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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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21 avril 2007 6 21 /04 /avril /2007 22:37

ETATS-UNIS

Editions Gallimard Scripto, 2005

Joyce Carol Oates et l'un des écrivains américains contemporains les plus brillants. Depuis quelques années, elle écrit également pour les adolescents. Il y a quelques mois, je vous avais présenté Délicieuses pourritures ; dans Zarbie, on y retrouve la même influence : perversion, rapports de force, portrait d'êtres à la fois brillants et magnétiques, victimes subjuguées...

Nous rencontrons une famille sans histoire, dominée par le père, le brillant reporter sportif Reid Pierson. Ce dernier est célèbre et estimé dans tout le pays; il habite avec sa femme Kate et ses deux filles, Frankie et Samantha, dans une magnifique maison sur les hauteurs de Seattle. Pierson est un véritable héros dans sa famille. Une ombre pèse cependant : sa femme souffre de plus en plus de servir de faire-valoir à Reid. Elle décide de gagner en indépendance et d'ouvrir un atelier de sculpture...A partir de ce moment tout bascule...Le couple se dispute de plus en plus...

Cette histoire, toute simple au début, nous est racontée par la fille aînée du couple, Frankie, surnommée "Zarbie" par un garçon qui avait tenté de la violer...Derrière une sensibilité à fleur de peau, elle cache une farouche détermination. Nous avons l'impression de lire une histoire banale de divorce...Mais tout bascule dans le triller psychologique à partir du moment où Frankie découvre que son père violente sa mère. Il manipule ses deux filles pour les monter contre sa femme. Puis un jour, la mère disparaît. L'enquête commence...

La qualité du récit réside dans la description de la tension psychologique et dans l'évolution des personnages ; comme toujours chez Oates, nous sommes plongés dans un cadre idyllique, au sein d'une famille aisée et sans histoire. Mais une ombre assombrit ce paradis. Le mal est incarné par une personnalité brillante qui hypnotise son entourage.

L'histoire est d'autant plus forte qu'elle est racontée par une adolescente qui saisit par bribes ce qui est en train de se passer. Un magnifique triller aussi bien pour adolescents que pour adultes.

Décidément, Joyce Carol Oates me passionne. Je pense que je vais continuer à explorer son oeuvre.

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20 avril 2007 5 20 /04 /avril /2007 22:03

Ecole des Loisirs, 2005

Une bouteille dans la mer de Gaza

Voici une histoire d’amitié très originale entre une jeune fille israelienne et un jeune homme palestinien. Un jour, Tal ne supporte plus de vivre au milieu des attentas suicides. Alors qu’elle vit dans une famille militant pour la paix, elle a besoin de se confier, de dire ce qu’elle a sur le cœur. Elle décide donc d’écrire ses pensées et de les mettre dans une bouteille qu’elle jetterait à la mer en quête d’un destinataire éventuel. Au cas où sa bouteille serait repéchée, elle y laisse une adresse mail.

 

Elle s’imagine qu’elle pourra ainsi échanger avec une jeune fille palestinienne de son âge. Sauf que le destinataire imprévu est un garçon nommé Naïm ! La correspondance par mails interposés commence…Naïm ne se présente pas, se moque d’elle et la prend pour une petite fille gâtée. Puis, petit à petit, ils découvrent que leur quotidien se ressemble…

 

Le récit est très bien construit car nous ne saurons qu’à la fin l’identité et la vie du jeune homme.On suppose donc toutes les possibilités. Un imposteur ? Un terroriste ?

 

Un roman épistolaire original, par mail, et un moyen intéressant de faire découvrir le conflit israelo-palestinien aux adolescents.

 

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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 22:50

LITTERATURE FRANCAISE -1969

La Disparition

Gallimard, collection "L'imaginaire"

Voici l’une des œuvres les plus inventives de la littérature française du XXe siècle. George Perec était membre de l’Oulipo (ouvroir de littérature potentiel), groupe d’écrivains (Jacques Roubaud, Raymond Queneau) qui a toujours mis la forme du texte, les jeux de langage au centre de leurs préoccupations. Donc, en 1969, Perec décide d’écrire un roman sans aucun E , la voyelle la plus répandue de la langue française ! (Sachez que cela s’appelle un lipogramme !). Et bien sûr il a décidé de ne pas avertir son lectorat !

 

Ce qui est génial, c’est que presque 40 ans plus tard, alors que ce livre a fait couler beaucoup d’encre, on croit lire une œuvre tout à fait normale ! C’est en cela que réside le génie de Pérec…L’intrigue, bien que fantaisiste, est tout à fait compréhensible. On remarque l’amour des mots avec les énumérations de légumes, de pays, de prénoms sans e. Deux ou trois fois, on remarque une soustraction de deux chiffres , genre cinq –trois pour dire deux, mais c’est la seule anomalie.

 

Ce qui est génial aussi, c’est que la disparition est à la fois dans la forme et aussi dans le thème ; pour vous résumer brièvement l’intrigue, La disparition met en scène le personnage Anton Voyl (Eh oui, bien sûr, il faut comprendre Antoine Voyelle !!!) qui disparaît de la circulation après avoir subit des nuits et des nuits d’insomnie. Ses amis partent alors à sa recherche. Mais peu à peu, ils disparaissent à leur tour… Quelle est l’étrange malédiction qui pèse sur ses personnages ? Sur 300 pages, vous rencontrerez une étrange pierre précieuse, une cantatrice et un prince albanais bien sanglant…Et vous aurez à la fin la solution de l’énigme à pas piquer des hannetons !

 

Cela nous fait penser une intrigue policière : enquête, énigme, mystère. George Perec nous donne certains indices :

 

L’intrigue et les personnages sont complètement déjantés, il y a de quoi y perdre son latin ! Parfois, on se sent un peu déconcertés, on n’y comprend pas grand-chose mais on y éprouve quand même beaucoup de plaisir. L’histoire est avant tout très ludique et c’est cela qui compte…

 

A noter à la fin des très belles citations de Jean Tardieu et Gérard de Nerval sur la vénération de la langue.

 

 

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 16:27

Editions Vent d'Ouest, 2007

Tome I : le départ

Voici une bande dessinée très bien illustrée qui mêle aventure et intérêt documentaire. Olivier Jouvray nous plonge en Nouvelle-Zélande dans les années 30, au coeur de la communauté maori.

Les familles indigènes survivent tant bien que mal dans un pays qui commence à leur reconnaître des droits ; ils travaillent surtout dans des chantiers mais souvent, les contrats sont de courte durée...

Jouvray nous raconte l'histoire d'une famille maori, d'un couple et de leur fillette. Après une longue journée de travail, ils vont tous ensemble jouer des danses traditionnelles. Un jour, alors que le père vient de perdre son travail, un riche européen propose aux danseurs maoris de venir faire une tournée en Europe.

La famille hésite...mais c'est l'occasion de trouver un travail et de gagner un peu d'argent et de fare connaître leur culture. Mais on devine bien vite que les intentions des Européens sont bien louches...On sait que les années 30 sont la grande époque des zoos humains : dans les expositions universelles, on montrait les indigènes dans des cages comme de vulgaires monstres de foire...

Cette histoire s'inspire bien sûr de cette réalité historique. Ce premier tome ne fait que camper le décor; on s'attend à ce que l'exposition universelle ait lieu plus tard, nous n'assistons qu'aux préparations du départ.

L'introduction de la BD met en scène la fillette devenue institutrice qui réprimande un gamin ayant traité de monstre un de ses camarades. Elle lui déclame qu'elle aussi, il y a bien des années, a été traitée de monstre. Elle raconte alors son enfance ...

Ce premier tome est bien alléchant; on regrette qu'il se finisse par le départ pour l'Europe. Et dire qu'il va falloir attendre au moins 6 mois !

A noter que le BD est accompagnée d'un dossier documentaire sur l'Histoire et la culture maorie très intéressant. A conseiller également aux ados ; la couverture peut d'ailleurs faire croire qu'il s'agit d'une Bd pour enfants; rassurez-vous les dessins sont plus fins à l'intérieur. On peut d'ailleurs louer les illustrations colorées et réalistes.

A lire ou attendre la prochaine si vous n'aimez pas attendre !!!

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 19:48

Recueil de nouvelles

Editions Fayard, 2006

Claire Castillon est une jeune auteur de 32 ans. L'année dernière, elle a été très remarquée avec ce recueil de nouvelles consacrées aux relations mères-filles. Ne vous attendez pas à quelque chose de lyrique ou de mièvre ou encore de l'autofiction.

Au contraire, c'est vache, haineux, méchant mais terriblement efficace ! Ces nouvelles sont des monologues, soit d'une mère, soit d'une fille, qui nous livrent leurs relations "tumultueuses" : on se chamaille, on se bat, on va même jusqu'à tuer !

Quelques nouvelles évoquent cependant la tendresse, la bienveillance : on retiendra l'ado qui fait tout pour cacher à sa mère que son père la trompe.

Dans le sordide, on peut évoquer la mère qui jette l'une de ses jumelles par la fenêtre car elle ne veut pas deux enfants ou encore une mère qui s'enferme dans sa chambre pour éviter les coups de sa fille.

Parfois, Claire Castillon mêle avec brio le sordide et l'émotion, comme dans le magnifique récit Noeux-Noeux, on elle fait parler une adolescente trisomique.

Il y a aussi de l'humour bien présent dans les chutes qui nous réservent quelques surprises : des quiproquos font ainsi passer du drame à la farce. On retiendra la fille qui découvre sa mère en train de faire l'amour avec son mari !

On sait que la qualité d'une nouvelle se remarque souvent à sa chute. Pas de problèmes, Claire Castillon sait faire ! On apprécie son style très vif, concis où tout se déploie dans un rapide dénouement.

Les personnages sont pratiquement tous des fêlés, des psychotiques ; on prend d'ailleurs beaucoup de médicaments dans ses nouvelles ....On pense parfois aux personnages de Régis Jauffret ou encore de Lydie Salvayre. Castillon excelle dans le méchant, dans la vacherie et on en redemande !

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11 avril 2007 3 11 /04 /avril /2007 21:20

ETATS-UNIS

Editions Gallimard, collection Série Noire, 1946

Après 1275 âmes de Jim Thompson, j'ai choisi de vous présenter un autre grand classique du roman noir américain des années 50. Horace Mc Coy est un écrivain maudit aux Etats-Unis mais fait figure d'écrivain mythique en France; c'est Marcel Duhamel qui l'a découvert et l'a fait publier dans la célèbre Série Noire en 1946.

Lorsque l'on lit Un linceul..., on comprend pourquoi Mc Coy ne fut pas reconnu aux Etats-Unis ! En 1937, il ne parvint à publier ce roman qu'en Angleterre. C'est en France qu'il eut un véritable succès à partir des années 50. Ce roman dresse un portrait sinistre des Etats-Unis avant la Seconde Guerre Mondiale : censure de la presse, extrémisme, présence du Ku Klux Klan....Mc Coy évoque même la figure d'Hitler pour le comparer à la clique des politiciens qui dirigent le pays ! Ainsi, Mc Coy dresse un portrait au vitriol du "pays de la liberté".

L'intrigue est très simple, le style est vif et très concis, proche de celui d'Hemingway. Très peu de descriptions et beaucoup de dialogues, Mc Coy va à l'essentiel.

Mike Dolan est un reporter épris de justice. Lorsqu'il présente à son rédacteur en chef un papier sur des magouilles dans un match de base-ball ; une équipe aurait été payée pour perdre. Le rédacteur en chef refuse de faire publier cet article pour éviter le scandale.

Dolan prend alors ses cliques et ses claques et décide de fonder son propre journal ...pour dénoncer toutes les magouilles de la ville...Il va être accompagné par un ex collègue sympathisant communiste et une belle demoiselle, Myra, qu'il va courtiser.

Dolan découvre alors scandale sur scandale : un médecin avorteur protégé par son frère politicien et surtout l'"élite" de la ville faisant partie d'une secte proche du Ku Klux Klan...

Malgré plusieurs menaces, Dolan est bien décidé à faire tomber les gros bonnets. Il doit lutter aussi contre les journalistes concurrents qui veulent étouffer l'affaire.

Le personnage principal est haut en couleur. Ce personnage justicier est aussi un tombeur de belles dames; il séduit toutes les filles des grands pontes locaux !

Vraiment une belle découverte aussi bien par le thème (c'est drôle d'évoquer Hitler lorsque l'on sait que ce pays pourri jusqu'à l'os va se présenter 10 ans plus tard comme le chantre du monde libre !) que par sa forme : c'est simple, direct et très efficace. On a l'impression d'entendre des dialogues de film.

Un livre majeur sur la censure de la presse aux mains des politiques,  encore malheureusement d'actualité...

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8 avril 2007 7 08 /04 /avril /2007 10:58

ETATS-UNIS -1932

Editions Gallimard

Eskine Caldwell est un grand écrivain américain ayant écrit à la même époque que Steinbeck et Faulkner. Tout comme Steinbeck, l'action met en scène la pauvreté des paysans n'arrivant pas à vivre de leurs cultures.

Tout comme Faulkner, l'action se déroule dans le Sud maudit, terre de tragédie et de tous les péchés. Mais alors que chez Faulkner, le mal, la faute donnent lieu à une conscience coupable pleine de "bruit et de fureur", Caldwell choisit plutôt le ton de la farce burlesque. Il refuse le lyrisme de la tragédie pour créer plutôt une succession de saynètes où les personnages se retrouvent dans des situations scabreuses et caricaturales.

Le langage et les dialogues sont très simples , proches de ceux employés dans la vie quotidienne.

Dans La route au tabac, la famille Lester est l'une des seules à être restée cultiver en vain les champs de coton et de tabac de Géorgie. Leurs enfants et les autres fermiers sont partis à la ville s'engager dans les usines de filatures. La maison est complètement délabrée, on a rien à manger mais, coûte que coûte, on s'accroche à la terre. Jeeter, le père, espère en vain le crédit des marchands pour pouvoir obtenir de l'engrais mais il remet toujours au lendemain  ce qu'il peut faire le jour même. Il apparaît alos plutôt comme un pantin.

Les enfants sont partis, on ne sait même pas ce qu'ils sont devenus ! Pearl, la plus petite s'est mariée à 12 ans avec Lov, le voisin et Dude, le plus jeune, se fait embarqué par une bonne soeur évangéliste de 40 ans qui a touché l'assurance vie de son mari !

Dans cette terre de déréliction, même le physique des personnages est marqué par une tragédie. Ellie May, l'une des filles, reste célibataire car elle a un bec de lièvre. Bessie, la bonne soeur, n'a pas d'os dans le nez et a deux narines béantes !

Mais ces signes de tragédie virent bientôt au cocasse : pour avoir un sac de navets, le père donne sa fille au bec de lièvre à son gendre car la gamine de 12 ans refuse de se donner à lui. Dude, 16 ans, se marie avec la bonne soeur pour avoir une belle voiture....

Dans cette terre, on se préoccupe d'abord de la nourriture et des choses matérielles plutôt que de sa famille. La grand-mère est ainsi écrasée par la voiture sans que cela ne choque personne !

Ce roman est envoûtant. Par sa noirceur absolue, sa description sans états d'âmes, Caldwell nous ressuscite un Sud mythique où les personnages sont des marionnettes bouffonnes. On ne se révolte plus, on s'accommode avec ce que l'on a , on se débrouille en vendant ses enfants.

Beaucoup moins connu que Faulkner ou Steinbeck, Caldwell gagne vraiment à être connu pour la tonalité si particulière de ses romans. Pas de fioritures, pas de lyrisme,seulement une description brute des faits.

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 20:06

ETATS-UNIS

Editions Gallimard, Série Noire, 1964

Jim Thompson (1906-1977) est l'un des chantres du roman noir américain avec Horace Mc Coy et David Goodis. On lui doit plusieurs scénarios hollywoodiens dont Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick.

Ce roman a été adapté au cinéma par Bertrand Tavernier, sous le titre Coup de torchon avec Philippe Noiret et Isabelle Huppert. La même histoire mais un contexte historique différent, l'Afrique coloniale française avant la Seconde Guerre Mondiale.

Ce livre est un petit chef d'oeuvre, de par le charme de son héros, où plutôt de son anti-héros Nick Corey, shérif d'une petite ville paumée du Texas dans les années 20.

Jugez-en plutôt par la manière dont il se présente :

"Je m'appelle Nick Corey. Je suis le shérif d'un patelin habité par des soulards, des fornicateurs, des incestueux, des feignasses et des salopards de tout poil. Mon épouse me hait, ma maîtresse m'épuise et la seule femme que j'aime me snobe. Enfin, j'ai une vague idée que tous les coups de pied qui se distribuent dans ce bas monde, c'est mon cul qui les reçoit. Eh bien, les gars, ça va cesser. Je ne sais pas comment, mais cet enfer va cesser"

Nick a en fait un grave problème : c'est un gros fainéant, il n'est shérif que par le titre car il n'arrête jamais les salauds ! Tout le monde lui reproche...Sauf que les prochaines élections arrivent et que pour se faire réélire, il va devoir être un peu plus actif que d'habitude et faire le ménage....

Il va donc devenir un justicier exemplaire et sanguinaire pour assurer son avenir ! Je prétexte lui en est donné par le shérif d'une autre ville qui lui a botté les fesses pour l'humilier. Il va alors tuer deux souteneurs et essayer de faire porter le chapeau à ce shérif en le soûlant! Première machination...

Les manigances continuent : il y a aussi Tom, le saoulard, mari de Rose, la maîtresse de Nick. Tom est gênant, il le tue et arrange tout pour faire accuser un nègre ! Et l'hécatombe ne s'arrête pas là; car il y a aussi sa femme et son beau-frère qui commencent à l'emmerder !

Nick Corey est vraiment un personnage haut en couleur; c'est un fainéant, un tueur, un manipulateur qui rend la justice pour assurer ses propres intérêts. Mais il a tellement de charme ! Car autour de lui, tout est médiocrité et pourriture : alcooliques, maquereaux, putains et j'en passe ! C'est un bon père tranquille parfois dangereux...

Son langage truculent et humoristique, très populo, finit de nous charmer. Jim Thompson a vraiment une vision très noire de l'humanité qui est décidément mal barrée ! Ce policier tient de la bouffonnerie pure et simple.

Vous dévorerez ce bijou en un jour et vous l'aurez plus qu'a voir Philippe Noiret incarner Nick Corey !

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 16:49

Editions du Rouerge, collection "DoAdo", 2005

Ce livre a été très remarqué lors de sa sortie dans les clubs de lecture. Peut-être par ce qu'il est grave et léger en même temps et aussi très poétique. Il aborde le thème de la mort et du handicap de façon très positive.

Miro est un jeune garçon aveugle qui vit joyeusement avec son handicap. En compagnie de son vieil ami Paluche, il adore partir à la pêche. Mais un jour, le vieux pécheur se fait mordre par une murène et va à l'hôpital. En compagnie de ses deux meilleurs amis, Miro va tenter d'égayer son séjour à l'hôpital. Puis il va rencontrer la jeune Lune dont il va tomber amoureux...

Poisson-lune respire d'émotion à chaque page. Il y a tout d'abord les sensations d'éprouve l'aveugle Miro : le frôlement des vagues et du sable, les odeurs des embruns, l'écoute du rire de Lune. Il y a aussi ce merveilleux rapport intergénérationnel: des enfants aident un vieil homme à supporter la vieillesse. Tout au long du livre, il y a une communauté d'amis qui se forme.

On appréciera également une bonne dose d'humour et aussi une allusion au rejet de la communauté gitane.

J'ai adoré la structure du roman: pour évoquer le thème du handicap, on évite pour une fois le schéma traditionnel "gamin mal dans sa peau " puis "apprentissage de la différence". Au contraire, le handicap est vu sous l'angle de la poésie.

A lire pour petits et grands !

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1 avril 2007 7 01 /04 /avril /2007 12:49

Editions Gallimard, Folio junior, 2006

Voici un roman historique à vous couper le souffle. L'auteur se met dans la peau d'un enfant allemand de 8 ans qui déménage de Berlin en raison de la profession de son père qui vient d'obtenir une promotion. Ils emménagent dans un chalet à côté d'une forêt très triste et où plein de gens sont habillés en pyjama rayés et séparés de la famille de l'enfant par des fils électriques.....

Les camps de concentration vus par un petit garçon, fils du commandant d'Auschwitz....

Déconcerté par ce nouveau milieu hostile mais passionné par l'aventure et l'exploration, le petit Bruno part à la découverte du mystérieux village des hommes en pyjama. Le long de la clôture électrique, il découvre "un point, une silhouette, un petit garçon", lui aussi en pyjama, dénommé Shmuel. Ils découvrent qu'ils sont nés le même jour, qu'ils portent sous les deux un étrange symbole sur le bras et qu'ils ont déménagé sans qu'on leur demande leur avis...

Bruno sent bien qu'il faut qu'il garde le secret de son amitié. Bien qu'il ne saisisse pas ce qui se passe, il ressent une atmosphère hostile.

Tout est vu par un regard enfantin. Auschwitz devient Hoche-Vite, le Führer devient le Fourreur et les juifs ne sont que les habitants d'une ville très bizarre. Chaque page nous réserse une surprise; la fin est bouleversante, dénouement auquel je ne m'attentais pas.

Certains objecteront que l'histoire est invraisemblable et que le petit garçon set trop naïf. Cependant, lorsque l'on sait que la population habitant à côté d'Auschwitz ne savait rien, comment un petit garçon de huit pourrait comprendre ce qui se passe ?

Ce titre est le titre pour ados le plus bouleversant que j'ai lu avec Sobibor. Il est à conseiller aux jeunes car il évite tout détail sordide. Tout est vu sous le signe de la fable.

Indispensable...

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