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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:59

1952

Le Marin de Gibraltar

Ce titre, très peu connu, le quatrième de Duras, a été écrit entre Un barrage contre le Pacifique et Les petits chevaux de Tarquinia
La forme reste très classique met en marquée comme toujours chez Duras par la répétition et la langueur. 
Les thèmes, eux aussi, sont très durassiens : la quête de l'amour perdu, la solitude et les paysages maritimes. 

Marguerite Duras met en scène un homme qui, au cours d'un séjour à Florence durant un été caniculaire, rompt avec son existence monotone (femme qu'il n'aime pas et travail de petit fonctionnaire au Ministère des Colonies ). 

Il est attiré par une femme américaine, mystérieuse, très belle, qui vit sur un yacht. Il fait sa connaissance et découvre qu'elle parcourt depuis quelques années les mers du monde dans son bâteau pour rechercher son amour perdu, le marin de Gibraltar. Ex-Légionnaire, tueur, joueur impénitent, recherché par la police, qu'importe ! Il s'agit d'un amour absolu ...

C'est alors que l'homme fou amoureux s'embarque sur le yacht pour l'aider à le chercher. A son bord, il découvre également d'autres hommes qui, comme lui, cherchent le marin de Gibraltar. Parfois, on accoste pour rendre visite à un ancien "homme" de l'amoureuse, qui croit avoir vu un type ressemblant au marin. On va le rencontrer et ainsi de suite....

Ce roman met au premier plan le désir et la quête plutôt que l'accomplissement. On est dans l'espace de l'entre-deux. Chaque fois, on tente, on essaye, en vain. Mais qu'importe, on persévère.  Ce qui donne comme beaucoup de récits durassiens une impression de langueur. 

On voyage beaucoup, de Sète à Tanger, jusqu'au Congo. Cette répétition peut bien sûr énerver le lecteur d'autant plus que la fin n'est pas close !

J'ai ressenti moi-même un peu cet énervement. Mais les personnages sont vraiment bien construits : la femme passionnée qui coûte que coûte, recherche en vain son amour perdu, l'image très poétique de la femme amoureuse sur un bateau voguant sur les mers du monde et l'homme qui largue tout pour vivre une vie hors du commun ...

Eloge de la passion mais aussi insistance sur la quête inassouvie. S'acharne-t-on sur quelque chose ou quelqu'un  pour combler le vide de l'existence ? C'est peut-être cela la réponse...Finalement, l'aventure, le voyage se transforment inlassablement en quotidien car tout se répète. Mais qu'importe, on continue !

On appréciera comme toujours chez Duras les descriptions des paysages maritimes.

Pas le meilleur Duras mais une bonne introduction pour découvrir les obsessions de son oeuvre.

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20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 11:43
SCIENCE-FICTION 

Dick - Blade Runner

Etats-Unis – 1964

J’ai décidé de partir à la découverte de grands classiques de la science-fiction. C’est donc tout naturellement que j’ai commencé par Philip K. Dick dont de nombreux titres ont été adaptés au cinéma : les plus connus sont Blade Runner de Ridley Scott et Minority Report de Steven Spielberg.

Comme je n’avais jamais vu Blade Runner, j’ai décidé de le lire. Pour ceux qui comme moi, n’ont pas vu le film, voici l’intrigue : l’auteur imagine un monde futur où la terre a été dévastée par une attaque nucléaire ; la colonisation sur Mars s’est donc peu à peu organisée ; nous y encourager les humains à faire le grand voyage, les robots, les androïdes, ont été créés pour servir de domestiques.

La terre dévastée n’est plus que le territoire des « spéciaux », des sujets marginaux jugés débiles. Mais avec le progrès, les androïdes humanoïdes deviennent de plus en plus difficiles à distinguer des humains. Un groupe d’androïdes décide de se libérer du joug des humains et de venir sur terre … Un blade Runner, c'est-à-dire un tueur à gages, est engagé par la police pour venir à bout de ces « Nexus 6 ». Mais les fabricants de ces robots humains n’ont pas dit leurs derniers mots : ils engagent Rachel, elle-même androïde, pour espionner Deckard et lui faire du charme…

Apparemment, le film (d’après le résumé de MonsieurCinéma.com !)ne respecte vraiment pas l’histoire originale mais chut pour ceux qui n’ont pas lu le livre !

Dans ce livre, j’ai vraiment apprécié le talent de K Dick à mêler la science-fiction au polar : la description très pessimiste du futur (une terre inhabitable, les humains sélectionnés pour colonisés Mars, des animaux électriques qui remplacent les vrais qui sont morts…) s’accompagne d’un suspens inébranlable où un tueur est chargé d’éliminer les androïdes pour posséder un véritable animal ! K Dick insiste sur la psychologie du personnage et ses interrogations : va-t-il vraiment arriver à tuer pour s’approprier l’un des derniers animaux vivants ?  Certes, le dilemme est un peu simpliste, mais on se prend facilement au jeu !

On apprécie également quelques bons gadgets qui réglementent la vie future comme par exemple un orge à humeur qui programme l’humeur que l’on aura dans la journée !

Le thème des robots qui ressemblent de plus en plus aux humains qui se révoltent contre leurs fondateurs est devenu un thème classique de la science-fiction : Jean Molla, dans Felicidad, par exemple, rend hommage à Blade Runner.

Dans ce roman, on apprécie la réflexion sur ce qu’est le fait d’être humain : apparemment, l’empathie est le critère pour distinguer les androïdes des humains. Mais si l’on éprouve de l’empathie pour les androïdes, est-on encore humain ? En voulant tuer les androïdes, est-on encore humain ?

Le film insiste apparemment sur l’histoire d’amour entre Rachel et Deckard. Le livre lui met au premier plan tout ce à quoi Deckard doit renoncer pour arriver à ses fins.

Un classique très sombre à découvrir si ce n’est déjà fait….

 

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 18:56

Prix des Deux-Magots, 1953

Touchez pas au grisbi !

Adaptation cinématographique par Jacques Becker, 1954

J'ai vu très récemment le film de Becker, avec Jean Gabin dans le rôle principal, ce qui m'a donné envie de découvrir le roman policier français des années 50. 

Albert Simonin a contribué à faire entrer l'argot dans la littérature policière ; il y reproduit fidèlement le parler des voyous. Ainsi, le grisbi est l'argent, le butin q'une bande de voyous a volé dans un casino. Max, un voyou vieillissant compte bien sur ce grisbi pour d'assurer des vieux jours tranquilles. Mais c'est sans compter la maladresse de son fidèle compagnon de route Riton, qui crache le morceau à sa maîtresse...qui le trompe avec un autre voyou. La maîtresse en touche deux mots à Angelo qui est prêt à tout pour voler le grisbi à Riton et à Max. ...

L'intrigue est très simple mais ce n'est finalement pas l'action et les rebondissements qui comptent. C'est la description du milieu, le langage et surtout la formidable amitié entre Riton et Max ! Max est le dur du duo, le malin alors que Riton est la figure du cocu pas très malin. Bien sûr Riton donne du fil à retordre à Max mais il est prêt à tout pour défendre son honneur malgré les emmerdes !

Cela m'a donné envie de lire ces polars des années 50 que je ne connais pas du tout ! 

Mais sans doute que Leumanne pourra me conseiller sur ce sujet qu'il connaît sur le bout des doigts !

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Published by Sylvie - dans Romans policiers
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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 18:29

ETATS-UNIS

De si jolis chevaux

Editions Actes Sud, 1992

Cormac MCCarthy, né en 1933, est considéré comme l'un des quatre plus grands écrivains américains vivants avec Philip Roth, Don DeLillo et Thomas Pynchon. Son oeuvre,  profondément ancrée dans les terres du Texas et du Nouveau Mexique renouent quelque peu avec la tradition du western. Son dernier roman, Ce pays n'est pas pour le vieil homme, a été porté à l'écran par les frères Coen. 

De si jolis chevaux, célébrant les paysages entre le Mexique et le Texas, est une ode aux chevaux et aux grands espaces. 

L'histoire est simple : Texas en 1949. un adolescent de 17 ans, John Grady, rêve de s'occuper du ranch familial. Mais après la mort de son grand père, les terres sont vendues par sa mère. Ne souhaitant pas gagner la modernité de la ville, le jeune homme fuit avec son meilleur ami Rowlins vers les haciendas du Mexique. Sur le chemin, ils rencontrent un mystérieux jeune homme, Blavins, qui va faire un bout de chemin avec eux, sur son cheval. Mais en court de route, son cheval est volé. Il est prêt à tout pour le récupérer, même à tuer. ...

Alors que Rawlins et Grady sont engagés dans une vaste hacienda, la police les retrouve et les accuse de complicité...La descente aux enfers commence ...

Ce curieux roman nous plonge dans une drôle d'atmosphère : nous nous retrouvons dans un univers intemporel, celui des vastes plaines et exploitations où l'on voit des chevaux et des bovins à perte de vue. Nous croyons être au XIXe siècle, revenus dans l'Amérique des origines. MCCarthy écrit une ode ancestrale à la terre et à l'amour entre l'homme et le cheval. 

C'est très bien fait, simple, très bien construit, mais je ne suis pas parvenue à vraiment être touchée par l'histoire.Faut-il être sensible aux chevaux pour vraiment apprécier? Je ne sais pas mais j'ai trouvé tout de même l'intrigue très longue. L'histoire d'amour entre la ville du propriétaire et John Grady est je pense assez niaise. La question de l'honneur est je pense très désuète même si MCCarthy veut insister sur les coutumes ancestrales du Mexique. 

On appréciera cependant une très belle histoire d'amitié : John Grady est prêt à tout pour récupérer le cheval volé de Blevins, un être qu'il ne conaissait finalement peu.
Il y a aussi le thème très intéressant de la quête paradisiaque, celui des grands espaces, qui tourne vers la descente aux enfers.

Honneur, vengeance : il s'agit bien d'une histoire de sang, de mort et de rédemption. Pour les amateurs du genre... 

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 18:58

ETATS-UNIS

Insomnies

Recueil de nouvelles

John Cheever (1912-1982) est le plus grand nouvelliste américain avec Raymond Carver. beaucoup moins connu en France que ce dernier, on doit à Dominique Mainard la redécouverte et la traduction de ses nouvelles en France à partir de 2000. 

Il est le chef de file de l'Ecole dite du New Yorker : il décrit les espoirs déçus et les névroses de la middle class américaine, de New York et de sa banlieue. Les récits sont souvent à la première personne : un homme établi d'une cinquantaine d'années nous parle en présentant son métier, sa femme, ses enfants et...ce qui ne va pas  !

Ces nouvelles ont souvent pour sujet la vie en couple qui se désagrège peu à peu après des années de vie commune. Quelques exemples : une homme croit que sa femme va l'empoisonner ; un autre se crée une chimère pour supporter son épouse. Un autre spécimen se retrouve seul après un divorce mais accourt chez sa femme car il fait des insomnies la nuit !

Ces récits sont souvent très cruels : un ancien coureur est réduit après un accident à faire le pantin lors de soirées et à sauter les obstacles que sont les canapés et les tables basses. J'ai adoré Les malheurs du gin où une petite fille décide de fuger après avoir observé en douce que son père est alcoolique et qu'il renvoie les gouvernantes en les accusant de voler les bouteilles. 

John Cheever sait aussi jouer sur les cordes de l'émotion en mettant en scène ce couple qui attend désespérément la promotion du mari ; après moultes tentatives, ce dernier découvre que c'est l'amour de sa femme qui constitue tout l'or du monde. 

On rit aussi ! La dernière nouvelle fait entrer en scène un mari bien embété après que sa femme ait choisi de jouer dans une pièce où tous les acteurs et les spectateurs doivent être nus !

Ainsi, Cheever regarde avec un regard à la fois tendre et cruel les défaites de l'américain moyen. Il remet ainsi en question le modèle WASP (White Anglo Saxon Protestant) en insistant particulièrement sur les névroses ; ainsi, l'alcool et secondairement le tabac apparaissent comme les remèdes idéaux pour oublier ses déboires. Sous un voile de bonnes apparences, se cachent toutes les déroutes possibles ; la première nouvelle qui met en scène une radio qui capte tous les secrets des voisins est ainsi très significative : elle diffuse tout ce que l'on voudrait taire au monde : le vol, les disputes, les violences conjugales....

Des nouvelles très bien ficelées qui auscultent avec brio les symptômes d'une société malade. Une sérieuse remise en question du rêve américain !

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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 18:02

AUTRICHE - 1978

Oui

Thomas Bernhard (1931-1989) est avec Stefan Zweig le plus grand écrivain autrichien du XXe siècle. Son oeuvre est réputée pour être d'un pessimisme rare : suicide, dégoût de la vie, détestation d'une société dégénérée. Voici les principaux thèmes abordés par l'auteur. Elfriede Jelinek, notamment, s'inspire profondément de son oeuvre. Elle dénonce comme lui les travers d'une société corrompue, à la dérive.

Ce titre, appelé paradoxalement Oui
, est un condensé de tous ces thèmes. Il s'agit d'un long monologue sans paragraphe ni chapitre de 170 pages. On y retrouve l'écriture caractéristique dui grand auteur autrichien : très longues phrases, beaucoup de conjonctions, de répétitions, un flot inninterrompu de paroles. 

L'auteur s'y met en scène sous les traits d'un chercheur qui s'est isolé à la campagne pour poursuivre ses travaux dans la tranquillité. Il a désiré par dessus tout rompre tout lien mais il paye de sa santé mentale cet isolement. Il sombre dans une grave dépression qui l'amène à cesser tout travail d'écriture. Le récit relate la rencontre qui l'a sauvé momentanément de ses démons : alors qu'il avouait sa dépression à sa seule connaissance, l'agent immobilier Moritz, un couple de Suisses a fait irruption dans l'agence et l'a ainsi diverti. En la compagne du Suisse, surnommée la Persane, il va trouver temporairement son alter-ego de désespoir.

Le récit relate cette rencontre. Mais n'allez pas imaginer une idylle romantique. Le narrateur trouve en cette femme son alter-ego intellectuelle, une personne qui peut parler philosophie et musique avec lui. Ils apparaissent comme les deux êtres spirituels de cette contrée paysanne et sauvage, au mauvais esprit xénophobe. Ils sont les symboles de cette vie de l'esprit sacrifiée au profit d'une société matérialiste et hypocrite. Mais l'alchimie n'est que momentanée...

Parallélement au monologue relatant la crise existentielle de l'auteur, on lit un roman sous forme de mystère : pourquoi le Suisse et la Persanne sont-ils venus acheter un terrain marécageux dans une contrée sinistre ? On apprendra finalement à la fin de secret de la Persanne....

Quelle beauté ce récit ! Le pessimisme le plus noir devient charmeur sous la plume de Bernhard. On retient de multiples citations qui érigent le récit au rang de confession universelle. jusqu'à la fin, l'auteur déjoue le happy end et le dénouement convenu. Le Oui du titre est bien trompeur !!!

On est, je pense, marqué à vie par l'histoire de ces deux âmes perdues, imcomprises,  sacrifiées sur l'autel de la bienséance. Pour Bernhard, il n'y a nul espoir possible. L'esprit, la philosophie sont morts. Ne reste plus que des êtres esseulés, pensants, qui ne peuvent que succomber à la bassesse de la société. 

La Persane est vraiment l'un de ces personnagres de roman que l'on oublie pas. Son mystère se dévoile peu à peu, ce qui donne une autre dimension au récit. 

Parmi les extraits les plus significatifs, on retiendra celui-ci :

"Après tout, il n'existe que des tentatives échouées. Si nous avons au moins la volonté d'aller à l'échec, nous pouvons aller de l'avant, et, pour chaque chose et en tout, nous devons avoir chaque fois au moins la volonté d'aller jusqu'à l'échec, si nous ne voulons pas sombrer tout de suite, et ce n'est tout de même pas pour ça que nous sommes là"

"Mais tout ce qui doit être écrit a constamment besoin d'être recommencé à zéro et constamment tenté à nouveau, jusqu'au moment où c'est au moins approximativement réussi, mais jamais de manière pleinement satisfaisante. Et, aussi épouvantable, aussi désespéré et voué à l'échec que cela soit, chaque fois qu'on a un sujet qui, sans cesse et sans répit, vous torture obstinément, qui ne vous laisse pas en p)aix, il faudrait malgré tout essayer. Tout en ayant conscience que rien n'est jamais certain, que rien n'est jamais parfait, même au milieu de la pire incertitude et des pires doutes, entreprendre et poursuivre la tâche que nous nous sommes donné"

Loin de n'être que des citations abstraites, ce magnifique récit est d'abord une expérience qui prend aux tripes et un merveilleux portrait. Pour résumer, un pur chef d'oeuvre.

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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 17:30

1937



 

 




Editions Gallimard, collection L'imaginaire

Voici l'un des tout premiers romans de Raymond Queneau, l'auteur de Zazie dans le métro. Il s'agit d'un récit autobiographique qui règle ses comptes avec la doctrine surréaliste et André breton. On se souvient que Queneau a fait partie un temps de l'aventure surréaliste et, qu'au nom, de la liberté de l'esprit, il claqua la porte !

Il s'agit tout d'abord d'un récit satirique qui règle ses comptes avec le sectarisme des surréalistes et des communistes. Queneau y apparaît dans la peau d'un jeune mathématicien un peu paumé qui revient de l'armée et, bien qu'ayant sympathisé avec des potes communistes et anarchisants, hésite à s'engager. Il vit donc des subsides de son oncle fortuné et hésite également à s'engager dans le mariage après avoir rencontré la dite Odile. 

L'histoire est très simple donc ; on apprécie surtout l'humour à toute épreuve de l'auteur. Les surréalistes/communistres règlent leurs comptes entre différentes sectes et mouvances à coup de tracts et d'excommunication. On pénètre dans un bar où l'esprit de Lénine nous parle ! Mais alors : peut-on être adepte du spiritisme et communiste en même temps ? On sait bien que pour Marx, la religion est l'opium du peuple !
La scéance de spiristisme est vraiment un grand moment ! On retrouve le goût de Queneau pour les mathématiques (le narrateur s'interroge sur de multiple théorie bien compliquées !) et surtout son amour de la langue et des jeux de mots. Il s'amuse ainsi à énumérer les différentes sectes et groupuscules que veut rassembler un copain !

Voici un savoureux extrait de cet inventaire :

"les polysystématiseurs

les co-matérialistes phénoménophiles

les télépathiciens dialecticiens

...les spirites incubophiles

les révolutionnaires assymétriques purs

les polypsychistes intolérants ....

On apprécie également une savoureuse description de la vie parisienne de la jeunesse des années 30 : discussion dans les cafés de Montmartre par exemple.

Ce roman, dénonciation de tout sectarisme, est aussi un roman d'apprentissage : le personnage y apprend peu à peu la liberté en refusant de s'allier à tel ou tel parti  et il trouve sa voie dans l'amour !

Une lecture d'été bien rafraichissante !

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19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 17:52

Editions La boîte à bulles, 2003

Agrandir la couverture de L' Immeuble d'en face T. 1

Cet album qui a fait beaucoup parler de lui en 2007 a été réalisé par une toute jeune femme d'une vingtaine d'année. Il a été remarqué par la critique dans la mesure où il s'inspire à la fois du manga et de la bande dessinée alternative française. 

Le principe est simple : décrire la vie quotidienne d'un immeuble à travers la vie de trois groupes d'habitants : 2 couples, un jeune couple et des quinquagénaires, et une jeune femme enceinte vivant seule avec son gamin de 4 ans. 

On se dispute, on se sert le thé, on se brosse les dents, on joue, la vie quoi ! Puis on se rencontre entre voisins : on sauve la voisine qui s'étrangle avec une cacahuète ou qui accouche, on se raconte des petits riens, on mate la jolie voisine....

Voir un agrandissement

Les premières pages, on se dit bof ! C'est quoi l'intérêt de lire un truc qui relate la vie de tous les jours ! 

Puis, bizarrement, on s'attache aux différents personnages ! Des situations très drôles (des querelles autour des courses, la minette qui se regarde les fesses devant le miroir, le jeune gars et ses jeux vidéos) et plus émouvantes (un couple quinqua qui n'a plus rien à se dire) rythment le récit. 

Les personnalités sont bien dépeintes : la voisine bavarde qui s'ennuie, la râleuse etc...

Ce qui est le plus intéressant, c'est sans doute l'architecture de la BD : des séquences qui alternent sans rupture les tranches de vie des différents couples (scènes de disputes, relations sexuelles), un trait très simple mais pas caricatural non plus, beaucoup de scènes sans paroles, des lignes que l'on peut lire sur 3 pages...



Vanyda fait partie de ces jeunes auteurs indépendants qui mettent avant tout en scène la vie quotidienne. On peut lire la suite des aventures de ces voisins dans un deuxième tome !

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19 juillet 2007 4 19 /07 /juillet /2007 17:19

Grand Prix du Festival d'Angoulême 2007
















Editions Cornelius

Ce manga a été un événement en France dans la mesure où il s'agit du premier manga à avoir été primé au Festival International de la bande dessinée d'Angoulême. Comme quoi le manga fait désormais partie intégrante de ce genre !

Mizuki, l'auteur, né en 1922, est très connu au Japon. Toute son oeuvre est basée sur les traditions populaires du Japon. 

Ce roman graphique met en scène la propre enfance de Mizuki dans les années 30, marquée par la personnalité de Non Non Bâ (grand-mère), une vieille femme sans le sou qu'avait recueilli sa famille. En échange du logis et du couvert, elle aide à élever les enfants. Le petit garçon, surnommé "Gégé" est émerveillé par les histoires que lui raconte Nonnonbâ : celle de yokais, des êtres surnaturels qui peuvent être l'âme d'un défunt, le caractère d'un objet inanimé ou encore la matérialisation d'une peur...Ces yokais font partie des croyances traditionnelles des japonais. Ces histoires vont devenir pour Gégé le moyen d'entrer en contact avec le monde invisible et surtout vont le guider dans sa vie quotidienne !

Il y a par exemple une verrue qui l'aide à tricher lors des contrôles de maths ! Ou alors un esprit en forme d'homme préhistorique qui va l'aider dans son apprentissage de la vie. 

Ce manga oscille toujours entre humour et émotion. Loin de n'être qu'une oeuvre fantastique, il s'agit d'une belle histoire d'apprentissage très poétique. Gégé devra ainsi être confronté à la mort d'une petite fille tuberculeuse. Pour exorciser son chagrin, il se mettra à dessiner le "dix mille milliardième monde", c'est à dire le paradis. On découvre ainsi comment le jeune garçon a choisit peu à peu le dessin comme voie de salut. 

Il s'agit également d'une chronique de l'enfance entre une mère très à cheval sur les traditions et un papa fantasque qui vient d'ouvrir un cinéma. Les personnages sont très bien croqués et ont tous leur personnalité. 

Enfin, on apprend plein de choses sur la société japonaise. Outre le monde des esprits, on apprécie une allusion discrète, toute en nuances des rapports sociaux. Ainsi, la vieille femme, épouse d'un bonze désargenté, prieuse dans un temple, est recueillie par la famille de Gégé. Mais la pauvreté n'est que suggérée, évitant tout misérabilisme. 

Un beau récit d'enfance qui renouvelle vraiment l'image du manga !

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Published by Sylvie - dans Mangas
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15 juillet 2007 7 15 /07 /juillet /2007 22:34

Pièce écrite en 1906

Partage de midi













Mise en scène par Yves Beaunesne à la Comédie Française (mars-juillet 2007)

Je suis allée voir la semaine dernière Partage de midi à la Comédie Française ; de Paul Claudel, j'avais uniquement de lointains souvenirs de cours de français concernant Le soulier de satin et du thème de l'oeuvre de Claudel : l'éternel conflit entre l'amour charnel et la spiritualité.
Partage de midi












J'ai donc redécouvert Claudel à l'occasion de cette pièce. L'intrigue met en scène un femme,Ysé et autour d'elle trois hommes amoureux : son mari, Ciz, son ancien amant Amalric et l'homme qu'elle va aimer à la passion, Mesa.
Ces 4 personnages vont se rencontrer sur un paquebot voguant sur la Mer de Chine. Lorsque la pièce commence, il est midi et le soleil brûle les coeurs...
 
On apprécie dès le premier acte la poésie des noms et des lieux ; que de noms exotiques rappelant le métier de diplomate de l'auteur !
 
A Midi, donc, Ysé se languit de ce mari matérialiste si peu passionné. Amalric, un aventurier peu scrupuleux la courtise mais en vain. C'est vers Mesa qu'elle se tourne. Ils se déclarent mutuellement l'amour absolu. Mesa propose à Ciz une mission risquée. Les deux êtres vont pouvoir vivre leur amour. Le troisième acte nous plonge brusquement dans un abri au milieu de la jungle ; les colonisés veulent bouter les européens hors de leur territoire. Et l'on retrouve mystérieusement  Ysé en compagnie d'Amalric. Mesa l'a quittée le temps qu'elle accouche de leur enfant ...
 
J'ai été vraiment surprise par cette pièce ! Bien sûr, on y retrouve la poésie, la beauté lyrique qui ont fait la célébrité de Claudel. Il s'agit vraiment d'un poème en prose ! La fin, véritable apothéose d'outre-tombe, est vraiment sublime.

Mais cette pièce est vraiment particulière dans la mesure où Ysé est partagée entre trois hommes, échappant ainsi à la dualité traditionnelle entre mari et amant. Le mari est vite évincé et Ysé se retrouve entre un aventurier vulgaire et un idéaliste. 

C'est la mort qui finalement décidera du sort de l'amour entre Mesa et Ysé. 

C'est bien sûr Ysé qui est le personnage central de la pièce ; à elle seule, elle rassemble les trois figures masculines de la pièce : à la fois féline et divine, égoïste et passionnée, manipulatrce et aimante, elle ne peut bien sûr se "fixer". C'est donc un personnage très ambigu, complexe. Le spectateur oscille constamment entre la sympathie et le mépris...
 
J'ai vraiment éprouvé ce sentiment ; on ressort de la pièce chamboulé, partagé ...
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Published by Sylvie - dans Théâtre
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