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  • : Passion des livres
  • : Les coups de coeur de mes lectures. Venez découvrir des classiques, des romans français ou étrangers, du policier, du fantastique, de la bande dessinée et des mangas...et bien des choses encore !
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Internautes lecteurs, bonjour !

J'ai découvert l'univers des blogs très récemment. Je suis bibliothécaire et mon métier est donc de faire partager ma passion. Voici donc mes coups de coeurs et n'hésitez pas à me faire partager les vôtres !

Je vous parlerai surtout de littérature française et étrangère contemporaine sans oublier bien sûr mes classiques préférés...

Une rubrique est également réservée aux lectures pour adolescents ainsi qu'à la BD et aux mangas.

Bonne lecture !

 

 

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15 septembre 2007 6 15 /09 /septembre /2007 18:26

ROMAN POLICIER

Créature contre créateur

Editions Nathan "Policiers", 2005

Ce chouette roman aussi bien pour ados que pour adultes est un roman policier à teinte fantastique. 
Victor, un brillant prof de français du lycée Henri IV nous raconte ses mésaventures ; alors qu'il rentre de vacances pour attaquer avec dynamisme la rentrée des classes, il croit reconnaître à plusieurs reprises un étrange personnage....tout droit sorti du roman policier qu'il n'a jamais terminé ! 

Phénomène d'autant plus étrange qu'il a écrit il y a quelques années une thèse sur le personnage de roman qui échappe à son auteur tout comme l'a fait Frankenstein. Ainsi, qui se souvient de Mary Shelley ? Comme quoi un personnage peut tuer son auteur....

Et c'est justement ce qui manque d'arriver; car, sur cet étrange personnage est un tueur en série qui s'inspire des meurtriers ou suicides de la littérature : Ophélie, Raskolnikov....Et il est justement resté sur sa faim car Victor n'est jamais allé au bout de son roman et a déchiré les premières pages. 

Sauf qu'aujourd'hui, les meurtres ont bien lieu dans la réalité : une jeune femme est retrouvée noyée dans la scène avec un extrait d'Hamlet sur elle et une vieille mégère est tuée avec, dans sa main, le nom de Victor !

Et si la fiction devenait réalité ? Alors que Victor commence à perdre pieds, pour le policier, il s'agit seulement d'une machination. Quelqu'un serait entré en possession du manuscrit alors que Victor affirme l'avoir détruit sans jamais en parler à personne. 

Un élève ? Ou alors le double raté de Victor, son meilleur ami prof de lettres également, mais qui n'arrive pas à se faire respecter dans son lycée pourri de banlieue ? 

Que de suspens ! Cette histoire construite sur les rapports personnages/auteurs est vraiment très alléchante ! Elle fait peur et est en même temps très drôle ; tout commence sur un ton badin où Victor se moque tendrement de son meilleur ami, prof timide et célibataire endurci. Puis une atmosphère inquiétante et surnaturelle surgit. Enfin, l'enquête commence et on entre alors dans une sombre histoire de vengeance ou de jalousie. 

Une intrigue rondement bien menée qui enchantera les amateurs de romans policiers un brin fantastiques et aussi tous les passionnées de littérature : Hamlet, Crime et châtiment, Frankenstein, que de références !

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13 septembre 2007 4 13 /09 /septembre /2007 20:19

Du rififi chez POL...



C'est l'événement littéraire de la rentrée : Camille Laurens a accusé Marie Darrieusecq de plagiat à propos de
son dernier roman Tom est mort

Elle se serait ainsi fortement inspiré de son premier roman Philippe. 

Les deux textes ont en effet pour thème le deuil d'une mère qui vient de perdre son enfant. Mais la différence est que Camille Laurens a relaté une expérience vécue dans son roman alors que Darrieusecq n'a jamais vécu ce deuil.

Et c'est là que cela devient scabreux car Laurens affirme que l'on ne peut parler de ce deuil s'en l'avoir vécu !

OU EST ALORS LE POUVOIR DE LA LITTERATURE SI LES ECRIVAINS NE PARLENT QUE DE CE QU'ILS ONT VECU ?

C'est alors le pouvoir de l'imagination et du caractère universel de la littérature qui est remis en cause

Je ne sais pas vraiment s'il y a plagiat, de toute façon, Laurens et Darrieusecq ne m'ont jamais vraiment passionnée. 

Mais la question posée est si capitale que la plupart des magazines culturels comme Télérama, par exemple, ont pris la défense de Darrieusecq. A tel point que l'éditeur de POL a décidé d'exclure Laurens de sa maison d'édition....

A present

Il convient de rappeler que le thème du deuil a inspiré de très beaux textes aux écrivains français ces dernières années. Citons A présent de Brigitte Giraud et Puisque rien ne dure de Laurence Tardieu.

Puisque rien ne dure

Je ne sais pas si elles ont vécu elles-mêmes un deuil et peu importe !!! Ce qui compte, c'est qu'elles nous ont vraiment émus et fait entrer dans la peau de personnages endeuillés. 

ENTRER DANS LA PEAU DE ...n'est-ce pas l'une des merveilles de la littérature ?

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12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 20:26

Beaucoup de nouveaux visiteurs ces dernières semaines ! Luca, Hannibal, Bernie...

Merci à tous ! J'essaie de répondre le plus possible aux commentaires mais je n'ai pas beaucoup de temps pour visiter vos blogs ! (je suis en plein enménagement...)

Milles excuses ! Je vais donc les visiter petit à petit ....


Merci aussi à tous les fidèles : Douja, Florinette, Clochette, Essel.....


Voila, c'était la séquence remerciements !

 

 

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Published by Sylvie - dans Et vos lectures
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6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 21:40
INDE

Babyji

Editions Héloïse d’Ormesson, 2007

Voici le roman qui a fait soufflé un vent de modernité sur les lettres indiennes en 2007. L’auteur, jeune femme née en 1974, y dépeint la vie d’une jeune étudiante indienne, très studieuse, très mûre, qui découvre tout à coup son homosexualité. Ce sont trois femmes (rien que ça !) qui vont lui faire découvrir l’amour et la sensualité. Et pas n’importe quelle femme ! Puisque dans la société indienne très cloisonnée des castes, Babyji (un diminutif qui veut dire bébé) va se lier avec Rani, la bonne de la maison (alors qu’elle appartient à la caste des brahmanes), puis avec Linde, une femme mûre divorcée et enfin avec Sheela, une lycéenne amie. Le thème est bien sûr l’éveil de la sexualité mais pas seulement !

L’auteur va à contre courant de tous les principes fondamentaux qui régissent l’Inde : il est inacceptable de se lier à une bonne et d’entretenir des relations d’égales à égales avec ses aînées. Il s’agit donc bien d’un vibrant appel à la modernisation de la société indienne fermée dans ses carcans.

Evoquant explicitement la Lolita de Vladimir Nabokov, Babyji veut faire l’expérience de sa liberté dans sa sexualité, des relations et aussi dans son avenir : comme elle le dit, elle ne veut pas devenir une machine à laver humaine ! C'est une femme forte qui ne laisse personne lui dicter sa vie.

Il s’agit donc d’abord d’un récit d’initiation et d’émancipation aux forts accents subversifs. La constellation de personnages qui gravitent autour de la Lolita est très attachante : la domestique confidente et amante qui veut quitter son mari violent, Linde, la femme libre coupable de son amour pour Babyji, Sheela, la jeune fille fausse timide qui s’émancipera aux côté de sa camarade, et aussi trois figures masculines intéressantes : l’ami confident Vidur, incarnation de la sagesse, son père, le très subversif Adit, double de Humbert Humbert dans Lolita, qui lorgne de façon lubrique l’amie de son fils et enfin, le lycéen Chakra Dev, l’enfant terrible qui met des préservatifs sur le pupitre des filles…

Ce roman est vraiment le plus frais que j’ai lu depuis longtemps ! Il vous met un punch d’enfer ! Les personnages sont hauts en couleur, les dialogues sont drôles et percutants.

L’écriture originale, très métaphorique, reprend le champ lexical scientifique car Babyji adore la physique et la chimie et tente d’appliquer ses cours de physique quantique à la vie quotidienne et à ses relations amoureuses.

Ce roman va aussi à contre courant des préjugés et des idées toutes faites sur les castes. En effet, Abha Dawesar situe son roman dans un lycée des années 2000 touchée par la loi du Mandal, qui instaure une discrimination positive pour les castes inférieures à l’entrée à l’université. Si bien que l’élite des brahmanes se retrouve souvent sans poste et est obligée d’immigrer à l’étranger…Une alarme est donc pointée sur tout ce qui va à l’encontre du mérite…

Un roman foisonnant, revigorant qui détone vraiment. Ouvrez-le vite !!!

 

Quelques extraits :

« J’étais en train de lire un livre en vogue sur la théorie du chaos, d’après lequel le chiffre trois impliquait le chaos. Je désirais le chaos parce que grâce à lui je pourrais créer mon modèle personnel. Je regardais les beaux objets fractals illustrant le volume et voyais Sheela, Linde et Rani dans l’un d’eux, s’amenuisant au fur et à mesure, le motif se répétant à l’infini. Je refermai le livre, convaincue d’avoir bien choisi la façon de mener ma vie. Le chaos était la physique moderne, c’était la science d’aujourd’hui. »

« Je m’étais divisée, à la manière d’un atome, en une foule d’électrons et de neutrons. Chaque particule subatomique dansait avec une personne différente et vivait sa vie propre. Mais tout mon être, mon être tout entier, m’existait pour personne sinon moi. »

 

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3 septembre 2007 1 03 /09 /septembre /2007 19:59

C'est la rentrée !

Voila l'occasion de se remémorer les romans que nous avons pu lire sur l'école. 

Quel est le roman, ayant pour thème l'école, vous a le plus marqué ? 

En ce qui me concerne, j'ai un souvenir magique de L'enfant de Jules Vallès : il s'agit du récit autobiographique du futur insurgé et communard : Vallès s'insurge contre l'autorité de la famille et de l'école. Les parents et les professeurs sont caricaturés à l'extrême : ils ont souvent des têtes de cochons ou d'autres bestiaux ! Je me souviens avoir vraiment rigolé. c'est un chant libertaire, un magnifique roman d'initiation où s'éveillent conjointement les sensations et le sentiment de l'injustice.

L’enfant










En ce qui concerne les romans ados, je tiens à vous signaler l'intéressant récit, Le maître des vecteurs d'Anne Vantal (Actes Sud Junior) : un jeune garçon nommé Blaise a un gros problème : ses parents sont ingénieurs polytechniciens et....il est nul en maths ! Bien plus grave, il n'ose pas révéler son secret : il voudrait être chercheur de mots, autrement dit poète ! Difficile à assumer dans une famille de matheux ! Grâce à une rédaction et à sa petite copine, il arrivera à surmonter sa différence. 

Le maître des vecteurs

Un récit vraiment bien mené, très fin sur la vocation et sur la pression des parents. 

Enfin, quant aux grandes classes, je vous reconseille fortement Délicieuses pourritures de Joyce Carol Oates 
http://passiondeslivres.over-blog.com/article-4270731.html

Délicieuses pourritures


et
La fille sans qualités de Juli Zeh (http://passiondeslivres.over-blog.com/article-11991109.html) : des romans oubliant la morale et exaltant des rapports sulfureux entre maîtres et élèves !

La fille sans qualités

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 22:25

Et oui, comme tous les ans, des centaines de livres arrivent sur les rayons des libraires ! Il est vrai que parfois, on se lasse ...Toujours les mêmes : Marie Darrieusecq, Amélie Nothomb, Christophe Donner....

Quelques titres ont cependant retenu mon attention : un auteur français, Eric Reinhardt et deux auteurs étrangers, Column MCCan et Horacio Castellanos Moya. 

Voici donc mon programme de lecture :

Cendrillon d'Eric Reinhardt, éditions Stock

Cendrillon












Apparemment, l'un des grands livres de la rentrée ! Une critique acerbe, jubilatoire, grinçante de la classe moyenne et de la bourgeoisie intellectuelle de gauche : l'auteur s'imagine "triplé" en trois personnages différents, tous en crise : le premier est un golden boy qui vient de perdre les millions d'euros. Le deuxième est un célibataire qui se morfond devant sa télé avec sa mère. Le troisième part en voyage avec sa femme : destination, un club d'échangistes ! Un beau programme en perspective ! Tout le monde en prend pour son grade...

Zoli de Colum MCCann, Editions Belfond (IRLANDE)

Zoli

 

 

 

 

 

 

Le dernier opus du grand écrivain irlandais. Il s'inspire de la vie d'une poétesse tzigane ayant vécu les sombres heures du communisme. Zoli a été élevée par son grand-père qui lui a appris à lire et à écrire alors que pour les Roms, l'écriture est taboue et que la mémoire est avant tout orale. Amoureuse des mots, elle devient chanteuse mais écrit également dans le plus grand secret. Un homme va tomber amoureux d'elle mais le mariage est impossible avec un homme extérieur à la communauté...Pour se venger, l'homme révèle le secret de Zoli. Cette dernière sera bannie au nom des traditions...

Un grand récit romanesque qui nous font découvrir les coutumes d'un peuple méconnu.

Le bal des vipères d'Horacio Castellanos Moya, Editions Les Allusifs (AMERIQUE LATINE)

Bienvenue dans le monde de la littérature déjantée ! Dans ce polar burlesque, un homme pête un câble, tue le propriétaire d'une Chevrolet jaune et part avec la voiture faire un carnage en compagnie de 4 charmantes vipères ! Il va mettre la ville à feu et à sang : supermarchés, stations d'essence vont en faire les frais. Police, gouvernement et presse s'attaquent mutuellement...Des scènes hollywoodienne apocalyptique font de cette fable surréaliste une satire politique. 

VOILA MA PETITE SELECTION. 

QUELLE EST LA VOTRE ?

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Published by Sylvie
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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 19:35

ANGLETERRE

Hester Lilly

Editions Rivages, 2007

L'oeuvre d'Elizabeth Taylor, récemment redécouverte en France grâce à Angel, le film de François Ozon, va être entièrement traduite par les éditions Rivages. Fine psychologue, elle est considérée comme l'une des grandes auteurs anglaises du 20e siècle. 

Ses romans sont des brillantes comédies de moeurs où perce une ironie mordante ; les personnages sont des perdants, frustrés par la vie et n'arrivent pas à aller au bout de leurs sentiments. 

Hester Lilly est une jeune fille orpheline recueillie par son cousin Robert, directeur d'une école. Muriel, sa femme voit d'un très mauvais oeil la venue de cette jeune femme ; l'irruption d'un tiers dans son couple pourrait le mettre en péril.

Mais Esther est une jeune fille maladroite, gauche et timide qui a peur de ses sentiments ; au contraire, Muriel veut se montrer en tant qu'épouse sûre d'elle même : elle va donc briller en société grâce à ses beaux bijoux ; mais tout est factice ; derrière son assurance, se cache son désarroi et son incapacité à sauver son ménage.

Mais Robert est trop imbu de ses principes pour oser s'avouer et entreprendre quelque chose ; quant à Hester, elle est terrifiée à l'idée d'être amoureuse ! Et puis Muriel l'impressionne tellement !

Elizabeth Taylor peint avec ironie des personnages englués dans leurs sentiments et leurs frustrations ; ils demeurent impuissants à assumer leurs destins, embourbés dans leur solitude. 

Finalement, il n'y aura aucun gagnant, aucun perdant. Le roman, s'annonçant comme une guerre psychologique, n'est qu'un révélateur des faiblesses de l'âme humaine. 

Taylor parvient brillamment à rendre palpable la déception,la frustration des individus ; on peut rire jaune d'une telle mascarade et d'une telle peinture des amours perdus : on s'aime et on n'ose se l'avouer, on ne s'aime plus et on ne parvient pas à s'y résoudre !

Voici un extrait particulièrement mordant !

" il se retourna et parut s'endormir ; mais elle avait des doutes et elle resta longtemps à écouter sa respiration régulière, continue. a un certain moment, pour le mettre à l'épreuve, elle l'effleura du dos de la main, mais il ne se tourna pas vers elle, comme il l'aurait fait des années plus tôt; je ne peux pas l'attirer à moi, pensa-t-elle affolée. Je ne peux pas arriver à mes fins. Elle se réveilla complètement, gagnée par l'envie qu'il lui fasse l'amour ; qu'il lui prouve son besoin d'elle. de sorte qu'elle puisse réclamer son attention, et ainsi le dominer ; mais, à la longue, elle souhaita seulement combattre ses propres désirs, inhabituels et humiliants tels qu'ils l'étaient pour elle. Etendue tout près de lui, elle dissimula sa honte en feignant le sommeil. Quand elle ne remua pas, ne voulut pas remuer, sa tendresse se durcit en ressentiment. Elle se haussa et le regarda. Il avait un profil grave, les cheveux ébouriffés ; le souffle régulier. C'est impossible qu'il dorme, se dit-elle tandis qu'elle se penchait vers lui, posait la joue contre son front, sans plus déguiser ni cacher le désir qui l'animait. 

Son immobilité la dérouta et, au bout d'un moment, vidée et épuisée par cette expérience, elle se détourna et s'allongea sur le côté, écoutant son coeur battre la chamade, se sentant prise de vertige; Si je pouvais redevenir jeune ! songea-t-elle. Si je pouvais être jeune
!"

Voila pour l'ambiance générale ! Le seul reproche que je ferais est le caractère un peu trop british de cette histoire ! L'histoire se passe près d'une école victorienne et on insiste beaucoup sur les manières en société !
Mais sinon, c'est vraiment bien !

Vous pouvez également lire l'article de Clarabel sur : http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2007/06/19/index.html

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27 août 2007 1 27 /08 /août /2007 09:46

RENTREE LITTERAIRE : ETATS-UNIS



Editions Albin Michel, 2007

Voici presque en exclusivité la critique d'un petit nouveau, lu avant les autres et pour cause ! Des libraires nous l'ont conseillé lors d'une présentation de la rentrée littéraire et j'ai donc pu le lire pendant les vacances avant sa parution....

Joel Rose mêle une enquête très divertissante et un récit à l'intérêt documentaire certain. Il nous plonge ainsi dans le New York des gangs et des poètes dans les années 1840-1850, l'Amérique qui voit naître une littérature nationale grâce au génie d'Edgar Allan Poe. Car c'est bien lui le personnage central du roman.

Le roman débute comme une enquête policière classique : une jeune femme de bonne famille, Mary Rogers, est retrouvée morte, atrocement mutilée. C'est Jacob Hays, le chef de la police new-yorkaise qui est chargé de l'enquête. On soupçonne d'abord ses deux prétendants. Puis vient le tour des gangs qui sévissent dans toute la ville. 

Un autre meurtre a alors lieu : John Colt, poète frère de Samuel Colt, l'inventeur du revolver du même nom, assassine son éditeur l'accusant de plagiat. Hays découvre que Colt est un ami du grand poète Edgar Poe. Ce dernier publie alors dans un journal une nouvelle en plusieurs parties, Le mystère de Marie Rogêt. Cette intrigue se déroule à Paris mais il s'agit du double exact de celui de Mary Rogers à New York ! 

Edgar Poe, le célèbre auteur du Double assassinat de la rue Morgue, affirme pouvoir résoudre l'énigme et trouver le coupable grâce au procédé de "ratiocination". Le chef de police va alors entrer en contact avec Poe ; on apprend d'ailleurs que Poe était un intime amoureux de Mary Rogers. Et si Poe était également mêlé au meurtre ?

Nous voila alors plongés dans une enquête au suspens de haute volée. Certes, la résolution de l'enquête est importante, mais c'est surtout la description de la société New-Yorkaise et le parcours de Poe qui sont vraiment intéressants ! Il a fallu vingt ans à l'auteur pour compiler des informations très précises sur le New York des origines et sur la vie d'Edgar Poe.

On découvre ainsi la société littéraire de la ville (le débat sur les droits d'auteur notamment), le rôle important de la presse, la guerre des gangs (même les pompiers sont des gangs qui se battent pour pouvoir atteindre le premier le foyer de l'incendie!!!), la naissance de la police et bien sûr, une partie de la vie et de la personnalité angoissée de Poe. 

Poe apparaît à la fois comme enquêteur et comme victime ce qui surenchérie l'ambigüité du personnage. On peut être certes un peu déçu par la résolution de l'enquête et quelques invraisemblances, mais ce qui compte, c'est surtout l'envie de lire ou relire l'oeuvre de Poe ! Et puis les personnages secondaires sont vraiment attachants : Hays est accompagné de sa fille qui l'aide dans son enquête, il y a aussi les personnages des gangs qui sont hauts en couleur.

Un bon petit livre qui mêle Histoire, peinture sociale, enquête policière et littérature.

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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 11:58

ALLEMAGNE

La Fille sans qualités

 

 

 

 

 

 

Editions Actes Sud, 2007

Ce roman d'une jeune allemande né en 1974, paru au printemps dernier, a été considéré comme un événement littéraire.

Premier avertissement : si vous n'aimez pas les grandes phrases philosophiques décrivant le monde de façon très pessimiste, passez votre chemin ! Car Juli Zeh se pose comme l'héritière de Nietzsche et de Robert Musil, l'auteur de L'homme sans qualités. Nous vivons sans un monde qui a perdu toutes ses valeurs et bien sûr toute morale ; le nihilisme est roi. La vie et les règles qui la régissent ne sont plus qu'un jeu....

470 pages de très haut vol, âpres, difficiles sur lesquelles on butte souvent ; on se dit  : que d'assertions philosophiques ! Puis, de façon magique, on referme le livre puis on se dit quand même : quelle histoire ! Quel chef d'oeuvre !

Juli Zeh met en scène une jeune fille marginale, Ada, qui à 14 ans, est revenue de tout. Elle ne croit plus en rien. Se tenant à l'écart des autres élèves, elle est remarquée par ses professeurs pour son extrême intelligence. Dans un lycée de la dernière chance, au début des années 2000, elle va faire la connaissance d'Alev, autoproclamé arrière-petit-fils de Nietzsche, pour qui la vie n'est qu'un jeu : tous les deux, ils vont exercer un chantage sexuel sur leur professeur d'allemand, émigré polonais, Smutek. 

Sous la pression, il rencontre Ada tous les vendredis dans le gymnase ; les ébats forcés sont filmés avec délectation par Alev ...

 Le professeur, représentant de l'idéalisme démodé, des anciens principes moraux, au départ réticent, va peu à peu se laisser prendre au jeu. Et si ce jeu n'était qu'un instrument de libération individuelle ? 

Et si, par dessus les règles de ce jeu pervers, se dévoilaient peu à peu des sentiments insoupçonnés ? Les rapports de force pourraient peut-être s'inverser...

Le tour de force magistral de Juli Zeh est d'écrire sous couvert d'un roman nihiliste, sans aucunes valeurs, un récit de la renaissance du sentiment. Certes, la réflexion prime ; mais affleure à la fin les sensations et le semblant d'un optimisme.

Deuxième coup de maestro : cette histoire profondément amorale nous est contée par une narratrice qui n'est autre que Sophie, la juge en charge du procès qui doit juger de ce qui s'est passé entre ces trois personnages : l'introduction plante le décors, sans nous raconter l'histoire, la juge expose ses doutes et son refus de distinguer le bien et le mal de cette affaire ; comme elle le dit "les motifs étaient si insolites que les instruments juridiques entre les mains de la froide Sophie paraissaient aussi adaptés qu'un marteau et un burin l'étaient pour créer un site Internet. " C'est donc l'instance suprème, censée distinguer le bien du mal, qui s'avoue incapable de reconnaître le mal !
Elle s'en remet à Dieu, aux grands principes mais en reconnaissant en digne héritière de Nietzsche que Dieu est mort. La phrase centrale du livre est sans aucun doute :

"le bleu du ciel n'est plus que la couleur du couvercle en carton d'une boîte de jeux"

Le jeu, dont les règles sont à définir à priori, ont remplacé les grands principes. C'est le perdant du jeu qui est coupable !

Ne vous arrêtez pas à ces principes philosophiques magistraux qui peuvent rebuter (mince, alors, pour mes vacances, j'ai pris un roman prise de tête !!!). Car derrière cela, il y a aussi une formidable histoire que l'on n'oubliera pas de si tôt !

Il ne faut pas oublier que l'Allemagne est le pays de la philosophie ! Tous les plus grands écrivains, que ce soit Thomas Mann ou encore Hermann Hesse, ont parsemé leur oeuvre d'assertions philosophiques. Il faut s'accrocher mais on ressort  de ces lectures profondément grandis. 

Voici quelques citations  :

"Et si la Bible, la Constitution et le Code Pénal n'avaient jamais été davantage à leurs yeux qu'un mode d'emploi, un ensemble de règles pour jeux de société ? Si la politique, l'amour et l'économie n'étaient pour qu'eux une compétition ? "

"Comme si l'âme était le siège du bien ! Une âme, c'est un espace creusé en forme de spirale traversé par une balle de revolver, autrement dit : "une blessure mortelle"Où est l'âme quand les Allemands se dirigent au pas cadencé vers les quatre points cardinaux pour accabler la moitié du globe ? "

Et tant d'autres encore que je vous laisse découvrir...

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Published by Sylvie
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24 août 2007 5 24 /08 /août /2007 22:45
La Grande Femme des rêvesISRAEL













Editions Actes Sud, 2006

Yehoshua Kenaz, né en 1937, traducteur de Balzac et de Flaubert, est l'un des plus grands écrivains israéliens contemporains avec Amos Oz et Abraham V. Yehoshua. Ce livre, paru il y a trente ans, a été édité récemment en langue française aux éditions Actes Sud. 


Quelle belle découverte ! L'auteur nous plonge au coeur d'un immeuble de Tel-Aviv au cours d'un été caniculaire et décrit le quotidien de quatre groupes de personnes en focalisant sur leurs peurs, leurs fantasmes et leurs démons. Tout, débord, Schmoulik, sans travail, qui reste des jours chez lui à attendre sa bien aimée Malka, qui ne cesse de fuguer. La folie semble le guetter...


Il y a ensuite le chauffeur de taxi , Tsion, qui drague les jeunes filles et qui se détache peu à peu de sa femme et de ses deux enfants. 

Puis viennent ensuite un vieux Hongrois à la retraite qui s'ennuie de son travail à l'usine et découvre l'imminence de la mort. Ce dernier va sympathiser avec un couple d'allemands immigrés qui se croient persécutés par leurs voisins. Enfin, Rosa, la vieille aveugle, se sent menacée par une ombre qui pénètre dans sa chambre. 

Kenaz prend le temps d'installer ses personnages, de camper un décor. Il crée une atmosphère lourde, moite, pesante. On sent tout au long du roman que quelque chose va se passer mais on ne sait quoi. Les personnages sont les victimes de leurs démons intérieurs, de leurs angoisses. On pénètre dans leur intimité en épousant peu à peu leurs peurs. A l'analyse psychologique, s'ajoute une dimension fantasmagorique : lorsque l'on est confronté à la solitude, la peur finit par se muer en hallucination et en délire de persécution. 

Kenza réussit avec brio ce roman d'atmosphère : chaque groupe est au début cloîtré dans son intimité puis les contacts tentent de se nouer mais tournent souvent à l'échec. Les dialogues alternent avec une narration omnisciente.

Les critiques évoquent l'influence de Kafka pour la description de l'angoisse et aussi les romans sudistes tels Faulkner et Caldwell pour l'atmosphère moite qui s'en dégage. 

Un très beau roman qui magnifie les délires et obsessions de l'âme humaine. A RECOMMANDER !

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