste en suspens et à la fin de chaque nouvelle, nous ne saurons rien du destin de ces personnages.

Une écriture tout en nuance, plein de pudeur au service de récits qui privilégie les variations de l'âme par rapport à l'intrigue.

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11 mars 2007 7 11 /03 /mars /2007 22:41

Gallimard, 2007

Ce roman a été l'un des plus remarqués de la rentrée littéraire 2007. Anne Wiasemsky est la petite fille de François Mauriac et l'ex-femme de Jean-Luc Godard. On lui doit plusieurs romans récompensés par des prix comme le Prix Goncourt des lycéens ou le Grand prix de l'Académie Française. Mais avant cette carrière d'écrivain, elle fut actrice...

Dans ce roman autobiographique, elle raconte comment elle a été amenée à jouer le premier rôle dans Au hasard Balthasar, un film de Robert Bresson, en 1965. Elle s'apprête à passer son bac de français lorsque l'une de ses amies lui propose de rencontrer Robert Bresson. Pour ceux qui ne le connaissent pas, c'est un grand cinéaste, spécialiste de l'épure, de l'austérité. Employant des comédiens non professionnels, son oeuvre est teintée de catholicisme. Parmi ses oeuvres les plus connues, on peut citer Pickpocket, Les dames du bois de Boulogne ou Mouchette.

Hors, lorsque la jeune fille de 18 ans rencontre l'homme d'âge mur, elle le découvre tout à fait sous un autre jour. Sous l'être austère, transparaît un être sensible et séducteur...

Bientôt, la jeune Anne fait un double apprentissage : elle découvre le milieu inconnu du cinéma et va vivre ses premiers émois amoureux. Alors que Robert Bresson la prend sous son aile et l'accueille chez lui, Anne, malgré toute l'admiration qu'elle a pour lui, résiste à ses avances. Elle parvient à s'échapper momentanément du tournage et à vivre sa première expérience sexuelle avec un jeune homme travaillant sur le tournage...

Cette oeuvre touchante est donc bien un véritable roman d'apprentissage : au cours d'un été, une adolescente devient une jeune femme. Chacun peut se reconnaître dans cette jeune fille qui s'épanouit. Par contre, on peut s'interroger sur l'émotion que l'on ressent lorsque l'on a jamais vu un film de Bresson. Le livre raconte les coulisses du tournage d'Au hasard Balthasar et une fois lue la dernière page, nous n'avons qu'une envie, découvrir le film. L'un des principaux intérêts du livre est de découvrir l'autre personnalité de Bresson à l'opposé du mythe créé par l'histoire du cinéma.

Alors que ressentent les lecteurs qui ne connaissent pas le cinéma de Bresson ? J'aimerais bien le savoir ! Alors si vous l'avez lu comme ça, sans connaître Bresson, dites-moi vos impressions !

 

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 22:35

Nouvelle publiée en 1884

Comme beaucoup de monde, j'ai regardé les téléfilms de France 2 consacrés aux nouvelles de Guy de Maupassant. J'ai particulièrement été touchée par La parure. Je connaissais ce titre mais sans en connaître l'histoire...

C'est une cruelle histoire qui met en scène la frivolité et la force du paraître. Nous sommes dans un milieu de petits fonctionnaires : le mari est invité à une soirée donnée chez Monsieur le Ministre. Mais sa femme est gênée car elle n'a pas assez d'argent pour bien s'habiller. Le mari dévoué lui offre une belle robe avec l'argent qu'il dédiait à l'achat d'un fusil. Et la jeune femme emprunte une belle parure à une amie. Mais au cours de la soirée, elle perd la parure...

Je vous laisse découvrir le texte (si ce n'est déja fait !) et sa chute si cruelle et si innattendue !

http://maupassant.free.fr/textes/parure.html

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 13:25

Un grand écrivain populaire, Henri Troyat, est mort à l'âge de 95 ans. En plus de 70 ans, il a écrit plus dfe 100 livres ! Il est connu pour ses grandes sagas historiques telles que La lumière des justes ou encore des biographies sur les souverains russes ainsi que sur les grands écrivains, tels Emile Zola.

Même si cet écrivain n'est pas de génération, j'ai lu tout de même deux de ces livres, Aliocha et Viou, deux titres plein de tendresse et d'émotion.

Henri Troyat faisait partie de ces écrivains très populaires qui réconcilient les classes d'âge et les classes sociales ! Saluons ces écrivains , tels que Troyat ou encore Robert Merle qui ont d'abord été plébiscités par le public !

Aliocha

Je peux évoquer avec vous le souvenir d' Aliocha, une belle histoire d'amitié entre un adolescent fraichement débarqué en France de sa Russie natale (le double de Troyat) et un élève français passionné de littérature. Ensemble, ils vont découvrir les trésors de la littérature. Mais leur amitié va être perturbée par la maladie du jeune français...Un livre plein d'émotion et un bel hommage à la littérature.

Viou

Il y a également le magnifique Viou, l'histoire d'une petite fille orpheline de son père (qui est mort dans les combats pour la Libération) et recueillie par ses grands-parents maternels après la seconde guerre mondiale. Un très beau livre sur la relation petits-enfants/ grands-parents. Les larmes viennent facilement...

Et vous, avez-vous déja lu Henri Troyat ?

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 20:10

Editions Gallimard, 1966

Thérèse et Isabelle

Voici l’un des textes fondateurs de la littérature féminine de la seconde moitié du vingtième siècle. Violette Leduc, souvent considérée comme le « Jean Genet » au féminin, figure maudite des lettres contemporaines, est encouragée à écrire par son amie Simone de Beauvoir qui l’aidera plus tard à la faire éditer. Elle préfacera d’ailleurs son plus célèbre titre, La bâtarde en 1965.

 

Thèrèse et Isabelle est en fait le premier chapitre de son premier roman Ravages édité en 1955. Mais ce texte fut censuré à l’époque par Gallimard pour évoquer de façon scandaleuse la sexualité lesbienne de deux adolescentes.

 

Ce n’est après le succès de La Bâtarde en 1965, dix ans plus tard, que Thérèse et Isabelle est publié. Elle intégrera d’ailleurs une partie du récit dans La bâtarde. Mais il faut quand même attendre 2000 pour que ce texte soit publié dans son intégralité !

L’intrigue est on ne peut plus simple : nous sommes dans un pensionnat de jeunes filles dans les années 50. La mère de Thérèse vient de se remarier et met sa fille en pension. Thérèse découvre la promiscuité des dortoirs. A côté d’elle, dort Isabelle, 18 ans. Elles vont vivre ensemble une expérience passionnelle….

 

Il est vrai qu’en 1955, la description si fine de la sexualité a dû bouleverser le monde de l’édition ! Mais lorsque nous le lisons aujourd’hui, nous ne ressentons à aucun moment une quelconque vulgarité dans le texte. Bien au contraire, Violette Leduc érige le sexe en poème. Les images, les métaphores sont vraiment de toute beauté : elles évoquent le monde de la nature et le champ lexical de la divinité. Le corps féminin devient un poème en prose. Inutile de disserter plus longtemps ! Laissons la parole à Violette Leduc !

 

Le corps de Thérèse

 

«  Que ne puis-je me reproduire mille fois et lui donner mille Thérèse. Je ne suis que moi-même. C’est trop peu. Je ne suis pas une forêt. Un brin de paille dans mes cheveux, un confetti dans les plis de mon tablier, une coccinelle entre mes doigts, un duvet dans mon cou, une cicatrice à la joue m’étofferait. Pourquoi ne suis-je pas la chevelure du saule pour sa main qui caresse mes cheveux »

 

 

La caresse

 

« La main déshabilla mon bras, s’arrêta près de la veine, autour de la saignée, forniqua dans les desseins, descendit jusqu’au poignet, jusqu’au bout des ongles, rhabilla mon bras avec un long gant suédé. …..La main se promenait sur le babillage des buissons blancs, sur les derniers frimas des prairies, sur l’empois des premiers bourgeons. Le printemps qui avait pépié d’impatience dans ma peau éclatait en lignes, en courbes, en rondeurs. Isabelle allongée sur la nuit enrubannait mes pieds, déroulait la bandelette du trouble… La pieuvre dans mes entrailles frémissait, Isabelle buvait au sein droit, au sein gauche. Je buvais avec elle, je m’allaitais de ténèbres quand sa bouche s’éloignait…..

 

Je conduisis la main jusqu’aux larmes rares de la joie. Sa joue hiverna au creux de l’aine. Je braquai ma lampe de poche, je vis ses cheveux répandus, je vis mon ventre pleuvant la soie…. »

 

 

La défloration

 

« Le doigt royal et diplomate avançait, reculait, m’étouffait, commençait à entrer, vexait la pieuvre dans mes entrailles, crevait le nuage sournois, s’arrêtait, repartait, attendait près des viscères. Je serrais, j’enfermais la chair de ma chair, sa moelle et sa vertèbre. Je me dressai, je retombai. Le doigt qui n’avait pas été blessant , le doigt venu en reconnaissance sortait. La chair le dégantait »

 

 

L’union

 

La chair polissait mon doigt et mon doigt polissait la chair d’Isabelle. Le mouvement se fit sans nous : nos doigts rêvaient. J’assouplis les trépassés, je fus ointe jusqu’aux os avec les huiles païennes…..

 

Infiltrations de langueur, lézarde de délices, marécages de sournoiserie. Les feuilles de lilas déroulaient leurs douceurs, le printemps se mettait à l’agonie, la poussière des morts dansait dans ma lumière. …

 

Je me détachais de mon squelette. Je flottais sur ma poussière….Nous avons oublié notre doigt dans l’ancien monde, nous avons été béantes de lumière, nous avons eu une irruption de félicité. Nos jambes broyées de délices, nos entrailles illuminées…

 

Le voile m’effleura sous la plante du pied, le doigt tourna dans du soleil blanc, une flamme de velours se tordit dans mes jambes. Venu de loin, le voile s’en alla plus loin. Marcher sur les flots…Je sais ce que cela veut dire sur le fleuve de mes cuisses. J’avais été frôlée par l’écharpe de la folie qui ne s’arrête nulle part, j’avais été broyée autant que caressée par une crampe de plaisir.

 

Repos, divin couvre-feu. La même mort dans l’âme et dans le corps. Oui, mais la mort avec une cithare, avec une praline dans le crâne. Notre silence : le silence pervenche des cartes du ciel. Nos étoiles sous nos paupières : des petites croix.

 

Je portais l’enfant le plus ressemblant qu’elle pût me donner d’elle : je portais l’enfant de sa présence.

 

…Elle m’a donné le bras et nous nous sommes promenés entre la Petite Ourse et la Grande Ourse sur la carte du ciel »

 

Bonne lecture d’un auteur encore trop méconnu….

 

 

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1 mars 2007 4 01 /03 /mars /2007 21:49

Edité à la Nouvelle Revue Française (NRF) en 1925

Pierre Jean Jouve (1887-1976)

Pierre-Jean Jouve, écrivain encore trop méconnu du grand public, est pourtant l’un des plus grands écrivains du 20e siècle. Son œuvre, empreinte de mysticisme et placée sous l’égide d’Eros et Thanatos (influence de la psychanalyse), est un bijou rare mais pas forcément inaccessible. La preuve en est l’un de ses romans les plus connus, Paulina 1880.

Sous ce titre énigmatique, l’auteur désigne son héroïne, Paulina Pandolfini, un jeune aristocrate italienne de la fin du 19e siècle, qui a tué son amant en 1880.

Ce livre est le portrait de cette jeune femme partagée entre l’amour humain et l’amour divin. On pense à la mystique de Sainte Thérèse d’Avila ; Paulina désire un lien direct avec Dieu et le Christ ; le récit alterne d’ailleurs les chapitres racontés par la narrateur et les chapitres qui sont de véritables journaux intimes, des monologues intérieurs de la jeune femme qui nous livre sa flamme, son amour divin ou charnel.

Même si vous êtes totalement athée comme moi, vous serez happés par le charme du personnage.

Le charme de ce titre réside d’abord dans sa tonalité doucement surannée. Paulina adolescente s’éveille à la sensualité (de sublimes pages où elle s’adresse à ses seins !). Elle tombe amoureuse du Comte Michele Cantarini tout en le cachant à son père. De belles pages sont consacrées aux rencontres secrètes entre les deux amants lorsque Paulina dérobe la clé qui ferme sa chambre sous l’oreiller de son père endormi ! La mort du père survient alors que Paulina n’a pas pu révéler la vérité à son père ; il en ressort une mystérieuse culpabilité qui conduit Paulina au couvent….Nous n’y croyons pas une seconde, c’est très démodé, mais c’est tellement beau et bien écrit que le lecteur est vite sous le charme…

J’ai adoré la sensualité de l’écriture où déborde la passion de Paulina. Cette dernière prône la relation directe avec Dieu, au grand dam des supérieures du couvent qui préconise le respect de la règle et le refus des mortifications. Le discours adressé à Dieu ou au christ, très sensuel et très simple en même temps, est finalement le même que celui adressé à l’amant interdit.

Et puis il y a de magnifiques descriptions consacrées à l’Italie, ses paysages et son atmosphère sensuelle : les champs d’oliviers, les jeux de lumière, les collines méditerranéennes…

L’œuvre de Pierre-Jean Jouve est vraiment une petite perle à découvrir. Je vais m’empresser de lire son œuvre poétique (plus connue que sa prose) à travers le recueil Noces, Sueur de sang

 

Les noces suivi de Sueur de sang

 

 

 Des extraits :

Paulina et son corps : «  Et moi, ne suis-je pas plus belle ? Doux seins, doux petits seins, je vous enferme mais dans cette robede soie d’argent on peut, on peut vous deviner. Qu’ils cherchent : Qu’ils devinent ! Je veux être pure. Pure. J’aime la glace et l’acier. Je serai pure comme la glace et l’acier. Je n’aurais plus de corps. Au père Bubbo, j’ai dit : pourquoi ne serais-je pas un ange ? Sans corps, sans douleurs, sans désirs, à force d’exercer et d’endurcir mon esprit ? »

 L’Italie « Vue de Torano ; les quais avec les arcades, les maisons roses, les toits couverts de colombes. Les rides de l’eau, la gaze vaporeuse sur l’eau, les sabres clairs dans l’eau, les barques avec leurs bâches posées sur les arceaux ronds et les deux rameurs debout, les solides gaillards dans la chaleur qui chantent sur quatre ou cinq notes ; le petit village est en lignes droites et pures, il paraît merveilleusement jaune, les barques sont rangées, il est midi, non c’est le soir, les bouquets jaunes ou rouges éclatent, les lauriers roses, l’église est très haute dans le ciel qui est un peu vert à cause des montagnes, tout cela est enfantin ; le comte tient la main de Paulina dans les ruelles tout à fait semblables à des crevasses entre les maisons. »

 La mystique « C’est ainsi que j’entre en Toi O Roi mon Dieu agonisant. Ecoutez, mes sœurs. Moi mes oreilles sont crevées. Je suis sans nourriture, paralysée. …..Au bout de la route en or il n’y aura plus que mes ossements, au bout de la route d’éther, il n’y aura plus qu’un tout petit souffle, formé d’aurore, c’est mon âme, j’ai été Blandine ou Paulina…attire-la, mon Dieu immense, attire-la, respire là et reçois-la »

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 22:58

Editions José Corti, 2006

 

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26 février 2007 1 26 /02 /février /2007 18:31

Les césars 2007 ont consacré cette année les adaptations littéraires au cinéma:

L'amant de Lady Chatterley de DH Lawrence

Ne le dis à personne d'Harlan Coben

 

et

Je vais bien, ne t'en fais pas d'Olivier Adam ont  inspiré cette année nos cinéastes.

J'avoue mon ignorance ! Je n'ai lu aucun de ces livres ni vu les films ! Et vous ?

Je connais déja Olivier Adam et je trouve son écriture assez fade même si ses histoires intimistes me touchent. Je pense que le film vaut le coup.

Quant à Harlan Coben, je n'ai pas encore franchi le cap mais par contre, je suis très attirée par le film de Guillaume Canet.

Enfin, tout cela me donne envie de me plonger dans l'oeuvre sulfureuse de DH Lawrence que je ne connais pas du tout !

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